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			Culture Libre - Comment les m&#233;dias utilisent la technologie et la loi pour confisquer la culture et contr&#244;ler la cr&#233;ativit&#233;
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			Lawrence Lessig
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		<meta>Traducteur:</meta>
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			See Wikisource http://fr.wikisource.org/wiki/Culture_Libre
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			Copyright (C) Lawrence Lessig, 2004. Free Culture is Licensed under a Creative Commons License. This License permits non-commercial use of this work, so long as attribution is given. For more information about the license, visit http://creativecommons.org/licenses/by-nc/1.0/ ;
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			SiSU text 0.72
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			<text class="heading_section_1">Culture Libre - Comment les m&#233;dias utilisent la technologie et la loi pour confisquer la culture et contr&#244;ler la cr&#233;ativit&#233;,<br />Lawrence Lessig</text>
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	<heading2>
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				<text class="heading_section_2">PREFACE</text>
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		</heading>
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							<ocn>3</ocn>
							<text class="norm">	
								&#192; la fin de sa critique de mon premier livre, Code: And Other Laws of Cyberspace, David Pogue, un brillant auteur de nombreux textes informatiques et techniques, &#233; crivait:	
							</text>
						</object>
						<object id="4">
							<ocn>4</ocn>
							<text class="indent1">	
								Contrairement &#224; la loi v&#233;ritable, Internet n'a pas la capacit&#233; de punir. Il n'affecte pas les gens qui ne sont pas en ligne (et seule une petite minorit&#233; de la population mondiale l'est). Et si vous n'aimez pas Internet, vous pouvez toujours &#233; teindre le modem.<endnote><number>1</number><note>David Pogue, "Don't Just Chat, Do Something," New York Times, 30 January 2000. </note></endnote> 	
							</text>
						</object>
						<object id="5">
							<ocn>5</ocn>
							<text class="norm">	
								Pogue &#233; tait sceptique vis-&#224;-vis de l'argument principal du livre, &#224; savoir que le logiciel, ou le &#171; code &#187; , fonctionne comme une sorte de loi. Sa critique sugg&#233;rait l'heureuse id&#233;e que si la vie dans le cyberespace tournait mal, nous pouvions toujours actionner l'interrupteur, et abracadabra! &#234; tre de retour &#224; la maison. Coupons le modem, d&#233;branchons l'ordinateur, et tout probl&#232;me existant dans cet espace cesse de nous toucher.	
							</text>
						</object>
						<object id="6">
							<ocn>6</ocn>
							<text class="norm">	
								Pogue avait peut-&#234;tre raison en 1999. Je suis sceptique, mais peut-&#234;tre. Mais quand bien m&#234;me il aurait eu raison &#224; l'&#233;poque, ce n'est plus le cas aujourd'hui: Culture Libre traite des probl&#232;mes caus&#233;s par Internet m&#234;me une fois que le modem est &#233; teint. Ce livre d&#233;montre comment les batailles qui font rage aujourd'hui concernant la vie en ligne affectent fondamentalement ceux &#171; qui ne sont pas en ligne &#187; . Il n'y a plus d'interrupteur pour nous isoler des effets d'Internet.	
							</text>
						</object>
						<object id="7">
							<ocn>7</ocn>
							<text class="norm">	
								Mais contrairement &#224; Code, le sujet de ce livre n'est pas tellement Internet en soi. Le sujet en est plut&#244;t les effets d'Internet sur une de nos traditions, qui est bien plus fondamentale et, aussi difficile &#224; admettre que ce soit pour certains passionn&#233;s d'informatique et de technologies, bien plus importante.	
							</text>
						</object>
						<object id="8">
							<ocn>8</ocn>
							<text class="norm">	
								Cette tradition, c'est la mani&#232;re dont notre culture est cr&#233;&#233;e. Comme je l'explique dans les pages qui suivent, nous venons d'une tradition de &#171; culture libre &#187; : non pas libre au sens de gratuit, pour reprendre la phrase du fondateur du logiciel libre,<endnote><number>2</number><note>Richard M. Stallman, Free Software, Free Societies 57 (Joshua Gay, ed. 2002). </note></endnote>  mais libre comme dans &#171; expression libre &#187; , &#171; march&#233;s libres &#187; , &#171; commerce libre &#187; , &#171; libre entreprise &#187; , &#171; libre volont&#233; &#187; , et &#171; &#233; lections libres &#187; . Une culture libre prot&#232;ge et soutient les cr&#233;ateurs et les innovateurs. Elle le fait d'une mani&#232;re directe, en accordant des droits de propri&#233;t&#233; intellectuelle. Mais elle le fait aussi indirectement, en limitant la port&#233;e de ces droits, pour garantir que les nouveaux cr&#233;ateurs restent aussi libres que possible d'un contr&#244;le du pass&#233;. Une culture libre n'est pas une culture sans aucune propri&#233;t&#233;, pas plus qu'un march&#233; libre n'est un march&#233; dans lequel tout est gratuit. Le contraire d'une culture libre est une &#171; culture de permissions &#187; : une culture au sein de laquelle les cr&#233;ateurs peuvent cr&#233;er uniquement avec la permission des puissants, ou des cr&#233;ateurs du pass&#233;.	
							</text>
						</object>
						<object id="9">
							<ocn>9</ocn>
							<text class="norm">	
								Si nous comprenions ce changement, je pense que nous nous y opposerions. Non pas &#171; nous &#187; &#224; gauche, ou &#171; vous &#187; &#224; droite, mais nous tous qui ne sommes pas actionnaires de ces industries de la culture qui ont caract&#233;ris&#233; le vingti&#232;me si&#232;cle. Que vous soyez de gauche ou de droite, si vous &#234; tes, en ce sens, d&#233;sint&#233;ress&#233;s, alors l'histoire que je raconte ici va vous toucher. Car les changements que je d&#233;cris touchent &#224; des valeurs que les deux bords de notre culture politique tiennent pour fondamentales.	
							</text>
						</object>
						<object id="10">
							<ocn>10</ocn>
							<text class="norm">	
								Nous avons eu un aper&#231;u de cette union sacr&#233;e au d&#233;but de l'&#233;t&#233; 2003. Lorsque la FCCNdT1 envisagea d'assouplir la r&#233;glementation qui limite la concentration des m&#233;dias, une coalition extraordinaire se mit en place, et la FCC re&#231;ut plus de 700.000 lettres de protestation contre ce changement. Lorsque William Safire se d&#233;crivit d&#233;filant &#171; mal &#224; l'aise, au c&#244;t&#233; du mouvement des Femmes en Rose pour la Paix et de la National Rifle Association, entre la lib&#233;rale Olympia Snowe et le conservateur Ted Stevens &#187; , il eut une formule simple pour d&#233;crire ce qui &#233; tait en jeu : la concentration du pouvoir. Il demanda:	
							</text>
						</object>
						<object id="11">
							<ocn>11</ocn>
							<text class="indent1">	
								Ceci vous para&#238;t-il anti-conservateur ? Pas &#224; moi. Les conservateurs devraient jeter l'anath&#232;me contre la concentration du pouvoir, qu'il soit politique, d'entreprise, m&#233;diatique, culturel. La diffusion du pouvoir jusqu'&#224; l'&#233;chelon local, encourageant ainsi la participation individuelle, est l'essence m&#234;me du f&#233;d&#233;ralisme et la plus grande expression de la d&#233;mocratie3.<endnote><number>3</number><note>William Safire, "The Great Media Gulp," New York Times, 22 May 2003. </note></endnote> 	
							</text>
						</object>
						<object id="12">
							<ocn>12</ocn>
							<text class="norm">	
								Cette id&#233;e est un &#233; l&#233;ment de l'argumentation de Culture Libre. Cependant, mon sujet n'est pas juste la concentration du pouvoir qui r&#233;sulte d'une concentration de la propri&#233;t&#233;, mais plut&#244;t, peut-&#234;tre parce que c'est moins visible, la concentration du pouvoir qui r&#233;sulte d'un changement radical dans la port&#233;e pratique de la loi. La loi est en train de changer; ce changement modifie la fa&#231;on dont notre culture est cr&#233;&#233;e. Ce changement devrait vous inqui&#233;ter, que vous vous int&#233;ressiez &#224; Internet ou non, et que vous soyez &#224; droite ou &#224; gauche de Safire.	
							</text>
						</object>
						<object id="13">
							<ocn>13</ocn>
							<text class="norm">	
								Le titre et la plus grande partie de mon argumentation sont inspir&#233;s du travail de Richard Stallman et de la Free Software Foundation. A vrai dire, quand je relis le travail de Stallman, et plus particuli&#232;rement les essais dans Free Software, Free Society, je me rends compte que toutes les id&#233;es th&#233;oriques que je d&#233;veloppe ici sont des id&#233;es que Stallman a d&#233;crites voil&#224; des d&#233;cennies. Il serait donc l&#233;gitime d'affirmer que ce travail est un &#171; simple &#187; travail d&#233;riv&#233;.	
							</text>
						</object>
						<object id="14">
							<ocn>14</ocn>
							<text class="norm">	
								J'accepte cette critique, si vraiment c'en est une. Le travail d'un juriste est toujours un travail d&#233;riv&#233;, et je ne veux rien faire d'autre dans ce livre que de rappeler &#224; une culture une tradition qui a toujours &#233; t&#233; la sienne. Comme Stallman, je d&#233;fends cette tradition sur la base de valeurs. Comme Stallman, je crois que ces valeurs sont celles de la libert&#233;. Et comme Stallman, je crois que ces valeurs, h&#233;rit&#233;es de notre pass&#233;, vont avoir besoin d'&#234;tre d&#233;fendues &#224; l'avenir. Notre pass&#233; a connu une culture libre ; notre avenir n'en conna&#238;tra une que si nous changeons le chemin que nous sommes en train d'emprunter aujourd'hui.	
							</text>
						</object>
						<object id="15">
							<ocn>15</ocn>
							<text class="norm">	
								Comme les arguments de Stallman pour le logiciel libre, le plaidoyer pour une culture libre achoppe sur une confusion qui est difficile &#224; &#233; viter, et m&#234;me encore plus difficile &#224; comprendre. Une culture libre n'est pas une culture sans propri&#233;t&#233; ; ce n'est pas une culture dans laquelle les artistes ne sont pas pay&#233;s. Une culture sans propri&#233;t&#233;, ou dans laquelle les cr&#233;ateurs ne pourraient pas &#234; tre pay&#233;s, serait l'anarchie, et non pas la libert&#233;. Et mon propos n'est pas de plaider pour l'anarchie.	
							</text>
						</object>
						<object id="16">
							<ocn>16</ocn>
							<text class="norm">	
								Au contraire, la culture libre que je d&#233;fends dans ce livre est un &#233; quilibre entre anarchie et contr&#244;le. Une culture libre, comme un march&#233; libre, est pleine de propri&#233;t&#233;. Elle est pleine de r&#232;gles de propri&#233;t&#233;, et de contrats, que les pouvoirs publics doivent faire respecter. Mais tout comme un march&#233; libre est perverti quand sa propri&#233;t&#233; devient f&#233;odale, de m&#234;me une culture libre peut &#234; tre d&#233;voy&#233;e par un extr&#233;misme des r&#232;gles de propri&#233;t&#233; qui la d&#233;finissent. C'est ce que je crains pour notre culture aujourd'hui. C'est contre cet extr&#233;misme que ce livre est &#233; crit.	
							</text>
						</object>
	</heading2>
	<heading2>
		<heading>
			<object id="17">
				<ocn>17</ocn>
				<text class="heading_section_2">Introduction</text>
			</object>
		</heading>
						<object id="18">
							<ocn>18</ocn>
							<text class="norm">	
								Le 17 d&#233;cembre 1903, sur une plage venteuse de Caroline du Nord, en un peu moins de cent secondes, les fr&#232;res Wright d&#233;montr&#232;rent qu'un v&#233;hicule autopropuls&#233; plus lourd que l'air pouvait voler. Le moment fut &#233; lectrique et son importance largement comprise. Presque imm&#233;diatement, cette technologie nouvelle du vol habit&#233; suscita une explosion d'int&#233;r&#234;t, et une nu&#233;e d'innovateurs se mirent &#224; l'am&#233;liorer.	
							</text>
						</object>
						<object id="19">
							<ocn>19</ocn>
							<text class="norm">	
								A l'&#233;poque o&#250; les fr&#232;res Wright inventaient l'avion, la loi am&#233;ricaine stipulait que le propri&#233;taire d'un terrain &#233; tait non seulement propri&#233;taire de la surface de son terrain, mais de tout le sous-sol, jusqu'au centre de la terre, et de tout l'espace au-dessus, "jusqu'&#224; l'infini."<endnote><number>4</number><note>St. George Tucker, Blackstone's Commentaries 3 (South Hackensack, N.J.: Rothman Reprints, 1969), 18. </note></endnote>  Depuis des ann&#233;es, les &#233; rudits s'&#233;taient demand&#233; comment interpr&#233;ter au mieux l'id&#233;e que des droits de propri&#233;t&#233; terrestres puissent monter jusqu'aux cieux. Cela signifiait-il que vous poss&#233;diez les &#233; toiles? Pouviez vous poursuivre les oies en justice, pour violations de propri&#233;t&#233; volontaires et r&#233;p&#233;t&#233;es?	
							</text>
						</object>
						<object id="20">
							<ocn>20</ocn>
							<text class="norm">	
								Puis vinrent les avions, et pour la premi&#232;re fois, ce principe de la loi am&#233;ricaine -- profond&#233;ment ancr&#233; dans notre tradition, et reconnu par les plus importants juristes de notre pass&#233; -- prenait de l'importance. Si ma terre s'&#233;tend jusqu'aux cieux, qu'advient-il quand un avion d'United Airlines survole mon champ? Ai-je le droit de lui interdire ma propri&#233;t&#233;? Ai-je le droit de mettre en place un accord d'autorisation exclusive au profit de Delta Airlines? Pouvons nous organiser des ench&#232;res pour d&#233;terminer la valeur de ces droits?	
							</text>
						</object>
						<object id="21">
							<ocn>21</ocn>
							<text class="norm">	
								En 1945, ces questions donn&#232;rent lieu &#224; un proc&#232;s f&#233;d&#233;ral. Quand des fermiers de Caroline du Nord, Thomas Lee et Tinie Causby commenc&#232;rent &#224; perdre des poulets &#224; cause d'avions militaires volant &#224; basse altitude (apparemment les poulets terroris&#233;s se jetaient contre les murs du poulailler et en mouraient), ils port&#232;rent plainte au motif que le gouvernement violait leur propri&#233;t&#233;. Bien entendu, les avions n'avaient jamais touch&#233; la surface du terrain des Causby. Mais si, comme l'avaient d&#233;clar&#233; en leur temps Blackstone, Kent et Coke, leur terrain s'&#233;tendait "vers le haut jusqu'&#224; l'infini," alors le gouvernement commettait une violation de propri&#233;t&#233;, et les Causby voulaient que cela cesse.	
							</text>
						</object>
						<object id="22">
							<ocn>22</ocn>
							<text class="norm">	
								La Cour supr&#234;me accepta d'entendre le cas des Causby. Le Congr&#232;s avait d&#233;clar&#233; les voies a&#233;riennes publiques. Mais si le droit de propri&#233;t&#233; s'&#233;tendait r&#233;ellement jusqu'aux espaces c&#233;lestes, alors la d&#233;claration du Congr&#232;s pouvait tr&#232;s bien &#234; tre anticonstitutionnelle, car elle constituait une expropriation sans d&#233;dommagement. La Cour reconnut que "selon l'ancienne doctrine les droits de propri&#233;t&#233; fonci&#232;re s'&#233;tendent jusqu'&#224; la p&#233;riph&#233;rie de l'univers." Mais le Juge Douglas n'avait pas la patience d'&#233;couter l'ancienne doctrine. En un simple paragraphe adress&#233; &#224; la Cour, il annula des centaines d'ann&#233;es de droit foncier:	
							</text>
						</object>
						<object id="23">
							<ocn>23</ocn>
							<text class="indent1">	
								[La] doctrine n'a pas sa place dans le monde moderne. L'espace a&#233;rien est public, comme l'a d&#233;clar&#233; le Congr&#232;s. Si ce n'&#233;tait pas vrai, n'importe quel op&#233;rateur de vol transcontinentaux serait expos&#233; &#224; des plaintes sans nombre, pour violation de propri&#233;t&#233;. Le sens commun se r&#233;volte &#224; cette id&#233;e. Donner raison &#224; des revendications priv&#233;es sur l'espace a&#233;rien entra&#238;nerait une paralysie des lignes a&#233;riennes, compromettrait profond&#233;ment leur d&#233;veloppement et leur contr&#244;le dans l'int&#233;r&#234;t public, et reviendrait &#224; privatiser un bien qui a vocation &#224; &#234; tre public.<endnote><number>5</number><note>United States v. Causby, (link) U.S. 328 (1946): 256, 261]. The Court did find that there could be a "taking" if the government's use of its land effectively destroyed the value of the Causbys' land. This example was suggested to me by Keith Aoki's wonderful piece, "(Intellectual) Property and Sovereignty:Notes Toward a Cultural Geography of Authorship," Stanford Law Review 48 (1996): 1293, 1333. See also Paul Goldstein, Real Property (Mineola, N.Y.: Foundation Press, 1984), 1112-13. </note></endnote> 	
							</text>
						</object>
						<object id="24">
							<ocn>24</ocn>
							<text class="norm">	
								"Le sens commun se r&#233;volte &#224; cette id&#233;e."	
							</text>
						</object>
						<object id="25">
							<ocn>25</ocn>
							<text class="norm">	
								C'est comme &#231; a que la loi fonctionne en g&#233;n&#233;ral. Pas souvent de fa&#231;on aussi abrupte et impatiente, mais en d&#233;finitive, c'est comme &#231; a qu'elle fonctionne. C'&#233;tait le style de Douglas de ne pas tergiverser. D'autres juges auraient noirci des pages et des pages pour arriver &#224; la m&#234;me conclusion, que Douglas fit tenir en une seule ligne: "le sens commun se r&#233;volte &#224; cette id&#233;e". Mais qu'elle tienne en quelques mots ou en plusieurs pages, le g&#233;nie particulier d'un syst&#232;me de droit commun comme le n&#244;tre est que la loi s'adapte aux technologies de son &#233; poque. Et en s'adaptant, elle change. Des id&#233;es qui un jour semblent solides comme le roc sont friables le lendemain.	
							</text>
						</object>
						<object id="26">
							<ocn>26</ocn>
							<text class="norm">	
								Ou du moins, c'est ainsi que les choses se passent quand il n'y personne de puissant pour s'opposer au changement. Les Causby n'&#233;taient que des fermiers. Et bien qu'il y eut sans doute de beaucoup de gens f&#226;ch&#233;s comme eux par le trafic a&#233;rien naissant (on esp&#232;re quand m&#234;me que peu de poulets se jetaient contre les murs), tous les Causby du monde auraient eu beaucoup de mal &#224; s'unir et &#224; arr&#234;ter l'id&#233;e, et la technique, que les fr&#232;res Wright avaient fait na&#238;tre. Les fr&#232;res Wright avaient ajout&#233; l'avion au pot commun technologique; le concept se r&#233;pandit comme un virus dans un poulailler; les fermiers comme Causby se trouv&#232;rent brutalement confront&#233;s &#224; "ce qui semblait raisonnable" &#233; tant donn&#233; la technologie invent&#233;e par les Wright. Ils pouvaient &#224; loisir, debout dans leurs fermes, poulets morts &#224; la main, menacer du poing ces nouvelles technologies. Ils pouvaient alerter leurs &#233; lus, ou m&#234;me aller en justice. Mais en fin de compte, la force de l'&#233;vidence -- le pouvoir du "bon sens" -- allait l'emporter. Il n'&#233;tait pas possible de permettre que leur int&#233;r&#234;t "priv&#233;" nuise &#224; un int&#233;r&#234;t public &#233; vident.	
							</text>
						</object>
						<object id="27">
							<ocn>27</ocn>
							<text class="norm">	
								<b>Edwin Howard Armstrong</b> est un des inventeurs g&#233;niaux oubli&#233;s de l'Am&#233;rique. Il entra sur la sc&#232;ne des grands inventeurs am&#233;ricains juste apr&#232;s des g&#233;ants comme Thomas Edison et Alexandre Graham Bell. Mais son travail dans le domaine de la technique radiophonique fut peut &#234; tre, de celle de tous les inventeurs individuels, la plus importante des cinquante premi&#232;res ann&#233;es de la radio. Il avait re&#231;u une meilleure instruction que Michael Faraday, qui avait d&#233;couvert en 1831 l'induction &#233; lectrique alors qu'il &#233; tait apprenti-relieur. Mais il avait la m&#234;me intuition au sujet de la mani&#232;re dont les ondes radio fonctionnaient, et en trois occasions au moins, Armstrong inventa des technologies extr&#234;mement importantes qui firent avancer notre compr&#233;hension de la radio.	
							</text>
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						<object id="28">
							<ocn>28</ocn>
							<text class="norm">	
								Au lendemain de No&#235;l 1933, quatre brevets furent accord&#233;s &#224; Armstrong pour son invention la plus importante: la radio FM. Jusque l&#224;, les radios grand public &#233; mettaient en modulation d'amplitude (AM). Les th&#233;oriciens de l'&#233;poque avaient d&#233;clar&#233; que la radio en modulation de fr&#233;quence (FM) ne pourrait jamais fonctionner. Ils avaient raison pour la radio FM dans une bande &#233; troite de fr&#233;quences. Mais Armstrong d&#233;couvrit que la radio &#224; modulation de fr&#233;quence dans une large bande de spectre d&#233;livrait un son d'une fid&#233;lit&#233; &#233; tonnante, avec beaucoup moins de parasites, et n&#233;cessitant bien moins de puissance d'&#233;mission.	
							</text>
						</object>
						<object id="29">
							<ocn>29</ocn>
							<text class="norm">	
								Il fit une d&#233;monstration de cette technologie le 5 novembre 1935, au cours d'une r&#233;union de l'Institut des Ing&#233;nieurs Radio, &#224; l'Empire State Building de New York. Il tourna le bouton de r&#233;glage de la radio, captant au passage une multitude d'&#233;mission AM, jusqu'&#224; ce qu'il trouve l'&#233;mission qu'il avait pr&#233;par&#233;e, l'&#233;metteur &#233; tant situ&#233; &#224; vingt-sept kilom&#232;tres de l&#224;. La radio se fit tout &#224; fait silencieuse, comme si le poste &#233; tait mort, et alors, avec une clart&#233; que personne dans la pi&#232;ce n'avait jamais entendue venant d'un appareil &#233; lectrique, elle reproduisit la voix d'un animateur: &#171; Ici la radio amateur W2AG &#224; Yonkers, New York, &#233; mettant en modulation de fr&#233;quence &#224; deux m&#232;tres cinquante. &#187;	
							</text>
						</object>
						<object id="30">
							<ocn>30</ocn>
							<text class="norm">	
								L'auditoire entendit alors ce que personne n'avait cru possible:	
							</text>
						</object>
						<object id="31">
							<ocn>31</ocn>
							<text class="indent1">	
								On versa un verre d'eau &#224; Yonkers, devant le microphone: le bruit ressemblait &#224; celui de l'eau qui coule... On froissa et d&#233;chira une feuille de papier: le bruit fut celui du papier, et non le gr&#233;sillement d'un feu de for&#234;t... On passa un disque des marches de Sousa, et on joua un solo de piano et un air de guitare... La musique se r&#233;pandit avec une clart&#233; rarement, voire jamais entendue venant d'une "bo&#238;te &#224; musique" radiophonique.<endnote><number>6</number><note>Lawrence Lessing, Man of High Fidelity: Edwin Howard Armstrong (Philadelphia: J. B. Lipincott Company, 1956), 209. </note></endnote> 	
							</text>
						</object>
						<object id="32">
							<ocn>32</ocn>
							<text class="norm">	
								Comme nous le sugg&#232;re notre bon sens, Armstrong avait d&#233;couvert une technologie de radio tr&#232;s sup&#233;rieure. Mais &#224; l'&#233;poque de son invention, Armstrong travaillait pour la RCA. La RCA &#233; tait alors l'acteur dominant du march&#233; alors dominant de la radios AM. Vers 1935, il existait un millier de stations de radio &#224; travers les Etats-Unis, mais les stations des grandes villes appartenaient toutes &#224; une poign&#233;e de r&#233;seaux.	
							</text>
						</object>
						<object id="33">
							<ocn>33</ocn>
							<text class="norm">	
								Le directeur de la RCA, David Sarnoff, un ami d'Armstrong, voulait qu'Armstrong trouve un moyen de supprimer les parasites de la radio AM. Il fut donc fort enthousiasm&#233; quand celui-ci lui annon&#231;a qu'il avait un syst&#232;me pour supprimer les parasites de la "radio". Mais quand Armstrong lui montra son invention, Sarnoff ne fut pas content.	
							</text>
						</object>
						<object id="34">
							<ocn>34</ocn>
							<text class="indent1">	
								"Je pensais qu'Armstrong allait inventer une sorte de filtre pour enlever les parasites de notre radio AM. Je ne pensais pas qu'il allait lancer une r&#233;volution: d&#233;marrer une fichue nouvelle industrie qui entrerait en comp&#233;tition avec la RCA".<endnote><number>7</number><note>See "Saints: The Heroes and Geniuses of the Electronic Era," First Electronic Church of America, at www.webstationone.com/fecha, available at link #1. </note></endnote> 	
							</text>
						</object>
						<object id="35">
							<ocn>35</ocn>
							<text class="norm">	
								L'invention d'Armstrong mena&#231;ait l'empire de la RCA, et la firme entreprit d'&#233;touffer la radio FM. La FM &#233; tait peut-&#234;tre une technologie sup&#233;rieure, mais Sarnoff &#233; tait un tacticien sup&#233;rieur. Comme le d&#233;crit un auteur,	
							</text>
						</object>
						<object id="36">
							<ocn>36</ocn>
							<text class="indent1">	
								Les atouts de la FM, essentiellement d'ordre technique, ne faisaient pas le poids face aux efforts des marchands, bureaux de brevets et cabinets d'avocats, pour &#233; loigner cette menace contre l'industrie dominante. Car la FM, si on la laissait se d&#233;velopper librement, impliquait (...) un bouleversement des rapports de force au sein de la radio (...) et &#224; long terme l'abandon du syst&#232;me soigneusement contr&#244;l&#233; de radio AM, gr&#226;ce auquel la RCA avait b&#226;ti son empire.<endnote><number>8</number><note>Lessing, 226. </note></endnote> 	
							</text>
						</object>
						<object id="37">
							<ocn>37</ocn>
							<text class="norm">	
								Au d&#233;but, la RCA confina la technologie au sein de l'entreprise, en insistant sur le fait qu'il &#233; tait n&#233;cessaire de faire des exp&#233;riences suppl&#233;mentaires. Quand, apr&#232;s deux ans de tests, Armstrong s'impatienta, la RCA commen&#231;a &#224; utiliser son pouvoir aupr&#232;s du gouvernement pour bloquer le d&#233;ploiement de la radio FM dans son ensemble. En 1936, la RCA engagea l'ancien directeur de la FCC, avec pour mission de faire en sorte que la FCC attribuerait les fr&#233;quences de mani&#232;re &#224; castrer la FM, essentiellement en d&#233;pla&#231;ant la radio FM vers une diff&#233;rente bande du spectre. Au d&#233;but, ces efforts &#233; chou&#232;rent. Mais quand l'attention d'Armstrong et de la nation furent d&#233;tourn&#233;e par la seconde guerre mondiale, le travail de la RCA commmen&#231;a &#224; porter des fruits. Peu apr&#232;s la fin de la guerre, la FCC annon&#231;a un ensemble de mesures clairement destin&#233;es &#224; paralyser la radio FM. Comme Lawrence Lessing le d&#233;crivit:	
							</text>
						</object>
						<object id="38">
							<ocn>38</ocn>
							<text class="indent1">	
								La s&#233;rie de coups qu'a re&#231;u la radio FM juste apr&#232;s la guerre, sous forme de r&#233;glements dict&#233;s, &#224; travers la FCC, par les int&#233;r&#234;ts des grandes maisons de radio, &#233; taient d'une force et d'un caract&#232;re retors incroyables.<endnote><number>9</number><note>Lessing, 256. </note></endnote> 	
							</text>
						</object>
						<object id="39">
							<ocn>39</ocn>
							<text class="norm">	
								Afin de faire lib&#233;rer des fr&#233;quences pour le dernier pari de la RCA, la t&#233;l&#233;vision, les utilisateurs de la radio FM allaient &#234; tre d&#233;plac&#233;s vers une bande de fr&#233;quences totalement nouvelle. Il fallut aussi diminuer la puissance des &#233; metteurs radio FM, ce qui signifiait qu'on ne pouvait plus utiliser la FM pour radiodiffuser d'un bout &#224; l'autre du pays. (Ce changement fut tr&#232;s fortement soutenu par AT&amp;T, parce que la perte d'&#233;metteurs relais FM impliquait que les stations radios auraient &#224; acheter des liaisons filaires &#224; AT&amp;T.) La progression de la radio FM fut ainsi &#233; touff&#233;e, du moins provisoirement.	
							</text>
						</object>
						<object id="40">
							<ocn>40</ocn>
							<text class="norm">	
								Armstrong r&#233;sista aux efforts de la RCA. En r&#233;ponse, la RCA r&#233;sista aux brevets d'Armstrong. Apr&#232;s avoir incorpor&#233; la technologie FM dans les standards &#233; mergents de la t&#233;l&#233;vision, la RCA d&#233;clara les brevets invalides, sans raison, et presque quinze ans apr&#232;s leur d&#233;p&#244;t. L'entreprise refusa donc de lui payer des royalties. Pendant six ans, Armstrong livra une co&#252;teuse guerre l&#233;gale pour d&#233;fendre ses brevets. Finalement, juste au moment o&#250; les brevets expiraient, la RCA proposa de transiger pour une somme si faible qu'elle ne couvrait m&#234;me pas les frais d'avocats d'Armstrong. D&#233;fait, bris&#233;, et d&#233;sormais ruin&#233;, Armstrong &#233; crivit en 1954 un court billet &#224; sa femme, et se donna la mort en se jetant par la fen&#234;tre du treizi&#232;me &#233; tage.	
							</text>
						</object>
						<object id="41">
							<ocn>41</ocn>
							<text class="norm">	
								C'est ainsi que la loi fonctionne parfois. Pas souvent de mani&#232;re aussi tragique, et rarement accompagn&#233;e d'histoires h&#233;ro&#239;ques, mais parfois, c'est ainsi qu'elle fonctionne. Depuis toujours, le gouvernement et ses agences ont fait l'objet de d&#233;tournements. Ceci a plus de chance de se produire si des int&#233;r&#234;ts puissants se trouvent menac&#233;s par des changements l&#233;gaux ou techniques. Ces int&#233;r&#234;ts puissants, trop souvent, exercent leur influence au sein du gouvernement pour obtenir sa protection. Bien s&#252;r, la rh&#233;torique excusant cette protection est toujours inspir&#233;e par la d&#233;fense de l'int&#233;r&#234;t public; la r&#233;alit&#233; est quelque peu diff&#233;rente. Des id&#233;es qui un jour semblent solides comme le roc, mais qui laiss&#233;es &#224; elles-m&#234;mes se seraient effrit&#233;es le lendemain, se maintiennent gr&#226;ce &#224; cette corruption subtile de notre processus politique. La RCA avait ce que les Causby n'avaient pas: le pouvoir de confisquer les effets du progr&#232;s technique.	
							</text>
						</object>
						<object id="42">
							<ocn>42</ocn>
							<text class="norm">	
								Internet n'a pas &#233; t&#233; invent&#233; par une seule personne. On ne peut pas non plus lui attribuer une date de naissance pr&#233;cise. Cependant, en tr&#232;s peu de temps, Internet est entr&#233; dans les moeurs am&#233;ricaines. D'apr&#232;s le "Pew Internet and American Life Project", 58 pour cent des Am&#233;ricains avaient acc&#232;s &#224; Internet en 2002, contre 49 pour cent deux ans auparavant.<endnote><number>10</number><note>Amanda Lenhart, "The Ever-Shifting Internet Population: A New Look at Internet Access and the Digital Divide," Pew Internet and American Life Project, 15 April 2003: 6, available at link #2. </note></endnote>  Ce nombre pourrait bien d&#233;passer les deux tiers de la nation avant la fin 2004.	
							</text>
						</object>
						<object id="43">
							<ocn>43</ocn>
							<text class="norm">	
								Au fur et &#224; mesure qu'Internet s'est int&#233;gr&#233; &#224; la vie ordinaire, il a chang&#233; certaines choses. Certains de ces changements sont d'ordre technique: Internet a rendu les communications plus rapides, rassembler des donn&#233;es est devenu moins co&#252;teux, et ainsi de suite. Ces changements techniques ne sont pas le sujet de ce livre. Certes, ils sont importants. Certes, ils ne sont pas bien compris. Mais ils font partie des choses qui dispara&#238;traient si nous arr&#234;tions tout &#224; coup d'utiliser Internet. Ils ne touchent pas les gens qui n'utilisent pas Internet, ou du moins, ils ne les touchent pas directement. Ils pourraient faire le sujet d'un livre sur Internet. Mais ceci n'est pas un livre sur Internet.	
							</text>
						</object>
						<object id="44">
							<ocn>44</ocn>
							<text class="norm">	
								Le sujet de ce livre est plut&#244;t un effet d'Internet, mais qui va au-del&#224; d'Internet: un effet sur la fa&#231;on dont la culture est &#233; labor&#233;e. Ma th&#232;se est qu'Internet a introduit dans ce processus un changement important, et dont nous n'avons pas encore pris conscience. Ce changement va transformer radicalement une tradition qui est aussi ancienne que notre R&#233;publique. La plupart des gens, s'ils avaient conscience de ce changement, le refuseraient. Cependant, la plupart ne voient m&#234;me pas ce qu'Internet a chang&#233;.	
							</text>
						</object>
						<object id="45">
							<ocn>45</ocn>
							<text class="norm">	
								Nous pouvons percevoir ce changement en distinguant culture commerciale et culture non commerciale, et en comparant les aspects l&#233;gaux de chacune. Par "culture commerciale", j'entends cette partie de la culture qui est produite et vendue, ou qui est produite pour &#234; tre vendue. Par "culture non commerciale", j'entends tout le reste. Quand un vieil homme s'asseyait autrefois dans un parc ou &#224; un coin de rue pour raconter des histoires que les enfants (ou les adultes) consommaient, c'&#233;tait de la culture non commerciale. Quand Noah Webster faisait publier son "Reader", ou Joel Barlow sa po&#233;sie, c'&#233;tait de la culture commerciale.	
							</text>
						</object>
						<object id="46">
							<ocn>46</ocn>
							<text class="norm">	
								Au d&#233;but de notre histoire, et pour l'essentiel de notre tradition, la culture non commerciale a &#233; t&#233; non r&#233;glement&#233;e. Bien s&#252;r, si vos histoires &#233; taient obsc&#232;nes, ou si votre chanson troublait l'ordre public, il &#233; tait possible que la loi intervienne. Mais la loi laissait cette culture libre, et n'intervenait jamais directement dans sa cr&#233;ation ou sa diffusion. Les moyens habituels par lesquels les citoyens ordinaires partageaient et transformaient leur culture (raconter des histoires, rejouer des sc&#232;nes de th&#233;atre ou de t&#233;l&#233;vision, participer &#224; des club d'amateurs, partager de la musique, enregistrer des cassettes) n'&#233;taient pas r&#233;glement&#233;s.	
							</text>
						</object>
						<object id="47">
							<ocn>47</ocn>
							<text class="norm">	
								La loi r&#233;gulait seulement la cr&#233;ation commerciale. Au d&#233;but l&#233;g&#232;rement, puis d'une fa&#231;on assez exhaustive, la loi a prot&#233;g&#233; les int&#233;r&#234;ts des cr&#233;ateurs, en leur accordant des droits exclusifs sur leurs cr&#233;ations, de fa&#231;on &#224; ce qu'ils puissent vendre ces droits sur un march&#233; commercial8.<endnote><number>11</number><note>This is not the only purpose of copyright, though it is the overwhelmingly primary purpose of the copyright established in the federal constitution. State copyright law historically protected not just the commercial interest in publication, but also a privacy interest. By granting authors the exclusive right to first publication, state copyright law gave authors the power to control the spread of facts about them. See Samuel D. Warren and Louis D. Brandeis, "The Right to Privacy," Harvard Law Review 4 (1890): 193, 198-200. </note></endnote>  Bien s&#252;r, ceci repr&#233;sente aussi une partie importante de la cr&#233;ation culturelle, et cette partie est devenue de plus en plus importante en Am&#233;rique. Mais en aucun cas elle n'a &#233; t&#233; un &#233; l&#233;ment dominant de notre tradition. Au contraire, &#231; a n'&#233;tait qu'une partie de notre culture, sous contr&#244;le, et &#233; quilibr&#233;e par la partie libre.	
							</text>
						</object>
						<object id="48">
							<ocn>48</ocn>
							<text class="norm">	
								Aujourd'hui, cette d&#233;marcation nette entre le libre et le "contr&#244;l&#233;" a disparu.<endnote><number>12</number><note>See Jessica Litman, Digital Copyright (New York: Prometheus Books, 2001), ch. 13. </note></endnote>  Internet a pr&#233;par&#233; le terrain &#224; cette disparition, et avec l'appui des m&#233;dias, la loi y a contribu&#233;. Pour la premi&#232;re fois dans notre tradition, les moyens habituels par lesquels les individus cr&#233;ent et partagent leur culture tombent sous le coup de la loi, qui a &#233; tendu son emprise &#224; des pans entiers de la culture jusqu'ici libres de tout contr&#244;le. La technologie, qui jusqu'ici avait pr&#233;serv&#233; l'&#233;quilibre historique entre la culture libre et la culture n&#233;cessitant une "permission", a &#233; t&#233; d&#233;faite. La cons&#233;quence est que notre culture est de moins en moins libre, et de plus en plus une culture de permissions.	
							</text>
						</object>
						<object id="49">
							<ocn>49</ocn>
							<text class="norm">	
								On nous justifie ce changement comme n&#233;cessaire &#224; la protection de la cr&#233;ation commerciale. Et en effet, sa motivation est pr&#233;cis&#233;ment le protectionnisme. Mais le protectionnisme qui justifie le changement que je d&#233;cris plus loin n'est pas d'un genre limit&#233; et &#233; quilibr&#233;, comme celui qui caract&#233;risait la loi dans le pass&#233;. Il ne s'agit pas d'un protectionnisme qui prot&#232;ge les artistes. C'est plut&#244;t un protectionnisme qui permet de prot&#233;ger certains secteurs d'activit&#233;. Certaines corporations, menac&#233;es par le potentiel qu'a Internet de changer la mani&#232;re dont la culture, commerciale ou non, est produite et partag&#233;e, se sont unies pour inciter le l&#233;gislateur &#224; les prot&#233;ger. C'est l'histoire de la RCA et Armstrong; c'est le r&#234;ve des Causby.	
							</text>
						</object>
						<object id="50">
							<ocn>50</ocn>
							<text class="norm">	
								Car pour beaucoup de gens, Internet a lib&#233;r&#233; une possibilit&#233; extraordinaire, de participer &#224; la cr&#233;ation et &#224; l'&#233;laboration d'une certaine culture, qui rayonne bien au-del&#224; des fronti&#232;res locales. Cette possibilit&#233; a chang&#233; les conditions de cr&#233;ation et d'&#233;laboration de la culture en g&#233;n&#233;ral, et ce changement menace les industries &#233; tablies du contenu. Ainsi, Internet est aux fabricants et distributeurs de contenu du vingti&#232;me si&#232;cle ce que la radio FM fut &#224; la radio AM, ou ce que le camion f&#252;t au chemin de fer du XIX si&#232;cle: le d&#233;but de la fin, ou du moins une transformation substantielle. Les technologies num&#233;riques, li&#233;es &#224; Internet, pourraient g&#233;n&#233;rer un march&#233; de la culture plus concurrentiel et plus dynamique; ce march&#233; pourrait accueillir des cr&#233;ateurs plus vari&#233;s et plus nombreux. Ces cr&#233;ateurs pourraient proposer et distribuer des cr&#233;ations plus vari&#233;es et plus nombreuses; et, en fonction de quelques facteurs importants, ces cr&#233;ateurs pourraient, en moyenne, mieux gagner leur vie dans ce systeme qu'ils ne le font aujourd'hui -- du moins si les RCA de notre temps n'utilisent pas la loi pour se prot&#233;ger de cette concurrence.	
							</text>
						</object>
						<object id="51">
							<ocn>51</ocn>
							<text class="norm">	
								Cependant, comme je le montre dans les pages qui suivent, c'est exactement ce qui est en train de se produire dans notre culture aujourd'hui. Ces &#233; quivalents actuels des radios du d&#233;but du vingti&#232;me si&#232;cle ou des chemins de fer du dix-neuvi&#232;me si&#232;cle usent de leur influence pour que la loi les prot&#232;ge contre ces moyens nouveaux, plus efficaces, et plus dynamiques, de fabriquer la culture. Il sont en train de r&#233;ussir &#224; transformer Internet avant qu'Internet ne les transforme.	
							</text>
						</object>
						<object id="52">
							<ocn>52</ocn>
							<text class="norm">	
								Beaucoup de gens ne voient pas les choses de cette mani&#232;re. Les batailles au sujet du copyright et d'Internet leur semblent &#233; loign&#233;es. Pour les rares personnes qui y pr&#234;tent attention, elles semblent surtout se r&#233;sumer &#224; de simples interrogations, &#224; savoir: le "piratage" va-t'il &#234; tre autoris&#233;, et la "propri&#233;t&#233;" va-t'elle &#234; tre prot&#233;g&#233;e. La "guerre" qui a &#233; t&#233; engag&#233;e contre les technologies de l'Internet, et que Jack Valenti, le pr&#233;sident de la Motion Picture Association of America (MPAA) appelle sa "guerre anti-terroriste personnelle"<endnote><number>13</number><note>Amy Harmon, "Black Hawk Download: Moving Beyond Music, Pirates Use New Tools to Turn the Net into an Illicit Video Club," New York Times, 17 January 2002. </note></endnote>  a &#233; t&#233; pr&#233;sent&#233;e comme une bataille pour faire r&#233;gner la loi et pour faire respecter la propri&#233;t&#233;. Pour savoir de quel c&#244;t&#233; se ranger dans cette guerre, il suffirait simplement de d&#233;cider si nous sommes pour ou contre la propri&#233;t&#233;.	
							</text>
						</object>
						<object id="53">
							<ocn>53</ocn>
							<text class="norm">	
								Si c'&#233;tait vraiment l&#224; l'alternative, alors je serais du c&#244;t&#233; de Jack Valenti et de l'industrie du contenu. Moi aussi, je crois en la propri&#233;t&#233;, et particuli&#232;rement en l'importance de ce que M. Valenti appelle po&#233;tiquement la "propri&#233;t&#233; cr&#233;atrice". Je crois que le "piratage" est mauvais, et que la loi, intelligemment &#233; crite, devrait punir le "piratage", que ce soit sur Internet ou ailleurs.	
							</text>
						</object>
						<object id="54">
							<ocn>54</ocn>
							<text class="norm">	
								Mais ces id&#233;es simples cachent une question bien plus fondamentale et un changement bien plus important. Ma crainte est que, &#224; moins que nous n'arrivions &#224; comprendre ce changement, la guerre pour d&#233;barrasser le monde des "pirates" d'Internet ne d&#233;barrasse aussi notre culture de certaines valeurs qui ont fond&#233; notre soci&#233;t&#233; depuis ses d&#233;buts.	
							</text>
						</object>
						<object id="55">
							<ocn>55</ocn>
							<text class="norm">	
								Ces valeurs ont fond&#233; une tradition qui, pendant les 180 premi&#232;res ann&#233;es de notre R&#233;publique au moins, a garanti aux cr&#233;ateurs le droit de s'inspirer librement du pass&#233;, et a prot&#233;g&#233; cr&#233;ateurs et innovateurs du contr&#244;le de l'Etat ou d'un contr&#244;le priv&#233;. Le Premier Amendement (NdT: de la Constitution) prot&#232;ge les cr&#233;ateurs du contr&#244;le de l'Etat. Et comme le d&#233;montre avec force le professeur Neil Netanel,<endnote><number>14</number><note>Neil W. Netanel, "Copyright and a Democratic Civil Society," Yale Law Journal 106 (1996): 283. </note></endnote>  la loi sur le copyright, bien equilibr&#233;e, prot&#232;ge les cr&#233;ateurs du contr&#244;le priv&#233;. Notre tradition n'est donc ni sovi&#233;tique, ni une tradition de patrons. Au contraire, elle a d&#233;limit&#233; un large espace au sein duquel les cr&#233;ateurs ont pu &#233; laborer et &#233; tendre notre culture.	
							</text>
						</object>
						<object id="56">
							<ocn>56</ocn>
							<text class="norm">	
								Cependant la loi, en cherchant &#224; r&#233;guler les changements technologiques li&#233;s &#224; Internet, a r&#233;pondu par une augmentation massive de la r&#233;glementation sur la cr&#233;ation en Am&#233;rique. Pour nous inspirer d'oeuvres existantes, ou bien pour les critiquer, nous devons d'abord demander la permission, &#224; la mani&#232;re d'Oliver Twist. Bien s&#252;r, la permission est souvent accord&#233;e. Mais elle n'est pas souvent accord&#233;e &#224; un ind&#233;pendant, ou &#224; qui veut critiquer. Nous avons cr&#233;&#233; une sorte de noblesse culturelle. Ceux qui sont dans la classe noble ont la vie facile, ceux qui n'y sont pas ne l'ont pas. Mais c'est la noblesse, sous toute ses formes, qui est &#233; trang&#232;re &#224; notre tradition.	
							</text>
						</object>
						<object id="57">
							<ocn>57</ocn>
							<text class="norm">	
								L'histoire qui suit a pour sujet cette guerre. Mon sujet n'est pas la "place centrale de la technologie" dans notre vie quotidienne. Je ne crois pas aux dieux, num&#233;riques ou autres. Il ne s'agit pas non plus d'une tentative de diaboliser un individu ou un groupe, car je ne crois pas non plus au diable, qu'il soit capitaliste ou autre. Il ne s'agit ni d'un conte moral, ni d'un appel au jihad contre une industrie.	
							</text>
						</object>
						<object id="58">
							<ocn>58</ocn>
							<text class="norm">	
								Il s'agit plut&#244;t d'un effort pour comprendre une guerre, d&#233;sesp&#233;remment destructice, inspir&#233;e par les technologies d'Internet, mais qui s'&#233;tend bien au-del&#224; du code informatique. Et en nous faisant comprendre cette guerre, c'est un effort pour trouver la paix. La dispute en cours autour des technologies d'Internet n'a aucune bonne raison de continuer. Notre tradition et notre culture souffriront beaucoup si cette guerre se prolonge de fa&#231;on injustifi&#233;e. Nous devons comprendre les racines du conflit. Nous devons le r&#233;soudre vite.	
							</text>
						</object>
						<object id="59">
							<ocn>59</ocn>
							<text class="norm">	
								Comme la bataille des Causby, l'objet du conflit, est, en partie, la "propri&#233;t&#233;". La propri&#233;t&#233; dans cette guerre n'est pas aussi palpable que celle des Causby, et aucun poulet innocent n'y a perdu la vie. Pourtant, pour une majorit&#233; de gens, les id&#233;es qui accompagnent cette notion de "propri&#233;t&#233;" sont aussi &#233; videntes que l'inviolabilit&#233; de leur ferme ne l'&#233;tait aux yeux des Causby. Nous sommes comme les Causby. Ainsi, la plupart d'entre nous tiennent pour acquis les extraordinaires revendications faites de nos jours par les d&#233;tenteurs de "propri&#233;t&#233; intellectuelle". La plupart d'entre nous, comme les Causby, consid&#232;rons que ces revendications sont &#233; videntes. Et par cons&#233;quent, comme les Causby, nous protestons quand une nouvelle technologie interf&#232;re avec cette propri&#233;t&#233;. Tout comme pour eux, il nous semble clair que ces nouvelles technologies d'Internet violent une revendication l&#233;gitime de "propri&#233;t&#233;". Tout comme pour eux, il nous semble clair que la loi doit intervenir pour faire cesser cette violation.	
							</text>
						</object>
						<object id="60">
							<ocn>60</ocn>
							<text class="norm">	
								Et par cons&#233;quent, quand des passionn&#233;s d'informatique ou de technologie veulent d&#233;fendre ce qu'ils appellent des technologies &#224; la Armstrong ou &#224; la Wright Brothers, nous restons indiff&#233;rents. Le sens commun ne se r&#233;volte pas. Contrairement au cas des malheureux Causby, le sens commun est du c&#244;t&#233; des propri&#233;taires dans cette guerre. Contrairement aux heureux fr&#232;res Wright, Internet n'a pas inspir&#233; de r&#233;volution en sa faveur.	
							</text>
						</object>
						<object id="61">
							<ocn>61</ocn>
							<text class="norm">	
								Mon souhait est de faire &#233; voluer ce sens commun. Je m'&#233;tonne de plus en plus du pouvoir de cette id&#233;e de propri&#233;t&#233; intellectuelle, et surtout de sa capacit&#233; &#224; handicaper le sens critique des hommes politiques et des citoyens. Jamais dans notre histoire la partie "poss&#233;d&#233;e" de notre "culture" n'a &#233; t&#233; aussi importante qu'aujourd'hui. Et pourtant, la concentration du pouvoir qui contr&#244;le les usages de cette culture n'a jamais &#233; t&#233; aussi largement accept&#233;e.	
							</text>
						</object>
						<object id="62">
							<ocn>62</ocn>
							<text class="norm">	
								Le myst&#232;re, c'est: pourquoi?	
							</text>
						</object>
						<object id="63">
							<ocn>63</ocn>
							<text class="norm">	
								Aurions-nous enfin compris une v&#233;rit&#233; concernant la valeur et l'importance d'une propri&#233;t&#233; absolue sur les id&#233;es et la culture? Aurions-nous d&#233;couvert que notre tradition a eu tort de rejeter une revendication aussi absolue?	
							</text>
						</object>
						<object id="64">
							<ocn>64</ocn>
							<text class="norm">	
								Ou bien est-ce parce que l'id&#233;e d'une propri&#233;t&#233; absolue des id&#233;es et de la culture b&#233;n&#233;ficie aux RCA de notre &#233; poque, et ne nous choque pas &#224; premi&#232;re vue?	
							</text>
						</object>
						<object id="65">
							<ocn>65</ocn>
							<text class="norm">	
								Cette d&#233;rive brutale par rapport &#224; notre tradition de libre culture est-elle le fait d'une Am&#233;rique corrigeant une erreur de son pass&#233;, comme elle l'a fait apr&#232;s une guerre sanglante contre l'esclavage, et comme elle le fait lentement avec les in&#233;galit&#233;s? Ou bien n'est-elle qu'une manifestation de plus d'un syst&#232;me politique d&#233;tourn&#233; par une poign&#233;e d'int&#233;r&#234;ts particuliers puissants?	
							</text>
						</object>
						<object id="66">
							<ocn>66</ocn>
							<text class="norm">	
								Si le sens commun conduit &#224; l'extr&#233;misme sur ces questions, est-ce vraiment parce qu'il croit &#224; cet extr&#233;misme? Ou alors, est-ce que le sens commun c&#232;de devant l'extr&#233;misme, parce que, comme dans le cas d'Armstrong contre la RCA, le c&#244;t&#233; le plus puissant s'est arrang&#233; pour imposer ses vues?	
							</text>
						</object>
						<object id="67">
							<ocn>67</ocn>
							<text class="norm">	
								Je ne cherche pas &#224; &#234; tre myst&#233;rieux. Mon opinion personnelle est faite. Je crois qu'il &#233; tait juste que le sens commun se r&#233;volte contre l'extr&#233;misme des Causby. Je crois qu'il serait juste que le sens commun se r&#233;volte contre les revendications extr&#234;mes faites aujourd'hui au nom de la "propri&#233;t&#233; intellectuelle". Ce que la loi exige aujourd'hui est de plus en plus stupide, un peu comme un sh&#233;rif qui arr&#234;terait un avion pour violation de propri&#233;t&#233;. Cependant les cons&#233;quences de cette stupidit&#233; sont bien plus profondes.	
							</text>
						</object>
						<object id="68">
							<ocn>68</ocn>
							<text class="norm">	
								La bataille qui fait rage actuellement est centr&#233;e autour de deux id&#233;es: le "piratage" et la "propri&#233;t&#233;." Mon but dans les deux prochaines parties de ce livre est d'explorer ces deux id&#233;es.	
							</text>
						</object>
						<object id="69">
							<ocn>69</ocn>
							<text class="norm">	
								Ma m&#233;thode n'est pas la m&#233;thode habituelle d'un universitaire. Je ne souhaite pas vous plonger dans des arguties complexes, m&#226;tin&#233;es de r&#233;f&#233;rences &#224; d'obscurs th&#233;oriciens fran&#231;ais, aussi naturel que ce soit pour les bizarres individus que nous sommes devenus, nous autres universitaires. Au contraire, je commence chaque partie par quelques histoires, afin d'&#233;tablir un contexte dans lequel ces id&#233;es apparemment simples peuvent mieux &#234; tre comprises.	
							</text>
						</object>
						<object id="70">
							<ocn>70</ocn>
							<text class="norm">	
								Les deux sections pr&#233;sentent l'id&#233;e centrale de ce livre: alors qu'Internet a engendr&#233; quelque chose de nouveau et de fantastique, notre gouvernement, pouss&#233; par les m&#233;dias &#224; r&#233;pondre &#224; cette "chose nouvelle", est en train de d&#233;truire quelque chose de tr&#232;s ancien. Plut&#244;t que comprendre les changements que permet Internet, et au lieu de laisser au "sens commun" le temps de trouver la meilleure r&#233;ponse possible, nous laissons ceux qui sont le plus menac&#233;s par ces changements user de leur influence pour changer la loi. Et bien plus grave, pour changer quelque chose de fondamental concernant notre identit&#233;.	
							</text>
						</object>
						<object id="71">
							<ocn>71</ocn>
							<text class="norm">	
								Nous les laissons faire, je pense, non pas parce qu'ils ont raison, ou parce qu'une majorit&#233; d'entre nous croit r&#233;ellement en ces changements. Nous les laissons faire parce que les int&#233;r&#234;ts les plus menac&#233;s comptent parmi les plus puissants acteurs dans notre syst&#232;me l&#233;gislatif d&#233;sesp&#233;r&#233;ment corrompu. Ce livre est l'histoire d'une cons&#233;quence de plus de cette corruption; une cons&#233;quence dont pour la plupart nous n'avons pas conscience.	
							</text>
						</object>
	</heading2>
	<heading2>
		<heading>
			<object id="72">
				<ocn>72</ocn>
				<text class="heading_section_2">Piratage</text>
			</object>
		</heading>
						<object id="73">
							<ocn>73</ocn>
							<text class="norm">	
								La guerre contre le "piratage" est n&#233;e en m&#234;me temps que les lois qui r&#233;glementent la propri&#233;t&#233; des cr&#233;ations. Les contours pr&#233;cis de ce concept de "piratage" sont difficiles &#224; cerner, mais il est facile de comprendre les injustices qu'il entra&#238;ne. Au cours d'un proc&#232;s qui &#233; tendit le champ d'application du droit d'auteur anglais aux partitions musicales, Lord Mansfield &#233; crivit:	
							</text>
						</object>
						<object id="74">
							<ocn>74</ocn>
							<text class="indent1">	
								"Une personne peut utiliser la copie en interpr&#233;tant la musique, mais elle n'a pas le droit de priver l'auteur de ses profits en multipliant les copies et en les &#233; coulant pour son propre compte."1	
							</text>
						</object>
						<object id="75">
							<ocn>75</ocn>
							<text class="norm">	
								Aujourd'hui, nous sommes au milieu d'une autre "guerre" contre le "piratage". Internet a provoqu&#233; cette guerre. Internet a permis la diffusion efficace des contenus. Le partage des fichiers en peer-to-peer (p2p) est l'une des technologies les plus efficaces qu'Internet a rendues possibles. Gr&#226;ce &#224; un syst&#232;me d'information r&#233;partie, les syst&#232;mes p2p facilitent la diffusion rapide de contenus, d'une mani&#232;re inconcevable il y a seulement une g&#233;n&#233;ration.	
							</text>
						</object>
						<object id="76">
							<ocn>76</ocn>
							<text class="norm">	
								Cette efficacit&#233; ne tient pas compte des contraintes traditionnellement impos&#233;es par le droit d'auteur. Le r&#233;seau ne fait pas de diff&#233;rence entre le partage de contenu sous copyright ou non. De ce fait, de grandes quantit&#233;s de contenus sous copyright ont &#233; t&#233; &#233; chang&#233;s. En retour, ces &#233; changes ont provoqu&#233; une guerre, les d&#233;tenteurs de copyright craignant qu'ils ne "privent l'auteur de ses profits."	
							</text>
						</object>
						<object id="77">
							<ocn>77</ocn>
							<text class="norm">	
								Les guerriers du copyright se sont tourn&#233;s vers les tribunaux, vers les l&#233;gislateurs, et, de plus en plus, vers la technologie, pour d&#233;fendre leur "propri&#233;t&#233;" contre le "piratage". Une g&#233;n&#233;ration d'Am&#233;ricains, nous mettent-ils en garde, est &#233; lev&#233;e dans l'id&#233;e que la "propri&#233;t&#233;" devrait &#234; tre "gratuite". Oubliez les tatouages, qu'importent les piercings, nos enfants sont en train de devenir des voleurs!	
							</text>
						</object>
						<object id="78">
							<ocn>78</ocn>
							<text class="norm">	
								Il ne fait aucun doute que le "piratage" est quelque chose de mauvais, et que les pirates devraient &#234; tre punis. Mais avant de convoquer les bourreaux, nous devrions replacer cette notion de "piratage" dans un certain contexte. Car si le concept est de plus en plus utilis&#233;, on trouve, &#224; son coeur m&#234;me, une id&#233;e assez extraordinaire qui est, presque certainement, erron&#233;e.	
							</text>
						</object>
						<object id="79">
							<ocn>79</ocn>
							<text class="norm">	
								Cette id&#233;e est &#224; peu pr&#232;s la suivante:	
							</text>
						</object>
						<object id="80">
							<ocn>80</ocn>
							<text class="indent1">	
								Le travail cr&#233;atif a de la valeur. D&#232;s que j'utilise le travail cr&#233;atif d'autre personnes, ou que je fonde mon travail sur le leur, je leur prends quelque chose qui a de la valeur. D&#232;s lors que je prends quelque chose qui a de la valeur &#224; quelqu'un d'autre, je devrais avoir son autorisation. Il est injuste de prendre quelque chose qui a de la valeur &#224; quelqu'un sans avoir sa permission. C'est une forme de piratage.	
							</text>
						</object>
						<object id="81">
							<ocn>81</ocn>
							<text class="norm">	
								Ce point de vue sous-tend les d&#233;bats en cours. C'est ce que Rochelle Dreyfuss, professeur en droit &#224; l'universit&#233; de New York, appelle la th&#233;orie "valeur implique droits" de la propri&#233;t&#233; des cr&#233;ations2: s'il y a de la valeur, alors quelqu'un doit avoir un droit sur cette valeur. C'est ce raisonnement qui a amen&#233; l'ASCAP (ndT: &#233; quivalent am&#233;ricain de la SACEM fran&#231;aise) &#224; intenter un proc&#232;s aux Girl-Scouts, pour non-paiement des chansons que les filles chantaient autour de leurs feux de camp3. Il y avait de la "valeur" (les chansons), donc il devait y avoir un "droit", quand bien m&#234;me ce droit allait contre les Girl-Scouts.	
							</text>
						</object>
						<object id="82">
							<ocn>82</ocn>
							<text class="norm">	
								Cette id&#233;e est certainement une interpr&#233;tation possible de la fa&#231;on dont la propri&#233;t&#233; des cr&#233;ations devrait fonctionner. Elle pourrait tr&#232;s bien servir de cadre &#224; un syt&#232;me l&#233;gal prot&#233;geant la propri&#233;t&#233; des cr&#233;ations. Cependant, la th&#233;orie "valeur implique droit" n'a jamais &#233; t&#233; la th&#233;orie am&#233;ricaine de la propri&#233;t&#233; des cr&#233;ations. Cette th&#233;orie n'a jamais eu sa place dans notre droit.	
							</text>
						</object>
						<object id="83">
							<ocn>83</ocn>
							<text class="norm">	
								Au contraire, dans notre tradition, la propri&#233;t&#233; intellectuelle est un moyen. C'est un moyen de favoriser l'&#233;panouissement de la cr&#233;ation dans la soci&#233;t&#233;, mais qui reste subordonn&#233; &#224; la valeur de la cr&#233;ativit&#233;. Le d&#233;bat actuel constitue un revirement de cette tradition. Nous sommes devenus si pr&#233;occup&#233;s de prot&#233;ger l'instrument que nous perdons de vue l'objectif.	
							</text>
						</object>
						<object id="84">
							<ocn>84</ocn>
							<text class="norm">	
								&#192; l'origine de cette confusion, il y a une diff&#233;rence que la loi ne prend plus la peine de faire: la diff&#233;rence entre d'une part le fait de republier le travail de quelqu'un d'autre, et d'autre part le fait de transformer ce travail, ou de se fonder sur ce travail. Au d&#233;part, les lois sur le copyright ne concernaient que la publication, aujourd'hui elles r&#233;glementent les deux aspects.	
							</text>
						</object>
						<object id="85">
							<ocn>85</ocn>
							<text class="norm">	
								Ce regroupement n'avait pas beaucoup d'importance avant l'apparition d'Internet. Les proc&#233;d&#233;s de publication &#233; taient co&#252;teux, et par cons&#233;quent la grande majorit&#233; de l'&#233;dition &#233; tait commerciale. Les organisations commerciales pouvaient se permettre de se conformer &#224; la loi -- m&#234;me aux lois d'une complexit&#233; byzantine qu'&#233;taient devenues les lois sur le copyright. Ce n'&#233;tait qu'une d&#233;pense suppl&#233;mentaire n&#233;cessaire pour faire des affaires.	
							</text>
						</object>
						<object id="86">
							<ocn>86</ocn>
							<text class="norm">	
								Mais depuis l'apparition d'Internet, cette limite naturelle au champ d'application de la loi a disparu. La loi ne contr&#244;le plus seulement la cr&#233;ativit&#233; des cr&#233;ateurs commerciaux, mais celle de tout le monde. Cette extension serait peut-&#234;tre anodine si les lois sur le copyright ne r&#233;glementaient que la "copie". Cependant, vu la largesse et le flou avec lesquels s'applique la loi actuelle, cette extension prend beaucoup d'importance.	
							</text>
						</object>
						<object id="87">
							<ocn>87</ocn>
							<text class="norm">	
								Les inconv&#233;nients de cette loi d&#233;passent maintenant de beaucoup ses avantages initiaux: elle affecte la cr&#233;ativit&#233; non commerciale, et, de plus en plus, aussi, la cr&#233;ativit&#233; commerciale. Comme nous le verrons plus clairement dans les chapitres suivants, le r&#244;le de la loi est de moins en moins de soutenir la cr&#233;ativit&#233;, et de plus en plus de prot&#233;ger certaines industries de la comp&#233;tition. Juste au moment o&#250; les technologies num&#233;riques auraient pu lib&#233;rer un flot extraordinaire de cr&#233;ativit&#233;, commerciale et non commerciale, la loi entrave cette &#233; nergie par des r&#233;glements vagues d'une complexit&#233; insens&#233;e, et en mena&#231;ant de peines d'une s&#233;v&#233;rit&#233; d&#233;raisonnable. Nous allons peut-&#234;tre assister, comme l'&#233;crit Richard Florida, &#224; l'"Essor de la classe cr&#233;ative."4 (NdT: "Rise of the Creative Class": titre d'un livre de Richard Florida). Malheureusement, nous sommes aussi en train d'assister &#224; une augmentation extraordinaire de la r&#233;glementation de cette "classe cr&#233;ative". <br /> Ces fardeaux r&#233;glementaires n'ont aucun sens dans notre tradition. Nous devrions commencer par comprendre cette tradition un peu mieux, et par placer dans leur vrai contexte les batailles en cours contre le comportement &#233; tiquet&#233; "piratage".	
							</text>
						</object>
			<contents1>
				<heading>
					<object id="88">
						<ocn>88</ocn>
						<nametag>_1</nametag>
						<text class="heading_content_1">Cr&#233;ateurs</text>
					</object>
				</heading>
					<content>
						<object id="89">
							<ocn>89</ocn>
							<text class="norm">	
								En 1928 est n&#233; un personnage de dessin anim&#233;. Mickey Mouse, premi&#232;re version, fit ses d&#233;buts en mai de cette ann&#233;e l&#224; dans Plane Crazy, un flop retentissant. En novembre, au "Colony Theater" de New York, dans le premier dessin anim&#233; avec son synchronis&#233; largement distribu&#233;, le personnage qui allait devenir Mickey Mouse prit vie dans Steamboat Willie.	
							</text>
						</object>
						<object id="90">
							<ocn>90</ocn>
							<text class="norm">	
								Le son synchronis&#233; &#233; tait apparu un an plus t&#244;t au cin&#233;ma dans le film The Jazz Singer. Devant ce succ&#232;s, Walt Disney copia la technique et introduisit le son dans les dessins anim&#233;s. Personne ne savait si cela allait marcher, ou, si &#231; a marchait, si &#231; a plairait au public. Mais apr&#232;s un premier essai pendant l'&#233;t&#233; 1928, les r&#233;sultats furent sans &#233; quivoque. Laissons Disney d&#233;crire cette premi&#232;re exp&#233;rience:	
							</text>
						</object>
						<object id="91">
							<ocn>91</ocn>
							<text class="indent1">	
								"Deux de mes employ&#233;s pouvaient lire la musique, et l'un d'eux jouait de l'harmonica. Nous les avons plac&#233;s dans une pi&#232;ce d'o&#250; ils ne pouvaient pas voir l'&#233;cran, et nous nous sommes d&#233;brouill&#233;s pour diffuser le son dans la pi&#232;ce o&#250; nos &#233; pouses et nos amis s'appr&#234;taient &#224; regarder le film.	
							</text>
						</object>
						<object id="92">
							<ocn>92</ocn>
							<text class="indent1">	
								Les gar&#231;ons travaillaient avec une partition indiquant la musique et les effets sonores. Apr&#232;s plusieurs faux d&#233;parts, nous r&#233;uss&#238;mes &#224; accorder le son avec l'action. L'homme &#224; l'harmonica jouait l'air, nous autres du bruitage donnions des coups de sifflet et des coups de casserole, dans le rythme. La synchronisation &#233; tait presque bonne.	
							</text>
						</object>
						<object id="93">
							<ocn>93</ocn>
							<text class="indent1">	
								Notre assistance fut transport&#233;e. Les gens r&#233;agirent d'instinct &#224; cette union du son et du mouvement. Je pensais qu'ils me faisaient marcher. Du coup, ils me plac&#232;rent dans l'assistance, et recommenc&#232;rent l'action. C'&#233;tait &#233; pouvantable, mais aussi, merveilleux! Et c'&#233;tait nouveau!"1	
							</text>
						</object>
						<object id="94">
							<ocn>94</ocn>
							<text class="norm">	
								Ub Iwerks, un des plus talentueux professionnel du dessin anim&#233;, alors associ&#233; de Disney, l'exprima plus vigoureusement: "Je n'ai jamais &#233; t&#233; aussi excit&#233; de ma vie. Rien depuis n'a jamais &#233; gal&#233; &#231; a."	
							</text>
						</object>
						<object id="95">
							<ocn>95</ocn>
							<text class="norm">	
								Disney avait cr&#233;&#233; quelque chose de tr&#232;s nouveau, fond&#233; sur quelque chose d'assez nouveau. Le son synchronis&#233; donnait vie &#224; une forme de cr&#233;ativit&#233; qui avait rarement, sauf dans les mains de Disney, &#233; t&#233; autre chose qu'une technique de remplissage dans d'autres films. Dans les premiers temps de l'histoire du dessin anim&#233;, l'invention de Disney d&#233;finit le standard que les autres allaient peiner &#224; suivre. Et tr&#232;s souvent, le g&#233;nie de Disney, ses &#233; clairs de cr&#233;ativit&#233;, furent fond&#233;s sur des travaux d'autres personnes.	
							</text>
						</object>
						<object id="96">
							<ocn>96</ocn>
							<text class="norm">	
								Tout ceci est familier. Ce que vous ignorez peut-&#234;tre, c'est qu'une autre importante transition marque aussi 1928. Cette ann&#233;e l&#224;, un g&#233;nie comique cr&#233;ait son dernier film muet produit d'une fa&#231;on ind&#233;pendante. Ce g&#233;nie &#233; tait Buster Keaton. Le film &#233; tait Steamboat Bill, Jr.	
							</text>
						</object>
						<object id="97">
							<ocn>97</ocn>
							<text class="norm">	
								Keaton est n&#233; en 1895 dans une famille d'artistes de music-hall. Il fut un ma&#238;tre du film muet, usant du genre burlesque pour provoquer le fou rire du public. Steamboat Bill, Jr. est un classique de ce genre, fameux chez les cin&#233;philes passionn&#233;s pour ses cascades incroyables. Le film &#233; tait typique de Keaton: tr&#232;s populaire, et parmi les meilleurs du genre.	
							</text>
						</object>
						<object id="98">
							<ocn>98</ocn>
							<text class="norm">	
								Steamboat Bill, Jr. est ant&#233;rieur au dessin anim&#233; de Disney Steamboat Willie. La similitude des titres n'est pas une co&#239;ncidence. Steamboat Willie est une parodie en dessin anim&#233; de Steamboat Bill2, et tous les deux sont construits autour d'une musique commune. Ce n'est pas seulement &#224; l'invention du son synchronis&#233; dans The Jazz Singer que nous devons Steamboat Willie. C'est aussi de l'invention de Steamboat Bill, Jr. par Buster Keaton, lui m&#234;me inspir&#233; par la chanson "Steamboat Bill," qu'est n&#233; Steamboat Willie, et, de Steamboat Willie, Mickey Mouse.	
							</text>
						</object>
						<object id="99">
							<ocn>99</ocn>
							<text class="norm">	
								Cet "emprunt" n'avait rien d'exceptionnel, ni pour Disney, ni pour l'industrie d'alors. Disney parodiait toujours les longs m&#233;trages de son &#233; poque3. Beaucoup d'autres en faisaient autant. Les premiers dessins anim&#233;s sont truff&#233;s d'imitations, de l&#233;g&#232;res variations de th&#232;mes populaires, de nouvelles versions d'anciens contes. C'est l'&#233;clat des diff&#233;rences qui est la clef du succ&#232;s. Chez Disney, c'&#233;tait le son qui donnait &#224; ses dessins anim&#233;s cet &#233; clat. Plus tard, ce fut la qualit&#233; de son travail par rapport &#224; celui de la concurrence, qui fabriquait &#224; la cha&#238;ne. Ces additions se fondaient cependant sur un socle emprunt&#233;. Disney enrichissait le travail d'autres avant lui, cr&#233;ant du neuf avec de l'&#224; peine vieux.	
							</text>
						</object>
						<object id="100">
							<ocn>100</ocn>
							<text class="norm">	
								L'emprunt &#233; tait parfois l&#233;ger. D'autre fois, il &#233; tait important. Pensez aux contes de f&#233;es des fr&#232;res Grimm. Si vous &#234; tes aussi oublieux que moi-m&#234;me, vous pensez sans doute que ces contes sont joyeux, gentils, qu'ils conviennent &#224; tous les enfants au moment de se mettre au lit. En r&#233;alit&#233;, les contes de Grimm sont effrayants. Les parents qui oseraient lire ces histoires sanglantes et moralisatrices &#224; leurs enfants sont rares, et peut &#234; tre excessivement ambitieux.	
							</text>
						</object>
						<object id="101">
							<ocn>101</ocn>
							<text class="norm">	
								Disney reprit ces contes et les raconta &#224; nouveau d'une fa&#231;on qui les projeta dans une &#232; re nouvelle. Il anima les contes avec de la lumi&#232;re et des personnages. Sans compl&#232;tement supprimer les touches d'angoisse et de danger, il rendit dr&#244;le ce qui &#233; tait sinistre et insuffla &#233; motion et compassion l&#224; o&#250; auparavant on trouvait de la peur. Et pas seulement &#224; partir de l'oeuvre des fr&#232;res Grimm. En r&#233;alit&#233;, en reconstituant le catalogue des oeuvres o&#250; Disney utilise des cr&#233;ations ant&#233;rieures, on obtient un ensemble &#233; tonnant: Snow White (1937), Fantasia (1940), Pinocchio (1940), Dumbo (1941), Bambi (1942), Song of the South (1946), Cinderella (1950), Alice in Wonderland (1951), Robin Hood (1952), Peter Pan (1953), Lady and the Tramp (1955), Mulan (1998), Sleeping Beauty (1959), 101 Dalmatians (1961), The Sword in the Stone (1963), et The Jungle Book (1967). Mentionnons encore un exemple plus r&#233;cent, qu'il faudrait peut-&#234;tre mieux oublier: Treasure Planet (2003). Dans tous ces cas, Disney (ou Disney,Inc.) a extrait l'inventivit&#233; de la culture qui l'entourait, combin&#233; cette inventivit&#233; avec son extraordinaire talent personnel, et fondu ce m&#233;lange pour former l'&#226;me de ses cr&#233;ations. Extraire, combiner, et fondre.	
							</text>
						</object>
						<object id="102">
							<ocn>102</ocn>
							<text class="norm">	
								Ceci est une forme de cr&#233;ativit&#233;. C'est une forme de cr&#233;ativit&#233; dont nous devons nous souvenir et nous r&#233;jouir. Certains diront qu'il n'existe de cr&#233;ativit&#233; que de cette sorte. Il n'est pas n&#233;cessaire d'aller si loin pour en reconna&#238;tre l'importance. Nous pourrions l'appeler "la cr&#233;ativit&#233; Disney", quoique ce serait un peu fallacieux. C'est, plus pr&#233;cis&#233;ment, "la cr&#233;ativit&#233; Walt Disney": une forme d'expression et de g&#233;nie qui utilise et transforme la culture qui nous entoure.	
							</text>
						</object>
						<object id="103">
							<ocn>103</ocn>
							<text class="norm">	
								En 1928, Disney &#233; tait libre de fonder ses oeuvres sur une culture relativement r&#233;cente. Les travaux du domaine public en 1928 n'&#233;taient pas tr&#232;s anciens et par cons&#233;quent encore tr&#232;s vivants. La dur&#233;e moyenne du copyright &#233; tait d'environ trente ans, pour cette minorit&#233; de travaux qui &#233; taient effectivement sous copyright4. Cela voulait dire que pour trente ans, en moyenne, les auteurs ou les d&#233;tenteurs du copyright d'une oeuvre de l'esprit avait un "droit exclusif" &#224; contr&#244;ler certains usages des oeuvres. Il fallait la permission du d&#233;tenteur du copyright pour utiliser, d'une fa&#231;on limit&#233;e, les oeuvres sous copyright.	
							</text>
						</object>
						<object id="104">
							<ocn>104</ocn>
							<text class="norm">	
								Au terme du copyright, une oeuvre entre dans le domaine public. Il n'est plus n&#233;cessaire d'avoir une permission pour l'utiliser ou fonder un autre travail sur elle. Pas de permission, et, par cons&#233;quent, pas de juristes. Le domaine public est un "terrain sans juristes". C'est ainsi que la plupart des travaux du dix-neuvi&#232;me si&#232;cle purent &#234; tre utilis&#233;s librement par Disney en 1928. Puissant ou mis&#233;rable, autoris&#233; ou non, tout un chacun &#233; tait libre d'utiliser ces travaux &#224; sa guise.	
							</text>
						</object>
						<object id="105">
							<ocn>105</ocn>
							<text class="norm">	
								C'est ainsi que les choses se d&#233;roulaient depuis toujours. Jusqu'&#224; une p&#233;riode r&#233;cente, le domaine public n'a jamais &#233; t&#233; bien loin &#224; l'horizon. De 1790 jusqu'&#224; 1978, la dur&#233;e moyenne du copyright n'a jamais &#233; t&#233; sup&#233;rieure &#224; trente deux ans. En d'autres termes, toutes les cr&#233;ations vieilles d'une g&#233;n&#233;ration et demi &#233; taient librement &#224; la disposition de tous sans avoir besoin de la permission de personne. Pour donner une &#233; quivalence actuelle, les oeuvres des ann&#233;es 1960 et 1970 seraient actuellement librement &#224; la disposition d'un nouveau Walt Disney. En fait, actuellement, on ne peut pr&#233;sumer qu'une oeuvre fait partie du domaine public que si elle date d'avant la grande crise de 1929.	
							</text>
						</object>
						<object id="106">
							<ocn>106</ocn>
							<text class="norm">	
								Bien entendu, Walt Disney ne d&#233;tenait pas de monopole sur la "cr&#233;ativit&#233; Disney". L'Am&#233;rique non plus. Pays totalitaires except&#233;s, la culture libre, jusqu'&#224; r&#233;cemment, est une norme universelle, et amplement appliqu&#233;e.	
							</text>
						</object>
						<object id="107">
							<ocn>107</ocn>
							<text class="norm">	
								Consid&#233;rons par exemple une forme de cr&#233;ativit&#233; que de nombreux Am&#233;ricains tiennent pour bizarre, mais qui est profondemment ancr&#233;e dans la culture japonaise: les mangas, genre de bandes dessin&#233;es. Les Japonais sont passionn&#233;s de bande dessin&#233;e. Pr&#232;s de 40 pour cent des publications sont des bandes dessin&#233;es, et 30 pour cent des revenus de l'&#233;dition en provient. Les mangas sont partout dans la soci&#233;t&#233; japonaise, dans tous les kiosques; dans les transports publics, on les remarque dans de nombreuses mains.	
							</text>
						</object>
						<object id="108">
							<ocn>108</ocn>
							<text class="norm">	
								Les Am&#233;ricains ont tendance &#224; faire peu de cas de cette forme culturelle. La bande dessin&#233;e est une caract&#233;ristique peu attrayante de notre culture. Nous avons peu de chance de bien comprendre les mangas, parce que nous sommes peu nombreux a avoir d&#233;j&#224; lu quelque chose qui ressemble &#224; ces authentiques "nouvelles graphiques". Pour les Japonais, les mangas embrassent tous les aspects de la vie sociale. Pour nous, la bande dessin&#233;e &#233; voque des hommes en collants ridicules. Et de toute fa&#231;on, ce n'est pas comme si le m&#233;tro de New York &#233; tait plein de lecteurs de Joyce ou m&#234;me d'Hemingway. Des gens de diff&#233;rentes cultures se distraient de fa&#231;ons diff&#233;rentes; les Japonais de cette curieuse et int&#233;ressante fa&#231;on.	
							</text>
						</object>
						<object id="109">
							<ocn>109</ocn>
							<text class="norm">	
								Mais mon but n'est pas ici de comprendre les mangas. Il est de d&#233;crire un ph&#233;nom&#232;ne &#224; propos des mangas, tout &#224; fait &#233; trange du point de vue d'un juriste, mais tout &#224; fait familier analys&#233; d'une perspective Disney.	
							</text>
						</object>
						<object id="110">
							<ocn>110</ocn>
							<text class="norm">	
								C'est le ph&#233;nom&#232;ne des doujinshis. Les doujinshis sont aussi des bandes dessin&#233;es, mais une sorte de copie des mangas. La cr&#233;ation des doujinshis ob&#233;it &#224; des r&#232;gles strictes. Une copie conforme n'est pas un doujinshi; l'artiste doit apporter une contribution &#224; l'art qu'il copie, par des transformations l&#233;g&#232;res et subtiles, ou alors plus sensibles. Un doujinshi peut ainsi utiliser une bande dessin&#233;e traditionnelle r&#233;pandue, et la reprendre en changeant le sc&#233;nario. Ou garder tout le caract&#232;re d'un personnage, mais changer l&#233;g&#232;rement son aspect. Il n'existe pas de formule qui d&#233;finit ce qui fait qu'un doujinshi est suffisamment "diff&#233;rent". Mais la diff&#233;rence doit exister pour caract&#233;riser un vrai doujinshi. Il existe des commissions qui rejettent les vulgaires copies, et autorisent les authentiques doujinshis &#224; participer &#224; des expositions sp&#233;cialis&#233;es.	
							</text>
						</object>
						<object id="111">
							<ocn>111</ocn>
							<text class="norm">	
								Ces bandes dessin&#233;es inspir&#233;es par d'autres repr&#233;sentent une grosse part du march&#233; des mangas. De tout le Japon, plus de 33000 groupes de cr&#233;ateurs r&#233;alisent ces fragments de "cr&#233;ativit&#233; Walt Disney". Deux foix par an, plus de 450000 Japonais se rassemblent dans de grandes manifestations pour les &#233; changer et les vendre. Ce march&#233; existe parall&#232;lement au courant principal, commercial, du march&#233; des mangas. Il est &#224; l'&#233;vidence, d'une certaine fa&#231;on, en comp&#233;tition avec ce march&#233;. Mais les personnes qui contr&#244;lent le march&#233; commercial des mangas n'entreprennent pas d'action soutenue pour fermer le march&#233; des doujinshis. Il prosp&#232;re, malgr&#233; la comp&#233;tition et malgr&#233; la loi.	
							</text>
						</object>
						<object id="112">
							<ocn>112</ocn>
							<text class="norm">	
								Pour les sp&#233;cialistes du droit, la caract&#233;ristique la plus curieuse du march&#233; des doujinshis est simplement qu'il lui soit permis d'exister. D'apr&#232;s la loi japonaise sur le copyright, qui refl&#232;te, au moins sur le papier, la loi am&#233;ricaine, le march&#233; des doujinshis est ill&#233;gal. Les doujinshis sont clairement des "travaux d&#233;riv&#233;s". Il n'est pas d'usage pour les cr&#233;ateurs de doujinshi d'obtenir la permission des auteurs de mangas. En pratique, simplement, ils utilisent et modifient les cr&#233;ations des autres, comme le fit Walt Disney avec Steamboat Bill, Jr. Cette appropriation, sans permission du d&#233;tenteur original du copyright, est ill&#233;gale d'apr&#232;s la loi japonaise, comme d'apr&#232;s la loi am&#233;ricaine.	
							</text>
						</object>
						<object id="113">
							<ocn>113</ocn>
							<text class="norm">	
								Pourtant, ce march&#233; ill&#233;gal existe, et m&#234;me prosp&#232;re, au Japon. Beaucoup pensent m&#234;me que c'est pr&#233;cis&#233;ment &#224; son existence que les mangas japonais doivent leur prosp&#233;rit&#233;. Voici ce que me disait l'auteur am&#233;ricain de bandes dessin&#233;es Judd Winick: "Les premiers temps de la bande dessin&#233;e en Am&#233;rique ressemblaient &#224; ce qui se passe au Japon aujourd'hui... Les comics am&#233;ricains sont n&#233;s en se copiant les uns les autres... C'est ainsi que les artistes apprennent &#224; dessiner, pas en d&#233;calquant les comics, mais en les examinant et les copiant" et en leur empruntant5.	
							</text>
						</object>
						<object id="114">
							<ocn>114</ocn>
							<text class="norm">	
								Les comics am&#233;ricains sont maintenant tr&#232;s diff&#233;rents, explique Winick, en partie &#224; cause de la difficult&#233; l&#233;gale &#224; les adapter, &#224; la fa&#231;on des doujinshis. Il poursuit, parlant de Superman: "il y a des r&#232;gles, et il faut s'y tenir." Superman ne "peut pas" faire certaines choses. "Pour un cr&#233;ateur, il est frustrant de devoir respecter des limitations d&#233;finies il y a cinquante ans."	
							</text>
						</object>
						<object id="115">
							<ocn>115</ocn>
							<text class="norm">	
								L'usage, au Japon, minimise ce probl&#232;me l&#233;gal. Certains disent que c'est pr&#233;cis&#233;ment l'effet heureux sur la march&#233; des mangas japonais qui explique cet adoucissement. Par exemple Salil Mehra, professeur de droit &#224; la Temple University, &#233; met l'hypoth&#232;se que le march&#233; des mangas accepte ces infractions parce qu'elles incitent le march&#233; des mangas &#224; &#234; tre plus productif et plus riche. Tout le monde y perdrait si les doujinshis &#233; taient interdits, ce qui explique que la loi n'interdit pas les doujinshis6.	
							</text>
						</object>
						<object id="116">
							<ocn>116</ocn>
							<text class="norm">	
								Cette explication comporte cependant un d&#233;faut, admis par Mehra: le m&#233;canisme &#224; l'origine de cette indulgence n'est pas clair. Il est possible que le march&#233; dans son ensemble se porte mieux avec des doujinshis autoris&#233;s plut&#244;t qu'interdits, mais cela n'explique pas pourquoi chaque d&#233;tenteur de copyright, consid&#233;r&#233; isol&#233;ment, ne fasse pas de proc&#232;s. Si la loi ne fait pas d'exception sp&#233;ciale en faveur des doujinshis (et d'ailleurs il est d&#233;j&#224; arriv&#233; que des cr&#233;ateurs de doujinshis soient attaqu&#233;s en justice par des auteurs de mangas), pourquoi n'existe-t'il pas de m&#233;canisme solide pour faire obstacle aux "emprunts" perp&#233;tr&#233;s par la culture doujinshi?	
							</text>
						</object>
						<object id="117">
							<ocn>117</ocn>
							<text class="norm">	
								J'ai pass&#233; quatre mois merveilleux au Japon, et pos&#233; cette question aussi souvent que possible. C'est un ami d'un gros cabinet de juristes japonais qui m'a sans doute donn&#233; la meilleure explication. Il m'a dit, un apr&#232;s-midi: "nous n'avons pas assez d'avocats. Nous n'avons simplement pas assez de ressources pour engager des poursuites dans des affaires de ce genre".	
							</text>
						</object>
						<object id="118">
							<ocn>118</ocn>
							<text class="norm">	
								C'est un sujet sur lequel nous reviendrons: la r&#233;glementation par la loi est fonction non seulement de la formulation de la loi, mais aussi des co&#252;ts n&#233;cessaires pour la faire appliquer. Pour le moment, concentrons-nous sur la question &#233; vidente, qui est &#233; lud&#233;e: le Japon se porterait-il mieux d'avoir plus d'avocats? Les mangas seraient-ils plus riches si les artistes doujinshis &#233; taient r&#233;guli&#232;rement poursuivis en justice? Les Japonais gagneraient-ils quelque chose d'important s'ils pouvaient interdire cette pratique de partage sans indemnisation? La piraterie, ici, nuit-elle &#224; ses victimes, ou leur est-elle b&#233;n&#233;fique? Des avocats combattant cette piraterie seraient-ils utiles &#224; leurs clients, ou leur causeraient-ils du tort?	
							</text>
						</object>
						<object id="119">
							<ocn>119</ocn>
							<text class="norm">	
								<b>Interrompons-nous un moment.</b>	
							</text>
						</object>
						<object id="120">
							<ocn>120</ocn>
							<text class="norm">	
								Si vous &#234; tes semblables &#224; la plupart des gens qui s'int&#233;ressent pour la premi&#232;re fois &#224; ces questions, si vous &#234; tes comme moi-m&#234;me il y a une d&#233;cennie, alors, vous &#234; tes certainement, &#224; cet instant, troubl&#233; par une id&#233;e &#224; laquelle vous n'aviez jamais r&#233;fl&#233;chi jusqu'alors.	
							</text>
						</object>
						<object id="121">
							<ocn>121</ocn>
							<text class="norm">	
								Nous vivons dans un monde qui tient la "propri&#233;t&#233;" en haute valeur. Je partage cette id&#233;e. Je crois en la valeur de la propri&#233;t&#233; en g&#233;n&#233;ral, et je crois aussi en la valeur de cette &#233; trange forme de propri&#233;t&#233; que les juristes appellent la "propri&#233;t&#233; intellectuelle"7. Une grande communaut&#233;, vari&#233;e, ne peut pas survivre sans propri&#233;t&#233;; une grande et moderne soci&#233;t&#233; ne peut pas prosp&#233;rer sans propri&#233;t&#233; intellectuelle.	
							</text>
						</object>
						<object id="122">
							<ocn>122</ocn>
							<text class="norm">	
								Mais une simple seconde de r&#233;flexion nous permet de r&#233;aliser qu'il existe beaucoup de valeur dans le monde que la "propri&#233;t&#233;" ne peut pas "capturer". Je n'entends pas par l&#224; "l'amour ne s'ach&#232;te pas", je veux parler effectivement de valeur faisant partie int&#233;grante des processus de production, marchands comme non marchands. Si les dessinateurs, chez Disney, avaient vol&#233; une bo&#238;te de crayons pour dessiner Steamboat Willie, nous n'aurions pas h&#233;sit&#233; &#224; condamner ce vol. M&#234;me mineur, m&#234;me pass&#233; inaper&#231;u, c'e&#252;t &#233; t&#233; un d&#233;lit. Pourtant, il n'y avait rien de mal, au moins d'apr&#232;s la loi de l'&#233;poque, aux emprunts de Disney &#224; Buster Keaton ou aux fr&#232;res Grimm. Il n'y avait rien de mal aux emprunts &#224; Keaton, parce qu'ils auraient &#233; t&#233; jug&#233;s loyaux. Il n'y avait rien de mal aux emprunts aux fr&#232;res Grimm, parce que leurs oeuvres &#233; taient dans le domaine public.	
							</text>
						</object>
						<object id="123">
							<ocn>123</ocn>
							<text class="norm">	
								Donc, bien que Disney (ou, plus g&#233;n&#233;ralement, quiconque exer&#231;ant une "cr&#233;ativit&#233; Disney") prenne quelque chose de valeur, notre tradition ne consid&#232;re pas cette prise comme un d&#233;lit. Certains emprunts restent gratuits et libres dans une libre culture, et cette libert&#233; est un bien.	
							</text>
						</object>
						<object id="124">
							<ocn>124</ocn>
							<text class="norm">	
								M&#234;me chose avec la culture doujinshi. Si un auteur de doujinshi s'introduisait dans le bureau d'un &#233; diteur et se sauvait, sans payer, avec mille copies (voire m&#234;me une seule) de son dernier ouvrage, nous n'h&#233;siterions pas une seconde &#224; d&#233;clarer l'artiste en tort. En plus de commettre une violation de propri&#233;t&#233;, il aurait vol&#233; quelque chose de valeur. La loi proscrit ce genre de vol, petit ou grand.	
							</text>
						</object>
						<object id="125">
							<ocn>125</ocn>
							<text class="norm">	
								Pourtant il existe une r&#233;ticence &#233; vidente, m&#234;me chez les avocats japonais, &#224; dire que les artistes copieurs de mangas "volent". Cette forme de "cr&#233;ativit&#233; Walt Disney" est tenue pour loyale, m&#234;me si les avocats, sp&#233;cialement, trouvent difficile d'expliquer pourquoi.	
							</text>
						</object>
						<object id="126">
							<ocn>126</ocn>
							<text class="norm">	
								Quand on y r&#233;fl&#233;chit, on peut trouver mille et un exemples de m&#233;canismes similaires. Les scientifiques se servent des travaux d'autres scientifiques sans demander de permission, ou sans payer pour ce privil&#232;ge ("Excusez-moi, Professeur Einstein, pourrais-je avoir la permission d'utiliser votre th&#233;orie de la relativit&#233; pour d&#233;montrer que vous aviez tort au sujet de la physique quantique?".) Les compagnies th&#233;atrales interpr&#232;tent des adaptations des oeuvres de Shakespeare sans permission de quiconque. (Y a-t'il quelqu'un pour penser s&#233;rieusement que Shakespeare serait mieux diffus&#233; s'il existait un organisme central de gestion des droits de Shakespeare qui serait un passage oblig&#233; pour tous les producteurs de cet auteur?) Et Hollywood ob&#233;it &#224; des cycles, avec certains genres de films: cinq films traitant d'ast&#233;ro&#239;des &#224; la fin des ann&#233;es 1990; deux films catastrophe impliquant des volcans en 1997.	
							</text>
						</object>
						<object id="127">
							<ocn>127</ocn>
							<text class="norm">	
								Les cr&#233;ateurs ici et partout ont toujours et de tous temps cr&#233;&#233; &#224; partir du pass&#233;, et du pr&#233;sent qui les entoure. Cette cr&#233;ation s'est faite toujours et de tous temps, au moins en partie, sans d&#233;dommagement ni autorisation du cr&#233;ateur d'origine. Aucune soci&#233;t&#233;, d&#233;mocratique ou non, n'a jamais exig&#233;e que soit pay&#233;e chaque expression d'une "cr&#233;ativit&#233; Walt Disney", ou qu'une autorisation soit toujours recherch&#233;e. Au contraire, chaque soci&#233;t&#233; (les soci&#233;t&#233;s d&#233;mocratiques peut-&#234;tre un peu plus que les autres) a laiss&#233; des pans de sa culture libres d'&#234;tre repris.	
							</text>
						</object>
						<object id="128">
							<ocn>128</ocn>
							<text class="norm">	
								Par cons&#233;quent, la difficult&#233; n'est pas de savoir si une culture est libre. Toutes les cultures sont libres jusqu'&#224; un certain point. La difficult&#233; est de quantifier cette libert&#233;. Est-elle limit&#233;e aux membres du parti? Aux membres de la famille royale? Aux dix entreprises les plus performantes de Wall Street? Ou est-ce que cette libert&#233; est accessible &#224; beaucoup? Aux artistes en g&#233;n&#233;ral, qu'ils soient affili&#233;s au Metropolitan ou pas? Aux musiciens en g&#233;n&#233;ral, qu'ils soient blancs ou non? Aux cin&#233;astes en g&#233;n&#233;ral, qu'ils soient affili&#233;s &#224; une compagnie de cin&#233;ma ou pas?	
							</text>
						</object>
						<object id="129">
							<ocn>129</ocn>
							<text class="norm">	
								Les cultures libres sont celles qui, largement ouvertes, permettent la cr&#233;ation &#224; partir de ce qui existe; les cultures qui ne sont pas libres, qui imposent d'obtenir des permissions, offrent bien moins. Notre culture &#233; tait libre. Elle le devient de moins en moins.	
							</text>
						</object>
					</content>
			</contents1>
			<contents1>
				<heading>
					<object id="130">
						<ocn>130</ocn>
						<nametag>_2</nametag>
						<text class="heading_content_1">Simples copistes</text>
					</object>
				</heading>
					<content>
						<object id="131">
							<ocn>131</ocn>
							<text class="norm">	
								En 1839, Louis Daguerre inventa le premier proc&#233;d&#233; pratique permettant de r&#233;aliser ce que nous allions appeler des "photographies": le daguerr&#233;otype. Le proc&#233;d&#233; &#233; tait compliqu&#233; et co&#252;teux, et la discipline par cons&#233;quent r&#233;serv&#233;e aux professionnels et &#224; quelques riches amateurs passionn&#233;s (il exista m&#234;me une association (American Daguerre Association) qui contribua &#224; r&#233;glementer cette industrie, comme toutes les associations de ce genre, en &#233; touffant la comp&#233;tition pour maintenir des prix &#233; lev&#233;s.)	
							</text>
						</object>
						<object id="132">
							<ocn>132</ocn>
							<text class="norm">	
								Cependant, malgr&#233; des prix &#233; lev&#233;s, la demande pour les daguerr&#233;otypes &#233; tait forte. Ceci incita les inventeurs &#224; trouver des moyens plus simples et moins chers de produire ces "images automatiques". Bient&#244;t, William Talbot d&#233;couvrit un proc&#233;d&#233; pour fabriquer des "n&#233;gatifs". Mais comme ceux-ci &#233; taient en verre, et devaient &#234; tre maintenus humides, le proc&#233;d&#233; restait encore co&#252;teux et compliqu&#233;. En 1870 furent introduites les plaques s&#232;ches, permettant plus facilement la s&#233;paration entre la prise de vue et le d&#233;veloppement. Il s'agissait encore de plaques en verre et ce n'&#233;tait toujours pas une m&#233;thode &#224; la port&#233;e du plus grand nombre.	
							</text>
						</object>
						<object id="133">
							<ocn>133</ocn>
							<text class="norm">	
								L'avanc&#233;e qui permit de d&#233;mocratiser la photographie n'eut pas lieu avant 1888, et fut l'oeuvre d'un seul homme. George Eastman, photographe amateur, &#233; tait contrari&#233; par la technologie des plaques. En un &#233; clair de g&#233;nie, il comprit que si le film pouvait &#234; tre rendu souple, il deviendrait possible de l'enrouler autour d'un axe. Cette bobine pourrait alors &#234; tre exp&#233;di&#233;e &#224; un d&#233;veloppeur, ce qui entra&#238;nerait une baisse sensible des co&#252;ts de la photographie. En diminuant les co&#252;ts, Eastman s'attendait &#224; augmenter sensiblement le nombre de photographes.	
							</text>
						</object>
						<object id="134">
							<ocn>134</ocn>
							<text class="norm">	
								Eastman mis au point un film flexible, recouvert d'une &#233; mulsion. Il pla&#231;a des rouleaux de film dans un mod&#232;le d'appareil photo petit et simple: le Kodak. Celui-ci fut commercialis&#233; en mettant en avant sa simplicit&#233;: "Appuyez sur le bouton et nous faisons le reste"1. Eastman d&#233;crivit son invention dans The Kodak Primer:	
							</text>
						</object>
						<object id="135">
							<ocn>135</ocn>
							<text class="indent1">	
								Le principe du syst&#232;me Kodak est de s&#233;parer le travail qu'un b&#233;otien en photographie peut faire, de celui que seul un expert peut faire... Nous fournissons &#224; n'importe qui, homme, femme ou enfant, suffisamment intelligent pour tenir un boitier immobile et appuyer sur un bouton, un appareil qui &#233; limine le besoin d'installations exceptionnelles et d'une connaissance pointue de cet art. On peut l'utiliser sans apprentissage pr&#233;liminaire, sans chambre noire et sans produits chimiques2.	
							</text>
						</object>
						<object id="136">
							<ocn>136</ocn>
							<text class="norm">	
								Pour 25 dollars, tout le monde pouvait faire des photos. L'appareil &#233; tait vendu d&#233;j&#224; charg&#233; avec une pellicule, et retourn&#233; apr&#232;s utilisation, pour d&#233;veloppement, &#224; l'usine Eastman. Evidemment, avec le temps, le prix de l'appareil est all&#233; diminuant et sa facilit&#233; d'utilisation a augment&#233;. Ainsi, le rouleau de pellicule fut &#224; l'origine de la croissance exponentielle de la photographie populaire. Le premier appareil photo d'Eastman est sorti en 1888. L'ann&#233;e suivante, Kodak tirait plus de six mille n&#233;gatifs par jour. Entre 1888 et 1909, alors que la production industrielle augmentait de 4,7 pour cent, les ventes d'&#233;quipements et de mat&#233;riels photographiques augmentaient de 11 pour cent3. Les ventes d'Eastman Kodak augment&#232;rent durant cette m&#234;me p&#233;riode de 17 pour cent par an en moyenne4.	
							</text>
						</object>
						<object id="137">
							<ocn>137</ocn>
							<text class="norm">	
								Cependant, la v&#233;ritable importance de l'invention d'Eastman n'&#233;tait pas de nature &#233; conomique. Elle &#233; tait de nature sociale. La photographie professionnelle donnait aux gens des aper&#231;us d'endroits qu'ils n'auraient jamais pu voir autrement. La photographie amateur leur permit de garder des traces de leurs propres vies d'une fa&#231;on impossible jusqu'alors. " Pour la premi&#232;re fois, l'album de photos a donn&#233; &#224; l'homme de la rue une m&#233;moire permanente de sa famille et de ses activit&#233;s... Pour la premi&#232;re fois dans l'Histoire, il existe une authentique archive en images de l'apparence et des activit&#233;s des gens ordinaires, sans interpr&#233;tation [litt&#233;raire] ni d&#233;formation" (Brian Coe5).	
							</text>
						</object>
						<object id="138">
							<ocn>138</ocn>
							<text class="norm">	
								En ce sens, l'appareil Kodak &#233; tait une technique d'expression. Le crayon ou le pinceau aussi, bien s&#252;r. Mais il fallait des ann&#233;es d'entra&#238;nement avant que des amateurs puissent s'en servir de mani&#232;re utile et efficace. Avec le Kodak, il devenait plus simple et plus rapide de s'exprimer. Les barri&#232;res &#224; l'expression s'abaissaient. Les snobs allaient &#233; videmment esquisser un sourire de m&#233;pris devant sa "qualit&#233;", les professionnels allaient l'&#233;carter pour sa m&#233;diocrit&#233;. Mais il suffit de regarder un enfant &#233; tudier comment encadrer au mieux une photo, pour capter cette exp&#233;rience de la cr&#233;ativit&#233; permise par le Kodak. Un outil d&#233;mocratique donnait &#224; des gens ordinaires des moyens de s'exprimer, plus facilement qu'aucun autre outil auparavant.	
							</text>
						</object>
						<object id="139">
							<ocn>139</ocn>
							<text class="norm">	
								Qu'est-ce qui &#233; tait n&#233;cessaire pour que cette technique prosp&#232;re? A l'&#233;vidence, le g&#233;nie d'Eastman joua un r&#244;le important. Mais le climat l&#233;gal eut aussi une grande part. Car, t&#244;t dans l'histoire de la photographie, il y eut une s&#233;rie de d&#233;cisions judiciaires qui aurait tr&#232;s bien pu changer de fa&#231;on importante son devenir. Les tribunaux durent trancher la question de savoir si le photographe, amateur ou professionnel, avait besoin d'une autorisation pour prendre et d&#233;velopper &#224; sa guise n'importe quelle photo. Ils r&#233;pondirent que non6.	
							</text>
						</object>
						<object id="140">
							<ocn>140</ocn>
							<text class="norm">	
								Les arguments avanc&#233;s pour justifier la n&#233;cessit&#233; d'une permission vont nous sembler &#233; tonnamment familiers. Le photographe "prenait" quelque chose de la personne ou du b&#226;timent qu'il photographiait -- il piratait quelque chose qui avait de la valeur. Certains pensaient m&#234;me qu'il prenait l'&#226;me du sujet. De m&#234;me que Disney n'&#233;tait pas autoris&#233; &#224; voler les crayons que ses dessinateurs utilisaient pour dessiner Mickey, de m&#234;me ces photographes ne devaient pas &#234; tre autoris&#233;s &#224; prendre des images qui avaient de la valeur.	
							</text>
						</object>
						<object id="141">
							<ocn>141</ocn>
							<text class="norm">	
								L'argument de l'autre partie devrait &#233; galement nous &#234; tre familier. Certes, il se pouvait que le photographe utilise une chose qui avait de la valeur. Mais les citoyens devraient au moins avoir le droit de prendre des images de ce qui &#233; tait en vue du public (Louis Brandeis, bien avant de si&#233;ger &#224; la Cour supr&#234;me, pensait que la r&#232;gle devait &#234; tre diff&#233;rente pour les espaces priv&#233;s7). Peut-&#234;tre cela signifiait-il que le photographe obtenait quelque chose pour rien. Tout comme Disney pouvait s'inspirer de Steamboat Bill, Jr. ou des fr&#232;res Grimm, le photographe devait &#234; tre libre de capturer une image sans indemniser son sujet.	
							</text>
						</object>
						<object id="142">
							<ocn>142</ocn>
							<text class="norm">	
								Heureusement pour M. Eastman, et pour la photographie, ces premi&#232;res d&#233;cisions all&#232;rent en faveur des pirates. En g&#233;n&#233;ral, aucune permission ne devait &#234; tre requise pour prendre un clich&#233; et le partager. La permission &#233; tait pr&#233;sum&#233;e. La libert&#233;, implicite (la loi introduirait finalement une restriction pour les c&#233;l&#233;brit&#233;s: les photographes professionnels ont plus d'obligations &#224; respecter quand ils prennent, en vue de commercialisation, des clich&#233;s de gens c&#233;l&#232;bres. Mais dans la majorit&#233; des cas, on peut prendre des photos sans acquitter de droits8).	
							</text>
						</object>
						<object id="143">
							<ocn>143</ocn>
							<text class="norm">	
								On ne peut que faire des suppositions &#224; propos de ce que serait devenue la photographie si la loi &#233; tait all&#233;e dans l'autre sens. Avec une pr&#233;somption contre lui, le photographe aurait d&#252; prouver avoir une autorisation. Eastman Kodak aurait peut-&#234;tre d&#252;, aussi, prouver avoir une autorisation avant de traiter les pellicules. Apr&#232;s tout, sans autorisation, Eastman Kodak aurait b&#233;n&#233;fici&#233; du "vol" perp&#233;tr&#233; par le photographe. Tout comme Napster a b&#233;n&#233;fici&#233; des violations de copyright commis par ses utilisateurs, Kodak aurait b&#233;n&#233;fici&#233; des violations de "droits &#224; l'image" de ses photographes. Nous pouvons imaginer alors que la loi requiert d'une compagnie qu'elle &#233; tablisse une autorisation, avant de d&#233;velopper des photos. Nous pouvons imaginer le d&#233;veloppement de tout un syst&#232;me pour d&#233;montrer cette autorisation.	
							</text>
						</object>
						<object id="144">
							<ocn>144</ocn>
							<text class="norm">	
								Mais, bien qu'un tel syst&#232;me de permissions soit imaginable, il est tr&#232;s difficile de croire que la photographie e&#252;t prosp&#233;r&#233; comme elle l'a fait, si les contraintes li&#233;es aux permissions avaient fait partie int&#233;grante des lois qui la r&#233;gissent. Certes, la photographie aurait exist&#233;. Elle se serait d&#233;velopp&#233;e avec le temps. Les professionels auraient continu&#233; d'utiliser la technologie de la m&#234;me mani&#232;re -- car ils auraient plus facilement support&#233; les contraintes du syst&#232;me de permissions. Mais la photographie n'aurait pas atteint les gens ordinaires. Rien de comparable &#224; ce d&#233;veloppement ne se serait produit. Et certainement rien de comparable au d&#233;veloppement d'une technologie d'expression d&#233;mocratique.	
							</text>
						</object>
						<object id="145">
							<ocn>145</ocn>
							<text class="norm">	
								Si vous conduisez &#224; travers le Presidio (NdT: quartier historique) de San Francisco, vous pouvez voir deux bus scolaires jaunes criards, et le logo "Just Think!" &#224; la place du nom d'une &#233; cole. Mais les projets que ces bus rendent possibles ne sont pas uniquement intellectuels. Ces bus sont bourr&#233;s de technologies qui apprennent aux enfants comment jouer avec le cin&#233;ma. Pas le cin&#233;ma d'Eastman. Pas m&#234;me celui de votre magn&#233;toscope. Plut&#244;t celui des cam&#233;scopes num&#233;riques. Just Think! est un projet qui permet aux enfants de faire des films, de mani&#232;re qu'ils puissent comprendre et critiquer la culture film&#233;e dans laquelle ils baignent. Chaque ann&#233;e, ces bus visitent plus de trente &#233; coles, et permettent &#224; entre trois et cinq cent enfants d'apprendre quelque chose sur les m&#233;dias, en faisant quelque chose avec les m&#233;dias. En faisant, ils pensent. En manipulant, ils apprennent.	
							</text>
						</object>
						<object id="146">
							<ocn>146</ocn>
							<text class="norm">	
								Ces bus ne sont pas bon march&#233;, mais la technologie qu'ils transportent l'est de plus en plus. Le co&#252;t d'un syst&#232;me de vid&#233;o num&#233;rique de haute qualit&#233; a &#233; norm&#233;ment baiss&#233;. D'apr&#232;s un analyste, "Il y a cinq ans, un bon syst&#232;me d'&#233;dition vid&#233;o numerique co&#252;tait 25.000 dollars. Aujourd'hui vous pouvez obtenir de la qualit&#233; professionnelle pour 595 dollars."9 Ces bus sont bourr&#233;s de technologies qui auraient co&#252;t&#233; des centaines de milliers de dollars il y a a peine dix ans. Et maintenant il est possible d'imaginer non seulement des bus comme cel&#224;, mais des salles de classe dans tout le pays o&#250; les enfants apprennent de plus en plus ce que les enseignants appellent "lecture des m&#233;dias".	
							</text>
						</object>
						<object id="147">
							<ocn>147</ocn>
							<text class="norm">	
								La "lecture des m&#233;dias", comme la d&#233;finit Dave Yanofsky, le directeur de Just Think!, "est la capacit&#233; ... de comprendre, d'analyser et de d&#233;construire les images des m&#233;dias. Son but est de permettre [aux enfants] de comprendre comment fonctionnent les m&#233;dias, comment ils sont construits, de quelle mani&#232;re ils sont distribu&#233;s, et de quelle mani&#232;re les gens y ont acc&#232;s."	
							</text>
						</object>
						<object id="148">
							<ocn>148</ocn>
							<text class="norm">	
								Il peut para&#238;tre &#233; trange de parler de "lecture" en ces termes. Pour une majorit&#233; de gens, "lecture" se r&#233;f&#232;re &#224; ce qui est &#233; crit. Faulkner, Hemingway et les accords du participe pass&#233; sont les choses qui vont avec la lecture.	
							</text>
						</object>
						<object id="149">
							<ocn>149</ocn>
							<text class="norm">	
								Peut-&#234;tre. Mais dans un monde o&#250; les enfants voient en moyenne 390 heures de publicit&#233; t&#233;l&#233;vis&#233;e par an, soit entre 20.000 et 45.000 publicit&#233;s10, il est de plus en plus important de comprendre la "grammaire" des images. Car de m&#234;me qu'il existe une grammaire de l'&#233;crit, il y en a aussi une pour les images. Et de m&#234;me que les enfants apprennent &#224; &#233; crire en r&#233;digeant beaucoup de textes horribles, de m&#234;me ils apprennent la grammaire des images en construisant beaucoup d'images m&#233;diocres (du moins au d&#233;but).	
							</text>
						</object>
						<object id="150">
							<ocn>150</ocn>
							<text class="norm">	
								Un nombre croissant d'universitaires et d'activistes tiennent cette forme de lecture pour cruciale dans la culture de la prochaine g&#233;n&#233;ration. En effet, bien que toute personne sachant &#233; crire comprenne les difficult&#233;s de l'&#233;criture (difficult&#233; d'ordonner une histoire, de garder l'attention du lecteur, de former des phrases compr&#233;hensibles), peu de gens ont une notion du fonctionnement des images, comment elles retiennent le spectateur ou le conduisent &#224; travers une histoire. comment elles d&#233;clenchent l'&#233;motion ou construisent le suspense.	
							</text>
						</object>
						<object id="151">
							<ocn>151</ocn>
							<text class="norm">	
								Il a fallu une g&#233;n&#233;ration au cin&#233;ma pour apprendre &#224; bien faire ces choses. Mais m&#234;me apr&#232;s, la connaissance venait en filmant et non pas en &#233; crivant quelque chose au sujet du film. La comp&#233;tence venait en faisant l'exp&#233;rience de la r&#233;alisation d'un film et non pas en lisant un livre qui en parle. On apprend &#224; &#233; crire en &#233; crivant et en r&#233;fl&#233;chissant ensuite &#224; ce qu'on a &#233; crit. On apprend &#224; &#233; crire avec des images en les r&#233;alisant et en r&#233;fl&#233;chissant ensuite &#224; ce qu'on a cr&#233;&#233;.	
							</text>
						</object>
						<object id="152">
							<ocn>152</ocn>
							<text class="norm">	
								Cette grammaire a &#233; volu&#233; avec les m&#233;dias. Quand il ne s'agissait que de films, comme me l'a expliqu&#233; Elizabeth Daley, directeur du Centre de Communication Annenberg de l'Universit&#233; de Californie du Sud et doyenne de l'&#233;cole de Cinema-T&#233;l&#233;vision de l'USC, cette grammaire concernait "le placement des objects, les couleurs, ... le rythme, la vitesses et la texture."11 Mais quand les ordinateurs ont ouvert un espace interactif o&#250; une histoire est "jou&#233;e" autant que suivie, la grammaire a chang&#233;. Le contr&#244;le simple de la narration est perdu et donc d'autres techniques sont n&#233;cessaires. L'auteur Michael Crichton ma&#238;trisait la narration de science-fiction. Mais quand il essaya de faire un jeu d'ordinateur bas&#233; sur un de ses livres, il lui a fallu apprendre une nouvelle forme. Comment conduire des gens &#224; leur insu, le long de l'intrigue d'un jeu, n'est pas &#233; vident m&#234;me pour un auteur &#224; succ&#232;s.12	
							</text>
						</object>
						<object id="153">
							<ocn>153</ocn>
							<text class="norm">	
								Cette comp&#233;tence est pr&#233;cis&#233;ment le m&#233;tier qu'apprend un r&#233;alisateur de films. Comme le d&#233;crit Daley, "les gens sont tr&#232;s surpris par la mani&#232;re dont ils sont conduits le long d'un film. C'est parfaitement construit pour &#234; tre invisible, donc vous ne vous en rendez pas compte. Si un r&#233;alisateur r&#233;ussit son m&#233;tier, alors vous n'avez pas conscience d'avoir &#233; t&#233; men&#233;." Et si avez conscience d'avoir &#233; t&#233; men&#233; &#224; travers un film, alors c'est un &#233; chec.	
							</text>
						</object>
						<object id="154">
							<ocn>154</ocn>
							<text class="norm">	
								Pour autant l'impulsion en faveur d'une extension de l'enseignement de la lecture (une lecture qui d&#233;passe le texte pour inclure des &#233; l&#233;ments sonores et visuels) n'est pas l&#224; pour faire de meilleurs metteurs en sc&#232;ne. Le but n'est pas du tout d'am&#233;liorer la profession. Au contraire, comme l'explique Daley,	
							</text>
						</object>
						<object id="155">
							<ocn>155</ocn>
							<text class="indent1">	
								De mon point de vue, la fracture num&#233;rique la plus importante n'est peut-&#234;tre pas l'acc&#232;s &#224; un ordinateur. C'est plut&#244;t la capacit&#233; de se saisir du langage avec lequel cet ordinateur travaille. Sinon tr&#232;s peu de gens peuvent &#233; crire avec ce langage, et tous les autres sont r&#233;duits &#224; &#234; tre "read-only".	
							</text>
						</object>
						<object id="156">
							<ocn>156</ocn>
							<text class="norm">	
								"Read-only." R&#233;cepteurs passifs d'une culture produite ailleurs. Plantes vertes. Consommateurs. Voici le monde des m&#233;dias du vingti&#232;me si&#232;cle.	
							</text>
						</object>
						<object id="157">
							<ocn>157</ocn>
							<text class="norm">	
								Le vingt-et-uni&#232;me si&#232;cle pourrait &#234; tre diff&#233;rent. Ce point est crucial: Il pourait &#234; tre &#224; la fois lecture et &#233; criture. Ou du moins, lire et mieux comprendre l'art d'&#233;crire. Ou mieux, lire et comprendre les outils qui permettent &#224; l'&#233;criture de mener ou de d&#233;tourner. Le but de toute lecture, et de celle-ci en particulier, est de "permettre aux gens de choisir le langage appropri&#233; pour ce qu'ils ont besoin de cr&#233;er ou d'exprimer."13 C'est de permettre aux &#233; tudiants de "communiquer dans le langage du vingt-et-uni&#232;me si&#232;cle."14	
							</text>
						</object>
						<object id="158">
							<ocn>158</ocn>
							<text class="norm">	
								Comme n'importe quel langage, ce langage vient plus facilement &#224; certains qu'&#224; d'autres. Il ne vient pas forc&#233;ment plus facilement &#224; ceux qui excellent dans le langage &#233; crit. Daley et Stephanie Barish, le directeur de l'Institut d'Etudes Multimedia au Centre Annenberg, d&#233;crit l'exemple particuli&#232;rement poignant d'un projet qu'ils effectu&#232;rent dans un lyc&#233;e. C'&#233;tait un lyc&#233;e tr&#232;s pauvre du centre ville de Los Angeles. Selon tous les crit&#232;res traditionnels du succ&#232;s, ce lyc&#233;e &#233; tait un &#233; chec. Mais Daley et Barish effectu&#232;rent un programme qui donna aux enfants l'occasion d'utiliser des films pour s'exprimer au sujet de quelque chose que les &#233; tudiants connaissent: la violence par armes &#224; feu.	
							</text>
						</object>
						<object id="159">
							<ocn>159</ocn>
							<text class="norm">	
								Le cours eut lieu les vendredis apr&#232;s-midi et il cr&#233;a un probl&#232;me in&#233;dit pour cette &#233; cole. Alors que le probl&#232;me de la plupart des cours est de faire venir les enfants, le probl&#232;me cette fois-ci fut de les en d&#233;tourner. Les "enfants &#233; taient l&#224; &#224; 6 heures du matin et partaient &#224; 5 heures de l'apr&#232;s-midi", dit Barish. Ils travaillaient plus dur que dans tout autre cours, pour faire ce qui devrait &#234; tre le sujet de toute &#233; ducation: apprendre &#224; s'exprimer.	
							</text>
						</object>
						<object id="160">
							<ocn>160</ocn>
							<text class="norm">	
								En utilisant tout ce qu'ils "purent trouver comme support libre sur le web" et des outils relativement simples pour permettre aux enfants de m&#233;langer "des images, du son et du texte", Barish indiqua que la classe avait produit une s&#233;rie de projets montrant des &#233; l&#233;ments sur la violence par arme &#224; feu que peu auraient sinon compris. Cette production a &#233; t&#233; proche de la vie de ces &#233; dudiants. Barish expliqua que le projet "leur a donn&#233; un outil et les a renforc&#233; en leur permettant de le comprendre et d'en parler". Cet outil a permis la cr&#233;ation d'une expression --avec plus de r&#233;ussite et de puissance que ne l'aurait permis le seul texte. "Si vous aviez dit &#224; ces &#233; tudiants, 'vous devez l'&#233;crire', ils auraient simplement baiss&#233; les bras et fait autre chose", a indiqu&#233; Barish car, sans aucun doute, ces &#233; tudiants n'auraient pas su exprimer correctement leurs id&#233;es avec du texte. D'autre part, le texte n'est pas la forme dans laquelle ces id&#233;es peuvent &#234; tre le mieux exprim&#233;es. La puissance de ce message d&#233;pend de son lien avec la forme d'expression.	
							</text>
						</object>
						<object id="161">
							<ocn>161</ocn>
							<text class="norm">	
								"Mais", demandai-je, "le but de l'instruction n'est-il pas d'apprendre aux enfants &#224; &#233; crire?" Bien s&#252;r, ca l'est en partie. Mais pourquoi leur apprenons-nous &#224; &#233; crire? Le but de l'instruction, m'expliqua Daley, est de donner aux &#233; tudiants un moyen de "construire du sens". Affirmer que ceci se r&#233;duit &#224; l'&#233;criture, c'est comme dire qu'apprendre &#224; &#233; crire revient &#224; apprendre &#224; &#233; peler. L'&#233;crit n'est qu'une partie -- et de moins en moins pr&#233;pond&#233;rante -- de notre mani&#232;re de nous exprimer. Comme Daley l'expliqua dans la partie la plus int&#233;ressante de notre interview,	
							</text>
						</object>
						<object id="162">
							<ocn>162</ocn>
							<text class="indent1">	
								Ce que nous voulons, c'est donner &#224; ces &#233; tudiants les moyens de construire du sens. Si vous ne leur donnez que l'&#233;crit, ils ne le feront pas. Parce qu'ils n'y arriveront pas. Vous savez, vous avez l&#224; Johnny qui sait regarder des films, il sait jouer &#224; des jeux video, il sait peindre des graffiti sur tous vos murs, il sait d&#233;monter votre voiture, et il sait faire encore beaucoup d'autres choses. Simplement, il ne sait pas lire votre texte. Donc Johnny vient &#224; l'&#233;cole, et vous lui dites, "Johnny, tu es illetr&#233;. Tu ne sais rien faire d'int&#233;ressant." Eh bien, Johnny a deux possibilit&#233;s: ou bien il va se d&#233;pr&#233;cier, ou bien c'est vous qu'il va d&#233;pr&#233;cier. Et s'il n'a pas de probl&#232;mes d'ego, c'est vous qu'il va d&#233;pr&#233;cier. Mais si &#224; la place vous lui dites "Eh bien, avec toutes ces choses que tu sais faire, parlons un peu de faire ceci: Joue-moi une musique, ou bien montre-moi des images, ou bien dessine-moi quelque-chose qui exprime ceci ou cela." Pas en lui donnant une cam&#233;ra vid&#233;o et ... en disant "on va s'amuser avec la cam&#233;ra et faire un petit film", mais plut&#244;t sers-toi des &#233; l&#233;ments que tu comprends, qui sont ton langage, et construis du sens...	
							</text>
						</object>
						<object id="163">
							<ocn>163</ocn>
							<text class="indent1">	
								Ceci lib&#232;re beaucoup de potentiel. Et ce qui arrive ensuite, bien s&#252;r, comme ce fut le cas dans toutes ces classes, c'est qu'ils finissent par se rendre compte que "j'ai besoin d'expliquer ceci, et pour &#231; a j'ai vraiment besoin d'&#233;crire quelque chose." Et, comme le dit un des professeurs &#224; Stephanie, ils r&#233;&#233;crivaient un paragraphe 5, 6, 7, 8 fois, jusqu'&#224; ce qu'ils soient satisfaits.	
							</text>
						</object>
						<object id="164">
							<ocn>164</ocn>
							<text class="indent1">	
								Parce qu'ils en avaient besoin. Il y avait une raison pour le faire. Ils avaient besoin de dire quelque chose, et non plus de sauter vos obstacles. Ils avaient vraiment besoin d'utiliser un langage qu'ils ne parlaient pas tr&#232;s bien. Mais ils avaient fini par comprendre que ce langage leur donnait beaucoup de pouvoir."	
							</text>
						</object>
						<object id="165">
							<ocn>165</ocn>
							<text class="norm">	
								Quand deux avions se sont &#233; cras&#233;s contre le World Trade Center, un autre sur le Pentagone, et un quatri&#232;me dans un champ en Pennsylvanie, tous les m&#233;dias du monde se sont mis &#224; couvrir l'&#233;v&#233;nement. A chaque instant de chaque jour de cette semaine, et pendant les semaines qui suivirent, les m&#233;dias en g&#233;n&#233;ral, et les t&#233;l&#233;visions en particulier, ont r&#233;p&#233;t&#233; l'histoire des &#233; v&#233;nements auxquels nous venions d'assister. Leur histoire &#233; tait une redite, car nous avions vu les &#233; v&#233;nements qui &#233; taient d&#233;crits. Le g&#233;nie de cet acte terroriste horrible fut que la seconde attaque, retard&#233;e, &#233; tait parfaitement synchronis&#233;e pour s'assurer que le monde entier serait en train de regarder.	
							</text>
						</object>
						<object id="166">
							<ocn>166</ocn>
							<text class="norm">	
								Ces redites nous ont sembl&#233; de plus en plus famili&#232;res. Il y avait une musique pass&#233;e entre deux rediffusions, et des logos graphiques qui passaient &#224; l'&#233;cran. [ There was a formula to interviews] . Il y avait de l'"&#233;quilibre", et du s&#233;rieux. C'&#233;tait de l'information, chor&#233;graphi&#233;e d'une mani&#232;re &#224; laquelle nous avons appris &#224; nous attendre, de l'"info-divertissement", quand bien m&#234;me le divertissement est une trag&#233;die.	
							</text>
						</object>
						<object id="167">
							<ocn>167</ocn>
							<text class="norm">	
								Mais en plus de ces informations publi&#233;es &#224; propos de la "trag&#233;die du 11 septembre", ceux d'entre nous reli&#233;s &#224; Internet ont pu observer une production tout autre. Internet &#233; tait plein de r&#233;cits des m&#234;mes &#233; v&#233;nements. Cependant, ces r&#233;cits avaient un point de vue tr&#232;s diff&#233;rent. Certaines personnes avaient r&#233;alis&#233; des pages qui regroupaient des photos du monde entier et les pr&#233;sentaient sous forme de diapositives avec du texte. D'autres proposaient des lettres ouvertes. Il y avait des enregistrements sonores. Il y avait de la col&#232;re et de la d&#233;ception. Il y avait des tentatives pour fournir un contexte. Il y avait, en bref, une remarquable mobilisation mondiale, dans le sens o&#250; Mike Godwin l'utilise dans son livre Cyber Rights, autour d'une actualit&#233; qui a captiv&#233; l'attention du monde entier. Il y a eu ABC et CBS, mais il y a aussi eu Internet.	
							</text>
						</object>
						<object id="168">
							<ocn>168</ocn>
							<text class="norm">	
								Mon propos n'est pas de faire un simple &#233; loge d'Internet, bien que je pense que ceux qui ont soutenu cette forme d'expression m&#233;ritent un &#233; loge. Je cherche plut&#244;t &#224; d&#233;montrer en quoi cette forme d'expression est importante. Car comme Kodak, Internet permet de capturer des images. Et comme dans un film cr&#233;&#233; par un &#233; tudiant de "Just Think!", ces images peuvent &#234; tre m&#233;lang&#233;es &#224; du son ou &#224; du texte.	
							</text>
						</object>
						<object id="169">
							<ocn>169</ocn>
							<text class="norm">	
								Mais &#224; la diff&#233;rence d'une technologie qui se contenterait de capturer des images, Internet permet de partager ces cr&#233;ations avec un nombre extraordinaire de gens, presque instantan&#233;ment. Ceci est quelque chose de nouveau dans notre tradition; non pas le fait que la culture puisse &#234; tre cr&#233;&#233;e de fa&#231;on m&#233;canique, et &#233; videmment pas non plus le fait que les &#233; v&#233;nements re&#231;oivent des commentaires critiques, mais le fait que ce m&#233;lange d'images, de son et de commentaires puisse &#234; tre largement r&#233;pandu, presque instantan&#233;ment.	
							</text>
						</object>
						<object id="170">
							<ocn>170</ocn>
							<text class="norm">	
								Le 11 septembre n'a pas &#233; t&#233; une aberration, mais un d&#233;but. Vers la m&#234;me &#233; poque, une forme de communication qui a pris depuis beaucoup d'importance, venait de faire son apparition dans l'esprit du public: Le Web-log, ou blog. Le blog est une sorte d'agenda public, et dans certaines cultures, comme au Japon, il fonctionne beaucoup comme un journal de bord. Dans ces cultures, il consigne des faits priv&#233;s d'une mani&#232;re publique-- c'est une sorte de Jerry Springer &#233; lectronique, disponible partout dans le monde.	
							</text>
						</object>
						<object id="171">
							<ocn>171</ocn>
							<text class="norm">	
								Mais aux Etats-Unis, les blogs ont pris un caract&#232;re tr&#232;s diff&#233;rent. Certains utilisent cet espace simplement pour parler de leur vie priv&#233;e. Mais beaucoup l'utilisent pour engager des conversations publiques. Ils discutent de sujets d'int&#233;r&#234;t public, critiquent ceux qui se trompent &#224; leurs yeux, critiquent les hommes politiques sur les d&#233;cisions qu'ils prennent, proposent des solutions aux probl&#232;mes que nous voyons tous: les blogs donnent l'impression d'une r&#233;union publique virtuelle, mais &#224; laquelle nous n'avons pas besoin d'&#234;tre pr&#233;sents en m&#234;me temps, et o&#250; les conversations ne sont pas n&#233;cessairement reli&#233;es. Les meilleures contributions sont relativement courtes; elles pointent directement vers les mots utilis&#233;s par d'autres, en les critiquant ou en y ajoutant quelque chose. Les blogs sont sans doute la forme la plus importante de discours public non chor&#233;graphi&#233; que nous poss&#233;dions.	
							</text>
						</object>
						<object id="172">
							<ocn>172</ocn>
							<text class="norm">	
								Ceci est une affirmation forte. Et pourtant, elle en dit autant sur notre d&#233;mocratie que sur les blogs. Voici l'aspect de l'Am&#233;rique qui est le plus difficile &#224; accepter pour ceux d'entre nous qui aiment l'Am&#233;rique : notre d&#233;mocratie s'est atrophi&#233;e. Bien s&#252;r nous avons des &#233; lections, et la plupart du temps les tribunaux permettent &#224; ces &#233; lections de compter. Un nombre relativement restreint de gens votent au cours de ces &#233; lections. Le cycle de ces &#233; lections est devenu compl&#232;tement professionalis&#233; et routinier. La plupart d'entre nous pensent que c'est &#231; a, la d&#233;mocratie.	
							</text>
						</object>
						<object id="173">
							<ocn>173</ocn>
							<text class="norm">	
								Mais la d&#233;mocratie ne s'est jamais r&#233;duite &#224; des &#233; lections. La d&#233;mocratie, c'est la souverainet&#233; du peuple, mais la souverainet&#233; signifie plus que de simples &#233; lections. Dans notre tradition, cela signifie aussi le contr&#244;le &#224; travers des d&#233;bats raisonn&#233;s. C'&#233;tait d'ailleurs l&#224; l'id&#233;e qui captura l'imagination de l'&#233;crivain fran&#231;ais du XIXe si&#232;cle Alexis de Tocqueville, auteur de la plus importante analyse de la D&#233;mocratie en Am&#233;rique de ce temps-l&#224;. Ce n'&#233;taient pas les &#233; lections populaires qui le fascinaient ; c'&#233;tait le jury, une institution judiciaire qui donnait &#224; des gens ordinaire le pouvoir de d&#233;cider de la vie ou de la mort d'autres citoyens. Et le plus facinant pour lui &#233; tait que le jury ne faisait pas que voter sur l'issue du proc&#232;s. Ils d&#233;lib&#233;raient. Les membres se mettaient d'accord sur la meilleure solution, ils tentaient de se convaincre les uns les autres de ce qui leur paraissait &#234; tre la &#171; bonne &#187; solution et, au moins dans les cas d'assises, devaient obtenir l'unanimit&#233; pour que le proc&#232;s soit clos15.	
							</text>
						</object>
						<object id="174">
							<ocn>174</ocn>
							<text class="norm">	
								Et pourtant, m&#234;me cette institution faiblit de nos jours en Am&#233;rique. Et &#224; sa place, il n'existe pas d'effort concert&#233; pour permettre aux citoyens de d&#233;lib&#233;rer. Certaines personnes appelent &#224; la cr&#233;ation d'une institution dont ce serait le r&#244;le16. Et dans certaines villes de Nouvelle Angleterre, quelque chose d'analogue aux d&#233;lib&#233;rations existe encore. Mais pour la plupart d'entre nous, et la plupart du temps, il n'existe ni espace ni moment r&#233;serv&#233; &#224; la "d&#233;lib&#233;ration d&#233;mocratique".	
							</text>
						</object>
						<object id="175">
							<ocn>175</ocn>
							<text class="norm">	
								Le plus bizarre est qu'en g&#233;n&#233;ral, ce d&#233;bat n'a m&#234;me pas l'autorisation d'avoir lieu. Nous, la d&#233;mocratie la plus puissant au monde, avons adopt&#233; une norme forte, qui nous interdit de parler de politique. Il est permis de parler de politique avec les gens avec qui vous &#234; tes d'accord. Mais il est impoli d'en discuter avec ceux avec qui vous n'&#234;tes pas d'accord. Le discours politique se fait isol&#233;, et un discours isol&#233; se fait plus extr&#234;me17. Nous tenons le discours que nos amis veulent entendre, et nous n'entendons presque rien d'autre que ce qu'ils nous disent.	
							</text>
						</object>
						<object id="176">
							<ocn>176</ocn>
							<text class="norm">	
								Arrive le blog. L'architecture m&#234;me du blog r&#233;sout une partie de ce probl&#232;me. Les gens postent quand ils en ont envie, et ils lisent quand ils en ont envie. La difficult&#233; est de synchroniser les gens. Une technologie qui permet aux gens de communiquer de fa&#231;on asynchrone, comme le courrier &#233; lectronique, augmente les occasions de communiquer. Les blogs permettent des d&#233;bats publics sans obliger le public &#224; se rassembler en un seul endroit.	
							</text>
						</object>
						<object id="177">
							<ocn>177</ocn>
							<text class="norm">	
								Mais au-del&#224; de l'architecture, les blogs ont aussi r&#233;solu le probl&#232;me des normes. Il n'existe pas (encore) de norme qui interdise de parler de politique sur un blog. De fait, cet espace est rempli de discours &#224; teneur politique, de droite comme de gauche. Certains des sites les plus populaires sont conservateurs ou libertaires, mais beaucoup ont toutes les couleurs politiques. Et m&#234;me les blogs qui ne sont pas politiques traitent de probl&#232;mes politiques quand l'occasion s'en pr&#233;sente.	
							</text>
						</object>
						<object id="178">
							<ocn>178</ocn>
							<text class="norm">	
								Pour le moment, l'impact de ces blogs est faible, mais pas nul. Sans les blogs, le nom de Howard Dean aurait sans-doute disparu de la course &#224; l'&#233;lection pr&#233;sidentielle de 2004. Car quand bien m&#234;me le nombre de leurs lecteurs reste faible, leur lecture a un effet.	
							</text>
						</object>
						<object id="179">
							<ocn>179</ocn>
							<text class="norm">	
								Un effet direct concerne les actualit&#233;s, qui avaient un cycle de vie diff&#233;rent dans les m&#233;dias traditionnels. L'affaire Trent Lott en est un exemple. Quand Lott effectua un "d&#233;rapage verbal" lors d'une f&#234;te en l'honneur du s&#233;nateur Strom Thurmond, en vantant la politique s&#233;gr&#233;gationniste de Thurmond, il avait fait le calcul correct que cette histoire dispara&#238;trait de la presse traditionelle en quarante-huit heures. Ce qui fut le cas. Mais il n'avait pas compt&#233; avec sa dur&#233;e de vie sur les blogs. Les bloggeurs n'arr&#234;t&#232;rent pas de rechercher cette histoire. Au cours du temps, de plus en plus de r&#233;cits de ce "d&#233;rapage" apparurent. Finalement, cette histoire fit son retour dans la presse traditionnelle. Pour finir Lott fut forc&#233; de d&#233;missioner en tant que leader de la majorit&#233; au s&#233;nat18.	
							</text>
						</object>
						<object id="180">
							<ocn>180</ocn>
							<text class="norm">	
								Ce cycle diff&#233;rent est possible car les blogs ne sont pas soumis aux m&#234;mes pressions commerciales que les autres m&#233;dias. Les journaux et les t&#233;l&#233;visions sont des entit&#233;s commerciales. Ils doivent travailler &#224; garder l'attention. Si ils perdent des lecteurs, ils perdent des revenus. Comme les requins, ils sont oblig&#233;s d'avancer sans arr&#234;t.	
							</text>
						</object>
						<object id="181">
							<ocn>181</ocn>
							<text class="norm">	
								Mais les bloggueurs n'ont pas de contrainte de ce genre. Ils peuvent pers&#233;v&#233;rer, ils peuvent se concentrer, ils peuvent devenir s&#233;rieux. Si un bloggueur &#233; crit une texte particuli&#232;rement int&#233;ressant, de plus en plus de gens cr&#233;ent des liens vers ce texte. Et plus le nombre de liens vers un texte augmente, mieux ce texte est class&#233;. Les gens lisent ce qui a du succ&#232;s; ce qui a du succ&#232;s a &#233; t&#233; s&#233;lectionn&#233; par un processus tr&#232;s d&#233;mocratique de classement par les pairs.	
							</text>
						</object>
						<object id="182">
							<ocn>182</ocn>
							<text class="norm">	
								Il y a ausi un autre aspect en lequel les blogs ont une vie diff&#233;rente de la presse traditionnelle. Comme me l'a dit Dave Winer, un des p&#232;res de ce mouvement, et un auteur de logiciels depuis plusieurs d&#233;cades, une autre diff&#233;rence est l'absence de "conflit d'int&#233;r&#234;t" financier. <br /> "Je pense que vous devriez d&#233;barasser le journalisme du conflit d'int&#233;r&#234;t", m'a dit Winer. "Un journaliste amateur n'a pas de conflit d'int&#233;r&#234;t, ou alors ce conflit d'int&#233;r&#234;t est si facile &#224; voir que vous savez, vous pouvez vous en d&#233;barasser".	
							</text>
						</object>
						<object id="183">
							<ocn>183</ocn>
							<text class="norm">	
								Ces conflits deviennent plus importants quand les m&#233;dias deviennent plus concentr&#233;s (nous en reparlerons plus loin). La concentration permet aux m&#233;dias de cacher plus de choses au public -- et CNN a reconnu l'avoir fait apr&#232;s la guerre en Irak, par peur des cons&#233;quences sur ses propres employ&#233;s19. Elle leur impose aussi d'adopter un point de vue plus coh&#233;rent. (En pleine guerre d'Irak, j'ai lu un message sur Internet, de quelqu'un qui &#224; l'&#233;poque &#233; coutait une liaison satellite avec un reporter en Irak. La maison m&#232;re de New York r&#233;p&#233;tait sans cesse au reporter que sa version de la guerre &#233; tait trop triste: elle devait proposer un reportage plus optimiste. Quand elle dit &#224; New York que &#231; a n'&#233;tait pas garanti, ils r&#233;torqu&#232;rent que c'&#233;tait eux qui &#233; crivaient "le reportage").	
							</text>
						</object>
						<object id="184">
							<ocn>184</ocn>
							<text class="norm">	
								Les Blogs donnent aux amateurs un moyen d'entrer dans le d&#233;bat -- j'emploie le mot "amateur" non pas au sens de personne inexp&#233;riment&#233;e, mais au sens d'un athl&#232;te olympique, c'est-&#224;-dire quelqu'un qui n'est pay&#233; par personne pour rendre compte. Ceci permet d'avoir plus de points de vue sur une information, comme l'ont d&#233;montr&#233; les comptes-rendus sur le d&#233;sastre de la navette Columbia, quand des centaines de personnes du sud-ouest des Etats-Unis se sont tourn&#233;es vers Internet pour raconter ce qu'elles avaient vu20. Et ceci conduit les lecteurs &#224; lire plusieurs points de vue, et &#224; estimer la v&#233;rit&#233; "par triangulaion", comme le dit Winer. Les blogs, d'apr&#232;s Winer, "sont un lien direct avec notre pens&#233;e, et il n'y a pas d'interm&#233;diaire"-- avec tous les avantages, et tous les inconv&#233;nients que cel&#224; suppose.	
							</text>
						</object>
						<object id="185">
							<ocn>185</ocn>
							<text class="norm">	
								Winer est confiant en l'avenir d'un journalisme contamin&#233; par les blogs. "Ca va devenir une comp&#233;tence essentielle", pr&#233;dit-il, pour les personnages publics, et de plus en plus pour les particuliers. Il n'est pas s&#252;r que &#231; a plaise au "journalisme" -- certains journalistes ont re&#231;u pour instruction de limiter leur activit&#233; sur les blogs21. Mais il est clair que nous sommes encore dans une p&#233;riode de transition. "Une grande partie de ce que nous faisons maintenant correspond &#224; un exercice d'&#233;chauffement", m'a dit Winer. Beaucoup de choses doivent parvenir &#224; maturit&#233;, pour que cet espace d&#233;montre son plein effet. Et comme l'addition de contenus &#224; cet espace est l'utilisation d'Internet qui viole le moins de copyrights, Winer m'a dit: "nous sommes la derni&#232;re chose qu'ils censureront."	
							</text>
						</object>
						<object id="186">
							<ocn>186</ocn>
							<text class="norm">	
								Ce discours a un effet sur la d&#233;mocratie. Winer pense que ceci est d&#252; au fait que "vous ne travaillez pas pour quelqu'un qui contr&#244;le, pour un gardien du temple". C'est vrai. Mais il a aussi un autre effet sur la d&#233;mocratie. Quand des citoyens toujours plus nombreux expriment leur point de vue, le d&#233;fendent par &#233; crit, cel&#224; modifie la mani&#232;re dont les gens per&#231;oivent les probl&#232;mes publics. Il est facile de se tromper tout seul. C'est plus difficile quand le produit de votre esprit peut &#234; tre critiqu&#233; par d'autres. Bien s&#252;r, rares sont les hommes qui reconnaissent avoir eu tort. Mais encore plus rares sont ceux qui ne tiennent pas compte du fait que l'on d&#233;montre qu'ils ont tort. Le fait d'&#233;crire ses id&#233;es, arguments et critiques, am&#233;liore la d&#233;mocratie. Aujourd'hui, il y a peut-&#234;tre deux millions de blogs o&#250; de tels d&#233;bats &#233; crits prennent place. Quand il y en aura dix millions, nous assisterons &#224; quelque chose d'extraordinaire.	
							</text>
						</object>
						<object id="187">
							<ocn>187</ocn>
							<text class="norm">	
								John Seely Brown est le directeur scientifique de Xerox. Son travail, comme il le d&#233;crit sur son site Web, est centr&#233; sur "l'apprentissage humain et [...] la cr&#233;ation d'&#233;cologies de la connaissance afin de cr&#233;er [...] de l'innovation."	
							</text>
						</object>
						<object id="188">
							<ocn>188</ocn>
							<text class="norm">	
								Brown voit donc ces technologies de cr&#233;ation num&#233;rique sous un angle un peu diff&#233;rent des perspectives que j'ai d&#233;crites jusqu'ici. Je suis certain qu'il serait enthousiasm&#233; par n'importe quelle technologie qui pourrait am&#233;liorer la d&#233;mocratie. Mais ce qui l'int&#233;resse vraiment, c'est la mani&#232;re dont ces technologies affectent l'apprentissage.	
							</text>
						</object>
						<object id="189">
							<ocn>189</ocn>
							<text class="norm">	
								D'apr&#232;s Brown, nous apprenons en bricolant. Quand "la plupart d'entre nous sommes devenus grands," explique-t'il, ce bricolage s'est fait "sur des moteurs de motos, de tondeuses, des automobiles, des radios, etc." Mais les technologies num&#233;riques rendent possible un bricolage d'un type diff&#233;rent: avec des id&#233;es abstraites, mais sous forme concr&#232;te. Les jeunes de "Just Think!" ne se contentent pas de penser &#224; la mani&#232;re dont une publicit&#233; pr&#233;sente un homme politique; en utilisant les technologies num&#233;riques, ils peuvent d&#233;couper cette publicit&#233;, et la manipuler, bricoler afin de voir comment elle fait ce qu'elle fait. Les technologies num&#233;riques ont lanc&#233; une forme de bricolage, ou de "collage libre," comme l'appelle Brown. Beaucoup peuvent compl&#233;ter ou transformer les r&#233;sultats d'exp&#233;riences faites par beaucoup d'autres.	
							</text>
						</object>
						<object id="190">
							<ocn>190</ocn>
							<text class="norm">	
								Jusqu'ici, le meilleur exemple de grande envergure de ce type de bricolage est le logiciel libre, ou open-source. Il s'agit de logiciels dont le code source est partag&#233;. N'importe qui peut t&#233;l&#233;charger la technologie qui fait tourner ces programmes. Et n'importe quelle personne d&#233;sireuse d'apprendre comment fonctionne un aspect particulier d'une technologie libre ou open-source peut bricoler avec son code.	
							</text>
						</object>
						<object id="191">
							<ocn>191</ocn>
							<text class="norm">	
								Cette possibilit&#233; cr&#233;&#233; une "plate-forme d'apprentissage d'un type enti&#232;rement nouveau", comme le d&#233;crit Brown. "D&#232;s que vous commencez &#224; faire cel&#224;, vous [...] offrez un collage libre &#224; la communaut&#233;, de sorte que d'autres gens peuvent examiner votre code, bricoler avec, faire des essais, voir si ils peuvent l'am&#233;liorer." Chaque effort est une forme d'apprentissage. "L'open source devient une plate-forme d'apprentissage majeure."	
							</text>
						</object>
						<object id="192">
							<ocn>192</ocn>
							<text class="norm">	
								Dans ce processus, "les choses concr&#232;tes avec lesquelles vous bricolez sont abstraites. Elles sont du code." Les jeunes "d&#233;placent leur habilet&#233; &#224; bricoler vers le domaine abstrait, et ce bricolage n'est plus une activit&#233; solitaire que vous faites dans votre garage. Vous bricolez au sein d'une communaut&#233;...	
							</text>
						</object>
						<object id="193">
							<ocn>193</ocn>
							<text class="norm">	
								Vous bricolez avec les cr&#233;ations d'autres personnes. Plus vous bricolez, plus vous les am&#233;liorez." Plus vous les am&#233;liorez, plus vous apprenez. <br /> Ce m&#234;me processus est aussi &#224; l'oeuvre avec les contenus. Et il se produit de la m&#234;me mani&#232;re collaborative quand ce contenu est sur le Web. Comme le dit Brown, "le Web [est] le premier medium qui rend v&#233;ritablement hommage &#224; de multiples formes d'intelligence." Les technologies pr&#233;c&#233;dentes, comme la machine &#224; &#233; crire ou le traitement de texte, ont aid&#233; &#224; amplifier l'&#233;crit. Mais le Web amplifie bien plus que l'&#233;crit. "Le Web [...] dit ceci: si vous &#234; tes musicien, artiste, ou bien int&#233;ress&#233; par le cin&#233;ma [alors] il y a beaucoup de choses que vous pouvez faire avec ce medium. aujourd'hui, [le web] peut amplifier ces multiples formes d'intelligence, et leur rendre hommage."	
							</text>
						</object>
						<object id="194">
							<ocn>194</ocn>
							<text class="norm">	
								Brown parle de ce qu'Elizabeth Daley, Stephanie Barish, et Just Think! nous enseignent: le fait que ce bricolage culturel instruit autant qu'il cr&#233;&#233;. Il d&#233;veloppe des talents d'une mani&#232;re diff&#233;rente, et il s'ensuit un type diff&#233;rent de reconnaissance.	
							</text>
						</object>
						<object id="195">
							<ocn>195</ocn>
							<text class="norm">	
								Cependant, la libert&#233; de bricoler avec ces objets n'est pas garantie. En fait, comme nous allons le voir au cours de ce livre, cette libert&#233; est de plus en plus menac&#233;e. Alors qu'il ne faisait aucun doute que votre p&#232;re avait le droit de bricoler avec le moteur de sa voiture, il est tr&#232;s peu probable que votre enfant aura le droit de bricoler avec les images qu'elle trouve autour d'elle. La loi et, de plus en plus, la technologie, interf&#232;rent avec une libert&#233; que la technologie et la curiosit&#233; auraient normalement garantie.	
							</text>
						</object>
						<object id="196">
							<ocn>196</ocn>
							<text class="norm">	
								Ces restrictions sont devenues la pr&#233;ocupation de certains chercheurs et universitaires. Ed Felten, professeur &#224; Princeton (et dont nous reparlerons au chapitre 10) a d&#233;velopp&#233; un argument fort en faveur du "droit &#224; bricoler", comme il s'applique &#224; l'informatique et au savoir en g&#233;n&#233;ral22. Mais l'inqui&#233;tude de Brown est ant&#233;rieure, ou plus fondamentale. Elle concerne ce que les enfants peuvent ou ne peuvent pas apprendre, &#224; cause de la loi.	
							</text>
						</object>
						<object id="197">
							<ocn>197</ocn>
							<text class="norm">	
								"Voici o&#250; va l'&#233;ducation du vingt-et-uni&#232;me si&#232;cle," explique Brown. Nous devons "comprendre comment les enfants qui grandissent dans un monde num&#233;rique pensent et veulent apprendre."	
							</text>
						</object>
						<object id="198">
							<ocn>198</ocn>
							<text class="norm">	
								"Mais," comme le dit Brown, et comme le d&#233;montre la suite de ce livre, "nous sommes en train de construire un syst&#232;me l&#233;gal qui supprime compl&#232;tement les tendances naturelles des enfants de l'&#232;re num&#233;rique... Nous sommes en train de construire une architecture qui lib&#232;re 60 pour cent de l'intellect, [et] un syst&#232;me l&#233;gal qui referme cette m&#234;me partie de l'intellect."	
							</text>
						</object>
						<object id="199">
							<ocn>199</ocn>
							<text class="norm">	
								Nous sommes en train de construire une technologie qui prend la magie du Kodak, permet de m&#233;langer des images et du son, y ajoute de l'espace pour accueillir des commentaires, et la possibilit&#233; de r&#233;pandre partout cette cr&#233;ativit&#233;. Mais nous construisons aussi des lois pour fermer cette technologie.	
							</text>
						</object>
						<object id="200">
							<ocn>200</ocn>
							<text class="norm">	
								"Ce n'est pas comme &#231; a qu'on fait marcher une culture," comme me le dit Brewster Kahle, que nous rencontrerons au chapitre 9, dans un rare moment de d&#233;couragement	
							</text>
						</object>
					</content>
			</contents1>
			<contents1>
				<heading>
					<object id="201">
						<ocn>201</ocn>
						<nametag>_3</nametag>
						<text class="heading_content_1">Catalogues</text>
					</object>
				</heading>
					<content>
						<object id="202">
							<ocn>202</ocn>
							<text class="norm">	
								A l'automne 2002, Jesse Jordan de la ville d'Oceanside, &#233; tat de New York, s'inscrivit en premi&#232;re ann&#233;e au Rensselaer Polytechnic Institute, &#224; Troy, &#233; tat de New York. Sa mati&#232;re principale au RPI &#233; tait les technologies de l'information. Bien qu'il ne f&#252;t pas programmeur, en octobre Jesse d&#233;cida de commencer &#224; jouer avec les techniques de moteurs de recherche qui &#233; taient disponibles sur le r&#233;seau de RPI.	
							</text>
						</object>
						<object id="203">
							<ocn>203</ocn>
							<text class="norm">	
								RPI est l'un des centres de recherche technologiques les plus avanc&#233;s d'Am&#233;rique. Il d&#233;livre des dipl&#244;mes dans des domaines allant de l'architecture et l'ing&#233;ni&#233;rie aux sciences de l'information. Plus de 65 pour cent des ses 5000 &#233; tudiants ont termin&#233; le lyc&#233;e en figurant parmi les 10 pour cent meilleurs de leur classe. L'&#233;cole rassemble ainsi un m&#233;lange id&#233;al de talent et d'exp&#233;rience afin d'imaginer et de construire, une g&#233;n&#233;ration pour l'&#226;ge des r&#233;seaux.	
							</text>
						</object>
						<object id="204">
							<ocn>204</ocn>
							<text class="norm">	
								Le r&#233;seau informatique de RPI relie entre eux &#233; tudiants, enseignants et administration. Il relie &#233; galement RPI &#224; Internet. Tout ce qui est disponible sur le r&#233;seau de RPI ne l'est pas sur Internet. Mais le r&#233;seau est fait de sorte que les &#233; tudiants aient acc&#232;s &#224; Internet, de m&#234;me qu'un acc&#232;s plus priv&#233; aux autres membres de la communaut&#233; de RPI.	
							</text>
						</object>
						<object id="205">
							<ocn>205</ocn>
							<text class="norm">	
								Les moteurs de recherche permettent de mesurer le degr&#233; d'intimit&#233; d'un r&#233;seau. Google a beaucoup rapproch&#233; Internet de nous, en am&#233;liorant de mani&#232;re fantastique la qualit&#233; des recherches sur le r&#233;seau. Les moteurs de recherche sp&#233;cialis&#233;s y parviennent encore mieux. L'id&#233;e derri&#232;re les moteurs de recherche pour "intranet", des moteurs de recherche qui cherchent &#224; l'int&#233;rieur du r&#233;seau d'une institution, est de fournir aux utilisateurs de cette institution un meilleur acc&#232;s aux donn&#233;es de cette institution. Les entreprises font cel&#224; tout le temps, de mani&#232;re &#224; permettre &#224; leurs employ&#233;s d'acc&#233;der &#224; des donn&#233;es que les gens en dehors de l'entreprise ne peuvent obtenir. Les universit&#233;s le font aussi.	
							</text>
						</object>
						<object id="206">
							<ocn>206</ocn>
							<text class="norm">	
								Ces moteurs fonctionnent gr&#226;ce &#224; la technologie du r&#233;seau lui-m&#234;me. Microsoft, par exemple, poss&#232;de un syst&#232;me de fichier en r&#233;seau, qui permet aux moteurs de recherche d'interroger le syst&#232;me tr&#232;s facilement, pour savoir quels contenus sont disponibles publiquement (sur ce r&#233;seau). <br /> Le moteur de recherche de Jesse fut construit de mani&#232;re &#224; tirer avantage de cette technologie. Il utilisait le syst&#232;me de fichiers de Microsoft afin de construire une liste de tous les fichiers disponibles sur le r&#233;seau RPI.	
							</text>
						</object>
						<object id="207">
							<ocn>207</ocn>
							<text class="norm">	
								Le moteur de Jesse n'&#233;tait pas le premier construit pour le r&#233;seau RPI. En effet, son moteur de recherche &#233; tait une simple modification d'autres moteurs &#233; crits par d'autres. Sa seule am&#233;lioration importante &#233; tait qu'il corrigeait une erreur existant dans le syst&#232;me de Microsoft, qui provoquait des plantages d'ordinateurs. Avec les moteurs pr&#233;existants, en tentant d'acc&#233;der &#224; un fichier qui se trouvait sur un ordinateur qui n'&#233;tait plus en ligne avec un navigateur Windows, on pouvait faire planter son ordinateur. Jesse modifia l&#233;g&#232;rement le syst&#232;me pour r&#233;soudre ce probl&#232;me, en ajoutant un bouton sur lequel un utilisateur pouvait cliquer pour savoir si la machine qui contenait le fichier &#233; tait toujours en ligne.	
							</text>
						</object>
						<object id="208">
							<ocn>208</ocn>
							<text class="norm">	
								Le moteur de Jesse fut mis en ligne fin octobre. Durant les six mois suivants, il continua &#224; le perfectionner et &#224; en am&#233;liorer la fonctionnalit&#233;. En mars, le syst&#232;me fonctionnait plut&#244;t bien. Jesse avait plus d'un million de fichiers dans sa liste, qui comprenait tout les types de contenus se trouvant sur les ordinateurs des utilisateurs du r&#233;seau.	
							</text>
						</object>
						<object id="209">
							<ocn>209</ocn>
							<text class="norm">	
								Ainsi donc la liste produite par son moteur de recherche contenait des images, que les &#233; tudiants pouvaient utiliser, pour les mettre sur leur site web; des copies de cours ou de la recherche; des copies de textes techniques; des films courts cr&#233;es par les &#233; tudiants; des brochures d'universit&#233;s -- en bref, tout ce que les utilisateurs du r&#233;seau RPI rendaient disponible dans un r&#233;pertoire public de leur ordinateur.	
							</text>
						</object>
						<object id="210">
							<ocn>210</ocn>
							<text class="norm">	
								Mais la liste contenait aussi de la musique. En fait, un quart des fichiers que le moteur de recherche de Jesse listait &#233; taient des fichiers de musique. Ceci veut dire, bien s&#252;r, que les trois quarts n'en &#233; taient pas, et -- ce point est parfaitement clair -- Jesse ne fit rien pour pousser les gens &#224; mettre des fichiers de musique dans leurs r&#233;pertoires publics. Il ne fit rien pour cibler le moteur de recherche vers ces fichiers. Il &#233; tait un &#233; tudiant qui exp&#233;rimentait une technologie similaire &#224; Google, dans une universit&#233; o&#250; il &#233; tudiait les sciences de l'information, et par cons&#233;quent, exp&#233;rimenter &#233; tait son but. A la diff&#233;rence de Google, ou de Microsoft en l'occurence, il ne gagnait pas d'argent de ses exp&#233;riences; il n'avait pas non plus de lien avec une entreprise qui en gagnait ainsi. Il n'&#233;tait qu'un &#233; tudiant qui exp&#233;rimentait une technologie, dans un environnement o&#250; c'&#233;tait pr&#233;cis&#233;ment ce qu'il &#233; tait suppos&#233; faire.	
							</text>
						</object>
						<object id="211">
							<ocn>211</ocn>
							<text class="norm">	
								Le 23 avril 2003, Jesse fut contact&#233; par le doyen de RPI. Le doyen l'informa que la Recording Industry Association of America, la RIAA, &#233; tait en train de porter plainte contre lui et trois autres &#233; tudiants qu'il ne connaissait m&#234;me pas, dont deux se trouvaient dans d'autres universit&#233;s. Quelques heures plus tard, on remit &#224; Jesse les documents concernant la plainte. Lorsqu'il lu ces documents et vit les nouvelles s'y rapportant, il &#233; tait de plus en plus &#233; tonn&#233;.	
							</text>
						</object>
						<object id="212">
							<ocn>212</ocn>
							<text class="norm">	
								"C'est absurde," me dit-il. "Je ne pense pas avoir fait quoi que ce soit de mal... <br /> Je ne pense pas qu'il y ait quoi que ce soit de mal avec le moteur de recherche que j'ai fait tourner, ou ... avec ce que j'y ai apport&#233;. C'est-&#224;-dire que je ne l'ai pas modifi&#233; d'une mani&#232;re qui favorise ou facilite le travail de pirates. Je l'ai simplement modifi&#233; de mani&#232;re &#224; le rendre plus facile &#224; utiliser"-- une fois de plus, un moteur de recherche, que Jesse n'avait pas &#233; crit lui m&#234;me, afin de permettre aux membres de RPI d'acc&#233;der &#224; des contenus que Jesse n'avait pas cr&#233;es ou post&#233;s lui-m&#234;me, et dont la vaste majorit&#233; n'avait rien &#224; voir avec de la musique.	
							</text>
						</object>
						<object id="213">
							<ocn>213</ocn>
							<text class="norm">	
								Mais la RIAA appelait Jesse un pirate. Elle pr&#233;tendait qu'il animait un r&#233;seau, et que par cons&#233;quent il avait "volontairement" viol&#233; les lois sur le droit d'auteur. Elle demanda qu'il la paie en dommages de ses actes. Dans des cas de "violation volontaire", le Copyright Act d&#233;finit quelque chose que les juristes appellent "dommages statutaires". Ces dommages permettent &#224; un d&#233;tenteur de droits d'auteur de r&#233;clamer 150.000 dollars par violation. Comme la RIAA se plaignait de plus d'une centaine de violations, elle demanda que Jesse paie au moins 15.000.000 de dollars.	
							</text>
						</object>
						<object id="214">
							<ocn>214</ocn>
							<text class="norm">	
								Des proc&#232;s similaires furent intent&#233;s &#224; trois autres &#233; tudiants: un autre &#233; tudiant &#224; RPI, un &#224; l'Universit&#233; Technique du Michigan, et un &#224; Princeton. Leurs situations &#233; taient semblables &#224; celle de Jesse. Bien que chaque cas f&#252;t diff&#233;rent en d&#233;tail, l'id&#233;e g&#233;n&#233;rale &#233; tait exactement la m&#234;me: d'&#233;normes demandes en "dommages" dont la RIAA se d&#233;clarait redevable. En additionnant ces demandes, ces quatre proc&#232;s demandaient aux tribunaux am&#233;ricains de d&#233;domager les plaignants de pr&#232;s de 100 milliards de dollars -- soit six fois le total des profits de l'industrie cin&#233;matographique en 20011.	
							</text>
						</object>
						<object id="215">
							<ocn>215</ocn>
							<text class="norm">	
								Jesse appela ses parents. Ils &#233; taient avec lui, mais un peu effray&#233;s. Un oncle &#233; tait avocat. Il commenca &#224; n&#233;gocier avec la RIAA. Ils demand&#232;rent combien d'argent Jesse avait. Jesse avait &#233; conomis&#233; 12.000 dollars, gr&#226;ce &#224; des emplois d'&#233;t&#233; et autres travaux. Ils demand&#232;rent 12.000 dollars pour retirer leur plainte.	
							</text>
						</object>
						<object id="216">
							<ocn>216</ocn>
							<text class="norm">	
								La RIAA voulait que Jesse reconnaisse avoir fait quelque chose de mal. Il refusa. Il voulaient qu'il accepte un jugement qui lui aurait interdit de travailler dans un certain nombre de secteurs technologiques pour le reste de sa vie. Il refusa. Ils lui firent comprendre que le fait d'&#234;tre traduit en justice n'allait pas &#234; tre une partie de plaisir. (Le p&#232;re de Jesse me raconta que l'avocat principal sur le dossier, Matt Oppenheimer, avait dit &#224; Jesse, "Je ne vous conseille pas de vous payer une deuxi&#232;me visite chez un dentiste comme moi.") Et tout du long, la RIAA r&#233;p&#233;ta qu'elle ne retirerait pas sa plainte avant d'avoir pris le dernier centime &#233; conomis&#233; par Jesse.	
							</text>
						</object>
						<object id="217">
							<ocn>217</ocn>
							<text class="norm">	
								La famille de Jesse fut scandalis&#233;e par ces pr&#233;tentions. Ils voulaient se d&#233;fendre en justice. Mais l'oncle de Jesse leur fit comprendre la nature du syst&#232;me l&#233;gal am&#233;ricain. Jesse pouvait se d&#233;fendre contre la RIAA. Il se pouvait m&#234;me qu'il gagne. Mais le co&#252;t d'un proc&#232;s de ce genre, dit-il &#224; Jesse, serait d'au moins 250.000 dollars. S'il gagnait, il ne r&#233;cup&#233;rerait pas cet argent. S'il gagnait, il se retrouverait avec un bout de papier stipulant qu'il aurait gagn&#233;, et un autre bout de papier stipulant que lui et sa famille seraient en faillite.	
							</text>
						</object>
						<object id="218">
							<ocn>218</ocn>
							<text class="norm">	
								Ainsi donc, Jesse &#233; tait devant un choix digne de la mafia: 250.000 dollars pour une chance de gagner, ou bien 12.000 dollars pour un r&#232;glement &#224; l'amiable.	
							</text>
						</object>
						<object id="219">
							<ocn>219</ocn>
							<text class="norm">	
								L'industrie du disque r&#233;p&#232;te qu'il s'agit d'une question de loi et de morale. <br /> Mettons la loi de c&#244;t&#233; pour un moment, et pensons seulement &#224; la morale. O&#250; est la morale dans un proc&#232;s comme celui-l&#224;? Quelle vertu y-a-t'il &#224; faire des boucs &#233; missaires? La RIAA est un lobby extr&#234;mement puissant. Son pr&#233;sident gagne, semble-t'il, plus d'un million de dollars par an. Les artistes, en revanche, ne sont pas bien pay&#233;s. Un chanteur gagne en moyenne 45.900 dollars2. La RIAA a &#233; norm&#233;ment de moyens, pour influencer et diriger la politique. O&#250; est donc la morale &#224; prendre de l'argent &#224; un &#233; tudiant pour avoir fait tourner un moteur de recherche3?	
							</text>
						</object>
						<object id="220">
							<ocn>220</ocn>
							<text class="norm">	
								Le 23 juin, Jesse vira ses &#233; conomies &#224; l'avocat de la RIAA. La plainte fut retir&#233;e. Et par ces mots, cet &#233; tudiant qui avait transform&#233; un ordinateur en un proc&#232;s &#224; 15 millions de dollars devint un militant:	
							</text>
						</object>
						<object id="221">
							<ocn>221</ocn>
							<text class="norm">	
								Je n'&#233;tait absolument pas un militant [avant]. Je n'ai jamais vraiment voulu &#234; tre un militant... [Mais] on m'y a pouss&#233;. En aucune mani&#232;re je n'avais pr&#233;vu quelque chose de ce genre, mais je pense que ce que la RIAA a fait est compl&#232;tement absurde.	
							</text>
						</object>
						<object id="222">
							<ocn>222</ocn>
							<text class="norm">	
								Les parents de Jesse gardent une certaine fiert&#233; pour leur militant malgr&#233; lui. Comme me l'a dit son p&#232;re, Jesse "se consid&#232;re comme tr&#232;s conservateur, et moi de m&#234;me... Il n'est pas du genre &#224; se battre pour sauver les arbres... Je trouve que c'est tr&#232;s bizarre que ce soit tomb&#233; sur lui. Mais il veut que les gens sachent qu'ils envoient un mauvais signal. Et il veut corriger cel&#224;."	
							</text>
						</object>
					</content>
			</contents1>
			<contents1>
				<heading>
					<object id="223">
						<ocn>223</ocn>
						<nametag>_4</nametag>
						<text class="heading_content_1">Pirates</text>
					</object>
				</heading>
					<content>
						<object id="224">
							<ocn>224</ocn>
							<text class="norm">	
								Si "pirater" signifie utiliser la propri&#233;t&#233; artistique des autres sans leur permission -- s'il est vrai que "valeur implique droits" -- alors l'histoire de l'industrie du contenu est une histoire de piratage. Chaque secteur important de l'industrie des m&#233;dias d'aujourd'hui -- cin&#233;ma, disque, radio et t&#233;l&#233;vision par c&#226;ble -- est n&#233; d'une forme de piratage selon cette d&#233;finition. Ce chapitre montre comment chaque g&#233;n&#233;ration de pirates a fini par rejoindre le club des industries respectables -- jusqu'&#224; aujourd'hui.	
							</text>
						</object>
					</content>
				<contents2>
					<heading>
						<object id="225">
							<ocn>225</ocn>
							<text class="heading_content_2">Cin&#233;ma</text>
						</object>
					</heading>
					<content>
						<object id="226">
							<ocn>226</ocn>
							<text class="norm">	
								L'industrie cin&#233;matographique de Hollywood fut cr&#233;&#233;e par des pirates en fuite1. Les cr&#233;ateurs et metteurs en sc&#232;ne migr&#232;rent de la C&#244;te Est vers la Californie au d&#233;but du vingti&#232;me si&#232;cle, en partie afin d'&#233;chapper au contr&#244;le que les brevets accordaient &#224; l'inventeur du cin&#233;ma, Thomas Edison. Ce contr&#244;le &#233; tait exerc&#233; par un "trust", la Motion Pictures Patent Company, et &#233; tait bas&#233; sur la propri&#233;t&#233; intellectuelle de Thomas Edison -- ses brevets. Edison cr&#233;a la MPPC afin d'exercer les droits que sa propri&#233;t&#233; intellectuelle lui donnait, et la MPPC ne prenait pas son travail &#224; la l&#233;g&#232;re. Comme le rapporte un commentateur :	
							</text>
						</object>
						<object id="227">
							<ocn>227</ocn>
							<text class="indent1">	
								Un ultimatum en janvier 1909 fut donn&#233; &#224; toutes les compagnies pour se mettre en r&#232;gle avec la licence. En f&#233;vrier, les hors-la-loi qui ne poss&#233;daient pas de licence, et qui s'appelaient entre eux les ind&#233;pendants, protest&#232;rent contre le trust et continu&#232;rent de travailler sans se soumettre au monopole d'Edison. A l'&#233;t&#233; 1909, le mouvement ind&#233;pendant &#233; tait en pleine activit&#233;, avec des producteurs et des propri&#233;taires de cin&#233;mas qui utilisaient des &#233; quipements ill&#233;gaux et importaient de la pellicule pour cr&#233;er leur propre march&#233; souterrain.	
							</text>
						</object>
						<object id="228">
							<ocn>228</ocn>
							<text class="indent1">	
								Voyant le nombre de cin&#233;mas pirates dans le pays augmenter rapidement, la Compagnie des Brevets r&#233;agit contre le mouvement ind&#233;pendant, en cr&#233;ant une filiale de gros bras, connue sous le nom de Compagnie G&#233;n&#233;rale des Films, charg&#233;e de bloquer l'entr&#233;e des cin&#233;mas sans licence. Au cours d'actions r&#233;pressives qui sont entr&#233;es dans la l&#233;gende, la G&#233;n&#233;rale des Films confisqua les &#233; quipements sans license, interrompit l'approvisionnement des salles qui passaient des films sans licence, et monopolisa le circuit de distribution, en acqu&#233;rant toutes les bourses aux films am&#233;ricaines, &#224; l'exception de celle d&#233;tenue par Wiliam Fox, un ind&#233;pendant qui continua de d&#233;fier le Trust apr&#232;s que sa licence fut r&#233;voqu&#233;e2.	
							</text>
						</object>
						<object id="229">
							<ocn>229</ocn>
							<text class="norm">	
								Les Napster de l'&#233;poque, les "ind&#233;pendants", &#233; taient des compagnies comme la Fox. Et pas moins qu'aujourd'hui, ces compagnies r&#233;sist&#232;rent vigoureusement. "Les tournages &#233; taient interrompus par des vols de machines, et des 'accidents' se produisaient fr&#233;quemment, qui se traduisaient par des pertes de n&#233;gatifs, d'&#233;quipements, de b&#226;timents et parfois de vies."3 Ceci poussa les ind&#233;pendants &#224; fuir vers la C&#244;te Ouest. La Californie &#233; tait suffisament hors de port&#233;e d'Edison pour que les producteurs de films puissent pirater ses inventions sans craindre la loi.	
							</text>
						</object>
						<object id="230">
							<ocn>230</ocn>
							<text class="norm">	
								Bien s&#252;r, la Californie se d&#233;veloppa rapidement, et la loi f&#233;d&#233;rale finit par &#234; tre appliqu&#233;e &#224; l'Ouest. Mais comme les brevets n'accordaient qu'un monopole vraiment "limit&#233;" &#224; leur d&#233;tenteur (seulement dix-sept ans &#224; l'&#233;poque), au moment ou les agents f&#233;d&#233;raux furent en nombre suffisant, les brevets avaient expir&#233;. <br /> Une industrie nouvelle &#233; tait n&#233;e, en partie par le piratage de la propri&#233;t&#233; intellectuelle d'Edison.	
							</text>
						</object>
					</content>
				</contents2>
				<contents2>
					<heading>
						<object id="231">
							<ocn>231</ocn>
							<text class="heading_content_2">Musique enregistr&#233;e</text>
						</object>
					</heading>
					<content>
						<object id="232">
							<ocn>232</ocn>
							<text class="norm">	
								L'industrie du disque est n&#233;e d'un autre genre de piratage, mais pour s'en apercevoir il faut conna&#238;tre certains d&#233;tails sur la mani&#232;re dont la loi s'applique &#224; la musique.	
							</text>
						</object>
						<object id="233">
							<ocn>233</ocn>
							<text class="norm">	
								A l'&#233;poque o&#250; Edison et Henri Fourneaux inventaient des machines &#224; reproduire la musique (Edison le phonographe, Fourneaux le piano m&#233;canique), la loi accordait aux compositeurs le droit exclusif de contr&#244;ler les copies et les ex&#233;cutions publiques de leur musique. En d'autres termes, si en 1900 j'avais voulu une copie de "Happy Mose", un succ&#232;s de Phil Russel en 1899, la loi stipulait que j'aurais d&#252; payer pour avoir le droit d'obtenir une copie de la partition musicale, et que j'aurais aussi d&#252; payer pour avoir le droit de la jouer en public.	
							</text>
						</object>
						<object id="234">
							<ocn>234</ocn>
							<text class="norm">	
								Mais qu'en &#233; tait-il si j'avais voulu enregistrer "Happy Mose", &#224; l'aide du phonographe d'Edison, ou du piano m&#233;canique de Fourneaux ? La loi bloquait sur ce point. Il &#233; tait assez clair que j'aurais d&#252; payer pour chaque copie de la partition que j'aurais faite en cr&#233;ant cet enregistrement. Et il &#233; tait aussi clair que j'aurais d&#252; payer pour chaque ex&#233;cution en public de l'oeuvre que j'aurais enregistr&#233;e. Mais ce qui n'&#233;tait pas clair, c'&#233;tait si j'aurais d&#252; payer pour une "ex&#233;cution publique" pour enregistrer la chanson &#224; mon domicile (m&#234;me aujourd'hui, vous ne devez rien aux Beatles si vous chantez leurs chansons sous la douche), ou si j'avais enregistr&#233; la chanson de m&#233;moire (les copies qui sont dans votre cerveau ne sont pas --encore-- soumises &#224; la loi sur le droit d'auteur). Donc, si je chantais la chanson devant un appareil d'enregistrement &#224; mon propre domicile, il n'&#233;tait pas s&#252;r que je doive quelque chose au compositeur. Et, plus important, il n'&#233;tait pas s&#252;r que je doive quoi que ce soit au compositeur si je faisais ensuite des copies de ces enregistrements.<br /> A cause de cette faille juridique, on pouvait &#224; l'&#233;poque pirater la chanson de quelqu'un d'autre, sans rien payer au compositeur.	
							</text>
						</object>
						<object id="235">
							<ocn>235</ocn>
							<text class="norm">	
								Les compositeurs (et &#233; diteurs) &#233; taient tout sauf heureux de cette possibilit&#233; de piratage. Pour reprendre les mots du s&#233;nateur Alfred Kittredge, du Sud Dakota,	
							</text>
						</object>
						<object id="236">
							<ocn>236</ocn>
							<text class="indent1">	
								Rendez-vous compte de l'injustice. Un compositeur &#233; crit une chanson ou un op&#233;ra. Un &#233; diteur ach&#232;te au prix fort les droits de cet op&#233;ra, et le place sous copyright. Et puis arrivent l'industrie phonographique, et les compagnies qui d&#233;coupent des rouleaux de musique, et volent d&#233;lib&#233;r&#233;ment le travail du compositeur et de l'&#233;diteur, sans aucune consid&#233;ration pour [leurs] droits.4	
							</text>
						</object>
						<object id="237">
							<ocn>237</ocn>
							<text class="norm">	
								Les innovateurs qui avaient d&#233;velopp&#233; la technologie pour enregistrer le travail des autres "essoraient le travail, le talent et le g&#233;nie des compositeurs am&#233;ricains"5 et l'"industrie de l'&#233;dition musicale" se trouvait donc "&#224; la merci de ces pirates."6 Comme l'a dit John Philip Sousa, de la mani&#232;re la plus directe possible, "Si ils font du profit avec ma musique, alors j'en veux une partie."7	
							</text>
						</object>
						<object id="238">
							<ocn>238</ocn>
							<text class="norm">	
								Ces arguments trouvent un echo familier dans les guerres d'aujourd'hui. De m&#234;me que les arguments de la partie adverse. Les inventeurs du piano m&#233;canique argu&#232;rent qu'il &#233; tait "parfaitement possible de d&#233;montrer que l'apparition de machines &#224; jouer de la musique n'a priv&#233; aucun compositeur de rien qu'il n'eut avant." Au contraire, les machines augmentaient les ventes de partitions.8 Quoi qu'il en soit, dirent les inventeurs, le devoir du Congr&#232;s &#233; tait de "privil&#233;gier l'int&#233;r&#234;t du [public], qu'il repr&#233;sente et doit servir." <br /> "Tous ces discours parlant de 'vol'," &#233; crivit le conseiller g&#233;n&#233;ral de la Compagnie Am&#233;ricaine des Graphophones, "n'est que de la poudre aux yeux, car il n'existe pas de propri&#233;t&#233; des id&#233;es musicales, litt&#233;raires ou artistiques, sauf d&#233;finie par d&#233;cret."9	
							</text>
						</object>
						<object id="239">
							<ocn>239</ocn>
							<text class="norm">	
								La loi trancha rapidement en faveur des compositeurs et des interpr&#232;tes qui enregistraient leur musique. Le Congr&#232;s amenda la loi de mani&#232;re &#224; s'assurer que les compositeurs soient pay&#233;s pour les "reproductions m&#233;caniques" de leur musique. Mais plut&#244;t que d'accorder au compositeur un contr&#244;le total sur le droit de faire des reproductions m&#233;caniques, le Congr&#232;s donna aux interpr&#232;tes le droit d'enregistrer de la musique, &#224; un prix fix&#233; par le Congr&#232;s, apr&#232;s que le compositeur aurait autoris&#233; un premier enregistrement. C'est cette part de la loi sur le copyright qui rend possible les reprises. Une fois qu'un compositeur a autoris&#233; un enregistrement de sa musique, les autres sont libres d'enregistrer la m&#234;me musique, du moment qu'ils paient au compositeur original une taxe fix&#233;e par la loi.	
							</text>
						</object>
						<object id="240">
							<ocn>240</ocn>
							<text class="norm">	
								En g&#233;n&#233;ral, la loi am&#233;ricaine appelle ceci une "licence contraignante", mais je pr&#233;f&#232;re parler de "licence statutaire". <br /> Une licence statutaire est une licence dont les termes sont fix&#233;s par la loi. Apr&#232;s que le Congr&#232;s amenda le Copyright Act en 1909, les maisons d'enregistrement furent libres de distribuer des copies de leurs enregistrements, du moment qu'ils payaient au compositeur (ou au d&#233;tenteur des droits d'auteur) la taxe fix&#233;e par le d&#233;cret.	
							</text>
						</object>
						<object id="241">
							<ocn>241</ocn>
							<text class="norm">	
								Ceci constitue une exception dans la loi sur le droit d'auteur. Quand John Grisham &#233; crit un roman, un &#233; diteur est libre de publier ce roman seulement si Grisham lui en donne la permission. Celui-ci, en revanche, est libre de r&#233;clamer la somme qui lui pla&#238;t en &#233; change de cette permission. Le prix pour publier Grisham est donc fix&#233; par Grisham lui m&#234;me, et la loi sur le droit d'auteur dit qu'en g&#233;n&#233;ral vous n'avez pas le droit d'utiliser le travail de Grisham sans sa permission.	
							</text>
						</object>
						<object id="242">
							<ocn>242</ocn>
							<text class="norm">	
								Mais la loi r&#233;gissant les enregistrements sonores donne moins aux artistes. Et donc, en effet, la loi subventionne les maisons d'enregistrement &#224; travers une sorte de piratage -- en donnant aux musiciens un contr&#244;le plus faible qu'elle ne donne aux auteurs d'autres types de cr&#233;ation artistique. Les Beatles ont moins de contr&#244;le sur leur cr&#233;ation que Grisham n'en a sur la sienne. Et les b&#233;n&#233;ficiaires de ce moins de contr&#244;le sont l'industrie du disque et le public. L'industrie du disque obtient quelque chose qui a de la valeur pour moins que ce qu'elle ne paierait normalement; le public a acc&#232;s &#224; un &#233; ventail plus large de cr&#233;ations musicales. De fait, le Congr&#232;s fut tr&#232;s explicite quant aux raisons pour lesquelles il accordait ce choix. Sa crainte &#233; tait le pouvoir monopolistique des ayant-droits, et que ce pouvoir ne supprime la cr&#233;ativit&#233;.10	
							</text>
						</object>
						<object id="243">
							<ocn>243</ocn>
							<text class="norm">	
								Bien que l'industrie du disque soit devenue plut&#244;t timide r&#233;cemment sur ce sujet, historiquement sa position a &#233; t&#233; en faveur des licences statutaires pour les enregistrements. Comme l'indique un rapport du Comit&#233; Judiciaire de la Chambre des Repr&#233;sentants datant de 1967,	
							</text>
						</object>
						<object id="244">
							<ocn>244</ocn>
							<text class="indent1">	
								les producteurs de disques soutinrent vigoureusement que le syst&#232;me de licences contraignantes devait &#234; tre maintenu. Ils soutinrent que l'industrie du disque, qui p&#232;se un demi miliard de dollars, est d'une importance &#233; conomique majeure aux Etats-Unis et dans le monde; les disques sont aujourd'hui le principal moyen de diffusion de la musique, et ceci cause des probl&#232;mes particuliers, car les chanteurs ont besoin d'un acc&#232;s non restreint &#224; la musique, de mani&#232;re non discriminatoire. Historiquement, firent-ils remarquer, il n'existait pas de droits &#224; l'enregistrement avant 1909, et le d&#233;cret de 1909 avait accept&#233; les licences contraignantes en tant que mesure anti-monopolistique d&#233;lib&#233;r&#233;e, en &#233; change de l'octroi de ces droits. Ils ajout&#232;rent que le r&#233;sultat en a &#233; t&#233; une abondance de disques, donnant au public des prix plus bas, une qualit&#233; meilleure, et un choix plus large.11	
							</text>
						</object>
						<object id="245">
							<ocn>245</ocn>
							<text class="norm">	
								Cette limitation des droits des musiciens, ce piratage partiel de leur travail cr&#233;atif, b&#233;n&#233;ficie aux maisons de disques, et au public.	
							</text>
						</object>
					</content>
				</contents2>
				<contents2>
					<heading>
						<object id="246">
							<ocn>246</ocn>
							<text class="heading_content_2">Radio</text>
						</object>
					</heading>
					<content>
						<object id="247">
							<ocn>247</ocn>
							<text class="norm">	
								La radio aussi est n&#233;e du piratage.	
							</text>
						</object>
						<object id="248">
							<ocn>248</ocn>
							<text class="norm">	
								Lorsqu'une radio passe un enregistrement sur les ondes, ceci constitue une "ex&#233;cution publique" du travail du compositeur.12 Comme je l'ai d&#233;crit plus haut, la loi donne au compositeur (ou au d&#233;tenteur des droits d'auteur) un droit exclusif sur les ex&#233;cutions publiques de son oeuvre. La station de radio doit donc de l'argent au compositeur pour cette ex&#233;cution.	
							</text>
						</object>
						<object id="249">
							<ocn>249</ocn>
							<text class="norm">	
								Mais quand une station de radio passe un disque, elle ne fait pas seulement une copie de travail du compositeur. La radio effectue aussi une copie du travail de l'interpr&#232;te. C'est une chose d'avoir "Joyeux Anniversaire" chant&#233; &#224; la radio par la chorale d'enfants locale; c'en est une toute autre si ce sont les Rolling Stones ou bien Lyle Lovett qui chantent. L'interpr&#232;te ajoute &#224; la valeur de la composition effectu&#233;e par la station de radio. Et si la loi &#233; tait parfaitement coh&#233;rente, la station de radio devrait payer l'interpr&#232;te pour son travail, tout comme elle paie le compositeur pour sa musique.	
							</text>
						</object>
						<object id="250">
							<ocn>250</ocn>
							<text class="norm">	
								Mais ce n'est pas le cas. D'apr&#232;s la loi sur les diffusions radiophoniques, la station de radio n'a pas &#224; payer l'interpr&#232;te. La station de radio doit seulement payer le compositeur. Par cons&#233;quent, la station re&#231;oit quelque chose sans contrepartie. Elle peut diffuser le travail de l'artiste gratuitement, m&#234;me si elle doit payer le compositeur pour avoir le droit de passer sa chanson.	
							</text>
						</object>
						<object id="251">
							<ocn>251</ocn>
							<text class="norm">	
								Cette diff&#233;rence peut &#234; tre &#233; norme. Supposez que vous composiez un morceau de musique. Supposez que ce soit le premier. Vous d&#233;tenez le droit exclusif d'autoriser la diffusion de cette musique. Donc si Madonna veut chanter votre chanson en public, elle doit obtenir votre permission.	
							</text>
						</object>
						<object id="252">
							<ocn>252</ocn>
							<text class="norm">	
								Supposez qu'elle chante votre chanson, et qu'elle l'aime beaucoup. Elle d&#233;cide alors d'en faire un enregistrement, qui devient un tube. D'apr&#232;s notre loi, chaque fois qu'une station de radio passera votre chanson, vous recevrez de l'argent. Et Madonna ne recoit rien, &#224; part l'effet indirect sur les ventes de ses CDs. La diffusion publique de son enregistrement n'est pas un droit "prot&#233;g&#233;". Ainsi donc, la station de radio pirate la valeur du travail de Madonna, sans rien lui payer. <br /> Sans doute, on pourra r&#233;torquer que les interpr&#232;tes en b&#233;n&#233;ficient. En moyenne, la publicit&#233; qu'ils en tirent vaut plus que les droits qu'ils abandonnent. Peut-&#234;tre.	
							</text>
						</object>
						<object id="253">
							<ocn>253</ocn>
							<text class="norm">	
								Mais quand bien m&#234;me, la loi laisse d'habitude au cr&#233;ateur le droit de faire son choix. En faisant le choix &#224; sa place, cette loi donne &#224; la station de radio le droit de prendre quelque chose sans contrepartie.	
							</text>
						</object>
					</content>
				</contents2>
				<contents2>
					<heading>
						<object id="254">
							<ocn>254</ocn>
							<text class="heading_content_2">T&#233;l&#233;vision par c&#226;ble</text>
						</object>
					</heading>
					<content>
						<object id="255">
							<ocn>255</ocn>
							<text class="norm">	
								La t&#233;l&#233;vision par c&#226;ble elle-aussi est n&#233;e d'une forme de piratage.	
							</text>
						</object>
						<object id="256">
							<ocn>256</ocn>
							<text class="norm">	
								Lorsque les entrepreneurs du c&#226;ble commenc&#232;rent &#224; fournir la t&#233;l&#233;vision par c&#226;ble &#224; des communaut&#233;s, en 1948, la plupart refus&#232;rent de payer les cha&#238;nes herziennes pour les contenus qu'ils transmettaient &#224; leurs clients. M&#234;me lorsque les compagnies de c&#226;ble commenc&#232;rent &#224; vendre l'acc&#232;s &#224; la t&#233;l&#233;vision par c&#226;ble, ils refus&#232;rent de payer ce qu'ils revendaient. Ainsi, les compagnies de c&#226;ble napterisaient les contenus &#233; mis sur les ondes, mais d'une mani&#232;re encore plus &#233; hont&#233;e que tout ce que Napster a jamais fait-- Napster n'a jamais fait payer pour les contenus qu'ils permettaient aux gens de partager.	
							</text>
						</object>
						<object id="257">
							<ocn>257</ocn>
							<text class="norm">	
								Les cha&#238;nes herziennes et les d&#233;tenteurs de copyright s'en prirent rapidement &#224; ce vol. Rosel Hyde, le pr&#233;sident de la FCC, voyait cette pratique comme une forme de "comp&#233;tition d&#233;loyale et potentiellement destructrice."13 Bien qu'il p&#252;t y avoir un "int&#233;r&#234;t public" &#224; augmenter l'offre de la t&#233;l&#233;vision par c&#226;ble, Douglas Anello, conseiller g&#233;n&#233;ral de la National Association of Broadcasters, demanda au s&#233;nateur Quentin Burdick lors d'un proc&#232;s, "L'int&#233;r&#234;t public vous commande-t'il d'utiliser la propri&#233;t&#233; de quelqu'un d'autre?"14 Un autre repr&#233;sentant des cha&#238;nes herziennes le dit en ces termes:	
							</text>
						</object>
						<object id="258">
							<ocn>258</ocn>
							<text class="indent1">	
								Ce qu'il y a d'extraordinaire au sujet de la t&#233;l&#233;vision par c&#226;ble, c'est que c'est la seule industrie &#224; ma connaissance qui revend un produit qu'elle n'a pas pay&#233;.15	
							</text>
						</object>
						<object id="259">
							<ocn>259</ocn>
							<text class="norm">	
								Encore une fois, la demande des d&#233;tenteurs de copyright semblait suffisament raisonnable:	
							</text>
						</object>
						<object id="260">
							<ocn>260</ocn>
							<text class="indent1">	
								Tout ce que nous demandons, c'est quelque chose de tr&#232;s simple, c'est que ceux qui maintenant prennent notre propri&#233;t&#233; pour rien paient pour cel&#224;. Nous tentons d'arr&#234;ter un piratage, et je ne crois pas qu'il existe de mot plus faible pour d&#233;crire cel&#224;. Je pense qu'il y a des mots plus durs qui conviendraient.16	
							</text>
						</object>
						<object id="261">
							<ocn>261</ocn>
							<text class="norm">	
								Ils &#233; taient des "passagers au noir," d'apr&#232;s Charlton Heston, le pr&#233;sident de la Guilde des Acteurs, qui "privaient les acteurs de leurs argent."17	
							</text>
						</object>
						<object id="262">
							<ocn>262</ocn>
							<text class="norm">	
								Mais encore une fois, il existait un autre point de vue sur ce d&#233;bat. Pour citer le vice-ministre de la Justice, Edwin Zimmerman,	
							</text>
						</object>
						<object id="263">
							<ocn>263</ocn>
							<text class="indent1">	
								Notre pr&#233;occupation ici est que, contrairement au probl&#232;me de savoir si un syst&#232;me de protection du copyright existe ou non, le probl&#232;me est de savoir si les d&#233;tenteurs de copyright, qui poss&#232;dent d&#233;j&#224; un monopole, devraient &#234; tre autoris&#233;s &#224; &#233; tendre ce monopole... La question ici est &#224; combien doit s'&#233;lever leur compensation, et jusqu'&#224; o&#250; doit s'&#233;tendre leur droit &#224; une compensation.18	
							</text>
						</object>
						<object id="264">
							<ocn>264</ocn>
							<text class="norm">	
								Les d&#233;tenteurs de copyright tra&#238;n&#232;rent les compagnies de c&#226;ble en justice. Par deux fois, la Cour Supr&#234;me statua que les compagnies de c&#226;ble ne devaient rien aux d&#233;tenteurs de copyright.	
							</text>
						</object>
						<object id="265">
							<ocn>265</ocn>
							<text class="norm">	
								Il fallut au Congr&#232;s presque trente ans pour r&#233;soudre la question de savoir si les compagnies de c&#226;ble devaient payer pour les contenus qu'elles "pirataient". A la fin, le Congr&#232;s la r&#233;solut de la m&#234;me mani&#232;re qu'il avait r&#233;solu la question des lecteurs de disques et des pianos m&#233;caniques. Oui, les compagnies de c&#226;ble devraient payer pour les contenus qu'ils distribuaient; mais le prix qu'ils devraient payer ne serait pas d&#233;cid&#233; par le d&#233;tenteur du copyright. Ce prix serait fix&#233; par la loi, de sorte que les cha&#238;nes herziennes ne puissent faire obstruction &#224; la technologie &#233; mergente du c&#226;ble. Les compagnies de c&#226;ble ont donc, en partie, b&#226;ti leur empire sur un "piratage", de la valeur du contenu cr&#233;&#233;e par les cha&#238;nes herziennes.	
							</text>
						</object>
						<object id="266">
							<ocn>266</ocn>
							<text class="norm">	
								Ces diff&#233;rentes histoires chantent le m&#234;me refrain. Si "piratage" veut dire utiliser la valeur de la cr&#233;ation artisitique de quelqu'un sans sa permission, et c'est de plus en plus le sens qu'on accorde &#224; ce mot aujourd'hui,19 alors chaque industrie r&#233;gul&#233;e par le droit d'auteur de nos jours est le r&#233;sultat et le b&#233;n&#233;ficiaire d'une certaine forme de piratage. Le cin&#233;ma, la musique, la radio, la t&#233;l&#233;vision par c&#226;ble... La liste est longue, et elle pourrait bien s'allonger. Chaque g&#233;n&#233;ration accueille les pirates de la g&#233;n&#233;ration pr&#233;c&#233;dente -- jusqu'&#224; aujourd'hui.	
							</text>
						</object>
					</content>
			</contents2>
			</contents1>
			<contents1>
				<heading>
					<object id="267">
						<ocn>267</ocn>
						<nametag>_5</nametag>
						<text class="heading_content_1">Piratage</text>
					</object>
				</heading>
					<content>
						<object id="268">
							<ocn>268</ocn>
							<text class="norm">	
								Il y a du piratage de contenus prot&#233;g&#233;s par Copyright. &#201; norm&#233;ment. Ce piratage prend de nombreuses formes. La plus significative est le piratage commercial, l'appropriation non autoris&#233;e du bien d'autrui dans un contexte commercial. Malgr&#233; les nombreuses justifications qui sont pr&#233;sent&#233;es dans sa d&#233;fense, cette appropriation est mauvaise. Personne ne devrait la pardonner et la loi devrait l'arr&#234;ter.	
							</text>
						</object>
						<object id="269">
							<ocn>269</ocn>
							<text class="norm">	
								Mais, en dehors de copies pirates vendues dans le commerce, il existe une autre sorte d'appropriation, qui est plus directement li&#233;e &#224; Internet. Cette appropriation, elle aussi, semble mauvaise &#224; beaucoup, et elle est mauvaise la plupart du temps. Avant de nous int&#233;resser &#224; cette forme particuli&#232;re, nous devrions cependant comprendre sa nature un peu plus. Pour son plus grand malheur, cette appropriation est significativement plus ambigu&#235; qu'une simple reproduction qui ne tient pas compte des droits, et la loi devrait lever cette ambigu&#239;t&#233;, comme elle l'a si souvent fait dans le pass&#233;.	
							</text>
						</object>
					</content>
				<contents2>
					<heading>
						<object id="270">
							<ocn>270</ocn>
							<text class="heading_content_2">Piratage I</text>
						</object>
					</heading>
					<content>
						<object id="271">
							<ocn>271</ocn>
							<text class="norm">	
								Partout dans le monde, mais particuli&#232;rement en Asie et l'Europe de l'Est, des entreprises ne font rien d'autre que prendre le travail des autres prot&#233;g&#233; par Copyright, le copier et le vendre dans son int&#233;gralit&#233; sans la permission du d&#233;tenteur dudit Copyright. L'industrie du disque estime qu'elle perd environ 4,6 milliards de dollars chaque ann&#233;e &#224; cause du piratage physique1 (ce qui correspond &#224; un CD sur trois vendus dans le monde entier). La MPAA estime ses pertes annuelles &#224; trois milliards de dollars du fait du piratage.	
							</text>
						</object>
						<object id="272">
							<ocn>272</ocn>
							<text class="norm">	
								Ceci est du piratage pur et simple. Rien dans les arguments de ce livre, ni dans les arguments que font la plupart des gens quand ils parlent du sujet de ce livre, ne met en doute ce simple point : le piratage est mauvais.	
							</text>
						</object>
						<object id="273">
							<ocn>273</ocn>
							<text class="norm">	
								Ceci ne veut pas dire que des excuses et des justifications ne peuvent pas &#234; tre trouv&#233;es. Nous pourrions, par exemple, nous rappeler que, pour les cents premi&#232;res ann&#233;es de la R&#233;publique am&#233;ricaine, l'Am&#233;rique ne respecta pas les Copyrights &#233; trangers. Nous sommes n&#233;s, en ce sens, en nation pirate. Cela pourrait donc sembler hypocrite pour nous d'insister si fortement pour que d'autres pays en voie de d&#233;veloppement consid&#232;rent comme injuste ce que nous avons, pendant les cent premi&#232;res ann&#233;es de notre existence, consid&#233;r&#233; comme juste.	
							</text>
						</object>
						<object id="274">
							<ocn>274</ocn>
							<text class="norm">	
								Cette excuse n'est pas vraiment valable. Techniquement, notre loi n'interdisait pas l'appropriation de travaux &#233; trangers. Elle s'&#233;tait explicitement limit&#233;e aux travaux am&#233;ricains. Ainsi les &#233; diteurs am&#233;ricains qui publi&#232;rent des travaux &#233; trangers sans la permission des auteurs &#233; trangers ne violaient aucune r&#232;gle. Les magasins vendant des copie en Asie, &#224; l'inverse, violent la loi asiatique. La loi asiatique prot&#232;ge vraiment les droits des auteurs &#233; trangers et l'activit&#233; de tels magasins viole cette loi. Donc, le tort que ce piratage implique n'est donc pas qu'une injustice morale, mais une transgression l&#233;gale, et pas qu'une transgression l&#233;gale et internationale, mais aussi une transgression l&#233;gale au niveau local.	
							</text>
						</object>
						<object id="275">
							<ocn>275</ocn>
							<text class="norm">	
								Pour dire vrai, ces r&#232;glements locaux ont &#233; t&#233;, en fait, impos&#233;s &#224; ces pays. Aucun pays ne peut faire partie de l'&#233;conomie mondiale et choisir de ne pas prot&#233;ger les Copyrights internationalement. Nous sommes peut-&#234;tre n&#233;s nation pirate, mais nous n'accepterons pas qu'une autre nation ait une enfance similaire.	
							</text>
						</object>
						<object id="276">
							<ocn>276</ocn>
							<text class="norm">	
								Cependant, si un pays doit &#234; tre trait&#233; comme souverain, alors ses lois sont ses lois, ind&#233;pendamment de leur source. La loi internationale sous laquelle ces pays vivent leur donne quelques occasions d'&#233;chapper au fardeau de la loi la propri&#233;t&#233; intellectuelle2. Selon moi, plus de pays en voie de d&#233;veloppement devraient profiter de cette occasion, mais quand ils ne font pas, alors leurs lois devraient &#234; tre respect&#233;es. Et conform&#233;ment aux lois de ces pays, ce piratage est mal.	
							</text>
						</object>
						<object id="277">
							<ocn>277</ocn>
							<text class="norm">	
								Sinon, nous pourrions aussi essayer d'excuser ce piratage en notant que, dans ce cas, cela ne fait pas de tort &#224; l'industrie. Les Chinois ayant acc&#232;s aux CDs am&#233;ricains &#224; 50 cents [NDT : de dollar] l'unit&#233; ne sont pas des gens qui pourraient acheter ces m&#234;mes CDs &#224; 15 dollars pi&#232;ce. Donc personne n'a en r&#233;alit&#233; moins d'argent qu'il n'aurait pu en avoir de toute fa&#231;on3.	
							</text>
						</object>
						<object id="278">
							<ocn>278</ocn>
							<text class="norm">	
								C'est souvent vrai (quoique j'ai des amis qui ont achet&#233; des milliers de DVDs pirat&#233;s et qui ont certainement assez d'argent pour payer ce qu'ils ont pris) et cela att&#233;nue quand m&#234;me un peu le mal caus&#233; par de tels vols. Les extr&#233;mistes dans ce d&#233;bat aiment dire : "Vous n'entreriez pas &#224; Barnes &amp; Noble pour prendre un livre sans payer ; pourquoi cela devrait-il &#234; tre diff&#233;rent avec la musique en ligne ?" La diff&#233;rence est, bien s&#252;r, que quand vous prenez un livre de Barnes &amp; Noble, ils ont un livre de moins &#224; vendre. A l'inverse, quand vous prenez un MP3 d'un r&#233;seau informatique, il n'y a pas un CD de moins qui peut &#234; tre vendu. La science du piratage de l'immat&#233;riel est diff&#233;rente de la science du piratage du mat&#233;riel.	
							</text>
						</object>
						<object id="279">
							<ocn>279</ocn>
							<text class="norm">	
								Cet argument est encore vraiment faible. Cependant, bien que le Copyright soit un droit de propri&#233;t&#233; d'un type sp&#233;cial, il reste un droit de propri&#233;t&#233;. Comme tous les droits de propri&#233;t&#233;, le Copyright donne &#224; son d&#233;tenteur le droit de d&#233;cider les termes selon lesquels le bien est partag&#233;. Si le d&#233;tenteur ne veut pas vendre, il ne doit pas l'&#234;tre. Il y a des exceptions : les licences statutaires importantes qui s'appliquent au contenu prot&#233;g&#233; par Copyright ind&#233;pendamment du souhait du d&#233;tenteur. Ces licences donnent aux gens le droit "de prendre" le contenu prot&#233;g&#233; par le droit d'auteur, que le d&#233;tenteur le veuille vendre ou non. Mais quand la loi ne donne pas aux gens ce droit, il est ill&#233;gal de prendre ce contenu m&#234;me si cela ne provoque aucun tort. Si nous avons un syst&#232;me de propri&#233;t&#233;, et que ce syst&#232;me est correctement &#233; quilibr&#233; avec la technologie d'une &#233; poque, alors il est mal de s'approprier quelque chose sans la permission du possesseur de la propri&#233;t&#233;. C'est exactement ce que "propri&#233;t&#233;" signifie.	
							</text>
						</object>
						<object id="280">
							<ocn>280</ocn>
							<text class="norm">	
								Enfin, nous pourrions essayer d'excuser ce piratage avec l'argument que le piratage aide en r&#233;alit&#233; le d&#233;tenteur du Copyright. Quand un Chinois "vole" Windows, cela le rend d&#233;pendant de Microsoft. Microsoft perd la valeur du logiciel qui a &#233; t&#233; vol&#233;. Mais il gagne des utilisateurs qui sont utilis&#233;s pour faire vivre le monde Microsoft. Dans quelques temps, quand la nation sera plus riche, de plus en plus de gens ach&#232;teront le logiciel plut&#244;t que de le voler. Et quelques temps apr&#232;s, parce que cet achat lui profitera, Microsoft tirera des b&#233;n&#233;fices du piratage. Si au lieu de pirater Microsoft Windows, le Chinois avait utilis&#233; le syst&#232;me d'exploitation GNU/LINUX, libre et gratuit, alors ces utilisateurs chinois n'ach&#232;teraient finalement pas de produits Microsoft. Sans piratage, Microsoft perdrait.	
							</text>
						</object>
						<object id="281">
							<ocn>281</ocn>
							<text class="norm">	
								Cet argument, lui aussi, est en partie fond&#233;. La strat&#233;gie de d&#233;pendance est une bonne strat&#233;gie. De nombreuses entreprises l'utilisent. Certaines prosp&#232;rent gr&#226;ce &#224; elle. Par exemple, les &#233; tudiants en droit ont libre acc&#232;s aux deux plus grandes bases de donn&#233;es juridiques. Les soci&#233;t&#233;s qui vendent l'acc&#232;s &#224; ces bases de donn&#233;es esp&#232;rent chacune que ces &#233; tudiants deviendront si habitu&#233;s &#224; leur service qu'ils voudront l'utiliser plut&#244;t que l'autre, une fois devenus avocats (et qu'ils paieront alors de lourds frais d'abonnement).	
							</text>
						</object>
						<object id="282">
							<ocn>282</ocn>
							<text class="norm">	
								L&#224; encore, l'argument n'est pas terriblement persuasif. Nous ne d&#233;fendons pas un alcoolique quand il vole sa premi&#232;re bi&#232;re simplement parce que cela le rend plus susceptible d'acheter les trois suivantes. Au lieu de cela, nous permettons d'habitude aux entreprises de d&#233;cider pour elles quand il est pr&#233;f&#233;rable de donner leur produit. Si Microsoft craint la concurrence de GNU/LINUX, alors Microsoft peut donner son produit comme il l'a fait, par exemple, avec Internet Explorer pour se battre contre Netscape. Un droit de propri&#233;t&#233; signifie donner au possesseur de la propri&#233;t&#233; le droit de dire qui a acc&#232;s &#224; quoi - au moins d'habitude. Et si la loi fait correspondre correctement les droits du d&#233;tenteur de Copyright avec les droits d'acc&#232;s, alors la violation de la loi est toujours mauvaise.	
							</text>
						</object>
						<object id="283">
							<ocn>283</ocn>
							<text class="norm">	
								Ainsi, tandis que je comprends la force de ces justifications de piratage, et que j'en vois de mani&#232;re certaine la motivation, &#224; mon avis, &#224; la fin, ces efforts de justification du piratage commercial ne tiennent plus. Cette sorte de piratage est effr&#233;n&#233;e et ne cause que du tort. Elle ne transforme pas le contenu qu'elle vole ; elle ne transforme pas le march&#233; avec lequel elle entre en concurrence. Elle donne simplement &#224; quelqu'un acc&#232;s &#224; quelque chose dont la loi dit qu'il ne devrait pas avoir acc&#232;s. Rien n'a chang&#233; pour entra&#238;ner cette loi dans le doute. Cette forme de piratage est compl&#232;tement dans l'erreur.	
							</text>
						</object>
						<object id="284">
							<ocn>284</ocn>
							<text class="norm">	
								Mais, comme les exemples des quatre chapitres qui pr&#233;c&#232;dent cette partie le sugg&#232;rent, m&#234;me si quelques piratages sont compl&#232;tement mauvais, tous ne le sont pas. Ou au moins, pas tous les "piratages" sont mauvais, si ce terme est compris de la mani&#232;re dont il est de plus en plus utilis&#233; aujourd'hui. Beaucoup de sortes de "piratage" sont utiles et productives, pour produire soit de nouveaux contenus, soit de nouvelles fa&#231;ons de faire des affaires. Ni notre tradition, ni n'importe quelle tradition n'ont jamais interdit tous les "piratages" dans ce sens du terme.	
							</text>
						</object>
						<object id="285">
							<ocn>285</ocn>
							<text class="norm">	
								Cela ne signifie pas qu'il n'y a aucune question lev&#233;e par la derni&#232;re affaire de piratage en date : le partage de fichiers peer-to-peer. Mais cela signifie que nous devons comprendre le mal dans le peer-to-peer avant que nous ne le condamnions au gibet avec pour charge d'accusation le piratage.	
							</text>
						</object>
						<object id="286">
							<ocn>286</ocn>
							<text class="norm">	
								En effet, comme Hollywood &#224; ses d&#233;buts (1), le partage p2p s'&#233;mancipe d'une industrie au contr&#244;le excessif; comme l'industrie du disque &#224; ses d&#233;buts (2), il exploite simplement une nouvelle fa&#231;on de distribuer du contenu; cependant, &#224; la diff&#233;rence de la t&#233;l&#233;vision c&#226;bl&#233;e (3), personne ne vend le contenu qui est partag&#233; sur les services p2p.	
							</text>
						</object>
						<object id="287">
							<ocn>287</ocn>
							<text class="norm">	
								Ces diff&#233;rences distinguent le partage p2p du vrai piratage. Elles devraient nous pousser &#224; trouver une fa&#231;on de prot&#233;ger les artistes tout en permettant &#224; ce partage de survivre.	
							</text>
						</object>
					</content>
				</contents2>
				<contents2>
					<heading>
						<object id="288">
							<ocn>288</ocn>
							<text class="heading_content_2">Piratage II</text>
						</object>
					</heading>
					<content>
						<object id="289">
							<ocn>289</ocn>
							<text class="norm">	
								Le point caract&#233;ristique du "piratage" que la loi aspire &#224; annuler est une utilisation qui "vole l'auteur [de son] b&#233;n&#233;fice"4. Cela veut dire que nous devons d&#233;terminer, s'il y a lieu, combien de maux le partage p2p induit avant que nous ne sachions dans quelle mesure la loi devrait l'emp&#234;cher ou trouver une alternative pour garantir &#224; l'auteur un retour profitable.	
							</text>
						</object>
						<object id="290">
							<ocn>290</ocn>
							<text class="norm">	
								Le Peer-to-peer a &#233; t&#233; rendu c&#233;l&#232;bre par Napster. Mais les inventeurs de la technologie Napster n'ont cr&#233;&#233; aucune innovation technologique majeure. Comme chaque grande avanc&#233;e dans l'innovation sur Internet (et, probablement comme partout ailleurs 5, Shawn Fanning et son &#233; quipe avaient simplement r&#233;uni des composants qui avaient &#233; t&#233; d&#233;velopp&#233;s ind&#233;pendamment.	
							</text>
						</object>
						<object id="291">
							<ocn>291</ocn>
							<text class="norm">	
								Le r&#233;sultat a &#233; t&#233; une combustion spontan&#233;e. Lanc&#233; en juillet 1999, Napster a amass&#233; plus de 10 millions d'utilisateurs en neuf mois. Apr&#232;s dix-huit mois, il y avait pr&#232;s de 80 millions d'utilisateurs du syst&#232;me enregistr&#233;s6. Les cours de justice ont rapidement ferm&#233; Napster, mais d'autres services sont apparus pour le remplacer (Kazaa est actuellement le service de p2p le plus populaire. Il se targue de plus de 100 millions de membres). Ces syst&#232;mes de services sont architecturalement diff&#233;rents, bien que tr&#232;s proches au niveau des fonctionnalit&#233;s : chacun permet aux utilisateurs de rendre disponible un contenu &#224; un nombre quelconque d'autres utilisateurs. Avec un syst&#232;me p2p, vous pouvez partager vos chansons pr&#233;f&#233;r&#233;es avec votre meilleur ami - ou vos 20 000 meilleurs amis.	
							</text>
						</object>
						<object id="292">
							<ocn>292</ocn>
							<text class="norm">	
								Selon un certain nombre d'estimations, une proportion &#233; norme d'Am&#233;ricains a go&#252;t&#233; &#224; la technologie du partage de fichiers. Une &#233; tude Ipsos-Insight de septembre 2002 a &#233; valu&#233; &#224; 60 millions le nombre d'Am&#233;ricains qui ont t&#233;l&#233;charg&#233; de la musique - 28 pour cent des Am&#233;ricains plus &#226; g&#233;s que 12 ans7. Un sondage du groupe NPD cit&#233; dans le New York Times a estim&#233; que 43 millions de citoyens ont utilis&#233; les r&#233;seaux de partage de fichiers pour faire des &#233; changes en mai 20038. La majorit&#233; d'entre eux n'&#233;tait pas des enfants. Quel que soit le chiffre r&#233;el, une quantit&#233; massive de donn&#233;es est tir&#233;e de ces r&#233;seaux. La facilit&#233; et le caract&#232;re peu co&#252;teux des r&#233;seaux de partage de fichiers ont inspir&#233; des millions de gens pour appr&#233;cier la musique d'une mani&#232;re nouvelle.	
							</text>
						</object>
						<object id="293">
							<ocn>293</ocn>
							<text class="norm">	
								Une part de cette appr&#233;ciation implique une infraction au Copyright. Une autre part non. Et m&#234;me dans la partie qui constitue techniquement l'infraction, le calcul du tort caus&#233; au d&#233;tenteur du Copyright est plus compliqu&#233; qu'on pourrait le penser. En effet, consid&#233;rez - un peu plus soigneusement que ne le font habituellement les orateurs non objectifs dans ce d&#233;bat - les diff&#233;rentes sortes de partages que le partage de fichiers permet, et les diff&#233;rents torts que cela entra&#238;ne.	
							</text>
						</object>
						<object id="294">
							<ocn>294</ocn>
							<text class="norm">	
								Ceux qui partagent des fichiers partagent diff&#233;rents types de contenu. On peut regrouper ces diff&#233;rents types en quatre cat&#233;gories.	
							</text>
						</object>
						<object id="295">
							<ocn>295</ocn>
							<text class="indent1">	
								A. Il y a ceux qui utilisent les r&#233;seaux de partage comme substitut &#224; l'achat. Ainsi, quand un nouveau CD de Madonna est mis en vente dans le commerce, plut&#244;t que d'acheter le CD, ces utilisateurs le t&#233;l&#233;chargent tout simplement. Nous pourrions pinailler en nous demandant si, oui ou non, ceux qui se le sont appropri&#233; de cette mani&#232;re l'auraient aujourd'hui achet&#233; si le partage ne l'avait rendu disponible gratuitement. La plupart ne l'aurait probablement pas fait, mais il y a clairement certaines personnes qui l'auraient achet&#233;. Ces derniers sont la cible de cat&#233;gorie A : les utilisateurs qui t&#233;l&#233;chargent au lieu d'acheter.	
							</text>
						</object>
						<object id="296">
							<ocn>296</ocn>
							<text class="indent1">	
								B. Il y a ceux qui utilisent les r&#233;seaux de partage pour avoir un &#233; chantillon de la musique qu'il comptent acheter. Ainsi, un ami envoie &#224; un autre ami un MP3 d'un artiste dont ce dernier n'a jamais entendu parler. L'autre ami ach&#232;te alors le CD de l'artiste. C'est une sorte de publicit&#233; cibl&#233;e, qui a relativement des chances de marcher. Si l'ami recommandant l'album n'a rien a y gagner, alors on pourrait s'attendre &#224; ce que les recommandations soient tout &#224; fait bonnes. L'effet net de ce partage pourrait augmenter la quantit&#233; de musique achet&#233;e.	
							</text>
						</object>
						<object id="297">
							<ocn>297</ocn>
							<text class="indent1">	
								C. Il y a ceux qui utilisent les r&#233;seaux de partage pour obtenir un acc&#232;s aux contenus prot&#233;g&#233;s par Copyright qui ne sont plus vendus ou qu'ils n'auraient pas achet&#233;s parce que les co&#252;ts de transaction en dehors d'Internet sont trop &#233; lev&#233;s. Cette utilisation des r&#233;seaux de partage est parmi la plus utile pour beaucoup. Les chansons qui berc&#232;rent votre enfance, mais qui ont depuis longtemps disparu du march&#233; apparaissent magiquement de nouveau sur le r&#233;seau (une amie m'a dit que quand elle a d&#233;couvert Napster, elle a pass&#233; un week-end entier &#224; "r&#233;cup&#233;rer" de vieilles chansons. Elle a &#233; t&#233; stup&#233;fi&#233;e par l'&#233;tendue et la vari&#233;t&#233; des contenus qui &#233; taient disponibles). Pour les oeuvres non vendues, c'est toujours techniquement une violation de Copyright, bien que le d&#233;tenteur du Copyright ne vende d&#233;sormais plus cette oeuvre ; le tort &#233; conomique est nul - le m&#234;me tort qui intervient quand je vends ma collection de 45 tours des ann&#233;es 60 &#224; un collectionneur local.	
							</text>
						</object>
						<object id="298">
							<ocn>298</ocn>
							<text class="indent1">	
								D. Enfin, il y a ceux qui utilisent les r&#233;seaux de partage pour avoir acc&#232;s aux &#233; l&#233;ments qui ne sont pas prot&#233;g&#233;s par Copyright ou ceux que le d&#233;tenteur du Copyright veut distribuer.	
							</text>
						</object>
						<object id="299">
							<ocn>299</ocn>
							<text class="norm">	
								Dans quelles proportions p&#232;sent ces diff&#233;rents types de partage ? Commen&#231;ons par quelques points simples mais importants. Du point de vue de la loi, seul le partage de type D est compl&#232;tement l&#233;gal. D'un point de vue &#233; conomique, seule la cat&#233;gorie A est clairement nuisible9. Le type de partage B est ill&#233;gal, mais pleinement b&#233;n&#233;fique. Le type C est ill&#233;gal, mais pourtant bon pour la soci&#233;t&#233; (puisque l'engouement pour la musique est bon) et b&#233;nin pour l'artiste (puisque son travail n'est pas disponible autrement). Ainsi, tout bien consid&#233;r&#233;, dans quelles mesures le partage importune est une question &#224; laquelle il est dur de r&#233;pondre - et certainement beaucoup plus difficile que la rh&#233;torique actuelle autour de la question le sugg&#232;re.	
							</text>
						</object>
						<object id="300">
							<ocn>300</ocn>
							<text class="norm">	
								L'importance de la nuisance occasionn&#233;e par le partage d&#233;pend fortement du degr&#233; de nuisance du partage de type A. De m&#234;me qu'Edison s'est plaint de Hollywood, que les compositeurs se sont plaints des bandes perfor&#233;es, que les artistes se sont plaints de la radio et que les cha&#238;nes de t&#233;l&#233;vision se sont plaintes de la t&#233;l&#233;vision c&#226;bl&#233;e, l'industrie de la musique se plaint du fait que le type de partage A soit une sorte "de vol" qui "d&#233;vaste" l'industrie.	
							</text>
						</object>
						<object id="301">
							<ocn>301</ocn>
							<text class="norm">	
								Tandis que les chiffres sugg&#232;rent vraiment que le partage est nuisible, un ordre de grandeur correspondant est plus dur &#224; estimer. Cela a longtemps &#233; t&#233; la pratique de l'industrie du disque de bl&#226;mer la technologie &#224; la moindre baisse des ventes. L'histoire de l'enregistrement sur cassette est un bon exemple. Comme le montre une &#233; tude men&#233;e par Cap Gemini Ernst &amp; Young, "Plut&#244;t qu'exploiter cette technologie nouvelle et populaire, les Labels l'ont combattue"10. Les Labels ont pr&#233;tendu que chaque album enregistr&#233; sur bande &#233; tait un album invendu, et quand des ventes de CDs sont tomb&#233;es de 11,4 pour cent en 1981, l'industrie a pr&#233;tendu que ce fait en &#233; tait ainsi la preuve. La technologie &#233; tait le probl&#232;me et la technologie interdisant ou r&#233;gulant &#233; tait la r&#233;ponse.	
							</text>
						</object>
						<object id="302">
							<ocn>302</ocn>
							<text class="norm">	
								Pourtant par la suite, peu de temps apr&#232;s et avant que le Congr&#232;s ne donne une opportunit&#233; d'ordonner une r&#233;gulation, MTV fut lanc&#233;e et l'industrie connut un renversement des ventes. "Au final", conclut Cap Gemini, "la 'crise'... ne fut pas due aux cassettes - qui n'ont pas disparu apr&#232;s la venue au monde d'MTV - mais avait en grande partie r&#233;sult&#233; de la stagnation dans l'innovation musicale chez les Labels principaux"11.	
							</text>
						</object>
						<object id="303">
							<ocn>303</ocn>
							<text class="norm">	
								Mais le fait que l'industrie se soit tromp&#233;e dans le pass&#233; ne signifie pas qu'elle se trompe aujourd'hui. Pour &#233; valuer la menace r&#233;elle que le partage p2p repr&#233;sente pour l'industrie du disque en particulier, et pour la soci&#233;t&#233; en g&#233;n&#233;ral - ou tout du moins la soci&#233;t&#233; qui h&#233;rite de la tradition que nous ont donn&#233;e l'industrie cin&#233;matographique, l'industrie du disque, l'industrie radiophonique, la t&#233;l&#233;vision par c&#226;ble et le magn&#233;toscope - la question n'est pas simplement de savoir si le partage de type A est nuisible ou pas. La question est aussi de savoir dans quelle mesure ce type est nuisible et dans quelle mesure les autres types sont b&#233;n&#233;fiques.	
							</text>
						</object>
						<object id="304">
							<ocn>304</ocn>
							<text class="norm">	
								Nous commen&#231;ons &#224; r&#233;pondre &#224; cette question en nous concentrant sur le tort net, du point de vue de l'industrie dans son ensemble, que les r&#233;seaux de partage causent. "Le tort net" pour l'industrie est dans son ensemble la quantit&#233; pour laquelle le type de partage A exc&#232;de le type B. Si les soci&#233;t&#233;s du disque avaient vendu plus de CDs avec des &#233; chantillons qu'elles n'en avaient perdu avec des substitutions, alors les r&#233;seaux de partage profiteraient actuellement aux soci&#233;t&#233;s de musique tout compte fait. Elles auraient donc peu de raisons "valables" de leur r&#233;sister.	
							</text>
						</object>
						<object id="305">
							<ocn>305</ocn>
							<text class="norm">	
								Est-ce que cela pourrait &#234; tre vrai ? L'industrie dans son ensemble pourrait-elle tirer profit du partage de fichier ? Aussi &#233; trange que cela puisse para&#238;tre, les statistiques de ventes de CDs sugg&#232;rent que cela pourrait l'&#234;tre dans un futur proche.	
							</text>
						</object>
						<object id="306">
							<ocn>306</ocn>
							<text class="norm">	
								En 2002, la RIAA a annonc&#233; que les ventes de CD avaient chut&#233; de 8,9 pour cent, passant de 882 millions &#224; 803 millions d'unit&#233;s ; les revenus ont baiss&#233; 6,7 pour cent12. Cela confirme la tendance de ces derni&#232;res ann&#233;es. La RIAA bl&#226;me le piratage par Internet pour cette tendance, quoiqu'il y ait beaucoup d'autres causes qui pourraient constituer cette baisse. SoundScan, par exemple, rapporte une chute de plus de 20 pour cent du nombres de CDs sortis depuis 1999. Cela explique sans doute une part de la diminution des ventes. Des prix en augmentation pourraient aussi constituer au moins un peu de ces pertes. "De 1999 &#224; 2001, le prix moyen d'un CD est mont&#233; 7,2 pour cent, passant de 13.04 dollars &#224; 14.19 dollars"13. La concurrence d'autres formes de m&#233;dia pourrait aussi repr&#233;senter une partie du d&#233;clin. Comme le dit Jane Black dans une note de BusinessWeek, "la bande sonore au film Haute Fid&#233;lit&#233; (High Fidelity) a un prix en catalogue de 18,98 dollars. Vous pourriez obtenir le film entier [sur DVD] pour 19,99 dollars"14.	
							</text>
						</object>
						<object id="307">
							<ocn>307</ocn>
							<text class="norm">	
								Mais supposons que le RIAA ait raison et que toute la baisse dans les ventes de CD soit la cause du partage sur Internet. Voici le hic : dans la m&#234;me p&#233;riode que celle o&#250; le RIAA &#233; value &#224; 803 millions les CDs vendus, le RIAA estime que 2,1 milliards de CDs ont &#233; t&#233; t&#233;l&#233;charg&#233;s gratuitement . Ainsi, bien que 2,6 fois le nombre total de CDs vendus ait &#233; t&#233; t&#233;l&#233;charg&#233; gratuitement, le revenu des ventes n'a chut&#233; que de 6,7 pour cent.	
							</text>
						</object>
						<object id="308">
							<ocn>308</ocn>
							<text class="norm">	
								Il y a trop de choses diff&#233;rentes qui sont arriv&#233;es en m&#234;me temps pour expliquer ces chiffres une fois pour toutes, mais une conclusion est in&#233;vitable : l'industrie du disque demande constamment, "Quelle est la diff&#233;rence entre le t&#233;l&#233;chargement d'une chanson et le vol d'un CD ?" - mais leurs propres chiffres r&#233;v&#232;lent la diff&#233;rence. Si je vole un CD, alors il y a un CD de moins &#224; vendre. Chaque appropriation est une vente perdue. Mais sur la base des chiffres que le RIAA fournit, il est absolument clair que le m&#234;me principe n'est pas valable pour le t&#233;l&#233;chargement. Si chaque t&#233;l&#233;chargement &#233; tait une vente perdue - si chaque utilisation de Kazaa "d&#233;pouille[d&#233;pouillait] l'auteur de son b&#233;n&#233;fice" - alors l'industrie aurait souffert d'une baisse des ventes de 100 pour cent l'ann&#233;e derni&#232;re, pas une baisse de 7 pour cent. Si 2,6 fois le nombre de CDs vendus ont &#233; t&#233; t&#233;l&#233;charg&#233;s gratuitement, et que pourtant les recettes des ventes n'ont baiss&#233; que de 6,7 pour cent, alors il y a r&#233;ellement une diff&#233;rence &#233; norme entre &#171; t&#233;l&#233;charger une chanson &#187; et &#171; voler un CD &#187; .	
							</text>
						</object>
						<object id="309">
							<ocn>309</ocn>
							<text class="norm">	
								Tout cela sont les maux - pr&#233;sum&#233;s et peut-&#234;tre exag&#233;r&#233;s mais, supposons-le, r&#233;els. Quant est-il des vertus ? Le partage de fichier peut imposer des d&#233;penses &#224; l'industrie du disque. Quelle valeur produit-il en plus de ces d&#233;penses ?	
							</text>
						</object>
						<object id="310">
							<ocn>310</ocn>
							<text class="norm">	
								Un bienfait est le partage de type C - rendre disponible quelque chose qui est techniquement sous Copyright mais qui n'est plus disponible dans le commerce. Ceci ne repr&#233;sente pas qu'une petite cat&#233;gorie d'oeuvres. Il y a des millions de chansons qui ne sont plus disponibles commercialement15. Et, bien que cela soit concevable que quelques unes de ces oeuvres ne soient plus disponibles parce que l'artiste qui produit le contenu ne veuille pas que cela le soit, la grande majorit&#233; est indisponible parce que le &#233; diteur ou le distributeur a d&#233;cid&#233; que ce n'&#233;tait plus &#233; conomique pour l'entreprise de le rendre disponible.	
							</text>
						</object>
						<object id="311">
							<ocn>311</ocn>
							<text class="norm">	
								Dans la r&#233;alit&#233; - bien avant l'Internet - le march&#233; avait une r&#233;ponse simple &#224; ce probl&#232;me : les entrep&#244;ts de livres et de CDs d'occasion. Il y a des milliers de tels d&#233;p&#244;ts en Am&#233;rique aujourd'hui16. Ces magasins ach&#232;tent le contenu aux propri&#233;taires, et vendent ensuite ce contenu qu'ils ach&#232;tent. Et conform&#233;ment &#224; la loi du Copyright am&#233;ricaine, quand ils ach&#232;tent et vendent ce contenu, "m&#234;me si le contenu est toujours sous Copyright", le d&#233;tenteur du Copyright n'obtient pas un centime. Les magasins de livres et de CDs d'occasion sont des entit&#233;s commerciales ; leurs propri&#233;taires font de l'argent avec les oeuvres qu'ils vendent ; mais comme avec des soci&#233;t&#233;s de c&#226;ble avant les licences statutaires, ils ne doivent pas payer le d&#233;tenteur du Copyright pour le contenu qu'ils vendent.	
							</text>
						</object>
						<object id="312">
							<ocn>312</ocn>
							<text class="norm">	
								Le type de partage C, alors, est vraiment comme les magasins de livres ou de CDs d'occasion. C'est diff&#233;rent, bien s&#252;r, parce que la personne faisant en sorte que le contenu soit disponible ne gagne pas d'argent par cette action. C'est aussi diff&#233;rent, bien s&#252;r, parce que dans le monde r&#233;el, quand je vends un CD, je ne l'ai plus d&#233;sormais, alors que dans le monde virtuel, quand quelqu'un partage mon enregistrement de 1949 de Bernstein "Deux Chansons d'Amour" (Two Love Songs), je l'ai toujours. Cette diff&#233;rence importerait &#233; conomiquement si le d&#233;tenteur du Copyright de 1949 vendait le CD en concurrence avec mon partage. Mais nous parlons de la classe des contenus qui ne sont pas actuellement disponibles dans le commerce. Internet le rend disponible, par le partage coop&#233;ratif, sans rivaliser avec le march&#233;.	
							</text>
						</object>
						<object id="313">
							<ocn>313</ocn>
							<text class="norm">	
								Il se pourrait bien, toute chose consid&#233;r&#233;e, qu'il soit meilleur que le d&#233;tenteur du Copyright re&#231;oive quelque chose de ce commerce. Mais le simple fait que cela puisse &#234; tre meilleur ne suffit pourtant pas &#224; interdire les magasins de livres d'occasion. Pr&#233;sent&#233; diff&#233;remment, si vous pensez que le type de partage C devrait &#234; tre arr&#234;t&#233;, pensez-vous que les biblioth&#232;ques et les magasins de livres d'occasion devraient &#234; tre ferm&#233;s aussi ?	
							</text>
						</object>
						<object id="314">
							<ocn>314</ocn>
							<text class="norm">	
								Enfin, et c'est peut-&#234;tre le plus important, les r&#233;seaux de partage de fichiers permettent au partage de type D - le partage de contenus que les d&#233;tenteurs du Copyright veulent voir partag&#233;s ou pour lesquels il n'y a plus de Copyright en cours - d'exister. Ce partage rend clairement service aux auteurs et &#224; la soci&#233;t&#233;. L'auteur de science-fiction Cory Doctorow, par exemple, a sorti sa premi&#232;re nouvelle Down and Out in the Magic Kingdom &#224; la fois en librairie et en version t&#233;l&#233;chargeable gratuite le m&#234;me jour. Sa reflexion (et celle de son &#233; diteur) &#233; tait que la distribution en ligne serait une belle publicit&#233; pour le livre "r&#233;el". Les gens en liraient une partie en ligne, et d&#233;cideraient alors s'ils l'aiment ou non. S'ils l'aiment, alors ils serait plus susceptibles de l'acheter. L'action de Doctorow est un partage de type D. Si les r&#233;seaux de partage permettent &#224; son travail d'&#234;tre diffus&#233;, alors lui et la soci&#233;t&#233; en ressortent gagnants (en r&#233;alit&#233;, bien plus que gagnants : c'est un grand livre !).	
							</text>
						</object>
						<object id="315">
							<ocn>315</ocn>
							<text class="norm">	
								De m&#234;me pour les travaux plac&#233;s dans le domaine public : ce partage b&#233;n&#233;ficie &#224; la soci&#233;t&#233; sans aucun tort l&#233;gal aux auteurs. Si des efforts pour r&#233;soudre le probl&#232;me du partage du type A d&#233;truisent l'opportunit&#233; d'un partage de type D, alors nous perdrons quelque chose d'important pour prot&#233;ger les oeuvres A.	
							</text>
						</object>
						<object id="316">
							<ocn>316</ocn>
							<text class="norm">	
								Pour aller jusqu'au bout : tandis que l'industrie du disque dit, de fa&#231;on compr&#233;hensive, "Voil&#224; combien nous avons perdu", nous devons aussi demander "Dans quelle mesure la soci&#233;t&#233; a-t-elle tir&#233; profit du partage p2p ? Quelle est son efficacit&#233; ? Quelles sont les oeuvres qui seraient autrement indisponibles ?"	
							</text>
						</object>
						<object id="317">
							<ocn>317</ocn>
							<text class="norm">	
								Car &#224; la diff&#233;rence du piratage que j'ai d&#233;crit dans la premi&#232;re section de ce chapitre, beaucoup de "piratage" que le partage de fichiers permet est totalement l&#233;gal et bon. Et comme le piratage que j'ai d&#233;crit dans le chapitre 4, beaucoup de ce piratage est motiv&#233; par une nouvelle mani&#232;re de diffuser les contenus, impliqu&#233;e par des changements dans la technologie de distribution. Ainsi, en harmonie avec la tradition qui nous a donn&#233; Hollywood, la radio, l'industrie du disque et la t&#233;l&#233;vision c&#226;bl&#233;e, la question nous devrions poser &#224; propos du partage de fichiers est comment pr&#233;server au mieux ses vertus tout en r&#233;duisant (dans la mesure possible) le mal injustifi&#233; qu'il cause aux artistes. Cette question doit &#234; tre bien consid&#233;r&#233;e. La loi devrait chercher cet &#233; quilibre et cet &#233; quilibre sera trouv&#233; seulement avec du temps.	
							</text>
						</object>
						<object id="318">
							<ocn>318</ocn>
							<text class="norm">	
								"Mais cette guerre n'est-elle pas juste une guerre contre le partage ill&#233;gal ? La cible n'est-elle pas juste ce que vous appelez le partage de type A ?"	
							</text>
						</object>
						<object id="319">
							<ocn>319</ocn>
							<text class="norm">	
								Vous pourriez le penser. Et nous devrions esp&#233;rer. Mais jusqu'ici, il n'en est rien. L'effet de la guerre pr&#233;tendument cibl&#233;e sur le type de partage A uniquement a &#233; t&#233; ressenti globalement comme une guerre men&#233;e contre un unique type de partage. C'est plus &#233; vident dans le cas de Napster lui-m&#234;me. Quand Napster a dit &#224; la cour f&#233;d&#233;rale qu'il avait d&#233;velopp&#233; une technologie pour bloquer le transfert de 99,4 pour cent des documents identifi&#233;s comme &#233; tant en infraction, la cour f&#233;d&#233;rale a dit au conseiller de Napster que 99,4 pour cent n'&#233;taient pas suffisants. Napster devait pousser le nombre d'infractions &#224; "z&#233;ro"17.	
							</text>
						</object>
						<object id="320">
							<ocn>320</ocn>
							<text class="norm">	
								Si 99,4 pour cent ne sont pas assez bons, alors c'est une guerre aux technologies de partage de fichiers, pas une guerre contre les infractions de Copyright. Il n'y a aucun moyen d'assurer qu'un syst&#232;me de p2p est utilis&#233; &#224; 100 pour cent du temps conform&#233;ment &#224; la loi, pas plus qu'il n'y a de fa&#231;on d'assurer que 100 pour cent des magn&#233;toscopes ou 100 pour cent des machines de Xerox ou 100 pour cent des pistolets sont utilis&#233;s en accord avec la loi. La tol&#233;rance z&#233;ro signifie z&#233;ro p2p. Le r&#232;glement de la cour signifie que nous, en tant que soci&#233;t&#233;, devons perdre les b&#233;n&#233;fices du p2p, m&#234;me pour les utilisations totalement l&#233;gales et avantageuses qu'il dessert, simplement pour garantir qu'il y a z&#233;ro infraction au Copyright caus&#233;e par le p2p.	
							</text>
						</object>
						<object id="321">
							<ocn>321</ocn>
							<text class="norm">	
								La tol&#233;rance z&#233;ro n'a pas &#233; t&#233; notre histoire. Elle n'a pas produit l'industrie satisfaite que nous connaissons aujourd'hui. L'histoire de la loi am&#233;ricaine a &#233; t&#233; un processus d'&#233;quilibre. Quand de nouvelles technologies changeaient la mani&#232;re dont les contenus &#233; taient distribu&#233;s, la loi s'ajustait, apr&#232;s quelques temps, &#224; la nouvelle technologie. Dans cet ajustement, la loi a cherch&#233; &#224; assurer les droits l&#233;gitimes des cr&#233;ateurs en prot&#233;geant l'innovation. Parfois, cela a signifi&#233; plus de droits pour les cr&#233;ateurs. Parfois moins.	
							</text>
						</object>
						<object id="322">
							<ocn>322</ocn>
							<text class="norm">	
								Donc, comme nous l'avons vu, quand la "reproduction m&#233;canique" a menac&#233; les int&#233;r&#234;ts des compositeurs, le Congr&#232;s a &#233; quilibr&#233; les droits de compositeurs avec les int&#233;r&#234;ts de l'industrie du disque. Il a accord&#233; des droits aux compositeurs, mais aussi aux artistes qui enregistraient : les compositeurs devaient &#234; tre pay&#233;s, mais &#224; un prix fix&#233; par le Congr&#232;s. Mais quand la radio a commenc&#233; &#224; &#233; mettre les enregistrements enregistr&#233;s par les artistes, et qu'ils se sont plaints au Congr&#232;s que leur "propri&#233;t&#233; cr&#233;atrice" n'&#233;tait pas respect&#233;e (puisque la station de radio ne devait pas les payer pour la cr&#233;ation qu'elle diffusait), le Congr&#232;s a rejet&#233; leur revendication. Un profit indirect &#233; tait assez.	
							</text>
						</object>
						<object id="323">
							<ocn>323</ocn>
							<text class="norm">	
								La t&#233;l&#233;vision c&#226;bl&#233;e a suivi le mod&#232;le des albums CD. Quand les cours ont rejet&#233; la revendication affirmant que les cha&#238;nes c&#226;bl&#233;es devaient payer pour le contenu qu'elles &#233; mettaient, le Congr&#232;s a r&#233;pondu en donnant aux cha&#238;nes un droit &#224; la compensation, mais &#224; un niveau fix&#233; par la loi. Il a de la m&#234;me fa&#231;on donn&#233; aux soci&#233;t&#233;s du c&#226;ble le droit du contenu, tant qu'elles payaient le prix statutaire.	
							</text>
						</object>
						<object id="324">
							<ocn>324</ocn>
							<text class="norm">	
								Ce compromis, comme le compromis affectant les enregistrements et les pianos m&#233;caniques, a servi deux buts importants - en fait, les deux buts centraux de n'importe quelle l&#233;gislation sur le Copyright. Premi&#232;rement, la loi a assur&#233; que les nouveaux innovateurs auraient la libert&#233; de d&#233;velopper de nouvelles fa&#231;ons de livrer leur travail. Deuxi&#232;mement, la loi a assur&#233; que les d&#233;tenteurs de Copyright seraient pay&#233;s pour le contenu qui a &#233; t&#233; distribu&#233;. Une crainte &#233; tait que si le Congr&#232;s exigeait simplement de la t&#233;l&#233;vision par c&#226;ble qu'elle paie les d&#233;tenteurs de Copyright quelle que soit leur demande pour leur contenu, alors ces d&#233;tenteurs associ&#233;s aux cha&#238;nes utiliseraient leur pouvoir pour &#233; touffer cette nouvelle technologie, le c&#226;ble. Mais si le Congr&#232;s avait permis au c&#226;ble d'utiliser le contenu des cha&#238;nes gratuitement, alors il aurait injustement subventionn&#233; le c&#226;ble. Ainsi le Congr&#232;s a choisi un chemin qui assurerait la compensation sans donner le contr&#244;le pass&#233; (des cha&#238;nes) &#224; l'avenir (le c&#226;ble).	
							</text>
						</object>
						<object id="325">
							<ocn>325</ocn>
							<text class="norm">	
								La m&#234;me ann&#233;e o&#250; le Congr&#232;s a statu&#233; cet &#233; quilibre, deux producteurs et distributeurs principaux de films ont intent&#233; un proc&#232;s contre une autre technologie, l'enregistreur de bande vid&#233;o (VTR [NDT: pour Video Tape Recorder], ou comme nous leur faisons r&#233;f&#233;rence aujourd'hui, les magn&#233;toscopes) que Sony avait produit, le Betamax. Les revendications de Disney et Universal contre Sony &#233; taient relativement simples : Sony a produit un appareil, selon Disney et Universal, qui a permis aux consommateurs de s'engager dans une infraction au Copyright. Parce que le dispositif que Sony avait construit avait un bouton "record", l'appareil pourrait &#234; tre utilis&#233; pour enregistrer des films et des spectacles prot&#233;g&#233;s par Copyright. Sony profitait donc de l'infraction au Copyright de ses clients. Il devrait donc, d'apr&#232;s les revendications de Disney et Universal, &#234; tre partiellement responsable de cette infraction.	
							</text>
						</object>
						<object id="326">
							<ocn>326</ocn>
							<text class="norm">	
								Il y avait quelque chose de valable dans la revendication de Disney et Universal. Sony avait vraiment d&#233;cid&#233; de concevoir sa machine pour faire en sorte qu'il soit tr&#232;s simple d'enregistrer des &#233; missions t&#233;l&#233;vis&#233;es. Il aurait pu avoir construit une machine qui bloque ou interdise n'importe quelle reproduction directe d'une &#233; mission de t&#233;l&#233;vision. Ou probablement, il aurait pu avoir construit une machine que ne puisse seulement copier s'il y avait un signal sp&#233;cial "Copiez moi" sur la ligne. Il &#233; tait clair qu'il y avait beaucoup d'&#233;missions t&#233;l&#233;vis&#233;es qui n'auraient pas encourag&#233; la possibilit&#233; de copier. En effet, si quelqu'un avait demand&#233;, la majorit&#233; d'&#233;missions n'aurait sans doute pas autoris&#233; la copie. Et face &#224; cette pr&#233;f&#233;rence &#233; vidente, Sony aurait pu avoir con&#231;u son syst&#232;me pour r&#233;duire au minimum les opportunit&#233;s d'infraction au Copyright. Il ne l'a pas fait et pour cela, Disney et Universal ont voulu le tenir responsable de l'architecture qu'il a choisie.	
							</text>
						</object>
						<object id="327">
							<ocn>327</ocn>
							<text class="norm">	
								Le pr&#233;sident de MPAA, Jack Valenti, est devenu le champion le plus loquace des studios. Valenti a appel&#233; les VCRs "les vers de cassettes" [NDT : litt&#233;ralement les "vers solitaires"]. Il a averti "Quand il y aura 20, 30, 40 millions de ces magn&#233;toscopes sur la Terre, nous serons envahis par des millions de ces 'vers solitaires', rongeant le coeur et l'essence m&#234;me du plus pr&#233;cieux atout qu'un d&#233;tenteur de Copyright a, son Copyright"18."On n'a pas besoin d'&#234;tre form&#233; au marketing sophistiqu&#233; et au jugement de cr&#233;ateur", a-t'il dit au Congr&#232;s, "pour comprendre la d&#233;vastation sur le march&#233; cin&#233;matographique caus&#233;e par des centaines de millions d'enregistrements sur bande qui seront un impact d&#233;favorable sur l'avenir de la communaut&#233; cr&#233;atrice dans ce pays. C'est simplement une question d'&#233;conomie de base et d'un bon sens total"19. En effet, comme des sondages le montreraient plus tard, 45 pour cent des propri&#233;taires de magn&#233;toscope auraient une biblioth&#232;que de films de dix vid&#233;os ou plus20 - une utilisation que la Cour aurait plus tard consid&#233;r&#233;e comme non "acceptable". En "autorisant les propri&#233;taires de magn&#233;toscope &#224; copier librement par le biais d'une exemption aux infractions de Copyright sans cr&#233;er un m&#233;canisme pour indemniser des d&#233;tenteurs de Copyright", a t&#233;moign&#233; Valenti, le Congr&#232;s "prendrait aux propri&#233;taires l'essence m&#234;me de leur propri&#233;t&#233; : le droit exclusif de contr&#244;ler qui peut utiliser leur travail, c'est-&#224;-dire qui peut le copier et qui profite ainsi de la reproduction"21.	
							</text>
						</object>
						<object id="328">
							<ocn>328</ocn>
							<text class="norm">	
								Cela a pris huit ans dans ce cas pour &#234; tre r&#233;solu par la Cour supr&#234;me. En int&#233;rim, la neuvi&#232;me cour d'appel r&#233;gionale, qui inclut Hollywood dans sa juridiction - le Juge principal Alex Kozinski, qui est assis &#224; cette cour, s'y r&#233;f&#232;re comme "le Circuit de Hollywood" - a tenu &#224; ce que Sony soit responsable de l'infraction du Copyright rendu possible par ses machines. Conform&#233;ment au r&#232;glement de la neuvi&#232;me cour, cette technologie totalement famili&#232;re - que Jack Valenti avait appel&#233; "l'&#201;gorgeur de Boston de l'industrie cin&#233;matographique am&#233;ricaine" (pire encore, c'&#233;tait un &#201; gorgeur de Boston japonais de l'industrie cin&#233;matographique am&#233;ricaine) - &#233; tait une technologie ill&#233;gale22.	
							</text>
						</object>
						<object id="329">
							<ocn>329</ocn>
							<text class="norm">	
								Mais la Cour supr&#234;me a chang&#233; compl&#232;tement la d&#233;cision de la neuvi&#232;me cour d'appel.	
							</text>
						</object>
						<object id="330">
							<ocn>330</ocn>
							<text class="norm">	
								Et dans son renversement, la Cour a clairement articul&#233; sa compr&#233;hension sur quand et si les cours devraient intervenir dans de telles diff&#233;rends. Comme la Cour a &#233; crit,	
							</text>
						</object>
						<object id="331">
							<ocn>331</ocn>
							<text class="indent1">	
								La politique raisonn&#233;e, aussi bien que l'histoire, soutient notre d&#233;f&#233;rence coh&#233;rente au Congr&#232;s quand des innovations technologiques principales changent le march&#233; pour des documents prot&#233;g&#233;s par le Copyright. Le congr&#232;s a l'autorit&#233; constitutionnelle et la capacit&#233; institutionnelle d'accommoder enti&#232;rement les permutations diverses des int&#233;r&#234;ts rivaux qui sont in&#233;vitablement impliqu&#233;s par de telles technologie nouvelles23.	
							</text>
						</object>
						<object id="332">
							<ocn>332</ocn>
							<text class="norm">	
								On a demand&#233; au congr&#232;s de r&#233;pondre &#224; la d&#233;cision de la Cour supr&#234;me. Mais comme avec la r&#233;clamation des artistes qui enregistraient &#224; propos des &#233; missions radiophoniques, le Congr&#232;s a ignor&#233; la demande. Le congr&#232;s &#233; tait convaincu que le film am&#233;ricain avait eu assez, malgr&#233; cette "appropriation".	
							</text>
						</object>
						<object id="333">
							<ocn>333</ocn>
							<text class="norm">	
								Si nous pla&#231;ons ces cas ensembles, une structure est claire :	
							</text>
						</object>
						<object id="334">
							<ocn>334</ocn>
							<text class="table">	
								CAS┆DE QUI LA VALEUR ETAIT "PIRATEE"┆REPONSE DES COURS┆REPONSE DU CONGRES』Enregistrements┆Compositeurs┆Pas de protection┆Licence statutaire』Radio┆Artistes enregistr&#233;s┆-┆Rien』C&#226;ble TV┆Cha&#238;nes de TV┆Pas de protection┆Licence statutaire』Magn&#233;toscopes┆Cr&#233;ateurs de film┆Pas de protection┆Rien』	
							</text>
						</object>
						<object id="335">
							<ocn>335</ocn>
							<text class="norm">	
								Dans chaque cas &#224; travers notre histoire, une nouvelle technologie a chang&#233; la fa&#231;on dont les contenus ont &#233; t&#233; distribu&#233;s24. Dans chaque cas, partout dans notre histoire, ce changement a signifi&#233; que quelqu'un a obtenu "un tour gratuit" sur le travail de quelqu'un d'autre.	
							</text>
						</object>
						<object id="336">
							<ocn>336</ocn>
							<text class="norm">	
								Dans aucun de ces cas, ni les cours, ni le Congr&#232;s n'&#233;liminent tous ces "voyages gratuits". Dans aucun de ces cas, ni les cours, ni le Congr&#232;s n'insistent pour que la loi doive assurer que le d&#233;tenteur du Copyright obtienne toute la valeur que son Copyright a cr&#233;&#233;e. Dans chaque cas, les d&#233;tenteurs de Copyright se sont plaints de ce "piratage". Dans chaque cas, le Congr&#232;s a agi pour reconna&#238;tre un peu de l&#233;gitimit&#233; dans le comportement des "pirates". Dans chaque cas, le Congr&#232;s a permis &#224; un peu de nouvelle technologie de profiter du contenu fait auparavant. Il a &#233; quilibr&#233; les int&#233;r&#234;ts en jeu.	
							</text>
						</object>
						<object id="337">
							<ocn>337</ocn>
							<text class="norm">	
								Quand vous pensez &#224; travers ces exemples et les autres exemples qui composent les quatre premiers chapitres de cette section, cet &#233; quilibre signifie quelque chose. Est-ce que Walt Disney &#233; tait un pirate ? Les Doujinshi seraient-ils meilleurs si les cr&#233;ateurs avaient d&#252; demander la permission ? Les outils qui permettent &#224; d'autres de capturer et de diffuser des images comme une fa&#231;on de cultiver ou critiquer notre culture devraient-ils &#234; tre mieux r&#233;gul&#233;s ? Est-ce qu'il est vraiment juste que la construction d'un moteur de recherche vous expose &#224; 15 millions de dollars de dommages et int&#233;r&#234;ts ? Est-ce que cela aurait &#233; t&#233; meilleur si Edison avait contr&#244;l&#233; le film ? Chaque orchestre devrait-il embaucher un avocat pour obtenir la permission d'enregistrer une chanson ?	
							</text>
						</object>
						<object id="338">
							<ocn>338</ocn>
							<text class="norm">	
								Nous pourrions r&#233;pondre oui &#224; chacune de ces questions, mais notre tradition a r&#233;pondu non. Dans notre tradition, comme la Cour supr&#234;me l'a expos&#233;, le Copyright "n'a jamais accord&#233; le contr&#244;le complet au d&#233;tenteur du Copyright sur toutes les utilisations possibles de son travail"25. Au lieu de cela, les utilisations particuli&#232;res que la loi r&#233;gule ont &#233; t&#233; d&#233;finies en &#233; quilibrant le bienfait qui vient en accordant un droit exclusif contre les fardeaux qu'un tel droit si exclusif cr&#233;e. Et cet &#233; quilibre a historiquement &#233; t&#233; fait "apr&#232;s" qu'une technologie ait m&#252;ri, ou se soit install&#233;e dans le m&#233;lange des technologies qui facilitent la distribution de contenus.	
							</text>
						</object>
						<object id="339">
							<ocn>339</ocn>
							<text class="norm">	
								Nous devrions faire la m&#234;me chose aujourd'hui. La technologie Internet change rapidement. La mani&#232;re dont les gens se connectent &#224; Internet (filaire et sans-fil) change tr&#232;s rapidement. Il n'y a aucun doute que le r&#233;seau devienne un outil pour "voler" les artistes. Mais la loi ne devrait pas non plus devenir un outil pour soustraire dans une voie particuli&#232;re la fa&#231;on dont les artistes (ou plus exactement les distributeurs) sont pay&#233;s. Comme je le d&#233;cris en d&#233;tail dans le dernier chapitre de ce livre, nous devrions garantir un revenu aux artistes tandis que nous permettrions au march&#233; de s&#233;curiser la fa&#231;on la plus efficace de promouvoir et distribuer le contenu. Cela exigera des changements de loi, au moins de fa&#231;on int&#233;rimaire. Ces changements devraient &#234; tre con&#231;us pour &#233; quilibrer la protection de la loi et le fort int&#233;r&#234;t public que l'innovation maintient.	
							</text>
						</object>
						<object id="340">
							<ocn>340</ocn>
							<text class="norm">	
								C'est particuli&#232;rement vrai quand une nouvelle technologie permet un mode &#233; norm&#233;ment sup&#233;rieur de distribution. Et c'est ce qu'a fait le p2p. La technologie p2p peut &#234; tre id&#233;alement efficace pour d&#233;placer un contenu &#224; travers un r&#233;seau tr&#232;s divers. Une fois d&#233;velopp&#233;, il pourrait rendre le r&#233;seau bien plus efficace. Pourtant ces "avantages publics potentiels", comme l'&#233;crit John Schwartz dans le New-York Times, " "pourraient &#234; tre retard&#233;s dans le combat contre le P2P"26.	
							</text>
						</object>
						<object id="341">
							<ocn>341</ocn>
							<text class="norm">	
								Pourtant quand quelqu'un commence &#224; parler "de l'&#233;quilibre", les guerriers du Copyright l&#232;vent un argument diff&#233;rent. "Toute cet aspect brandissant &#233; quilibre et motivations," disent-ils, "ignore un point fondamental. Notre contenu", insistent les guerriers, "est notre propri&#233;t&#233;. Pourquoi devrions-nous attendre le Congr&#232;s pour 'r&#233;&#233;quilibrer' nos droits de propri&#233;t&#233; ? Devez-vous attendre avant d'appeler la police quand votre voiture a &#233; t&#233; vol&#233;e ? Et pourquoi le Congr&#232;s devrait-il d&#233;lib&#233;rer des m&#233;rites de ce vol ? Demandons nous si le voleur de voiture avait une bonne utilisation pour la voiture avant que nous ne l'arr&#234;tions ?"	
							</text>
						</object>
						<object id="342">
							<ocn>342</ocn>
							<text class="norm">	
								"C'est notre propri&#233;t&#233;" insistent les guerriers. "Et cela devrait &#234; tre prot&#233;g&#233; comme n'importe quelle autre propri&#233;t&#233; est prot&#233;g&#233;e".	
							</text>
						</object>
					</content>
	</contents2>
	</contents1>
	</heading2>
	<heading2>
		<heading>
			<object id="343">
				<ocn>343</ocn>
				<text class="heading_section_2">Propri&#233;t&#233;</text>
			</object>
		</heading>
						<object id="344">
							<ocn>344</ocn>
							<text class="norm">	
								Les guerriers du copyright ont raison: Un copyright est une forme de propri&#233;t&#233;. Il peut &#234; tre d&#233;tenu et vendu, et la loi prot&#232;ge contre son vol. En g&#233;n&#233;ral, le d&#233;tenteur d'un copyright peut choisir de l'exercer au prix qu'il lui pla&#238;t. Les march&#233;s font jouer l'offre et la demande, qui d&#233;terminent en partie le prix qu'il peut en obtenir.	
							</text>
						</object>
						<object id="345">
							<ocn>345</ocn>
							<text class="norm">	
								Mais, en langage ordinaire, appeler un copyright une "propri&#233;t&#233;" est un peu confus, car la propri&#233;t&#233; li&#233;e au copyright est d'un type bien inhabituel. En effet, l'id&#233;e m&#234;me de poss&#233;der une id&#233;e ou une expression est tr&#232;s inhabituelle. Je sais ce que je prends si je prends la table de pique-nique que vous avez mise au fond de votre jardin. Je prends un objet, la table de pique-nique, et une fois que je l'ai prise, vous ne l'avez plus. Mais qu'est-ce que je prends, si je prends la bonne id&#233;e que vous avez eue de mettre une table de pique-nique dans votre jardin -- par exemple, en allant acheter une table chez Sears, et en la mettant au fond de mon jardin? Quelle est dans ce cas la chose que je prends?	
							</text>
						</object>
						<object id="346">
							<ocn>346</ocn>
							<text class="norm">	
								La diff&#233;rence ne tient pas seulement au fait que les tables de pique-nique sont des objets physiques et non pas des id&#233;es, bien que cette diff&#233;rence soit importante. La diff&#233;rence tient au fait que dans la plupart des cas--en fait, dans pratiquement tous les cas &#224; l'exception d'un nombre restreint d'exceptions--les id&#233;es sont libres. Je ne vous prends rien si je copie votre mani&#232;re de vous habiller--bien que je risque de passer pour quelqu'un de bizarre si je le fais tous les jours, surtout si vous &#234; tes une femme. Au contraire, comme disait Thomas Jefferson (et ceci est particuli&#232;rement vrai si je copie la mani&#232;re dont quelqu'un s'habille), "Celui qui recoit une id&#233;e de moi, recoit une instruction sans diminuer la mienne; de m&#234;me que celui qui allume sa chandelle &#224; la mienne, recoit de la lumi&#232;re sans me faire de l'ombre."1	
							</text>
						</object>
						<object id="347">
							<ocn>347</ocn>
							<text class="norm">	
								Les exceptions &#224; l'usage libre sont les id&#233;es et expressions couverts par la loi des brevets et du copyright, et quelques autres cas que je n'aborderai pas ici. Dans ce cas la loi stipule que vous ne pouvez pas prendre mon id&#233;e ou expression sans ma permission: La loi transforme l'impalpable en propri&#233;t&#233;.	
							</text>
						</object>
						<object id="348">
							<ocn>348</ocn>
							<text class="norm">	
								Mais comment, jusqu'&#224; quel point, et sous quelle forme--les d&#233;tails, en d'autres termes-- ont ici leur importance. Afin de bien comprendre comment est apparu cet exercice de transformation de l'impalpable en propri&#233;t&#233;, il nous faut replacer cette "propri&#233;t&#233;" dans son contexte.2	
							</text>
						</object>
						<object id="349">
							<ocn>349</ocn>
							<text class="norm">	
								Pour cel&#224;, ma strat&#233;gie sera la m&#234;me que dans la partie pr&#233;c&#233;dente. Je propose quatre anecdotes, afin d'aider &#224; replacer dans son contexte l'id&#233;e que "le copyright est une propri&#233;t&#233;". D'o&#250; cette id&#233;e est-elle venue? Quelles sont ses limites? Comment s'applique-t'elle en pratique? Apr&#232;s ces anecdotes, le sens de cette assertion--"le copyright est une propri&#233;t&#233;"--sera un peu plus clair, et ses implications appara&#238;tront bien diff&#233;rentes de celles que les guerriers du copyright voudraient bien nous faire accepter.	
							</text>
						</object>
			<contents1>
				<heading>
					<object id="350">
						<ocn>350</ocn>
						<nametag>_6</nametag>
						<text class="heading_content_1">Fondateurs</text>
					</object>
				</heading>
					<content>
						<object id="351">
							<ocn>351</ocn>
							<text class="norm">	
								William Shakespeare a &#233; crit Romeo et Juliette en 1595. La pi&#232;ce fut publi&#233;e pour la premi&#232;re fois en 1597. C'&#233;tait la onzi&#232;me grande pi&#232;ce de th&#233;&#226;tre &#233; crite par Shakespeare. Il continua d'&#233;crire des pi&#232;ces jusqu'en 1613, et les pi&#232;ces qu'il a &#233; crites depuis lors ont d&#233;fini la culture anglo-am&#233;ricaine. Les oeuvres de cet &#233; crivain du seizi&#232;me si&#232;cle ont impr&#233;gn&#233; notre culture si profond&#233;ment que souvent nous n'en reconnaissons m&#234;me plus la source. J'ai entendu un jour quelqu'un faire ce commentaire au sujet de l'adaptation de Henri V par Kenneth Branagh : "J'ai aim&#233;, mais Shakespeare contient tellement de clich&#233;s."	
							</text>
						</object>
						<object id="352">
							<ocn>352</ocn>
							<text class="norm">	
								En 1774, presque 180 ans apr&#232;s que Romeo et Juliette fut &#233; crit, le "copy-right" de la pi&#232;ce &#233; tait toujours, pour beaucoup, le droit exclusif d'un unique &#233; diteur londonien, Jacob Tonson.1 Tonson &#233; tait le plus en vue d'un petit groupe d'&#233;diteurs appel&#233; les Conger.2 qui contr&#244;laient les ventes de livres en Angleterre au dix-huiti&#232;me si&#232;cle. Les Conger pr&#233;tendaient avoir un droit perp&#233;tuel de contr&#244;ler la "copie" de livres qu'ils avaient acquis aupr&#232;s de leurs auteurs. Ce droit perp&#233;tuel signifiait que personne d'autre ne pouvait publier de copies d'un livre dont ils d&#233;tenaient les droits. Les classiques &#233; taient maintenus &#224; des prix &#233; lev&#233;s: la comp&#233;tition, qui aurait pu produire des &#233; ditions meilleures ou moins ch&#232;res, &#233; tait &#233; limin&#233;e.	
							</text>
						</object>
						<object id="353">
							<ocn>353</ocn>
							<text class="norm">	
								Maintenant, l'ann&#233;e 1774 a quelque chose d'&#233;tonnant, pour qui s'y conna&#238;t un peu en loi sur le droit d'auteur. L'ann&#233;e la plus connue dans l'histoire du droit d'auteur est 1710, ann&#233;e o&#250; le Parlement anglais adopta la premi&#232;re loi de "copyright". Connue sous le nom de Statut d'Anne, cette loi stipulait que tout travail publi&#233; serait plac&#233; sous copyright pour quatorze ann&#233;es, renouvelables une fois si l'auteur &#233; tait vivant, et que tout travail publi&#233; avant 1710 serait prot&#233;g&#233; pour une dur&#233;e additionnelle unique de vingt-et-une ann&#233;es.3 Selon cette loi, Romeo et Juliette aurait du &#234; tre libre de droits en 1731. Pourquoi, dans ce cas, la question de savoir si il &#233; tait sous le contr&#244;le de Tonson se posait-elle toujours en 1774?	
							</text>
						</object>
						<object id="354">
							<ocn>354</ocn>
							<text class="norm">	
								La raison est que les Anglais ne s'&#233;taient pas encore mis d'accord sur ce qu'&#233;tait un "copy-right"--en fait personne ne l'avait fait. A l'&#233;poque o&#250; les Anglais passaient le Statut d'Anne, il n'y avait aucune autre l&#233;gislation gouvernant le droit d'auteur. La derni&#232;re loi r&#233;gulant l'activit&#233; des &#233; diteurs, le Licensing Act de 1662, avait expir&#233; en 1695. Cette loi donnait aux &#233; diteurs un monopole sur la publication, afin de faciliter le contr&#244;le de ce qui &#233; tait publi&#233; par la Couronne. Mais apr&#232;s son expiration, il n'y avait pas de loi positive qui r&#233;servait aux &#233; diteurs, ou "Stationers", un droit exclusif d'imprimer des livres.	
							</text>
						</object>
						<object id="355">
							<ocn>355</ocn>
							<text class="norm">	
								Qu'il n'y ait pas eu de loi positive ne veut pas dire qu'il n'y avait pas de loi du tout. La tradition l&#233;gale anglo-am&#233;ricaine tient compte &#224; la fois des l&#233;gislateurs et des jurisprudences, afin de savoir quelles lois doivent gouverner les comportements. Nous appelons "loi positive" les lois pass&#233;es par le l&#233;gislateur. Nous appelons "loi commune" les jurisprudences. La loi commune d&#233;finit le cadre dans lequel le l&#233;gislateur passe ses lois. Le l&#233;gislateur, d'ordinaire, ne peut sortir de ce cadre que s'il passe une loi pour en changer. Et donc la vraie question, une fois que le statut avait expir&#233;, &#233; tait de savoir si la loi commune pouvait prot&#233;ger un copyright, ind&#233;pendemment de toute loi positive.	
							</text>
						</object>
						<object id="356">
							<ocn>356</ocn>
							<text class="norm">	
								Cette question &#233; tait importants pour les &#233; diteurs, ou "libraires", comme ils &#233; taient appel&#233;s, car il y avait une comp&#233;tition croissante de la part d'&#233;diteurs &#233; trangers. Les Ecossais, en particulier, publiaient et exportaient de plus en plus de livres vers l'Angleterre. Cette comp&#233;tition r&#233;duisait les profits des Conger, qui r&#233;agirent en demandant au Parlement de passer une loi qui leur rende le contr&#244;le exclusif de la publication. Cette demande aboutit finalement au Statut d'Anne.	
							</text>
						</object>
						<object id="357">
							<ocn>357</ocn>
							<text class="norm">	
								Le Statut d'Anne accordait &#224; l'auteur ou au "propri&#233;taire" d'un livre le droit exclusif d'imprimer ce livre. Cependant, au d&#233;sespoir des libraires, une limitation importante &#233; tait que la loi n'accordait ce droit au libraire que pour une dur&#233;e limit&#233;e. A la fin de cette dur&#233;e, le copyright "expirait", et l'oeuvre devenait libre et pouvait &#234; tre publi&#233;e par n'importe qui. Ou du moins, il semble que c'est ce que le l&#233;gislateur croyait.	
							</text>
						</object>
						<object id="358">
							<ocn>358</ocn>
							<text class="norm">	
								Maintenant, la question &#224; laquelle je souhaite que vous r&#233;fl&#233;chissiez un moment est la suivante: Pourquoi le Parlement avait-il limit&#233; ce droit exclusif ? La question n'est pas comment la limite fut choisie, mais pourquoi cette limite existait-elle ?	
							</text>
						</object>
						<object id="359">
							<ocn>359</ocn>
							<text class="norm">	
								Car les &#233; diteurs, et les auteurs qu'ils repr&#233;sentaient, avaient un argument tr&#232;s fort. Prenons par exemple Romeo et Juliette: Cette pi&#232;ce a &#233; t&#233; &#233; crite par Shakespeare. C'est son seul g&#233;nie qui lui a donn&#233; naissance. En cr&#233;ant cette pi&#232;ce, il n'a pris la propri&#233;t&#233; de personne (bien que ce point particulier soit sujet de controverses), pas plus qu'il n'a rendu plus difficile la cr&#233;ation d'autres pi&#232;ces. Pourquoi donc la loi autorise-t'elle quelqu'un &#224; prendre un jour la pi&#232;ce de Shakespeare, sans sa permission ni celle d'un de ses agents? Quelle raison y a-t'il &#224; laisser quelqu'un d'autre "voler" le travail de Shakespeare?	
							</text>
						</object>
						<object id="360">
							<ocn>360</ocn>
							<text class="norm">	
								La r&#233;ponse tient en deux parties. Premi&#232;rement, il nous faut savoir quelque chose de sp&#233;cial concernant la notion de "copyright" qui existait au temps du Statut d'Anne. Deuxi&#232;mement, nous devons comprendre quelque chose d'important au sujet de ces "libraires".	
							</text>
						</object>
						<object id="361">
							<ocn>361</ocn>
							<text class="norm">	
								Premi&#232;rement, au sujet du copyright. Au cours des trois cent derni&#232;res ann&#233;es, nous n'avons cess&#233; d'&#233;largir le champ d'application du concept de "droit d'auteur". Mais en 1710, il ne s'agissait pas tant d'un concept que d'un droit tr&#232;s particulier. Le droit d'auteur est n&#233; sous la forme d'un ensemble d'interdictions tr&#232;s sp&#233;cifiques: Il interdisait aux autres de reproduire un livre. En 1710, le "copy-right" &#233; tait le droit d'utiliser une machine particuli&#232;re afin de r&#233;pliquer un travail particulier. Il n'allait pas plus loin que ce droit tr&#232;s &#233; troit. Il ne contr&#244;lait pas la mani&#232;re dont une oeuvre pouvait &#234; tre utilis&#233;e. Aujourd'hui ce droit comporte une longue liste de restrictions de la libert&#233; des autres: Il accorde &#224; l'auteur le droit exclusif de copier, le droit exclusif de distribuer, le droit exclusif d'executer, etc.	
							</text>
						</object>
						<object id="362">
							<ocn>362</ocn>
							<text class="norm">	
								Ainsi, par exemple, m&#234;me si le copyright sur les oeuvres de Shakespeare &#233; tait &#233; ternel, tout ce que cel&#224; aurait voulu dire au sens original du terme, c'est que personne n'aurait pu r&#233;&#233;diter une oeuvre de Shakespeare sans la permission des ayant-droits. Cel&#224; n'aurait en rien contr&#244;l&#233;, par exemple, la mani&#232;re dont cette oeuvre aurait pu &#234; tre jou&#233;e, le fait qu'on puisse la traduire, ou que Kenneth Branagh soit autoris&#233; &#224; faire ses films. Le "copy-right" n'&#233;tait qu'un droit exclusif d'imprimer -- rien de moins, bien s&#252;r, mais aussi rien de plus.	
							</text>
						</object>
						<object id="363">
							<ocn>363</ocn>
							<text class="norm">	
								M&#234;me ce droit limit&#233; &#233; tait vu avec scepticisme par les Britanniques. Ces derniers avaient eu une exp&#233;rience longue et douloureuse des "droits exclusifs", surtout ceux garantis par la Couronne. Les Anglais avaient connu une guerre civile, en partie &#224; cause de la pratique qu'avait la Couronne d'octroyer des monopoles, surtout pour des oeuvres qui existaient d&#233;j&#224;. Le roi Henry VIII avait octroy&#233; une patente pour imprimer la Bible, et octroy&#233; &#224; Darcy le monopole d'imprimer des cartes &#224; jouer. Le parlement anglais commenca &#224; r&#233;sister &#224; ces pr&#233;rogatives de la Couronne. En 1656, il fit passer le Statut des Monopoles, qui limitait les monopoles aux brevets pour les inventions nouvelles. Et en 1710, le parlement &#233; tait impatient de s'occuper du monopole grandissant de l'&#233;dition.	
							</text>
						</object>
						<object id="364">
							<ocn>364</ocn>
							<text class="norm">	
								Ainsi le "copy-right; droit de copie", vu comme un droit monopolistique, &#233; tait naturellement vu comme un droit qui devait &#234; tre limit&#233;. (Aussi convainquant que soit l'argument "ceci est ma propri&#233;t&#233;, et devrait le rester pour toujours", essayez de rester convainquant en articulant "ceci est mon monopole, et devrait le rester pour toujours".) L'Etat prot&#233;geait les droits exclusifs, mais seulement dans la mesure o&#250; la soci&#233;t&#233; en b&#233;n&#233;ficiait. Les Anglais voyaient les torts qui r&#233;sultaient des traitements de faveur; ils avaient pass&#233; une loi pour les faire cesser.	
							</text>
						</object>
						<object id="365">
							<ocn>365</ocn>
							<text class="norm">	
								Ensuite, &#224; propos des libraires. Le probl&#232;me n'&#233;tait pas seulement que le copyright &#233; tait un monopole. Cela provenait aussi du fait que le monopole &#233; tait tenu par les libraires. De nos jours, ils nous semblent bizarres et sans dangers. Ils n'&#233;taient pas vus comme inoffensifs dans l'Angleterre du dix-septi&#232;me si&#232;cle. Les membres de la Congr&#233;gation &#233; taient de plus en plus vus comme des monopolistes de la pire esp&#232;ce -- les instruments de la r&#233;pression de la couronne, vendant la libert&#233; de l'Angleterre pour garantir leur propre profit. Les attaques contre ces monopolistes &#233; taient dures: Milton les d&#233;crit comme des "vieux titulaires de brevets et de monopolistes dans le march&#233; de ventes de livres"; ils &#233; taient "des hommes qui ne travaillent donc pas dans une profession honn&#234;te dans laquelle l'apprentissage est inutile."4	
							</text>
						</object>
						<object id="366">
							<ocn>366</ocn>
							<text class="norm">	
								Beaucoup croyaient que le pouvoir exerc&#233; par les libraires limitait la diffusion du savoir, juste au moment o&#250; les Lumi&#232;res enseignaient l'importance de l'&#233;ducation et de la diffusion de la connaissance en g&#233;n&#233;ral. L'id&#233;e que la connaissance devait &#234; tre libre fut un des jalons de l'&#233;poque et ces puissants int&#233;r&#234;ts commerciaux interf&#233;raient avec cette id&#233;e. Pour contrecarrer ce pouvoir, le Parlement d&#233;cida d'augmenter la comp&#233;tition parmi les libraires et la mani&#232;re la plus facile de le faire fut de favoriser la diffusion des livres les plus int&#233;ressants. Le Parlement d&#233;cida donc de limiter la dur&#233;e des copyrights et, par l&#224; m&#234;me, garantit que les livres int&#233;ressants pourraient &#234; tre ouverts &#224; la publication pour tous les libraires apr&#232;s un temps limit&#233;. La mise en place d'un terme de vingt et un ans pour le travail existant fut un compromis pour combattre la puissance des libraires. La limitation sur cette dur&#233;e &#233; taient une mani&#232;re indirecte d'assurer la comp&#233;tition parmi les libraires, donc la construction et la diffusion de la culture.	
							</text>
						</object>
						<object id="367">
							<ocn>367</ocn>
							<text class="norm">	
								N&#233;anmoins, en 1731 (1710 + 21), les libraires prirent peur. Ils voyaient les cons&#233;quences de plus de comp&#233;tition, et comme tout comp&#233;titeur, ils n'aimaient pas &#231; a. Ils commenc&#232;rent par ignorer le Statut d'Anne, en continuant d'insister sur leurs droits perp&#233;tuels de contr&#244;le de la publication. Mais en 1735 et 1737, ils tent&#232;rent de persuader le Parlement d'&#233;tendre leur dur&#233;es. Vingt et un ans ne leur suffisaient pas; ils avaient besoin de plus de temps.	
							</text>
						</object>
						<object id="368">
							<ocn>368</ocn>
							<text class="norm">	
								Le Parlement rejeta leurs requ&#234;tes. Ces mots d'un pamphl&#233;taire de l'&#233;poque font echo &#224; la situation actuelle:	
							</text>
						</object>
						<object id="369">
							<ocn>369</ocn>
							<text class="indent1">	
								Je ne vois aucune raison pour accorder une prolongation suppl&#233;mentaire aujourd'hui, qui ne serait l&#224; que pour &#234; tre prolong&#233;e encore et encore, au fur et &#224; mesure que les termes pr&#233;cedents expirent; si cette loi devait passer, elle &#233; tablirait de fait un monopole perp&#233;tuel, une chose justement odieuse au regard de la loi; ce serait une grande entrave au commerce, un d&#233;couragement de l'apprentissage, sans aucun b&#233;n&#233;fice pour les auteurs mais un imp&#244;t g&#233;n&#233;ral sur le public; et tout ceci pour seulement augmenter les gains priv&#233;s des libraires.5	
							</text>
						</object>
						<object id="370">
							<ocn>370</ocn>
							<text class="norm">	
								Ayant &#233; chou&#233; au Parlement, les &#233; diteurs se tourn&#232;rent vers les tribunaux, dans une s&#233;rie de proc&#232;s. Leur argument &#233; tait simple et direct: le Statut d'Anne donnait aux auteurs certaines protections au travers d'une loi mais ces protections n'&#233;taient pas destin&#233;es &#224; remplacer la loi habituelle. Elles &#233; taient destin&#233;es simplement &#224; compl&#233;ter la loi habituelle. Sous cette loi, il &#233; tait d&#233;j&#224; interdit de prendre la &#171; propri&#233;t&#233; &#187; cr&#233;ative d'une autre personne et de l'utiliser sans sa permission. Le Statut d'Anne n'y a rien chang&#233;, dirent les libraires. C'est pourquoi, selon eux, lorsque le Statut d'Anne a expir&#233;, cela ne signifiait pas que les protections de la loi habituelle aient expir&#233;: Selon cette loi, ils avaient le droit d'interdire la publication d'un livre, m&#234;me si le Statut d'Anne avait expir&#233;. C'&#233;tait, selon eux, la seule mani&#232;re de prot&#233;ger les auteurs.	
							</text>
						</object>
						<object id="371">
							<ocn>371</ocn>
							<text class="norm">	
								C'&#233;tait un argument astucieux, un de ceux qui avaient le soutien des principaux juristes de l'&#233;poque. Il d&#233;montrait aussi une extraordinaire perversit&#233;. Jusqu'alors, comme l'a &#233; crit le professeur de droit Raymond Patterson, "Les &#233; diteurs ... avaient autant d'&#233;gards pour les auteurs qu'un fermier en a pour son b&#233;tail."6 Les libraires ne pr&#234;taient aucune attention aux droits des auteurs. Leur seule pr&#233;occupation &#233; tait le profit monopolistique qu'ils pouvaient tirer du travail des auteurs.	
							</text>
						</object>
						<object id="372">
							<ocn>372</ocn>
							<text class="norm">	
								L'argument des libraires ne fut pas accept&#233; sans dispute. Le principal protagoniste de cette dispute &#233; tait un libraire &#233; cossais nomm&#233; Alexander Donaldson.7	
							</text>
						</object>
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							<ocn>373</ocn>
							<text class="norm">	
								Donaldson ne faisait pas partie des Conger de Londres. Il commen&#231;a sa carri&#232;re &#224; Edimbourg en 1750. Son commerce &#233; tait concentr&#233; sur les r&#233;&#233;ditions bon march&#233; d'"oeuvres standard dont la dur&#233;e de copyright avait expir&#233;", du moins selon le Statut d'Anne.8 La maison d'&#233;dition de Donaldson prosp&#233;ra et devint "quelque chose comme un centre pour Ecossais instruits."	
							</text>
						</object>
						<object id="374">
							<ocn>374</ocn>
							<text class="norm">	
								"Parmi eux," &#233; crit le professeur Mark Rose, se trouvait "le jeune James Boswell qui, avec son ami Andrew Erskine, publia avec Donaldson une anthologie de po&#232;mes Ecossais contemporains."9	
							</text>
						</object>
						<object id="375">
							<ocn>375</ocn>
							<text class="norm">	
								Quand les libraires de Londres tent&#232;rent de fermer la boutique de Donaldson en Ecosse, il r&#233;pliqua en d&#233;m&#233;nageant sa boutique &#224; Londres, o&#250; il vendit des &#233; ditions bon march&#233; "des livres anglais les plus populaires, d&#233;fiant ainsi la loi commune sur la propri&#233;t&#233; litt&#233;raire."10 Ses livres &#233; taient 30 &#224; 50 pour cent moins chers que ceux des Conger, et il justifiait son droit de leur faire comp&#233;tition par le fait que, selon le statut d'Anne, les oeuvres qu'ils vendait &#233; taient sorties du domaine prot&#233;g&#233;.	
							</text>
						</object>
						<object id="376">
							<ocn>376</ocn>
							<text class="norm">	
								Les libraires de Londres donn&#232;rent rapidement suite, afin d'emp&#234;cher un tel "piratage". Un certain nombre d'actions contre les "pirates" r&#233;ussirent, la plus importante victoire &#233; tant celle de Millar contre Taylor.	
							</text>
						</object>
						<object id="377">
							<ocn>377</ocn>
							<text class="norm">	
								Millar &#233; tait un libraire, qui en 1729 avait acquis les droits sur le po&#232;me "The Seasons" de James Thomson. Millar r&#233;pondait aux exigences du Statut d'Anne, et re&#231;ut donc la protection compl&#232;te pr&#233;vue par le statut. Apr&#232;s que la dur&#233;e du copyright fut &#233; coul&#233;e, Robert Taylor commen&#231;a &#224; imprimer une &#233; dition concurrente. Millar le poursuivit, arguant d'un droit perpetuel selon la loi commune, quoi qu'en dise le Statut d'Anne11.	
							</text>
						</object>
						<object id="378">
							<ocn>378</ocn>
							<text class="norm">	
								A l'&#233;tonnement des juristes modernes, un des plus grands juges de l'histoire anglaise, Lord Mansfield, approuva les libraires. Quelle que soit la protection accord&#233;e par le Statut d'Anne aux libraires, ce dernier n'annulait en aucun cas les droits d&#233;coulant de la loi commune. La question &#233; tait de savoir si la loi commune prot&#233;geait l'auteur contre les "pirates". La r&#233;ponse de Mansfield fut oui: La loi commune emp&#234;chait Taylor de r&#233;imprimer le po&#232;me de Thomson sans la permission de Millar. Cette loi commune donnait donc effectivement aux libraires un droit perpetuel de contr&#244;ler la publication de tout livre leur &#233; tant assign&#233;.	
							</text>
						</object>
						<object id="379">
							<ocn>379</ocn>
							<text class="norm">	
								Consid&#233;r&#233; comme un probl&#232;me de justice abstraite, en raisonnant comme si la justice n'&#233;tait qu'affaire de d&#233;duction logique en partant de principes de base, la conclusion de Mansfield peut sembler juste. Mais ce qu'elle ne prenait pas en compte, c'&#233;tait le probl&#232;me plus vaste que le Parlement avait eu &#224; r&#233;soudre en 1710: Comment limiter au mieux le monopole des &#233; diteurs? La strat&#233;gie du Parlement avait &#233; t&#233; d'offrir une dur&#233;e de protection pour les travaux existants qui &#233; tait assez longue pour acheter la paix en 1710, mais assez courte pour assurer que la culture passe dans le domaine de la concurrence au bout d'un temps raisonnable. En vingt et un ans, pensait le Parlement, la Grande Bretagne passerait du syst&#232;me de culture contr&#244;l&#233;e voulu par la couronne, &#224; la culture libre dont nous avons h&#233;rit&#233;.	
							</text>
						</object>
						<object id="380">
							<ocn>380</ocn>
							<text class="norm">	
								Cependant, le combat pour d&#233;fendre les limites impos&#233;es par le Statut d'Anne ne devait pas se terminer l&#224;, et c'est ici que Donaldson entre dans la dance.	
							</text>
						</object>
						<object id="381">
							<ocn>381</ocn>
							<text class="norm">	
								Millar mourut peu apr&#232;s sa victoire, il ne fut donc pas fait appel. Son agent vendit les po&#232;mes de Thomson &#224; une association d'imprimeurs, dont Thomas Beckett faisait partie.12 Donaldson publia ensuite une &#233; dition non autoris&#233;e des oeuvres de Thomson. Beckett, fort de la d&#233;cision prise dans l'affaire Millar, obtint une injonction &#224; l'encontre de Donaldson. Donaldson fit appel devant la Chambre des Lords, qui fonctionnait comme notre Cour Supr&#234;me. En f&#233;vrier 1774, cette chambre eut l'occasion d'interpr&#233;ter la signification des limites d&#233;cid&#233;es par le Parlement soixante ans plus t&#244;t.	
							</text>
						</object>
						<object id="382">
							<ocn>382</ocn>
							<text class="norm">	
								Fait plut&#244;t rare en mati&#232;re de loi, l'affaire Donaldson contre Beckett attira une attention immense dans toute la Grande-Bretagne. Les avocats de Donaldson soutinrent que quels que soient les droits qui avaient pu exister sous la loi commune, le Statut d'Anne les rendait obsol&#232;tes. Apr&#232;s l'adoption du Statut d'Anne, la seule protection l&#233;gale pour un droit exclusif de contr&#244;ler nue publication devait venir de ce statut. Donc, disaient-ils, une fois que la dur&#233;e specifi&#233;e dans le Statut d'Anne &#233; tait &#233; coul&#233;e, les oeuvres qui avait &#233; t&#233; prot&#233;g&#233;es par ce statut n'&#233;taient plus prot&#233;g&#233;es.	
							</text>
						</object>
						<object id="383">
							<ocn>383</ocn>
							<text class="norm">	
								La Chambre des Lords &#233; tait une institution &#233; trange. Les questions l&#233;gales &#233; taient soumises &#224; la Chambre, et les "lords de la loi", membres d'une distinction sp&#233;ciale qui fonctionnait beaucoup comme les juges de notre Cour Supr&#234;me, votaient en premier. Ensuite, une fois que les lords de la loi avaient vot&#233;, la Chambre des Lords votait au complet.	
							</text>
						</object>
						<object id="384">
							<ocn>384</ocn>
							<text class="norm">	
								Les rapports sur le vote des lords de la loi sont mitig&#233;s. D'apr&#232;s certains, il semble que le copyright perpetuel ait pr&#233;valu. Mais il n'y a pas d'ambiguit&#233; concernant le vote de la Chambre des Lords au complet. A une majorit&#233; des deux tiers (22 contre 11), ils rejet&#232;rent l'id&#233;e de copyrights perpetuels. Quelle que soit la mani&#232;re dont on interpretait la loi commune, un copyright &#233; tait maintenant fix&#233; pour un temps limit&#233;, apr&#232;s lequel l'oeuvre prot&#233;g&#233;e par copyright passait dans le domaine public.	
							</text>
						</object>
						<object id="385">
							<ocn>385</ocn>
							<text class="norm">	
								"Le domaine public." Avant le proc&#232;s Donaldson contre Beckett, il n'y avait pas de notion claire de domaine public en Angleterre. Avant 1774, l'id&#233;e dominante &#233; tait que la loi commune sur le copyright &#233; tait perp&#233;tuelle. Apr&#232;s 1774, le domaine public &#233; tait n&#233;. Pour la premi&#232;re fois dans l'histoire anglo-am&#233;ricaine, le contr&#244;le l&#233;gal sur les cr&#233;ations expirait, et les plus grandes oeuvres de l'histoire anglaise, y compris celles de Shakespeare, Bacon, Milton, Johnson, et Bunyan, &#233; taient libres de contraintes l&#233;gales.	
							</text>
						</object>
						<object id="386">
							<ocn>386</ocn>
							<text class="norm">	
								C'est difficile &#224; imaginer pour nous, mais cette d&#233;cision de la Chambre des Lords nourrit une r&#233;action populaire et politique extraordinaire. En Ecosse, o&#250; la plupart des "&#233;diteurs pirates" effectuaient leur travail, les gens f&#234;t&#232;rent cette d&#233;cision dans les rues. Comme le rapporta l' Edinburgh Advertiser, "Aucune cause priv&#233;e n'avait &#224; ce point capt&#233; l'attention du public, et aucune cause n'avait &#233; t&#233; d&#233;fendue devant la Chambre des Lords dont l'issue int&#233;ressait autant de gens." <br /> "Grandes r&#233;jouissances &#224; Edinburgh apr&#232;s la victoire sur la propri&#233;t&#233; litt&#233;raire: feux de joie et illuminations."Mod&#232;le:Relf	
							</text>
						</object>
						<object id="387">
							<ocn>387</ocn>
							<text class="norm">	
								A Londres, cependant, du moins parmi les &#233; diteurs, la r&#233;action fut aussi forte dans la direction oppos&#233;e. Le Morning Chronicle rapporte:	
							</text>
						</object>
						<object id="388">
							<ocn>388</ocn>
							<text class="indent1">	
								Par la d&#233;cision pr&#233;c&#233;dente ... pour environ 200.000 livres de ce qui fut honn&#234;tement achet&#233; lors de ventes publiques, et qui &#233; tait consid&#233;r&#233; hier comme de la propri&#233;t&#233;, est maintenant r&#233;duit &#224; n&#233;ant. Les libraires de Londres et de Westminster, qui pour beaucoup d'entre eux avaient vendu leurs biens et leurs maisons afin d'acheter des Copyrights, se retrouvent en quelque sorte ruin&#233;s, et ceux qui apr&#232;s plusieurs ann&#233;es de m&#233;tier pensaient avoir acquis une comp&#233;tence &#224; offrir &#224; leur famille se retrouvent sans un centime &#224; offrir &#224; leurs successeurs.14	
							</text>
						</object>
						<object id="389">
							<ocn>389</ocn>
							<text class="norm">	
								"Ruin&#233;s" est un peu exag&#233;r&#233;. Mais il n'est pas exag&#233;r&#233; de dire que le changement fut profond. La d&#233;cision de la Chambre des Lords signifiait que les libraires ne pourraient plus contr&#244;ler la mani&#232;re dont la culture se d&#233;velopperait en Angleterre. D&#233;sormais, la culture en Angleterre &#233; tait libre. Non pas au sens o&#250; les droits d'auteur n'&#233;taient pas respect&#233;s, car bien s&#252;r, pour une dur&#233;e limit&#233;e suivant la publication d'une oeuvre, le libraire avait le droit exclusif de contr&#244;ler la publication de ce livre. Et non pas au sens o&#250; les livres pouvaient &#234; tre vol&#233;s, car m&#234;me apr&#232;s que le copyright avait expir&#233;, il fallait toujours acheter le livre &#224; quelqu'un. Mais libre en ce sens que la culture et sa croissance n'&#233;taient plus contr&#244;l&#233;s par un petit groupe d'&#233;diteurs. Comme tout march&#233; libre, ce march&#233; libre de la culture libre croissait selon les choix des consommateurs et des producteurs. La culture anglaise se d&#233;veloppait de la mani&#232;re dont les lecteurs anglais choisissaient de la laisser se d&#233;velopper, &#224; travers les livres qu'ils achetaient et &#233; crivaient, et &#224; travers les id&#233;es qu'ils r&#233;petaient et adoptaient. Ils choisissaient dans un cadre comp&#233;titif, et non pas dans un cadre o&#250; les choix concernant quelle culture est disponible, et de quelle mani&#232;re on y acc&#232;de, seraient faits par une minorit&#233;, &#224; l'encontre des souhaits de la majorit&#233;.	
							</text>
						</object>
						<object id="390">
							<ocn>390</ocn>
							<text class="norm">	
								Du moins, c'&#233;tait la r&#232;gle dans un monde o&#250; le Parlement &#233; tait oppos&#233; aux monopoles, et r&#233;sistait aux plaidoyers protectionnistes des &#233; diteurs. Dans un monde o&#250; le Parlement aurait &#233; t&#233; plus flexible, une culture libre aurait &#233; t&#233; moins prot&#233;g&#233;e.	
							</text>
						</object>
					</content>
			</contents1>
			<contents1>
				<heading>
					<object id="391">
						<ocn>391</ocn>
						<nametag>_7</nametag>
						<text class="heading_content_1">Enregistreurs</text>
					</object>
				</heading>
					<content>
						<object id="392">
							<ocn>392</ocn>
							<text class="norm">	
								Jon Else est un r&#233;alisateur. Il est surtout connu pour ses documentaires, et ses oeuvres ont eu beaucoup de succ&#232;s. C'est aussi un enseignant, et en tant qu'enseignant moi-m&#234;me, j'envie la loyaut&#233; et l'admiration que lui vouent ses &#233; tudiants. (J'ai rencontr&#233;, par hasard, deux de ses &#233; tudiants au cours d'un d&#238;ner. Ils le consid&#233;raient comme un dieu.)	
							</text>
						</object>
						<object id="393">
							<ocn>393</ocn>
							<text class="norm">	
								Else a travaill&#233; sur un documentaire auquel je participais. Pendant une pause, il me raconta une histoire qui parlait de la libert&#233; de cr&#233;ation dans les films aux Etats-Unis aujourd'hui.	
							</text>
						</object>
						<object id="394">
							<ocn>394</ocn>
							<text class="norm">	
								En 1990, Else travaillait &#224; un documentaire sur la T&#233;tralogie de Wagner. Le sujet du documentaire &#233; tait les stagehands &#224; l'Op&#233;ra de San Francisco. Les stagehands sont une partie particuli&#232;rement dr&#244;le et cocasse d'un op&#233;ra. Pendant une repr&#233;sentation, ils se prom&#232;nent devant la sc&#232;ne, dans la loge du souffleur et le local d'&#233;clairage. Ils font un contraste parfait avec l'art de la sc&#232;ne	
							</text>
						</object>
						<object id="395">
							<ocn>395</ocn>
							<text class="norm">	
								Pendant une des repr&#233;sentations, Else filmait des stagehands en train de jouer aux dames. Dans un coin de la salle il y avait un &#233; cran de t&#233;l&#233;vision. A l'&#233;cran, pendant que les stagehands jouaient aux dames et que l'op&#233;ra jouait Wagner, passaient Les Simpson. D'apr&#232;s Else, cette touche de dessin anim&#233; permettait de mieux appr&#233;hender ce que la sc&#232;ne avait de sp&#233;cial.	
							</text>
						</object>
						<object id="396">
							<ocn>396</ocn>
							<text class="norm">	
								Des ann&#233;es plus tard, quand il finit par obtenir un financement pour terminer son film, Else voulut s'acquitter des droits pour ces quelques secondes de Simpson. Car bien s&#252;r, ces quelques secondes sont prot&#233;g&#233;es par copyright; et bien s&#252;r, pour utiliser du contenu sous copyright, il faut la permission du d&#233;tenteur de copyright, sauf si c'est pour une utilisation priv&#233;e ou autre cas particulier du m&#234;me genre.	
							</text>
						</object>
						<object id="397">
							<ocn>397</ocn>
							<text class="norm">	
								Else appela le bureau du cr&#233;ateur des Simpson, Matt Groening, pour obtenir sa permission. Groening fut d'accord. Il ne s'agissait que de quatre secondes et demie, sur un minuscule &#233; cran de t&#233;l&#233;vision dans un coin de la pi&#232;ce. Quel mal pouvait-il y avoir &#224; cel&#224;? Groenig &#233; tait content d'avoir ces quelques secondes des Simpson dans le film, mais il dit &#224; Else de contacter Gracie Film, la compagnie qui produit l'&#233;mission.	
							</text>
						</object>
						<object id="398">
							<ocn>398</ocn>
							<text class="norm">	
								Chez Gracie Films on fut aussi d'accord, mais comme Groening, on voulut faire attention. On dit donc &#224; Else de contacter la Fox, la maison m&#232;re de Gracie Films. Else appela la Fox et leur expliqua l'histoire du clip dans un coin de l'&#233;cran. Else dit que Matt Groening avait d&#233;j&#224; donn&#233; sa permission. Il voulait juste obtenir confirmation de la Fox.	
							</text>
						</object>
						<object id="399">
							<ocn>399</ocn>
							<text class="norm">	
								C'est alors que, comme me le dit Else, "deux choses se produisirent. Premi&#232;rement nous d&#233;couvr&#238;mes... que la cr&#233;ation de Matt Groening ne lui appartenait pas -- ou du moins que quelqu'un [chez Fox] croyait qu'elle ne lui appartenait pas." Et deuxi&#232;mement, la Fox "voulait dix mille dollars en &#233; change de l'utilisation de ces quatre secondes et demie des Simpson, qui apparaissaient de mani&#232;re tout &#224; fait fortuite sur un coin de l'&#233;cran."	
							</text>
						</object>
						<object id="400">
							<ocn>400</ocn>
							<text class="norm">	
								Else &#233; tait certain qu'il y avait erreur. Il r&#233;ussit &#224; obtenir ce qu'il pensa &#234; tre la vice pr&#233;sidente pour les questions de license, Rebecca Herrera. Il lui expliqua "Vous devez faire erreur... <br /> nous vous demandons le tarif &#233; ducatif." C'&#233;tait bien le tarif &#233; ducatif, lui r&#233;pondit Herrera. Un jour plus tard, Else rappela pour obtenir confirmation de ce qu'on lui avait dit.	
							</text>
						</object>
						<object id="401">
							<ocn>401</ocn>
							<text class="norm">	
								"Je voulais m'assurer que j'avais bien compris", me dit il. "Oui, vous avez bien compris", lui dit-elle. Il en co&#252;terait 10.000 dollars d'utiliser le clip des Simpson dans le coin de l'&#233;cran d'un documentaire sur la T&#233;tralogie de Wagner. Et puis, d'une mani&#232;re &#233; tonnante, Herrera dit &#224; Else, "Et si vous citez ce que je viens de dire, vous entendrez parler de nos avocats." Plus tard, un assistant de Herrera dit &#224; Else: "Ils se fichent du reste. Ils veulent l'argent et c'est tout."	
							</text>
						</object>
						<object id="402">
							<ocn>402</ocn>
							<text class="norm">	
								Else n'avait pas de quoi acheter le droit de remontrer ce qui &#233; tait montr&#233; sur la t&#233;l&#233;vision de l'op&#233;ra de San Francisco. Montrer cette r&#233;alit&#233; d&#233;passait le budget du r&#233;alisateur. A la derni&#232;re minute avant la sortie du film, Else remplaca &#224; l'ordinateur la vue par un extrait d'un autre film sur lequel il avait travaill&#233; dix ans plus t&#244;t, The Day After Trinity.	
							</text>
						</object>
						<object id="403">
							<ocn>403</ocn>
							<text class="norm">	
								Il ne fait aucun doute que quelqu'un, que ce soit Matt Groening ou la Fox, est propri&#233;taire des droits sur les Simpson. Ces droits sont leur propri&#233;t&#233;. Pour utiliser ce contenu prot&#233;g&#233;, la permission du d&#233;tenteur des droits est parfois n&#233;cessaire. Si l'utilisation que Else voulait faire des Simpson &#233; tait un des cas restreints par la loi, alors il aurait besoin d'obtenir la permission avant de pouvoir les utiliser de cette mani&#232;re. Et dans un march&#233; libre, c'est le propri&#233;taire des droits qui fixe le prix de toute utilisation pour laquelle la loi lui accorde le contr&#244;le.	
							</text>
						</object>
						<object id="404">
							<ocn>404</ocn>
							<text class="norm">	
								Par exemple, une "repr&#233;sentation publique" est une utilisation des "Simpson" que le propri&#233;taire des droits peut contr&#244;ler. Si vous prenez quelques-uns de vos &#233; pisodes favoris, louez un cin&#233;ma, et faites payer pour voir "Mes &#233; pisodes pr&#233;f&#233;r&#233;s des Simpson", alors il vous faut la permission du propri&#233;taire des droits. Et ce propri&#233;taire peut (c'est son bon droit, &#224; mon avis) faire payer le montant qu'il lui pla&#238;t -- 10 dollars ou un million de dollars. C'est son droit, d&#233;fini par la loi.	
							</text>
						</object>
						<object id="405">
							<ocn>405</ocn>
							<text class="norm">	
								Mais quand des juristes entendent cette histoire sur Jon Else et la Fox, leur premi&#232;re pens&#233;e est "usage loyal"1. L'utilisation par Else de 4.5 secondes d'une vue indirecte d'un &#233; pisode des Simpson est clairement un usage loyal des Simpson-- et l'usage loyal ne n&#233;cessite pas la permission de qui que ce soit.	
							</text>
						</object>
						<object id="406">
							<ocn>406</ocn>
							<text class="norm">	
								J'ai donc demand&#233; &#224; Else pourquoi il ne s'en &#233; tait pas tout simplement remis &#224; l'"usage loyal". Voici sa r&#233;ponse:	
							</text>
						</object>
						<object id="407">
							<ocn>407</ocn>
							<text class="norm">	
								Le fiasco des Simpson a &#233; t&#233; pour moi une le&#231;on sur le foss&#233; qui s&#233;pare ce que les avocats jugent sans importance de leur point de vue abstrait, et ce qui en pratique est d'une importance &#233; crasante pour nous autres qui essayons de tourner et diffuser des documentaires. Je n'ai jamais dout&#233; qu'il s'agisse d'un "usage clairement loyal" sur le plan purement l&#233;gal. Mais je ne pouvais pas me reposer l&#224; dessus en pratique. Voici pourquoi:	
							</text>
						</object>
						<object id="408">
							<ocn>408</ocn>
							<text class="norm">	
								1. Avant qu'un film puisse &#234; tre diffus&#233;, la cha&#238;ne nous impose de souscrire &#224; une assurance sur les Erreurs et Omissions. Les assureurs demandent un "bulletin visuel", qui dresse la liste de chaque s&#233;quence du film, sa source et son statut juridique. Ils ont une notion assez restreinte de l'"usage loyal", et une utilisation en "usage loyal" peut compromettre la demande d'assurance.	
							</text>
						</object>
						<object id="409">
							<ocn>409</ocn>
							<text class="norm">	
								2. Je n'aurais probablement jamais d&#252; poser la question &#224; Matt Groening d&#232;s le d&#233;part. Mais je savais que la Fox avait l'habitude de rechercher et de stopper toute utilisation des Simpson sans license, tout comme George Lucas se distinguait par sa d&#233;fense de l'utilisation de Star Wars. Donc j'ai d&#233;cider de suivre la loi &#224; la lettre, en pensant que nous obtiendrions une license gratuite ou presque pour quatre secondes de Simpson. En tant que producteur de documentaires contraint de faire des &#233; conomies sur les lacets, la derni&#232;re chose dont j'avais besoin &#233; tait de risquer un proc&#232;s, m&#234;me en dommages, et m&#234;me pour d&#233;fendre un principe.	
							</text>
						</object>
						<object id="410">
							<ocn>410</ocn>
							<text class="norm">	
								3. Il se trouve que j'ai parl&#233; avec un de vos coll&#232;gues de la Facult&#233; de Droit de Stanford [...] qui m'a confim&#233; qu'il s'agisait d'un usage loyal. Il a aussi confirm&#233; que la Fox "porterait plainte et vous ferait passer la corde au cou", quels que soit la validit&#233; de mes arguments. Il me dit clairement que ce serait celui qui avait le plus d'avocats et les poches les plus profondes qui l'emporterait.	
							</text>
						</object>
						<object id="411">
							<ocn>411</ocn>
							<text class="norm">	
								4. En g&#233;n&#233;ral, cette question de l'usage loyal se pose &#224; la fin d'un projet, alors que nous devons tenir une date de sortie et que nous n'avons plus d'argent.	
							</text>
						</object>
						<object id="412">
							<ocn>412</ocn>
							<text class="norm">	
								En th&#233;orie, usage loyal signifie que l'on peut se passer de permission. Par cons&#233;quent la th&#233;orie favorise la culture libre, et pr&#233;serve d'une culture de permissions. Mais en pratique, l'usage loyal fonctionne d'une mani&#232;re tr&#232;s diff&#233;rente. Le flou des limites l&#233;gales, combin&#233; &#224; l'&#233;normit&#233; des amendes inflig&#233;es &#224; qui les franchit, fait qu'en pratique l'usage loyal est tr&#232;s restreint dans beaucoup de domaines de la cr&#233;ation artistique. La loi vise juste, mais la mani&#232;re dont elle est appliqu&#233;e vise ailleurs.	
							</text>
						</object>
						<object id="413">
							<ocn>413</ocn>
							<text class="norm">	
								Cet exemple montre combien la loi s'est &#233; loign&#233;e de ses racines du dix-huiti&#232;me si&#232;cle. La loi est n&#233;e comme bouclier pour prot&#233;ger les revenus des &#233; diteurs de la comp&#233;tition d&#233;loyale d'un pirate. Elle a grandi comme une &#233; p&#233;e qui se m&#234;le de tous les usages, transformatifs ou non.	
							</text>
						</object>
					</content>
			</contents1>
			<contents1>
				<heading>
					<object id="414">
						<ocn>414</ocn>
						<nametag>_8</nametag>
						<text class="heading_content_1">Transformateurs</text>
					</object>
				</heading>
					<content>
						<object id="415">
							<ocn>415</ocn>
							<text class="norm">	
								En 1993, Alex Alben, un avocat, travaillait pour Starwave, Inc. Starwave &#233; tait une entreprise innovante fond&#233;e par Paul Allen, le cofondateur de Microsoft, dans le but de d&#233;velopper du contenu num&#233;rique. Bien avant qu'Internet ne devienne populaire, Starwave commen&#231;a &#224; investir dans de nouvelles technologies permettant la diffusion de contenus que la puissance des r&#233;seaux permettait d'anticiper.	
							</text>
						</object>
						<object id="416">
							<ocn>416</ocn>
							<text class="norm">	
								Alben s'int&#233;ressait tout sp&#233;cialement aux nouvelles technologies. Il &#233; tait intrigu&#233; par le march&#233; &#233; mergent de la technologie du CD-ROM - non pas pour la distribution des films, mais pour faire des choses avec les films qui serait difficile &#224; r&#233;aliser autrement. En 1993, il initia le d&#233;veloppement d'un produit servant &#224; produire une r&#233;trospective du travail d'un acteur donn&#233;. Le premier acteur choisi f&#252;t Clint Eastwood. L'id&#233;e &#233; tait de mettre &#224; l'affiche tout le travail d'Eastwood avec des clips tir&#233;s de ses films et des interviews de personnes importantes dans sa carri&#232;re.	
							</text>
						</object>
						<object id="417">
							<ocn>417</ocn>
							<text class="norm">	
								&#192; l'&#233;poque, Eastwood avait d&#233;j&#224; fait plus de cinquante films en tant qu'acteur et r&#233;alisateur. Alben commen&#231;a une s&#233;rie d'interviews avec Eastwood, l'interrogeant sur sa carri&#232;re. Puisque c'&#233;tait Starwave qui produisait ces interviews, la compagnie &#233; tait libre de les inclure sur son CD.	
							</text>
						</object>
						<object id="418">
							<ocn>418</ocn>
							<text class="norm">	
								Les seules interviews n'auraient pas fait un produit int&#233;ressant, alors Starwave voulait ajouter du contenu tir&#233; des films d'Eastwood : des affiches, des scripts, et d'autres choses en rapport avec les films qu'Eastwood avait fait. La majeure partie de sa carri&#232;re, Eastwood l'avait pass&#233; chez Warner Brothers, et il &#233; tait tr&#232;s facile d'obtenir la permission d'acc&#232;s &#224; ce contenu.	
							</text>
						</object>
						<object id="419">
							<ocn>419</ocn>
							<text class="norm">	
								Puis Alben et son &#233; quipe decid&#232;rent d'inclure d'authentiques extraits de film. &#171; Notre objectif &#233; tait d'avoir un extrait de chacun des films d'Eastwood. &#187; me dit Alben. C'est &#224; ce moment-l&#224; que le probl&#232;me se posa. Personne n'avait r&#233;ellement fait ce que nous faisions &#224; ce moment, expliqua Alben. &#171; Personne n'avait essay&#233; de faire cela dans le contexte d'une oeuvre artistique traitant de la carri&#232;re d'un acteur. &#187;	
							</text>
						</object>
						<object id="420">
							<ocn>420</ocn>
							<text class="norm">	
								Alben pr&#233;senta l'id&#233;e &#224; Michael Slade, le PDG de Starwave. Slade lui demanda, &#171; Bon, que devrons-nous faire ? &#187;	
							</text>
						</object>
						<object id="421">
							<ocn>421</ocn>
							<text class="norm">	
								Alben repondit, &#171; Et bien, nous allons devoir nous assurer d'obtenir l'autorisation de chaque personne qui appara&#238;t dans ces films, de m&#234;me pour la musique et tout ce que nous voulons utiliser dans ces extraits de film. &#187; Slade lui dit, &#171; Excellent! Faisons cela. &#187; 1	
							</text>
						</object>
						<object id="422">
							<ocn>422</ocn>
							<text class="norm">	
								Le probl&#232;me &#233; tait que ni Alben ni Slade n'avait la moindre id&#233;e de ce qui serait n&#233;cessaire &#224; l'obtention des autorisations. Tous les acteurs jouant dans chacun des films auraient pu r&#233;clamer des redevances pour la r&#233;utilisation d'un film. Cependant, les CD-ROM n'avaient pas &#233; t&#233; sp&#233;cifi&#233;s dans les contrats avec les acteurs, alors il n'y avait aucun moyen de savoir ce que Starwave allait faire.	
							</text>
						</object>
						<object id="423">
							<ocn>423</ocn>
							<text class="norm">	
								J'ai demand&#233; &#224; Alben comment il avait r&#233;gl&#233; le probl&#232;me. Avec une &#233; vidente fiert&#233; de soi, qui masquait l'&#233;vidente bizarret&#233; de son r&#233;cit, Alben raconta ce qu'ils avaient fait:	
							</text>
						</object>
						<object id="424">
							<ocn>424</ocn>
							<text class="norm">	
								Nous avons examin&#233; les extraits de films un par un. Nous avons choisi, en fonction de crit&#232;res artistiques, quels extraits de film inclure -- bien s&#252;r, nous allions utiliser l'extrait "Make my day" de Dirty Harry. Mais ensuite il fallait trouver le type au sol qui tremble sous le canon, et il fallait sa permission. Et il fallait d&#233;cider combien nous allions le payer.	
							</text>
						</object>
						<object id="425">
							<ocn>425</ocn>
							<text class="norm">	
								Nous avons d&#233;cid&#233; qu'il serait loyal de leur offrir le tarif de figurant en &#233; change du droit de r&#233;utiliser leur travail. Il s'agit d'un extrait de moins d'une minute, mais pour pouvoir r&#233;utiliser ce travail dans le CD-ROM, le tarif &#224; l'&#233;poque &#233; tait d'environ 600 dollars.	
							</text>
						</object>
						<object id="426">
							<ocn>426</ocn>
							<text class="norm">	
								Donc, il nous a fallu identifier les gens. Certains d'entre eux &#233; taient difficile &#224; identifier, parce que dans les films d'Eastwood on ne sait pas toujours qui est le type qui passe &#224; travers la vitre: est-ce l'acteur ou le cascadeur? Et ensuite nous avons mont&#233; une &#233; quipe, mon assistant et quelques autres, et nous avons commenc&#233; &#224; appeler ces gens.	
							</text>
						</object>
						<object id="427">
							<ocn>427</ocn>
							<text class="norm">	
								Certains acteurs &#233; taient heureux de nous aider --Donald Sutherland, par exemple, s'assura lui-m&#234;me que tous les droits &#233; taient acquitt&#233;s. D'autres &#233; taient &#233; tonn&#233;s de leur chance. Alben leur demandait "All&#244;, puis-je vous payer 600 dollars, ou peut-&#234;tre 1.200 si vous apparaissez dans deux films, vous savez?" Et ils disaient "Vous &#234; tes s&#233;rieux? H&#233;, j'aimerais beaucoup 1.200 dollars". Et d'autres, bien s&#252;r, &#233; taient un peu difficiles (les ex-&#233;pouses d&#233;laiss&#233;es, en particulier). Mais finalement, Alben et son &#233; quipe avaient acquitt&#233; les droits pour ce CD-ROM de r&#233;trospective sur la carri&#232;re de Clint Eastwood.	
							</text>
						</object>
						<object id="428">
							<ocn>428</ocn>
							<text class="norm">	
								C'&#233;tait une ann&#233;e plus tard--"et m&#234;me &#224; ce moment nous n'&#233;tions pas s&#252;rs de les avoir tous acquitt&#233;s."	
							</text>
						</object>
						<object id="429">
							<ocn>429</ocn>
							<text class="norm">	
								Alben est fier de son travail. Ce projet &#233; tait le premier du genre, et &#224; sa connaissance c'&#233;tait la seule fois o&#250; une &#233; quipe avait entrepris un effort aussi massif dans le but de sortir une r&#233;trospective.	
							</text>
						</object>
						<object id="430">
							<ocn>430</ocn>
							<text class="norm">	
								Tout le monde pensait que ca serait trop difficile. Tout le monde levait les mains au ciel et disait "Oh, mon dieu, un film, ca fait tellement de copyrights, il y a la musique, la mise en sc&#232;ne, le directeur, les acteurs." Mais nous l'avons fait. Nous en avons s&#233;par&#233; chaque partie, et dit "Ok, il y a tant d'acteurs, tant de directeurs, ... tant de musiciens" et nous avons proc&#233;d&#233; de mani&#232;re tr&#232;s syst&#233;matique et nous avons acquitt&#233; les droits.	
							</text>
						</object>
						<object id="431">
							<ocn>431</ocn>
							<text class="norm">	
								Et sans aucun doute, le produit lui-m&#234;me &#233; tait exceptionnellement bon. Eastwood l'adorait, et il se vendit tr&#232;s bien.	
							</text>
						</object>
						<object id="432">
							<ocn>432</ocn>
							<text class="norm">	
								Mais je fis observer &#224; Alben &#224; quel point il semble &#233; trange qu'il ait fallu un an de travail simplement pour acquitter des droits. Sans doute Alben l'avait fait de mani&#232;re tr&#232;s efficace, mais pour reprendre un mot c&#233;l&#232;bre de Peter Drucker, "il n'y a rien de plus inutile que de faire efficacement quelque chose qu'on ne devrait pas faire du tout."2 Est-il normal, demandai-je &#224; Alben, que ce soit l&#224; la mani&#232;re dont un travail nouveau doit &#234; tre r&#233;alis&#233;?	
							</text>
						</object>
						<object id="433">
							<ocn>433</ocn>
							<text class="norm">	
								Car, comme il le reconnut, "tr&#232;s peu de gens ... ont le temps et les ressources, et la volont&#233; de faire ca," et donc, tr&#232;s peu de travaux de ce type seraient jamais r&#233;alis&#233;s. Est-il normal, lui demandai-je, du point de vue from the standpoint of what anybody really thought they were ever giving rights for originally, that you would have to go clear rights for these kinds of clips?	
							</text>
						</object>
						<object id="434">
							<ocn>434</ocn>
							<text class="norm">	
								Je ne pense pas. Quand un acteur joue un r&#244;le dans un film, il ou elle est tr&#232;s bien pay&#233;e... Et ensuite si 30 secondes de ce r&#244;le sont utilis&#233;es dans un nouveau produit qui est une retrospective sur la carri&#232;re de quelqu'un, je ne pense pas que cette personne ... doive &#234; tre indemnis&#233;e pour cel&#224;.	
							</text>
						</object>
						<object id="435">
							<ocn>435</ocn>
							<text class="norm">	
								Ou du moins, est-ce l&#224; la mani&#232;re dont l'artiste doit &#234; tre indemnis&#233;? Ne pourrait-il pas y avoir, demandai-je, un syst&#232;me de licenses statutaires, que l'on paierait pour &#234; tre libre de r&#233;utiliser ce type d'extraits? Etait-il vraiment raisonnable qu'un createur doive rechercher chaque acteur, directeur, ou musicien qu'il r&#233;utilise, pour obtenir leur accord explicite? Est-ce qu'il n'y aurait pas plus de cr&#233;ations si on pouvait simplifier l'aspect l&#233;gal du processus de cr&#233;ation?	
							</text>
						</object>
						<object id="436">
							<ocn>436</ocn>
							<text class="norm">	
								Absolument. Je pense que s'il y avait un systeme de licences loyales (dans lequel vous ne seriez pas soumis a des chantages ou &#224; des ex-epouses r&#233;pudi&#233;es), nous verrions beaucoup plus de travaux de ce type, car il ne serait pas si d&#233;courageant de tenter de monter une r&#233;trospective de la carri&#232;re de quelqu'un et de l'illustrer avec des extraits de sa carri&#232;re. Si vous &#233; tiez le producteur d'une de ces oeuvres, vous auriez a prendre en compte un co&#252;t suppl&#233;mentaire: celui de payer X dollars &#224; l'artiste qui a effectu&#233; le travail. Mais ce serait un co&#252;t connu. Voila le probl&#232;me qui emp&#232;che tout le monde de travailler et rend ce type de produit difficile &#224; r&#233;aliser. Si vous saviez que vous avez cent minutes de film dans ce produit et que cela va vous co&#252;ter X, alors vous feriez votre budget en fonction et vous pourriez obtenir des fonds ainsi que tout ce dont vous avez besoin pour le produire. Mais si vous dites "Oh, je veux cent minutes de quelque chose, et je n'ai aucune id&#233;e de ce que ca va me co&#252;ter et un certain nombre de personnes vont me r&#233;clamer de l'argent", alors il devient difficile de monter tout ca.	
							</text>
						</object>
						<object id="437">
							<ocn>437</ocn>
							<text class="norm">	
								Alben travaillait pour une grande compagnie. Sa compagnie &#233; tait soutenue par certains des inverstisseurs les plus riches au monde. Il avait dont une autorit&#233; et des facilit&#233;s que le r&#233;alisateur de sites Web moyen n'a pas. Donc, s'il lui a fallu un an, combien de temps cela aurait-il pris &#224; quelqu'un d'autre? Et combien de cr&#233;ativit&#233; est perdue simplement parce que les co&#252;ts d'acquittement des droits sont si &#233; lev&#233;s?	
							</text>
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						<object id="438">
							<ocn>438</ocn>
							<text class="norm">	
								Ces co&#252;ts sont entrain&#233;s par un type de r&#233;gulation. Soyons Republicains pour un instant, et irritons-nous un peu. Le gouvernement d&#233;finit l'&#233;tendue de ces droits, et cette &#233; tendue d&#233;termine combien il coutera de les n&#233;gocier. (Souvenez-vous de l'id&#233;e que la propri&#233;t&#233; terrienne s'etend aux cieux, et imaginez le pilote achetant des droits de passage pendant qu'il n&#233;gocie son vol de Los Angeles &#224; San Francisco.) Ces droits peuvent tr&#232;s bien avoir eu leur raison d'&#234;tre; mais quand les circonstances changent, celle-ci dispara&#238;t. Ou du moins, un r&#233;publicain bien entrain&#233; et hostile a toute r&#233;gulation devrait consid&#233;rer ces droits et demander: "Ceci est-il toujours justifi&#233;?"	
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							<ocn>439</ocn>
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								J'ai parfois vu une lueur de reconnaissance quand les gens comprennent cela, mais en quelques occasions seulement. La premi&#232;re fois ce fut lors d'une conference de juges f&#233;d&#233;raux en Californie. Les juges s'&#233;taient rassembl&#233;s pour discuter du sujet nouveau de cyber-loi. On me demanda de faire partie du panel. Harvey Saferstein, un juriste d'un cabinet respecte de L.A., pr&#233;senta au panel une video qu'il avait produite avec un ami, Robert Fairbank.	
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						</object>
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							<ocn>440</ocn>
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								La vid&#233;o etait un collage brillant de films de chaque p&#233;riode du vingti&#232;me si&#232;cle, le tout organis&#233; selon l'idee d'un &#233; pisode de 60 minutes. L'ex&#233;cution &#233; tait parfaite, fid&#232;le jusqu'&#224; reproduire le chronom&#232;tre de soixante minutes. Les juges en ador&#232;rent chaque minute.	
							</text>
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							<ocn>441</ocn>
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								Lorsque les lumi&#232;res furent allum&#233;es, je jetai un oeil vers mon coll&#232;gue de panel, David Nimmer, peut-&#234;tre l'expert en copyright le plus en vue dans le pays. Il y avait sur son visage un regard &#233; tonn&#233;, alors qu'il scrutait cette salle de plus de 250 juges bien divertis. D'une voix sentencieuse, il commenca son discours par une question: "Savez-vous combien de lois f&#233;d&#233;rales viennent d'&#234;tre viol&#233;es dans cette pi&#232;ce?"	
							</text>
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							<ocn>442</ocn>
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								Car bien &#233; videmment, les deux brillants cr&#233;ateurs de ce film n'avaient pas fait ce qu'Alben avait fait. Ils n'avaient pas pass&#233; une ann&#233;e &#224; acquitter les droits de ces extraits; techniquement, ce qu'ils avaient fait violait la loi. Bien s&#252;r, ils n'allaient pas &#234; tre poursuivis pour cette violation (et ce malgr&#233; la pr&#233;sence de 250 juges et d'un troupeau d'officiers de police f&#233;derale). Mais Nimmer avait un point important: Une ann&#233;e avant que quiconque entende parler de Napster, et deux ans avant qu'un autre membre du panel, David Boies, ne d&#233;fende Napster devant la Neuvieme Cour d'Appel, Nimmer essayait de faire voir &#224; ces juges que la loi ne serait pas en accord avec les capacit&#233;s que cette technologie rendrait possibles. La technologie veut dire que maintenant vous pouvez faire des choses &#233; tonnantes facilement; mais vous ne pouvez pas facilement les faire l&#233;galement.	
							</text>
						</object>
						<object id="443">
							<ocn>443</ocn>
							<text class="norm">	
								Nous vivons dans une culture du "copier-coller", rendue possible par le technologie. Toute personne qui &#233; crit une pr&#233;sentation connait la libert&#233; extraordinaire que l'architecture copier-coller d'Internet a cr&#233;&#233;e: en une seconde vous pouvez trouver pratiquement n'importe quelle image; en une autre seconde vous l'avez incorpor&#233;e &#224; votre pr&#233;sentation.	
							</text>
						</object>
						<object id="444">
							<ocn>444</ocn>
							<text class="norm">	
								Mais les pr&#233;sentations ne sont qu'un d&#233;but. En utilisant Internet et ses archives, les musiciens sont capables d'encha&#238;ner des m&#233;langes de sons jamais imagin&#233;s auparavant; les r&#233;alisateurs de films sont capables de faire des films &#224; partir d'extraits trouv&#233;s sur des ordinateurs autour du monde. Un site extraordinaire en Su&#232;de prend des images d'hommes politiques et leur ajoute de la musique, pour cr&#233;er des commentaires politiques mordants. Un site appel&#233; Camp Chaos a produit une des critiques les plus acerbes qui soit de l'industrie du disque, en m&#233;langeant la musique et la technologie Flash.	
							</text>
						</object>
						<object id="445">
							<ocn>445</ocn>
							<text class="norm">	
								Et toutes ces cr&#233;ations sont techniquement ill&#233;gales. M&#234;me si leurs cr&#233;ateurs voulaient respecter la loi, ce qu'il en co&#252;te est impossiblement &#233; lev&#233;. Par cons&#233;quent, pour ceux qui observent la loi, un tr&#233;sor de cr&#233;ativit&#233; n'est jamais exprim&#233;e. Et quant &#224; la partie qui s'exprime, si elle ne suit pas les r&#232;gles d'acquittement des droits, ses cr&#233;ations ne sortent jamais.	
							</text>
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						<object id="446">
							<ocn>446</ocn>
							<text class="norm">	
								Pour certains, ces histoires sugg&#232;rent une solution: Modifions le jeu des droits, de sorte que les gens soient libres de s'inspirer de notre culture. Libres d'ajouter ou de m&#233;langer comme il leur pla&#238;t. Nous pourrions m&#234;me effectuer ce changement sans pour autant imposer que l'usage "libre" soit gratuit. Non, le syst&#232;me pourrait simplement faire qu'il soit facile pour des cr&#233;ateurs d'indemniser les artistes dont ils reprennent le travail sans avoir besoin d'une arm&#233;e d'avocats avec eux: par exemple, une loi disant "la redevance d&#252;e au d&#233;tenteur de copyright d'une oeuvre non enregistr&#233;e, pour les usages d&#233;riv&#233;s de cette oeuvre, sera 1 pour cent des revenus nets, &#224; mettre de c&#244;t&#233; pour le d&#233;tenteur de copyright". Sous cette loi, le d&#233;tenteur de copyright pourrait b&#233;n&#233;ficier d'une redevance, mais il n'aurait pas le b&#233;n&#233;fice d'un droit de propri&#233;t&#233; totale (ce qui implique le droit de choisir son prix) &#224; moins qu'il ne fasse enregistrer son oeuvre.	
							</text>
						</object>
						<object id="447">
							<ocn>447</ocn>
							<text class="norm">	
								Qui pourrait objecter &#224; cel&#224;? Et quelle raison y aurait-il d'objecter? Nous parlons de cr&#233;ations qui ne sont m&#234;me pas r&#233;alis&#233;es aujourd'hui; et qui, si elles &#233; taient r&#233;alis&#233;es selon ce plan, g&#233;n&#232;reraient de nouveaux revenus pour les artistes. Pour quelle raison pourrait-on s'y opposer?	
							</text>
						</object>
						<object id="448">
							<ocn>448</ocn>
							<text class="norm">	
								En f&#233;vrier 2003, les studios DreamWorks ont annonc&#233; avoir pass&#233; un accord avec Mike Myers, le g&#233;nie comique de Saturday Night Live et Austin Powers. D'apr&#232;s l'annonce, Myers et DreamWorks allaient travailler ensemble pour former un "pacte unique de r&#233;alisation de films." Selon l'accord, DreamWorks "va acqu&#233;rir les droits de films c&#233;l&#232;bres et classiques, &#233; crire de nouveaux sc&#233;narios et, en utilisant une technologie num&#233;rique de pointe, ins&#233;rer Myers et d'autres acteurs dans ces films, en cr&#233;ant ainsi un spectacle enti&#232;rement nouveau."	
							</text>
						</object>
						<object id="449">
							<ocn>449</ocn>
							<text class="norm">	
								L'annonce appelait ceci faire du "film sampling." Comme l'expliqua Myers, "Film Sampling est une mani&#232;re excitante d'ajouter une touche originale &#224; des films existants, et de permettre au public de voir de vieux films sous un jour nouveau. Les artistes de rap ont fait ca pendant des ann&#233;es avec la musique, et bien maintenant nous sommes capables de reprendre le concept et de l'apliquer au cin&#233;ma." Steven Spielberg &#233; tait cit&#233;, disant: "Si quelqu'un peut cr&#233;er une mani&#232;re de rendre accessibles de vieux films &#224; un public nouveau, c'est bien Mike."	
							</text>
						</object>
						<object id="450">
							<ocn>450</ocn>
							<text class="norm">	
								Spielberg a raison. Le Film sampling de Myers sera brillant. Mais si vous n'y pensez pas, vous risquez de manquer le point v&#233;ritablement &#233; tonnant de cette annonce. Alors que l'immense majorit&#233; de notre h&#233;ritage cin&#233;matographique reste prot&#233;g&#233;e par le droit d'auteur, le sens v&#233;ritable de l'annonce de Dreamworks est le suivant: C'est Mike Myers, et seulement Mike Myers, qui est libre de faire du sampling. Toute libert&#233; g&#233;n&#233;rale de s'inspirer des archives de notre culture, une libert&#233; qui en d'autres circonstances serait suppos&#233;e nous appartenir &#224; tous, est maintenant un privil&#232;ge r&#233;serv&#233; &#224; ceux qui sont amusants et c&#233;l&#232;bres -- et riches, on suppose.	
							</text>
						</object>
						<object id="451">
							<ocn>451</ocn>
							<text class="norm">	
								Ce privil&#232;ge est r&#233;serv&#233; pour deux raisons. La premi&#232;re est la continuation de l'histoire du dernier chapitre: le flou li&#233; &#224; la notion d'"usage loyal". L'essentiel du "sampling" devrait &#234; tre consid&#233;r&#233; comme usage loyal. Mais peu de gens s'appuient sur une garantie si faible pour cr&#233;er. Ceci nous m&#232;ne &#224; la deuxi&#232;me raison pour laquelle le privil&#232;ge est r&#233;serv&#233;: Les co&#252;ts entra&#238;n&#233;s par les n&#233;gociations concernant le droit l&#233;gal de r&#233;utiliser une oeuvre sont astronomiquement &#233; lev&#233;s. Ces co&#252;ts r&#233;fl&#232;tent les co&#252;ts li&#233;s &#224; l'usage loyal: Ou bien vous payez un avocat pour d&#233;fendre votre droit &#224; l'usage loyal, ou bien vous en payez un pour rechercher toutes les permissions, de sorte que vous n'aurez pas &#224; vous appuyer sur l'usage loyal. D'une mani&#232;re ou d'une autre, le processus de cr&#233;ation consiste &#224; payer des avocats --encore un privil&#232;ge, ou peut-&#234;tre un tourment, r&#233;serv&#233; &#224; une minorit&#233;.	
							</text>
						</object>
					</content>
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						<nametag>_9</nametag>
						<text class="heading_content_1">Collectionneurs</text>
					</object>
				</heading>
					<content>
						<object id="453">
							<ocn>453</ocn>
							<text class="norm">	
								En Avril 1996, des millions de "bots" (programmes informatiques con&#231;us pour "tisser", c'est-&#224;-dire parcourir automatiquement Internet et recopier son contenu) commenc&#232;rent &#224; parcourir le Net. Page par page, ces "bots" recopi&#232;rent l'information trouv&#233;e sur Internet sur un petit nombre d'ordinateurs situ&#233;s dans un sous-sol du Presidio (NdT: quartier historique) de San Francisco. Une fois que les "bots" eurent couvert tout Internet, ils recommenc&#232;rent depuis le d&#233;but. Encore et encore, une fois tous les deux mois, ces programmes effectuaient des copies d'Internet et les archivaient.	
							</text>
						</object>
						<object id="454">
							<ocn>454</ocn>
							<text class="norm">	
								En Octobre 2001, les "bots" avaient rassembl&#233; plus de cinq ann&#233;es de copies. Et lors d'une modeste conf&#233;rence &#224; Berkeley, en Californie, les archives compos&#233;es de ces copies, les Archives d'Internet, furent mises &#224; disposition du monde. En utilisant une technologie appel&#233;e "la Machine &#224; Remonter Dans le Temps" ("the Way Back Machine"), vous pouviez visiter une page Web, et consulter toutes ses copies depuis 1996, et voir quand elle avait &#233; t&#233; modifi&#233;e.	
							</text>
						</object>
						<object id="455">
							<ocn>455</ocn>
							<text class="norm">	
								Voila un aspect d'Internet qui aurait plu &#224; Orwell. Dans l'utopie d&#233;crite dans 1984, les vieux journaux &#233; taient constamment remis &#224; jour, pour s'assurer que la vision pr&#233;sente du monde, approuv&#233;e par le gouvernement, n'&#233;tait pas contredite par les actualit&#233;s pass&#233;es. Des milliers de travailleurs r&#233;&#233;ditaient continuellement le pass&#233;, de sorte qu'il &#233; tait impossible de savoir si l'article que vous lisiez aujourd'hui &#233; tait le m&#234;me que celui qui avait &#233; t&#233; imprim&#233; &#224; la date inscrite sur le papier.	
							</text>
						</object>
						<object id="456">
							<ocn>456</ocn>
							<text class="norm">	
								Il en va de m&#234;me avec Internet. Si vous visitez une page Web aujourd'hui, vous n'avez aucun moyen de savoir si le contenu que vous lisez est le m&#234;me que celui que vous avez lu pr&#233;c&#233;demment. La page peut sembler &#234; tre la m&#234;me, mais son contenu pourrait facilement &#234; tre diff&#233;rent. Internet est la biblioth&#232;que d'Orwell: constamment r&#233;&#233;crite, sans aucune m&#233;moire fiable.	
							</text>
						</object>
						<object id="457">
							<ocn>457</ocn>
							<text class="norm">	
								Du moins, jusqu'&#224; la Machine &#224; Remonter Dans le Temps. Gr&#226;ce &#224; cette machine, et aux Archives d'Internet, vous pouvez voir ce qu'Internet a &#233; t&#233;. Vous avez le pouvoir de voir ce dont vous vous souvenez. Et c'est peut-&#234;tre plus important, vous avez le pouvoir de trouver ce dont vous ne vous souvenez pas, et que d'autres pr&#233;f&#232;reraient que vous oubliez.1	
							</text>
						</object>
						<object id="458">
							<ocn>458</ocn>
							<text class="norm">	
								Nous tenons pour acquis que nous pouvons revenir en arri&#232;re et voir ce que nous nous souvenons avoir lu. Pensez aux journaux. Si vous voulez &#233; tudier la r&#233;action du journal de votre ville natale face aux &#233; meutes raciales &#224; Watts en 1965, ou au canon &#224; eau de Bull Connor en 1963, vous pouvez aller &#224; la biblioth&#232;que municipale et consulter les journaux. Ils existent probablement sur microfiche. Si vous avez de la chance, ils existent aussi sur papier. D'une mani&#232;re ou d'une autre, vous &#234; tes libres, en utilisant une biblioth&#232;que, de revenir en arri&#232;re, et de vous souvenir: pas seulement de ce dont il est commode de se souvenir, mais de quelque chose qui est proche de la v&#233;rit&#233;.	
							</text>
						</object>
						<object id="459">
							<ocn>459</ocn>
							<text class="norm">	
								On dit que ceux qui oublient l'Histoire sont condamn&#233;s &#224; la revivre. Ce n'est pas tout &#224; fait vrai. Nous oublions tous l'Histoire. L'essentiel est de savoir si nous avons un moyen de revenir en arri&#232;re et de (re)d&#233;couvrir ce que nous avons oubli&#233;. Plus concr&#232;tement, l'essentiel est de savoir si un point de vue objectif sur le pass&#233; peut nous aider &#224; rester honn&#234;tes. Les biblioth&#232;ques nous y aident, en rassemblant du contenu et en le conservant, pour les &#233; coliers, pour les chercheurs, pour nos grand-parents. Une soci&#233;t&#233; libre suppose cette connaissance.	
							</text>
						</object>
						<object id="460">
							<ocn>460</ocn>
							<text class="norm">	
								Internet &#233; tait une exception &#224; cette r&#232;gle. Jusqu'aux Archives d'Internet, il n'y avait aucun moyen de revenir en arri&#232;re. Internet &#233; tait le medium &#233; ph&#233;m&#232;re par essence. Et maintenant, alors qu'Internet contribue de plus en plus &#224; construire et r&#233;former la soci&#233;t&#233;, il devient de plus en plus important que nous en conservions une forme historique. Il est tout &#224; fait &#233; trange de constater que nous avons pl&#233;thore d'archives de journaux de petites villes d'un peu partout dans le monde, mais qu'il n'y a qu'une seule et unique copie d'Internet: celle conserv&#233;e par les Archives d'Internet.	
							</text>
						</object>
						<object id="461">
							<ocn>461</ocn>
							<text class="norm">	
								Brewster Kahle est le fondateur des Archives d'Internet. Il eut beaucoup de succ&#232;s en tant que chercheur en informatique, et plus encore ensuite, en tant qu'entrepreneur d'Internet. Dans les ann&#233;es 90, Kahle d&#233;cida qu'il avait eu assez de succ&#232;s en affaires. Il &#233; tait temps de conna&#238;tre un autre genre de succ&#232;s. Il entreprit donc une s&#233;rie de projets destin&#233;s &#224; archiver le savoir de l'humanit&#233;. Les Archives d'Internet n'&#233;taient que le premier projet de cet Andrew Carnegie de l'Internet. En d&#233;cembre 2002, les Archives avaient d&#233;pass&#233; les 10 milliards de pages, et grossissaient d'un milliard d'autres chaque mois.	
							</text>
						</object>
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							<ocn>462</ocn>
							<text class="norm">	
								La Machine &#224; Remonter Dans le Temps constitue la plus grande archive du savoir humain de l'histoire de l'humanit&#233;. Fin 2002, elle contenait "deux cent trente Teraoctets de mat&#233;riel", et &#233; tait "dix fois plus volumineuses que la Biblioth&#232;que du Congr&#232;s". Et ce n'&#233;tait que la toute premi&#232;re des archives que Kahle projettait d'&#233;difier. En plus des Archives d'Internet, Kahle construisait des Archives T&#233;l&#233;vis&#233;es. La t&#233;l&#233;vision s'av&#232;re &#234; tre encore plus &#233; ph&#233;m&#232;re qu'Internet. Alors qu'une bonne partie de la culture du vingti&#232;me si&#232;cle a &#233; t&#233; construite via la t&#233;l&#233;vision, seule une infime partie en est accessible aujourd'hui. Trois heures d'actualit&#233;s sont enregistr&#233;es tous les soirs par l'Universit&#233; de Vanderbilt --gr&#226;ce &#224; une d&#233;rogation &#224; la loi sur le copyright. Ce contenu est index&#233;, et reste accessible aux universitaires pour un co&#252;t tr&#232;s raisonnable. "Mais en dehors de ceux-l&#224;, la t&#233;l&#233;vision est quasiment inaccessible," me confia Kahle. "Si vous &#234; tes Barbara Walters, vous avez acc&#232;s [&#224; ces archives], mais qu'en est-il si vous &#234; tes un simple &#233; tudiant ?" Ajouta Kahle,	
							</text>
						</object>
						<object id="463">
							<ocn>463</ocn>
							<text class="norm">	
								Vous rappelez-vous lorsque Dan Quayle conversait avec Murphy Brown? Vous souvenez-vous de cette exp&#233;rience surr&#233;elle d'un homme politique conversant avec un personnage de fiction t&#233;l&#233;vis&#233;e? Si vous &#233; tiez un &#233; tudiant voulant &#233; tudier cela, et si vous vouliez obtenir ces &#233; changes entre eux deux, l'&#233;pisode de 60 Minutes qui sortit apr&#232;s... ce serait presque impossible... Ce mat&#233;riel est presque introuvable...	
							</text>
						</object>
						<object id="464">
							<ocn>464</ocn>
							<text class="norm">	
								Pourquoi cela ? Pourquoi la partie de notre culture qui est sur journaux papier reste-t-elle accessible pour toujours, alors que la partie qui est sur cassettes video ne l'est pas? Comment se fait-il que nous ayons cr&#233;&#233; un monde o&#250; les chercheurs qui voudront comprendre l'influence des m&#233;dias sur l'Am&#233;rique du dix-neuvi&#232;me si&#232;cle auront moins de difficult&#233;s que ceux qui voudront comprendre l'influence des m&#233;dias sur l'Am&#233;rique du vingti&#232;me si&#232;cle ?	
							</text>
						</object>
						<object id="465">
							<ocn>465</ocn>
							<text class="norm">	
								C'est en partie &#224; cause de la loi. Au d&#233;but de la l&#233;gislation am&#233;ricaine sur le droit d'auteur, les d&#233;tenteurs de copyright devaient d&#233;poser des copies de leur ouvrage en biblioth&#232;que. Ces copies &#233; taient destin&#233;es &#224; la fois &#224; faciliter la propagation du savoir, ainsi qu'&#224; s'assurer qu'une copie serait accessible une fois le copyright expir&#233;, pour que d'autres puissent &#233; ventuellement lire et copier l'ouvrage.	
							</text>
						</object>
						<object id="466">
							<ocn>466</ocn>
							<text class="norm">	
								Ces r&#232;gles s'appliquaient &#233; galement aux films. Mais en 1915, la Biblioth&#232;que du Congr&#232;s fit une exception pour les films. Les films pouvaient &#234; tre sous copyright une fois de tels d&#233;p&#244;ts faits. Mais le cin&#233;aste avait ensuite l'autorisation de r&#233;emprunter le film ainsi d&#233;pos&#233;, sans limite de temps, gratuitement. Rien qu'en 1915, il y avait plus de 5.475 films d&#233;pos&#233;s et "r&#233;emprunt&#233;s." Donc, quand le copyright d'un film expire, il n'y en a plus aucune copie dans aucune biblioth&#232;que. La copie existe --si tant est qu'elle existe encore-- dans les archives de la soci&#233;t&#233; qui a produit le film.2	
							</text>
						</object>
						<object id="467">
							<ocn>467</ocn>
							<text class="norm">	
								En g&#233;n&#233;ral, ceci vaut aussi pour la t&#233;l&#233;vision. A l'origine les &#233; missions de t&#233;l&#233;vision n'&#233;taient pas sous copyright; il n'y avait aucun moyen d'enregistrer ces &#233; missions, il n'y avait donc aucune crainte de "vol". Mais quand la technologie permit leur capture, les diffuseurs compt&#232;rent de plus en plus sur la l&#233;gislation. La loi exigeait qu'ils fassent une copie de chaque &#233; mission pour que l'ouvrage soit copyright&#233;. Mais ces copies &#233; tait simplement d&#233;tenues par les diffuseurs. Aucune biblioth&#232;que n'avait de droits dessus; le gouvernement ne les r&#233;clamait pas. Le contenu de cette partie de la culture am&#233;ricaine est pratiquement invisible pour quiconque.	
							</text>
						</object>
						<object id="468">
							<ocn>468</ocn>
							<text class="norm">	
								Kahle &#233; tait impatient de changer cela. Avant le 11 septembre 2001, lui et ses alli&#233;s avaient commenc&#233; &#224; enregistrer la t&#233;l&#233;vision. Ils avaient choisi vingt cha&#238;nes du monde entier, et appuy&#233; sur le bouton Enregistrer. A partir du 11 septembre, Kahle, ainsi que des douzaines de collaborateurs, choisirent vingt cha&#238;nes du monde entier et mirent en ligne gratuitement la couverture de cette semaine du 11 septembre. Tout le monde pouvait voir comment les journaux t&#233;l&#233;vis&#233;s de par le monde avaient couvert cette journ&#233;e.	
							</text>
						</object>
						<object id="469">
							<ocn>469</ocn>
							<text class="norm">	
								Kahle avait le m&#234;me projet pour les films. Avec Rick Prelinger, dont les archives cin&#233;matographiques contiennent pr&#232;s de 45.000 "films eph&#233;m&#232;res" (c'est-&#224;-dire des films non produits par Hollywood, et jamais prot&#233;g&#233;s par le droit d'auteur), Kahle mit en place les Archives du Cin&#233;ma. Prelinger le laissa num&#233;riser 1300 films dans ces archives, et mettre ces films sur Internet, pour qu'ils puissent &#234; tre t&#233;l&#233;charg&#233;s gratuitement. La soci&#233;te de Prelinger est &#224; but lucratif. Elle vend des copies de ces films sous forme de pellicules. Il fit la d&#233;couverte suivante: Apr&#232;s en avoir rendu une partie significative librement accessible, ses ventes de pellicules augment&#232;rent tr&#232;s fortement. Les gens pouvaient trouver facilement le contenu qu'ils voulaient utiliser. Certains t&#233;l&#233;chargeaient ce contenu et faisaient leurs propres films. D'autres achetaient des copies afin de permettre la cr&#233;ation d'autres films. D'une mani&#232;re ou d'une autre, l'archive rendait possible l'acc&#232;s &#224; cette part importante de notre culture. Envie de voir une copie du film "Duck and Cover" qui expliquait aux enfants comment se prot&#233;ger au milieu d'une attaque nucl&#233;aire? Allez sur archive.org, et vous pourrez t&#233;l&#233;charger le film en quelques minutes -- gratuitement.	
							</text>
						</object>
						<object id="470">
							<ocn>470</ocn>
							<text class="norm">	
								Ici encore, Kahle nous donne acc&#232;s &#224; une partie de notre culture, que nous ne pourrions pas obtenir facilement d'une autre mani&#232;re, voire pas du tout. Il s'agit d'une autre partie de ce qui d&#233;finit le vingti&#232;me si&#232;cle, et que nous avons abandonn&#233;e &#224; l'histoire. La loi ne requiert pas que ces copies soient conserv&#233;es ou d&#233;pos&#233;es dans une archive par quiconque. Par cons&#233;quent, il n'existe pas de moyen simple de les trouver.	
							</text>
						</object>
						<object id="471">
							<ocn>471</ocn>
							<text class="norm">	
								Le point cl&#233; ici est l'acc&#232;s, pas le prix. Kahle veut permettre l'acc&#232;s libre &#224; ce contenu, mais il veut aussi permettre &#224; d'autres de vendre cet acc&#232;s. Son but est de s'assurer que la comp&#233;tition existe parmi ceux qui propose un acc&#232;s &#224; cette partie importante de notre culture. Pas pendant la vie commerciale d'une cr&#233;ation, mais pendant cette seconde vie que poss&#232;de toute cr&#233;ation: sa vie non-commerciale.	
							</text>
						</object>
						<object id="472">
							<ocn>472</ocn>
							<text class="norm">	
								Car voici une id&#233;e que nous devrions identifier plus clairement. Toute cr&#233;ation artistique traverse plusieurs "vies". Au cours de sa premi&#232;re vie, si le cr&#233;ateur est chanceux, le contenu est vendu. Dans ce cas le march&#233; commercial est une r&#233;ussite pour le cr&#233;ateur. La grande majorit&#233; des cr&#233;ations artistiques ne connaissent pas un tel succ&#232;s, mais c'est le cas de certaines d'entre elles. Pour ces contenus, la vie commerciale est extr&#234;mement importante. Sans ce march&#233; commercial, il y aurait, semble-t'il, beaucoup moins de cr&#233;ations.	
							</text>
						</object>
						<object id="473">
							<ocn>473</ocn>
							<text class="norm">	
								Une fois que la vie commerciale d'une cr&#233;ation a pris fin, notre tradition a toujours encourag&#233; une seconde vie. Un journal apporte les nouvelles du jour &#224; notre palier de porte. Le jour suivant, il sert &#224; emballer du poisson, ou bien &#224; combler des bo&#238;tes contenant des cadeaux fragiles, ou encore &#224; construire une archive de connaissances sur notre histoire. Au cours de cette seconde vie, le contenu peut continuer d'informer, m&#234;me si cette information n'est plus vendue.	
							</text>
						</object>
						<object id="474">
							<ocn>474</ocn>
							<text class="norm">	
								La m&#234;me chose a toujours &#233; t&#233; vraie au sujet des livres. Un livre cesse d'&#234;tre imprim&#233; tr&#232;s rapidement (aujourd'hui, en moyenne apr&#232;s un an 3). Une fois qu'il a cess&#233; d'&#234;tre imprim&#233;, il peut &#234; tre vendu dans des magasins de livres d'occasion, sans que le d&#233;tenteur de copyright n'obtienne quoi que ce soit, et il peut &#234; tre conserv&#233; dans une biblioth&#232;que, o&#250; beaucoup de gens le liront, tout aussi gratuitement. Les librairies d'occasion et les biblioth&#232;ques sont donc la seconde vie d'un livre. Cette seconde vie est extr&#234;mement importante pour la diffusion et la stabilit&#233; de la culture.	
							</text>
						</object>
						<object id="475">
							<ocn>475</ocn>
							<text class="norm">	
								Cependant, il devient de plus en plus difficile de croire en une seconde vie stable pour les cr&#233;ations artistiques, et ceci pour les composantes les plus importantes de la culture populaire des vingti&#232;me et vingt-et-uni&#232;me si&#232;cles. Pour ces composantes (t&#233;l&#233;vision, films, musique, radio, Internet), il n'y a pas de garantie d'une seconde vie. Pour ces types de culture, c'est comme si nous avions remplac&#233; nos biblioth&#232;ques par des magasins Barnes &amp; Noble. Avec cette culture, ce qui est accessible se r&#233;duit &#224; ce que demande un certain march&#233; limit&#233;. Au del&#224; de cette demande, la culture dispara&#238;t.	
							</text>
						</object>
						<object id="476">
							<ocn>476</ocn>
							<text class="norm">	
								Pendant la plus grande partie du vingti&#232;me si&#233;cle, ce sont les conditions &#233; conomiques qui en ont voulu ainsi. C'eut &#233; t&#233; une folie co&#252;teuse que de rassembler et de rendre accessibles toutes les &#233; missions de t&#233;l&#233;vision, tous les films et toute la musique existants: Le co&#252;t des copies analogiques est extraordinairement &#233; lev&#233;. Ainsi donc, bien que la loi eut en principe restreint la capacit&#233; d'un Brewster Kahle de copier la culture en g&#233;neral, la v&#233;ritable contrainte &#233; tait d'ordre &#233; conomique. Le march&#233; rendait impossible de faire quoi que ce soit contre cet &#233; ph&#233;m&#232;re; la loi n'avait que peu d'effet pratique.	
							</text>
						</object>
						<object id="477">
							<ocn>477</ocn>
							<text class="norm">	
								La caract&#233;ristique peut-&#234;tre la plus importante de la r&#233;volution num&#233;rique est que pour la premi&#232;re fois depuis la Biblioth&#232;que d'Alexandrie, il est possible d'imaginer la construction d'une archive qui contienne toute la culture produite ou distribu&#233;e publiquement. La technologie nous permet d'imaginer une archive de tous les livres publi&#233;s, et bient&#244;t de toutes les images anim&#233;es et de tous les sons.	
							</text>
						</object>
						<object id="478">
							<ocn>478</ocn>
							<text class="norm">	
								La mesure de cette archive potentielle est quelque chose que nous n'avons jamais imagin&#233; auparavant. Les Brewster Kahle de notre histoire en ont r&#234;v&#233;; mais nous arrivons &#224; un moment o&#250;, pour la premi&#232;re fois, ce r&#234;ve est devenu possible. Comme le d&#233;crit Kahle,	
							</text>
						</object>
						<object id="479">
							<ocn>479</ocn>
							<text class="norm">	
								Il semble qu'il y ait quelque deux ou trois millions d'enregistrements de musique. En tout. Il y a environ cent mille films sortis en salle, ... et entre un et deux millions de films [distribu&#233;s] durant le vingti&#232;me si&#232;cle. Il y a environ vingt-six millions de titres de livres. Tout cela tiendrait dans des ordinateurs qui tiendraient dans cette salle, et que pourrait s'offrir une petite entreprise. Nous somme donc &#224; un tournant de notre histoire. L'acc&#232;s universel est le but. Et la possibilit&#233; de vivre une vie diff&#233;rente, bas&#233;e l&#224;-dessus, donne... des frissons. Ca pourrait &#234; tre une des plus grandes fiert&#233;s de l'humanit&#233;. Avec la biblioth&#232;que d'Alexandrie, le premier homme sur la Lune, et l'invention de la machine &#224; imprimer.	
							</text>
						</object>
						<object id="480">
							<ocn>480</ocn>
							<text class="norm">	
								Kahle n'est pas le seul libraire. L'Internet Archive n'est pas la seule archive. Mais Kahle et l'Internet Archive sugg&#232;rent ce que l'avenir des biblioth&#232;ques et des archives pourrait &#234; tre. Quand s'arr&#234;te la vie commerciale d'une oeuvre? Je ne sais pas. Mais elle finit par s'arr&#234;ter. Et quand elle le fait, Kahle et son archive nous font d&#233;couvrir un monde dans lequel le savoir et la culture restent disponibles &#224; jamais. Certains s'en inspireront, pour la comprendre; d'autres pour la critiquer. Certains s'en serviront, comme Walt Disney, pour re-cr&#233;er le pass&#233; pour l'avenir. Ces technologies nous promettent quelque chose qui &#233; tait devenu inimaginable pour l'essentiel de notre pass&#233;: un futur pour notre pass&#233;. La technologie num&#233;rique pourrait r&#233;aliser &#224; nouveau le r&#234;ve de la Biblioth&#232;que d'Alexandrie.	
							</text>
						</object>
						<object id="481">
							<ocn>481</ocn>
							<text class="norm">	
								Ainsi, la technologie a supprim&#233; le co&#252;t &#233; conomique de la construction d'une telle archive. Mais il reste le co&#252;t l&#233;gal. Car, pour autant que nous puissions appeler de nos voeux ces "archives", aussi r&#233;confortante que soit l'id&#233;e d'une "biblioth&#232;que", le "contenu" qui est rassembl&#233; dans ces espaces num&#233;riques est aussi la "propri&#233;t&#233;" de quelqu'un. Et la loi sur la propri&#233;t&#233; restreint les libert&#233;s dont Kahle et les autres feraient usage.	
							</text>
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					</content>
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			<contents1>
				<heading>
					<object id="482">
						<ocn>482</ocn>
						<nametag>_10</nametag>
						<text class="heading_content_1">Propri&#233;t&#233;</text>
					</object>
				</heading>
					<content>
						<object id="483">
							<ocn>483</ocn>
							<text class="norm">	
								Jack Valenti est le pr&#233;sident de la Motion Picture Association of America depuis 1966. Il est arriv&#233; pour la premi&#232;re fois &#224; Washington dans les valises de l'administration de Lyndon Johnson. La c&#233;l&#232;bre photographie de Johnson pr&#234;tant serment dans Air Force One apr&#232;s l'assassinat du Pr&#233;sident Kennedy montre Valenti &#224; l'arri&#232;re-plan. Pendant presque quarante ans pass&#233;s &#224; la t&#234;te de la MPAA, Valenti s'est impos&#233; comme le lobbyiste peut-&#234;tre le plus en vue et le plus efficace de Washington.	
							</text>
						</object>
						<object id="484">
							<ocn>484</ocn>
							<text class="norm">	
								La MPAA est la branche am&#233;ricaine de l'International Motion Picture Association. Elle fut form&#233;e en 1922 en tant qu'association commerciale dont le but &#233; tait de d&#233;fendre les films am&#233;ricains contre des critiques int&#233;rieures croissantes. Aujourd'hui l'organisation ne repr&#233;sente pas seulement des metteurs en sc&#232;ne, mais aussi les producteurs et les distributeurs de spectacles pour la t&#233;l&#233;vision, la vid&#233;o, le c&#226;ble. Son administration est compos&#233;e des pr&#233;sidents des sept producteurs et distributeurs principaux de films et &#233; missions de t&#233;l&#233;vision aux Etats-Unis: Walt Disney, Sony Pictures Entertainment, MGM, Paramount Pictures, Twentieth Century Fox, Universal Studios, et Warner Brothers.	
							</text>
						</object>
						<object id="485">
							<ocn>485</ocn>
							<text class="norm">	
								Valenti n'est que le troisi&#232;me pr&#233;sident de la MPAA. Aucun pr&#233;sident avant lui n'avait eu autant d'influence sur cette organisation, ou sur Washington. En bon Texan, Valenti a acquis la ma&#238;trise de l'aptitude politique la plus importante dans le Sud: la capacit&#233; &#224; para&#238;tre simple et lent, tout en dissimulant une pens&#233;e rapide comme l'&#233;clair. A ce jour, Valenti joue &#224; l'homme simple et humble. Mais ce dipl&#244;m&#233; de Harvard, auteur de quatre livres, qui termina le lyc&#233;e &#224; quinze ans et effectua plus de cinquante missions a&#233;riennes de combat durant la deuxi&#232;me guerre mondiale, n'est pas Monsieur Tout-Le-Monde. Quand Valenti est all&#233; &#224; Washington, il a compris la quintessence de cette ville.	
							</text>
						</object>
						<object id="486">
							<ocn>486</ocn>
							<text class="norm">	
								En d&#233;fendant la libert&#233; artistique et la libert&#233; d'expression sur laquelle repose notre culture, la MPAA a &#233; t&#233; tr&#232;s b&#233;n&#233;fique. En cr&#233;ant son syst&#232;me de notation, la MPAA nous a probablement &#233; vit&#233; une censure dommageable. Mais il est un aspect de la mission de cette organisation qui est &#224; la fois le plus radical et le plus important: il s'agit de l'effort continuel de cette organisation, incarn&#233; par chaque acte de Valenti, pour red&#233;finir la notion de "propri&#233;t&#233; cr&#233;ative".	
							</text>
						</object>
						<object id="487">
							<ocn>487</ocn>
							<text class="norm">	
								En 1982, le discours de Valenti devant le Congr&#232;s illustrait parfaitement cette strat&#233;gie:	
							</text>
						</object>
						<object id="488">
							<ocn>488</ocn>
							<text class="norm">	
								Aussi longs soient les arguments, quelles que soient les charges et contre-charges, quels que soient les tumultes et les cris, les hommes et femmes raisonnables retourneront toujours &#224; ce probl&#232;me fondamental, le th&#232;me central qui anime tout ce d&#233;bat: Les d&#233;tenteurs de propri&#233;t&#233; intellectuelle doivent obtenir les m&#234;mes droits et protections que tous les autres d&#233;tenteurs de propri&#233;t&#233; de la nation. Voil&#224; le probl&#232;me. Voil&#224; la question. Et c'est sur ce terrain que tout ce plaidoyer, et tous les d&#233;bats qui s'ensuivront, doivent prendre place1.	
							</text>
						</object>
						<object id="489">
							<ocn>489</ocn>
							<text class="norm">	
								La strat&#233;gie de cette rh&#233;torique, comme toujours chez Valenti, est brillante et simple, et brillante parce que simple. Le "th&#232;me central" auquel les "hommes et femmes raisonnables" retourneront est celui-ci: "Les d&#233;tenteurs de propri&#233;t&#233; intellectuelle doivent obtenir les m&#234;mes droits et protections que tous les autres les d&#233;tenteurs de propri&#233;t&#233; de la nation". Valenti aurait pu continuer ainsi: "Il n'y a pas de citoyen de seconde classe. Il ne devrait donc pas y avoir de d&#233;tenteurs de propri&#233;t&#233; de seconde classe".	
							</text>
						</object>
						<object id="490">
							<ocn>490</ocn>
							<text class="norm">	
								Cette assertion poss&#232;de une force d'attraction &#233; vidente. Elle est exprim&#233;e avec tant de clart&#233; qu'elle rend l'id&#233;e &#233; vidente, aussi &#233; vidente que la notion d'utiliser des &#233; lections pour d&#233;signer les pr&#233;sidents. Mais en fait, personne parmi les gens qui prennent ce d&#233;bat au s&#233;rieux ne soutient de position plus extr&#234;me. Jack Valenti, aussi doux et brillant soit-il, est peut-&#234;tre le pire extr&#233;miste de la nation lorsqu'il s'agit de la nature et de la port&#233;e de la "propri&#233;t&#233; intellectuelle". Ses vues n'ont aucun lien raisonnable avec ce qui constitue vraiment notre tradition l&#233;gale, m&#234;me si la force discr&#232;te de son charme texan a lentement red&#233;fini cette tradition, du moins &#224; Washington.	
							</text>
						</object>
						<object id="491">
							<ocn>491</ocn>
							<text class="norm">	
								Alors que la "propri&#233;t&#233; intellectuelle" est certainement une "propri&#233;t&#233;", en un sens besogneux et pr&#233;cis que les juristes ont l'habitude de comprendre 2, il n'a jamais &#233; t&#233; le cas, et ne devrait pas l'&#234;tre, que les "d&#233;tenteurs de propri&#233;t&#233; intellectuelle" obtiennent "les m&#234;mes droits et protections que tous les autres d&#233;tenteurs de propri&#233;t&#233;". En effet, si les d&#233;tenteurs de propri&#233;t&#233; intellectuelle obtenaient les m&#234;mes droits que tous les autres d&#233;tenteurs de propri&#233;t&#233;, alors ceci instituerait un changement radical, et radicalement ind&#233;sirable, dans notre tradition.	
							</text>
						</object>
						<object id="492">
							<ocn>492</ocn>
							<text class="norm">	
								Valenti le sait. Mais il parle pour une industrie qui se fiche bien de notre tradition et des valeurs qu'elle repr&#233;sente. Il parle pour une industrie qui au contraire se bat pour restaurer la tradition que les Britanniques ont d&#233;mise en 1710. Dans le monde qui r&#233;sulterait des changements de Valenti, quelques puissants exerceraient un contr&#244;le strict sur la mani&#232;re dont notre culture serait d&#233;velopp&#233;e.	
							</text>
						</object>
						<object id="493">
							<ocn>493</ocn>
							<text class="norm">	
								J'ai deux buts dans ce chapitre. Le premier est de vous convaincre que sur le plan historique, l'assertion de Valenti est absolument fausse. Le second est de vous convaincre qu'il serait terriblement mauvais pour nous de rejetter notre histoire. Nous avons toujours trait&#233; les droits sur la propri&#233;t&#233; des cr&#233;ations diff&#233;rement des droits sur les autres types de propri&#233;t&#233;. Ils n'ont jamais &#233; t&#233; pareils aux autres droits. Et ils ne devraient devenir pareils, car, aussi contre-intuitif ceci soit-il, les rendre pareils reviendrait &#224; r&#233;duire fondamentalement la possibilit&#233; pour les nouveaux cr&#233;ateurs de cr&#233;er. La cr&#233;ativit&#233; tient &#224; ce que ses propri&#233;taires n'aient pas de contr&#244;le absolu sur elle.	
							</text>
						</object>
						<object id="494">
							<ocn>494</ocn>
							<text class="norm">	
								Les organisations comme la MPAA, dont les dirigeants comptent parmi les plus puissants de l'arri&#232;re-garde, n'ont aucun int&#233;r&#234;t, en d&#233;pit de leur rh&#233;torique, &#224; faire en sorte que les jeunes puisent les remplacer. Aucune organisation, aucune personne n'a int&#233;r&#234;t &#224; cela. (Posez-moi la question au sujet de ma chaire, par exemple.) Mais ce qui est bon pour la MPAA ne l'est pas n&#233;cessairement pour l'Am&#233;rique. Une soci&#233;t&#233; qui d&#233;fend les id&#233;aux d'une culture libre doit justement pr&#233;server la possibilit&#233; pour une cr&#233;ativit&#233; nouvelle de menacer l'ancienne.	
							</text>
						</object>
						<object id="495">
							<ocn>495</ocn>
							<text class="norm">	
								Pas besoin de chercher bien loin pour se douter que quelque chose ne tourne pas rond dans l'argumentation de Valenti: il nous suffit de lire la Constitution des Etats-Unis.	
							</text>
						</object>
						<object id="496">
							<ocn>496</ocn>
							<text class="norm">	
								Les P&#232;res Fondateurs de notre Constitution aimaient la "propri&#233;t&#233;". En fait, ils l'aimaient tellement qu'ils ont incorpor&#233; &#224; la Constitution une clause importante: si le gouvernement vous prend votre propri&#233;t&#233; (s'il vous exproprie de votre maison, ou bien s'il aquiert un terrain appartenant &#224; votre ferme), il doit, selon la "Clause des Expropriations" du Cinqui&#232;me Amendement, vous payer une "compensation juste". La Constitution garantit donc que la propri&#233;t&#233; est, en un certain sens, sacr&#233;e. Elle ne peut jamais &#234; tre soustraite &#224; son propri&#233;taire, sauf si le gouvernement paie pour ce privil&#232;ge.	
							</text>
						</object>
						<object id="497">
							<ocn>497</ocn>
							<text class="norm">	
								Et pourtant la m&#234;me constitution parle tr&#232;s diff&#233;remment &#224; propos de ce que Valenti appelle la "propri&#233;t&#233; cr&#233;ative". Dans l'article qui accorde au Congr&#232;s le pouvoir de cr&#233;er la "propri&#233;t&#233; cr&#233;ative", la Constitution exige qu'apr&#232;s un "temps limit&#233;", le Congr&#232;s abroge les droits qu'il a accord&#233; et mette la "propri&#233;t&#233; cr&#233;ative" dans le domaine public gratuit. Et quand le Congr&#232;s fait cela, quand l'expiration du terme d'un copyright vous en "exproprie" pour le mettre dans le domaine public, le Congr&#232;s n'a aucune obligation de payer une "juste indemnit&#233;" pour cette "expropriation". Au contraire, la m&#234;me constitution qui exige qu'on vous indemnise pour votre terre, exige que vous perdiez votre droit de "propri&#233;t&#233; cr&#233;ative" sans la moindre compensation.	
							</text>
						</object>
						<object id="498">
							<ocn>498</ocn>
							<text class="norm">	
								Ainsi, nominalement, la constitution stipule qu'on ne doit pas accorder les m&#234;mes droits &#224; ces deux formes de propri&#233;t&#233;. Elles doivent simplement &#234; tre trait&#233;es diff&#233;remment. Valenti ne demande donc pas juste un changement dans notre tradition, quand il soutient que les d&#233;tenteurs de "propri&#233;t&#233; cr&#233;ative" devraient obtenir les m&#234;mes privil&#232;ges que tout autre d&#233;tenteur de droit de propri&#233;t&#233;. Il plaide en effet pour un changement dans notre constitution elle-m&#234;me.	
							</text>
						</object>
						<object id="499">
							<ocn>499</ocn>
							<text class="norm">	
								R&#233;clamer un changement de notre constitution n'est pas forc&#233;ment une erreur. Notre constitution originale &#233; tait mauvaise sur bien des points. La constitution de 1789 a renforc&#233; l'esclavage ; elle pr&#233;voyait que les s&#233;nateurs soient nomm&#233;s plut&#244;t qu'&#233;lus; elle a permis au coll&#232;ge &#233; lectoral de provoquer une &#233; galit&#233; entre le pr&#233;sident et son propre vice-pr&#233;sident (comme cela s'est produit en 1800). Les P&#232;res Fondateurs &#233; taient sans doute extraordinaires, mais je serais le premier &#224; reconna&#238;tre qu'ils ont commis de grosses erreurs. Depuis lors, nous avons corrig&#233; certaines de ces erreurs; il en reste sans doute d'autres, que nous devrons corriger aussi. Ainsi je ne pense pas que si Jefferson a fait une chose, nous devions faire de m&#234;me.	
							</text>
						</object>
						<object id="500">
							<ocn>500</ocn>
							<text class="norm">	
								Au contraire, je pense que si Jefferson a fait quelque chose, nous devrions au moins tenter de comprendre pourquoi. Pourquoi les P&#232;res Fondateurs, d&#233;fenseurs fanatiques de la propri&#233;t&#233; priv&#233;e qu'ils &#233; taient, ont-ils rejet&#233; l'id&#233;e que la propri&#233;t&#233; sur les cr&#233;ations donne les m&#234;me droits que les autres types de propri&#233;t&#233;s? Pourquoi ont-ils requis l'existence d'un domaine public pour ce type de propri&#233;t&#233;?	
							</text>
						</object>
						<object id="501">
							<ocn>501</ocn>
							<text class="norm">	
								Pour r&#233;pondre &#224; cette question, nous devons prendre du recul sur l'histoire de ces droits de propri&#233;t&#233; sur les cr&#233;ations, et sur le contr&#244;le qu'ils ont rendu possible. Quand nous verrons clairement comment ces droits ont &#233; t&#233; d&#233;finis, nous serons mieux en mesure de poser la question qui devrait &#234; tre au centre de cette guerre. La question n'est pas si la propri&#233;t&#233; sur les cr&#233;ations devrait &#234; tre prot&#233;g&#233;e, mais plut&#244;t de quelle mani&#232;re. Non pas si nous allons d&#233;fendre les droits que la loi accorde aux d&#233;tenteurs de propri&#233;t&#233;s sur les cr&#233;ations, mais plut&#244;t quel doit &#234; tre l'&#233;quilibre de ces droits. Non pas si les artistes deoivent &#234; tre pay&#233;s, mais plut&#244;t si les institutions cr&#233;&#233;es pour garanir que les artistes sont pay&#233;es ont aussi besoin de contr&#244;ler la mani&#232;re dont la culture se d&#233;veloppe.	
							</text>
						</object>
						<object id="502">
							<ocn>502</ocn>
							<text class="norm">	
								Pour r&#233;pondre &#224; ces questions, nous avons besoin de concepts g&#233;n&#233;raux pour parler de la mani&#232;re dont la propri&#233;t&#233; est prot&#233;g&#233;e. Plus pr&#233;cis&#233;ment, nous avons besoin de concepts plus vastes que ceux que permet le langage juridique. Dans Code et Autes Lois du Cyberespace, j'ai utilis&#233; un mod&#232;le simple pour d&#233;crire ces concepts. Pour chaque droit ou r&#233;gulation particuli&#232;re, ce mod&#232;le montre comment quatre modalit&#233;s diff&#233;rentes interagissent, pour renforcer ou affaiblir ce droit ou cette r&#233;gulation. J'ai illustr&#233; ceci avec le diagramme suivant:	
							</text>
						</object>
						<object id="503">
							<ocn>503</ocn>
							<text class="norm">	
								<image xmlns:xlink="http://www.w3.org/1999/xlink" xlink:type="simple" xlink:actuate="onLoad" xlink:show="embed" xlink:href="../_sisu/image/freeculture01.png" width="350" height="350" />[freeculture01.png] 	
							</text>
						</object>
						<object id="504">
							<ocn>504</ocn>
							<text class="norm">	
								Au centre de ce diagramme se trouve le point r&#233;gul&#233;: l'individu ou le groupe qui est la cible du r&#233;gulation, ou le d&#233;tenteur d'un droit. (Dans chaque cas tout au long de ce paragraphe, nous pouvons d&#233;crire ceci soit comme une r&#233;gulation, soit comme un droit. Par simplicit&#233;, je parlerai seulement de r&#233;gulations.) Les ovales d&#233;crivent quatre mani&#232;res par lesquelles l'individu ou le groupe peut &#234; tre r&#233;gul&#233;-- soit contraint, soit, alternativement, permis. La loi est la contrainte la plus &#233; vidente (au moins pour les avocats). Elle contraint en mena&#231;ant de sanctions apr&#232;s les faits si les r&#232;gles d&#233;finies &#224; l'avance sont viol&#233;es. Donc si, par exemple, vous violez sciemment le copyright de Madonna en copiant une chanson de son dernier CD et la postez sur le Web, vous pouvez &#234; tre puni d'une amende de 150.000 dollars. L'amende est une punition &#224; post&#233;riori pour la violation d'une r&#232;gle pr&#233;existante. Elle est impos&#233;e par l'&#201;tat.	
							</text>
						</object>
						<object id="505">
							<ocn>505</ocn>
							<text class="norm">	
								Les normes sont un autre type de contrainte. Elles aussi punissent un individu pour avoir viol&#233; une r&#232;gle. Mais la punition d'une norme est impos&#233;e par la communaut&#233;, et non pas (ou pas seulement) par l'&#201;tat. Il n'y a peut-&#234;tre pas de loi contre le fait de cracher, mais cela ne veut pas dire que vous ne serez pas puni si vous crachez par terre en faisant la queue au cin&#233;ma. La punition n'est peut-&#234;tre pas dure, ce qui d&#233;pend toutefois de la communaut&#233;, mais elle pourrait facilement &#234; tre plus dure que bon nombre de punitions impos&#233;es par l'&#201;tat. Ce qui fait la diff&#233;rence, ce n'est pas la s&#233;v&#233;rit&#233; de la r&#232;gle, mais la source de son application.	
							</text>
						</object>
						<object id="506">
							<ocn>506</ocn>
							<text class="norm">	
								Le march&#233; est un troisi&#232;me type de contrainte. Sa contrainte est effectu&#233;e &#224; travers des conditions: vous pouvez faire X si vous payez Y; vous serez pay&#233; M si vous faites N. Ces contraintes ne sont &#233; videmment pas ind&#233;pendantes des lois et des normes -- c'est la loi de la propri&#233;t&#233; qui d&#233;finit ce qui doit &#234; tre achet&#233; si cela doit &#234; tre pris pour l&#233;gal; ce sont les normes qui disent ce qui est vendu de mani&#232;re appropri&#233;e. Mais &#233; t&#233;nt donn&#233; un ensemble de normes, et un arri&#232;re-plan de lois de propri&#233;t&#233; et de contrats, le march&#233; impose une contrainte simultan&#233;e sur comment un individu ou un groupe peuvent se comporter.	
							</text>
						</object>
						<object id="507">
							<ocn>507</ocn>
							<text class="norm">	
								Pour finir, et pour le moment, peut-&#234;tre, plus myst&#233;rieusement, l'"architecture" -- le monde pysique tel qu'on le trouve -- est une contrainte sur le comportement. Un pont &#233; croul&#233; peut contraintre votre capacit&#233; &#224; traverser une rivi&#232;re. Des voies de chemin de fer peuvent contraindre la capacit&#233; d'une communaut&#233; &#224; int&#233;grer sa vie sociale. Tout comme le march&#233;, l'architecture n'effectue pas sa contrainte &#224; travers des punitions &#224; post&#233;riori. Au lieu de cela, tout comme le march&#233;, l'architecture effectue ses contraintes &#224; travers des conditions simultan&#233;es. Ces conditions ne sont pas impos&#233;es par des tribunaux appliquant des contrats, ni par la police punissant le vol, mais par nature, par "architecture". Si un boulet d'une tonne bloque votre route, c'est la loi de la gravit&#233; qui applique cette contrainte. Si un billet d'avion de 500 dollars vous s&#233;pare d'un vol pour New York, c'est le march&#233; qui applique cette contrainte.	
							</text>
						</object>
						<object id="508">
							<ocn>508</ocn>
							<text class="norm">	
								Donc la premi&#232;re chose &#224; propos de ces quatre modalit&#233;s de r&#233;gulation est &#233; vidente : elles interagissent. Les restrictions impos&#233;es par une peuvent &#234; tre renforc&#233;es par une autre. Ou les restrictions impos&#233;es par une peuvent &#234; tre sap&#233;es par une autre.	
							</text>
						</object>
						<object id="509">
							<ocn>509</ocn>
							<text class="norm">	
								La deuxi&#232;me chose suit directement: si nous voulons comprendre la v&#233;ritable libert&#233; que quiconque poss&#232;de &#224; un moment donn&#233; pour faire une chose particuli&#232;re, nous devons consid&#233;rer comment ces quatre modalit&#233;s interagissent. Qu'il y ait ou non d'autres contraintes (il peut tr&#232;s bien il y en avoir; je ne pr&#233;tend pas &#234; tre complet), ces quatre sont parmi les plus importantes, et tout r&#233;gulateur (que ce soit de contr&#244;le ou de lib&#233;ration) doit consid&#233;rer comment ces quatre en particulier interagissent.	
							</text>
						</object>
						<object id="510">
							<ocn>510</ocn>
							<text class="norm">	
								Ainsi, par exemple, consid&#233;rez la "libert&#233;" de conduire une voiture &#224; vitesse &#233; lev&#233;e. Cette libert&#233; est en partie restreinte par les lois: des limitations de vitesse qui disent &#224; quelle vitesse vous pouvez rouler dans des endroits particuliers &#224; des moments particuliers. Elle est en partie restreinte par l'architecture: des dos d'&#226;nes, par exemple, ralentissent les conducteurs les plus raisonnables; des r&#233;gulateurs de vitesse dans des bus, un autre exemple, fixent la vitesse maximale &#224; laquelle on peut conduire. Cette libert&#233; est en partie restreinte par le march&#233;: l'efficacit&#233; du carburant diminue au fur et &#224; mesure que la vitesse augmente, et donc le prix de l'essence contraint indirectement la vitesse. Conduisez &#224; 100 km/h devant une &#233; cole dans votre propre voisinnage et vous serez vraisemblablement puni par les voisins. La m&#234;me norme ne serait pas aussi efficace dans une autre ville, ou la nuit.	
							</text>
						</object>
						<object id="511">
							<ocn>511</ocn>
							<text class="norm">	
								La derni&#232;re chose &#224; propos de ce mod&#232;le simple devrait aussi &#234; tre assez clair: alors que ces quatre modalit&#233;s sont analytiquement ind&#233;pendantes, la loi a un r&#244;le sp&#233;cial dans le fait d'affecter les trois autres3. La loi, en d'autres termes, op&#232;re parois pour augmenter ou diminuer la contrainte d'une modalit&#233; particuli&#232;re. Ainsi, la loi peut &#234; tre utilis&#233;e pour augmenter les taxes sur l'essence, afin d'augmenter l'incitation &#224; rouler moins vite. La loi peut &#234; tre utilis&#233;e pour faire installer plus de dos d'&#226;nes, afin d'augmenter la difficult&#233; de rouler vite. La loi peut &#234; tre utilis&#233;e pour financer des publicit&#233;s qui stigmatisent la conduite irrespectueuse. Ou bien la loi peut &#234; tre utilis&#233;e pour requ&#233;rir que d'autres lois soient plus strictes -- une exigence f&#233;d&#233;rale pour que les &#233; tats diminuent la vitesse maximale autoris&#233;e, par exemple -- afin de baisser l'attractivit&#233; de la conduire rapide.	
							</text>
						</object>
						<object id="512">
							<ocn>512</ocn>
							<text class="norm">	
								<image xmlns:xlink="http://www.w3.org/1999/xlink" xlink:type="simple" xlink:actuate="onLoad" xlink:show="embed" xlink:href="../_sisu/image/freeculture02.png" width="540" height="350" />[freeculture02.png] 	
							</text>
						</object>
						<object id="513">
							<ocn>513</ocn>
							<text class="norm">	
								Ces contraintes peuvent ainsi changer, et elle peuvent &#234; tre chang&#233;es. Pour comprendre la protection efficace de la libert&#233; ou celle de la propri&#233;t&#233; &#224; chaque moment, nous devons suivre ces changements au fil du temps. Une restriction impos&#233;e par une modalit&#233; peut &#234; tre effac&#233;e par une autre. Une libert&#233; permise par une modalit&#233; peut &#234; tre chass&#233;e par une autre4.	
							</text>
						</object>
					</content>
				<contents2>
					<heading>
						<object id="514">
							<ocn>514</ocn>
							<text class="heading_content_2">Pourquoi Hollywood a raison</text>
						</object>
					</heading>
					<content>
						<object id="515">
							<ocn>515</ocn>
							<text class="norm">	
								Ce que ce mod&#232;le r&#233;v&#232;le de plus &#233; vident est simplement pourquoi, ou en quoi, Hollywood a raison. Les d&#233;fenseurs du copyright ont ralli&#233; &#224; leur cause le Congr&#232;s et les tribunaux. Ce mod&#232;le nous aide &#224; comprendre le sens de ce ralliement.	
							</text>
						</object>
						<object id="516">
							<ocn>516</ocn>
							<text class="norm">	
								Disons que cette image illustre les r&#232;gles du copyright avant Internet :	
							</text>
						</object>
						<object id="517">
							<ocn>517</ocn>
							<text class="norm">	
								<image xmlns:xlink="http://www.w3.org/1999/xlink" xlink:type="simple" xlink:actuate="onLoad" xlink:show="embed" xlink:href="../_sisu/image/freeculture01.png" width="350" height="350" />[freeculture01.png] 	
							</text>
						</object>
						<object id="518">
							<ocn>518</ocn>
							<text class="norm">	
								Il y a un &#233; quilibre entre la loi, les normes sociales, le march&#233; et l'architecture technique. La loi limite la possibilit&#233; de copier et partager du contenu en imposant des p&#233;nalit&#233;s &#224; ceux qui copient et partagent. Ces p&#233;nalit&#233;s sont renforc&#233;es par des technologies qui rendent copie et partage difficiles (architecture) et co&#252;teux (march&#233;). Cependant, ces p&#233;nalit&#233;s sont att&#233;nu&#233;es par des habitudes que nous admettons tous - par exemple le fait pour des jeunes d'enregistrer les disques de leurs copains. Ces utilisations de contenu sous copyright peuvent bien constituer des infractions, les normes de notre soci&#233;t&#233;, du moins avant Internet, ne font pas de ces infractions un probl&#232;me.	
							</text>
						</object>
						<object id="519">
							<ocn>519</ocn>
							<text class="norm">	
								Voil&#224; qu'arrive Internet, ou, plus pr&#233;cis&#233;ment, des technologies comme le format MP3 ou le partage de fichiers ("peer to peer"). L&#224;, les contraintes li&#233;es &#224; l'architecture changent radicalement, tout comme celles venant du march&#233;. Et pendant que march&#233; et architecture de concert assouplissent les r&#232;gles du copyright, les normes renforcent cette tendance. L'&#233;quilibre satisfaisant (pour les d&#233;fenseurs du moins) qui pr&#233;valait avant Internet devient de fait un &#233; tat d'anarchie.	
							</text>
						</object>
						<object id="520">
							<ocn>520</ocn>
							<text class="norm">	
								D'o&#250; le sens de la r&#233;ponse des d&#233;fenseurs, et sa justification. La technologie a chang&#233;, disent ces d&#233;fenseurs, et la cons&#233;quence de ce changement, une fois qu'il s'est diffus&#233; au travers du march&#233; et des normes, est que l'&#233;quilibre des protections dont jouissaient les d&#233;tenteurs de droits a disparu.	
							</text>
						</object>
						<object id="521">
							<ocn>521</ocn>
							<text class="norm">	
								<image xmlns:xlink="http://www.w3.org/1999/xlink" xlink:type="simple" xlink:actuate="onLoad" xlink:show="embed" xlink:href="../_sisu/image/freeculture03.png" width="350" height="350" />[freeculture03.png] 	
							</text>
						</object>
						<object id="522">
							<ocn>522</ocn>
							<text class="norm">	
								C'est l'Irak apr&#232;s la chute de Saddam, mais &#224; l'heure actuelle aucun gouvernement ne justifie le pillage qui s'ensuit.	
							</text>
						</object>
						<object id="523">
							<ocn>523</ocn>
							<text class="norm">	
								Pas plus cette analyse que les conclusions qui suivent ne sont nouveaux pour les d&#233;fenseurs. En effet, dans un "livre blanc" pr&#233;par&#233; par le D&#233;partement du commerce (un d&#233;partement lourdement influenc&#233; par les d&#233;fenseurs du copyright) en 1995, cette confusion de modalit&#233;s r&#233;gulatrices a d&#233;j&#224; &#233; t&#233; identifi&#233;e, et la strat&#233;gie pour y r&#233;pondre d&#233;j&#224; &#233; labor&#233;e. En r&#233;ponse aux changements apport&#233;s par Internet, le livre blanc affirme que (1) le Congr&#232;s devrait durcir les lois prot&#233;geant la propri&#233;t&#233; intellectuelle, (2) les entreprises devraient adopter de nouvelles techniques de marketing, (3) les techniciens devraient &#234; tre incit&#233;s &#224; d&#233;velopper du code prot&#233;geant les contenus, (4) les &#233; ducateurs devraient apprendre aux jeunes &#224; mieux respecter le copyright.	
							</text>
						</object>
						<object id="524">
							<ocn>524</ocn>
							<text class="norm">	
								Cette strat&#233;gie composite est juste ce dont le copyright aurait besoin - s'il s'agissait de pr&#233;server cet &#233; quilibre particulier qui existait avant le changement apport&#233; par Internet. Et c'est juste ce qu'on peut s'attendre &#224; ce que les industries du contenu exigent. C'est aussi am&#233;ricain que la tarte aux pommes de consid&#233;rer l'existence agr&#233;able dont vous jouissez comme un droit, et d'attendre de la loi qu'elle prot&#232;ge ce droit si quelque chose se produit qui l'alt&#232;re. Les propri&#233;taires qui habitent dans le lit d'un fleuve n'h&#233;sitent pas &#224; en appeler au gouvernement pour reconstruire (et reconstruire encore) leur maison lorsque le fleuve (architecture) d&#233;borde sur leur propri&#233;t&#233; (loi). Les agriculteurs n'h&#233;sitent pas &#224; en appeler au gouvernement pour les tirer d'affaire lorsqu'un virus (architecture) d&#233;vaste leurs troupeaux. Les syndicats n'h&#233;sitent pas &#224; en appeler au gouvernement lorsque les importations (march&#233;) d&#233;truisent l'industrie sid&#233;rurgique des U.S.A.	
							</text>
						</object>
						<object id="525">
							<ocn>525</ocn>
							<text class="norm">	
								C'est pourquoi il n'y a rien d'anormal ni de surprenant dans la campagne men&#233;e par l'industrie du contenu pour se prot&#233;ger des cons&#233;quences n&#233;fastes d'une innovation technologique. Et je serais la derni&#232;re personne &#224; pr&#233;tendre que la technologie mouvante d'Internet n'a pas eu un effet profond sur la fa&#231;on de mener les affaires pour l'industrie du contenu, ou comme le d&#233;crit John Seely Brown, sur son "architecture de revenus".	
							</text>
						</object>
						<object id="526">
							<ocn>526</ocn>
							<text class="norm">	
								Mais ce n'est pas parce qu'un int&#233;r&#234;t particulier demande l'aide du gouvernement que cette aide doit n&#233;cessairement &#234; tre accord&#233;e. Et ce n'est pas parce que le changement technologique a affaibli une mani&#232;re particuli&#232;re de faire des affaires que le gouvernement doit n&#233;cessairement intervenir pour sauver cette ancienne mani&#232;re de faire des affaires. Kodak, par exemple, a perdu de l'ordre de 20% du march&#233; traditionnel de la pellicule au profit du march&#233; montant des appareils photos num&#233;riques5. Y-a t'il quelqu'un pour penser que le gouvernement devrait interdire les appareils num&#233;riques juste pour soutenir Kodak ? Les autoroutes ont nuit au transport par rail. Y-a-t'il quelqu'un pour penser qu'il faudrait interdire les semi-remorques simplement "dans le but" de prot&#233;ger le rail ? En restant plus pr&#232;s du sujet de ce livre, les t&#233;l&#233;commandes ont nuit &#224; la publicit&#233; t&#233;l&#233;vis&#233;e (si un clip ennuyeux passe sur le petit &#233; cran, la t&#233;l&#233;commande rend tr&#232;s facile de zapper), et il se peut bien que ce changement ait nuit au march&#233; de la publicit&#233; t&#233;l&#233;vis&#233;e. Mais est-ce qu'il y a quelqu'un pour penser qu'il faudrait r&#233;glementer l'usage de la t&#233;l&#233;commande pour soutenir la t&#233;l&#233;vision commerciale ? (peut-&#234;tre en ne permettant de zapper qu'une fois par minute, ou de ne passer que sur dix canaux par heure ?)	
							</text>
						</object>
						<object id="527">
							<ocn>527</ocn>
							<text class="norm">	
								La r&#233;ponse &#233; vidente &#224; toutes ces questions, qui ne sont bien s&#252;r que rh&#233;toriques, est &#233; videmment non. Dans une soci&#233;t&#233; libre, avec un march&#233; libre, soutenu par des entreprises libres et un commerce libre, le r&#244;le du gouvernement n'est pas de soutenir une mani&#232;re de faire des affaires au d&#233;triment d'une autre. Son r&#244;le n'est pas de choisir un vainqueur et de le prot&#233;ger de tout &#233; chec. Si le gouvernement faisait cela de fa&#231;on habituelle, nous n'aurions jamais aucun progr&#232;s. Comme Bill Gates, le pr&#233;sident de Microsoft l'a &#233; crit en 1991, dans une note critiquant les brevets logiciels, "les entreprises &#233; tablies ont int&#233;r&#234;t &#224; &#233; vincer leurs futurs concurrents"6. Et en ce qui concerne les start-ups, les entreprises &#233; tablies ont aussi les moyens de faire cela (songez aux radios RCA et FM). Un monde o&#250; des concurrents arrivant avec de nouvelles id&#233;es doivent se battre non seulement contre le march&#233;, mais aussi contre le gouvernement, est un monde o&#250; les id&#233;es nouvelles n'ont aucune chance de succ&#232;s. C'est un monde qui va vers la stagnation. C'est l'Union sovi&#233;tique sous Brejnev.	
							</text>
						</object>
						<object id="528">
							<ocn>528</ocn>
							<text class="norm">	
								Donc, tandis qu'il est compr&#233;hensible que les industries menac&#233;es par les nouvelles technologies qui compromettent leurs m&#233;thodes commerciales sollicitent la protection du gouvernement, c'est un devoir particulier des politiques de garantir que cette protection ne compromet pas le progr&#232;s. C'est le devoir des hommes politiques, en d'autres termes, de garantir que les mesures qu'ils prennent en r&#233;ponse aux demandes de ceux qui ont &#233; t&#233; l&#233;s&#233;s par le changement technologique, sont des mesures qui pr&#233;servent motivation et opportunit&#233;s d'innovation.	
							</text>
						</object>
						<object id="529">
							<ocn>529</ocn>
							<text class="norm">	
								Dans le contexte des lois qui r&#233;glementent l'expression -- ce qui inclut, &#233; videmment, la loi sur le copyright -- ce devoir est encore plus imp&#233;rieux. Quand l'industrie, se plaignant des changements technologiques, exige du Congr&#232;s des mesures qui p&#232;sent sur l'expression et la cr&#233;ativit&#233;, les politiciens devraient &#234; tre particuli&#232;rement prudents. C'est toujours une mauvaise pratique pour le gouvernement de r&#233;glementer les march&#233;s de l'expression. Les risques encourus &#224; ce jeu l&#224; sont pr&#233;cis&#233;ment ceux pour lesquels les auteurs de notre constitution ont institu&#233; le premier amendement : "Le Congr&#232;s ne doit &#233; dicter aucune loi... restreignant la libert&#233; d'expression". Ainsi, lorsqu'on demande au Congr&#232;s d'examiner une loi qui risque de "restreindre" la libert&#233; d'expression, il devrait examiner - et soigneusement - si une telle r&#233;glementation est justifi&#233;e.	
							</text>
						</object>
						<object id="530">
							<ocn>530</ocn>
							<text class="norm">	
								L'argument que je vais d&#233;velopper maintenant, n'a rien a voir avec l'hypoth&#232;se selon laquelle les changements r&#233;clam&#233;s par les d&#233;fenseurs du copyright sont "justifi&#233;s". Cet argument concerne leurs effets. Mais avant d'en venir &#224; la question de la justification, une question difficile qui d&#233;pend beaucoup de vos valeurs personnelles, il faut d'abord se demander si nous &#233; valuons bien les cons&#233;quences des changements que souhaite l'industrie du contenu.	
							</text>
						</object>
						<object id="531">
							<ocn>531</ocn>
							<text class="norm">	
								Voici une m&#233;taphore qui illustrera l'argumentation qui suit. En 1873, le DDT a &#233; t&#233; synth&#233;tis&#233; pour la premi&#232;re fois. En 1948, le chimiste suisse Paul Hermann Muller a re&#231;u le prix Nobel pour son travail d&#233;montrant les propri&#233;t&#233;s insecticides du DDT. Dans les ann&#233;es 50, cet insecticide a &#233; t&#233; tr&#232;s largement utilis&#233; pour combattre les parasites porteurs de maladie, ainsi que pour augmenter la production agricole.	
							</text>
						</object>
						<object id="532">
							<ocn>532</ocn>
							<text class="norm">	
								Personne ne met en doute le fait que supprimer des parasites ou augmenter la production du b&#233;tail soit une bonne chose. Personne ne met en doute le fait que le travail de Muller a &#233; t&#233; de valeur et qu'il a probablement sauv&#233; des vies, peut-&#234;tre m&#234;me des millions.	
							</text>
						</object>
						<object id="533">
							<ocn>533</ocn>
							<text class="norm">	
								Mais en 1962, Rachel Carson a publi&#233; "Printemps silencieux", qui d&#233;montre que le DDT, quels qu'aient &#233; t&#233; les bienfaits qu'il a apport&#233;s au d&#233;but, a eu aussi des cons&#233;quences impr&#233;vues sur l'environnement. Les oiseaux ont perdu leur capacit&#233; &#224; se reproduire, toute la cha&#238;ne &#233; cologique a &#233; t&#233; d&#233;truite.	
							</text>
						</object>
						<object id="534">
							<ocn>534</ocn>
							<text class="norm">	
								Personne n'a pour but de d&#233;truire l'environnement et Paul Muller n'a certainement jamais voulu faire de mal aux oiseaux. Mais l'effort d&#233;ploy&#233; pour r&#233;soudre un ensemble de probl&#232;mes a produit un autre ensemble de probl&#232;mes, bien plus graves aux yeux de certains que ceux qu'on avait cherch&#233; &#224; r&#233;soudre en premier lieu. Ou plus pr&#233;cis&#233;ment, les probl&#232;mes caus&#233;s par le DDT ont &#233; t&#233; pires que ceux qu'il a r&#233;solus, du moins si l'on consid&#232;re les autres mani&#232;res, plus &#233; cologiques, d'atteindre le but qu'il &#233; tait cens&#233; atteindre.	
							</text>
						</object>
						<object id="535">
							<ocn>535</ocn>
							<text class="norm">	
								C'est pr&#233;cis&#233;ment &#224; cette image que James Boyle, professeur de droit &#224; l'Universit&#233; de Duke, fait appel lorsqu'il soutient que nous avons besoin d'une "&#233;cologie" de la culture7. Dans sa perspective, tout comme dans celle que je d&#233;fend dans ce chapitre, le probl&#232;me n'est pas que le but du copyright est mauvais, ou que les auteurs ne devraient pas &#234; tre pay&#233;s pour leur travail, ou que la musique devrait &#234; tre distribu&#233;e gratuitement. Ce qui compte, c'est que certains des moyens que nous pourrions employer pour prot&#233;ger les auteurs risquent d'avoir des cons&#233;quences impr&#233;visibles pour l'environnement culturel, tout comme le DDT en a eues pour l'environnement naturel. Et, tout comme les critiques faites au DDT ne constituent pas une apologie de la malaria ou une attaque contre les agriculteurs, de m&#234;me la critique d'un ensemble particulier de mesures de protection du copyright ne constitue pas une apologie de l'anarchie ou une attaque de leurs auteurs. Nous cherchons seulement un environnement favorable &#224; la cr&#233;ation, et nous devrions pr&#234;ter attention aux cons&#233;quences de nos actions sur cet environnement.	
							</text>
						</object>
						<object id="536">
							<ocn>536</ocn>
							<text class="norm">	
								Mon argumentation, dans le cadre de ce chapitre, tente de cartographier ces cons&#233;quences. Il n'y a aucun doute sur le fait qu'Internet a eu un effet spectaculaire sur la capacit&#233; des d&#233;tenteurs de copyright &#224; prot&#233;ger leurs contenus. Mais il ne devrait non plus y avoir que peu de doute sur le fait que si vous additionnez les changements effectu&#233;s au fil du temps aux lois concernant le copyright au changement technique qu'Internet subit &#224; l'heure actuelle, le r&#233;sultat ne se r&#233;duira pas &#224; une protection efficace des oeuvres sous copyright. Le r&#233;sultat de cette augmentation massive de protection sera d&#233;vastateur pour l'environnement de la cr&#233;ativit&#233;.	
							</text>
						</object>
						<object id="537">
							<ocn>537</ocn>
							<text class="norm">	
								En une phrase : pour nous d&#233;barrasser d'un moustique, nous r&#233;pandons du DDT, avec des effets sur la culture libre bien plus d&#233;vastateurs que ceux qu'aurait caus&#233;s ce moustique.	
							</text>
						</object>
					</content>
				</contents2>
				<contents2>
					<heading>
						<object id="538">
							<ocn>538</ocn>
							<text class="heading_content_2">D&#233;buts</text>
						</object>
					</heading>
					<content>
						<object id="539">
							<ocn>539</ocn>
							<text class="norm">	
								L'Am&#233;rique a copi&#233; les lois anglaises sur le copyright. En fait, nous les avons copi&#233;es en les am&#233;liorant. Notre constitution rend le but de la "propri&#233;t&#233; des cr&#233;ations" tr&#232;s clair ; les limitations explicites de ces lois renforcent l'intention initiale des anglais d'&#233;viter que les &#233; diteurs aient un pouvoir excessif.	
							</text>
						</object>
						<object id="540">
							<ocn>540</ocn>
							<text class="norm">	
								Le pouvoir d'&#233;tablir les lois concernant la "propri&#233;t&#233; des cr&#233;ations" est accord&#233; au Congr&#232;s d'une mani&#232;re qui, pour notre constitution du moins, est tr&#232;s bizarre. L'Article I, section 8, clause 8 de notre Constitution &#233; tablit que :	
							</text>
						</object>
						<object id="541">
							<ocn>541</ocn>
							<text class="norm">	
								Le Congr&#232;s a le pouvoir de promouvoir le progr&#232;s des sciences et techniques en assurant pour un temps limit&#233; aux auteurs et inventeurs un droit exclusif sur leurs &#233; crits et d&#233;couvertes respectifs.	
							</text>
						</object>
						<object id="542">
							<ocn>542</ocn>
							<text class="norm">	
								Nous pouvons appeler cela une "clause de progr&#232;s", pour mettre en lumi&#232;re ce que cette clause ne dit pas. Elle ne dit pas que le Congr&#232;s a le pouvoir d'accorder des "droits de propri&#233;t&#233; sur les cr&#233;ations". Elle dit que le Congr&#232;s a le pouvoir de promouvoir le progr&#232;s. Son objet est d'accorder un pouvoir, et il s'agit d'un but public, pas le but d'enrichir des &#233; diteurs, ni m&#234;me initialement de r&#233;mun&#233;rer les auteurs.	
							</text>
						</object>
						<object id="543">
							<ocn>543</ocn>
							<text class="norm">	
								La clause de progr&#232;s limite explicitement la dur&#233;e du copyright. Comme nous l'avons vu au chapitre 6, les anglais ont limit&#233; la dur&#233;e du copyright pour garantir qu'un petit nombre ne puisse pas exercer un contr&#244;le disproportionn&#233; sur la culture en ayant un contr&#244;le exag&#233;r&#233; sur la publication. Nous pouvons supposer que les auteurs de la Constitution ont imit&#233; les anglais dans un but similaire. En fait, contrairement aux anglais, ces auteurs ont renforc&#233; cet objectif en exigeant que le copyright ne s'applique qu'aux "auteurs".	
							</text>
						</object>
						<object id="544">
							<ocn>544</ocn>
							<text class="norm">	
								La conception de cette clause de progr&#232;s refl&#232;te la conception de la Constitution en g&#233;n&#233;ral. Lorsqu'ils voulaient &#233; viter un probl&#232;me, ses auteurs ont &#233; tabli une structure. Pour ne pas concentrer le pouvoir aux mains des &#233; diteurs, ils ont &#233; tabli une structure qui exclut les &#233; diteurs du copyright et n'accorde qu'une dur&#233;e br&#232;ve &#224; celui-ci. Pour ne pas concentrer le pouvoir aux mains d'une &#233; glise, ils ont interdit au gouvernement de fonder une &#233; glise. Pour ne pas concentrer le pouvoir aux mains du gouvernement f&#233;d&#233;ral, ils ont cr&#233;&#233; des structures qui &#233; tendent le pouvoir des &#233; tats -- ce qui inclut le S&#233;nat dont les membres &#224; cette &#233; poque &#233; taient d&#233;sign&#233;s par les &#233; tats, et un coll&#232;ge &#233; lectoral, lui aussi d&#233;sign&#233; par les &#233; tats, pour choisir le pr&#233;sident. Dans chaque cas, il y a une structure qui exerce une surveillance et cr&#233;&#233; un &#233; quilibre dans le cadre constitutionnel, con&#231;ue pour &#233; viter une concentration de pouvoir qui serait in&#233;vitable autrement.	
							</text>
						</object>
						<object id="545">
							<ocn>545</ocn>
							<text class="norm">	
								Je ne pense pas que les auteurs de notre constitution reconnaitraient le r&#232;glement que nous appelons "copy-right" (NDT : "droit-de-copie") aujourd'hui. Le champ d'application de ce r&#232;glement va bien au del&#224; de tout ce qu'ils ont pu imaginer. Pour commencer &#224; comprendre ce qu'ils ont fait, il faut replacer notre "copyright" dans son contexte : il faut voir en quoi il a chang&#233; pendant les 210 ann&#233;es &#233; coul&#233;es depuis sa conception.	
							</text>
						</object>
						<object id="546">
							<ocn>546</ocn>
							<text class="norm">	
								Certains de ces changements proviennent de la loi : certains pour tenir compte de changements technologiques et certains pour tenir compte de changements technologiques dans le contexte d'une concentration particuli&#232;re de pouvoir au niveau du march&#233;. Dans le langage de notre mod&#232;le, nous sommes partis d'ici :	
							</text>
						</object>
						<object id="547">
							<ocn>547</ocn>
							<text class="norm">	
								<image xmlns:xlink="http://www.w3.org/1999/xlink" xlink:type="simple" xlink:actuate="onLoad" xlink:show="embed" xlink:href="../_sisu/image/freeculture01.png" width="350" height="350" />[freeculture01.png] 	
							</text>
						</object>
						<object id="548">
							<ocn>548</ocn>
							<text class="norm">	
								Nous finirons l&#224; :	
							</text>
						</object>
						<object id="549">
							<ocn>549</ocn>
							<text class="norm">	
								<image xmlns:xlink="http://www.w3.org/1999/xlink" xlink:type="simple" xlink:actuate="onLoad" xlink:show="embed" xlink:href="../_sisu/image/freeculture04.png" width="310" height="350" />[freeculture04.png] 	
							</text>
						</object>
						<object id="550">
							<ocn>550</ocn>
							<text class="norm">	
								Je vais maintenant m'expliquer.	
							</text>
						</object>
					</content>
				</contents2>
				<contents2>
					<heading>
						<object id="551">
							<ocn>551</ocn>
							<text class="heading_content_2">Loi: dur&#233;e</text>
						</object>
					</heading>
					<content>
						<object id="552">
							<ocn>552</ocn>
							<text class="norm">	
								Lorsque le premier Congr&#232;s a &#233; dict&#233; des lois pour prot&#233;ger la propri&#233;t&#233; des cr&#233;ations, il s'est trouv&#233; en face de la m&#234;me incertitude concernant le statut de cette propri&#233;t&#233; auquel les anglais avaient &#233; t&#233; confront&#233;s en 1774. Beaucoup d'&#233;tats avaient fait passer des lois prot&#233;geant la propri&#233;t&#233; des cr&#233;ations, et certains pensent que ces lois ne faisaient que compl&#233;ter les lois ordinaires prot&#233;geant d&#233;j&#224; la cr&#233;ation8. Ce qui signifie qu'il n'y avait pas de domaine public garanti aux &#201; tats Unis en 1790. Si les copyrights &#233; taient prot&#233;g&#233;s par la loi commune, alors il n'y avait aucun moyen simple de savoir si une oeuvre publi&#233;e aux &#201; tats Unis &#233; tait libre ou sous protection. Tout comme en Angleterre, cette incertitude durable emp&#234;chait les &#233; diteurs de se reposer sur un domaine public pour la republication et la diffusion des oeuvres.	
							</text>
						</object>
						<object id="553">
							<ocn>553</ocn>
							<text class="norm">	
								Cette incertitude a pris fin lorsque le Congr&#232;s a vot&#233; une l&#233;gislation accordant des copyrights. Comme la loi f&#233;d&#233;rale a pr&#233;c&#233;dence sur toute loi contraire d'un &#233; tat, les protections f&#233;d&#233;rales des oeuvres sous copyright annulent toute protection due &#224; la loi d'un &#233; tat. Tout comme en Angleterre le "statut d'Anne" garantit que les copyrights de toutes les oeuvres anglaises finissent par expirer, une loi f&#233;d&#233;rale stipulait que tout copyright accord&#233; par un &#233; tat devait expirer &#233; galement.	
							</text>
						</object>
						<object id="554">
							<ocn>554</ocn>
							<text class="norm">	
								En 1790, le Congr&#232;s a &#233; dict&#233; la premi&#232;re loi sur le copyright. Il a institu&#233; un copyright f&#233;d&#233;ral et garanti ce copyright pour quatorze ans. Si l'auteur &#233; tait encore en vie &#224; l'issue de ces quatorze ann&#233;es, alors il pouvait choisir de renouveler ce copyright pour quatorze autres ann&#233;es. S'il ne le renouvelait pas, son oeuvre passait dans le domaine public.	
							</text>
						</object>
						<object id="555">
							<ocn>555</ocn>
							<text class="norm">	
								Alors que de nombreuses oeuvres ont &#233; t&#233; cr&#233;&#233;es aux &#201; tats Unis pendant les dix premi&#232;res ann&#233;es de la r&#233;publique, seulement 5 pour cent de ces oeuvres &#233; taient en fait enregistr&#233;es sous le r&#233;gime du copyright f&#233;d&#233;ral. De toutes les oeuvres cr&#233;&#233;es aux &#201; tats Unis avant 1790 et de 1790 &#224; 1800, 95 pour cent sont pass&#233;es imm&#233;diatement dans le domaine public ; le domaine public a eu un poids pr&#233;pond&#233;rant pendant vingt huit ans au moins, et probablement pendant quarante ans9.	
							</text>
						</object>
						<object id="556">
							<ocn>556</ocn>
							<text class="norm">	
								Ce syst&#232;me de renouvellement constituait une pi&#232;ce critique du syst&#232;me am&#233;ricain de copyright. Il garantissait que la dur&#233;e maximum du copyright serait accord&#233;e uniquement lorsque c'&#233;tait souhaitable. &#192; l'issue de la p&#233;riode initiale de quatorze ans, si l'auteur ne prenait pas la peine de renouveler le copyright, alors ce n'&#233;tait pas la peine que la soci&#233;t&#233; maintienne le copyright non plus.	
							</text>
						</object>
						<object id="557">
							<ocn>557</ocn>
							<text class="norm">	
								Quatorze ans ne semblent peut-&#234;tre pas une longue p&#233;riode de temps pour nous, mais pour la grande majorit&#233; des d&#233;tenteurs de copyright &#224; cette &#233; poque, c'&#233;tait bien assez long : seule une petite minorit&#233; d'entre eux renouvelait leur copyright ; la mesure permettait que leur travail passe dans le domaine public10.	
							</text>
						</object>
						<object id="558">
							<ocn>558</ocn>
							<text class="norm">	
								Encore aujourd'hui, cette structure serait pertinente. La plupart des cr&#233;ations n'a qu'une vie commerciale de quelques ann&#233;es. La plupart des livres sont &#233; puis&#233;s en moins d'un an11. Lorsque cela se produit, la vente des livres d'occasion n'est plus soumise aux r&#232;gles du copyright. Ainsi les livres ne sont plus en fait sous le contr&#244;le du copyright. Le seul usage commercial de ces livres est la vente de livres d'occasion ; cet usage -- qui n'implique pas de publication -- est libre en effet.	
							</text>
						</object>
						<object id="559">
							<ocn>559</ocn>
							<text class="norm">	
								Au cours des cent premi&#232;res ann&#233;es de la R&#233;publique, la dur&#233;e du copyright a chang&#233; une fois. En 1831, cette dur&#233;e est pass&#233;e d'un maximum de 28 ans &#224; un maximum de 42 ans en augmentant la dur&#233;e initiale du copyright de 14 &#224; 28 ans. Dans les cinquante ans qui ont suivi, cette dur&#233;e a augment&#233; une nouvelle fois. En 1909, le Congr&#232;s a &#233; tendu la dur&#233;e de la p&#233;riode de renouvellement de 14 &#224; 28 ans, portant la dur&#233;e maximum &#224; 56 ans.	
							</text>
						</object>
						<object id="560">
							<ocn>560</ocn>
							<text class="norm">	
								Puis, au d&#233;but de 1962, le Congr&#232;s a adopt&#233; une pratique qui a servi depuis &#224; d&#233;finir la loi sur le copyright. Onze fois durant les quarante derni&#232;res ann&#233;es, le Congr&#232;s a augment&#233; la dur&#233;e de copyrights existants ; deux fois durant cette p&#233;riode, il a allong&#233; la dur&#233;e de futurs copyrights. Au d&#233;but, ces allongements &#233; taient courts, de l'ordre de un &#224; deux ans. En 1976, le congr&#232;s a allong&#233; tous les copyrights existants de dix neuf ans. Et en 1998, avec le "Sonny Bono Copyright Term Extension Act", il a allong&#233; la dur&#233;e des copyrights existants et futurs de vingt ans.	
							</text>
						</object>
						<object id="561">
							<ocn>561</ocn>
							<text class="norm">	
								L'effet de ces allongements est simplement de p&#233;naliser, ou de retarder, le passage des oeuvres dans le domaine public. Ce dernier allongement signifie que le domaine public a &#233; t&#233; p&#233;nalis&#233; de trente neuf ans &#224; partir de cinquante cinq ans, ce qui fait une augmentation de 70 pour cent depuis 1962. Donc, pendant les vingt ans qui s'&#233;couleront apr&#232;s l'&#233;diction du "Sonny Bono Act", tandis qu'un million de brevets tomberont dans le domaine public, aucun copyright n'arrivera &#224; l'expiration de sa dur&#233;e l&#233;gale.	
							</text>
						</object>
						<object id="562">
							<ocn>562</ocn>
							<text class="norm">	
								L'effet de ces allongements a encore &#233; t&#233; exag&#233;r&#233; par un autre changement, peu remarqu&#233; de la loi sur le copyright. Souvenez-vous, j'ai dit que les initiateurs de la loi avaient pr&#233;vu un r&#233;gime en deux temps, obligeant un d&#233;tenteur de copyright &#224; le renouveler &#224; l'issue de sa dur&#233;e initiale. Cette exigence de renouvellement permettait que les oeuvres pour lesquelles la protection du copyright n'&#233;tait plus n&#233;cessaire passent plus vite dans le domaine public. Les oeuvres restant prot&#233;g&#233;es &#233; tant celles qui continuaient d'avoir une valeur commerciale.	
							</text>
						</object>
						<object id="563">
							<ocn>563</ocn>
							<text class="norm">	
								Les &#201; tats Unis ont abandonn&#233; ce syst&#232;me raisonnable en 1976. Pour les oeuvres cr&#233;&#233;es apr&#232;s 1978, il n'a plus exist&#233; qu'une seule dur&#233;e du copyright -- la dur&#233;e maximale. Pour des auteurs personnes physiques, cette dur&#233;e &#233; tait de cinquante ans apr&#232;s leur mort. Pour les entreprises, cette dur&#233;e &#233; tait de soixante quinze ans. Puis, en 1992, le Congr&#232;s a abandonn&#233; l'exigence de renouvellement pour toutes les oeuvres cr&#233;&#233;es avant 1978. A toutes les oeuvres encore sous copyright &#233; tait accord&#233; la dur&#233;e maximale possible. Apr&#232;s le Sonny Bono Act, cette dur&#233;e &#233; tait de quatre vingt quinze ans.	
							</text>
						</object>
						<object id="564">
							<ocn>564</ocn>
							<text class="norm">	
								Ce changement faisait que la loi am&#233;ricaine n'avait plus aucun moyen de garantir automatiquement que les oeuvres n'&#233;tant plus exploit&#233;es tombent dans le domaine public. Le domaine public est devenu orphelin apr&#232;s ces changements de l&#233;gislation. Malgr&#233; l'exigence d'avoir une dur&#233;e limit&#233;e, nous n'avons aucune preuve que quelque chose la limitera.	
							</text>
						</object>
						<object id="565">
							<ocn>565</ocn>
							<text class="norm">	
								L'effet de ces changements sur la dur&#233;e moyenne du copyright est consid&#233;rable. En 1973, plus de 85 pour cent des d&#233;tenteurs de copyright n&#233;gligeaient de le renouveler, ce qui fait que la dur&#233;e moyenne du copyright en 1973 n'&#233;tait que 32,2 ans. Par suite de la suppression de l'exigence de renouvellement, la dur&#233;e moyenne du copyright est la dur&#233;e maximale. En trente ans, la dur&#233;e moyenne a tripl&#233;, passant de 32,2 ans &#224; 95 ans12.	
							</text>
						</object>
					</content>
				</contents2>
				<contents2>
					<heading>
						<object id="566">
							<ocn>566</ocn>
							<text class="heading_content_2">Loi: &#233; tendue</text>
						</object>
					</heading>
					<content>
						<object id="567">
							<ocn>567</ocn>
							<text class="norm">	
								L'"&#233;tendue" d'un copyright est l'&#233;ventail des droits accord&#233;s par la loi. L'&#233;tendue du copyright am&#233;ricain a chang&#233; de fa&#231;on spectaculaire. Ces changements ne sont pas forc&#233;ment mauvais, mais il faut en comprendre l'importance si nous voulons garder cette discussion dans son contexte.	
							</text>
						</object>
						<object id="568">
							<ocn>568</ocn>
							<text class="norm">	
								En 1970, cette &#233; tendue &#233; tait tr&#232;s restreinte. Le copyright couvrait uniquement "les cartes, les graphiques et les livres". Cela ne concernait donc pas, par exemple, la musique ou l'architecture. Plus pr&#233;cis&#233;ment, le copyright donnait &#224; l'auteur le droit exclusif de "publier" l'oeuvre sous copyright. Ce qui veut dire que quelqu'un ne violait le copyright que s'il r&#233;&#233;ditait l'oeuvre sans la permission du d&#233;tenteur du copyright. Enfin, le droit accord&#233; par le copyright &#233; tait un droit exclusif sur un livre bien pr&#233;cis. Ce droit ne s'&#233;tendait pas &#224; ce que les juristes appellent "les travaux d&#233;riv&#233;s". Par cons&#233;quent, il n'interf&#233;rait pas avec le droit de n'importe qui en dehors de l'auteur de traduire un livre sous copyright, ou d'adapter l'histoire &#224; un autre mode de pr&#233;sentation (comme une pi&#232;ce de th&#233;&#226;tre bas&#233;e sur un livre publi&#233;).	
							</text>
						</object>
						<object id="569">
							<ocn>569</ocn>
							<text class="norm">	
								Cela aussi a chang&#233; consid&#233;rablement. Tandis qu'il est tr&#232;s difficile de le d&#233;crire en des termes simples et g&#233;n&#233;raux, ce droit couvre pratiquement toute oeuvre qui prend une forme tangible. Il couvre aussi bien la musique que l'architecture, le th&#233;&#226;tre que les programmes d'ordinateur. Il donne au d&#233;tenteur du copyright non seulement le droit exclusif de "publier" l'oeuvre, mais aussi celui contr&#244;ler toute "copie" de cette oeuvre. Le plus important en ce qui concerne notre propos actuel est que le droit donne au d&#233;tenteur du copyright tout contr&#244;le non seulement sur son oeuvre proprement dite, mais aussi sur toute "oeuvre d&#233;riv&#233;e". De cette fa&#231;on, le droit prot&#232;ge plus de cr&#233;ations, les prot&#232;gent de fa&#231;on plus compl&#232;te et prot&#232;gent les oeuvres bas&#233;es de fa&#231;on significative sur la cr&#233;ation initiale.	
							</text>
						</object>
						<object id="570">
							<ocn>570</ocn>
							<text class="norm">	
								En m&#234;me temps que le champ du copyright s'est &#233; tendu, les limitations restreignant les proc&#233;dures se sont assouplies. Je viens de d&#233;crire la suppression compl&#232;te de l'exigence de renouvellement en 1992. En plus de cette exigence de renouvellement, pendant la plus grande partie de l'histoire de la loi am&#233;ricaine sur le copyright, il y a eu l'exigence que l'oeuvre soit enregistr&#233;e avant de jouir de la protection. Il y a eu &#233; galement l'exigence que toute oeuvre sous copyright soit marqu&#233;e du fameux (C) ou du mot "copyright". Et pendant tout ce temps, on a exig&#233; que les oeuvres soient plac&#233;es en d&#233;p&#244;t aupr&#232;s du gouvernement avant que le copyright puisse &#234; tre garanti.	
							</text>
						</object>
						<object id="571">
							<ocn>571</ocn>
							<text class="norm">	
								La raison pour cette obligation d'enregistrement &#233; tait la compr&#233;hension sensible que pour la plupart des oeuvres, aucun copyright n'&#233;tait requis. Une fois encore, pendant les dix premi&#232;res ann&#233;es de la R&#233;publique, 95 pour cent des oeuvres &#233; ligibles au copyright ne furent jamais mises sous copyright. Ainsi, la r&#232;gle fut le reflet de la norme: la plupart des oeuvres n'avaient apparemment pas besoin de copyright, donc l'enregistrement limitait la r&#233;gulation de la loi aux quelques qui le faisaient. Le m&#234;me raisonnement justifiait l'exigence qu'une oeuvre devait &#234; tre marqu&#233;e comme &#233; tant sous copyright -- il &#233; tait ainsi facile de savoir si un copyright &#233; tait revendiqu&#233;. L'exigence que les oeuvres soient d&#233;pos&#233;es &#233; tait d'assurer qu'une fois le copyright expir&#233;, il y aurait une copie de l'oeuvre quelque part afin qu'elle puisse &#234; tre copi&#233;e par d'autres sans avoir &#224; localiser l'auteur original.	
							</text>
						</object>
						<object id="572">
							<ocn>572</ocn>
							<text class="norm">	
								Toutes ces "formalit&#233;s" furent abolies dans le syst&#232;me am&#233;ricain quand nous avons d&#233;cid&#233; de suivre la loi de copyright europ&#233;enne. Il n'y a pas d'obligation que vous enregistriez une oeuvre pour obtenir un copyright; le copyright est maintenant automatique; le copyright existe que vous marquiez ou non votre oeuvre avec un (C); et le copyright existe que vous rendiez disponible ou non une copie &#224; d'autres pour qu'ils la reproduisent.	
							</text>
						</object>
						<object id="573">
							<ocn>573</ocn>
							<text class="norm">	
								Consid&#233;rez un exemple pratique pour comprendre la port&#233;e de ces diff&#233;rences.	
							</text>
						</object>
						<object id="574">
							<ocn>574</ocn>
							<text class="norm">	
								Si, en 1970, vous aviez &#233; crit un livre et que vous &#233; tiez un des 5 pour cent qui ont r&#233;ellement plac&#233; ce livre sous copyright, alors la loi du copyright vous prot&#233;geait contre d'autres &#233; diteurs voulant prendre votre livre et le r&#233;&#233;diter sans votre permission. Le but de cet acte &#233; tait de r&#233;guler les &#233; diteurs afin d'emp&#234;cher ce type de comp&#233;tition injuste. En 1790, il y avait 174 &#233; diteurs aux &#201; tats-Unis13. La loi sur le copyright &#233; tait donc une r&#233;glementation minuscule d'une proportion minuscule d'une part minuscule du march&#233; cr&#233;atif des &#201; tats-Unis -- les &#233; diteurs.	
							</text>
						</object>
						<object id="575">
							<ocn>575</ocn>
							<text class="norm">	
								La loi laissait les autres cr&#233;ateurs totalement d&#233;r&#233;glement&#233;s. Si je copiais votre po&#232;me &#224; la main, encore et encore, afin de l'apprendre par coeur, mon acte serait totalement non r&#233;gul&#233; par la loi de 1970. Si je prenais votre nouvelle et en faisait une pi&#232;ce de th&#233;atre, ou si je la traduisait ou l'abr&#233;geait, aucune de ces activit&#233;s ne serait r&#233;gul&#233;e par la loi sur le copyright. Ces activit&#233;s cr&#233;atives resteraient libres, tandis que les activit&#233;s des &#233; diteurs seraient restreintes.	
							</text>
						</object>
						<object id="576">
							<ocn>576</ocn>
							<text class="norm">	
								Aujourd'hui, l'histoire est tr&#232;s diff&#233;rente: si vous &#233; crivez un livre, votre livre est automatiquement prot&#233;g&#233;. En effet, pas seulement votre livre. Chaque courriel, chaque note de votre conjoint, chaque griffonnage, chaque acte cr&#233;atif qui est r&#233;duit &#224; une forme tangible -- tout ceci est automatiquement plac&#233; sous copyright. Il n'y a pas besoin d'enregistrer ou de marquer votre travail. La protection est une cons&#233;quence de la cr&#233;ation, et non pas des &#233; tapes que vous effectuez pour la prot&#233;ger.	
							</text>
						</object>
						<object id="577">
							<ocn>577</ocn>
							<text class="norm">	
								Cette protection vous donne le droit (sujet &#224; une port&#233;e limit&#233;e d'exceptions de type usage loyal) de contr&#244;ler comment les autres copient votre oeuvre, qu'ils la copient pour la r&#233;&#233;diter ou pour en partager un extrait.	
							</text>
						</object>
						<object id="578">
							<ocn>578</ocn>
							<text class="norm">	
								Tout ceci est la partie &#233; vidente. N'importe quel syst&#232;me de droit d'auteur contr&#244;lerait la publication concurrente. Mais il y a une seconde partie dans le copyright d'aujourd'hui qui n'est pas du tout &#233; vidente. C'est la protection des "droits d&#233;riv&#233;s". Si vous &#233; crivez un livre, personne ne peut en faire un film sans permission. Personne ne peut le traduire sans permission. CliffsNotes (NdT: une s&#233;rie de livres scolaires analysant des oeuvres litt&#233;raires) ne pourrait pas en faire un r&#233;sum&#233; &#224; moins que la permission en soit accord&#233;e. Le copyright, en d'autres termes, est maintenant non seulement un droit exclusif sur vos &#233; crits, mais un droit exclusif sur vos &#233; crits et une grande proportion des &#233; crits inspir&#233;s par eux.	
							</text>
						</object>
						<object id="579">
							<ocn>579</ocn>
							<text class="norm">	
								C'est ce droit d&#233;rivatif qui semblerait le plus bizarre &#224; nos l&#233;gislateurs, bien qu'il soit devenu comme une seconde nature pour nous. &#192; l'origine, cette expansion a &#233; t&#233; cr&#233;&#233;e pour avoir affaire aux contournements &#233; vidents d'un copyright plus &#233; troit. Si j'&#233;cris un livre, pouvez-vous changer un mot et revendiquer un copyright sur un livre nouveau et diff&#233;rent? &#201; videmment cela serait une blague pour le copyright, et donc la loi a &#233; t&#233; correctement &#233; tendue pour inclure ces l&#233;g&#232;res modifications au m&#234;me titre que les oeuvres originales mot pour mot.	
							</text>
						</object>
						<object id="580">
							<ocn>580</ocn>
							<text class="norm">	
								En emp&#234;chant cette blague, la loi a cr&#233;&#233; un pouvoir &#233; tonnant &#224; l'int&#233;rieur d'une culture libre -- tout du moins, c'est &#233; tonnnant quand vous comprenez que la loi s'applique pas uniquement &#224; l'&#233;diteur commercial mais aussi &#224; n'importe qui poss&#233;dant un ordinateur. Je comprends le tort qu'il y a dans la duplication et la revente de l'oeuvre de quelqu'un d'autre. Certains voient la transformation comme n'&#233;tant pas mauvaise du tout -- ils croient que notre loi, tels que les l&#233;gislateurs l'ont &#233; crite, ne devrait pas du tout prot&#233;ger les droits d&#233;rivatifs14. Que vous alliez ou non aussi loin, il semble simple que quel que soit le tort caus&#233;, il est fondamentalement diff&#233;rent du tort de la piraterie directe.	
							</text>
						</object>
						<object id="581">
							<ocn>581</ocn>
							<text class="norm">	
								Et pourtant la loi du copyright traite ces deux torts diff&#233;rents de la m&#234;me mani&#232;re. Je peux aller devant les tribunaux et obtenir une injonction contre votre piratage de mon livre. Je peux aller devant les tribunaux et obtenir une injonction contre votre usage transformatif de mon livre15. Ces deux diff&#233;rents usages de mon oeuvre cr&#233;ative sont trait&#233;es de la m&#234;me mani&#232;re.	
							</text>
						</object>
						<object id="582">
							<ocn>582</ocn>
							<text class="norm">	
								Ceci encore peut vous sembler juste. Si j'ai &#233; crit un livre, alors pourquoi auriez-vous le droit d'&#233;crire un film qui reprend mon histoire et gagne de l'argent dessus sans me payer ou me donner cr&#233;dit? Ou si Disney cr&#233;e une cr&#233;ature appel&#233;e "Mickey Mouse", pourquoi auriez-vous le droit de fabriquer des jouets Mickey Mouse et d'&#234;tre la personne qui fait commerce sur la valeur que Disney a originellement cr&#233;&#233;e ?	
							</text>
						</object>
						<object id="583">
							<ocn>583</ocn>
							<text class="norm">	
								Ce sont de bons arguments, et, en g&#233;n&#233;ral, mon id&#233;e n'est pas que les droits d&#233;rivatifs soient injustifi&#233;s. Mon but est en ce moment bien plus &#233; troit : il est de simplement clarifier que cette expansion est un changement important des droits originellement accord&#233;s.	
							</text>
						</object>
					</content>
				</contents2>
				<contents2>
					<heading>
						<object id="584">
							<ocn>584</ocn>
							<text class="heading_content_2">Loi et Architecture: Atteinte</text>
						</object>
					</heading>
					<content>
						<object id="585">
							<ocn>585</ocn>
							<text class="norm">	
								Alors qu'&#224; l'origine la loi r&#233;gulait seulement les &#233; diteurs, le changement dans l'&#233;tendue du copyright signifie que la loi r&#233;gule aujourd'hui les &#233; diteurs, les utilisateurs et les auteurs. Elle les r&#233;gule car tous trois sont capables de faire des copies, et le coeur de la r&#233;gulation de la loi du coyright est la copie16.	
							</text>
						</object>
						<object id="586">
							<ocn>586</ocn>
							<text class="norm">	
								"Copie". Cela sonne certainement comme l'&#233;vidence m&#234;me que c'est ce que la loi du copyright doit r&#233;guler. Mais comme avec l'argument de Jack Valenti au d&#233;but de ce chapitre, que la "propri&#233;t&#233; cr&#233;ative" m&#233;rite les "m&#234;mes droits" que toutes les autres propri&#233;t&#233;s, c'est le mot &#233; vident auquel nous devons faire le plus attention. Car tandis qu'il peut &#234; tre &#233; vident que dans le monde avant Internet, les copies &#233; taient le d&#233;clencheur &#233; vident de la loi du copyright, &#224; la r&#233;flexion, il devrait &#234; tre &#233; vident que dans le monde avec Internet, les copies ne devraient pas &#234; tre le d&#233;clencheur de la loi du copyright. Plus pr&#233;cis&#233;ment, elles ne devraient pas toujours l'&#234;tre.	
							</text>
						</object>
						<object id="587">
							<ocn>587</ocn>
							<text class="norm">	
								C'est peut-&#234;tre la revendication centrale de ce livre, donc laissez-moi m'y prendre tr&#232;s lentement afin que l'id&#233;e ne soit pas facilement manqu&#233;e. Mon argument est qu'Internet devrait au moins nous forcer &#224; repenser les conditions sous lesquelles la loi du copyright s'applique automatiquement17, car il est clair que l'&#233;tendue actuelle du copyright n'a jamais &#233; t&#233; envisag&#233;e, et encore moins choisie, par les l&#233;gislateurs qui ont ordonn&#233; la loi du copyright.	
							</text>
						</object>
						<object id="588">
							<ocn>588</ocn>
							<text class="norm">	
								Nous pouvons voir cette id&#233;e de mani&#232;re abstraite en commen&#231;ant par ce cercle en grande partie vide.	
							</text>
						</object>
						<object id="589">
							<ocn>589</ocn>
							<text class="norm">	
								<image xmlns:xlink="http://www.w3.org/1999/xlink" xlink:type="simple" xlink:actuate="onLoad" xlink:show="embed" xlink:href="../_sisu/image/freeculture05.png" width="350" height="350" />[freeculture05.png]  "uses"	
							</text>
						</object>
						<object id="590">
							<ocn>590</ocn>
							<text class="norm">	
								Pensez &#224; un livre dans l'espace r&#233;el, et imaginez ce cercle comme repr&#233;sentant toutes ses utilisations potentielles. La plupart d'entre elles sont non r&#233;gul&#233;es par la loi du copyright, car elles ne cr&#233;ent pas de copie. Si vous lisez un livre, cet acte n'est pas r&#233;gul&#233; par la loi du copyright. Si vous donnez le livre &#224; quelqu'un, cette acte n'est pas r&#233;gul&#233; par la loi du copyright. Si vous revendez un livre, cet acte n'est pas r&#233;gul&#233; (la loi du copyright stipule express&#233;ment qu'apr&#232;s la premi&#232;re vente d'un livre, le d&#233;tenteur du copyright ne peut pas imposer davantage de conditions sur la mise &#224; disposition de ce livre). Si vous dormez sur le livre ou l'utilisez pour sur&#233;lever une lampe ou laissez votre chiot le mordiller, ces actes ne sont pas r&#233;gul&#233;s par la loi du copyright, car ces actes ne cr&#233;ent pas de copie.	
							</text>
						</object>
						<object id="591">
							<ocn>591</ocn>
							<text class="norm">	
								<image xmlns:xlink="http://www.w3.org/1999/xlink" xlink:type="simple" xlink:actuate="onLoad" xlink:show="embed" xlink:href="../_sisu/image/freeculture06.png" width="350" height="350" />[freeculture06.png]  "unregulated"	
							</text>
						</object>
						<object id="592">
							<ocn>592</ocn>
							<text class="norm">	
								&#201; videmment, toutefois, certaines utilisations d'un livre sous copyright sont r&#233;gul&#233;es par la loi du copyright. R&#233;&#233;diter ce livre, par exemple, cr&#233;e une copie. Cela est donc r&#233;gul&#233; par la loi du copyright. En effet, cet usage particulier se tient au coeur du cercle des usages possibles d'une oeuvre sous copyright. C'est l'utilsiation paradigmatique correctement r&#233;gul&#233;e par la r&#233;gulation du copyright (voir le premier diagramme &#224; la page suivante).	
							</text>
						</object>
						<object id="593">
							<ocn>593</ocn>
							<text class="norm">	
								Enfin, il existe une minuscule bande d'usages autrement r&#233;gul&#233;s qui restent non r&#233;gul&#233;s car la loi les consid&#232;re comme de l'"usage loyal"	
							</text>
						</object>
						<object id="594">
							<ocn>594</ocn>
							<text class="norm">	
								<image xmlns:xlink="http://www.w3.org/1999/xlink" xlink:type="simple" xlink:actuate="onLoad" xlink:show="embed" xlink:href="../_sisu/image/freeculture07.png" width="350" height="350" />[freeculture07.png] 	
							</text>
						</object>
						<object id="595">
							<ocn>595</ocn>
							<text class="norm">	
								Ce sont des utilisations qui elles-m&#234;me impliquent la copie, mais que la loi traite comme non r&#233;gul&#233;es parce que la politique publique exige qu'elles restent non r&#233;gul&#233;es. Vous &#234; tes libre de tirer des citations de ce livre, m&#234;me pour une chronique plut&#244;t n&#233;gative, sans ma permission, malgr&#233; que citer cr&#233;e une copie. Cette copie donnerait normalement au d&#233;tenteur du copyright les droits exclusifs de dire si la copie est permise ou pas, mais la loi refuse au d&#233;tenteur tout doit exclusif sur de tels "usages loyaux" en raison de la politique publique (et probablement du Premier Amendement).	
							</text>
						</object>
						<object id="596">
							<ocn>596</ocn>
							<text class="norm">	
								<image xmlns:xlink="http://www.w3.org/1999/xlink" xlink:type="simple" xlink:actuate="onLoad" xlink:show="embed" xlink:href="../_sisu/image/freeculture08.png" width="450" height="350" />[freeculture08.png] 	
							</text>
						</object>
						<object id="597">
							<ocn>597</ocn>
							<text class="norm">	
								<image xmlns:xlink="http://www.w3.org/1999/xlink" xlink:type="simple" xlink:actuate="onLoad" xlink:show="embed" xlink:href="../_sisu/image/freeculture09.png" width="350" height="350" />[freeculture09.png] 	
							</text>
						</object>
						<object id="598">
							<ocn>598</ocn>
							<text class="norm">	
								Dans l'espace r&#233;el, donc, les utilisations possibles d'un livre sont divis&#233;es en trois sortes: (1) utilisations non r&#233;gul&#233;es, (2) utilisations r&#233;gul&#233;es et (3) utilisations r&#233;gul&#233;es qui sont n&#233;anmois consid&#233;r&#233;es comme "justes" sans se soucier de l'opinion du d&#233;tenteur du copyright.	
							</text>
						</object>
						<object id="599">
							<ocn>599</ocn>
							<text class="norm">	
								Arrive Internet -- un r&#233;seau distribu&#233; et num&#233;rique o&#250; chaque utilisation d'une oeuvre sous copyright produit une copie18. Et &#224; cause de cette seule et arbitraire caract&#233;ristique de la conception d'un r&#233;seau num&#233;rique, l'&#233;tendue de la cat&#233;gorie 1 change nettement. Des usages qui &#233; taient auparavant pr&#233;sum&#233;s non r&#233;gul&#233;s sont maintenant pr&#233;sum&#233;s r&#233;gul&#233;s. Il n'y a plus un ensemble d'usages pr&#233;sum&#233;s non r&#233;gul&#233;s qui d&#233;finissent uen libert&#233; associ&#233;e &#224; une oeuvre sous copyright. Au lieu de cela, chaque usage est maintenant soumis au copyright, parce que chaque usage cr&#233;e &#233; galement une copie -- la cat&#233;gorie 1 se fait avaler par la cat&#233;gorie 2. Et ceux qui d&#233;fendianet les utilisations non r&#233;gul&#233;es d'oeuvres sous copyright doivent regarder exclusivement la cat&#233;gorie 3, les usages loyaux, pour supporter le fardeau de ce changement.	
							</text>
						</object>
						<object id="600">
							<ocn>600</ocn>
							<text class="norm">	
								Soyons donc tr&#232;s sp&#233;cifiques pour clarifier cette id&#233;e g&#233;n&#233;rale. Avant Internet, si vous achetiez un livre et le lisiez dix fois, il n'y avait pas d'argument plausible li&#233; au copyright selon lequel le d&#233;tenteur du copyright pouvait effectuer le contr&#244;le de l'utilisation de son livre. La loi du copyright n'aurait rien eu &#224; dire &#224; propos de si vous lisiez le livre une fois, dix fois ou chaque soir avant de vous coucher. Aucune de ces instances d'utilisation -- la lecture -- ne pouvait &#234; tre r&#233;gul&#233;e par la loi du copyright car aucune de ces utilisations ne produisait de copie.	
							</text>
						</object>
						<object id="601">
							<ocn>601</ocn>
							<text class="norm">	
								Mais ce m&#234;me livre en tant que livre &#233; lectronique est efficacement r&#233;glemet&#233; par un ensemble diff&#233;rent de r&#232;gles. Maintenant si le d&#233;tenteur du copyright dit que vous pouvez lire le livre seulement une fois ou seulement une fois par mois, alors la loi du copyright' aiderait le d&#233;tenteur du copyright &#224; exercer ce degr&#233; de contr&#244;le, &#224; cause de la caract&#233;ristique accidentelle de la loi du copyright qui d&#233;clenche son application selon qu'il y ait une copie. Maintenant si vous lisez le livre dix fois et que la licence dit que vous ne pouvez le lire que cinq fois, alors &#224; chaque fois que vous lisez le livre (ou n'importe quelle partie de lui) au-del&#224; de la cinqui&#232;me fois, vous faites uen copie du livre contrairement &#224; la volont&#233; du d&#233;tenteur du copyright.	
							</text>
						</object>
						<object id="602">
							<ocn>602</ocn>
							<text class="norm">	
								Il y a certaines personnes qui pensent que c'est parfaitement sens&#233;. Mon but en ce moment n'est pas de discuter si cela est sens&#233; ou pas. Mon but est seulement de clarifier le changement. Une fois que vous voyez cette id&#233;e, quelques autres id&#233;es deviennent &#233; galement claires:	
							</text>
						</object>
						<object id="603">
							<ocn>603</ocn>
							<text class="norm">	
								Tout d'abord, faire disparaitre la cat&#233;gorie 1 n'a jamais &#233; t&#233; voulu par quelconque d&#233;cideur. Le congr&#232;s n'a pas pens&#233; &#224; travers l'&#233;croulement des utilisations pr&#233;sum&#233;es non r&#233;gul&#233;es des oeuvres sous copyright. Il n'y a aucune preuve que les d&#233;cideurs avaient cette id&#233;e en t&#234;te quand ils ont permis &#224; notre politique, dont il est ici question, de changer. Les utilisations non r&#233;gul&#233;es &#233; taient une partie importante de la culture libre avant Internet.	
							</text>
						</object>
						<object id="604">
							<ocn>604</ocn>
							<text class="norm">	
								Deuxi&#232;mement, ce changement est particuli&#232;rement troublant dans le contexte des utilisations transformatrices de contenu cr&#233;atif. Encore une fois, nous pouvons tous comprendre le mal dans le piratage comemrcial. Mais la loi pr&#233;tend maintenant r&#233;guler n'importe quelle transformation que vous faites d'une oeuvre cr&#233;ative en utilisant une machine. Le "copier coller" et le "couper coller" deviennent des crimes. Bricoler une histoire et la diffuser &#224; d'autres expose le bricoleur &#224; au moins une condition de justification. Aussi troublante soit cette expansion en ce qui concerne la copie d'une oeuvre particuli&#232;re, elle est extraordinairement troublante en ce qui concerne les usages transformatifs d'une oeuve cr&#233;ative.	
							</text>
						</object>
						<object id="605">
							<ocn>605</ocn>
							<text class="norm">	
								Troisi&#232;mement, ce changement de la cat&#233;gorie 1 en cat&#233;gorie 2 pose un fardeau extraordinaire sur la cat&#233;gorie 3 ("usage loyal") que l'usage loyal n'avait jamais eu &#224; supporter auparavant. Si un d&#233;tenteur de copyright essayait maintenant de contr&#244;ler combien de fois je peux lire un livre en ligne, la r&#233;ponse naturelle serait d'affirmer que c'est une violation de mes droits d'usage loyal. Mais il n'y a jamais eu de litige &#224; propos de si j'ai un droit d'usage loyal de lire, car avant Internet, le fait de lire ne d&#233;clenchait pas l'application de la loi du copyright et ainsi de d&#233;fense contre l'usage loyal. Le droit de lire &#233; tait effectivement prot&#233;g&#233; auparavant car lire n'&#233;tait pas r&#233;gul&#233;.	
							</text>
						</object>
						<object id="606">
							<ocn>606</ocn>
							<text class="norm">	
								Cette id&#233;e &#224; propos d'usage loyal est totalement ignor&#233;e, m&#234;me par les d&#233;fenseurs de la culture libre. Nous avons &#233; t&#233; coinc&#233;s dans la discussion que nos droits ne d&#233;pendent pas de l'usage loyal -- sans jamais m&#234;me adresser la question pr&#233;c&#233;dentes &#224; propos de l'expansion dans la r&#233;gulation effective. Une protection mince ancr&#233;e dans l'usage loyal a du sens quand la majorit&#233; des utilisations est non r&#233;gul&#233;e. Mais quand tout devient pr&#233;sum&#233; r&#233;gul&#233;, alors les protections de l'usage loyal ne suffisent pas.	
							</text>
						</object>
						<object id="607">
							<ocn>607</ocn>
							<text class="norm">	
								Le cas de Video Pipeline est un bon exemple. Vide Pipeline &#233; tait dans les affaires de faire des publicit&#233;s "bandes annonces" pour des films disponibles dans les magasins de vid&#233;os. Les magasins de vid&#233;os diffusaient les bandes annonces comme moyen de vendre les vid&#233;os. Video Pipeline a obtenu les bandes anonces des distributeurs de films, mis les bandes annonces sur bande, et vendu les bandes aux magasins.	
							</text>
						</object>
						<object id="608">
							<ocn>608</ocn>
							<text class="norm">	
								L'entreprise a fait ceci pendant environ quinze ans. Puis, en 1997, elle commen&#231;a &#224; penser &#224; Internet en tant qu'autre moyen de distribuer ces aper&#231;us. L'id&#233;e &#233; tait d'&#233;tendre leur technique de "vente par &#233; chantillon" en donnant aux magasins en ligne la m&#234;me possibilit&#233; de permettre la "navigation". Tout comme dans une librairie vous pouvez lire quelques pages d'un livre avant de l'acheter, donc, vous pourriez aussi voir un bout du film en ligne avant de l'acheter.	
							</text>
						</object>
						<object id="609">
							<ocn>609</ocn>
							<text class="norm">	
								En 1998, Video Pipeline informa Disney et d'autres distributeurs de film qu'elle avait l'intention de distribuer les bandes annonces sur Internet (plut&#244;t qu'en envoyant des bandes) aux distributeurs de leurs vid&#233;os. Deux ans plus tard, Disney demanda &#224; Video Pipeline d'arr&#234;ter. Le propri&#233;taire de Video Pipeline demanda &#224; Disney de parler de ce sujet -- il avait construit une activit&#233; sur la distribution de ce contenu comme un moyen d'auder Disney &#224; vendre ses films; il avait des clients qui d&#233;pendaient de sa diffusion de contenu. Disney acceptait de parler seulemetn si Video Pipeline arr&#234;tait la distribution imm&#233;diatement. Video Pipeline pensait que cela faisait partie de leurs droits d'usage loyal de distribuer des extraits comme ils le faisaient. Donc ils intent&#232;rent un proc&#232;s pour demander &#224; la cour de d&#233;clarer que ces droits &#233; taient en fait leurs droits.	
							</text>
						</object>
						<object id="610">
							<ocn>610</ocn>
							<text class="norm">	
								Disney a contrepoursuivi en justice - pour 100 millions de dollars de dommages et int&#233;r&#234;ts. Ces dommages et int&#233;r&#234;ts ont &#233; t&#233; bas&#233;s sur une revendication que Video Pipeline avait "obstin&#233;ment viol&#233;" le copyright de Disney. Quand un tribunal fait une d&#233;couverte d'infraction obstin&#233;e, il peut accorder des dommages et int&#233;r&#234;ts non pas sur la base du mal r&#233;el au d&#233;tenteur du copyright, mais sur la base d'une quantit&#233; sp&#233;cifi&#233;e dans la loi. Parce que Vide Pipeline avait diffus&#233; sept cent extraits de films Disney pour permettre aux magasins de vid&#233;os de vendre des copies de ces films, Disney poursuivait d&#233;sormais Video Pipeline pour 100 milliosn de dollars.	
							</text>
						</object>
						<object id="611">
							<ocn>611</ocn>
							<text class="norm">	
								Disney a le droit de contr&#244;ler sa propri&#233;t&#233;, bien s&#252;r. Mais les magasins de vid&#233;os qui vendaient les films de Disney avaient &#233; galement quelque sorte de droit de pouvoir vendre les films qu'ils avaient achet&#233; &#224; Disney. La revendication de Disney au tribunal &#233; tait que les magasins &#233; taient autoris&#233;s &#224; vendre les films et &#233; tianent autoris&#233;s &#224; lister les titres des filsm qu'ils vendaient, mais n'&#233;taient pas autoris&#233;s &#224; montrer des extraits des films dans le but de les vendre sans la permission de Disney.	
							</text>
						</object>
						<object id="612">
							<ocn>612</ocn>
							<text class="norm">	
								Maintenant, vous pensez peut-&#234;tre que c'est un cas proche, et je pense que les tribunaux le consid&#233;rerait comme un cas proche. Je vais ici cartographier le changement qui donne ce pouvoir &#224; Disney. Avant Internet, Disney ne pouvait pas vraiment contr&#244;ler comment les gens ont acc&#232;s &#224; son contenu. Une fois qu'une vid&#233;o &#233; tait sur le march&#233;, la "doctrine de la premi&#232;re vente" donnait au vendeur la libert&#233; d'utiliser la vid&#233;o comme il le d&#233;sirait, incluant le fait de montrer des portions d'elle afin d'engendrer des ventes de la vid&#233;o compl&#232;te. Mais avec Internet, il devient possible &#224; Disney de centraliser le contr&#244;le sur l'acc&#232;s &#224; ce contenu. Parce que chaque utilisation d'Internet produit une copie, l'utilisation sur Internet devient soumise au contr&#244;le du d&#233;tenteur du copyright. La technologie &#233; tend la port&#233;e du contr&#244;le efficace, parce que la technologie construit une copie dans chaque transaction.	
							</text>
						</object>
						<object id="613">
							<ocn>613</ocn>
							<text class="norm">	
								Sans doute, une possibilit&#233; n'est pas encore un abus, et donc la possibilit&#233; de contr&#244;le n'est pas encore un abus de contr&#244;le. Barnes &amp; Noble (NdT: une chaine de librairies) a le droit de dire que vous ne pouvez pas toucher un livre sur un &#233; talage dans leur boutique; la loi de propri&#233;t&#233; leur donne ce droit. Mais le march&#233; prot&#232;ge efficacement contre cet abus. Si Barnes &amp; Noble bannissait le feuilletage, alors les clients choisiraient d'autres librairies. La comp&#233;tition prot&#232;ge contre les extr&#232;mes. Et il se peut m&#234;me (mon argument jusqu'&#224; pr&#233;sent ne remet m&#234;me pas cela en question) que la comp&#233;tition emp&#234;cherait n'importe quel danger similaire quand il s'agit de copyright. Bien s&#252;r, les &#233; diteurs exer&#231;ant les droits que les auteurs leur ont donn&#233; peuvent essayer de r&#233;guler combien de fois vous lisez un livre, ou essayez de vous emp&#234;cher de partager le livre avec quiconque. Mais dans un march&#233; comp&#233;titif tel que le march&#233; du livre, le danger que cela arrive est assez l&#233;ger.	
							</text>
						</object>
						<object id="614">
							<ocn>614</ocn>
							<text class="norm">	
								Une fois de plus, mon but jusqu'&#224; pr&#233;sent est simplement de cartographier les changements que cette architecture modifi&#233;e permet. Permettre &#224; la technologie d'appliquer le contr&#244;le du copyright signifie que le contr&#244;le du copyright n'est plus d&#233;fini par une politique &#233; quilibr&#233;e. Le contr&#244;le du copyright est simplement ce que les propri&#233;taires priv&#233;s choisissent. Dans certains contextes, au moins, ce fait est inoffensif. Mais dans certains contextes, c'est une recette pour le d&#233;sastre.	
							</text>
						</object>
					</content>
				</contents2>
				<contents2>
					<heading>
						<object id="615">
							<ocn>615</ocn>
							<text class="heading_content_2">Architecture et Loi: Force</text>
						</object>
					</heading>
					<content>
						<object id="616">
							<ocn>616</ocn>
							<text class="norm">	
								La disparition des utilisations non r&#233;gul&#233;es serait d&#233;j&#224; un changement assez grand, mais un second changement important provoqu&#233; par Internet amplifie sa signification. Ce second changement n'affecte pas la port&#233;e de la r&#233;gulation du copyright; il affecte comment une telle r&#233;gulation est appliqu&#233;e.	
							</text>
						</object>
						<object id="617">
							<ocn>617</ocn>
							<text class="norm">	
								Dans le monde d'avant la technologie num&#233;rique, c'&#233;tait g&#233;n&#233;ralement la loi qui contr&#244;lait si quelqu'un &#233; tait r&#233;gul&#233; par la loi du copyright. La loi, ce qui signifie une cour, ce qui signifie un juge: &#224; la fin, c'&#233;tait un humain, entrain&#233; dans la tradition de la loi et conscient des &#233; quilibres que la tradition embrassait, qui disait si et comment uen loi restreignait votre libert&#233;.	
							</text>
						</object>
						<object id="618">
							<ocn>618</ocn>
							<text class="norm">	
								Il y a une histoire c&#233;l&#232;bre &#224; propos d'une bataille entre les Marx Brothers et Warner Brothers. Les Marx pr&#233;voyaient de faire une parodie de Casablanca. Warner Brothers objecta. Ils &#233; crivirent uen lettre m&#233;chante aux Marx, les avertissant qu'il y aurait de graves cons&#233;quences l&#233;gales si ils continuaient avec leur projet19.	
							</text>
						</object>
						<object id="619">
							<ocn>619</ocn>
							<text class="norm">	
								Cela a amen&#233; les Marx Brothers &#224; r&#233;pondre de la sorte. Ils avertirent Warner Brothers que les Marx Brothers "&#233;taient fr&#232;res bien avant que vous le soyiez".20 Les Marx Brothers poss&#233;daient aisni le mot brothers, et si Warner Brothers insistait pour essayer de contr&#244;ler Casablanca, alors les Marx Brother insisteraient pour avoir le contr&#244;le sur brothers.	
							</text>
						</object>
						<object id="620">
							<ocn>620</ocn>
							<text class="norm">	
								Une menace absurde et creuse, bien s&#252;r, parce que Warner Brothers, comme les Marx Brothers, savait qu'aucun tribunal n'appliquerait jamais une telle demande. Cette extr&#233;misme &#233; tait sans rapport avec les r&#233;elles libert&#233;s dont quiconque (y compris Warner Brothers) jouissait.	
							</text>
						</object>
						<object id="621">
							<ocn>621</ocn>
							<text class="norm">	
								Sur Internet, toutefois, il n'y a pas de v&#233;rification sur les r&#232;gles idiotes, parce que sur Internet, de plus en plus, les r&#232;gles sont appliqu&#233;es non pas par un humain mais par une machine: de plus en plus, les r&#232;gles de la loi du copyright, telles qu'interpr&#233;t&#233;es par le d&#233;tenteur du copyright, sont construites dans la technologie que d&#233;livre le contenu sous copyright. C'est le code, plut&#244;t que la loi, qui r&#232;gne. Et le probl&#232;me avec les r&#233;gulations par le code est que, contrairement &#224; la loi, le code n'a pas de honte. Le code n'aurait pas compris l'humour des Marx Brothers. La cons&#233;quence de ceci n'est pas dr&#244;le du tout.	
							</text>
						</object>
						<object id="622">
							<ocn>622</ocn>
							<text class="norm">	
								Consid&#233;rez la vie de mon Adobe eBook Reader (NdT: lecteur de livre &#233; lectronique Adobe).	
							</text>
						</object>
						<object id="623">
							<ocn>623</ocn>
							<text class="norm">	
								Un e-book est un livre livr&#233; sous forme &#233; lectronique. Un Adobe eBook n'est pas un livre qu'Adobe a &#233; dit&#233;; Adobe produit simplement le logiciel que les &#233; diteurs utilisent pour livrer les e-books. Elle fournit la technologie, et les &#233; diteurs livrent le contenu en utilisant la technologie.	
							</text>
						</object>
						<object id="624">
							<ocn>624</ocn>
							<text class="norm">	
								Sur la page suivante se trouve une image d'une vieille version de mon Adobe eBook Reader.	
							</text>
						</object>
						<object id="625">
							<ocn>625</ocn>
							<text class="norm">	
								Comme vous pouvez le voir, j'ai une petite collection d'e-books dans cette biblioth&#232;que d'e-books. Certains de ces livres reproduisent du contenu qui est dans le domaine public: Middlemarch, par exemple, est dans le domaien public. Certains d'entre eux reproduisent du contenu qui n'est pas dans le domaine public: mon propre livre L'avenir des id&#233;es n'est pas encore dans le domaine public.	
							</text>
						</object>
						<object id="626">
							<ocn>626</ocn>
							<text class="norm">	
								Consid&#233;rez Middlemarch d'abord. Si vous cliquez sur ma copie e-book de	
							</text>
						</object>
						<object id="627">
							<ocn>627</ocn>
							<text class="norm">	
								<image xmlns:xlink="http://www.w3.org/1999/xlink" xlink:type="simple" xlink:actuate="onLoad" xlink:show="embed" xlink:href="../_sisu/image/freeculture10.png" width="340" height="450" />[freeculture10.png] 	
							</text>
						</object>
						<object id="628">
							<ocn>628</ocn>
							<text class="norm">	
								Middlemarch, vous verrez une jolie couverture, et puis un bouton en bas appel&#233; Permissions.	
							</text>
						</object>
						<object id="629">
							<ocn>629</ocn>
							<text class="norm">	
								<image xmlns:xlink="http://www.w3.org/1999/xlink" xlink:type="simple" xlink:actuate="onLoad" xlink:show="embed" xlink:href="../_sisu/image/freeculture11.png" width="560" height="250" />[freeculture11.png] 	
							</text>
						</object>
						<object id="630">
							<ocn>630</ocn>
							<text class="norm">	
								Si vous cliquez sur le bouton Permissions, vous allez voir une liste des permissions que l'&#233;diteur pr&#233;tend accorder avec ce livre.	
							</text>
						</object>
						<object id="631">
							<ocn>631</ocn>
							<text class="norm">	
								<image xmlns:xlink="http://www.w3.org/1999/xlink" xlink:type="simple" xlink:actuate="onLoad" xlink:show="embed" xlink:href="../_sisu/image/freeculture12.png" width="310" height="410" />[freeculture12.png] 	
							</text>
						</object>
						<object id="632">
							<ocn>632</ocn>
							<text class="norm">	
								D'apr&#232;s mon eBook Reader, j'ai la permission de copier dans le presse-papiers de l'ordinateur dix s&#233;lections de texte tous les dix jours. (Jusqu'&#224; pr&#233;sent, je n'ai copi&#233; aucun texte dans le presse-papiers). J'ai &#233; galement la permission d'imprimer dix pages du livre tous les dix jours. Pour finir, j'ai la permission d'utiliser le bouton Read Aloud (NdT: lire &#224; voix haute) pour entendre Middlemarch lu par l'ordinateur.	
							</text>
						</object>
						<object id="633">
							<ocn>633</ocn>
							<text class="norm">	
								Voici le e-book d'une autre oeuvre dans le domaine public (y compris les traductions) : La Politique" d'Aristote.	
							</text>
						</object>
						<object id="634">
							<ocn>634</ocn>
							<text class="norm">	
								<image xmlns:xlink="http://www.w3.org/1999/xlink" xlink:type="simple" xlink:actuate="onLoad" xlink:show="embed" xlink:href="../_sisu/image/freeculture13.png" width="560" height="220" />[freeculture13.png] 	
							</text>
						</object>
						<object id="635">
							<ocn>635</ocn>
							<text class="norm">	
								D'apr&#232;s ses permissions, aucune impression ni copie n'est permise du tout. Mais heureusement, vous pouvez utiliser le bouton Read Aloud pour &#233; couter ce livre.	
							</text>
						</object>
						<object id="636">
							<ocn>636</ocn>
							<text class="norm">	
								<image xmlns:xlink="http://www.w3.org/1999/xlink" xlink:type="simple" xlink:actuate="onLoad" xlink:show="embed" xlink:href="../_sisu/image/freeculture14.png" width="560" height="224" />[freeculture14.png] 	
							</text>
						</object>
						<object id="637">
							<ocn>637</ocn>
							<text class="norm">	
								Enfin (et c'est le plus honteux), voici les permissions pour la version e-book originale de mon dernier livre, L'avenir des id&#233;es:	
							</text>
						</object>
						<object id="638">
							<ocn>638</ocn>
							<text class="norm">	
								Pas de copie, pas d'impression, et ne vous avisez pas d'essayer d'&#233;couter ce livre! Maitenant, le Adobe eBook Reader appelle ces contr&#244;les "permissions" - comem si l'&#233;diteur avait le pouvoir de contr&#244;ler comment vous utilisez ces oeuvres. Pour des oeuvres soumises au copyright, le d&#233;tenteur du copyright poss&#232;de certainement le pouvoir - dans les limites de la loi du copyright. Mais pour des oeuvres non soumises au copyright, il n'existe pas de pouvoir de copyright21. Quand mon e-book de Middlemarch dit que j'ai la permission de copier seulement dix s&#233;lections de texte dans la m&#233;moire tous les dix jours, ce que cela veut r&#233;ellement dire est que le eBook Reader a permis &#224; l'&#233;diteur de contr&#244;ler comment j'utilise le livre sur mon ordinateur, bien au-del&#224; du contr&#244;le que la loi permettrait.	
							</text>
						</object>
						<object id="639">
							<ocn>639</ocn>
							<text class="norm">	
								Au lieu de cela, le contr&#244;le vient du code - de la technologie &#224; l'int&#233;rieur de laquelle "vit" le livre &#233; lectronique. Bien que le e-book dise que ce sont des permissions, ce ne sont pas la sorte de "permissions" &#224; laquelle la plupart d'entre nous avons affaire. Quand une adolescente obtient la "permission" de sortir jusqu'&#224; minuit, elle sait (&#224; moins d'&#234;tre Cendrillon) qu'elle peut sortir jusqu'&#224; deux heures du matin, mais qu'elle subira une sanction si elle se fait prendre. Mais quans le Adobe eBook Reader dit que j'ai la permission de faire dix copies du texte dans la m&#233;moire de l'ordinateur, cela signifie qu'apr&#232;s dix copies, l'ordinateur n'en fera pas plus. Pareil pour les restrictions d'impression: apr&#232;s dix pages, le eBook Reader n'en imprimera pas plus. C'est la m&#234;me chose pour la restriction idiote qui dit que vous ne pouvez pas utiliser le bouton Read Aloud pour lire mon livre &#224; voix haute - ce n'est pas que l'entreprise vous poursuivera en justice si vous le faites; &#224; la place, si vous appuyez sur le bouton Read Aloud avec mon livre, la machine ne lira simplement pas &#224; voix haute.	
							</text>
						</object>
						<object id="640">
							<ocn>640</ocn>
							<text class="norm">	
								Ce sont des contr&#244;les, pas des permissions. Imaginez un monde o&#250; les Marx Brothers vendraient un logiciel de traitement de texte qui, quand vous tenteriez de taper "Warner Brothers", effacerait "Brothers" de la phrase.	
							</text>
						</object>
						<object id="641">
							<ocn>641</ocn>
							<text class="norm">	
								C'est l'avenir de la loi du copyright: ce n'est pas tant la loi du copyright que le code du copyright. Les contr&#244;les sur l'acc&#232;s au contenu ne seront pas des contr&#244;les ratifi&#233;s par les tribunaux; les contr&#244;les sur l'acc&#232;s au contenu seront les contr&#244;les qui seton cod&#233;s par les programmeurs. Et alors que les contr&#244;les qui sont construits dans la loi sont toujours amen&#233;s &#224; &#234; tre v&#233;rifi&#233;s par un juge, les contr&#244;les qui sont construits dans la technologie n'ont pas de v&#233;rification incorpor&#233;e similaire.	
							</text>
						</object>
						<object id="642">
							<ocn>642</ocn>
							<text class="norm">	
								Quelle est l'importance de ceci? N'est-il pas toujours possible de contourner les contr&#244;les construits dans la technologie? Auparavant, le logiciel &#233; tait vendu avec des technologies qui limitaient la capacit&#233; des utilisateurs &#224; le copier, mais c'&#233;taient des protections triviales &#224; d&#233;faire. Pourquoi ne sera-t-il pas trivial de d&#233;faire ces protections aussi?	
							</text>
						</object>
						<object id="643">
							<ocn>643</ocn>
							<text class="norm">	
								Nous n'avons fait qu'&#233;gratigner la surface de cette histoire. Retournez &#224; l'Adobe eBook Reader.	
							</text>
						</object>
						<object id="644">
							<ocn>644</ocn>
							<text class="norm">	
								Plus t&#244;t dans la vie de l'Adobe eBook Reader, Adobe souffrait de relations publiques cauchemardesques. Parmi les livres que vous pouviez t&#233;l&#233;charger gratuitement sur le site de Adobe figurait une copie d' Alice au pays des merveilles. Ce merveilleux livre est dans le domaine public. Pourtant quand vous cliquiez sur Permissions pour ce livre, vous aviez le message suivant:	
							</text>
						</object>
						<object id="645">
							<ocn>645</ocn>
							<text class="norm">	
								<image xmlns:xlink="http://www.w3.org/1999/xlink" xlink:type="simple" xlink:actuate="onLoad" xlink:show="embed" xlink:href="../_sisu/image/freeculture15.png" width="560" height="310" />[freeculture15.png] 	
							</text>
						</object>
						<object id="646">
							<ocn>646</ocn>
							<text class="norm">	
								Voici un livre pour enfants du domaine public que vous n'&#234;tes pas autoris&#233; &#224; copier, ni autoris&#233; &#224; pr&#234;ter, ni autoris&#233; &#224; donner, et, comme l'indiquent les permissions, ni autoris&#233; &#224; "lire &#224; voix haute"!	
							</text>
						</object>
						<object id="647">
							<ocn>647</ocn>
							<text class="norm">	
								Le cauchemar des relations publiques &#233; tait attach&#233; &#224; cette derni&#232;re permission. Parce que le texte ne disait pas que vous n'&#233;tiez pas autoris&#233; &#224; utiliser le bouton Read Aloud; il disait que vous n'aviez pas la permission de lire le livre &#224; voix haute. Cela a amen&#233; certaines personnes &#224; penser qu'Adobe restreignait le droit des parents, par exemple, de lire le livre &#224; leurs enfants, ce qui semblait, c'est le moins qu'on puisse dire, absurde.	
							</text>
						</object>
						<object id="648">
							<ocn>648</ocn>
							<text class="norm">	
								Adobe r&#233;pondit rapidement qu'il &#233; tait absurde de penser qu'elle essayait de restreindre le droit de lire un livre &#224; voix haute. [Note: Quelle ironie int&#233;ressante pour Adobe de dire qu'il est "absurde" de restreindre un livre d'&#234;tre lu &#224; voix haute quand elle construit exactement cette capacit&#233; dans ses logiciels.] &#201; videmment c'&#233;tait seulement restreindre la capacit&#233; d'utiliser le bouton Read Aloud pour avoir le livre lu &#224; voix haute. Mais la question &#224; laquelle Adobe n'a jamais r&#233;pondu est celle-ci: est-ce que Adobe est donc d'accord pour qu'un client soit libre d'utiliser son logiciel pour bricoler autour des restrictions construites dans l'eBook Reader? Si quelque entreprise (appelons-la Elcomsoft) d&#233;veloppait un programme pour d&#233;sactiver la protection technologique construite dans un Adobe eBook afin qu'ile personne aveugle, disons, puisse utiliser un ordinateur pour lire le livre &#224; voix haute, est ce que Adobe serait d'accord qu'un tel usage de l'eBook Reader soit juste? Adobe n'a pas r&#233;pondu parce que la r&#233;ponse, aussi absurde puisse-t-elle para&#238;tre, est non.	
							</text>
						</object>
						<object id="649">
							<ocn>649</ocn>
							<text class="norm">	
								Ce n'est pas pour dire du mal d'Adobe. En effet, Adobe est parmi les plus innovantes entreprises d&#233;veloppant des strat&#233;gies pour &#233; quilibrer l'acc&#232;s ouvert au contenu avec des incitations pour que des entreprises innovent. Mais la technologie d'Adobe permet le contr&#244;le, et Adobe a une motivation pour d&#233;fendre ce contr&#244;le. Cette motivation est compr&#233;hensible, mais ce qu'elle cr&#233;e est parfois d&#233;lirant.	
							</text>
						</object>
						<object id="650">
							<ocn>650</ocn>
							<text class="norm">	
								Pour voir cette id&#233;e dans un contexte particuli&#232;rement absurde, consid&#233;rez une de mes histoires pr&#233;f&#233;r&#233;es sur la m&#234;me id&#233;e.	
							</text>
						</object>
						<object id="651">
							<ocn>651</ocn>
							<text class="norm">	
								Consid&#233;rez le chien robotique de Sony nomm&#233; "Aibo". L'Aibo apprend des tours, fait des c&#226;lins, et vous suit. Il ne mange que ne l'&#233;lectricit&#233; et ne fait pas tant de d&#233;g&#226;ts que &#231; a (au moins dans votre maison).	
							</text>
						</object>
						<object id="652">
							<ocn>652</ocn>
							<text class="norm">	
								L'Aibo est cher et populaire. Des fans du monde entier ont mont&#233; des clubs pour &#233; changer des histoires. Un fan en particulier a mont&#233; un site Web pour permettre de partager des informations sur le chien Aibo. Ce fan a mont&#233; aibopet.org (et aibohack.org, mais celui-ci m&#234;ne au m&#234;me site), et sur ce site il a fourni des informations sur comment apprendre &#224; un Aibo &#224; faire des tours en plus de ceux que Sony lui a appris.	
							</text>
						</object>
						<object id="653">
							<ocn>653</ocn>
							<text class="norm">	
								"Apprendre" a ici un sens sp&#233;cial. Les Aibos sont juste des ordinateurs mignons. Vous apprenez &#224; un ordinateur &#224; faire quelque chose en le programmant diff&#233;remment. Donc, dire qu'aibopet.com donnait des informations sur comment apprendre au chien &#224; faire de nouveaux tours est juste une mani&#232;re de dire qu'aibopet.com donnait aux utilisateurs de l'animal de compagnie Aibo l'information sur comment hacker (NdT: bricoler) leur "chien"-ordinateur pour lui faire faire de nouveaux tours (d'o&#250; le nom aibohack.com).	
							</text>
						</object>
						<object id="654">
							<ocn>654</ocn>
							<text class="norm">	
								Si vous n'&#234;tes pas programmeur ou ne connaissez pas beaucoup de programmeurs, le verbe hacker (NdT: en anglais, tailler ou d&#233;couper) a une connotation particuli&#232;rement peu amicale. Les non-programmeurs taillent des buissons ou la mauvaise herbe. Les non-programmeurs dans des films d'horreur font encore pire. Mais pour les programmeurs, ou codeurs, comme je les appelle, hacker est un terme bien plus positif. Un hack veut juste dire du code qui permet au programme de faire quelque chose qu'il n'&#233;tait pas pr&#233;vu ou permis de faire. Si vous achetez une nouvelle imprimante pour un vieil ordinateur, vous verrez peut-&#234;tre que le vieil ordinateur ne fait pas marcher, ou ne pilote pas, l'imprimante. Si vous d&#233;couvrez ceci, vous seriez plus tard content de d&#233;couvrir un "hack" sur le Net fait par quelqu'un qui a &#233; crit un pilote pour permettre &#224; l'ordinateur de contr&#244;ler l'imprimante que vous venez d'acheter.	
							</text>
						</object>
						<object id="655">
							<ocn>655</ocn>
							<text class="norm">	
								Certains hacks sont faciles. D'autres sont incroyablement difficiles. Les hackeurs en tant que communaut&#233; aiment se d&#233;fier eux-m&#234;mes et mutuellement avec des t&#226;ches de plus en plus difficiles. Il y a un certain respect qui va avec le talent de bien hacker. C'est un respect bien m&#233;rit&#233; qui va avec le talent de hacker &#233; thiquement.	
							</text>
						</object>
						<object id="656">
							<ocn>656</ocn>
							<text class="norm">	
								Le fan de Aibo montrait un peu peu des deux quand il a hack&#233; le programme et offert au monde un morceau de code qui permettait &#224; l'Aibo de dancer le jazz. Le chien n'&#233;tait pas programm&#233; pour dancer le jazz. C'&#233;tait un bout intelligent de bricolage qui a transform&#233; le chien en une cr&#233;ature plus talentueuse que celle que Sony avait construite.	
							</text>
						</object>
						<object id="657">
							<ocn>657</ocn>
							<text class="norm">	
								J'ai racont&#233; cette histoire dans de nombreux contextes, &#224; la fois dans et en dehors des &#201; tats-Unis. Une fois, un membre du public interloqu&#233; m'a demand&#233; s'il &#233; tait permis pour un chien de danser le jazz aux &#201; tats-Unis? Nous oublions que les histoires sur l'arri&#232;re-pays font toujours le tour d'une grande partie du monde. Soyons donc simplement clairs avant de continuer: ce n'est (plus maintenant) un crime nulle part de dancer le jazz. Ce n'est pas non plus un crime d'apprendre &#224; votre chien de danser le jazz. Cela ne devrait pas non plus &#234; tre un crime (quoique nous n'avons pas beaucoup de quoi continuer ici) d'apprendre &#224; votre chien &#224; dancer le jazz. Dancer le jazz est une activit&#233; compl&#232;tement l&#233;gale. On imagine que le propri&#233;taire d'aibopet.com a pens&#233;: quels probl&#232;mes potentiels pourraient-ils y avoir &#224; apprendre &#224; un chien robot &#224; danser?	
							</text>
						</object>
						<object id="658">
							<ocn>658</ocn>
							<text class="norm">	
								Mettons le chien en sourdine une minute, et tournons-nous vers un spectacle de poney - pas litt&#233;ralement un spectacle de poney, mais plut&#244;t un papier qu'un universitaire de Princeton nomm&#233; Ed Felten a &#233; crit pour une conf&#233;rence. Cet universitaire de Princeton est bien connu et respect&#233;. Il a &#233; t&#233; embauch&#233; par le gouvernement dans l'affaire Microsoft pour &#233; valuer les affirmations de Microsoft &#224; propos de ce qui pouvait et ne pouvait pas &#234; tre fait avec son propre code. Dans ce proc&#232;s, il a fait preuve &#224; la fois de sa grande intelligence et de sa d&#233;contraction. Soumis &#224; un lourd harc&#232;lement de la part des avocats de Microsoft, Ed Felten a maintenu son point de vue. On n'allait pas le museler par la force sur quelque chose qu'il connaissait tr&#232;s bien.	
							</text>
						</object>
						<object id="659">
							<ocn>659</ocn>
							<text class="norm">	
								Mais la bravoure de Felten a &#233; t&#233; r&#233;ellement mise &#224; mal en avril 200122. Lui et un groupe de coll&#232;gues &#233; taient en train de travailler sur un papier qui allait &#234; tre soumis &#224; conf&#233;rence. Ce papier &#233; tait destin&#233; &#224; d&#233;crire les faiblesses dans un syst&#232;me de chiffrement en cours de d&#233;veloppement par Secure Digital Music Initiative en tant que technique pour contr&#244;ler la distribution de la musique.	
							</text>
						</object>
						<object id="660">
							<ocn>660</ocn>
							<text class="norm">	
								La coalition SDMI avait pour but une technologie visant &#224; permettre aux d&#233;tenteurs de contenu d'exercer bien mieux le contr&#244;le sur leur contenu que ce qu'Internet, tel qu'il &#233; tait &#224; l'origine, leur accordait. En utilisant le chiffrement, SDMI esp&#233;rait d&#233;velopper un standard qui permettrait au d&#233;tenteur de contenu de dire "cette musique ne peut pas &#234; tre copi&#233;e", et d'avoir un ordinateur qui respecterait cette commande. La technologie devait faire partie d'un "syst&#232;me &#233; prouv&#233;" de contr&#244;le qui ferait que les d&#233;tenteurs de contenu feraient bien plus confiance au syst&#232;me d'Internet.	
							</text>
						</object>
						<object id="661">
							<ocn>661</ocn>
							<text class="norm">	
								Quand SDMI pensa qu'elle &#233; tait proche d'un standard, elle monta une comp&#233;tition. En &#233; change de fournir aux participants le code d'un morceau de contenu chiffr&#233; &#224; la SDMI, les participants essayeraient de le faire sauter et, si ils r&#233;uississaient, raporteraient les probl&#232;mes au consortium.	
							</text>
						</object>
						<object id="662">
							<ocn>662</ocn>
							<text class="norm">	
								Felten et son &#233; quipe trouv&#232;rent rapidement le syst&#232;me de chiffrement. Lui et son &#233; quipe virent la faiblesse de ce syst&#232;me en tant que type: de nombreux syst&#232;mes de chiffrement souffraient de la m&#234;me faiblesse, et Felten et son &#233; quipe pensait que cela vaudrait le coup de le faire remarquer &#224; ceux qui &#233; tudient le chiffrement.	
							</text>
						</object>
						<object id="663">
							<ocn>663</ocn>
							<text class="norm">	
								Passons en revue ce que Felten &#233; tait en train de faire. Encore une fois, ce sont les &#201; tats-Unis. Nous avons un principe de libert&#233; d'expression. Nous avons ce principe pas juste parce que c'est la loi, mais aussi parce que c'est une id&#233;e vraiment bonne. Une tradition de libert&#233; d'expression fortement prot&#233;g&#233;e a des chances d'encourager une large palette de critiques. Cette critique a de schances, en &#233; change, d'am&#233;liorer les syst&#232;mes ou les gens ou les id&#233;es critiqu&#233;es.	
							</text>
						</object>
						<object id="664">
							<ocn>664</ocn>
							<text class="norm">	
								Ce que Felten et ses coll&#232;gues &#233; taient en train de faire &#233; tait la publication d'un papier d&#233;crivant la faiblesse dans une technologie. Ils ne diffusaient pas de musique gratuite, ni ne construisaient ou ne d&#233;ployaient cette technologie. Le papier &#233; tait un essai acad&#233;mique, inintelligible pour la plupart des gens. Mais il montrait clairement la faiblesse dans le syst&#232;me SDMI, et pourquoi SDMI, comme pr&#233;sent&#233;ment constitu&#233;, ne r&#233;ussirait pas.	
							</text>
						</object>
						<object id="665">
							<ocn>665</ocn>
							<text class="norm">	
								Ce qui lie ces deux-l&#224;, aibopet.com et Felten, sont les lettres qu'ils ont re&#231;ues. Aibopet.com a re&#231;u une lettre de Sony &#224; propos du hack de aibopet.com. Bien qu'un chien dansant le jazz soit parfaitement l&#233;gal, Sony &#233; crivit:	
							</text>
						</object>
						<object id="666">
							<ocn>666</ocn>
							<text class="indent1">	
								Votre site contient de l'information fournissant les moyens de passer outre le protocole de protection contre la copie du produit AIBO, constituant une violation des dispositions du Digital Millennium Copyright Act.	
							</text>
						</object>
						<object id="667">
							<ocn>667</ocn>
							<text class="norm">	
								Et bien qu'un paper acad&#233;mique d&#233;crivant la faiblesse dans un syst&#232;me de chiffrement devrait &#233; galement &#234; tre parfaitement l&#233;gal, Felten a re&#231;u une lettre d'un avocat de la RIAA disant:	
							</text>
						</object>
						<object id="668">
							<ocn>668</ocn>
							<text class="indent1">	
								Toute divulgation d'information obtenue de la participation au Public Challenge serait hors du champ des activit&#233;s permises par l'Accord et pourrait vous exposer vous et votre &#233; quipe de recherche &#224; des actions sous le Digital Millennium Copyright Act ("DMCA").	
							</text>
						</object>
						<object id="669">
							<ocn>669</ocn>
							<text class="norm">	
								Dans les deux cas, cette loi &#233; trangement orwellienne &#233; tait invoqu&#233;e pour contr&#244;ler la diffusion de l'information. Le Digital Millennium Copyright Act faisait de la diffusion de telles informations une offense.	
							</text>
						</object>
						<object id="670">
							<ocn>670</ocn>
							<text class="norm">	
								Le DMCA a &#233; t&#233; ordonn&#233; comme r&#233;ponse &#224; la premi&#232;re peur des d&#233;tenteurs de copyright concernant le cyberespace. La peur &#233; tait que l'efficacit&#233; du contr&#244;le du copyright soit morte; la r&#233;ponse &#233; tait de trouver des technologies qui pourraient compenser. Ces nouvelles technologies seraient des technologies de protection de copyright - des technologies pour contr&#244;les la r&#233;plication et la distribution de choses sous copyright. Elles &#233; tianet con&#231;ues comme code pour modifier le code original d'Internet, pour r&#233;&#233;tablir quelque protection pour les d&#233;tenteurs de copyright.	
							</text>
						</object>
						<object id="671">
							<ocn>671</ocn>
							<text class="norm">	
								Le DMCA &#233; tait un morceau de loi destin&#233; &#224; confirmer la protection de ce code con&#231;u pour prot&#233;ger le contenu sous copyright. C'&#233;tait, on pourrait dire, du code l&#233;gal destin&#233; &#224; soutenir le code logiciel qui lui-m&#234;me &#233; tait destin&#233; &#224; soutenir le code l&#233;gal du copyright.	
							</text>
						</object>
						<object id="672">
							<ocn>672</ocn>
							<text class="norm">	
								Mais le DMCA n'a pas &#233; t&#233; con&#231;u pour simplement prot&#233;ger les oeuvres sous copyright dans la m&#234;me mesure que la loi du copyright les prot&#233;geait. Sa protection, pour ainsi dire, ne s'est pas arr&#234;t&#233;e &#224; la ligne que la loi du copyright avait trac&#233;e. Le DMCA r&#233;gulait des syst&#232;mes qui &#233; taient con&#231;us pour contourner des mesures de protection de copyright. Il &#233; tait con&#231;u pour bannir ces syst&#232;mes, que l'utilisation du contenu sous copyright rendue possible par ce contournement soit une violation du copyright ou pas.	
							</text>
						</object>
						<object id="673">
							<ocn>673</ocn>
							<text class="norm">	
								Et justement, il y a Aibopet.com et Felten. Le hack du Aibo contournait un syst&#232;me de protection de copyright dans le but de permettre au chien de danser le jazz. Cette activation a sans doute impliqu&#233; l'utilisation de mat&#233;riel sous copyright. Mais comme le site d'aibopet.com &#233; tait non-commercial, et que l'utilisation ne permettait pas de violations ult&#233;rieures de copyright, il n'y a pas de doute que le hack d'aibopet.com &#233; tait de l'usage loyal du mat&#233;riel sous copyright de Sony. Pourtant l'usage loyal n'est pas une d&#233;fense contre le DMCA. La question n'est pas si l'utilisation de mat&#233;riel sous copyright est une violation du copyright. La question est si un syst&#232;me de protection de copyright a &#233; t&#233; contourn&#233;.	
							</text>
						</object>
						<object id="674">
							<ocn>674</ocn>
							<text class="norm">	
								La menace contre Felten &#233; tait plus att&#233;nu&#233;e, mais elle suivait la m&#234;me ligne de raisonnement. En publiant un papier d&#233;crivant comment un syst&#232;me de protection de copyright pouvait &#234; tre contourn&#233;, sugg&#233;ra l'avocat de la RIAA, Felten lui-m&#234;me &#233; tait en train de distribuer une technologie de contourenement. Ainsi, m&#234;me si il ne violait pas lui-m&#234;me le copyright de personne, son papier acad&#233;mique permettait &#224; d'autres de violer le copyright d'autres.	
							</text>
						</object>
						<object id="675">
							<ocn>675</ocn>
							<text class="norm">	
								La bizzarerie de ces arguments est captur&#233;e dans une caricature dessin&#233;e en 1981 par Paul Conrad. &#192; cette &#233; poque, un tribunal de Californie avait affirm&#233; que le magn&#233;toscope pouvait &#234; tre interdit car il &#233; tait une technologie d'enfreignement du copyright: il permettait aux consommateurs de copier des filsm sans la permission du d&#233;tenteur du copyright. Il y avait sans doute des utilisations de la technologie qui &#233; tait l&#233;gales: Fred Rogers, alias "Mr. Rogers", par exemple, avait t&#233;moign&#233; dans cette affaire qu'il voulait que les gens se sentent libres d'enregistrer Mr. Roger's Neighborhood.	
							</text>
						</object>
						<object id="676">
							<ocn>676</ocn>
							<text class="indent1">	
								Certaines chaines publiques, aussi bien que des chaines commerciales, diffusent le "Neighborhood" &#224; des heures o&#250; certains enfants ne peuvent pas l'utiliser. Je pense que c'est un vrai service aux familles que d'&#234;tre capable d'enregistrer de tels programmes et de les montrer &#224; des heures appropri&#233;es. J'ai toujours pens&#233; qu'avec la venue de toute cette nouvelle technologie qui permet aux gens d'enregistrer le "Neighborhood" sans avoir &#224; la regarder, et je parle du "Neighborhood" parce que c'est ce que je produis, qu'elles deviendraient bien plus actives dans la programmation de leur vie t&#233;l&#233;visuelle familiale. Tr&#232;s franchement, je suis oppos&#233; au fait que des gens soient programm&#233;s par d'autres. Mo napproche globale des &#233; missions a toujours &#233; t&#233; que "Vous &#234; tes une personne importante simplement comme vous &#234; tes. Vous pouvez prendre des d&#233;cisions saines". Peut-&#234;tre que je m'&#233;tends, mais je pense simplement que tout ce qui permet &#224; une personne d'&#234;tre plus active dans le contr&#244;le de sa vie, de mani&#232;re saine, est important23.	
							</text>
						</object>
						<object id="677">
							<ocn>677</ocn>
							<text class="norm">	
								M&#234;me si il y avait des utilisations qui &#233; taient l&#233;gales, parce que certaines d'entre elles &#233; taient ill&#233;gales, le tribunal a tenu pour responsables les entreprises produisant le magn&#233;toscope.	
							</text>
						</object>
						<object id="678">
							<ocn>678</ocn>
							<text class="norm">	
								Ce qui amena Conrad &#224; dessiner le dessin ci-dessous, que nous pouvons adapter au DMCA.	
							</text>
						</object>
						<object id="679">
							<ocn>679</ocn>
							<text class="norm">	
								Aucun argument que je puisse avoir ne peut surpasser cette image, mais laissez-moi essayer de m'y approcher. Les dispositions anti-contournement du DMCA visent les technologies de contournement de copyright. Les technologies de contournement peuvent &#234; tre utilis&#233;es &#224; des fins diff&#233;rentes. Elles peuvent &#234; tre utilis&#233;es, par exemple, pour permettre le piratage massif de mat&#233;riel sous copyright - une mauvaise fin. Ou elles peuvent &#234; tre utilis&#233;es pour permettre l'utilisation de certains mat&#233;riels sous copyright selon des mani&#232;res qui seraient consid&#233;r&#233;es comme de l'usage loyal - une bonne fin.	
							</text>
						</object>
						<object id="680">
							<ocn>680</ocn>
							<text class="norm">	
								Un pistolet peut &#234; tre utilis&#233; pour tuer un policier ou un enfant.	
							</text>
						</object>
						<object id="681">
							<ocn>681</ocn>
							<text class="norm">	
								Les plupart des gens acquiescerait qu'un tel usage est mauvais. Ou un pistolet peut &#234; tre utilis&#233; pour s'entrainer au tir ou &#224; se prot&#233;ger contre un intrus. Au moisn quelques personnes diraient que de tels usages seraient bons. C'est, aussi, une technologie qui a &#224; la fois des bons et des mauvais usages.	
							</text>
						</object>
						<object id="682">
							<ocn>682</ocn>
							<text class="norm">	
								<image xmlns:xlink="http://www.w3.org/1999/xlink" xlink:type="simple" xlink:actuate="onLoad" xlink:show="embed" xlink:href="../_sisu/image/freeculture16.png" width="425" height="500" />[freeculture16.png] 	
							</text>
						</object>
						<object id="683">
							<ocn>683</ocn>
							<text class="norm">	
								L'id&#233;e &#233; vidente du dessin de Conrad est l'&#233;tranget&#233; d'un monde o&#250; les pistolets sont l&#233;gaux, malgr&#233; les dommages qu'ils peuvent faire, alors que les magn&#233;toscopes (et les technologies de contournement) sont ill&#233;gaux. Flash: Personne n'est jamais mort &#224; cause d'un contournement de copyright. Et pourtant la loi bannit absolument les technologies de contrournement, malgr&#233; le potentiel qu'elles peuvent apporter du bien, mais autorise les pistolets, malgr&#233; les dommages &#233; vidents et tragiques qu'ils font.	
							</text>
						</object>
						<object id="684">
							<ocn>684</ocn>
							<text class="norm">	
								Les exemples de l'Aibo et de la RIAA d&#233;montrent comment les d&#233;tenteurs de copyright sont en train de changer l'&#233;quilibre qu'octroie la loi du copyright. En utilisant du code, les d&#233;tenteurs de copyright restreignent l'usage loyal; en utilisant le DMCA, ils punissent ceux qui tentent d'&#233;chapper aux restrictions sur l'usage loyal qu'ils imposent &#224; travers le code. La technologie devient un moyen par lequel l'usage loyal peut &#234; tre effac&#233;; la loi du DMCA soutient cet effacement.	
							</text>
						</object>
						<object id="685">
							<ocn>685</ocn>
							<text class="norm">	
								C'est ainsi que le code devient la loi. Les contr&#244;les incorpor&#233;s dans la technologie de protection contre la copie et l'acc&#232;s deviennent des r&#232;gles dont la violation est &#233; galement une violation de la loi. De cette mani&#232;re, le code &#233; tend la loi - en augmentant sa r&#233;gulation, m&#234;me si le sujet qu'il r&#233;gule (des activit&#233;s qui constitueraient autrement simplement de l'usage loyal) est au-del&#224; de la port&#233;e de la loi. Le code devient la loi; le code &#233; tend la loi; le cod&#233; &#233; tend ainsi le contr&#244;le que les d&#233;tenteurs de copyright effectuent - au moins pour les d&#233;tenteurs de copyright qui ont des avocats pouvant &#233; crire les lettres mena&#231;antes que Felten et aibopet.com ont re&#231;ues.	
							</text>
						</object>
						<object id="686">
							<ocn>686</ocn>
							<text class="norm">	
								Il y a un dernier aspect de l'interaction entre l'architecture et la loi qui contribue &#224; la force de la r&#233;gulation du copyright. C'est l'aisance avec laquelle les infractions de la loi peuvent &#234; tre d&#233;tect&#233;es. Car contrairement &#224; la r&#233;thorique commune &#224; la naissance du cyberespace qui dit que sur Internet, personne ne sait que vous &#234; tes un chien, de plus en plus, selon les technologies changeantes d&#233;ploy&#233;es sur Internet, il est facile de trouver le chien qui a commis le tort l&#233;gal. Les technologies d'Internet son ouvertes aux fureteurs aussi bien qu'aux partageurs, et les fureteurs sont de plus en plus meilleurs pour rechercher l'identit&#233; de ceux qui violent les r&#232;gles.	
							</text>
						</object>
						<object id="687">
							<ocn>687</ocn>
							<text class="norm">	
								Par exemple, imaginez que vous feriez partie d'un fan club de Star Trek. Vous vous rassembleriez chaque mois pour partager des anecdotes, et peut-&#234;tes monteriez une sorte de fiction de fan sur la s&#233;rie. Une personne jouerait Spock, une autre Capitaint Kirk. Les personnages commenceraient avec une trame issue d'une vraie histoire, et la continueraient simplement24.	
							</text>
						</object>
						<object id="688">
							<ocn>688</ocn>
							<text class="norm">	
								Avant Internet, c'&#233;tait, dans le fond, une activit&#233; totalement non-r&#233;gul&#233;e. Peu importe ce qui se passait dans la salle de votre club, la police du copyright ne vous aurait jamais d&#233;rang&#233;. Vous seriez libre dans cet espace pour faire ce qui vous d&#233;sireriez avec cette partie de notre culture. Vous aurez le droit de l'utiliser comme vous le d&#233;rireriez sans crainte du contr&#244;le l&#233;gal.	
							</text>
						</object>
						<object id="689">
							<ocn>689</ocn>
							<text class="norm">	
								Mais si vous d&#233;placiez votre club sur Internet, et le rendiez disponible g&#233;n&#233;ralement aux nouvelles candidatures, cela se passerait tr&#232;s diff&#233;remment. Des robots parcourant le Net &#224; la recherche d'infractions aux marques et au copyright trouveraient rapidement votre site. Vos &#233; crits de fiction, en fonction de la propri&#233;t&#233; des s&#233;ries que vous d&#233;peignez, pourrait bien inspirer une menace d'avocat. Et ignorer la menace de l'avocat serait en effet extr&#232;mement couteux. La loi du copyright est extr&#232;mement efficace. Les peines sont s&#233;v&#232;res, et le proc&#233;d&#233; est rapide.	
							</text>
						</object>
						<object id="690">
							<ocn>690</ocn>
							<text class="norm">	
								Ce changement dans la force efficace de la loi est caus&#233; par un changement dans la facilit&#233; avec laquelle la loi peut &#234; tre appliqu&#233;e. Ce changement modifie &#233; galement l'&#233;quilibre de la loi de mani&#232;re radicale. C'est comme si votre voiture transmettait la vitesse &#224; laquelle vous roulez &#224; chaque moment de votre conduite; cela serait la derni&#232;re &#233; tape avant que l'&#201;tat ne commence &#224; imprimer des amendes selon les donnez que vous envoyez. C'est, en r&#233;alit&#233;, ce qui est en train de se passer ici.	
							</text>
						</object>
					</content>
				</contents2>
				<contents2>
					<heading>
						<object id="691">
							<ocn>691</ocn>
							<text class="heading_content_2">March&#233;: Concentration</text>
						</object>
					</heading>
					<content>
						<object id="692">
							<ocn>692</ocn>
							<text class="norm">	
								La dur&#233;e du copyright a augment&#233; de mani&#232;re consid&#233;rable - triplement durant les trente derni&#232;res ann&#233;es. L'&#233;tendue du copyright a augment&#233; aussi - partant d'un contr&#244;le des &#233; diteurs pour maintenant contr&#244;ler tout le monde. L'atteinte au copyright a chang&#233;, comme toute action devient une copie elle est susceptible d'&#234;tre r&#233;glement&#233;e. Comme les techniciens proposent de meilleurs dispositifs pour contr&#244;ler l'usage du contenu et comme le copyright est renforc&#233; par la technologie, la force du copyright change aussi. Le mauvais usage est plus facile &#224; trouver et &#224; contr&#244;ler. Cette r&#233;gulation du processus de cr&#233;ation qui commen&#231;ait comme une petite r&#233;gulation s'adressant &#224; une parcelle du march&#233; de la cr&#233;ation, est devenue le r&#233;gulateur principal de la cr&#233;ation. C'est une extension massive de l'&#233;tendue du contr&#244;le gouvernemental sur l'innovation et la cr&#233;ativit&#233;; qui serait totalement m&#233;connaissable pour ceux qui cr&#233;&#232;rent le copyright.	
							</text>
						</object>
						<object id="693">
							<ocn>693</ocn>
							<text class="norm">	
								De mon point de vue, ces changements seraient sans importance, s'il n'y avait un changement suppl&#233;mentaire que nous devions aussi consid&#233;rer. C'est d'un changement qui d'une certaine mani&#232;re nous est tr&#232;s familier m&#234;me si sa signification et sa port&#233;e ne sont pas bien comprises. Il s'agit d'un changement qui cr&#233;e pr&#233;cis&#233;ment la raison pour laquelle nous devons nous sentir concern&#233;s par toutes les &#233; volutions que j'ai cit&#233;es.	
							</text>
						</object>
						<object id="694">
							<ocn>694</ocn>
							<text class="norm">	
								C'est le changement dans la concentration et l'int&#233;gration des m&#233;dia. Dans les vingt derni&#232;res ann&#233;es, la nature de la propri&#233;t&#233; du m&#233;dia a subi une transformation radicale, provoqu&#233;e par le changement des lois concernant les m&#233;dia. Avant que ce changement survienne, les diff&#233;rentes formes de m&#233;dia &#233; taient la propri&#233;t&#233; de soci&#233;t&#233;s diff&#233;rentes. Maintenant, les m&#233;dia sont entre les mains de quelques soci&#233;t&#233;s. Vraiment, depuis les changements annonc&#233;s en juin 2003 par la FCC, la plupart s'attendent &#224; ce que d'ici quelques ann&#233;es 85% des m&#233;dia soient contr&#244;l&#233;s par seulement trois soci&#233;t&#233;s.	
							</text>
						</object>
						<object id="695">
							<ocn>695</ocn>
							<text class="norm">	
								Ces changements ont deux aspects : l'&#233;tendue de la concentration et sa nature.	
							</text>
						</object>
						<object id="696">
							<ocn>696</ocn>
							<text class="norm">	
								Les changements concernant l'&#233;tendue sont les plus faciles &#224; d&#233;crire. Comme l'a r&#233;sum&#233; le s&#233;nateur John McCain les statistiques sur la propri&#233;t&#233; des m&#233;dia pr&#233;sent&#233;es dans le rapport &#224; la FCC, &#171; cinq soci&#233;t&#233;s contr&#244;lent 85% de nos sources media. &#187; 25 Les cinq labels Universal Music Group, BMG, Sony Music Entertainment, Warner Music Group, et EMI contr&#244;lent 84,8% du march&#233; musical am&#233;ricain. 26 Les &#171; cinq plus grands op&#233;rateurs du c&#226;ble drainent jusqu'&#224; 74% des abonn&#233;s au niveau national. &#187; 27	
							</text>
						</object>
						<object id="697">
							<ocn>697</ocn>
							<text class="norm">	
								L'histoire de la radio est encore plus dramatique. Avant la d&#233;r&#233;gulation, les plus grandes compagnies de radio poss&#233;daient moins de soixante quinze stations. Aujourd'hui une compagnie poss&#232;de plus de 1200 stations. Durant cette p&#233;riode de concentration, le nombre de possesseurs de stations de radio a chut&#233; de 34%. Aujourd'hui, sur la plupart des march&#233;s, les deux acteurs principaux contr&#244;lent 74% des revenus. Globalement, quatre compagnies drainent 90% des revenus nationaux de la publicit&#233; radio.	
							</text>
						</object>
						<object id="698">
							<ocn>698</ocn>
							<text class="norm">	
								La concentration dans la possession des journaux a eu lieu aussi. Aujourd'hui, il y a six cents fois moins de quotidiens aux &#201; tats Unis qu'il y a quatre vingt ans, et dix compagnies contr&#244;lent la moiti&#233; des tirages. Il y a vingt &#233; diteurs de journaux importants aux &#201; tats Unis. Les dix premiers studio de cin&#233;ma drainent 99% des revenus cin&#233;matographiques. Les dix principales compagnies de c&#226;ble comptabilisent 85% des revenus du secteur. C'est un march&#233; tr&#232;s &#233; loign&#233; de la presse libre que les r&#233;dacteurs de la constitution pensaient prot&#233;ger. En fait, c'est un march&#233; qui est enti&#232;rement prot&#233;g&#233; - par le march&#233;.	
							</text>
						</object>
						<object id="699">
							<ocn>699</ocn>
							<text class="norm">	
								La concentration est une chose. Le changement le plus insidieux concerne la nature de cette concentration. Comme James Fallows le soulignait dans un article r&#233;cent sur Rupert Murdoch,	
							</text>
						</object>
						<object id="700">
							<ocn>700</ocn>
							<text class="norm">	
								Les Soci&#233;t&#233;s du groupe Murdoch constituent un syst&#232;me de production in&#233;gal&#233; dans son int&#233;gration. Elles fournissent le contenu Fox- - cin&#233;ma...-Fox TV shows... -Fox diffusion sportive, plus des quotidiens et des livres. Elles vendent le contenu au public et aux annonceurs dans les journaux, sur les ondes et les r&#233;seaux c&#226;bl&#233;s. Elles g&#232;rent le syst&#232;me de distribution physique qui v&#233;hicule le contenu jusqu'aux clients. Le syst&#232;me de satellites de Murdoch diffuse maintenant News Corp en Europe et en Asie; si Murdoch devient l'unique propri&#233;taire du plus grand syst&#232;me de t&#233;l&#233;vision directe, ce syst&#232;me servira la m&#234;me fonction aux &#201; tats Unis 28.	
							</text>
						</object>
						<object id="701">
							<ocn>701</ocn>
							<text class="norm">	
								Le mod&#232;le de Murdoch c'est le mod&#232;le des m&#233;dia modernes. Pas simplement quelques compagnies poss&#233;dant beaucoup de radio, mais quelques compagnies poss&#233;dant autant de vari&#233;t&#233;s de m&#233;dia que possible. Un dessin d&#233;crit mieux ce mod&#232;le que des milliers de mots.	
							</text>
						</object>
						<object id="702">
							<ocn>702</ocn>
							<text class="norm">	
								<image xmlns:xlink="http://www.w3.org/1999/xlink" xlink:type="simple" xlink:actuate="onLoad" xlink:show="embed" xlink:href="../_sisu/image/freeculture17.png" width="560" height="350" />[freeculture17.png] 	
							</text>
						</object>
						<object id="703">
							<ocn>703</ocn>
							<text class="norm">	
								Est-ce que cette concentration importe ? Affecte-t-elle le contenu ou ce qui est distribu&#233; ? Ou s'agit-il simplement d'un moyen plus efficace de produire et distribuer du contenu ?	
							</text>
						</object>
						<object id="704">
							<ocn>704</ocn>
							<text class="norm">	
								Mon point de vue &#233; tait que la concentration ne devrait pas d&#233;ranger. Je pensais qu'il ne s'agissait que d'une structure financi&#232;re plus efficace. Mais maintenant, apr&#232;s avoir lu et &#233; cout&#233; un ensemble de cr&#233;ateurs essayant de me convaincre du contraire, je commence &#224; changer d'avis.	
							</text>
						</object>
						<object id="705">
							<ocn>705</ocn>
							<text class="norm">	
								Voici une histoire qui sugg&#232;re comment cette concentration peut jouer.	
							</text>
						</object>
						<object id="706">
							<ocn>706</ocn>
							<text class="norm">	
								En 1969, Norman Lear cr&#233;a un film pilote pour All in the Family. Il le pr&#233;senta &#224; ABC. Il n'a pas plu au r&#233;seau. Il dit &#224; Lear que c'&#233;tait trop crisp&#233;, refaite le. Lear le refit encore plus crisp&#233; que le premier. ABC &#233; tait exasp&#233;r&#233;. Vous avez rat&#233; lui dire-t-il. Nous le voulions moins crisp&#233;, pas davantage.	
							</text>
						</object>
						<object id="707">
							<ocn>707</ocn>
							<text class="norm">	
								Plut&#244;t que de se lamenter, Lear a propos&#233; le spectacle ailleurs. CBS &#233; tait heureux d'avoir la s&#233;rie; ABC ne pouvait pas l'en emp&#234;cher. Le copyright de Lear a assur&#233; son ind&#233;pendance vis &#224; vis du contr&#244;le du r&#233;seau29.	
							</text>
						</object>
						<object id="708">
							<ocn>708</ocn>
							<text class="norm">	
								Le r&#233;seau ne contr&#244;lait pas ces copyrights car la loi interdisait aux r&#233;seaux de contr&#244;ler les contenus qu'ils diffusaient. La loi imposait une s&#233;paration entre les r&#233;seaux et les producteurs de contenu; cette s&#233;paration garantissait la libert&#233; de Lear. Et jusqu'en 1992, &#224; cause de ces r&#232;gles, la grande majorit&#233; des &#233; missions de grande &#233; coute - 75% - &#233; tait ind&#233;pendante des r&#233;seaux.	
							</text>
						</object>
						<object id="709">
							<ocn>709</ocn>
							<text class="norm">	
								En 1994, la FCC a supprim&#233; les r&#232;gles concernant l'ind&#233;pendance. Apr&#232;s ce changement, les r&#233;seaux ont rapidement modifi&#233; l'&#233;quilibre. En 1985, il existait 25 studio de production de t&#233;l&#233;vision ind&#233;pendants; en 2002, il n'en reste plus que 5. &#171; En 1992, seulement 15% des nouvelles s&#233;ries &#233; taient produites par une filiale d'un r&#233;seau. L 'ann&#233;e derni&#232;re, le pourcentage des &#233; missions produites par des filiales d'un r&#233;seau a &#233; t&#233; plus que quintupl&#233; pour atteindre 77%. &#187; <br /> &#171; En 1992, 16 nouvelles s&#233;ries ont &#233; t&#233; produites ind&#233;pendamment du contr&#244;le d'un conglom&#233;rat, l'ann&#233;e derni&#232;re, il n'y en a eu qu'une. &#187; 30 En 2002, 75% des &#233; missions de la p&#233;riode de pointe &#233; taient produites par le r&#233;seau qui les diffusait. &#171; Dans la p&#233;riode entre 1992 et 2002, le nombre d'heures d'&#233;mission de la p&#233;riode de pointe par semaine produites par les r&#233;seaux ont augment&#233;s de 200%, tandis que le nombre d'heures d'&#233;mission de la p&#233;riode de pointe par semaine produites par des studios ind&#233;pendants a chut&#233; de 63%.31	
							</text>
						</object>
						<object id="710">
							<ocn>710</ocn>
							<text class="norm">	
								Aujourd'hui, un autre Norman Lear avec un autre All in the Family aurait le choix soit de rendre l'&#233;mission moins crisp&#233;e soit d'&#234;tre renvoy&#233;. Le contenu des productions d&#233;velopp&#233;es pour un r&#233;seau sont de plus en plus la propri&#233;t&#233; de celui-ci.	
							</text>
						</object>
						<object id="711">
							<ocn>711</ocn>
							<text class="norm">	
								Tandis que le nombre de cha&#238;nes a augment&#233; de mani&#232;re consid&#233;rable, la propri&#233;t&#233; de ces cha&#238;nes s'est concentr&#233;e dans les mains de quelques uns. Comme le disait Barry Diller &#224; Bill Moyers,	
							</text>
						</object>
						<object id="712">
							<ocn>712</ocn>
							<text class="norm">	
								Si vous avez des compagnies qui produisent, qui financent, qui diffusent sur leur cha&#238;ne et qui distribuent au niveau mondial, tout ce qui passe par leur syst&#232;me de distribution , alors vous aboutissez &#224; ce qu'il y ait de moins en moins d'acteurs dans le processus. Nous avions des douzaines et des douzaines de producteurs ind&#233;pendants d'&#233;mission de t&#233;l&#233;vision. Maintenant il n'en reste m&#234;me pas une poign&#233;e32.	
							</text>
						</object>
						<object id="713">
							<ocn>713</ocn>
							<text class="norm">	
								Cette r&#233;duction a un effet sur ce qui est produit. La production de r&#233;seau aussi grands et concentr&#233;s est de plus en plus homog&#232;ne. De plus en plus s&#252;re. De plus en plus st&#233;rile. La production des journaux d'actualit&#233; de ces r&#233;seaux est de plus en plus fa&#231;onn&#233;e par le message que le r&#233;seau veut v&#233;hiculer. Ce n'est pas le parti communiste, bien que de l'int&#233;rieur, cela doive ressembler un peu au parti communiste. Personne ne peut mettre en doute sans risque des cons&#233;quences - pas n&#233;cessairement le bannissement en Sib&#233;rie, mais une sanction tout de m&#234;me. Ind&#233;pendance, critique, opinion diff&#233;rentes sont bannies. Ce n'est pas un environnement pour une d&#233;mocratie.	
							</text>
						</object>
						<object id="714">
							<ocn>714</ocn>
							<text class="norm">	
								Un parall&#232;le &#233; conomique permet d'expliquer pourquoi l'int&#233;gration touche la cr&#233;ativit&#233;. Clay Christensen a &#233; crit &#171; le dilemme des innovateurs &#187; : le fait que de grandes soci&#233;t&#233;s traditionnelles ignorent de mani&#232;re d&#233;lib&#233;r&#233;e les perc&#233;es technologiques qui affectent leur coeur de m&#233;tier. La m&#234;me analyse pourrait permettre d'expliquer pourquoi de grands groupes de m&#233;dia traditionnels trouvent rationnels d'ignorer de nouvelles tendances culturelles33. Les mastodontes non seulement ne sprintent pas, mais ne doivent pas sprinter. Si le terrain est r&#233;serv&#233; aux g&#233;ants, il y aura tr&#232;s peu de sprint.	
							</text>
						</object>
						<object id="715">
							<ocn>715</ocn>
							<text class="norm">	
								Je ne pense pas que nous connaissions suffisamment l'&#233;conomie du march&#233; des m&#233;dia pour affirmer avec certitude ce que la concentration et l'int&#233;gration am&#232;neront. Les rendements sont importants, et les effets sur la culture difficiles &#224; mesurer.	
							</text>
						</object>
						<object id="716">
							<ocn>716</ocn>
							<text class="norm">	
								Mais, il y a un exemple &#233; vident qui montre nettement le probl&#232;me.	
							</text>
						</object>
						<object id="717">
							<ocn>717</ocn>
							<text class="norm">	
								En compl&#233;ment de la guerre des copyright, nous sommes au milieu de la guerre de la drogue. La politique gouvernementale combat les cartels de la drogue; les tribunaux criminels et civils sont surcharg&#233;s &#224; la suite de ce combat.	
							</text>
						</object>
						<object id="718">
							<ocn>718</ocn>
							<text class="norm">	
								Laissez-moi me disqualifier de toute possible accointance avec la position du gouvernement en disant que je crois que ce combat est une erreur profonde. Je ne suis pas pro drogue. Au contraire, je viens d'une famille victime de la drogue, bien que les drogues qui d&#233;truisirent ma famille &#233; taient enti&#232;rement l&#233;gales. Je crois que ce combat est une erreur profonde car les dommages collat&#233;raux sont si grands qu'ils rendent folle la poursuite de la guerre. Quand vous additionnez le fardeau sur le syst&#232;me judiciaire, le d&#233;sespoir de g&#233;n&#233;rations d'ado dont la seule r&#233;elle opportunit&#233; &#233; conomique est d'&#234;tre un revendeur, les atteintes aux protections constitutionnelles &#224; cause de la surveillance constante que ce combat implique, et, par dessus tout, la compl&#232;te destruction du syst&#232;me judiciaire de plusieurs pays d'Am&#233;rique latine &#224; cause du pouvoir des cartels de la drogue, je pense qu'il est impossible de croire que le b&#233;n&#233;fice marginal de la r&#233;duction de la consommation am&#233;ricaine de drogue puisse contrebalancer ces co&#252;ts.	
							</text>
						</object>
						<object id="719">
							<ocn>719</ocn>
							<text class="norm">	
								Vous n'&#234;tes pas convaincu. D'accord, nous sommes en d&#233;mocratie et c'est par le vote que nous choisissons notre politique. Mais pour cela, nous sommes fondamentalement tributaire de la presse qui informe les am&#233;ricains de ces sujets.	
							</text>
						</object>
						<object id="720">
							<ocn>720</ocn>
							<text class="norm">	
								Au d&#233;but de 1998, l'office national de lutte contre les drogues lan&#231;a une campagne m&#233;diatique dans sa &#171; guerre contre les drogues &#187; . La campagne produisit des tas de clips traitant de questions relatives aux drogues ill&#233;gales. Dans une des s&#233;ries (Nick et Norm) deux hommes dans un bar discutent de l'id&#233;e de l&#233;galiser des drogues comme un moyen d'&#233;viter certains des dommages collat&#233;raux de cette guerre. L'un avance un argument en faveur de la l&#233;galisation des drogues. L'autre r&#233;pond par un d&#233;veloppement convaincant et &#233; tay&#233; &#224; l'argument du premier. &#192; la fin, le premier gars change d'avis (c'est de la t&#233;l&#233;). L'insert publicitaire se termine par une attaque accablante contre la campagne pour la l&#233;galisation.	
							</text>
						</object>
						<object id="721">
							<ocn>721</ocn>
							<text class="norm">	
								Assez &#233; quitable. Bonne publicit&#233;. Pas vraiment trompeuse. Elle d&#233;livre bien son message. Il s'agit d'un message raisonnable et &#233; quilibr&#233;.	
							</text>
						</object>
						<object id="722">
							<ocn>722</ocn>
							<text class="norm">	
								Imaginons que vous pensiez que le message soit mauvais et que vous vouliez faire une contre publicit&#233;. Imaginons que vous vouliez pr&#233;senter une s&#233;rie de pubs qui cherchent &#224; d&#233;montrer les extraordinaires dommages collat&#233;raux de la guerre contre la drogue. Pouvez vous le faire ?	
							</text>
						</object>
						<object id="723">
							<ocn>723</ocn>
							<text class="norm">	
								&#201; videmment toutes ces pub co&#252;tent beaucoup d'argent. Supposons que vous ayez l'argent. Supposons qu'un groupe de citoyens donnent suffisamment d'argent pour vous aider &#224; diffuser votre message. &#202; tes-vous s&#252;r que votre message sera entendu ?	
							</text>
						</object>
						<object id="724">
							<ocn>724</ocn>
							<text class="norm">	
								Non. Les cha&#238;nes de t&#233;l&#233;vision ont pour politique d'&#233;viter les pubs sujettes &#224; controverse. Les pubs produites par le gouvernement sont suppos&#233;es ne pas &#234; tre sujettes &#224; controverse; les pubs en d&#233;saccord avec le gouvernement sont sujettes &#224; controverse. Cette s&#233;lectivit&#233; peut &#234; tre jug&#233;e incompatible avec le premier amendement, mais la cour supr&#234;me a d&#233;cid&#233; que les stations ont le droit de choisir ce qu'elles diffusent. Donc les principales cha&#238;nes commerciales refuseront &#224; une des parties l'opportunit&#233; de pr&#233;senter son avis sur un d&#233;bat crucial. Et les tribunaux ent&#233;rineront les droits des stations &#224; de telles pratiques34.	
							</text>
						</object>
						<object id="725">
							<ocn>725</ocn>
							<text class="norm">	
								Je serais ravi de d&#233;fendre les droits des diffuseurs si nous vivions dans univers m&#233;diatique r&#233;ellement vari&#233;. Mais la concentration dans les m&#233;dia met cette condition en p&#233;ril. Si une poign&#233;e de soci&#233;t&#233;s contr&#244;lent l'acc&#232;s au m&#233;dia, et que cette poign&#233;e de compagnies d&#233;cide quels sont les opinions politiques que doivent promouvoir ses cha&#238;nes, alors il est &#233; vident que la concentration pose probl&#232;me. Vous pouvez partager les opinions que cette poign&#233;e de compagnies a s&#233;lectionn&#233;. Mais vous ne devriez pas appr&#233;cier un monde dans lequel seuls quelques uns d&#233;cident des sujets dont les autres doivent &#234; tre inform&#233;s.	
							</text>
						</object>
					</content>
				</contents2>
				<contents2>
					<heading>
						<object id="726">
							<ocn>726</ocn>
							<text class="heading_content_2">Ensemble</text>
						</object>
					</heading>
					<content>
						<object id="727">
							<ocn>727</ocn>
							<text class="norm">	
								Il y a quelque chose d'innocent et d'&#233;vident &#224; propos de la revendication des guerriers du copyright que le gouvernement devrait "prot&#233;ger ma propri&#233;t&#233;". Dans l'abstrait, c'est &#233; videmment vrai et, ordinairement, compl&#232;tement inoffensif. Aucun non-anarchiste sain d'esprit ne pourrait ne pas &#234; tre d'accord.	
							</text>
						</object>
						<object id="728">
							<ocn>728</ocn>
							<text class="norm">	
								Mais quand nous voyons de quelle mani&#232;re spectaculaire la "propri&#233;t&#233;" a chang&#233; - quand nous reconnaissons comment elle pourrait maintenant interagir avec &#224; la fois la technologie et les march&#233;s pour signifier que la contraite effective sur la libert&#233; de cultuver notre culture est nettement diff&#233;rente - la revendication commence &#224; &#234; tre moins innocente et &#233; vidente. &#201; tant donn&#233;s (1) le pouvoir de la technologie &#224; s'ajouter au contr&#244;le de la loi, et (2) le pouvoir des march&#233;s concentr&#233;s &#224; affaiblir l'opportunit&#233; de protester, si appliquer strictement les droits de "propri&#233;t&#233;" massivement &#233; tendus accord&#233;s par le copyright change fondamentalement la libert&#233; dans cette culture de cultiver et de r&#233;utiliser le pass&#233;, alors nous devons demander si cette propri&#233;t&#233; devrait &#234; tre red&#233;finie.	
							</text>
						</object>
						<object id="729">
							<ocn>729</ocn>
							<text class="norm">	
								Pas violemment. Ou absolument. Je ne dis que que nous devrions abolir le copyright ou revenir au XVIIIe si&#232;cle. Ce serait une erreur totale, d&#233;sastreuse pour les initiatives cr&#233;atives les plus importantes dans notre culture aujoud'hui.	
							</text>
						</object>
						<object id="730">
							<ocn>730</ocn>
							<text class="norm">	
								Mais il y a un espace entre z&#233;ro et un, malgr&#233; la culture d'Internet. Et ces changements massifs dans le pouvoir effectif de la r&#233;gulation du copyright, li&#233;s &#224; la concentration accrue de l'industrie du contenu et reposant dans les mains d'une technologie qui va de plus en plus permettre de contr&#244;le sur l'utilisation de la culture, devrait nous mener &#224; nous demander si un autre ajustement est requis. Pas un ajustement qui augmenterait le pouvoir du copyright. Pas un ajustement qui augmenterait sa dur&#233;e. Plut&#244;t, un ajustement qui restaurerait l'&#233;quilibre qui a traditionnellement d&#233;fini la r&#233;gulation du copyright - un affaiblissement de cette r&#233;gulation, pour renforcer la cr&#233;ativit&#233;.	
							</text>
						</object>
						<object id="731">
							<ocn>731</ocn>
							<text class="norm">	
								La loi du copyright n'a pas &#233; t&#233; un Roc de Gibraltar. Ce n'est pas en ensemble d'engagements constants que, pour quelque raison myst&#233;rieuse, les adolescents et les mordus d'informatique m&#233;prisent maintenant. Au lieu de cela, le pouvoir du copyright a augment&#233; sensiblement pendant une courte p&#233;riode de temps, pendant que les technologies de distribution et de cr&#233;ation ont chang&#233; et que les lobbyistes ont fait pression pour plus de contr&#244;le pour les d&#233;tenteurs de copyright. Les changements dans le pass&#233; en r&#233;ponse aux changements dans la technologie sugg&#232;rent que nous avons peut-&#234;tre bien besoin de changements similaires &#224; l'avenir. Et ces changements doivent &#234; tre des r&#233;ductions de l'&#233;tendue du copyright, en r&#233;ponse &#224; l'augmentation extraordinaire du contr&#244;le que la technologie et le march&#233; permettent.	
							</text>
						</object>
						<object id="732">
							<ocn>732</ocn>
							<text class="norm">	
								Car la seule chose qui est perdue dans cette guerre contre les pirates est une chose que nous verrons apr&#232;s avor sond&#233; l'&#233;tendue de ces changements. Quand vous additionnez l'effet de la loi modifi&#233;e, des march&#233;s concentr&#233;s, et la technologie changeante, ensemble ils produisent une conclusion &#233; tonnante : Jamais dans notre histoire aussi peu n'ont eu le droit l&#233;gal de contr&#244;ler autant le d&#233;veloppement de notre culture que maintenant.	
							</text>
						</object>
						<object id="733">
							<ocn>733</ocn>
							<text class="norm">	
								Pas quand les copyright &#233; tianet perp&#233;tuels, car quand les copyrights &#233; taient perp&#233;tuels, ils affectaient seulement ce travail de cr&#233;ation pr&#233;cis. Pas quand seulement les &#233; diteurs avaient les outils pour publier, car le march&#233; &#233; tait alors plus vari&#233;. Pas quand il y avait seulement trois chaines de t&#233;l&#233;vision, car m&#234;me alors, les journeaux, les studios de film, les stations de radio et les &#233; diteurs &#233; taient ind&#233;pendants des r&#233;seaux. Le copyright n'a jamais prot&#233;g&#233; un tel &#233; ventail de droits, contre un &#233; ventail aussi grand d'acteurs, pour une dur&#233;e qui &#233; tait lointainement aussi longue. Cette forme de r&#233;gulation - une minuscule r&#233;gulation d'une minuscule partie de l'&#233;nergie cr&#233;atrice d'une nation &#224; ses d&#233;buts - est maintenant une r&#233;gulation massive de l'ensemble du processus cr&#233;atif. La loi plus la technologie plus le march&#233; interagissent maintenant pour changer cette r&#233;gulation historiquement b&#233;nigne en la r&#233;gulation de culture la plus importante que notre soci&#233;t&#233; libre a jamais connu.35	
							</text>
						</object>
						<object id="734">
							<ocn>734</ocn>
							<text class="norm">	
								Cela a &#233; t&#233; un long chapitre. Son but peut maintenant &#234; tre bri&#232;vement &#233; nonc&#233;.	
							</text>
						</object>
						<object id="735">
							<ocn>735</ocn>
							<text class="norm">	
								Au d&#233;but de ce livre, j'ai fait la distinction entre la culture commerciale et non-commerciale. Au cours de ce chapitre, j'ai fait la distinction entre copier une oeuvre et la transformer. Nous pouvons maintenant combiner ces deux distinctions et dessiner une carte claire des changements que la loi du copyright a subi.	
							</text>
						</object>
						<object id="736">
							<ocn>736</ocn>
							<text class="norm">	
								En 1790, la loi ressemblait &#224; ceci:	
							</text>
						</object>
						<object id="737">
							<ocn>737</ocn>
							<text class="table">	
								&#160; ┆&#201;DITER┆TRANSFORMER』Comercial┆&#169;┆Libre』Non-commercial┆Libre┆Libre』	
							</text>
						</object>
						<object id="738">
							<ocn>738</ocn>
							<text class="norm">	
								L'acte d'&#233;diter une carte, un graphique et un livre &#233; tait r&#233;gul&#233; par la loi du copyright. Rien d'autre ne l'&#233;tait. Les transformations &#233; taient libres. Et comme le copyright s'obtenait uniquement avec une inscription, et comme seuls ceux qui avaient l'intention de b&#233;n&#233;ficier commercialement s'enregistraient, la copie par l'&#233;dition d'oeuvres non-commerciales &#233; tait &#233; galement libre.	
							</text>
						</object>
						<object id="739">
							<ocn>739</ocn>
							<text class="norm">	
								&#192; la fin du XIXe si&#232;cle, la loi avait chang&#233; en ceci:	
							</text>
						</object>
						<object id="740">
							<ocn>740</ocn>
							<text class="table">	
								&#160; ┆&#201;DITER┆TRANSFORMER』Commercial┆&#169;┆&#169;』Non-commercial┆&#169;/Libre┆Libre』	
							</text>
						</object>
						<object id="741">
							<ocn>741</ocn>
							<text class="norm">	
								Les oeuvres d&#233;riv&#233;es &#233; taient alors r&#233;gul&#233;es par la loi du copyright - si &#233; dit&#233;es, ce qui encore, &#233; tant donn&#233; l'&#233;conomie de l'&#233;dition &#224; cette &#233; poque, signifie si disponible commercialement. Mais les &#233; ditions et transformations non-commerciales &#233; taient encore essentiellement libres.	
							</text>
						</object>
						<object id="742">
							<ocn>742</ocn>
							<text class="norm">	
								En 1909, la loi changea pour r&#233;guler les copies, pas l'&#233;dition, et apr&#232;s ce changement, la port&#233;e de la loi &#233; tait li&#233;e &#224; la technologie. Comme la technologie de copie devenait plus r&#233;pandue, la port&#233;e de la loi s'est &#233; tendue. Ainsi en 1975, comme les photocopieuses devenaienet de plus en plus communes, nous pourrions dire que la loi commen&#231;ait &#224; ressembler &#224; ceci:	
							</text>
						</object>
						<object id="743">
							<ocn>743</ocn>
							<text class="table">	
								&#160; ┆COPIER┆TRANSFORMER』Commercial┆&#169;┆&#169;』Non-commercial┆&#169;┆&#169;』	
							</text>
						</object>
						<object id="744">
							<ocn>744</ocn>
							<text class="norm">	
								La loi &#233; tait interpr&#233;t&#233;e pour atteindre la copie non-commerciale &#224; travers, disons, les photocopieuses, mais pourtant la plupart des copies en dehors du march&#233; commercial restait libre. Mais les cons&#233;quences de l'&#233;mergence des technologies num&#233;riques, en particulier dans le contexte d'un r&#233;seau num&#233;rique, signifie que la loi ressemble maintenant &#224; ceci:	
							</text>
						</object>
						<object id="745">
							<ocn>745</ocn>
							<text class="table">	
								&#160; ┆COPIER┆TRANSFORMER』Commercial┆&#169;┆&#169;』Non-commercial┆&#169;┆&#169;』	
							</text>
						</object>
						<object id="746">
							<ocn>746</ocn>
							<text class="norm">	
								Chaque domaine est gouvern&#233; par la loi du copyright, alors qu'auparavant la plupart de la cr&#233;ativit&#233; ne l'&#233;tait pas. La loi r&#233;gule maintenant toute la port&#233;e de la cr&#233;ativit&#233; - commerciale ou pas, transformative ou pas - avec les m&#234;mes r&#232;gles con&#231;ues pour r&#233;guler les &#233; diteurs commerciaux.	
							</text>
						</object>
						<object id="747">
							<ocn>747</ocn>
							<text class="norm">	
								&#201; videmment, la loi du copyright n'est pas l'ennemi. L'ennemi est la r&#233;gulation qui a un r&#233;sultat n&#233;gatif. Donc la question que nous devrions nous poser maintenant est est-ce qu'&#233;tendre les r&#233;gulations de la loi du copyright dans chacun de ces domaines est v&#233;ritablement une bonne chose.	
							</text>
						</object>
						<object id="748">
							<ocn>748</ocn>
							<text class="norm">	
								JE ne doute pas qu'elle fait du bien dans la r&#233;gulation de la copie comemrciale. Mais je ne doute pas non plus qu'elle fait plus de mal que de bien quand elle r&#233;gule (comme elle r&#233;gule maintenant) la copie non-commerciale et, particuli&#232;rement, la transformation non-commerciale. Et de plus en plus, pour les raisons esquiss&#233;es en particulier dans les chapitres 7 et 8, on pourrait bien se demander si elle ne fait pas plus de mal que de bien pour la transformation commerciale. Davantage d'oeuvres transformatives commerciales seraient cr&#233;&#233;es si les droits d&#233;rivatifs &#233; taient plus nettement limit&#233;s.	
							</text>
						</object>
						<object id="749">
							<ocn>749</ocn>
							<text class="norm">	
								Le probl&#232;me n'est donc pas simplement de savoir si le copyright est une propri&#233;t&#233;. Bien s&#252;r le copyright est une sorte de "propri&#233;t&#233;", et bien s&#252;r, comme avec toute propri&#233;t&#233;, l'&#201;tat se doit de la prot&#233;ger. Mais malgr&#233; les premi&#232;res impressions, historiquement, ce droit de propri&#233;t&#233; (comme avec tous les droits de propri&#233;t&#233;36) a &#233; t&#233; con&#231;u pour &#233; quilibrer le besoi nimportant de donner aux auteurs et aux artistes des encouragements avec le besoi ntout aussi important d'assurer l'acc&#232;s &#224; l'oeuvre cr&#233;ative. Cet &#233; quilibre a toujours &#233; t&#233; frapp&#233; &#224; la lumi&#232;re de nouvelles technologies. Et pour presque la moiti&#233; de notre tradition, le "copyright" n'a pas du tout contr&#244;l&#233; la libert&#233; des autres de r&#233;utiliser ou de transformer une oeuvres cr&#233;ative. La culture am&#233;ricaine est n&#233;e libre, et pendant presque 180 ans notre pays a syst&#233;matiquement prot&#233;g&#233; uen culture libre vivante et riche.	
							</text>
						</object>
						<object id="750">
							<ocn>750</ocn>
							<text class="norm">	
								Nous avons r&#233;ussi cette culture libre parce que notre loi respectat les limites importantes dans la port&#233;e des int&#233;r&#234;ts prot&#233;g&#233;s par la "propri&#233;t&#233;". La naissance m&#234;me du "copyright" comme droit statutaire reconnaissait ces limites, en octroyant la protection des d&#233;tenteurs de copyright pour une p&#233;riode limit&#233;e (l'histoire du chapitre 6). La tradition de l'usage loyal est anim&#233;e par une pr&#233;occupation similaire qui est de plus en plus contrainte alors que le cout d'exercer n'importe quel droit d'usage loyal devient un&#233;vitablement &#233; lev&#233; (l'histoire du chapitre 7). L'ajout de droits statutaires o&#250; le march&#233; pourrait &#233; touffer l'innovation est une autre limite famili&#232;re sur le droit de propri&#233;t&#233; qu'est le copyright (chapitre 8). Et permettre une large libert&#233; de collecte pour les archives et les biblioth&#232;ques, malgr&#233; les revendications de propri&#233;t&#233;, est une partie cruciale pour garantire l'ame d'une culture (chapitre 9). Les cultures libres, comme les march&#233;s libres, sont construites avec la propri&#233;t&#233;. Mais la nature de la propri&#233;t&#233; qui construit ue nculture libre est tr&#232;s diff&#233;rents de la cision extr&#233;miste qui domine le d&#233;bat aujourd'hui.	
							</text>
						</object>
						<object id="751">
							<ocn>751</ocn>
							<text class="norm">	
								La culture libre est de plus en plus la victime de cette guerre contre le piratage. En r&#233;ponse &#224; une menace r&#233;elle, &#224; d&#233;faut d'&#234;tre quantifi&#233;e, que les technologies d'Internet pr&#233;sentent aux mod&#232;les &#233; conomiques du vingti&#232;me si&#232;cle pour produire et distribuer la culture, la loi et la technologie sont en train d'&#234;tre transform&#233;es d'une mani&#232;re qui va saper notre tradition de culture libre. Le droit de propri&#233;t&#233; qu'est le copyright n'est plus le droit &#233; quilibr&#233; qu'il &#233; tait, ou qu'il &#233; tait destin&#233; &#224; &#234; tre. Le droit de propri&#233;t&#233; qu'est le copyright est devenu d&#233;s&#233;quilibr&#233;, dangereusement inclin&#233; vers un extr&#232;me. L'opportunit&#233; de cr&#233;er etdetransformer devient plus faible dans un monde o&#250; la cr&#233;ation requiert la permission et la cr&#233;ativit&#233; doit v&#233;rifier avec un avocat.	
							</text>
						</object>
					</content>
	</contents2>
	</contents1>
	</heading2>
	<heading2>
		<heading>
			<object id="752">
				<ocn>752</ocn>
				<text class="heading_section_2">Casse-t&#234;tes</text>
			</object>
		</heading>
			<contents1>
				<heading>
					<object id="753">
						<ocn>753</ocn>
						<nametag>_11</nametag>
						<text class="heading_content_1">Chim&#232;res</text>
					</object>
				</heading>
					<content>
						<object id="754">
							<ocn>754</ocn>
							<text class="norm">	
								Dans une nouvelle c&#233;l&#232;bre de H. G. Wells, un alpiniste du nom de Nunez se retrouve (en descendant une pente verglac&#233;e) dans une vall&#233;e inconnue et isol&#233;e des Andes P&#233;ruviennes.1 La vall&#233;e est extraordinairement belle, avec "de l'eau douce, des prairies, un climat constant, des collines d'une terre riche et brune avec des arbustes enchev&#234;tr&#233;s qui portaient des fruits excellents." Mais les villageois sont tous aveugles. Nunez y voit sa chance. "Au royaume des aveugles", se dit-il, "les borgnes sont les rois." Il d&#233;cide donc de vivre avec les villageois, pour conna&#238;tre une vie de roi.	
							</text>
						</object>
						<object id="755">
							<ocn>755</ocn>
							<text class="norm">	
								Les choses ne se d&#233;roulent pas comme pr&#233;vu. Il essaie d'expliquer l'id&#233;e de vision aux villageois. Ils ne comprennent pas. Il leur dit qu'ils sont "aveugles". Ils ne connaisent pas le mot aveugle. Ils le tiennent pour un idiot. En effet, au fur et &#224; mesure qu'ils se rendent compte des choses qu'il ne sait pas faire (entendre le bruit des pas sur l'herbe, par exemple), ils essaient de le manipuler. Lui, de son c&#244;t&#233;, devient de plus en plus amer. "'Vous ne comprenez pas,' dit-il, d'une voix qu'il voulait forte et r&#233;solue, mais qui se transforma en pleur. 'Vous &#234; tes aveugles et moi je vois. Laissez-moi tranquille!'"	
							</text>
						</object>
						<object id="756">
							<ocn>756</ocn>
							<text class="norm">	
								Mais les villageois ne le laissent pas tranquille. Pas plus qu'ils ne voient (pour ainsi dire) les avantages de son pouvoir sp&#233;cial. M&#234;me l'objet de tous ses d&#233;sirs, une jeune femme qui lui semble "la chose la plus belle de toute la cr&#233;ation", ne comprend rien &#224; la beaut&#233; de la vue. La description faite par Nunez de ce qu'il voit "lui semblait la fantaisie la plus po&#233;tique, et elle &#233; coutait sa description des &#233; toiles et des montagnes et de sa propre douce beaut&#233; comme s'il s'agissait d'un plaisir coupable."	
							</text>
						</object>
						<object id="757">
							<ocn>757</ocn>
							<text class="norm">	
								"Elle ne croyait pas", nous dit Wells et "elle ne pouvait comprendre qu'&#224; moiti&#233;, mais elle &#233; tait myst&#233;rieusement enchant&#233;e."	
							</text>
						</object>
						<object id="758">
							<ocn>758</ocn>
							<text class="norm">	
								Lorsque Nunez annonce sa volont&#233; d'&#233;pouser cet amour "myst&#233;rieusement enchant&#233;", son p&#232;re et le village s'y opposent. "Vois-tu, ma ch&#232;re", lui explique son p&#232;re, "c'est un idiot. Il a des illusions. Il ne sait rien faire correctement." Ils emm&#232;nent Nunez chez le m&#233;decin du village.	
							</text>
						</object>
						<object id="759">
							<ocn>759</ocn>
							<text class="norm">	
								Apr&#232;s un examen attentif, le docteur donne son avis. "Son cerveau est perturb&#233;," dit-il.	
							</text>
						</object>
						<object id="760">
							<ocn>760</ocn>
							<text class="norm">	
								"De quelle mani&#232;re?" demande le p&#232;re. "Ces choses bizarres que l'on appelle les yeux ... sont malades ... d'une mani&#232;re qui perturbe son cerveau."	
							</text>
						</object>
						<object id="761">
							<ocn>761</ocn>
							<text class="norm">	
								Le docteur continue: "Je pense pouvoir affirmer sans me tromper que pour le soigner compl&#232;tement, nous n'avons qu'&#224; effectuer une op&#233;ration chirurgicale simple et facile -- c'est-&#224;-dire enlever ces corps irritants [les yeux]."	
							</text>
						</object>
						<object id="762">
							<ocn>762</ocn>
							<text class="norm">	
								"Remercions le Ciel de nous avoir donn&#233; la science!" dit le p&#232;re au docteur. Ils informent Nunez de la condition n&#233;cessaire pour qu'il soit autoris&#233; &#224; &#233; pouser sa fianc&#233;e. (Vous devrez lire l'original pour savoir ce qui se passe &#224; la fin. Je crois en une culture libre, mais je ne r&#233;v&#232;le jamais la fin d'une histoire.)	
							</text>
						</object>
						<object id="763">
							<ocn>763</ocn>
							<text class="norm">	
								Il arrive parfois que les oeufs de jumeaux fusionnent dans l'ut&#233;rus de leur m&#232;re. Cette fusion produit une "chim&#232;re". Une chim&#232;re est une cr&#233;ature avec deux patrimoines g&#233;n&#233;tiques. L'ADN dans le sang, par exemple, peut &#234; tre diff&#233;rent de l'ADN de la peau. Cette possibilit&#233; est sous-utilis&#233;e pour les romans policiers. "Mais l'ADN d&#233;montre avec 100 pour cent de certitude qu'elle n'est pas la personne dont on a retrouv&#233; le sang sur les lieux du crime..."	
							</text>
						</object>
						<object id="764">
							<ocn>764</ocn>
							<text class="norm">	
								Avant d'avoir lu quelque chose sur ces chim&#232;res, j'aurais tenu leur existence pour impossible. Une seule personne ne peut pas avoir deux partimoines g&#233;n&#233;tiques. L'id&#233;e m&#234;me que l'on a de l'ADN est que c'est le code d'un individu. Mais en fait, non seulement deux individus peuvent avoir le m&#234;me ADN (vrais jumeaux), mais une personne peut avoir deux ADN diff&#233;rents (une chim&#232;re). Notre d&#233;finition d'une "personne" doit prendre en compte cette r&#233;alit&#233;.	
							</text>
						</object>
						<object id="765">
							<ocn>765</ocn>
							<text class="norm">	
								Plus je travaille &#224; comprendre la dispute actuelle au sujet du copyright et de la culture, que j'ai appel&#233;e souvent &#224; tort, mais parfois &#224; raison, "la guerre du copyright", plus je pense que nous avons affaire &#224; une chim&#232;re. Par exemple, dans la bataille sur la question "Qu'est-ce que le partage de fichier p2p?", les deux camps ont &#224; la fois raison et tort. Un camp dit: "Le partage de fichier, c'est comme deux enfants qui s'&#233;changent et copient des cassettes--le genre de chose que nous avons fait depuis une trentaine d'ann&#233;es sans jamais nous poser de questions." C'est vrai, du moins en partie. Quand je dis &#224; mon meilleur ami d'essayer un nouveau CD que j'ai achet&#233;, et au lieu de lui envoyer le CD, je lui indique mon serveur p2p, c'est, &#224; tous points de vue, exactement ce que chaque directeur de chaque maison de disque faisait &#233; tant enfant: partager de la musique.	
							</text>
						</object>
						<object id="766">
							<ocn>766</ocn>
							<text class="norm">	
								Mais cette description est aussi fausse en partie. Car si mon serveur p2p fait partie d'un r&#233;seau p2p &#224; travers lequel tout le monde peut acc&#233;der &#224; ma musique, alors bien s&#252;r mes amis peuvent y acc&#233;der, mais c'est d&#233;former le sens du mot "ami" que de dire "mes dix mille meilleurs amis" peuvent y acc&#233;der. Que partager ma musique avec mon meilleur ami soit ou non "ce que nous avons toujours &#233; t&#233; autoris&#233;s &#224; faire", nous n'avons pas toujours &#233; t&#233; autoris&#233;s &#224; la partager avec "nos dix mille meilleurs amis."	
							</text>
						</object>
						<object id="767">
							<ocn>767</ocn>
							<text class="norm">	
								De m&#234;me, quand l'autre camp dit: "Partager des fichiers, c'est exactement comme entrer chez Tower Records, prendre un CD du rayonnage et sortir avec", c'est vrai, du moins en partie. Si, apr&#232;s que Lyle Lovett a (enfin) sorti un nouvel album, plut&#244;t que de l'acheter je vais sur Kazaa et j'en trouve une copie gratuite, ca ressemble beaucoup &#224; voler un CD chez Tower.	
							</text>
						</object>
						<object id="768">
							<ocn>768</ocn>
							<text class="norm">	
								Mais ce n'est pas compl&#232;tement comme voler chez Tower. Apr&#232;s tout, si je leur prends un CD, Tower Records a un CD de moins &#224; vendre, et j'ai un morceau de plastique avec une pochette, quelque chose &#224; exhiber sur mon &#233; tag&#232;re. (Et pendant qu'on y est, on peut aussi remarquer que si je vole un CD chez Tower Records, le montant maximum de l'amende qui peut m'&#234;tre inflig&#233;e, du moins selon la loi californienne, est de 1.000 dollars. D'apr&#232;s la RIAA, si &#224; l'inverse je t&#233;l&#233;charge un CD de dix titres, je suis passible d'une amende de 1.500.000 dollars).	
							</text>
						</object>
						<object id="769">
							<ocn>769</ocn>
							<text class="norm">	
								Je ne cherche pas &#224; dire que la r&#233;alit&#233; est diff&#233;rente de ce que chaque camp d&#233;crit. Ce que je veux dire, c'est que la r&#233;alit&#233; est comme ils la d&#233;crivent tous les deux -- la RIAA et Kazaa. C'est une chim&#232;re. Et au lieu de d&#233;nier ce que l'autre camp affirme, nous devons commencer &#224; r&#233;fl&#233;chir &#224; la mani&#232;re de r&#233;pondre &#224; cette chim&#232;re. Quelles sont les lois qui la gouvernent?	
							</text>
						</object>
						<object id="770">
							<ocn>770</ocn>
							<text class="norm">	
								Nous pourrions r&#233;pondre simplement que ce n'est pas une chim&#232;re. Nous pourrions, avec la RIAA, d&#233;cider que chaque acte de partage de fichier est un d&#233;lit. Nous pourrions poursuivre des familles, et leur r&#233;clamer des millions de dollars de dommages, simplement parce que des fichiers ont &#233; t&#233; &#233; chang&#233;s sur un ordinateur familial. Et nous pouvons forcer les universit&#233;s &#224; surveiller tout le trafic sur leurs r&#233;seaux, pour s'assurer qu'aucun ordinateur n'est utilis&#233; pour commettre ce d&#233;lit. Ces r&#233;ponses sont peut-&#234;tre extr&#234;mes, mais elles ont toutes &#233; t&#233; soit propos&#233;es soit mises en pratique.2	
							</text>
						</object>
						<object id="771">
							<ocn>771</ocn>
							<text class="norm">	
								Ou alors, nous pourrions r&#233;pondre au partage de fichier de la mani&#232;re anticip&#233;e par beaucoup. Nous pourrions le rendre enti&#232;rement l&#233;gal. Faire qu'il n'y ait pas de responsabilit&#233; civile ou l&#233;gale &#224; rendre des contenus sous copyright disponibles sur Internet. Rendre le partage de fichier comme les rumeurs: que sa seule r&#233;gulation vienne des normes sociales, mais pas de la loi.	
							</text>
						</object>
						<object id="772">
							<ocn>772</ocn>
							<text class="norm">	
								Chaque r&#233;ponse est possible. Je pense que chacune serait une erreur. Plut&#244;t que d'adopter l'un ou l'autre de ces extr&#233;mismes, nous devrions adopter quelque chose qui reconna&#238;t la v&#233;rit&#233; des deux. Et alors que je termine ce livre avec une description d'un tel syst&#232;me, mon but dans le chapitre suivant est de montrer &#224; quel point il serait mauvais d'adopter la tol&#233;rance z&#233;ro. Je pense que chaque extr&#234;me serait pire qu'une alternative raisonnable. Mais je pense que la solution de tol&#233;rance z&#233;ro serait le pire des deux extr&#234;mes.	
							</text>
						</object>
						<object id="773">
							<ocn>773</ocn>
							<text class="norm">	
								Et pourtant la tol&#233;rance z&#233;ro est de plus en plus la politique de notre gouvernement. Au milieu du chaos cr&#233;&#233; par l'irruption d'Internet, la carte du pouvoir est en train d'&#234;tre redessin&#233;e de mani&#232;re radicale. La loi et la technologie y sont d&#233;plac&#233;es, de mani&#232;re &#224; donner aux ayant droits un contr&#244;le sur notre culture qu'ils n'ont jamais eu auparavant. Et par cet extr&#233;misme, beaucoup d'opportunit&#233;s pour innover et cr&#233;er seront perdues.	
							</text>
						</object>
						<object id="774">
							<ocn>774</ocn>
							<text class="norm">	
								Je ne parle pas des opportunit&#233;s pour les adolescents de "voler" de la musique. Je pense plut&#244;t aux innovations commerciales et culturelles que cette guerre va aussi tuer. Le pouvoir d'innover n'a jamais &#233; t&#233; aussi largement r&#233;pandu parmi nos citoyens, et nous n'avons vu que le d&#233;but de la vague d'innovations que ce pouvoir va lib&#233;rer. Cependant Internet a d&#233;j&#224; vu la perte d'un cycle d'innovation concernant les technologies de distribution de contenu. La loi est responsable de cette perte. En critiquant les protections des contenus ajout&#233;es par le DMCA, le vice pr&#233;sident des relations internationales de l'un de ces innovateurs, eMusic.com, disait:	
							</text>
						</object>
						<object id="775">
							<ocn>775</ocn>
							<text class="indent1">	
								eMusic s'oppose au piratage. Nous sommes un distributeur de contenus sous copyright, et nous voulons prot&#233;ger ces droits.	
							</text>
						</object>
						<object id="776">
							<ocn>776</ocn>
							<text class="indent1">	
								Mais construire une forteresse technologique qui s&#233;curise les majors n'est en aucune cas la seule mani&#232;re de prot&#233;ger les int&#233;r&#234;ts du copyright, pas plus que cela n'est n&#233;cessairement la meilleure. Il est tout simplement trop t&#244;t pour r&#233;pondre &#224; cette question. Les forces du march&#233;, en agissant naturellement, pourraient tr&#232;s bien aboutir &#224; une industrie organis&#233;e selon un mod&#232;le totalement diff&#233;rent.	
							</text>
						</object>
						<object id="777">
							<ocn>777</ocn>
							<text class="indent1">	
								Ce point est d'une importance critique. Les choix faits par l'industrie au sujet de ces syst&#232;mes vont directement modeler le march&#233; des m&#233;dias num&#233;riques, et la mani&#232;re dont l'information num&#233;rique est distribu&#233;e. En retour, ceci affectera directement les options disponibles pour les consommateurs, &#224; la fois en termes de facilit&#233; d'acc&#232;s au m&#233;dias num&#233;riques, et d'&#233;quipements n&#233;cessaire pour y acc&#233;der. Faire d&#232;s maintenant de mauvais choix retardera la croissance de ce march&#233;, et va &#224; l'encontre de l'int&#233;r&#234;t de tout le monde.3	
							</text>
						</object>
						<object id="778">
							<ocn>778</ocn>
							<text class="norm">	
								En Avril 2001, eMusic.com a &#233; t&#233; rachet&#233;e par Vivendi Universal, une des "majors". Sa position sur ce probl&#232;me a chang&#233; maintenant.	
							</text>
						</object>
						<object id="779">
							<ocn>779</ocn>
							<text class="norm">	
								En revenant aujourd'hui sur notre tradition de tol&#233;rance, nous n'allons pas seulement &#233; craser le piratage. Nous allons aussi sacrifier un certain nombre de valeurs qui sont importantes pour notre culture, et perdre des chances d'une valeur inestimable.	
							</text>
						</object>
					</content>
			</contents1>
			<contents1>
				<heading>
					<object id="780">
						<ocn>780</ocn>
						<nametag>_12</nametag>
						<text class="heading_content_1">Dommages</text>
					</object>
				</heading>
					<content>
						<object id="781">
							<ocn>781</ocn>
							<text class="norm">	
								Pour combattre le "piratage" et prot&#233;ger la "propri&#233;t&#233;", l'industrie du contenu est entr&#233;e en guerre. Le lobbying et de nombreuses campagnes de pressions ont forc&#233; le gouvernement &#224; s'engager dans celle-ci. Comme dans toute guerre il y aura des victimes directes et des dommages collat&#233;raux. Comme dans toute guerre de prohibition, l'essentiel des dommages sera subi par notre peuple.	
							</text>
						</object>
						<object id="782">
							<ocn>782</ocn>
							<text class="norm">	
								Jusqu'&#224; pr&#233;sent mon but a &#233; t&#233; de d&#233;crire les cons&#233;quences de cette guerre, tout particuli&#232;rement pour "la culture libre". Mais je vais d&#233;sormais plus loin : cette guerre est-elle justifi&#233;e ?	
							</text>
						</object>
						<object id="783">
							<ocn>783</ocn>
							<text class="norm">	
								Selon moi, non. Il n'y a aucune raison valable pour que, cette fois, qui serait la premi&#232;re, la loi doive d&#233;fendre l'ordre ancien contre le nouveau et cela au moment pr&#233;cis o&#250; la "propri&#233;t&#233; intellectuelle" est &#224; son apog&#233;e.	
							</text>
						</object>
						<object id="784">
							<ocn>784</ocn>
							<text class="norm">	
								Pourtant le "sens commun" ne le voit pas de cette fa&#231;on. Le sens commun est encore du c&#244;t&#233; des Causby et de l'industrie du contenu. Les plaintes des extr&#233;mistes du contr&#244;le, pour d&#233;fendre la propri&#233;t&#233;, n'ont pas cess&#233; et le rejet irrationnel du "piratage" a toujours cours.	
							</text>
						</object>
						<object id="785">
							<ocn>785</ocn>
							<text class="norm">	
								La poursuite de cette guerre ne sera pas sans cons&#233;quences. Je n'en d&#233;crirai que trois. On pourrait dire que chacune des trois est fortuite. Pour la troisi&#232;me, j'en suis certain. J'en suis moins s&#252;r pour les deux premi&#232;res. Les deux premi&#232;res prot&#232;gent les RCAs modernes, mais il n'y a aucun Howard Armstrong dans les ailes pour combattre les monopoles de la culture d'aujourd'hui.	
							</text>
						</object>
					</content>
				<contents2>
					<heading>
						<object id="786">
							<ocn>786</ocn>
							<text class="heading_content_2">Contraindre les cr&#233;ateurs</text>
						</object>
					</heading>
					<content>
						<object id="787">
							<ocn>787</ocn>
							<text class="norm">	
								Dans la prochaine d&#233;cennie, nous devrions voir une explosion des technologies num&#233;riques. Ces technologies permettront &#224; tous de reproduire et de partager de l'information. Cela existe bien s&#252;r depuis l'aube de l'humanit&#233;. C'est ainsi que nous communiquons et que nous apprenons. Mais la technologie num&#233;rique permet une fid&#233;lit&#233; de reproduction et un pouvoir de diffusion bien plus grands. Vous pouvez envoyer un courriel pour raconter une blague que vous avez vu sur Comedy Central (NdT: cha&#238;ne de t&#233;l&#233;vision c&#226;bl&#233;e am&#233;ricaine), ou bien vous pouvez envoyer la s&#233;quence vid&#233;o. Vous pouvez &#233; crire un pamphlet sur les incoh&#233;rences du politicien que vous aimez le plus ha&#239;r, ou vous pouvez r&#233;aliser un court m&#233;trage qui expose argument apr&#232;s argument. Vous pouvez &#233; crire un po&#232;me pour d&#233;clarer votre flamme, ou vous pouvez m&#233;langer des chansons de vos artistes pr&#233;f&#233;r&#233;s en un seul morceau et le rendre accessible sur le Net.	
							</text>
						</object>
						<object id="788">
							<ocn>788</ocn>
							<text class="norm">	
								Cette "reproduction et diffusion" num&#233;rique est &#224; la fois une extension de la reproduction et de la diffusion qui a toujours fait partie de notre culture, et &#224; la fois quelque chose de nouveau. C'est la suite de Kodak, mais cela d&#233;passe les fronti&#232;res de la technologie "type Kodak". La technologie num&#233;rique laisse entrevoir un monde o&#250; la cr&#233;ativit&#233; serait extr&#234;mement diversifi&#233;e, et pourrait &#234; tre facilement et largement diffus&#233;e. Et si la d&#233;mocratie s'applique &#224; cette technologie, elle permettra &#224; grand nombre de citoyens de s'exprimer, de critiquer et de contribuer &#224; la culture globale.	
							</text>
						</object>
						<object id="789">
							<ocn>789</ocn>
							<text class="norm">	
								La technologie nous a ainsi donn&#233; la possibilit&#233; de faire quelque chose de la culture qui n'&#233;tait possible que pour de petits groupes d'individus. Imaginez un vieil homme racontant une histoire lors d'une rencontre de quartier. Imaginez maintenant que cette histoire soit diffus&#233;e dans le monde entier.	
							</text>
						</object>
						<object id="790">
							<ocn>790</ocn>
							<text class="norm">	
								En fait, tout cela n'est possible que si ces activit&#233;s sont suppos&#233;es l&#233;gales. Sous le r&#233;gime l&#233;gislatif actuel, ce n'est pas le cas. Pensez &#224; vos excellents sites favoris sur le Net. Les sites web peuvent offrir un aper&#231;u d'&#233;missions t&#233;l&#233;vis&#233;es oubli&#233;es; les sites peuvent cataloguer des dessins anim&#233;es des ann&#233;es 60; les sites peuvent mixer des images et du son pour critiquer les politiciens ou les hommes d'affaires; les sites peuvent collecter des articles sur des sujets pointus scientifiques ou culturels. Il existe une importante quantit&#233; d'oeuvres cr&#233;atives &#224; travers l'Internet. Mais, &#224; cause de la mani&#232;re dont la loi est faite, ces oeuvres sont suppos&#233;es ill&#233;gales.	
							</text>
						</object>
						<object id="791">
							<ocn>791</ocn>
							<text class="norm">	
								Cette pr&#233;somption va refroidir de plus en plus la cr&#233;ativit&#233;, tandis que les exemples de condamnations graves pour des infractions floues vont se multiplier. Il est impossible de distinguer clairement ce qui est autoris&#233; de ce qui ne l'est pas, et en m&#234;me temps, les sanctions pour avoir franchi la ligne sont extr&#234;mement dures. Les quatre &#233; tudiants qui avaient &#233; t&#233; menac&#233;s par la RIAA (Jesse Jordan au chapitre 3 n'&#233;tait qu'un de ceux-l&#224;) encouraient une amende de 98 milliards de dollars pour avoir construit des moteurs de recherche qui permettaient de copier des chansons. D'un autre c&#244;t&#233;, Worldcom, (NdT : entreprise am&#233;ricaine au coeur d'un scandale financier en 2002) qui a escroqu&#233; les investisseurs d'une somme de 11 milliards de dollars, et qui a ainsi entra&#238;n&#233; une perte de 200 milliards de dollars sur le march&#233; mondial, a eu une amende de seulement 750 millions de dollars. Et d'apr&#232;s la l&#233;gislation actuellement en vigueur au Congr&#232;s, un docteur qui amputerait par n&#233;gligence la mauvaise jambe lors d'une op&#233;ration ne devrait que 250.000 dollars en dommages et int&#233;r&#234;ts. Le sens commun peut-il reconna&#238;tre l'absurdit&#233; d'un monde dans lequel l'amende maximale encourue pour avoir t&#233;l&#233;charg&#233; deux chansons sur Internet est plus importante que celle encourue par un docteur qui aurait charcut&#233; un patient par n&#233;gligence ?	
							</text>
						</object>
						<object id="792">
							<ocn>792</ocn>
							<text class="norm">	
								La cons&#233;quence de ce flou juridique, associ&#233; aux sanctions &#233; lev&#233;es, est qu'une grande quantit&#233; de cr&#233;ations ne sera pas rendue publique. Nous sapons les bases du processus cr&#233;atif en stigmatisant les "pirates" de Walt Disney. Nous emp&#234;chons les hommes d'affaires de s'appuyer sur le domaine public, parce que les fronti&#232;res du domaine public ne sont pas claires. &#199; a ne paye pas de faire autre chose que payer pour le droit de cr&#233;er, et ainsi, les seuls qui sont autoris&#233;s &#224; cr&#233;er, sont ceux qui payent. Comme ce fut le cas en Union Sovi&#233;tique, bien que pour des raisons tr&#232;s diff&#233;rentes, nous allons rentrer dans un monde o&#250; l'art sera clandestin --pas parce que le message doit n&#233;cessairement &#234; tre politique, mais parce que le simple fait de cr&#233;er, est un d&#233;lit. D&#233;j&#224;, des expositions "d'art ill&#233;gal" circulent aux &#201; tats-Unis.3 En quoi consiste cette "ill&#233;galit&#233; ?" Dans le fait de mixer la culture autour de nous, dans un esprit critique ou profond.	
							</text>
						</object>
						<object id="793">
							<ocn>793</ocn>
							<text class="norm">	
								Cette peur de l'ill&#233;galit&#233; est en partie due aux changements de la loi. J'ai d&#233;taill&#233; ces changements au chapitre 10. Mais elle est, dans une plus grande mesure, la cons&#233;quence de la facilit&#233; de plus en plus grande avec laquelle les infractions peuvent &#234; tre d&#233;tect&#233;es. Les utilisateurs de l'&#233;change de fichiers ont d&#233;couvert en 2002 &#224; quel point il &#233; tait simple pour les d&#233;tenteurs de copyright, d'amener les tribunaux &#224; ordonner aux fournisseurs d'acc&#232;s &#224; Internet de r&#233;v&#233;ler qui poss&#232;de quel contenu. C'est comme si votre lecteur de cassette transmettait une liste des chansons que vous &#233; coutiez chez vous, et que n'importe qui pourrait consulter pour n'importe quel motif.	
							</text>
						</object>
						<object id="794">
							<ocn>794</ocn>
							<text class="norm">	
								Jamais dans notre histoire, un peintre n'a eu &#224; s'occuper de savoir si sa peinture empi&#233;tait sur le travail de quelqu'un d'autre. Mais le dessinateur contemporain, qui utilise des outils comme Photoshop et partage du contenu sur le web, doit s'en soucier en permanence. Les images sont omnipr&#233;sentes, mais on ne peut utiliser dans une cr&#233;ation que sont celles achet&#233;es &#224; Corbis (NdT: soci&#233;t&#233; vendant des images num&#233;ris&#233;es; propri&#233;t&#233; de Bill Gates) ou &#224; une autre banque d'images. Et avec l'achat, la censure arrive. Le march&#233; des crayons est libre; nous n'avons pas &#224; nous occuper de leurs effets sur la cr&#233;ativit&#233;. Mais le march&#233; de l'image culturelle est tr&#232;s concentr&#233; et r&#233;glement&#233;; nous ne somme pas aussi libres de les utiliser et les transformer.	
							</text>
						</object>
						<object id="795">
							<ocn>795</ocn>
							<text class="norm">	
								Les juristes ont rarement conscience de cela, car ils voient rarement les choses de mani&#232;re pragmatique. Comme je l'ai d&#233;crit au chapitre 7; en r&#233;ponse &#224; l'histoire du documentaire de Jon Else, j'ai &#233; t&#233; abondamment sermonn&#233; par des juristes qui pr&#233;tendaient que l'utilisation de Else relevait de l'usage loyal, et que j'avais donc tort de dire que la loi r&#233;glementait ce genre d'emploi.	
							</text>
						</object>
						<object id="796">
							<ocn>796</ocn>
							<text class="norm">	
								Mais usage loyal en Am&#233;rique, signifie simplement le droit de louer les services d'un avocat pour d&#233;fendre votre droit de cr&#233;er. Et, comme les avocats ont tendance &#224; l'oublier, notre syst&#232;me de d&#233;fense de droits tels que l'usage loyal est incroyablement mauvais--dans pratiquement tous les contextes, mais particuli&#232;rement dans celui-ci. Il co&#252;te trop cher, il est trop lent, et sa conclusion a souvent peu &#224; voir avec la justice qui sous-tend la requ&#234;te. Le syst&#232;me l&#233;gal peut &#234; tre tol&#233;rant pour ceux qui sont tr&#232;s riches. Pour tous les autres, c'est le fardeau d'une tradition qui s'enorgueillit d'&#234;tre bas&#233;e sur la loi.	
							</text>
						</object>
						<object id="797">
							<ocn>797</ocn>
							<text class="norm">	
								Les juges et les juristes ont beau se dire que l'usage loyal fournit un "statut interm&#233;diaire" ad&#233;quat entre le contr&#244;le par la loi et la libert&#233; d'acc&#232;s qu'elle devrait garantir. Mais c'est une mesure de ce que le syst&#232;me l&#233;gal est r&#233;ellement devenu. Les r&#232;gles impos&#233;es par les &#233; diteurs aux &#233; crivains, par les maisons de presse aux journalistes--ce sont les lois qui gouvernent vraiment la cr&#233;ativit&#233;. Et ces r&#232;gles ont peu de rapport avec la "loi", sur laquelle les juges s'appuient.	
							</text>
						</object>
						<object id="798">
							<ocn>798</ocn>
							<text class="norm">	
								Car dans un monde qui menace de 150.000 dollars une simple violation de copyright, et qui demande des dizaines de milliers de dollars juste pour se d&#233;fendre face &#224; une accusation de violation de copyright, et qui n'accorde jamais &#224; l'accus&#233; acquitt&#233; le moindre remboursement des co&#252;ts engag&#233;s pour d&#233;fendre ses droits--dans ce monde, l'extraordinaire emprise des lois, &#233; touffe l'expression et la cr&#233;ativit&#233; au nom du "copyright". Et dans ce monde, il faut un endoctrinement calcul&#233; pour continuer &#224; faire croire que la culture est libre.	
							</text>
						</object>
						<object id="799">
							<ocn>799</ocn>
							<text class="norm">	
								Jed Horovitz, l'homme d'affaires aux commandes de Video Pipeline me disait:	
							</text>
						</object>
						<object id="800">
							<ocn>800</ocn>
							<text class="norm">	
								Nous perdons des opportunit&#233;s [cr&#233;atives] ici et l&#224;. Les cr&#233;ateurs sont r&#233;duits au silence. Les id&#233;es sont baillonn&#233;es. Et tandis que beaucoup de choses peuvent [encore] &#234; tre cr&#233;&#233;es, elles ne seront pas distribu&#233;es. M&#234;me si l'oeuvre est finalis&#233;e ... elle ne sera pas distribu&#233;e dans les m&#233;dias de masse tant que vous n'avez pas un petit mot d'un juriste disant, "Cela a &#233; t&#233; contr&#244;l&#233;." &#199; a ne passera m&#234;me pas sur PBS (NdT: service de diffusion audiovisuelle non commercial) sans ce type de permission. C'est &#224; ce niveau que s'exerce le contr&#244;le.	
							</text>
						</object>
					</content>
				</contents2>
				<contents2>
					<heading>
						<object id="801">
							<ocn>801</ocn>
							<text class="heading_content_2">Contraindre les innovateurs</text>
						</object>
					</heading>
					<content>
						<object id="802">
							<ocn>802</ocn>
							<text class="norm">	
								L'histoire pr&#233;sent&#233;e au paragraphe pr&#233;c&#233;dent &#233; tait croustillante et de gauche: cr&#233;ativit&#233; brid&#233;e, artistes censur&#233;s, et patati et patata. Peut-&#234;tre que ca ne vous parle pas. Peut-&#234;tre que vous pensez qu'il y a assez d'oeuvres d'art bizarres, et assez de voix critiques qui s'expriment sur tous les sujets. Et si c'est ce que vous pensez, vous pensez peut-&#234;tre qu'il n'y a rien d'inqui&#233;tant pour vous dans cette histoire.	
							</text>
						</object>
						<object id="803">
							<ocn>803</ocn>
							<text class="norm">	
								Mais il y a un aspect de cette histoire qui n'a rien de gauchiste. En effet, c'est un aspect qui pourrait &#234; tre &#233; crit par le plus extr&#233;miste des id&#233;ologues pro-march&#233;. Et si vous &#234; tes un id&#233;ologue de cette esp&#232;ce (et d'une teneur particuli&#232;re, pour lire ce livre jusqu'&#224; la 188e page), alors vous pourrez y &#234; tre sensible en remplacant "culture libre" par "march&#233; libre" dans toute mon argumentation. La d&#233;monstration est la m&#234;me, quand bien m&#234;me les int&#233;r&#234;ts li&#233;s &#224; la culture sont plus fondamentaux.	
							</text>
						</object>
						<object id="804">
							<ocn>804</ocn>
							<text class="norm">	
								L'accusation que j'ai faite jusqu'&#224; pr&#233;sent &#224; propos de la r&#233;gulation de la culture est la m&#234;me accusation que les d&#233;fenseurs du march&#233; libre font &#224; propose de la r&#233;gulation du march&#233;. Tout le monde, bien s&#252;r, conc&#232;de que quelque r&#233;gulation du march&#233; est n&#233;cessaire - au minimum, nous avons besoin de r&#232;gles de propri&#233;t&#233; et de contrat, et des tribunaux pour appliquer les deux. De la m&#234;me mani&#232;re, dans ce d&#233;bat culturel, tout le monde conc&#232;de que quelque cadre de copyright est &#233; galement requis. Mais les deux perspectives insistent avec v&#233;h&#233;mence sur le fait que juste parce que la r&#233;gulation est une bonne chose, il ne s'ensuit pas que plus de r&#233;gulation est une meilleure chose. Et les deux perspectives sont constamment sensibles aux mani&#232;res par lesquelles la r&#233;gulation permet simplement aux industries puissantes d'aujourd'hui de se prot&#233;ger contre les concurrents de demain.	
							</text>
						</object>
						<object id="805">
							<ocn>805</ocn>
							<text class="norm">	
								C'est sp&#233;cifiquement l'effet le plus spectaculaire du changement dans la strat&#233;gie de r&#233;gulation que j'ai d&#233;crite dans le chapitre 10. La cons&#233;quence de cette menace massive de responsabilit&#233; li&#233;e aux fronti&#232;res obscures de la loi du copyright est que les innovateurs qui veulent innover dans cet espace ne peuvent innover en s&#233;curit&#233; seulement si ils ont l'acte de d&#233;c&#232;s des industries dominantes de la g&#233;n&#233;ration pr&#233;c&#233;dente. Cette le&#231;on a &#233; t&#233; enseign&#233;e &#224; travers une s&#233;rie d'affaires qui &#233; taient con&#231;ues et ex&#233;cuter pour apprendre une le&#231;on aux capitalistes entrepreneurs. Cette le&#231;on - ce que l'ancien PDG de Napster Hank Barry appelle un "voile nucl&#233;aire" qui s'est abattu sur la Sillicon Valley - a &#233; t&#233; apprise.	
							</text>
						</object>
						<object id="806">
							<ocn>806</ocn>
							<text class="norm">	
								Consid&#233;rez un exemple pour voir cette id&#233;e, une histoire dont j'ai racont&#233; le d&#233;but dans L'avenir des id&#233;es et qui a progress&#233; d'une mani&#232;re que m&#234;me moi (pessimiste extraordinaire) n'aurais jamais pr&#233;dite.	
							</text>
						</object>
						<object id="807">
							<ocn>807</ocn>
							<text class="norm">	
								En 1997, Michael Robertson lan&#231;a une soci&#233;t&#233; appel&#233;e MP3.com. MP3.com &#233; tait excellent pour r&#233;inventer le commerce de la musique. Leur but n'&#233;tait pas juste de faciliter des nouvelles mani&#232;res d'acc&#233;der au contenu. Leur but &#233; tait aussi de faciliter des nouvelles mani&#232;res de cr&#233;er du contenu. Contrairement aux maisons de disques dominantes, MP3.com offrait aux cr&#233;ateurs un endroit pour distribuer leur cr&#233;ativit&#233;, sans exiger un engagement exclusif de la part des cr&#233;ateurs.	
							</text>
						</object>
						<object id="808">
							<ocn>808</ocn>
							<text class="norm">	
								Pour faire marcher ce syst&#232;me, toutefois, MP3.com avait besoin d'une mani&#232;re fiable de recommander la musique &#224; ses utilisateurs. L'id&#233;e derri&#232;re cette alternative &#233; tait d'influencer les pr&#233;f&#233;rences r&#233;v&#233;l&#233;es des auditeurs de musique pour recommander de nouveaux artistes. Si vous aimez Lule Lovett, vous avez des chances d'appr&#233;cier Bonnie Raitt. Et ainsi de suite.	
							</text>
						</object>
						<object id="809">
							<ocn>809</ocn>
							<text class="norm">	
								Cette id&#233;e n&#233;cessitait une mani&#232;re simple de r&#233;colter des donn&#233;es sur les pr&#233;f&#233;rences des utilisateurs. MP3.com est arriv&#233; avec uen mani&#232;re extraordinairement intelligente de r&#233;colter ces donn&#233;es de pr&#233;f&#233;rence. En janvier 2000, la soci&#233;t&#233; lan&#231;a un service nomm&#233; my.mp3.com. En utilisant un logiciel fourni parMP3.com, un utilisateur s'inscrivait &#224; un compte et ins&#233;rait dans son ordinateur un CD. Le logiciel identifiait le CD, puis donnait &#224; l'utilisateur l'acc&#232;s &#224; ce contenu. Donc, par exemple, si vous ins&#233;rez un CD de Jill Sobule, alors o&#250; que vous soyiez - au travail ou &#224; la maison - vous pouviez avoir acc&#232;s &#224; cette musique une fosi que vous vous identifiiez dans ce compte. Ce syst&#232;me &#233; tait ainsi une sorte de juke-box verrouill&#233;.	
							</text>
						</object>
						<object id="810">
							<ocn>810</ocn>
							<text class="norm">	
								Il n'y pas de doute que certains pouvaient utiliser ce syst&#232;me pour copier ill&#233;galement du contenu. Mais cette possibilit&#233; existait avec ou sans MP3.com. Le but du service MP3.com &#233; tati de donner aux utilisateurs acc&#232;s &#224; leur propre contenu, et en tant que produit d&#233;riv&#233;, de d&#233;couvrir le genre de contenu que les utilisateurs aimaient.	
							</text>
						</object>
						<object id="811">
							<ocn>811</ocn>
							<text class="norm">	
								Pour faire marcher ce syst&#232;me, toutefois, MP3.com avait besoin de copier 50 000 CDs sur un serveur. (En principe, cela aurait pu &#234; tre &#224; l'utilisateur d'uploader la musique, mais cela aurait &#233; t&#233; une grande perte de temps, et aurait produit un produit de qualit&#233; contestable.) La soci&#233;t&#233; acheta donc 50 000 CDs dans une boutique, et commen&#231;a le processus de copie de ces CDs. Encore une fois, elle ne servait pas le contenu de ces copies &#224; n'importe qui except&#233; &#224; ceux qui ont authentifi&#233; qu'ils avaient une copie du CD dont ils voulaient avoir acc&#232;s. Donc alors que c'&#233;tait 50 000 copies, c'&#233;tait 50 000 copies destin&#233;es &#224; donner aux clients quelque chose qu'ils avaient d&#233;j&#224; achet&#233;.	
							</text>
						</object>
						<object id="812">
							<ocn>812</ocn>
							<text class="norm">	
								Neuf jours apr&#232;s que MP3.com a lanc&#233; son service, les cinq maisons de disque dominantes, men&#233;es par la RIAA, attaqu&#232;rent MP3.com en justice. MP3.com r&#233;gla l'affaire avec quatre des cinq. Neuf mois plus tard, un juge f&#233;d&#233;ral d&#233;clara MP3.com coupable d'infraction d&#233;lib&#233;r&#233;e vis-&#224;-vis de la cinqui&#232;me. Appliquant la loi telle qu'elle est, le juge impose une amende de 118 millions de dollars &#224; MP3.com. Puis MP3.com r&#233;gla l'affaire avec le dernier plaignant, Vivendi Universal, en payant plsu de 54 millions de dollars. Vivendi racheta MP3.com presque un an plus tard.	
							</text>
						</object>
						<object id="813">
							<ocn>813</ocn>
							<text class="norm">	
								Je vous avais d&#233;j&#224; racont&#233; cette partie de l'histoire. Maintenant consid&#233;rez sa conclusion. Apr&#232;s que Vivendi a rachet&#233; MP3.com, Vivendi se retourna et fit un proc&#232;s pour faute professionnelle contre les avocats qui l'avaient inform&#233; qu'ils &#233; taient de bonne foi en affirmant que le service qu'ils voulaient offrir serait consid&#233;r&#233; l&#233;gal selon la loi du copyright; ainsi, cettte poursuite en justice.	
							</text>
						</object>
						<object id="814">
							<ocn>814</ocn>
							<text class="norm">	
								Apr&#232;s que Vivendi a achet&#233; MP3.COM, Vivendi tourn&#233; autour(retourn&#233;) et avoir classer un proc&#232;s de faute professionnelle contre les avocats qui l'avaient inform&#233; qu'ils avaient une bonne foi pr&#233;tendent que l'on consid&#233;rerait le service qu'ils ont voulu offrir l&#233;gal conform&#233;ment &#224; la loi de copyright; ainsi, cette poursuite cherchait &#224; punir tout avocat qui avait os&#233; sugg&#233;rer que la loi &#233; tait moins restrictive que ce que les maisons de disques exigeaient.	
							</text>
						</object>
						<object id="815">
							<ocn>815</ocn>
							<text class="norm">	
								Le but clair de cette poursuite (qui se termina par un arrangement d'un montant non sp&#233;cifi&#233; peu de temps apr&#232;s que l'histoire n'&#233;tait plus couverte dans la presse) &#233; tait d'envoyer un message sans &#233; quivoque aux avocats conseillant des clients dans ce domaine: ce n'est pas seulement vos clients qui pourraient souffrir si l'industrie du contenu dirige ses pistolets contre eux. C'est aussi vous. Donc ceux d'entre vous qui croient que la loi devrait &#234; tre moisn restrictive devraient r&#233;aliser qu'une telle vue de la loi vous coutera cher &#224; vous et votre &#233; tablissement.	
							</text>
						</object>
						<object id="816">
							<ocn>816</ocn>
							<text class="norm">	
								Cette strat&#233;gie n'est pas juste limit&#233;e aux avocats. En avril 2003, Universal et EMI poursuivirent Hummer Winblad, l'entreprise de capital risque qui avait financ&#233; Napster &#224; un certain stade de son d&#233;veloppement, son cofondateur (John Hummer), et son associ&#233; g&#233;rant (Hank Barry)4. La plainte ici, &#233; galement, &#233; tait que l'entreprise de capital risque aurait d&#252; reconnaitre le droit de l'industrie du contenu de contr&#244;ler comment l'industrie devrait se d&#233;velopper. Ils devraient &#234; tre tenus pour personnellement responsables pour avoir financ&#233; une soci&#233;t&#233; donc le comemrce s'est av&#233;r&#233; &#234; tre hors-la-loi. Ici encore, le but de la poursuite judiciaire est transparent: tout capital risqueur reconnait maintenant que si vous financez une soci&#233;t&#233; dont les affaires ne sont pas approuv&#233;es par les dinosaures, vous prenez des risques pas seulement sur le march&#233;, mais &#233; galement dans le tribunal. Votre invertissement vous ach&#232;te non seulement une soci&#233;t&#233;, il vous ach&#232;te aussi un proc&#232;s. L'environnement est devenu si extr&#232;me que m&#234;me les fabricants de voiture ont peur des technologies qui touchent au contenu. Dans un article dans Business 2.0, Rafe Needleman d&#233;crit une discussion avec BMW:	
							</text>
						</object>
						<object id="817">
							<ocn>817</ocn>
							<text class="norm">	
								J'ai demand&#233; pourquoi, avec toute la capacit&#233; de stockage et la puissance informatique dans la voiture, il n'y avait pas de moyen de jouer des fichiers MP3. On m'a dit qui les ing&#233;nieurs BMW en Allemagne avaient bricol&#233; un nouveau v&#233;hicule pour qu'il joue des MP3 via le syst&#232;me sonore incorpor&#233; de la voiture, mais que les d&#233;partements juridique et marketing de la soci&#233;t&#233; n'&#233;taient pas &#224; l'aise avec l'id&#233;e de faire avancer une sortie aux Etats-Unis. M&#234;me aujourd'hui, aucune nouvelle voiture n'est vendue aux Etats-Unis avec de v&#233;ritables lecteurs MP35...	
							</text>
						</object>
						<object id="818">
							<ocn>818</ocn>
							<text class="norm">	
								Voici le monde de la mafia - rempli d'offres "la bourse ou la vie", gouvern&#233; &#224; la fin non pas par les tribunaux mais par les menaces que la loi permet aux d&#233;tenteurs de copyright d'exercer. C'est un syst&#232;me qui va &#233; videmment et n&#233;cessairement &#233; touffer la nouvelle innovation. C'est d&#233;j&#224; difficile de d&#233;marrer une entreprise. C'est impossiblement dur si l'entreprise est constamment menac&#233;e par le litige.	
							</text>
						</object>
						<object id="819">
							<ocn>819</ocn>
							<text class="norm">	
								L'id&#233;e n'est pas que les entreprises devraient avoir le droit d'excercer des activit&#233;s ill&#233;gales. L'id&#233;e est la d&#233;finition de ill&#233;gal. La loi est un amas d'incertitudes. Nous n'avons pas de bon moyen de savoir comment elle devrait s'appliquer aux nouvelles technologies. Et pourtant en inversant notre tradition de respect de la justice, et en embrassant les p&#233;nalit&#233;s &#233; tonnament hautes que la loi du copyright impose, ces incertitudes produisent maintenant une r&#233;alit&#233; qui est bien plus conservatrice que juste. Si la loi imposait la peine de mort pour les contraventions, beaucoup moins de gens conduiraient. Le m&#234;me principe s'applique &#224; l'innovation. Si l'innovation est constamment v&#233;rifi&#233;e par cette responsabilit&#233; incertaine et illimit&#233;e, nous aurions une innovation bien moins vivante et beaucoup moins de cr&#233;ativit&#233;.	
							</text>
						</object>
						<object id="820">
							<ocn>820</ocn>
							<text class="norm">	
								L'id&#233;e est directement parall&#232;le avec l'id&#233;e gauchiste &#224; propos de l'usage loyal. Quelle que soit la "vraie" loi, le r&#233;alisme &#224; propos de l'effet de la loi dans les deux contextes est le m&#234;me. Ce syst&#232;me de r&#233;gulation sauvagement punitif va syst&#233;matiquement &#233; touffer la cr&#233;ativit&#233; et l'innovation. Il prot&#233;gera quelques industries et quelques cr&#233;ateurs, mais fera du mal &#224; l'industrie et &#224; la cr&#233;ativit&#233; en g&#233;n&#233;ral. Le march&#233; libre et la culture libre reposent sur la comp&#233;tition vive. Et pourtant l'effet de la loi aujourd'hui est de simplement &#233; touffer ce genre de comp&#233;tition. L'effet est de produire une culture surr&#233;gul&#233;e, tout comme l'effet de trop de contr&#244;le dans le march&#233; est de produire un march&#233; r&#233;gul&#233; surr&#233;gul&#233;.	
							</text>
						</object>
						<object id="821">
							<ocn>821</ocn>
							<text class="norm">	
								La construction d'une culture de permission, plut&#244;t que d'une culture libre, est la premi&#232;re mani&#232;re importante avec laquelle les changements que j'ai d&#233;crits vont entraver l'innovation. Une culture de permission signifie une culture d'avocats - une culture dans laquelle la capacit&#233; de cr&#233;er n&#233;cessite un coup de fil &#224; votre avocat. Une fois de plus, je ne suis pas anti-avocat, tout du moins quand ils sont gard&#233;s dans leur place appropri&#233;e. Je ne suis certainement pas anti-loi. Mais notre profession a perdu le sens de ses limites. Et les leaders de notre profession ont perdu une appr&#233;ciation des couts &#233; lev&#233;s que notre profession impose aux autres. L'inefficacit&#233; de la loi est une honte pour notre tradition. Et alors que je crois que notre profession devrait donc faire tout ce qu'elle peut pour rendre la loi plus efficace, elle devrait au moins faire tout ce qu'elle peut pour limiter l'&#233;tendue de la loi l&#224; o&#250; la loi ne fait rien de bon. Les couts de transaction enterr&#233;s dans une culture de permission sont suffisants pour enterrer un large &#233; ventail de cr&#233;ativit&#233;. Quelqu'un a besoin de faire beaucoup de justifications pour justifier ce r&#233;sultat.	
							</text>
						</object>
						<object id="822">
							<ocn>822</ocn>
							<text class="norm">	
								L'incertitude de la loi est un fardeau sur l'innovation. Il y a un second fardeau qui op&#232;re plus directement. C'est l'effort de nombreuses personnes dans l'industrie du contenu d'utiliser la loi pour r&#233;guler directement la technologie sur Internet afin qu'elle prot&#232;ge mieux leur contenu.	
							</text>
						</object>
						<object id="823">
							<ocn>823</ocn>
							<text class="norm">	
								La motivation de cette r&#233;ponse est &#233; vidente. Internet permet la diffusion efficace de contenu. Cette efficacit&#233; est une caract&#233;ristique de la conception d'Inter-net. Mais de la perspective de l'industrie du contenu, cette caract&#233;ristique est un "bogue". La diffusion efficace de contenu signifie que les distributeurs de contenu ont plus de mal &#224; contr&#244;ler la distribution de contenu. Une r&#233;ponse &#233; vidente &#224; cette efficacit&#233; est donc de rendre Internet moins efficace. Si Internet permet le "piratage", alors, dit cette r&#233;ponse, nous devrions briser les genoux d'Internet.	
							</text>
						</object>
						<object id="824">
							<ocn>824</ocn>
							<text class="norm">	
								Les exemples de cette forme de l&#233;gislation sont nombreux. Sous la pression de l'industrie du contenu, certains dans le Congr&#232;s ont menac&#233; que la l&#233;gislation requi&#233;rerait que les ordinateurs d&#233;terminent si le contenu auquel ils ont acc&#232;s est prot&#233;g&#233; ou pas, et qu'ils d&#233;sactivent la diffusion de contenu prot&#233;g&#233;6. Le Congr&#232;s a d&#233;j&#224; lanc&#233; des proc&#233;dures pour explorer un "jeton de diffusion" obligatoire qui serait requis sur tout syst&#232;me capable de transmettre de la vid&#233;o num&#233;rique (c'est-&#224;-dire un ordinateur), et qui d&#233;sactiverait la possibilit&#233; de copier tout contenu marqu&#233; d'un jeton de diffusion. D'autres membres du Congr&#232;s ont propos&#233; d&#233;-responsabiliser les fournisseurs de contenu pour la technologie qu'ils pourraient d&#233;ployer qui traquerait les violateurs de copyright et d&#233;sactiverait leurs machines7.	
							</text>
						</object>
						<object id="825">
							<ocn>825</ocn>
							<text class="norm">	
								Dans un sens, ces solutions semblent sages. Si le probl&#232;me est le code, pourquoi ne pas r&#233;guler le code pour enlever le probl&#232;me. Mais toute r&#233;gulation de l'infrastructure technique sera toujours r&#233;gl&#233;e sur la technologie particuli&#232;re du moment. Elle imposera des fardeaux et des couts importants sur la technologie, mais sera susceptible d'&#234;tre &#233; clips&#233;e par des avanc&#233;es qui auront lieu exactement autour de ces exigences.	
							</text>
						</object>
						<object id="826">
							<ocn>826</ocn>
							<text class="norm">	
								En mars 2002, une large coalition de soci&#233;t&#233;s en technologie, men&#233;es par Intel, essay&#232;rent d'amener le Congr&#232;s &#224; voir le mal qu'une telle l&#233;gislation imposerait8. Leur argument n'&#233;tait &#233; evidemment pas que le copyright ne devrait pas &#234; tre prot&#233;g&#233;. Au lieu de cela, ont-ils soutenu, toute protection ne devrait pas causer plus de mal que de bien.	
							</text>
						</object>
						<object id="827">
							<ocn>827</ocn>
							<text class="norm">	
								Il y a une mani&#232;re plus &#233; vidente dans laquelle cette guerre a fait du mal &#224; l'innovation - une fois encore, une histoire qui sera assez famili&#232;re aux fans du march&#233; libre.	
							</text>
						</object>
						<object id="828">
							<ocn>828</ocn>
							<text class="norm">	
								Le copyright est peut-&#234;tre une propri&#233;t&#233;, mais comme toutes les propri&#233;t&#233;s, c'est aussi une forme de r&#233;gulation. C'est une r&#233;gulation qui b&#233;n&#233;ficie &#224; certains et cause du tort &#224; d'autres. Quand il est bien fait, il b&#233;n&#233;ficie aux cr&#233;ateurs et fait du mal aux sangsues. Quand il est mal fait, c'est une r&#233;gulation que les puissants utilisent pour vaincre leurs concurrents.	
							</text>
						</object>
						<object id="829">
							<ocn>829</ocn>
							<text class="norm">	
								Comme je l'ai d&#233;crit dans le chapitre 10, malgr&#233; cet aspect du copyright en tant que r&#233;gulation, et sujet aux qualifications importantes soulign&#233;es par Jessica Litman dans son livre Digital Copyright9, dans l'ensemble cette histoire de copyright n'est pas mauvaise. Comem le d&#233;tailel le chapitre 10, quand de nouvelles technologies sont arriv&#233;es, le Congr&#232;s a trouv&#233; le juste milieu pour assurer que le nouveau est prot&#233;g&#233; de l'ancien. Des licenses obligatoires, ou statutaires, ont &#233; t&#233; une partie de cette strat&#233;gie. L'usage libre (comme dans le cas du magn&#233;toscope) en ont &#233; t&#233; une autre.	
							</text>
						</object>
						<object id="830">
							<ocn>830</ocn>
							<text class="norm">	
								Mais cette habitude du respect envers les nouvelles technologies a maintenant chang&#233; avec la mont&#233;e d'Internet. Plut&#244;t que de trouver un juste milieu entre les pr&#233;tentions d'une nouvelle technologie et les droits l&#233;gitimes des cr&#233;ateurs de contenu, &#224; la foi les tribunaux et le Congr&#232;s ont impos&#233; des restrictions l&#233;gales qui auront pour effet de noyer le nouveau pour b&#233;n&#233;ficier &#224; l'ancien.	
							</text>
						</object>
						<object id="831">
							<ocn>831</ocn>
							<text class="norm">	
								La r&#233;ponse des tribunaux a &#233; t&#233; assez universelle10. Elle a &#233; t&#233; refl&#233;t&#233;e dans les r&#233;ponses menac&#233;es et v&#233;ritablement mise en oeuvre par le Congr&#232;s. Je ne ferai pas la liste de toutes ces r&#233;ponses ici11. Mais il y a un exemple qui capture la saveur de toutes celles-ci. C'est l'histoire de la mort des webradios.	
							</text>
						</object>
						<object id="832">
							<ocn>832</ocn>
							<text class="norm">	
								Comme je l'ai d&#233;crit dans le chapitre 4, quand une station de radio joue une chanson, l'artiste-interpr&#232;te n'est pas pay&#233; pour cette "interpr&#233;tation radiophonique" &#224; moins qu'il ou elle soit &#233; galement le compositeur. Donc, par exemple si Marylin Monroe avait enregistr&#233; une version de "Happy Birthday" - pour immortaliser sa fameuse prestation devant le Pr&#233;sident Kennedy &#224; Madison Square Garden - alors &#224; chaque fois que cet enregistrement serait jou&#233; &#224; la radio, les propri&#233;taires actuels du copyright de "Happy Birthday" recevraient de l'argent, tandis que Marylin Monroe non.	
							</text>
						</object>
						<object id="833">
							<ocn>833</ocn>
							<text class="norm">	
								Le raisonnement derri&#232;re cet &#233; quilibre atteint par le Congr&#232;s a du sens. La justification &#233; tait que la radio &#233; tait une sorte de publicit&#233;. L'artiste interpr&#232;te b&#233;nificiait donc en jouant sa musique, la station de radio rendait plus probable que ses enregistrements seraient achet&#233;s. Ainsi, l'artiste interpr&#232;te avait quelque chose, m&#234;me si indirectement. Probablement que ce raisonnement avait moins &#224; voir avec r&#233;sultat qu'avec le pouvoir des stations de radio: leurs lobbyistes &#233; taient assez bons &#224; arr&#234;ter toutes tentatives pour que le Congr&#232;s ordonne une compensation aux artistes interpr&#232;tes.	
							</text>
						</object>
						<object id="834">
							<ocn>834</ocn>
							<text class="norm">	
								Arrive la webradio. Comme la radio habituelle, la webradio est une technologie pour diffuser du contenu d'un &#233; metteur &#224; un auditeur. La diffusion voyage &#224; travers Internet, et non pas &#224; travers l'&#233;ther du spectre radiophonique. Ainsi, je peux "capter" une station de webradio &#224; Berlin tout en &#233; tant &#224; San Francisco, m&#234;me s'il n'y a pas moyen pour moi de capter une radio habituelle au-del&#224; de la zone m&#233;tropolitaine de San Francisco.	
							</text>
						</object>
						<object id="835">
							<ocn>835</ocn>
							<text class="norm">	
								Cette caract&#233;ristique de l'architecture de la webradio signifie qu'il y a potentiellement un nombre illimit&#233; de stations de radio qu'un utilisateur pourrait capter en utilisant son ordinateur, alors que sous l'architecture existante pour la radiodiffusion, il y a une limite &#233; vidente du nombre d'&#233;metteurs et des fr&#233;quences de diffusion. La webradio pourrait donc &#234; tre plus comp&#233;titive que la radio habituelle; elle pourrait fournir un &#233; ventail plus large de s&#233;lections. Et parce que le public potentien pour la webradio est le monde entier, des stations de niche pourraient facilement se d&#233;velopper et vendre leur contenu &#224; un nombre relativment &#233; lev&#233; d'utilisateurs &#224; travers le monde. D'apr&#232;s certaines estimations, plus de 80 millions d'utilisateurs &#224; travers le monde ont &#233; cout&#233; cette nouvelle forme de radio.	
							</text>
						</object>
						<object id="836">
							<ocn>836</ocn>
							<text class="norm">	
								La webradio est ainsi &#224; la radio ce que la FM &#233; tait &#224; l'AM. C'est une am&#233;lioration potentiellement largement plus importante que l'am&#233;lioration de la FM par rapport &#224; l'AM, &#233; tant donn&#233; que non seulement la technologie est meilleure, donc, &#233; galement, la comp&#233;tition. En effet, il y a un parall&#232;le direct entre le combat pour instaurer la radio FM et le combat pour prot&#233;ger la webradio. Comme le d&#233;crit un auteur parlant de la lutte d'Howard Armstrong pour permettre &#224; la radio FM d'exister,	
							</text>
						</object>
						<object id="837">
							<ocn>837</ocn>
							<text class="norm">	
								Un nombre presque illimit&#233; de stations FM &#233; tait possible dans les ondes courtes, mettant ainsi fin aux restrictions artificielles impos&#233;es sur la radio dans les grandes ondes surpeupl&#233;es. Si la FM se d&#233;veloppait librement, le nombre de stations serait limit&#233; seulement par l'&#233;conomie et la comp&#233;tition plut&#244;t que par des restrictions techniques... Armstrong a compar&#233; la situation qui a grandi dans la radio &#224; celle suivant l'invention de la presse d'imprimerie, quand les gouvernements et les classes dirigeantes tent&#232;rent de contr&#244;ler ce nouvel instrument de communication de masse en lui imposant des licences restrictives. Cette tyrannie fut bris&#233;e seulement quand il devint possible aux hommes d'acqu&#233;rir librement des presses d'imprimerie et de les faire fonctionner librement. La FM dans ce sens &#233; tait une invention aussi grande que les presses d'imprimerie, car elle donnait aux radios l'opportunit&#233; de briser ses chaines12.	
							</text>
						</object>
						<object id="838">
							<ocn>838</ocn>
							<text class="norm">	
								Ce potentiel pour la radio FM ne se r&#233;alisa jamais - pas parce que Armstrong avait tort &#224; propos de la technologie, mais parce qu'il avait sous-estim&#233; le pouvoir des "int&#233;r&#234;ts particuliers, habitudes, coutumes et [de la] l&#233;gislation"13 de retarder la croissance de cette technologie comp&#233;titive.	
							</text>
						</object>
						<object id="839">
							<ocn>839</ocn>
							<text class="norm">	
								Maintenant exactement la m&#234;me affirmation pourrait &#234; tre faite sur la webradio. Car encore, il n'y a pas de limitation technique qui pourrait restreindre le nombre de stations de webradio. Les seules restrictions sur la webradio sont celles impos&#233;es par la loi. La loi du copyright est une telle loi. Donc la premi&#232;re question que nous devrions nous poser est, quelles sont les r&#232;gles du copyright qui gouverneraient la webradio?	
							</text>
						</object>
						<object id="840">
							<ocn>840</ocn>
							<text class="norm">	
								Mais ici le pouvoir des lobbyistes est invers&#233;. La webradio est une industrie nouvelle. Les artistes interpr&#232;tes, d'un autre c&#244;t&#233;, ont un lobby tr&#232;s puissant, la RIAA. Ainsi lorsque le Congr&#232;s consid&#233;ra le ph&#233;nom&#232;ne de la webradio en 1995, les lobbyistes ont pouss&#233; le Congr&#232;s &#224; adopter une r&#232;gle diff&#233;rente pour la webradio de la r&#232;gle qui s'applique &#224; la radio terrestre. Alors que la radio terrestre n'a pas &#224; payer &#224; notre Marylin Monroe hypoth&#233;tique quand elle joue son enregistrement hypoth&#233;tique de "Happy Birthday", la webradio le fait. Non seulement la loi n'est pas neutre envers la webradio - en fait la loi encombre la webradio plus qu'elle n'encombre la radio terrestre.	
							</text>
						</object>
						<object id="841">
							<ocn>841</ocn>
							<text class="norm">	
								Ce fardeau financier n'est pas l&#233;ger. Comme l'estime le professeur de droit William Fisher de Harvard, si une webradio distribuait de la musique populare sans publicit&#233; &#224; (environ) dix mille auditeurs, 24 heures par jour, les frais totaux artistiques que la station de radio devrait s'&#233;l&#232;veraient &#224; plus de 1 million de dollars par an14. Une station de radio habituelle diffusant le m&#234;me contenu ne payerait pas de frais &#233; quivalents.	
							</text>
						</object>
						<object id="842">
							<ocn>842</ocn>
							<text class="norm">	
								Le faerdeau n'est pas seulement financier. Sous les r&#232;gles originales qui ont &#233; t&#233; propos&#233;es, une station de webradio (mais pas une station de radi oterrestre) aurait &#224; collecter les informatiosn suivantes de chaque transaction d'&#233;coute:	
							</text>
						</object>
						<object id="843">
							<ocn>843</ocn>
							<text class="group">	
								&#160;&#160;&#160;&#160;1. nom du service;<br /> 
 &#160;&#160;&#160;&#160;2. chaine du programme (les stations AM/FM utilisent le "station ID");<br /> 
 &#160;&#160;&#160;&#160;3. type de programme (archiv&#233;/en boucle/en direct);<br /> 
 &#160;&#160;&#160;&#160;4. date de transmission;<br /> 
 &#160;&#160;&#160;&#160;5. heure de transmission;<br /> 
 &#160;&#160;&#160;&#160;6. fuseau horaire d'origine de la transmission;<br /> 
 &#160;&#160;&#160;&#160;7. d&#233;signation num&#233;rique de l'endroit de l'enregistrement sonore dans le programme;<br /> 
 &#160;&#160;&#160;&#160;8. dur&#233;e de la transmssoin (&#224; la seconde pr&#232;s);<br /> 
 &#160;&#160;&#160;&#160;9. titre de l'enregistrement sonore;<br /> 
 &#160;&#160;&#160;&#160;10. code ISRC de l'enregistrement;<br /> 
 &#160;&#160;&#160;&#160;11. ann&#233;e de sortei de l'album par indication de copyright et dans le cas d'albums de compilations, la date de sortie de l'album et la date de copyright de la piste;<br /> 
 &#160;&#160;&#160;&#160;12. artist interpr&#232;te y figurant;<br /> 
 &#160;&#160;&#160;&#160;13. titre de vente de l'album;<br /> 
 &#160;&#160;&#160;&#160;14. maison de disque;<br /> 
 &#160;&#160;&#160;&#160;15. code UPC de l'album vendu;<br /> 
 &#160;&#160;&#160;&#160;16. num&#233;ro de catalogue;<br /> 
 &#160;&#160;&#160;&#160;17. informations sur le d&#233;tenteur du copyright;<br /> 
 &#160;&#160;&#160;&#160;18. genre musical de la chaine ou du programme (format de station);<br /> 
 &#160;&#160;&#160;&#160;19. nom du service ou entit&#233;;<br /> 
 &#160;&#160;&#160;&#160;20. chaine ou programme;<br /> 
 &#160;&#160;&#160;&#160;21. date et heure auxquelles l'utilisateur s'est connect&#233; (dans le fuseau horaire de l'utilisateur);<br /> 
 &#160;&#160;&#160;&#160;22. date et heure auxquelles l'utilisateur s'est d&#233;connect&#233; (dans le fuseau horaire de l'utilisateur);<br /> 
 &#160;&#160;&#160;&#160;23. fuseau horaire o&#250; le signal a &#233; t&#233; re&#231;u (utilisateur);<br /> 
 &#160;&#160;&#160;&#160;24. identifiant unique de l'utilisateur;<br /> 
 &#160;&#160;&#160;&#160;25. pays o&#250; l'utilisateur a re&#231;u les transmissions.<br />	
							</text>
						</object>
						<object id="844">
							<ocn>844</ocn>
							<text class="norm">	
								Le Biblioth&#233;caire du Congr&#232;s a finalement suspende ces exigences de rapport, en attente d'&#233;tude suppl&#233;mentaire. Et il changea &#233; galement les taux originaux fix&#233;s par le comit&#233; d'arbitrage en charge de fixer les taux. Mais la diff&#233;rence basique entre la webradio et la radio terrestre demeure: la webradio doit payer un type d'honoraire de copyright que la radio terrestre ne paie pas.	
							</text>
						</object>
						<object id="845">
							<ocn>845</ocn>
							<text class="norm">	
								Pourquoi? Qu'est-ce qui justifie cette diff&#233;rence? Y a-t-il eu une &#233; tude des cons&#233;quences &#233; conomiques de la webradio qui justifierait ces diff&#233;rences? Est-ce que le motif &#233; tait de prot&#233;ger les artistes contre le piratage?	
							</text>
						</object>
						<object id="846">
							<ocn>846</ocn>
							<text class="norm">	
								Dans un rare &#233; lan de candeur, un expert de la RIAA a admis ce qui semblait &#233; vident &#224; tout le monde &#224; cette &#233; poque. Comme Alex Alben, vice pr&#233;sident de la Politique Publique &#224; Real Networks, me l'a dit,	
							</text>
						</object>
						<object id="847">
							<ocn>847</ocn>
							<text class="indent1">	
								La RIAA, qui repr&#233;sentait les maisons de disquesn pr&#233;sentait quelque t&#233;moignage sur ce qu'ils pensaient qu'un acheteur potentiel payerait &#224; un vendeur potentiel, et c'&#233;tait bien plus. C'&#233;tait dix fois plus que ce que les stations de radio payent pour jouer les m&#234;mes chansons pour la m&#234;me dur&#233;e de temps. Et donc les avocats repr&#233;sentant les diffuseurs sur le web demand&#232;renet &#224; la RIAA, ... "Comment sortez-vous un taux qui est tellement plus &#233; lev&#233;? Pourquoi est-ce que cela vaut plus que la radio? Parce que vous avec ici des centaines de milliers de diffuseurs sur le web qui veulent payer, et cela devrait &#233; tablir le taux du march&#233;, et si vous fixez le taux si haut, vous allez faire sortir les petits diffuseurs sur le web des affaires. ..."	
							</text>
						</object>
						<object id="848">
							<ocn>848</ocn>
							<text class="indent1">	
								Et les experts de la RIAA dirent, "Eh bien, nous ne repr&#233;sentons pas vraiment ceci comme une industrie avec des milliers de diffuseurs sur le web, nous pensons que cela devrait &#234; tre une industrie avec, vous savez, cinq ou six gros joueurs qui peuvent payer un taux &#233; lev&#233; et qui est un march&#233; stable, pr&#233;visible." (Insistance ajout&#233;e.)	
							</text>
						</object>
						<object id="849">
							<ocn>849</ocn>
							<text class="norm">	
								Traduction: le but est d'utiliser la loi pour &#233; liminer la comp&#233;tition, afin que cette plateforme de comp&#233;tition potentiellement immense, qui ferait explorer la diversit&#233; et la port&#233;e du contenu, ne cause pas de mal aux dinosaures du pass&#233;. Il n'y a personne, ni de droite ni de gauche, qui devrait cautionner cette utilisation de la loi. Et pourtant il n'y a protiquement personne, ni de droite ni de gauche, qui fait quoi que ce soit d'efficace pour l'emp&#234;cher.	
							</text>
						</object>
					</content>
				</contents2>
				<contents2>
					<heading>
						<object id="850">
							<ocn>850</ocn>
							<text class="heading_content_2">Corrompre les citoyens</text>
						</object>
					</heading>
					<content>
						<object id="851">
							<ocn>851</ocn>
							<text class="norm">	
								L'exc&#232;s de r&#233;gulation tue la cr&#233;ativit&#233;. Il bride l'innovation. Il donne aux dinosaures un droit de v&#233;to sur l'avenir. Il gaspille le potentiel extraordinaire de cr&#233;ativit&#233; d&#233;mocratique offert par la technologie num&#233;rique.	
							</text>
						</object>
						<object id="852">
							<ocn>852</ocn>
							<text class="norm">	
								En plus de ces dommages importants, il en est un autre, qui &#233; tait important pour nos pr&#233;decesseurs, mais semble oubli&#233; aujourd'hui. L'exc&#232;s de r&#233;gulation corrompt les citoyens, et affaiblit l'empire de la loi.	
							</text>
						</object>
						<object id="853">
							<ocn>853</ocn>
							<text class="norm">	
								La guerre qui est men&#233;e aujourd'hui est une guerre de prohibition. Comme toute guerre de prohibition, elle est dirig&#233;e contre le comportement d'un tr&#232;s grand nombre de citoyens. Selon le New York Times, 43 millions d'Am&#233;ricains ont t&#233;l&#233;charg&#233; de la musique en mai 200215. Selon la RIAA, le comportement de ces 43 millions d'am&#233;ricains est d&#233;lictueux. Nous avons donc un syst&#232;me de lois qui transforme 20 pour cent de l'Am&#233;rique en d&#233;linquants. Plus la RIAA fera de proc&#232;s aux Napster et autres Kazaa, mais aussi &#224; des &#233; tudiants qui construisent des moteurs de recherche, et de plus en plus &#224; de simple usagers qui t&#233;l&#233;chargent du contenu, plus les technologies de partage de fichiers feront de progr&#232;s, afin de mieux prot&#233;ger et cacher leurs usages ill&#233;gaux. C'est une course aux armements, une guerre civile, o&#250; l'extr&#233;misme d'un camp renforce celui de son adversaire.	
							</text>
						</object>
						<object id="854">
							<ocn>854</ocn>
							<text class="norm">	
								The content industry's tactics exploit the failings of the American legal system. When the RIAA brought suit against Jesse Jordan, it knew that in Jordan it had found a scapegoat, not a defendant. The threat of having to pay either all the money in the world in damages ($15,000,000) or almost all the money in the world to defend against paying all the money in the world in damages ($250,000 in legal fees) led Jordan to choose to pay all the money he had in the world ($12,000) to make the suit go away. The same strategy animates the RIAA's suits against individual users. In September 2003, the RIAA sued 261 individuals--including a twelve-year-old girl living in public housing and a seventy-year-old man who had no idea what file sharing was16. As these scapegoats discovered, it will always cost more to defend against these suits than it would cost to simply settle. (The twelve year old, for example, like Jesse Jordan, paid her life savings of $2,000 to settle the case.) Our law is an awful system for defending rights. It is an embarrassment to our tradition. And the consequence of our law as it is, is that those with the power can use the law to quash any rights they oppose.	
							</text>
						</object>
						<object id="855">
							<ocn>855</ocn>
							<text class="norm">	
								Wars of prohibition are nothing new in America. This one is just something more extreme than anything we've seen before. We experimented with alcohol prohibition, at a time when the per capita consumption of alcohol was 1.5 gallons per capita per year. The war against drinking initially reduced that consumption to just 30 percent of its preprohibition levels, but by the end of prohibition, consumption was up to 70 percent of the preprohibition level. Americans were drinking just about as much, but now, a vast number were criminals17. We have launched a war on drugs aimed at reducing the consumption of regulated narcotics that 7 percent (or 16 million) Americans now use18. That is a drop from the high (so to speak) in 1979 of 14 percent of the population. We regulate automobiles to the point where the vast majority of Americans violate the law every day. We run such a complex tax system that a majority of cash businesses regularly cheat19. We pride ourselves on our "free society," but an endless array of ordinary behavior is regulated within our society. And as a result, a huge proportion of Americans regularly violate at least some law.	
							</text>
						</object>
						<object id="856">
							<ocn>856</ocn>
							<text class="norm">	
								This state of affairs is not without consequence. It is a particularly salient issue for teachers like me, whose job it is to teach law students about the importance of "ethics." As my colleague Charlie Nesson told a class at Stanford, each year law schools admit thousands of students who have illegally downloaded music, illegally consumed alcohol and sometimes drugs, illegally worked without paying taxes, illegally driven cars. These are kids for whom behaving illegally is increasingly the norm. And then we, as law professors, are supposed to teach them how to behave ethically--how to say no to bribes, or keep client funds separate, or honor a demand to disclose a document that will mean that your case is over. Generations of Americans--more significantly in some parts of America than in others, but still, everywhere in America today--can't live their lives both normally and legally, since "normally" entails a certain degree of illegality.	
							</text>
						</object>
						<object id="857">
							<ocn>857</ocn>
							<text class="norm">	
								The response to this general illegality is either to enforce the law more severely or to change the law. We, as a society, have to learn how to make that choice more rationally. Whether a law makes sense depends, in part, at least, upon whether the costs of the law, both intended and collateral, outweigh the benefits. If the costs, intended and collateral, do outweigh the benefits, then the law ought to be changed. Alternatively, if the costs of the existing system are much greater than the costs of an alternative, then we have a good reason to consider the alternative.	
							</text>
						</object>
						<object id="858">
							<ocn>858</ocn>
							<text class="norm">	
								My point is not the idiotic one: Just because people violate a law, we should therefore repeal it. Obviously, we could reduce murder statistics dramatically by legalizing murder on Wednesdays and Fridays. But that wouldn't make any sense, since murder is wrong every day of the week. A society is right to ban murder always and everywhere.	
							</text>
						</object>
						<object id="859">
							<ocn>859</ocn>
							<text class="norm">	
								My point is instead one that democracies understood for generations, but that we recently have learned to forget. The rule of law depends upon people obeying the law. The more often, and more repeatedly, we as citizens experience violating the law, the less we respect the law. Obviously, in most cases, the important issue is the law, not respect for the law. I don't care whether the rapist respects the law or not; I want to catch and incarcerate the rapist. But I do care whether my students respect the law. And I do care if the rules of law sow increasing disrespect because of the extreme of regulation they impose. Twenty million Americans have come of age since the Internet introduced this different idea of "sharing." We need to be able to call these twenty million Americans "citizens," not "felons."	
							</text>
						</object>
						<object id="860">
							<ocn>860</ocn>
							<text class="norm">	
								When at least forty-three million citizens download content from the Internet, and when they use tools to combine that content in ways unauthorized by copyright holders, the first question we should be asking is not how best to involve the FBI. The first question should be whether this particular prohibition is really necessary in order to achieve the proper ends that copyright law serves. Is there another way to assure that artists get paid without transforming forty-three million Americans into felons? Does it make sense if there are other ways to assure that artists get paid without transforming America into a nation of felons?	
							</text>
						</object>
						<object id="861">
							<ocn>861</ocn>
							<text class="norm">	
								This abstract point can be made more clear with a particular example.	
							</text>
						</object>
						<object id="862">
							<ocn>862</ocn>
							<text class="norm">	
								We all own CDs. Many of us still own phonograph records. These pieces of plastic encode music that in a certain sense we have bought. The law protects our right to buy and sell that plastic: It is not a copyright infringement for me to sell all my classical records at a used record store and buy jazz records to replace them. That "use" of the recordings is free.	
							</text>
						</object>
						<object id="863">
							<ocn>863</ocn>
							<text class="norm">	
								But as the MP3 craze has demonstrated, there is another use of phonograph records that is effectively free. Because these recordings were made without copy-protection technologies, I am "free" to copy, or "rip," music from my records onto a computer hard disk. Indeed, Apple Corporation went so far as to suggest that "freedom" was a right: In a series of commercials, Apple endorsed the "Rip, Mix, Burn" capacities of digital technologies.	
							</text>
						</object>
						<object id="864">
							<ocn>864</ocn>
							<text class="norm">	
								This "use" of my records is certainly valuable. I have begun a large process at home of ripping all of my and my wife's CDs, and storing them in one archive. Then, using Apple's iTunes, or a wonderful program called Andromeda, we can build different play lists of our music: Bach, Baroque, Love Songs, Love Songs of Significant Others--the potential is endless. And by reducing the costs of mixing play lists, these technologies help build a creativity with play lists that is itself independently valuable. Compilations of songs are creative and meaningful in their own right.	
							</text>
						</object>
						<object id="865">
							<ocn>865</ocn>
							<text class="norm">	
								This use is enabled by unprotected media--either CDs or records. But unprotected media also enable file sharing. File sharing threatens (or so the content industry believes) the ability of creators to earn a fair return from their creativity. And thus, many are beginning to experiment with technologies to eliminate unprotected media. These technologies, for example, would enable CDs that could not be ripped. Or they might enable spy programs to identify ripped content on people's machines.	
							</text>
						</object>
						<object id="866">
							<ocn>866</ocn>
							<text class="norm">	
								If these technologies took off, then the building of large archives of your own music would become quite difficult. You might hang in hacker circles, and get technology to disable the technologies that protect the content. Trading in those technologies is illegal, but maybe that doesn't bother you much. In any case, for the vast majority of people, these protection technologies would effectively destroy the archiving use of CDs. The technology, in other words, would force us all back to the world where we either listened to music by manipulating pieces of plastic or were part of a massively complex "digital rights management" system.	
							</text>
						</object>
						<object id="867">
							<ocn>867</ocn>
							<text class="norm">	
								If the only way to assure that artists get paid were the elimination of the ability to freely move content, then these technologies to interfere with the freedom to move content would be justifiable. But what if there were another way to assure that artists are paid, without locking down any content? What if, in other words, a different system could assure compensation to artists while also preserving the freedom to move content easily?	
							</text>
						</object>
						<object id="868">
							<ocn>868</ocn>
							<text class="norm">	
								My point just now is not to prove that there is such a system. I offer a version of such a system in the last chapter of this book. For now, the only point is the relatively uncontroversial one: If a different system achieved the same legitimate objectives that the existing copyright system achieved, but left consumers and creators much more free, then we'd have a very good reason to pursue this alternative--namely, freedom. The choice, in other words, would not be between property and piracy; the choice would be between different property systems and the freedoms each allowed.	
							</text>
						</object>
						<object id="869">
							<ocn>869</ocn>
							<text class="norm">	
								I believe there is a way to assure that artists are paid without turning forty-three million Americans into felons. But the salient feature of this alternative is that it would lead to a very different market for producing and distributing creativity. The dominant few, who today control the vast majority of the distribution of content in the world, would no longer exercise this extreme of control. Rather, they would go the way of the horse-drawn buggy.	
							</text>
						</object>
						<object id="870">
							<ocn>870</ocn>
							<text class="norm">	
								Except that this generation's buggy manufacturers have already saddled Congress, and are riding the law to protect themselves against this new form of competition. For them the choice is between forty-three million Americans as criminals and their own survival.	
							</text>
						</object>
						<object id="871">
							<ocn>871</ocn>
							<text class="norm">	
								It is understandable why they choose as they do. It is not understandable why we as a democracy continue to choose as we do. Jack Valenti is charming; but not so charming as to justify giving up a tradition as deep and important as our tradition of free culture.	
							</text>
						</object>
						<object id="872">
							<ocn>872</ocn>
							<text class="norm">	
								There's one more aspect to this corruption that is particularly important to civil liberties, and follows directly from any war of prohibition. As Electronic Frontier Foundation attorney Fred von Lohmann describes, this is the "collateral damage" that "arises whenever you turn a very large percentage of the population into criminals." This is the collateral damage to civil liberties generally.	
							</text>
						</object>
						<object id="873">
							<ocn>873</ocn>
							<text class="norm">	
								"If you can treat someone as a putative lawbreaker," von Lohmann explains,	
							</text>
						</object>
						<object id="874">
							<ocn>874</ocn>
							<text class="indent1">	
								then all of a sudden a lot of basic civil liberty protections evaporate to one degree or another. . . . If you're a copyright infringer, how can you hope to have any privacy rights? If you're a copyright infringer, how can you hope to be secure against seizures of your computer? How can you hope to continue to receive Internet access? . . . Our sensibilities change as soon as we think, "Oh, well, but that person's a criminal, a lawbreaker." Well, what this campaign against file sharing has done is turn a remarkable percentage of the American Internet-using population into "law- breakers."	
							</text>
						</object>
						<object id="875">
							<ocn>875</ocn>
							<text class="norm">	
								And the consequence of this transformation of the American public into criminals is that it becomes trivial, as a matter of due process, to effectively erase much of the privacy most would presume.	
							</text>
						</object>
						<object id="876">
							<ocn>876</ocn>
							<text class="norm">	
								Users of the Internet began to see this generally in 2003 as the RIAA launched its campaign to force Internet service providers to turn over the names of customers who the RIAA believed were violating copyright law. Verizon fought that demand and lost. With a simple request to a judge, and without any notice to the customer at all, the identity of an Internet user is revealed.	
							</text>
						</object>
						<object id="877">
							<ocn>877</ocn>
							<text class="norm">	
								The RIAA then expanded this campaign, by announcing a general strategy to sue individual users of the Internet who are alleged to have downloaded copyrighted music from file-sharing systems. But as we've seen, the potential damages from these suits are astronomical: If a family's computer is used to download a single CD's worth of music, the family could be liable for $2 million in damages. That didn't stop the RIAA from suing a number of these families, just as they had sued Jesse Jordan20.	
							</text>
						</object>
						<object id="878">
							<ocn>878</ocn>
							<text class="norm">	
								Even this understates the espionage that is being waged by the RIAA. A report from CNN late last summer described a strategy the RIAA had adopted to track Napster users21. Using a sophisticated hashing algorithm, the RIAA took what is in effect a fingerprint of every song in the Napster catalog. Any copy of one of those MP3s will have the same "fingerprint."	
							</text>
						</object>
						<object id="879">
							<ocn>879</ocn>
							<text class="norm">	
								So imagine the following not-implausible scenario: Imagine a friend gives a CD to your daughter--a collection of songs just like the cassettes you used to make as a kid. You don't know, and neither does your daughter, where these songs came from. But she copies these songs onto her computer. She then takes her computer to college and connects it to a college network, and if the college network is "cooperating" with the RIAA's espionage, and she hasn't properly protected her content from the network (do you know how to do that yourself ?), then the RIAA will be able to identify your daughter as a "criminal." And under the rules that universities are beginning to deploy22, your daughter can lose the right to use the university's computer network. She can, in some cases, be expelled.	
							</text>
						</object>
						<object id="880">
							<ocn>880</ocn>
							<text class="norm">	
								Now, of course, she'll have the right to defend herself. You can hire a lawyer for her (at $300 per hour, if you're lucky), and she can plead that she didn't know anything about the source of the songs or that they came from Napster. And it may well be that the university believes her. But the university might not believe her. It might treat this "contraband" as presumptive of guilt. And as any number of college students have already learned, our presumptions about innocence disappear in the middle of wars of prohibition. This war is no different.	
							</text>
						</object>
						<object id="881">
							<ocn>881</ocn>
							<text class="norm">	
								Says von Lohmann,	
							</text>
						</object>
						<object id="882">
							<ocn>882</ocn>
							<text class="indent1">	
								So when we're talking about numbers like forty to sixty million Americans that are essentially copyright infringers, you create a situation where the civil liberties of those people are very much in peril in a general matter. [I don't] think [there is any] analog where you could randomly choose any person off the street and be confident that they were committing an unlawful act that could put them on the hook for potential felony liability or hundreds of millions of dollars of civil liability. Certainly we all speed, but speeding isn't the kind of an act for which we routinely forfeit civil liberties. Some people use drugs, and I think that's the closest analog, [but] many have noted that the war against drugs has eroded all of our civil liberties because it's treated so many Americans as criminals. Well, I think it's fair to say that file sharing is an order of magnitude larger number of Americans than drug use. . . . If forty to sixty million Americans have become lawbreakers, then we're really on a slippery slope to lose a lot of civil liberties for all forty to sixty million of them.	
							</text>
						</object>
						<object id="883">
							<ocn>883</ocn>
							<text class="norm">	
								When forty to sixty million Americans are considered "criminals" under the law, and when the law could achieve the same objective-- securing rights to authors--without these millions being considered "criminals," who is the villain? Americans or the law? Which is American, a constant war on our own people or a concerted effort through our democracy to change our law?	
							</text>
						</object>
					</content>
	</contents2>
	</contents1>
	</heading2>
	<heading2>
		<heading>
			<object id="884">
				<ocn>884</ocn>
				<text class="heading_section_2">&#201; quilibres</text>
			</object>
		</heading>
						<object id="885">
							<ocn>885</ocn>
							<text class="norm">	
								Voici la sc&#232;ne: Vous &#234; tes debout au le bord de la route. Votre voiture a pris feu. Vous &#234; tes &#233; nerv&#233; et en col&#232;re parce que vous &#234; tes en partie responsable de l'incendie. Et maintenant vous ne savez pas comment l'&#233;teindre. Pr&#232;s de vous se trouve un seau rempli d'essence. Evidemment, ce n'est pas avec de l'essence que vous allez l'&#233;teindre.	
							</text>
						</object>
						<object id="886">
							<ocn>886</ocn>
							<text class="norm">	
								Alors que vous &#234; tes en train de r&#233;fl&#233;chir, quelqu'un arrive. Paniqu&#233;e, elle s'empare du seau. Avant que vous n'ayez pu lui dire d'arr&#234;ter (ou avant qu'elle n'ait pu comprendre pourquoi arr&#234;ter) le seau vole en l'air. L'essence est sur le point de toucher la voiture fumante. Et le feu que cette essence va enflammer est sur le point d'enflammer tout ce qui se trouve autour.	
							</text>
						</object>
						<object id="887">
							<ocn>887</ocn>
							<text class="norm">	
								Une guerre du copyright fait rage autour de nous, et nous nous occupons d'un faux probl&#232;me. Sans doute, les technologies actuelles menacent certaines entreprises. Aucun doute qu'elles menacent aussi certains artistes. Mais les technologies changent. Les industries et les ing&#233;nieurs ont beaucoup de moyens d'utiliser la technologie pour se prot&#233;ger des menaces engendr&#233;es par Internet. C'est un feu qui, livr&#233; &#224; lui m&#234;me, s'&#233;teindrait tout seul.	
							</text>
						</object>
						<object id="888">
							<ocn>888</ocn>
							<text class="norm">	
								Cependant nos d&#233;cideurs ne veulent pas laisser ce feu tout seul. Les poches pleines de l'argent des lobbyistes, ils sont d&#233;cid&#233;s &#224; intervenir pour &#233; liminer le probl&#232;me qu'ils percoivent. Mais le probl&#232;me qu'ils percoivent n'est pas la v&#233;ritable menace qui p&#232;se sur notre culture. Car pendant que nous regardons ce petit feu dans un coin de la sc&#232;ne, un changement massif est en train de se produire partout ailleurs, dans la mani&#232;re dont la culture est produite.	
							</text>
						</object>
						<object id="889">
							<ocn>889</ocn>
							<text class="norm">	
								D'une mani&#232;re ou d'une autre, nous devons trouver un moyen de tourner notre attention vers ce probl&#232;me plus important et plus fondamental. Nous devons trouver un moyen d'&#233;viter de r&#233;pandre de l'essence sur ce feu.	
							</text>
						</object>
						<object id="890">
							<ocn>890</ocn>
							<text class="norm">	
								Nous n'avons pas encore trouv&#233; ce moyen. Au lieu de quoi nous semblons enferm&#233;s dans un point de vue simple et binaire. Quel que soit le nombre de gens qui essaient d'ouvrir ce d&#233;bat, c'est le point de vue simple et binaire qui l'emporte. Nous nous retournons pour contempler le feu quand nous devrions garder les yeux sur la route.	
							</text>
						</object>
						<object id="891">
							<ocn>891</ocn>
							<text class="norm">	
								J'ai consacr&#233; mon existence &#224; ce d&#233;fi pendant les derni&#232;res ann&#233;es. Et ce d&#233;fi a aussi &#233; t&#233; un &#233; chec. Dans les deux chapitres qui suivent, je d&#233;cris quelques-uns de mes efforts, jusqu'ici sans succ&#232;s, pour trouver un moyen de recentrer le d&#233;bat. Nous devons comprendre ces &#233; checs si nous voulons comprendre comment gagner.	
							</text>
						</object>
			<contents1>
				<heading>
					<object id="892">
						<ocn>892</ocn>
						<nametag>_13</nametag>
						<text class="heading_content_1">Eldred</text>
					</object>
				</heading>
					<content>
						<object id="893">
							<ocn>893</ocn>
							<text class="norm">	
								En 1995, un p&#232;re &#233; tait d&#233;&#231;u que ses filles n'appr&#233;cient pas Hawthorne. Sans-doute y avait-il plus d'un p&#232;re dans cette situation, mais l'un d'eux au moins tenta d'y faire quelque chose. Eric Eldred, un programmeur &#224; la retraite qui vivait dans le New Hampshire, d&#233;cida de mettre Hawthorne sur le web. Une version &#233; lectronique, pensa Eldred, avec des liens vers des images et des explications du texte, ressusciteraient cet auteur du dix-neuvi&#232;me si&#232;cle.	
							</text>
						</object>
						<object id="894">
							<ocn>894</ocn>
							<text class="norm">	
								&#199; a ne marcha pas--du moins pas pour ses filles. Elles ne trouv&#232;rent pas Hawthorne plus int&#233;ressant qu'avant. Mais l'exp&#233;rience d'Eldred donna naissance &#224; un hobby, et ce hobby devint une vocation: Eldred allait construire une biblioth&#232;que d'oeuvres du domaine public, en scannant ces oeuvres et en les mettant gratuitement &#224; la disposition de tous.	
							</text>
						</object>
						<object id="895">
							<ocn>895</ocn>
							<text class="norm">	
								Eldred's library was not simply a copy of certain public domain works, though even a copy would have been of great value to people across the world who can't get access to printed versions of these works. Instead, Eldred was producing derivative works from these public domain works. Just as Disney turned Grimm into stories more accessible to the twentieth century, Eldred transformed Hawthorne, and many others, into a form more accessible--technically accessible--today.	
							</text>
						</object>
						<object id="896">
							<ocn>896</ocn>
							<text class="norm">	
								Eldred's freedom to do this with Hawthorne's work grew from the same source as Disney's. Hawthorne's Scarlet Letter had passed into the public domain in 1907. It was free for anyone to take without the permission of the Hawthorne estate or anyone else. Some, such as Dover Press and Penguin Classics, take works from the public domain and produce printed editions, which they sell in bookstores across the country. Others, such as Disney, take these stories and turn them into animated cartoons, sometimes successfully (Cinderella), sometimes not (The Hunchback of Notre Dame, Treasure Planet). These are all commercial publications of public domain works.	
							</text>
						</object>
						<object id="897">
							<ocn>897</ocn>
							<text class="norm">	
								The Internet created the possibility of noncommercial publications of public domain works. Eldred's is just one example. There are literally thousands of others. Hundreds of thousands from across the world have discovered this platform of expression and now use it to share works that are, by law, free for the taking. This has produced what we might call the "noncommercial publishing industry," which before the Internet was limited to people with large egos or with political or social causes. But with the Internet, it includes a wide range of individuals and groups dedicated to spreading culture generally.1	
							</text>
						</object>
						<object id="898">
							<ocn>898</ocn>
							<text class="norm">	
								As I said, Eldred lives in New Hampshire. In 1998, Robert Frost's collection of poems New Hampshire was slated to pass into the public domain. Eldred wanted to post that collection in his free public library. But Congress got in the way. As I described in chapter 10, in 1998, for the eleventh time in forty years, Congress extended the terms of existing copyrights--this time by twenty years. Eldred would not be free to add any works more recent than 1923 to his collection until 2019. Indeed, no copyrighted work would pass into the public domain until that year (and not even then, if Congress extends the term again). By contrast, in the same period, more than 1 million patents will pass into the public domain.	
							</text>
						</object>
						<object id="899">
							<ocn>899</ocn>
							<text class="norm">	
								This was the Sonny Bono Copyright Term Extension Act (CTEA), enacted in memory of the congressman and former musician Sonny Bono, who, his widow, Mary Bono, says, believed that "copy- rights should be forever."2	
							</text>
						</object>
						<object id="900">
							<ocn>900</ocn>
							<text class="norm">	
								Eldred decided to fight this law. He first resolved to fight it through civil disobedience. In a series of interviews, Eldred announced that he would publish as planned, CTEA notwithstanding. But because of a second law passed in 1998, the NET (No Electronic Theft) Act, his act of publishing would make Eldred a felon--whether or not anyone complained. This was a dangerous strategy for a disabled programmer to undertake.	
							</text>
						</object>
						<object id="901">
							<ocn>901</ocn>
							<text class="norm">	
								It was here that I became involved in Eldred's battle. I was a constitutional scholar whose first passion was constitutional interpretation. And though constitutional law courses never focus upon the Progress Clause of the Constitution, it had always struck me as importantly different. As you know, the Constitution says,	
							</text>
						</object>
						<object id="902">
							<ocn>902</ocn>
							<text class="indent1">	
								Congress has the power to promote the Progress of Science . . . by securing for limited Times to Authors . . . exclusive Right to their . . . Writings. . . .	
							</text>
						</object>
						<object id="903">
							<ocn>903</ocn>
							<text class="norm">	
								As I've described, this clause is unique within the power-granting clause of Article I, section 8 of our Constitution. Every other clause granting power to Congress simply says Congress has the power to do something--for example, to regulate "commerce among the several states" or "declare War." But here, the "something" is something quite specific--to "promote ...Progress"--through means that are also specific-- by "securing" "exclusive Rights" (i.e., copyrights) "for limited Times."	
							</text>
						</object>
						<object id="904">
							<ocn>904</ocn>
							<text class="norm">	
								In the past forty years, Congress has gotten into the practice of extending existing terms of copyright protection. What puzzled me about this was, if Congress has the power to extend existing terms, then the Constitution's requirement that terms be "limited" will have no practical effect. If every time a copyright is about to expire, Congress has the power to extend its term, then Congress can achieve what the Constitution plainly forbids--perpetual terms "on the installment plan," as Professor Peter Jaszi so nicely put it.	
							</text>
						</object>
						<object id="905">
							<ocn>905</ocn>
							<text class="norm">	
								As an academic, my first response was to hit the books. I remember sitting late at the office, scouring on-line databases for any serious consideration of the question. No one had ever challenged Congress's practice of extending existing terms. That failure may in part be why Congress seemed so untroubled in its habit. That, and the fact that the practice had become so lucrative for Congress. Congress knows that copyright owners will be willing to pay a great deal of money to see their copyright terms extended. And so Congress is quite happy to keep this gravy train going.	
							</text>
						</object>
						<object id="906">
							<ocn>906</ocn>
							<text class="norm">	
								For this is the core of the corruption in our present system of government."Corruption" not in the sense that representatives are bribed. Rather, "corruption" in the sense that the system induces the beneficiaries of Congress's acts to raise and give money to Congress to induce it to act. There's only so much time; there's only so much Congress can do. Why not limit its actions to those things it must do--and those things that pay? Extending copyright terms pays.	
							</text>
						</object>
						<object id="907">
							<ocn>907</ocn>
							<text class="norm">	
								If that's not obvious to you, consider the following: Say you're one of the very few lucky copyright owners whose copyright continues to make money one hundred years after it was created. The Estate of Robert Frost is a good example. Frost died in 1963. His poetry continues to be extraordinarily valuable. Thus the Robert Frost estate benefits greatly from any extension of copyright, since no publisher would pay the estate any money if the poems Frost wrote could be published by anyone for free.	
							</text>
						</object>
						<object id="908">
							<ocn>908</ocn>
							<text class="norm">	
								So imagine the Robert Frost estate is earning $100,000 a year from three of Frost's poems. And imagine the copyright for those poems is about to expire. You sit on the board of the Robert Frost estate. Your financial adviser comes to your board meeting with a very grim report:	
							</text>
						</object>
						<object id="909">
							<ocn>909</ocn>
							<text class="norm">	
								"Next year," the adviser announces, "our copyrights in works A, B, and C will expire. That means that after next year, we will no longer be receiving the annual royalty check of $100,000 from the publishers of those works.	
							</text>
						</object>
						<object id="910">
							<ocn>910</ocn>
							<text class="norm">	
								"There's a proposal in Congress, however," she continues, "that could change this. A few congressmen are floating a bill to extend the terms of copyright by twenty years. That bill would be extraordinarily valuable to us. So we should hope this bill passes."	
							</text>
						</object>
						<object id="911">
							<ocn>911</ocn>
							<text class="norm">	
								"Hope?" a fellow board member says. "Can't we be doing something about it?"	
							</text>
						</object>
						<object id="912">
							<ocn>912</ocn>
							<text class="norm">	
								"Well, obviously, yes," the adviser responds. "We could contribute to the campaigns of a number of representatives to try to assure that they support the bill."	
							</text>
						</object>
						<object id="913">
							<ocn>913</ocn>
							<text class="norm">	
								You hate politics. You hate contributing to campaigns. So you want to know whether this disgusting practice is worth it. "How much would we get if this extension were passed?" you ask the adviser. "How much is it worth?"	
							</text>
						</object>
						<object id="914">
							<ocn>914</ocn>
							<text class="norm">	
								"Well," the adviser says, "if you're confident that you will continue to get at least $100,000 a year from these copyrights, and you use the 'discount rate' that we use to evaluate estate investments (6 percent), then this law would be worth $1,146,000 to the estate."	
							</text>
						</object>
						<object id="915">
							<ocn>915</ocn>
							<text class="norm">	
								You're a bit shocked by the number, but you quickly come to the correct conclusion:	
							</text>
						</object>
						<object id="916">
							<ocn>916</ocn>
							<text class="norm">	
								"So you're saying it would be worth it for us to pay more than $1,000,000 in campaign contributions if we were confident those contributions would assure that the bill was passed?"	
							</text>
						</object>
						<object id="917">
							<ocn>917</ocn>
							<text class="norm">	
								"Absolutely," the adviser responds. "It is worth it to you to contribute up to the 'present value' of the income you expect from these copyrights. Which for us means over $1,000,000."	
							</text>
						</object>
						<object id="918">
							<ocn>918</ocn>
							<text class="norm">	
								You quickly get the point--you as the member of the board and, I trust, you the reader. Each time copyrights are about to expire, every beneficiary in the position of the Robert Frost estate faces the same choice: If they can contribute to get a law passed to extend copyrights, they will benefit greatly from that extension. And so each time copyrights are about to expire, there is a massive amount of lobbying to get the copyright term extended.	
							</text>
						</object>
						<object id="919">
							<ocn>919</ocn>
							<text class="norm">	
								Thus a congressional perpetual motion machine: So long as legislation can be bought (albeit indirectly), there will be all the incentive in the world to buy further extensions of copyright.	
							</text>
						</object>
						<object id="920">
							<ocn>920</ocn>
							<text class="norm">	
								In the lobbying that led to the passage of the Sonny Bono Copyright Term Extension Act, this "theory" about incentives was proved real. Ten of the thirteen original sponsors of the act in the House received the maximum contribution from Disney's political action committee; in the Senate, eight of the twelve sponsors received contributions.3 The RIAA and the MPAA are estimated to have spent over $1.5 million lobbying in the 1998 election cycle. They paid out more than $200,000 in campaign contributions.4 Disney is estimated to have contributed more than $800,000 to reelection campaigns in the 1998 cycle.5	
							</text>
						</object>
						<object id="921">
							<ocn>921</ocn>
							<text class="norm">	
								Constitutional law is not oblivious to the obvious. Or at least, it need not be. So when I was considering Eldred's complaint, this reality about the never-ending incentives to increase the copyright term was central to my thinking. In my view, a pragmatic court committed to interpreting and applying the Constitution of our framers would see that if Congress has the power to extend existing terms, then there would be no effective constitutional requirement that terms be "limited." If they could extend it once, they would extend it again and again and again.	
							</text>
						</object>
						<object id="922">
							<ocn>922</ocn>
							<text class="norm">	
								It was also my judgment that this Supreme Court would not allow Congress to extend existing terms. As anyone close to the Supreme Court's work knows, this Court has increasingly restricted the power of Congress when it has viewed Congress's actions as exceeding the power granted to it by the Constitution. Among constitutional scholars, the most famous example of this trend was the Supreme Court's decision in 1995 to strike down a law that banned the possession of guns near schools.	
							</text>
						</object>
						<object id="923">
							<ocn>923</ocn>
							<text class="norm">	
								Since 1937, the Supreme Court had interpreted Congress's granted powers very broadly; so, while the Constitution grants Congress the power to regulate only "commerce among the several states" (aka "interstate commerce"), the Supreme Court had interpreted that power to include the power to regulate any activity that merely affected interstate commerce.	
							</text>
						</object>
						<object id="924">
							<ocn>924</ocn>
							<text class="norm">	
								As the economy grew, this standard increasingly meant that there was no limit to Congress's power to regulate, since just about every activity, when considered on a national scale, affects interstate commerce. A Constitution designed to limit Congress's power was instead interpreted to impose no limit.	
							</text>
						</object>
						<object id="925">
							<ocn>925</ocn>
							<text class="norm">	
								The Supreme Court, under Chief Justice Rehnquist's command, changed that in United States v. Lopez. The government had argued that possessing guns near schools affected interstate commerce. Guns near schools increase crime, crime lowers property values, and so on. In the oral argument, the Chief Justice asked the government whether there was any activity that would not affect interstate commerce under the reasoning the government advanced. The government said there was not; if Congress says an activity affects interstate commerce, then that activity affects interstate commerce. The Supreme Court, the government said, was not in the position to second-guess Congress.	
							</text>
						</object>
						<object id="926">
							<ocn>926</ocn>
							<text class="norm">	
								"We pause to consider the implications of the government's arguments," the Chief Justice wrote.6 If anything Congress says is interstate commerce must therefore be considered interstate commerce, then there would be no limit to Congress's power. The decision in Lopez was reaffirmed five years later in United States v. Morrison.7	
							</text>
						</object>
						<object id="927">
							<ocn>927</ocn>
							<text class="norm">	
								If a principle were at work here, then it should apply to the Progress Clause as much as the Commerce Clause.8 And if it is applied to the Progress Clause, the principle should yield the conclusion that Congress can't extend an existing term. If Congress could extend an existing term, then there would be no "stopping point" to Congress's power over terms, though the Constitution expressly states that there is such a limit. Thus, the same principle applied to the power to grant copyrights should entail that Congress is not allowed to extend the term of existing copyrights.	
							</text>
						</object>
						<object id="928">
							<ocn>928</ocn>
							<text class="norm">	
								If, that is, the principle announced in Lopez stood for a principle. Many believed the decision in Lopez stood for politics--a conservative Supreme Court, which believed in states' rights, using its power over Congress to advance its own personal political preferences. But I rejected that view of the Supreme Court's decision. Indeed, shortly after the decision, I wrote an article demonstrating the "fidelity" in such an interpretation of the Constitution. The idea that the Supreme Court decides cases based upon its politics struck me as extraordinarily boring. I was not going to devote my life to teaching constitutional law if these nine Justices were going to be petty politicians.	
							</text>
						</object>
						<object id="929">
							<ocn>929</ocn>
							<text class="norm">	
								Now let's pause for a moment to make sure we understand what the argument in Eldred was not about. By insisting on the Constitution's limits to copyright, obviously Eldred was not endorsing piracy. Indeed, in an obvious sense, he was fighting a kind of piracy--piracy of the public domain. When Robert Frost wrote his work and when Walt Disney created Mickey Mouse, the maximum copyright term was just fifty-six years. Because of interim changes, Frost and Disney had already enjoyed a seventy-five-year monopoly for their work. They had gotten the benefit of the bargain that the Constitution envisions: In exchange for a monopoly protected for fifty-six years, they created new work. But now these entities were using their power--expressed through the power of lobbyists' money--to get another twenty-year dollop of monopoly. That twenty-year dollop would be taken from the public domain. Eric Eldred was fighting a piracy that affects us all.	
							</text>
						</object>
						<object id="930">
							<ocn>930</ocn>
							<text class="norm">	
								Some people view the public domain with contempt. In their brief before the Supreme Court, the Nashville Songwriters Association wrote that the public domain is nothing more than "legal piracy."9 But it is not piracy when the law allows it; and in our constitutional system, our law requires it. Some may not like the Constitution's requirements, but that doesn't make the Constitution a pirate's charter.	
							</text>
						</object>
						<object id="931">
							<ocn>931</ocn>
							<text class="norm">	
								As we've seen, our constitutional system requires limits on copyright as a way to assure that copyright holders do not too heavily influence the development and distribution of our culture. Yet, as Eric Eldred discovered, we have set up a system that assures that copyright terms will be repeatedly extended, and extended, and extended. We have created the perfect storm for the public domain. Copyrights have not expired, and will not expire, so long as Congress is free to be bought to extend them again.	
							</text>
						</object>
						<object id="932">
							<ocn>932</ocn>
							<text class="norm">	
								It is valuable copyrights that are responsible for terms being extended. Mickey Mouse and "Rhapsody in Blue." These works are too valuable for copyright owners to ignore. But the real harm to our society from copyright extensions is not that Mickey Mouse remains Disney's. Forget Mickey Mouse. Forget Robert Frost. Forget all the works from the 1920s and 1930s that have continuing commercial value. The real harm of term extension comes not from these famous works. The real harm is to the works that are not famous, not commercially exploited, and no longer available as a result.	
							</text>
						</object>
						<object id="933">
							<ocn>933</ocn>
							<text class="norm">	
								If you look at the work created in the first twenty years (1923 to 1942) affected by the Sonny Bono Copyright Term Extension Act, 2 percent of that work has any continuing commercial value. It was the copyright holders for that 2 percent who pushed the CTEA through. But the law and its effect were not limited to that 2 percent. The law extended the terms of copyright generally.10	
							</text>
						</object>
						<object id="934">
							<ocn>934</ocn>
							<text class="norm">	
								Think practically about the consequence of this extension--practically, as a businessperson, and not as a lawyer eager for more legal work. In 1930, 10,047 books were published. In 2000, 174 of those books were still in print. Let's say you were Brewster Kahle, and you wanted to make available to the world in your iArchive project the remaining 9,873. What would you have to do?	
							</text>
						</object>
						<object id="935">
							<ocn>935</ocn>
							<text class="norm">	
								Well, first, you'd have to determine which of the 9,873 books were still under copyright. That requires going to a library (these data are not on-line) and paging through tomes of books, cross-checking the titles and authors of the 9,873 books with the copyright registration and renewal records for works published in 1930. That will produce a list of books still under copyright.	
							</text>
						</object>
						<object id="936">
							<ocn>936</ocn>
							<text class="norm">	
								Then for the books still under copyright, you would need to locate the current copyright owners. How would you do that?	
							</text>
						</object>
						<object id="937">
							<ocn>937</ocn>
							<text class="norm">	
								Most people think that there must be a list of these copyright owners somewhere. Practical people think this way. How could there be thousands and thousands of government monopolies without there being at least a list?	
							</text>
						</object>
						<object id="938">
							<ocn>938</ocn>
							<text class="norm">	
								But there is no list. There may be a name from 1930, and then in 1959, of the person who registered the copyright. But just think practically about how impossibly difficult it would be to track down thousands of such records--especially since the person who registered is not necessarily the current owner. And we're just talking about 1930!	
							</text>
						</object>
						<object id="939">
							<ocn>939</ocn>
							<text class="norm">	
								"But there isn't a list of who owns property generally," the apologists for the system respond. "Why should there be a list of copyright owners?"	
							</text>
						</object>
						<object id="940">
							<ocn>940</ocn>
							<text class="norm">	
								Well, actually, if you think about it, there are plenty of lists of who owns what property. Think about deeds on houses, or titles to cars. And where there isn't a list, the code of real space is pretty good at suggesting who the owner of a bit of property is. (A swing set in your backyard is probably yours.) So formally or informally, we have a pretty good way to know who owns what tangible property.	
							</text>
						</object>
						<object id="941">
							<ocn>941</ocn>
							<text class="norm">	
								So: You walk down a street and see a house. You can know who owns the house by looking it up in the courthouse registry. If you see a car, there is ordinarily a license plate that will link the owner to the car. If you see a bunch of children's toys sitting on the front lawn of a house, it's fairly easy to determine who owns the toys. And if you happen to see a baseball lying in a gutter on the side of the road, look around for a second for some kids playing ball. If you don't see any kids, then okay: Here's a bit of property whose owner we can't easily determine. It is the exception that proves the rule: that we ordinarily know quite well who owns what property.	
							</text>
						</object>
						<object id="942">
							<ocn>942</ocn>
							<text class="norm">	
								Compare this story to intangible property. You go into a library. The library owns the books. But who owns the copyrights? As I've already described, there's no list of copyright owners. There are authors' names, of course, but their copyrights could have been assigned, or passed down in an estate like Grandma's old jewelry. To know who owns what, you would have to hire a private detective. The bottom line: The owner cannot easily be located. And in a regime like ours, in which it is a felony to use such property without the property owner's permission, the property isn't going to be used.	
							</text>
						</object>
						<object id="943">
							<ocn>943</ocn>
							<text class="norm">	
								The consequence with respect to old books is that they won't be digitized, and hence will simply rot away on shelves. But the consequence for other creative works is much more dire.	
							</text>
						</object>
						<object id="944">
							<ocn>944</ocn>
							<text class="norm">	
								Consider the story of Michael Agee, chairman of Hal Roach Studios, which owns the copyrights for the Laurel and Hardy films. Agee is a direct beneficiary of the Bono Act. The Laurel and Hardy films were made between 1921 and 1951. Only one of these films, The Lucky Dog, is currently out of copyright. But for the CTEA, films made after 1923 would have begun entering the public domain. Because Agee controls the exclusive rights for these popular films, he makes a great deal of money. According to one estimate, "Roach has sold about 60,000 videocassettes and 50,000 DVDs of the duo's silent films."11	
							</text>
						</object>
						<object id="945">
							<ocn>945</ocn>
							<text class="norm">	
								Yet Agee opposed the CTEA. His reasons demonstrate a rare virtue in this culture: selflessness. He argued in a brief before the Supreme Court that the Sonny Bono Copyright Term Extension Act will, if left standing, destroy a whole generation of American film.	
							</text>
						</object>
						<object id="946">
							<ocn>946</ocn>
							<text class="norm">	
								His argument is straightforward. A tiny fraction of this work has any continuing commercial value. The rest--to the extent it survives at all--sits in vaults gathering dust. It may be that some of this work not now commercially valuable will be deemed to be valuable by the owners of the vaults. For this to occur, however, the commercial benefit from the work must exceed the costs of making the work available for distribution.	
							</text>
						</object>
						<object id="947">
							<ocn>947</ocn>
							<text class="norm">	
								We can't know the benefits, but we do know a lot about the costs. For most of the history of film, the costs of restoring film were very high; digital technology has lowered these costs substantially. While it cost more than $10,000 to restore a ninety-minute black-and-white film in 1993, it can now cost as little as $100 to digitize one hour of 8 mm film.12	
							</text>
						</object>
						<object id="948">
							<ocn>948</ocn>
							<text class="norm">	
								Restoration technology is not the only cost, nor the most important. Lawyers, too, are a cost, and increasingly, a very important one. In addition to preserving the film, a distributor needs to secure the rights. And to secure the rights for a film that is under copyright, you need to locate the copyright owner.	
							</text>
						</object>
						<object id="949">
							<ocn>949</ocn>
							<text class="norm">	
								Or more accurately, owners. As we've seen, there isn't only a single copyright associated with a film; there are many. There isn't a single person whom you can contact about those copyrights; there are as many as can hold the rights, which turns out to be an extremely large number. Thus the costs of clearing the rights to these films is exceptionally high.	
							</text>
						</object>
						<object id="950">
							<ocn>950</ocn>
							<text class="norm">	
								"But can't you just restore the film, distribute it, and then pay the copyright owner when she shows up?" Sure, if you want to commit a felony. And even if you're not worried about committing a felony, when she does show up, she'll have the right to sue you for all the profits you have made. So, if you're successful, you can be fairly confident you'll be getting a call from someone's lawyer. And if you're not successful, you won't make enough to cover the costs of your own lawyer. Either way, you have to talk to a lawyer. And as is too often the case, saying you have to talk to a lawyer is the same as saying you won't make any money.	
							</text>
						</object>
						<object id="951">
							<ocn>951</ocn>
							<text class="norm">	
								For some films, the benefit of releasing the film may well exceed these costs. But for the vast majority of them, there is no way the benefit would outweigh the legal costs. Thus, for the vast majority of old films, Agee argued, the film will not be restored and distributed until the copyright expires.	
							</text>
						</object>
						<object id="952">
							<ocn>952</ocn>
							<text class="norm">	
								But by the time the copyright for these films expires, the film will have expired. These films were produced on nitrate-based stock, and nitrate stock dissolves over time. They will be gone, and the metal canisters in which they are now stored will be filled with nothing more than dust.	
							</text>
						</object>
						<object id="953">
							<ocn>953</ocn>
							<text class="norm">	
								Of all the creative work produced by humans anywhere, a tiny fraction has continuing commercial value. For that tiny fraction, the copyright is a crucially important legal device. For that tiny fraction, the copyright creates incentives to produce and distribute the creative work. For that tiny fraction, the copyright acts as an "engine of free expression."	
							</text>
						</object>
						<object id="954">
							<ocn>954</ocn>
							<text class="norm">	
								But even for that tiny fraction, the actual time during which the creative work has a commercial life is extremely short. As I've indicated, most books go out of print within one year. The same is true of music and film. Commercial culture is sharklike. It must keep moving. And when a creative work falls out of favor with the commercial distributors, the commercial life ends.	
							</text>
						</object>
						<object id="955">
							<ocn>955</ocn>
							<text class="norm">	
								Yet that doesn't mean the life of the creative work ends. We don't keep libraries of books in order to compete with Barnes &amp; Noble, and we don't have archives of films because we expect people to choose between spending Friday night watching new movies and spending Friday night watching a 1930 news documentary. The noncommercial life of culture is important and valuable--for entertainment but also, and more importantly, for knowledge. To understand who we are, and where we came from, and how we have made the mistakes that we have, we need to have access to this history.	
							</text>
						</object>
						<object id="956">
							<ocn>956</ocn>
							<text class="norm">	
								Copyrights in this context do not drive an engine of free expression. In this context, there is no need for an exclusive right. Copyrights in this context do no good.	
							</text>
						</object>
						<object id="957">
							<ocn>957</ocn>
							<text class="norm">	
								Yet, for most of our history, they also did little harm. For most of our history, when a work ended its commercial life, there was no copyright-related use that would be inhibited by an exclusive right. When a book went out of print, you could not buy it from a publisher. But you could still buy it from a used book store, and when a used book store sells it, in America, at least, there is no need to pay the copyright owner anything. Thus, the ordinary use of a book after its commercial life ended was a use that was independent of copyright law.	
							</text>
						</object>
						<object id="958">
							<ocn>958</ocn>
							<text class="norm">	
								The same was effectively true of film. Because the costs of restoring a film--the real economic costs, not the lawyer costs--were so high, it was never at all feasible to preserve or restore film. Like the remains of a great dinner, when it's over, it's over. Once a film passed out of its commercial life, it may have been archived for a bit, but that was the end of its life so long as the market didn't have more to offer.	
							</text>
						</object>
						<object id="959">
							<ocn>959</ocn>
							<text class="norm">	
								In other words, though copyright has been relatively short for most of our history, long copyrights wouldn't have mattered for the works that lost their commercial value. Long copyrights for these works would not have interfered with anything.	
							</text>
						</object>
						<object id="960">
							<ocn>960</ocn>
							<text class="norm">	
								But this situation has now changed.	
							</text>
						</object>
						<object id="961">
							<ocn>961</ocn>
							<text class="norm">	
								One crucially important consequence of the emergence of digital technologies is to enable the archive that Brewster Kahle dreams of. Digital technologies now make it possible to preserve and give access to all sorts of knowledge. Once a book goes out of print, we can now imagine digitizing it and making it available to everyone, forever. Once a film goes out of distribution, we could digitize it and make it available to everyone, forever. Digital technologies give new life to copyrighted material after it passes out of its commercial life. It is now possible to preserve and assure universal access to this knowledge and culture, whereas before it was not.	
							</text>
						</object>
						<object id="962">
							<ocn>962</ocn>
							<text class="norm">	
								And now copyright law does get in the way. Every step of producing this digital archive of our culture infringes on the exclusive right of copyright. To digitize a book is to copy it. To do that requires permission of the copyright owner. The same with music, film, or any other aspect of our culture protected by copyright. The effort to make these things available to history, or to researchers, or to those who just want to explore, is now inhibited by a set of rules that were written for a radically different context.	
							</text>
						</object>
						<object id="963">
							<ocn>963</ocn>
							<text class="norm">	
								Here is the core of the harm that comes from extending terms: Now that technology enables us to rebuild the library of Alexandria, the law gets in the way. And it doesn't get in the way for any useful copyright purpose, for the purpose of copyright is to enable the commercial market that spreads culture. No, we are talking about culture after it has lived its commercial life. In this context, copyright is serving no purpose at all related to the spread of knowledge. In this context, copyright is not an engine of free expression. Copyright is a brake.	
							</text>
						</object>
						<object id="964">
							<ocn>964</ocn>
							<text class="norm">	
								You may well ask, "But if digital technologies lower the costs for Brewster Kahle, then they will lower the costs for Random House, too. So won't Random House do as well as Brewster Kahle in spreading culture widely?"	
							</text>
						</object>
						<object id="965">
							<ocn>965</ocn>
							<text class="norm">	
								Maybe. Someday. But there is absolutely no evidence to suggest that publishers would be as complete as libraries. If Barnes &amp; Noble offered to lend books from its stores for a low price, would that eliminate the need for libraries? Only if you think that the only role of a library is to serve what "the market" would demand. But if you think the role of a library is bigger than this--if you think its role is to archive culture, whether there's a demand for any particular bit of that culture or not--then we can't count on the commercial market to do our library work for us.	
							</text>
						</object>
						<object id="966">
							<ocn>966</ocn>
							<text class="norm">	
								I would be the first to agree that it should do as much as it can: We should rely upon the market as much as possible to spread and enable culture. My message is absolutely not antimarket. But where we see the market is not doing the job, then we should allow nonmarket forces the freedom to fill the gaps. As one researcher calculated for American culture, 94 percent of the films, books, and music produced between 1923 and 1946 is not commercially available. However much you love the commercial market, if access is a value, then 6 percent is a failure to provide that value.13	
							</text>
						</object>
						<object id="967">
							<ocn>967</ocn>
							<text class="norm">	
								In January 1999, we filed a lawsuit on Eric Eldred's behalf in federal district court in Washington, D.C., asking the court to declare the Sonny Bono Copyright Term Extension Act unconstitutional. The two central claims that we made were (1) that extending existing terms violated the Constitution's "limited Times" requirement, and (2) that extending terms by another twenty years violated the First Amendment.	
							</text>
						</object>
						<object id="968">
							<ocn>968</ocn>
							<text class="norm">	
								The district court dismissed our claims without even hearing an argument. A panel of the Court of Appeals for the D.C. Circuit also dismissed our claims, though after hearing an extensive argument. But that decision at least had a dissent, by one of the most conservative judges on that court. That dissent gave our claims life.	
							</text>
						</object>
						<object id="969">
							<ocn>969</ocn>
							<text class="norm">	
								Judge David Sentelle said the CTEA violated the requirement that copyrights be for "limited Times" only. His argument was as elegant as it was simple: If Congress can extend existing terms, then there is no "stopping point" to Congress's power under the Copyright Clause. The power to extend existing terms means Congress is not required to grant terms that are "limited." Thus, Judge Sentelle argued, the court had to interpret the term "limited Times" to give it meaning. And the best interpretation, Judge Sentelle argued, would be to deny Congress the power to extend existing terms.	
							</text>
						</object>
						<object id="970">
							<ocn>970</ocn>
							<text class="norm">	
								We asked the Court of Appeals for the D.C. Circuit as a whole to hear the case. Cases are ordinarily heard in panels of three, except for important cases or cases that raise issues specific to the circuit as a whole, where the court will sit "en banc" to hear the case.	
							</text>
						</object>
						<object id="971">
							<ocn>971</ocn>
							<text class="norm">	
								The Court of Appeals rejected our request to hear the case en banc. This time, Judge Sentelle was joined by the most liberal member of the D.C. Circuit, Judge David Tatel. Both the most conservative and the most liberal judges in the D.C. Circuit believed Congress had over-stepped its bounds.	
							</text>
						</object>
						<object id="972">
							<ocn>972</ocn>
							<text class="norm">	
								It was here that most expected Eldred v. Ashcroft would die, for the Supreme Court rarely reviews any decision by a court of appeals. (It hears about one hundred cases a year, out of more than five thousand appeals.) And it practically never reviews a decision that upholds a statute when no other court has yet reviewed the statute.	
							</text>
						</object>
						<object id="973">
							<ocn>973</ocn>
							<text class="norm">	
								But in February 2002, the Supreme Court surprised the world by granting our petition to review the D.C. Circuit opinion. Argument was set for October of 2002. The summer would be spent writing briefs and preparing for argument.	
							</text>
						</object>
						<object id="974">
							<ocn>974</ocn>
							<text class="norm">	
								It is over a year later as I write these words. It is still astonishingly hard. If you know anything at all about this story, you know that we lost the appeal. And if you know something more than just the minimum, you probably think there was no way this case could have been won. After our defeat, I received literally thousands of missives by well-wishers and supporters, thanking me for my work on behalf of this noble but doomed cause. And none from this pile was more significant to me than the e-mail from my client, Eric Eldred.	
							</text>
						</object>
						<object id="975">
							<ocn>975</ocn>
							<text class="norm">	
								But my client and these friends were wrong. This case could have been won. It should have been won. And no matter how hard I try to retell this story to myself, I can never escape believing that my own mistake lost it.	
							</text>
						</object>
						<object id="976">
							<ocn>976</ocn>
							<text class="norm">	
								The mistake was made early, though it became obvious only at the very end. Our case had been supported from the very beginning by an extraordinary lawyer, Geoffrey Stewart, and by the law firm he had moved to, Jones, Day, Reavis and Pogue. Jones Day took a great deal of heat from its copyright-protectionist clients for supporting us. They ignored this pressure (something that few law firms today would ever do), and throughout the case, they gave it everything they could.	
							</text>
						</object>
						<object id="977">
							<ocn>977</ocn>
							<text class="norm">	
								There were three key lawyers on the case from Jones Day. Geoff Stewart was the first, but then Dan Bromberg and Don Ayer became quite involved. Bromberg and Ayer in particular had a common view about how this case would be won: We would only win, they repeatedly told me, if we could make the issue seem "important" to the Supreme Court. It had to seem as if dramatic harm were being done to free speech and free culture; otherwise, they would never vote against "the most powerful media companies in the world."	
							</text>
						</object>
						<object id="978">
							<ocn>978</ocn>
							<text class="norm">	
								I hate this view of the law. Of course I thought the Sonny Bono Act was a dramatic harm to free speech and free culture. Of course I still think it is. But the idea that the Supreme Court decides the law based on how important they believe the issues are is just wrong. It might be "right" as in "true," I thought, but it is "wrong" as in "it just shouldn't be that way." As I believed that any faithful interpretation of what the framers of our Constitution did would yield the conclusion that the CTEA was unconstitutional, and as I believed that any faithful interpretation of what the First Amendment means would yield the conclusion that the power to extend existing copyright terms is unconstitutional, I was not persuaded that we had to sell our case like soap. Just as a law that bans the swastika is unconstitutional not because the Court likes Nazis but because such a law would violate the Constitution, so too, in my view, would the Court decide whether Congress's law was constitutional based on the Constitution, not based on whether they liked the values that the framers put in the Constitution.	
							</text>
						</object>
						<object id="979">
							<ocn>979</ocn>
							<text class="norm">	
								In any case, I thought, the Court must already see the danger and the harm caused by this sort of law. Why else would they grant review? There was no reason to hear the case in the Supreme Court if they weren't convinced that this regulation was harmful. So in my view, we didn't need to persuade them that this law was bad, we needed to show why it was unconstitutional.	
							</text>
						</object>
						<object id="980">
							<ocn>980</ocn>
							<text class="norm">	
								There was one way, however, in which I felt politics would matter and in which I thought a response was appropriate. I was convinced that the Court would not hear our arguments if it thought these were just the arguments of a group of lefty loons. This Supreme Court was not about to launch into a new field of judicial review if it seemed that this field of review was simply the preference of a small political minority. Although my focus in the case was not to demonstrate how bad the Sonny Bono Act was but to demonstrate that it was unconstitutional, my hope was to make this argument against a background of briefs that covered the full range of political views. To show that this claim against the CTEA was grounded in law and not politics, then, we tried to gather the widest range of credible critics--credible not because they were rich and famous, but because they, in the aggregate, demonstrated that this law was unconstitutional regardless of one's politics.	
							</text>
						</object>
						<object id="981">
							<ocn>981</ocn>
							<text class="norm">	
								The first step happened all by itself. Phyllis Schlafly's organization, Eagle Forum, had been an opponent of the CTEA from the very beginning. Mrs. Schlafly viewed the CTEA as a sellout by Congress. In November 1998, she wrote a stinging editorial attacking the Republican Congress for allowing the law to pass. As she wrote, "Do you sometimes wonder why bills that create a financial windfall to narrow special interests slide easily through the intricate legislative process, while bills that benefit the general public seem to get bogged down?" The answer, as the editorial documented, was the power of money. Schlafly enumerated Disney's contributions to the key players on the committees. It was money, not justice, that gave Mickey Mouse twenty more years in Disney's control, Schlafly argued.	
							</text>
						</object>
						<object id="982">
							<ocn>982</ocn>
							<text class="norm">	
								In the Court of Appeals, Eagle Forum was eager to file a brief supporting our position. Their brief made the argument that became the core claim in the Supreme Court: If Congress can extend the term of existing copyrights, there is no limit to Congress's power to set terms. That strong conservative argument persuaded a strong conservative judge, Judge Sentelle.	
							</text>
						</object>
						<object id="983">
							<ocn>983</ocn>
							<text class="norm">	
								In the Supreme Court, the briefs on our side were about as diverse as it gets. They included an extraordinary historical brief by the Free Software Foundation (home of the GNU project that made GNU/ Linux possible). They included a powerful brief about the costs of uncertainty by Intel. There were two law professors' briefs, one by copyright scholars and one by First Amendment scholars. There was an exhaustive and uncontroverted brief by the world's experts in the history of the Progress Clause. And of course, there was a new brief by Eagle Forum, repeating and strengthening its arguments.	
							</text>
						</object>
						<object id="984">
							<ocn>984</ocn>
							<text class="norm">	
								Those briefs framed a legal argument. Then to support the legal argument, there were a number of powerful briefs by libraries and archives, including the Internet Archive, the American Association of Law Libraries, and the National Writers Union.	
							</text>
						</object>
						<object id="985">
							<ocn>985</ocn>
							<text class="norm">	
								But two briefs captured the policy argument best. One made the argument I've already described: A brief by Hal Roach Studios argued that unless the law was struck, a whole generation of American film would disappear. The other made the economic argument absolutely clear.	
							</text>
						</object>
						<object id="986">
							<ocn>986</ocn>
							<text class="norm">	
								This economists' brief was signed by seventeen economists, including five Nobel Prize winners, including Ronald Coase, James Buchanan, Milton Friedman, Kenneth Arrow, and George Akerlof. The economists, as the list of Nobel winners demonstrates, spanned the political spectrum. Their conclusions were powerful: There was no plausible claim that extending the terms of existing copyrights would do anything to increase incentives to create. Such extensions were nothing more than "rent-seeking"--the fancy term economists use to describe special-interest legislation gone wild.	
							</text>
						</object>
						<object id="987">
							<ocn>987</ocn>
							<text class="norm">	
								The same effort at balance was reflected in the legal team we gathered to write our briefs in the case. The Jones Day lawyers had been with us from the start. But when the case got to the Supreme Court, we added three lawyers to help us frame this argument to this Court: Alan Morrison, a lawyer from Public Citizen, a Washington group that had made constitutional history with a series of seminal victories in the Supreme Court defending individual rights; my colleague and dean, Kathleen Sullivan, who had argued many cases in the Court, and who had advised us early on about a First Amendment strategy; and finally, former solicitor general Charles Fried.	
							</text>
						</object>
						<object id="988">
							<ocn>988</ocn>
							<text class="norm">	
								Fried was a special victory for our side. Every other former solicitor general was hired by the other side to defend Congress's power to give media companies the special favor of extended copyright terms. Fried was the only one who turned down that lucrative assignment to stand up for something he believed in. He had been Ronald Reagan's chief lawyer in the Supreme Court. He had helped craft the line of cases that limited Congress's power in the context of the Commerce Clause. And while he had argued many positions in the Supreme Court that I personally disagreed with, his joining the cause was a vote of confidence in our argument.	
							</text>
						</object>
						<object id="989">
							<ocn>989</ocn>
							<text class="norm">	
								The government, in defending the statute, had its collection of friends, as well. Significantly, however, none of these "friends" included historians or economists. The briefs on the other side of the case were written exclusively by major media companies, congressmen, and copyright holders.	
							</text>
						</object>
						<object id="990">
							<ocn>990</ocn>
							<text class="norm">	
								The media companies were not surprising. They had the most to gain from the law. The congressmen were not surprising either--they were defending their power and, indirectly, the gravy train of contributions such power induced. And of course it was not surprising that the copyright holders would defend the idea that they should continue to have the right to control who did what with content they wanted to control.	
							</text>
						</object>
						<object id="991">
							<ocn>991</ocn>
							<text class="norm">	
								Dr.Seuss's representatives, for example, argued that it was better for the Dr. Seuss estate to control what happened to Dr. Seuss's work-- better than allowing it to fall into the public domain--because if this creativity were in the public domain, then people could use it to "glorify drugs or to create pornography."14 That was also the motive of the Gershwin estate, which defended its "protection" of the work of George Gershwin. They refuse, for example, to license Porgy and Bess to anyone who refuses to use African Americans in the cast.15 That's their view of how this part of American culture should be controlled, and they wanted this law to help them effect that control.	
							</text>
						</object>
						<object id="992">
							<ocn>992</ocn>
							<text class="norm">	
								This argument made clear a theme that is rarely noticed in this debate. When Congress decides to extend the term of existing copyrights, Congress is making a choice about which speakers it will favor. Famous and beloved copyright owners, such as the Gershwin estate and Dr. Seuss, come to Congress and say, "Give us twenty years to control the speech about these icons of American culture. We'll do better with them than anyone else." Congress of course likes to reward the popular and famous by giving them what they want. But when Congress gives people an exclusive right to speak in a certain way, that's just what the First Amendment is traditionally meant to block.	
							</text>
						</object>
						<object id="993">
							<ocn>993</ocn>
							<text class="norm">	
								We argued as much in a final brief. Not only would upholding the CTEA mean that there was no limit to the power of Congress to extend copyrights--extensions that would further concentrate the market; it would also mean that there was no limit to Congress's power to play favorites, through copyright, with who has the right to speak.	
							</text>
						</object>
						<object id="994">
							<ocn>994</ocn>
							<text class="norm">	
								Between February and October, there was little I did beyond preparing for this case. Early on, as I said, I set the strategy.	
							</text>
						</object>
						<object id="995">
							<ocn>995</ocn>
							<text class="norm">	
								The Supreme Court was divided into two important camps. One camp we called "the Conservatives." The other we called "the Rest." The Conservatives included Chief Justice Rehnquist, Justice O'Connor, Justice Scalia, Justice Kennedy, and Justice Thomas. These five had been the most consistent in limiting Congress's power. They were the five who had supported the Lopez/Morrison line of cases that said that an enumerated power had to be interpreted to assure that Congress's powers had limits.	
							</text>
						</object>
						<object id="996">
							<ocn>996</ocn>
							<text class="norm">	
								The Rest were the four Justices who had strongly opposed limits on Congress's power. These four--Justice Stevens, Justice Souter, Justice Ginsburg, and Justice Breyer--had repeatedly argued that the Constitution gives Congress broad discretion to decide how best to implement its powers. In case after case, these justices had argued that the Court's role should be one of deference. Though the votes of these four justices were the votes that I personally had most consistently agreed with, they were also the votes that we were least likely to get.	
							</text>
						</object>
						<object id="997">
							<ocn>997</ocn>
							<text class="norm">	
								In particular, the least likely was Justice Ginsburg's. In addition to her general view about deference to Congress (except where issues of gender are involved), she had been particularly deferential in the context of intellectual property protections. She and her daughter (an excellent and well-known intellectual property scholar) were cut from the same intellectual property cloth. We expected she would agree with the writings of her daughter: that Congress had the power in this context to do as it wished, even if what Congress wished made little sense.	
							</text>
						</object>
						<object id="998">
							<ocn>998</ocn>
							<text class="norm">	
								Close behind Justice Ginsburg were two justices whom we also viewed as unlikely allies, though possible surprises. Justice Souter strongly favored deference to Congress, as did Justice Breyer. But both were also very sensitive to free speech concerns. And as we strongly believed, there was a very important free speech argument against these retrospective extensions.	
							</text>
						</object>
						<object id="999">
							<ocn>999</ocn>
							<text class="norm">	
								The only vote we could be confident about was that of Justice Stevens. History will record Justice Stevens as one of the greatest judges on this Court. His votes are consistently eclectic, which just means that no simple ideology explains where he will stand. But he had consistently argued for limits in the context of intellectual property generally. We were fairly confident he would recognize limits here.	
							</text>
						</object>
						<object id="1000">
							<ocn>1000</ocn>
							<text class="norm">	
								This analysis of "the Rest" showed most clearly where our focus had to be: on the Conservatives. To win this case, we had to crack open these five and get at least a majority to go our way.Thus, the single overriding argument that animated our claim rested on the Conservatives' most important jurisprudential innovation--the argument that Judge Sentelle had relied upon in the Court of Appeals, that Congress's power must be interpreted so that its enumerated powers have limits.	
							</text>
						</object>
						<object id="1001">
							<ocn>1001</ocn>
							<text class="norm">	
								This then was the core of our strategy--a strategy for which I am responsible. We would get the Court to see that just as with the Lopez case, under the government's argument here, Congress would always have unlimited power to extend existing terms. If anything was plain about Congress's power under the Progress Clause, it was that this power was supposed to be "limited." Our aim would be to get the Court to reconcile Eldred with Lopez: If Congress's power to regulate commerce was limited, then so, too, must Congress's power to regulate copyright be limited.	
							</text>
						</object>
						<object id="1002">
							<ocn>1002</ocn>
							<text class="norm">	
								The argument on the government's side came down to this: Congress has done it before. It should be allowed to do it again. The government claimed that from the very beginning, Congress has been extending the term of existing copyrights. So, the government argued, the Court should not now say that practice is unconstitutional.	
							</text>
						</object>
						<object id="1003">
							<ocn>1003</ocn>
							<text class="norm">	
								There was some truth to the government's claim, but not much. We certainly agreed that Congress had extended existing terms in 1831 and in 1909. And of course, in 1962, Congress began extending existing terms regularly--eleven times in forty years.	
							</text>
						</object>
						<object id="1004">
							<ocn>1004</ocn>
							<text class="norm">	
								But this "consistency" should be kept in perspective. Congress extended existing terms once in the first hundred years of the Republic. It then extended existing terms once again in the next fifty. Those rare extensions are in contrast to the now regular practice of extending existing terms. Whatever restraint Congress had had in the past, that restraint was now gone. Congress was now in a cycle of extensions; there was no reason to expect that cycle would end. This Court had not hesitated to intervene where Congress was in a similar cycle of extension. There was no reason it couldn't intervene here.	
							</text>
						</object>
						<object id="1005">
							<ocn>1005</ocn>
							<text class="norm">	
								Oral argument was scheduled for the first week in October. I arrived in D.C. two weeks before the argument. During those two weeks, I was repeatedly "mooted" by lawyers who had volunteered to help in the case. Such "moots" are basically practice rounds, where wannabe justices fire questions at wannabe winners.	
							</text>
						</object>
						<object id="1006">
							<ocn>1006</ocn>
							<text class="norm">	
								I was convinced that to win, I had to keep the Court focused on a single point: that if this extension is permitted, then there is no limit to the power to set terms. Going with the government would mean that terms would be effectively unlimited; going with us would give Congress a clear line to follow: Don't extend existing terms. The moots were an effective practice; I found ways to take every question back to this central idea.	
							</text>
						</object>
						<object id="1007">
							<ocn>1007</ocn>
							<text class="norm">	
								One moot was before the lawyers at Jones Day. Don Ayer was the skeptic. He had served in the Reagan Justice Department with Solicitor General Charles Fried. He had argued many cases before the Supreme Court. And in his review of the moot, he let his concern speak:	
							</text>
						</object>
						<object id="1008">
							<ocn>1008</ocn>
							<text class="norm">	
								"I'm just afraid that unless they really see the harm, they won't be willing to upset this practice that the government says has been a consistent practice for two hundred years. You have to make them see the harm--passionately get them to see the harm. For if they don't see that, then we haven't any chance of winning."	
							</text>
						</object>
						<object id="1009">
							<ocn>1009</ocn>
							<text class="norm">	
								He may have argued many cases before this Court, I thought, but he didn't understand its soul. As a clerk, I had seen the Justices do the right thing--not because of politics but because it was right. As a law professor, I had spent my life teaching my students that this Court does the right thing--not because of politics but because it is right. As I listened to Ayer's plea for passion in pressing politics, I understood his point, and I rejected it. Our argument was right. That was enough. Let the politicians learn to see that it was also good.	
							</text>
						</object>
						<object id="1010">
							<ocn>1010</ocn>
							<text class="norm">	
								The night before the argument, a line of people began to form in front of the Supreme Court. The case had become a focus of the press and of the movement to free culture. Hundreds stood in line for the chance to see the proceedings. Scores spent the night on the Supreme Court steps so that they would be assured a seat.	
							</text>
						</object>
						<object id="1011">
							<ocn>1011</ocn>
							<text class="norm">	
								Not everyone has to wait in line. People who know the Justices can ask for seats they control. (I asked Justice Scalia's chambers for seats for my parents, for example.) Members of the Supreme Court bar can get a seat in a special section reserved for them. And senators and congressmen have a special place where they get to sit, too. And finally, of course, the press has a gallery, as do clerks working for the Justices on the Court. As we entered that morning, there was no place that was not taken. This was an argument about intellectual property law, yet the halls were filled. As I walked in to take my seat at the front of the Court, I saw my parents sitting on the left. As I sat down at the table, I saw Jack Valenti sitting in the special section ordinarily reserved for family of the Justices.	
							</text>
						</object>
						<object id="1012">
							<ocn>1012</ocn>
							<text class="norm">	
								When the Chief Justice called me to begin my argument, I began where I intended to stay: on the question of the limits on Congress's power. This was a case about enumerated powers, I said, and whether those enumerated powers had any limit.	
							</text>
						</object>
						<object id="1013">
							<ocn>1013</ocn>
							<text class="norm">	
								Justice O'Connor stopped me within one minute of my opening. The history was bothering her.	
							</text>
						</object>
						<object id="1014">
							<ocn>1014</ocn>
							<text class="indent1">	
								JUSTICE O'CONNOR: Congress has extended the term so often through the years, and if you are right, don't we run the risk of upsetting previous extensions of time? I mean, this seems to be a practice that began with the very first act.	
							</text>
						</object>
						<object id="1015">
							<ocn>1015</ocn>
							<text class="norm">	
								She was quite willing to concede "that this flies directly in the face of what the framers had in mind." But my response again and again was to emphasize limits on Congress's power.	
							</text>
						</object>
						<object id="1016">
							<ocn>1016</ocn>
							<text class="indent1">	
								MR. LESSIG: Well, if it flies in the face of what the framers had in mind, then the question is, is there a way of interpreting their words that gives effect to what they had in mind, and the answer is yes.	
							</text>
						</object>
						<object id="1017">
							<ocn>1017</ocn>
							<text class="norm">	
								There were two points in this argument when I should have seen where the Court was going. The first was a question by Justice Kennedy, who observed,	
							</text>
						</object>
						<object id="1018">
							<ocn>1018</ocn>
							<text class="indent1">	
								JUSTICE KENNEDY: Well, I suppose implicit in the argument that the '76 act, too, should have been declared void, and that we might leave it alone because of the disruption, is that for all these years the act has impeded progress in science and the useful arts. I just don't see any empirical evidence for that.	
							</text>
						</object>
						<object id="1019">
							<ocn>1019</ocn>
							<text class="norm">	
								Here follows my clear mistake. Like a professor correcting a student, I answered,	
							</text>
						</object>
						<object id="1020">
							<ocn>1020</ocn>
							<text class="indent1">	
								MR. LESSIG: Justice, we are not making an empirical claim at all. Nothing in our Copyright Clause claim hangs upon the empirical assertion about impeding progress. Our only argument is this is a structural limit necessary to assure that what would be an effectively perpetual term not be permitted under the copyright laws.	
							</text>
						</object>
						<object id="1021">
							<ocn>1021</ocn>
							<text class="norm">	
								That was a correct answer, but it wasn't the right answer. The right answer was instead that there was an obvious and profound harm. Any number of briefs had been written about it. He wanted to hear it. And here was the place Don Ayer's advice should have mattered. This was a softball; my answer was a swing and a miss.	
							</text>
						</object>
						<object id="1022">
							<ocn>1022</ocn>
							<text class="norm">	
								The second came from the Chief, for whom the whole case had been crafted. For the Chief Justice had crafted the Lopez ruling, and we hoped that he would see this case as its second cousin.	
							</text>
						</object>
						<object id="1023">
							<ocn>1023</ocn>
							<text class="norm">	
								It was clear a second into his question that he wasn't at all sympathetic. To him, we were a bunch of anarchists. As he asked:	
							</text>
						</object>
						<object id="1024">
							<ocn>1024</ocn>
							<text class="indent1">	
								CHIEF JUSTICE: Well, but you want more than that. You want the right to copy verbatim other people's books, don't you?	
							</text>
						</object>
						<object id="1025">
							<ocn>1025</ocn>
							<text class="indent1">	
								MR. LESSIG: We want the right to copy verbatim works that should be in the public domain and would be in the public domain but for a statute that cannot be justified under ordinary First Amendment analysis or under a proper reading of the limits built into the Copyright Clause.	
							</text>
						</object>
						<object id="1026">
							<ocn>1026</ocn>
							<text class="norm">	
								Things went better for us when the government gave its argument; for now the Court picked up on the core of our claim. As Justice Scalia asked Solicitor General Olson,	
							</text>
						</object>
						<object id="1027">
							<ocn>1027</ocn>
							<text class="indent1">	
								JUSTICE SCALIA: You say that the functional equivalent of an unlimited time would be a violation [of the Constitution], but that's precisely the argument that's being made by petitioners here, that a limited time which is extendable is the functional equivalent of an unlimited time.	
							</text>
						</object>
						<object id="1028">
							<ocn>1028</ocn>
							<text class="norm">	
								When Olson was finished, it was my turn to give a closing rebuttal. Olson's flailing had revived my anger. But my anger still was directed to the academic, not the practical. The government was arguing as if this were the first case ever to consider limits on Congress's Copyright and Patent Clause power. Ever the professor and not the advocate, I closed by pointing out the long history of the Court imposing limits on Congress's power in the name of the Copyright and Patent Clause-- indeed, the very first case striking a law of Congress as exceeding a specific enumerated power was based upon the Copyright and Patent Clause. All true. But it wasn't going to move the Court to my side.	
							</text>
						</object>
						<object id="1029">
							<ocn>1029</ocn>
							<text class="norm">	
								As I left the court that day, I knew there were a hundred points I wished I could remake. There were a hundred questions I wished I had answered differently. But one way of thinking about this case left me optimistic.	
							</text>
						</object>
						<object id="1030">
							<ocn>1030</ocn>
							<text class="norm">	
								The government had been asked over and over again, what is the limit? Over and over again, it had answered there is no limit. This was precisely the answer I wanted the Court to hear. For I could not imagine how the Court could understand that the government believed Congress's power was unlimited under the terms of the Copyright Clause, and sustain the government's argument. The solicitor general had made my argument for me. No matter how often I tried, I could not understand how the Court could find that Congress's power under the Commerce Clause was limited, but under the Copyright Clause, unlimited. In those rare moments when I let myself believe that we may have prevailed, it was because I felt this Court--in particular, the Conservatives--would feel itself constrained by the rule of law that it had established elsewhere.	
							</text>
						</object>
						<object id="1031">
							<ocn>1031</ocn>
							<text class="norm">	
								The morning of January 15, 2003, I was five minutes late to the office and missed the 7:00 A.M.call from the Supreme Court clerk. Listening to the message, I could tell in an instant that she had bad news to report.The Supreme Court had affirmed the decision of the Court of Appeals. Seven justices had voted in the majority. There were two dissents.	
							</text>
						</object>
						<object id="1032">
							<ocn>1032</ocn>
							<text class="norm">	
								A few seconds later, the opinions arrived by e-mail. I took the phone off the hook, posted an announcement to our blog, and sat down to see where I had been wrong in my reasoning.	
							</text>
						</object>
						<object id="1033">
							<ocn>1033</ocn>
							<text class="norm">	
								My reasoning. Here was a case that pitted all the money in the world against reasoning. And here was the last naive law professor, scouring the pages, looking for reasoning.	
							</text>
						</object>
						<object id="1034">
							<ocn>1034</ocn>
							<text class="norm">	
								I first scoured the opinion, looking for how the Court would distinguish the principle in this case from the principle in Lopez. The argument was nowhere to be found. The case was not even cited. The argument that was the core argument of our case did not even appear in the Court's opinion.	
							</text>
						</object>
						<object id="1035">
							<ocn>1035</ocn>
							<text class="norm">	
								Justice Ginsburg simply ignored the enumerated powers argument. Consistent with her view that Congress's power was not limited generally, she had found Congress's power not limited here.	
							</text>
						</object>
						<object id="1036">
							<ocn>1036</ocn>
							<text class="norm">	
								Her opinion was perfectly reasonable--for her, and for Justice Souter. Neither believes in Lopez. It would be too much to expect them to write an opinion that recognized, much less explained, the doctrine they had worked so hard to defeat.	
							</text>
						</object>
						<object id="1037">
							<ocn>1037</ocn>
							<text class="norm">	
								But as I realized what had happened, I couldn't quite believe what I was reading. I had said there was no way this Court could reconcile limited powers with the Commerce Clause and unlimited powers with the Progress Clause. It had never even occurred to me that they could reconcile the two simply by not addressing the argument. There was no inconsistency because they would not talk about the two together. There was therefore no principle that followed from the Lopez case: In that context, Congress's power would be limited, but in this context it would not.	
							</text>
						</object>
						<object id="1038">
							<ocn>1038</ocn>
							<text class="norm">	
								Yet by what right did they get to choose which of the framers' values they would respect? By what right did they--the silent five--get to select the part of the Constitution they would enforce based on the values they thought important? We were right back to the argument that I said I hated at the start: I had failed to convince them that the issue here was important, and I had failed to recognize that however much I might hate a system in which the Court gets to pick the constitutional values that it will respect, that is the system we have.	
							</text>
						</object>
						<object id="1039">
							<ocn>1039</ocn>
							<text class="norm">	
								Justices Breyer and Stevens wrote very strong dissents. Stevens's opinion was crafted internal to the law: He argued that the tradition of intellectual property law should not support this unjustified extension of terms. He based his argument on a parallel analysis that had governed in the context of patents (so had we). But the rest of the Court discounted the parallel--without explaining how the very same words in the Progress Clause could come to mean totally different things depending upon whether the words were about patents or copyrights. The Court let Justice Stevens's charge go unanswered.	
							</text>
						</object>
						<object id="1040">
							<ocn>1040</ocn>
							<text class="norm">	
								Justice Breyer's opinion, perhaps the best opinion he has ever written, was external to the Constitution. He argued that the term of copyrights has become so long as to be effectively unlimited. We had said that under the current term, a copyright gave an author 99.8 percent of the value of a perpetual term. Breyer said we were wrong, that the actual number was 99.9997 percent of a perpetual term. Either way, the point was clear: If the Constitution said a term had to be "limited," and the existing term was so long as to be effectively unlimited, then it was unconstitutional.	
							</text>
						</object>
						<object id="1041">
							<ocn>1041</ocn>
							<text class="norm">	
								These two justices understood all the arguments we had made. But because neither believed in the Lopez case, neither was willing to push it as a reason to reject this extension. The case was decided without anyone having addressed the argument that we had carried from Judge Sentelle. It was Hamlet without the Prince.	
							</text>
						</object>
						<object id="1042">
							<ocn>1042</ocn>
							<text class="norm">	
								Defeat brings depression. They say it is a sign of health when depression gives way to anger. My anger came quickly, but it didn't cure the depression. This anger was of two sorts.	
							</text>
						</object>
						<object id="1043">
							<ocn>1043</ocn>
							<text class="norm">	
								It was first anger with the five "Conservatives." It would have been one thing for them to have explained why the principle of Lopez didn't apply in this case. That wouldn't have been a very convincing argument, I don't believe, having read it made by others, and having tried to make it myself. But it at least would have been an act of integrity. These justices in particular have repeatedly said that the proper mode of interpreting the Constitution is "originalism"--to first understand the framers' text, interpreted in their context, in light of the structure of the Constitution. That method had produced Lopez and many other "originalist" rulings. Where was their "originalism" now?	
							</text>
						</object>
						<object id="1044">
							<ocn>1044</ocn>
							<text class="norm">	
								Here, they had joined an opinion that never once tried to explain what the framers had meant by crafting the Progress Clause as they did; they joined an opinion that never once tried to explain how the structure of that clause would affect the interpretation of Congress's power. And they joined an opinion that didn't even try to explain why this grant of power could be unlimited, whereas the Commerce Clause would be limited. In short, they had joined an opinion that did not apply to, and was inconsistent with, their own method for interpreting the Constitution. This opinion may well have yielded a result that they liked. It did not produce a reason that was consistent with their own principles.	
							</text>
						</object>
						<object id="1045">
							<ocn>1045</ocn>
							<text class="norm">	
								My anger with the Conservatives quickly yielded to anger with myself. For I had let a view of the law that I liked interfere with a view of the law as it is.	
							</text>
						</object>
						<object id="1046">
							<ocn>1046</ocn>
							<text class="norm">	
								Most lawyers, and most law professors, have little patience for idealism about courts in general and this Supreme Court in particular. Most have a much more pragmatic view. When Don Ayer said that this case would be won based on whether I could convince the Justices that the framers' values were important, I fought the idea, because I didn't want to believe that that is how this Court decides. I insisted on arguing this case as if it were a simple application of a set of principles. I had an argument that followed in logic. I didn't need to waste my time showing it should also follow in popularity.	
							</text>
						</object>
						<object id="1047">
							<ocn>1047</ocn>
							<text class="norm">	
								As I read back over the transcript from that argument in October, I can see a hundred places where the answers could have taken the conversation in different directions, where the truth about the harm that this unchecked power will cause could have been made clear to this Court. Justice Kennedy in good faith wanted to be shown. I, idiotically, corrected his question. Justice Souter in good faith wanted to be shown the First Amendment harms. I, like a math teacher, reframed the question to make the logical point. I had shown them how they could strike this law of Congress if they wanted to. There were a hundred places where I could have helped them want to, yet my stubbornness, my refusal to give in, stopped me. I have stood before hundreds of audiences trying to persuade; I have used passion in that effort to persuade; but I refused to stand before this audience and try to persuade with the passion I had used elsewhere. It was not the basis on which a court should decide the issue.	
							</text>
						</object>
						<object id="1048">
							<ocn>1048</ocn>
							<text class="norm">	
								Would it have been different if I had argued it differently? Would it have been different if Don Ayer had argued it? Or Charles Fried? Or Kathleen Sullivan?	
							</text>
						</object>
						<object id="1049">
							<ocn>1049</ocn>
							<text class="norm">	
								My friends huddled around me to insist it would not. The Court was not ready, my friends insisted. This was a loss that was destined. It would take a great deal more to show our society why our framers were right. And when we do that, we will be able to show that Court.	
							</text>
						</object>
						<object id="1050">
							<ocn>1050</ocn>
							<text class="norm">	
								Maybe, but I doubt it. These Justices have no financial interest in doing anything except the right thing. They are not lobbied. They have little reason to resist doing right. I can't help but think that if I had stepped down from this pretty picture of dispassionate justice, I could have persuaded.	
							</text>
						</object>
						<object id="1051">
							<ocn>1051</ocn>
							<text class="norm">	
								And even if I couldn't, then that doesn't excuse what happened in January. For at the start of this case, one of America's leading intellectual property professors stated publicly that my bringing this case was a mistake. "The Court is not ready," Peter Jaszi said; this issue should not be raised until it is.	
							</text>
						</object>
						<object id="1052">
							<ocn>1052</ocn>
							<text class="norm">	
								After the argument and after the decision, Peter said to me, and publicly, that he was wrong. But if indeed that Court could not have been persuaded, then that is all the evidence that's needed to know that here again Peter was right. Either I was not ready to argue this case in a way that would do some good or they were not ready to hear this case in a way that would do some good. Either way, the decision to bring this case--a decision I had made four years before--was wrong.	
							</text>
						</object>
						<object id="1053">
							<ocn>1053</ocn>
							<text class="norm">	
								While the reaction to the Sonny Bono Act itself was almost unanimously negative, the reaction to the Court's decision was mixed. No one, at least in the press, tried to say that extending the term of copyright was a good idea. We had won that battle over ideas. Where the decision was praised, it was praised by papers that had been skeptical of the Court's activism in other cases. Deference was a good thing, even if it left standing a silly law. But where the decision was attacked, it was attacked because it left standing a silly and harmful law. The New York Times wrote in its editorial,	
							</text>
						</object>
						<object id="1054">
							<ocn>1054</ocn>
							<text class="norm">	
								In effect, the Supreme Court's decision makes it likely that we are seeing the beginning of the end of public domain and the birth of copyright perpetuity. The public domain has been a grand experiment, one that should not be allowed to die. The ability to draw freely on the entire creative output of humanity is one of the reasons we live in a time of such fruitful creative ferment.	
							</text>
						</object>
						<object id="1055">
							<ocn>1055</ocn>
							<text class="norm">	
								The best responses were in the cartoons. There was a gaggle of hilarious images--of Mickey in jail and the like. The best, from my view of the case, was Ruben Bolling's, reproduced on the next page. The "powerful and wealthy" line is a bit unfair. But the punch in the face felt exactly like that.	
							</text>
						</object>
						<object id="1056">
							<ocn>1056</ocn>
							<text class="norm">	
								The image that will always stick in my head is that evoked by the quote from The New York Times. That "grand experiment" we call the "public domain" is over? When I can make light of it, I think, "Honey, I shrunk the Constitution." But I can rarely make light of it. We had in our Constitution a commitment to free culture. In the case that I fathered, the Supreme Court effectively renounced that commitment. A better lawyer would have made them see differently.	
							</text>
						</object>
						<object id="1057">
							<ocn>1057</ocn>
							<text class="norm">	
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							</text>
						</object>
					</content>
			</contents1>
			<contents1>
				<heading>
					<object id="1058">
						<ocn>1058</ocn>
						<nametag>_14</nametag>
						<text class="heading_content_1">Chapter Fourteen: Eldred II</text>
					</object>
				</heading>
					<content>
						<object id="1059">
							<ocn>1059</ocn>
							<text class="norm">	
								<b>The day</b> <i>Eldred</i> was decided, fate would have it that I was to travel to Washington, D.C. (The day the rehearing petition in <i>Eldred</i> was denied - meaning the case was really finally over - fate would have it that I was giving a speech to technologists at Disney World.) This was a particularly long flight to my least favorite city. The drive into the city from Dulles was delayed because of traffic, so I opened up my computer and wrote an op-ed piece.	
							</text>
						</object>
						<object id="1060">
							<ocn>1060</ocn>
							<text class="norm">	
								It was an act of contrition. During the whole of the flight from San Francisco to Washington, I had heard over and over again in my head the same advice from Don Ayer: You need to make them see why it is important. And alternating with that command was the question of Justice Kennedy: "For all these years the act has impeded progress in science and the useful arts. I just don't see any empirical evidence for that." And so, having failed in the argument of constitutional principle, finally, I turned to an argument of politics.	
							</text>
						</object>
						<object id="1061">
							<ocn>1061</ocn>
							<text class="norm">	
								<i>The New York Times</i> published the piece. In it, I proposed a simple fix: Fifty years after a work has been published, the copyright owner would be required to register the work and pay a small fee. If he paid the fee, he got the benefit of the full term of copyright. If he did not, the work passed into the public domain.	
							</text>
						</object>
						<object id="1062">
							<ocn>1062</ocn>
							<text class="norm">	
								We called this the Eldred Act, but that was just to give it a name. Eric Eldred was kind enough to let his name be used once again, but as he said early on, it won't get passed unless it has another name.	
							</text>
						</object>
						<object id="1063">
							<ocn>1063</ocn>
							<text class="norm">	
								Or another two names. For depending upon your perspective, this is either the "Public Domain Enhancement Act" or the "Copyright Term Deregulation Act." Either way, the essence of the idea is clear and obvious: Remove copyright where it is doing nothing except blocking access and the spread of knowledge. Leave it for as long as Congress allows for those works where its worth is at least $1. But for everything else, let the content go.	
							</text>
						</object>
						<object id="1064">
							<ocn>1064</ocn>
							<text class="norm">	
								The reaction to this idea was amazingly strong. Steve Forbes endorsed it in an editorial. I received an avalanche of e-mail and letters expressing support. When you focus the issue on lost creativity, people can see the copyright system makes no sense. As a good Republican might say, here government regulation is simply getting in the way of innovation and creativity. And as a good Democrat might say, here the government is blocking access and the spread of knowledge for no good reason. Indeed, there is no real difference between Democrats and Republicans on this issue. Anyone can recognize the stupid harm of the present system.	
							</text>
						</object>
						<object id="1065">
							<ocn>1065</ocn>
							<text class="norm">	
								Indeed, many recognized the obvious benefit of the registration requirement. For one of the hardest things about the current system for people who want to license content is that there is no obvious place to look for the current copyright owners. Since registration is not required, since marking content is not required, since no formality at all is required, it is often impossibly hard to locate copyright owners to ask permission to use or license their work. This system would lower these costs, by establishing at least one registry where copyright owners could be identified.	
							</text>
						</object>
						<object id="1066">
							<ocn>1066</ocn>
							<text class="norm">	
								As I described in chapter 10, formalities in copyright law were removed in 1976, when Congress followed the Europeans by abandoning any formal requirement before a copyright is granted.<endnote><number>15</number><note>Until the 1908 Berlin Act of the Berne Convention, national copyright legislation sometimes made protection depend upon compliance with formalities such as registration, deposit, and affixation of notice of the author's claim of copyright. However, starting with the 1908 act, every text of the Convention has provided that "the enjoyment and the exercise" of rights guaranteed by the Convention "shall not be subject to any formality." The prohibition against formalities is presently embodied in Article 5(2) of the Paris Text of the Berne Convention. Many countries continue to impose some form of deposit or registration requirement, albeit not as a condition of copyright. French law, for example, requires the deposit of copies of works in national repositories, principally the National Museum. Copies of books published in the United Kingdom must be deposited in the British Library. The German Copyright Act provides for a Registrar of Authors where the author's true name can be filed in the case of anonymous or pseudonymous works. Paul Goldstein, <i>International Intellectual Property Law, Cases and Materials</i> (New York: Foundation Press, 2001), 153-54. </note></endnote>  The Europeans are said to view copyright as a "natural right." Natural rights don't need forms to exist. Traditions, like the Anglo-American tradition that required copyright owners to follow form if their rights were to be protected, did not, the Europeans thought, properly respect the dignity of the author. My right as a creator turns on my creativity, not upon the special favor of the government.	
							</text>
						</object>
						<object id="1067">
							<ocn>1067</ocn>
							<text class="norm">	
								That's great rhetoric. It sounds wonderfully romantic. But it is absurd copyright policy. It is absurd especially for authors, because a world without formalities harms the creator. The ability to spread "Walt Disney creativity" is destroyed when there is no simple way to know what's protected and what's not.	
							</text>
						</object>
						<object id="1068">
							<ocn>1068</ocn>
							<text class="norm">	
								The fight against formalities achieved its first real victory in Berlin in 1908. International copyright lawyers amended the Berne Convention in 1908, to require copyright terms of life plus fifty years, as well as the abolition of copyright formalities. The formalities were hated because the stories of inadvertent loss were increasingly common. It was as if a Charles Dickens character ran all copyright offices, and the failure to dot an <i>i</i> or cross a <i>t</i> resulted in the loss of widows' only income.	
							</text>
						</object>
						<object id="1069">
							<ocn>1069</ocn>
							<text class="norm">	
								These complaints were real and sensible. And the strictness of the formalities, especially in the United States, was absurd. The law should always have ways of forgiving innocent mistakes. There is no reason copyright law couldn't, as well. Rather than abandoning formalities totally, the response in Berlin should have been to embrace a more equitable system of registration.	
							</text>
						</object>
						<object id="1070">
							<ocn>1070</ocn>
							<text class="norm">	
								Even that would have been resisted, however, because registration in the nineteenth and twentieth centuries was still expensive. It was also a hassle. The abolishment of formalities promised not only to save the starving widows, but also to lighten an unnecessary regulatory burden imposed upon creators.	
							</text>
						</object>
						<object id="1071">
							<ocn>1071</ocn>
							<text class="norm">	
								In addition to the practical complaint of authors in 1908, there was a moral claim as well. There was no reason that creative property should be a second-class form of property. If a carpenter builds a table, his rights over the table don't depend upon filing a form with the government. He has a property right over the table "naturally," and he can assert that right against anyone who would steal the table, whether or not he has informed the government of his ownership of the table.	
							</text>
						</object>
						<object id="1072">
							<ocn>1072</ocn>
							<text class="norm">	
								This argument is correct, but its implications are misleading. For the argument in favor of formalities does not depend upon creative property being second-class property. The argument in favor of formalities turns upon the special problems that creative property presents. The law of formalities responds to the special physics of creative property, to assure that it can be efficiently and fairly spread.	
							</text>
						</object>
						<object id="1073">
							<ocn>1073</ocn>
							<text class="norm">	
								No one thinks, for example, that land is second-class property just because you have to register a deed with a court if your sale of land is to be effective. And few would think a car is second-class property just because you must register the car with the state and tag it with a license. In both of those cases, everyone sees that there is an important reason to secure registration" both because it makes the markets more efficient and because it better secures the rights of the owner. Without a registration system for land, landowners would perpetually have to guard their property. With registration, they can simply point the police to a deed. Without a registration system for cars, auto theft would be much easier. With a registration system, the thief has a high burden to sell a stolen car. A slight burden is placed on the property owner, but those burdens produce a much better system of protection for property generally.	
							</text>
						</object>
						<object id="1074">
							<ocn>1074</ocn>
							<text class="norm">	
								It is similarly special physics that makes formalities important in copyright law. Unlike a carpenter's table, there's nothing in nature that makes it relatively obvious who might own a particular bit of creative property. A recording of Lyle Lovett's latest album can exist in a billion places without anything necessarily linking it back to a particular owner. And like a car, there's no way to buy and sell creative property with confidence unless there is some simple way to authenticate who is the author and what rights he has. Simple transactions are destroyed in a world without formalities. Complex, expensive, <i>lawyer</i> transactions take their place.	
							</text>
						</object>
						<object id="1075">
							<ocn>1075</ocn>
							<text class="norm">	
								This was the understanding of the problem with the Sonny Bono Act that we tried to demonstrate to the Court. This was the part it didn't "get." Because we live in a system without formalities, there is no way easily to build upon or use culture from our past. If copyright terms were, as Justice Story said they would be, "short," then this wouldn't matter much. For fourteen years, under the framers' system, a work would be presumptively controlled. After fourteen years, it would be presumptively uncontrolled.	
							</text>
						</object>
						<object id="1076">
							<ocn>1076</ocn>
							<text class="norm">	
								But now that copyrights can be just about a century long, the inability to know what is protected and what is not protected becomes a huge and obvious burden on the creative process. If the only way a library can offer an Internet exhibit about the New Deal is to hire a lawyer to clear the rights to every image and sound, then the copyright system is burdening creativity in a way that has never been seen before <i>because there are no formalities</i>.	
							</text>
						</object>
						<object id="1077">
							<ocn>1077</ocn>
							<text class="norm">	
								The Eldred Act was designed to respond to exactly this problem. If it is worth $1 to you, then register your work and you can get the longer term. Others will know how to contact you and, therefore, how to get your permission if they want to use your work. And you will get the benefit of an extended copyright term.	
							</text>
						</object>
						<object id="1078">
							<ocn>1078</ocn>
							<text class="norm">	
								If it isn't worth it to you to register to get the benefit of an extended term, then it shouldn't be worth it for the government to defend your monopoly over that work either. The work should pass into the public domain where anyone can copy it, or build archives with it, or create a movie based on it. It should become free if it is not worth $1 to you.	
							</text>
						</object>
						<object id="1079">
							<ocn>1079</ocn>
							<text class="norm">	
								Some worry about the burden on authors. Won't the burden of registering the work mean that the $1 is really misleading? Isn't the hassle worth more than $1? Isn't that the real problem with registration?	
							</text>
						</object>
						<object id="1080">
							<ocn>1080</ocn>
							<text class="norm">	
								It is. The hassle is terrible. The system that exists now is awful. I completely agree that the Copyright Office has done a terrible job (no doubt because they are terribly funded) in enabling simple and cheap registrations. Any real solution to the problem of formalities must address the real problem of <i>governments</i> standing at the core of any system of formalities. In this book, I offer such a solution. That solution essentially remakes the Copyright Office. For now, assume it was Amazon that ran the registration system. Assume it was one-click registration. The Eldred Act would propose a simple, one-click registration fifty years after a work was published. Based upon historical data, that system would move up to 98 percent of commercial work, commercial work that no longer had a commercial life, into the public domain within fifty years. What do you think?	
							</text>
						</object>
						<object id="1081">
							<ocn>1081</ocn>
							<text class="norm">	
								When Steve Forbes endorsed the idea, some in Washington began to pay attention. Many people contacted me pointing to representatives who might be willing to introduce the Eldred Act. And I had a few who directly suggested that they might be willing to take the first step.	
							</text>
						</object>
						<object id="1082">
							<ocn>1082</ocn>
							<text class="norm">	
								One representative, Zoe Lofgren of California, went so far as to get the bill drafted. The draft solved any problem with international law. It imposed the simplest requirement upon copyright owners possible. In May 2003, it looked as if the bill would be introduced. On May 16, I posted on the Eldred Act blog, "we are close." There was a general reaction in the blog community that something good might happen here.	
							</text>
						</object>
						<object id="1083">
							<ocn>1083</ocn>
							<text class="norm">	
								But at this stage, the lobbyists began to intervene. Jack Valenti and the MPAA general counsel came to the congresswoman's office to give the view of the MPAA. Aided by his lawyer, as Valenti told me, Valenti informed the congresswoman that the MPAA would oppose the Eldred Act. The reasons are embarrassingly thin. More importantly, their thinness shows something clear about what this debate is really about.	
							</text>
						</object>
						<object id="1084">
							<ocn>1084</ocn>
							<text class="norm">	
								The MPAA argued first that Congress had "firmly rejected the central concept in the proposed bill" - that copyrights be renewed. That was true, but irrelevant, as Congress's "firm rejection" had occurred long before the Internet made subsequent uses much more likely. Second, they argued that the proposal would harm poor copyright owners - apparently those who could not afford the $1 fee. Third, they argued that Congress had determined that extending a copyright term would encourage restoration work. Maybe in the case of the small percentage of work covered by copyright law that is still commercially valuable, but again this was irrelevant, as the proposal would not cut off the extended term unless the $1 fee was not paid. Fourth, the MPAA argued that the bill would impose "enormous" costs, since a registration system is not free. True enough, but those costs are certainly less than the costs of clearing the rights for a copyright whose owner is not known. Fifth, they worried about the risks if the copyright to a story underlying a film were to pass into the public domain. But what risk is that? If it is in the public domain, then the film is a valid derivative use.	
							</text>
						</object>
						<object id="1085">
							<ocn>1085</ocn>
							<text class="norm">	
								Finally, the MPAA argued that existing law enabled copyright owners to do this if they wanted. But the whole point is that there are thousands of copyright owners who don't even know they have a copyright to give. Whether they are free to give away their copyright or not - a controversial claim in any case - unless they know about a copyright, they're not likely to.	
							</text>
						</object>
						<object id="1086">
							<ocn>1086</ocn>
							<text class="norm">	
								At the beginning of this book, I told two stories about the law reacting to changes in technology. In the one, common sense prevailed. In the other, common sense was delayed. The difference between the two stories was the power of the opposition - the power of the side that fought to defend the status quo. In both cases, a new technology threatened old interests. But in only one case did those interest's have the power to protect themselves against this new competitive threat.	
							</text>
						</object>
						<object id="1087">
							<ocn>1087</ocn>
							<text class="norm">	
								I used these two cases as a way to frame the war that this book has been about. For here, too, a new technology is forcing the law to react. And here, too, we should ask, is the law following or resisting common sense? If common sense supports the law, what explains this common sense?	
							</text>
						</object>
						<object id="1088">
							<ocn>1088</ocn>
							<text class="norm">	
								When the issue is piracy, it is right for the law to back the copyright owners. The commercial piracy that I described is wrong and harmful, and the law should work to eliminate it. When the issue is p2p sharing, it is easy to understand why the law backs the owners still: Much of this sharing is wrong, even if much is harmless. When the issue is copyright terms for the Mickey Mouses of the world, it is possible still to understand why the law favors Hollywood: Most people don't recognize the reasons for limiting copyright terms; it is thus still possible to see good faith within the resistance.	
							</text>
						</object>
						<object id="1089">
							<ocn>1089</ocn>
							<text class="norm">	
								But when the copyright owners oppose a proposal such as the Eldred Act, then, finally, there is an example that lays bare the naked self-interest driving this war. This act would free an extraordinary range of content that is otherwise unused. It wouldn't interfere with any copyright owner's desire to exercise continued control over his content. It would simply liberate what Kevin Kelly calls the "Dark Content" that fills archives around the world. So when the warriors oppose a change like this, we should ask one simple question:	
							</text>
						</object>
						<object id="1090">
							<ocn>1090</ocn>
							<text class="norm">	
								What does this industry really want?	
							</text>
						</object>
						<object id="1091">
							<ocn>1091</ocn>
							<text class="norm">	
								With very little effort, the warriors could protect their content. So the effort to block something like the Eldred Act is not really about protecting <i>their</i> content. The effort to block the Eldred Act is an effort to assure that nothing more passes into the public domain. It is another step to assure that the public domain will never compete, that there will be no use of content that is not commercially controlled, and that there will be no commercial use of content that doesn't require <i>their</i> permission first.	
							</text>
						</object>
						<object id="1092">
							<ocn>1092</ocn>
							<text class="norm">	
								The opposition to the Eldred Act reveals how extreme the other side is. The most powerful and sexy and well loved of lobbies really has as its aim not the protection of "property" but the rejection of a tradition. Their aim is not simply to protect what is theirs. <i>Their aim is to assure that all there is is what is theirs</i>.	
							</text>
						</object>
						<object id="1093">
							<ocn>1093</ocn>
							<text class="norm">	
								It is not hard to understand why the warriors take this view. It is not hard to see why it would benefit them if the competition of the public domain tied to the Internet could somehow be quashed. Just as RCA feared the competition of FM, they fear the competition of a public domain connected to a public that now has the means to create with it and to share its own creation.	
							</text>
						</object>
						<object id="1094">
							<ocn>1094</ocn>
							<text class="norm">	
								What is hard to understand is why the public takes this view. It is as if the law made airplanes trespassers. The MPAA stands with the Causbys and demands that their remote and useless property rights be respected, so that these remote and forgotten copyright holders might block the progress of others.	
							</text>
						</object>
						<object id="1095">
							<ocn>1095</ocn>
							<text class="norm">	
								All this seems to follow easily from this untroubled acceptance of the "property" in intellectual property. Common sense supports it, and so long as it does, the assaults will rain down upon the technologies of the Internet. The consequence will be an increasing "permission society." The past can be cultivated only if you can identify the owner and gain permission to build upon his work. The future will be controlled by this dead (and often unfindable) hand of the past.	
							</text>
						</object>
					</content>
	</contents1>
	</heading2>
	<heading2>
		<heading>
			<object id="1096">
				<ocn>1096</ocn>
				<text class="heading_section_2">Conclusion</text>
			</object>
		</heading>
						<object id="1097">
							<ocn>1097</ocn>
							<text class="norm">	
								Plus de trente-cinq millions de personnes vivent avec le virus du sida de part le monde. Vingt-cinq millions d'entre elles sont en Afrique sub-saharienne. Dix-sept millions sont d&#233;j&#224; mortes. Dix-sept millions d'Africains, cela repr&#233;sente, en proportion de la population, sept millions d'Am&#233;ricains. Mais &#231; a fait surtout dix-sept millions d'Africains.	
							</text>
						</object>
						<object id="1098">
							<ocn>1098</ocn>
							<text class="norm">	
								Il n'y a pas de rem&#232;de contre le sida, mais il existe des m&#233;dicaments qui ralentissent sa progression. Ces th&#233;rapies antir&#233;trovirales sont encore exp&#233;rimentales, mais elles ont eu un effet radical. Aux Etats-Unis, les malades du sida qui prennent r&#233;guli&#232;rement un cocktail de ces m&#233;dicaments augmentent leur esp&#233;rance de vie de dix &#224; vingt ans. Pour certains, les m&#233;dicaments rendent la maladie presque invisible.	
							</text>
						</object>
						<object id="1099">
							<ocn>1099</ocn>
							<text class="norm">	
								Ces m&#233;dicaments co&#252;tent cher. Quand ils furent mis sur le march&#233; aux Etats-Unis, ils co&#252;taient entre 10.000 et 15.000 dollars par personne et par an. Aujourd'hui, certains co&#252;tent 25.000 dollars par an. A ces prix, bien s&#252;r, aucun pays d'Afrique ne peut offrir ces m&#233;dicaments &#224; la grande majorit&#233; de sa population: 15.000 dollars, c'est trente fois le PNB par habitant du Zimbabwe. A ce prix, les m&#233;dicaments sont compl&#232;tement inaccessibles.1	
							</text>
						</object>
						<object id="1100">
							<ocn>1100</ocn>
							<text class="norm">	
								Ces prix ne sont pas &#233; lev&#233;s parce que les ingr&#233;dients des m&#233;dicaments co&#252;tent cher. Ils sont &#233; lev&#233;s parce que les m&#233;dicaments sont prot&#233;g&#233;s par des brevets. Les entreprises pharmaceutiques qui produisent ces mixtures salvatrices jouissent d'un monopole d'au moins vingt ann&#233;es sur leurs inventions. Elles utilisent ce monopole afin de gagner le plus d'argent possible. Ce pouvoir leur sert &#224; maintenir des prix &#233; lev&#233;s.	
							</text>
						</object>
						<object id="1101">
							<ocn>1101</ocn>
							<text class="norm">	
								Beaucoup de gens sont sceptiques au sujet des brevets, en particulier des brevets sur les m&#233;dicaments. Je ne le suis pas. En effet, de tous les domaines de recherche qui pourraient b&#233;n&#233;ficier des brevets, la recherche de m&#233;dicaments est, &#224; mon avis, celui qui en a le plus clairement besoin. Les brevets donnent &#224; une entreprise pharmaceutique la garantie que si elle invente un nouveau m&#233;dicament qui soigne une maladie de fa&#231;on efficace, elle sera capable de revenir sur son investissement, et m&#234;me de gagner plus. C'est une incitation extr&#234;mement utile. Je serais la derni&#232;re personne &#224; r&#233;clamer que la loi les abolisse, du moins sans rien changer d'autre.	
							</text>
						</object>
						<object id="1102">
							<ocn>1102</ocn>
							<text class="norm">	
								Mais c'est une chose que d'&#234;tre en faveur des brevets, m&#234;me des brevets sur les m&#233;dicaments. C'en est une autre que de savoir comment g&#233;rer au mieux une crise. Et quand les dirigeants africains commenc&#232;rent &#224; comprendre quelle d&#233;vastation le sida apportait, ils cherch&#232;rent des moyens d'importer des traitements contre le VIH &#224; un co&#252;t tr&#232;s inf&#233;rieur aux prix du march&#233;.	
							</text>
						</object>
						<object id="1103">
							<ocn>1103</ocn>
							<text class="norm">	
								En 1997, l'Afrique du Sud tenta une parade. Elle autorisa l'importation de m&#233;dicaments brevet&#233;s qui avaient &#233; t&#233; produits ou mis sur le march&#233; d'un autre pays avec l'accord du d&#233;tenteur de copyright. Par exemple, si un m&#233;dicament &#233; tait vendu en Inde, il pouvait &#234; tre export&#233; d'Inde vers l'Afrique. Ceci est appel&#233; "importation parall&#232;le", et est en g&#233;n&#233;ral autoris&#233; par les lois du commerce international, et est specifiquement autoris&#233; &#224; l'int&#233;rieur de l'Union Europ&#233;enne.2	
							</text>
						</object>
						<object id="1104">
							<ocn>1104</ocn>
							<text class="norm">	
								Cependant les Etats-Unis s'oppos&#232;rent &#224; cette loi. Et c'est le moins qu'on puisse dire. Comme le rapporte l'Association Internationale de la Propriet&#233; Intellectuelle, "Le gouvernement U.S. pressa l'Afrique du Sud... de ne pas autoriser les licences contraignantes, ou bien les importations parall&#232;les."3 Par l'interm&#233;diaire du Bureau des Representants de Commerce des Etats Unis (USTR), le gouvernement demanda &#224; l'Afrique du Sud de changer sa loi-- et pour ajouter de la pression &#224; cette demande, en 1998 le USTR d&#233;signa l'Afrique du Sud pour d'&#233;ventuelles sanctions commerciales. La m&#234;me ann&#233;e, plus de quarante compagnies pharmaceutiques entam&#232;rent des proc&#232;s dans les tribunaux sud-africains, pour remettre en question la politique du gouvernement. Les Etats-Unis furent ensuite rejoints par d'autres gouvernements de l'Union Europ&#233;enne. Leur argument, et l'argument des compagnies pharmaceutiques, &#233; tait que l'Afrique du Sud manquait &#224; ses obligations selon la loi internationale, en ne respectant pas les brevets pharmaceutiques. La demande de ces gouvernements, Etats-Unis en t&#234;te, &#233; tait que l'Afrique du Sud respect&#226;t ces brevets, tout comme elle respectait les autres types de brevets, nonobstant toute cons&#233;quence sur le traitement du sida en Afrique du Sud.4	
							</text>
						</object>
						<object id="1105">
							<ocn>1105</ocn>
							<text class="norm">	
								Nous devrions replacer l'intervention des Etats-Unis dans son contexte. Il ne fait aucun doute que les brevets ne sont pas la raison principale pour laquelle les Africains n'ont pas acc&#232;s aux m&#233;dicaments. La pauvret&#233;, et l'absence totale d'infrastructure m&#233;dicale sont plus importants. Mais que les brevets soient ou non la raison principale, le prix des m&#233;dicaments a un effet sur la demande, et les brevets ont un effet sur leur prix. Ainsi donc, l'intervention de notre gouvernement a contribu&#233; &#224; stopper l'afflux de m&#233;dicaments en Afrique, que son effet soit marginal ou non.	
							</text>
						</object>
						<object id="1106">
							<ocn>1106</ocn>
							<text class="norm">	
								En stoppant le flux de m&#233;dicaments contre le sida vers l'Afrique, le gouvernement des Etats-Unis n'a pas mis de c&#244;t&#233; ces m&#233;dicaments, pour les r&#233;server &#224; ses propres citoyens. Ce n'est pas comme pour du grain (ce qu'ils mangent n'est plus pour nous). Au contraire, le flux que les Etats-Unis ont stopp&#233; &#233; tait, de fait, un flux de connaissance: savoir comment, &#224; partir de mati&#232;res premi&#232;res qui existent en Afrique, synth&#233;tiser des m&#233;dicaments qui sauveraient 15 &#224; 30 millions de vies.	
							</text>
						</object>
						<object id="1107">
							<ocn>1107</ocn>
							<text class="norm">	
								L'intervention des Etats-Unis n'a pas non plus servi &#224; prot&#233;ger les profits des compagnies pharmaceutiques am&#233;ricaines-- du moins, pas significativement. Ces pays &#233; taient loin de pouvoir acheter leurs m&#233;dicaments &#224; ces compagnies, au prix o&#250; ils &#233; taient vendus. Une fois de plus, les Africains sont bien trop pauvres pour pouvoir se payer ces m&#233;dicaments aux prix propos&#233;s. Stopper les importations parall&#232;les de ces m&#233;dicaments ne servait pas &#224; augmenter les ventes des compagnies U.S.	
							</text>
						</object>
						<object id="1108">
							<ocn>1108</ocn>
							<text class="norm">	
								Non, l'argument en faveur d'une restriction de ce flux d'information, qui &#233; tait n&#233;cessaire pour sauver des millions de vies, concernait l'intouchabilit&#233; de la propri&#233;t&#233;.5 C'est parce que la "propri&#233;t&#233; intellectuelle" aurait &#233; t&#233; viol&#233;e que ces m&#233;dicaments ne devaient pas aller en Afrique. C'est un principe concernant l'importance de la "propri&#233;t&#233; intellectuelle" qui a conduit ces gouvernants &#224; intervenir contre la politique anti-sida de l'Afrique du Sud.	
							</text>
						</object>
						<object id="1109">
							<ocn>1109</ocn>
							<text class="norm">	
								Prenons un peu de recul maintenant. D'ici une tentaine d'ann&#233;es, nos enfants nous demanderont comment nous avons pu laisser faire une chose pareille. Comment avons-nous pu autoriser une politique dont la cons&#233;quence directe a &#233; t&#233; d'acc&#233;l&#233;rer la mort de 15 &#224; 30 millions d'Africains, et dont le v&#233;ritable b&#233;n&#233;fice a &#233; t&#233; d'affirmer l'"intouchabilit&#233;" d'une id&#233;e? Quelle justification possible pouvait-il y avoir &#224; une politique qui a provoqu&#233; tant de morts? Quelle est cette folie qui a laiss&#233; mourir tant de gens au nom d'une abstraction?	
							</text>
						</object>
						<object id="1110">
							<ocn>1110</ocn>
							<text class="norm">	
								Certains accusent les compagnies pharmaceutiques. Pas moi. Ce sont des entreprises. Leurs dirigeants ont l'obligation l&#233;gale de faire des b&#233;n&#233;fices. Ils mettent en avant une certaine politique des brevets, non pas par id&#233;al, mais parce que c'est la politique qui leur permet de gagner le plus d'argent. Et si cette politique est celle qui leur rapporte le plus d'argent, c'est uniquemnent &#224; cause d'une certaine corruption de notre syst&#232;me politique-- une corruption dont les compagnies pharmaceutiques ne sont certainement pas responsables.	
							</text>
						</object>
						<object id="1111">
							<ocn>1111</ocn>
							<text class="norm">	
								Cette corruption est le manque d'int&#233;grit&#233; de nos propres politiciens. En effet les compagnies pharmaceutiques aimeraient beaucoup, disent-elles, et je les crois, vendre leurs m&#233;dicaments aussi bon march&#233; que possible &#224; certains pays pays d'Afrique ou d'ailleurs. Bien s&#252;r elles auraient quelques probl&#232;mes &#224; r&#233;soudre, pour s'assurer que ces m&#233;dicaments ne soient pas remis sur le march&#233; aux Etats-Unis, ces probl&#232;mes sont d'ordre techniques. Ils peuvent &#234; tre surmont&#233;s.	
							</text>
						</object>
						<object id="1112">
							<ocn>1112</ocn>
							<text class="norm">	
								Cependant, un probl&#232;me diff&#233;rent ne pourrait pas &#234; tre &#233; vit&#233;. C'est la peur qu'un politicien d&#233;magogue n'interpelle les pr&#233;sidents des compagnies pharmaceutiques devant le S&#233;nat ou la Chambre des Repr&#233;sentants, et ne demande: "Comment se fait-il que vous puissiez vendre ce m&#233;dicament antisida pour un dollar le comprim&#233; en Afrique, et que le m&#234;me m&#233;dicament co&#252;te 1.500 dollars &#224; un Am&#233;ricain?" Parce qu'il n'y a pas de r&#233;ponse simple &#224; cette question, son effet serait d'induire une r&#233;gulation des prix en Am&#233;rique. Les compagnies pharmaceutiques &#233; vitent d'entrer dans cette spirale. Elles renforcent l'id&#233;e que la propri&#233;t&#233; doit &#234; tre sacr&#233;e. Elles adoptent une strat&#233;gie rationnelle dans un contexte irrationnel, et dont la cons&#233;quence involontaire est peut-&#234;tre la mort de millions de personnes. Et au final cette strat&#233;gie rationnelle se cache derri&#232;re un id&#233;al: l'intouchabilit&#233; d'une id&#233;e appel&#233;e "propri&#233;t&#233; intellectuelle".	
							</text>
						</object>
						<object id="1113">
							<ocn>1113</ocn>
							<text class="norm">	
								Donc, quand le sens commun de vos enfants vous interrogera, que direz vous? Quand le sens commun de toute une g&#233;n&#233;ration finira par se se r&#233;volter contre ce que nous avons fait, comment pourrons-nous le justifier? Par quel argument?	
							</text>
						</object>
						<object id="1114">
							<ocn>1114</ocn>
							<text class="norm">	
								Une politique raisonnable en mati&#232;re de brevets pourrait endosser et soutenir le syst&#232;me de brevets, sans pour autant atteindre tout le monde en tout endroit de la m&#234;me mani&#232;re. De m&#234;me qu'une politique raisonnable en mati&#232;re de droit d'auteur pourrait endosser et soutenir un syst&#232;me de droits sans devoir r&#233;guler la diffusion de la culture de mani&#232;re parfaite et immuable, une politique raisonnable en mati&#232;re de brevets pourrait endosser et soutenir un syst&#232;me de brevets sans n&#233;cessairement bloquer la diffusion de m&#233;dicaments dans des pays trop pauvres pour jamais pouvoir les acheter aux prix du march&#233;. Une politique raisonnable, en d'autres termes, serait une politique &#233; quilibr&#233;e. Pour l'essentiel de notre histoire, nos politiques en mati&#232;res de droit d'auteur et de brevets ont justement &#233; t&#233; &#233; quilibr&#233;es en ce sens.	
							</text>
						</object>
						<object id="1115">
							<ocn>1115</ocn>
							<text class="norm">	
								Mais nous avons, en tant que culture, perdu ce sens de la mesure. Nous avons perdu le regard critique qui nous aide &#224; voir ce qui s&#233;pare la v&#233;rit&#233; de l'extr&#233;misme. Un certain fondamentalisme de la propri&#233;t&#233;, qui n'a aucun lien avec notre tradition, r&#232;gne maintenant dans la culture -- de mani&#232;re incongrue, et avec des cons&#233;quences autrement plus s&#233;rieuses pour la circulation des id&#233;es et de la culture que presque toute les d&#233;cisions politiques que nous pouvons prendre en tant que d&#233;mocratie.	
							</text>
						</object>
						<object id="1116">
							<ocn>1116</ocn>
							<text class="norm">	
								Une id&#233;e simple nous aveugle, et &#224; la faveur de l'obscurit&#233;, beaucoup de choses se passent que nous rejetterions si nous les voyions. Nous prenons si peu de recul pour accepter l'id&#233;e de propri&#233;t&#233; des id&#233;es que nous ne remarquons pas &#224; quel point il est monstrueux de refuser leur b&#233;n&#233;fice &#224; un peuple qui meurt. Nous prenons si peu de recul pour accepter l'id&#233;e de propri&#233;t&#233; culturelle que nous ne nous interrogeons m&#234;me pas lorsque le contr&#244;le de cette propri&#233;t&#233; nous emp&#234;che, en tant que peuple, de d&#233;velopper notre culture d&#233;mocratiquement. La c&#233;cit&#233; devient notre sens commun. Et le d&#233;fi &#224; relever pour quiconque voudrait restaurer notre droit &#224; d&#233;velopper une culture est de trouver le moyen de faire ouvrir les yeux &#224; ce sens commun.	
							</text>
						</object>
						<object id="1117">
							<ocn>1117</ocn>
							<text class="norm">	
								Jusqu'ici, le sens commun sommeille. Il n'y a pas de r&#233;volte. Le sens commun ne voit m&#234;me pas pourquoi se r&#233;volter. L'extr&#234;misme qui domine ce d&#233;bat maintenant trouve &#233; cho dans des id&#233;es qui paraissent naturelles, et cette &#233; cho est amplifi&#233; par les RCA d'aujourd'hui. Ils m&#232;nent une guerre fanatique contre le "piratage", et d&#233;vastent une culture au nom de la cr&#233;ativit&#233;. Ils d&#233;fendent l'id&#233;e de "propri&#233;t&#233; cr&#233;atrice", en transformant les v&#233;ritables cr&#233;ateurs en paysans sans terre des temps modernes. Ils sont choqu&#233;s par l'id&#233;e que leurs droits puissent &#234; tre &#233; quilibr&#233;s, alors m&#234;me que les acteurs principaux de cette guerre du contenu ont profit&#233; d'un contexte plus &#233; quilibr&#233;. &#199; a sent l'hypocrisie. Mais m&#234;me dans une ville comme Washington, l'hypocrisie passe inaper&#231;ue. Des lobbys puissants, des probl&#232;mes complexes, et une facult&#233; d'attention digne de MTV, produisent une "temp&#234;te parfaite" pour la culture libre.	
							</text>
						</object>
						<object id="1118">
							<ocn>1118</ocn>
							<text class="norm">	
								En ao&#252;t 2003, une dispute &#233; clata aux Etats-Unis au sujet d'une d&#233;cision de l'Organisation Mondiale de la Propri&#233;t&#233; Intellectuelle d'annuler une conf&#233;rence.6 A la demande d'int&#233;r&#234;ts divers, l'OMPI avait d&#233;cid&#233; d'organiser un s&#233;minaire sur les "projets ouverts et collaboratifs pour cr&#233;er des biens publics". C'est le type de projets qui a r&#233;ussi &#224; produire des biens publics sans s'appuyer sur un usage uniquement propri&#233;taire de la propri&#233;t&#233; intellectuelle. Internet et le Web en sont des exemples, tous deux ont &#233; t&#233; d&#233;velopp&#233;s &#224; partir de protocoles du domaine public. Une mouvement nouveau visant &#224; d&#233;velopper des journaux acad&#233;miques ouverts, comme le projet Public Library of Science d&#233;crit dans la postface, en faisait partie. De m&#234;me qu'un projet pour recenser les Single Nucleotide Polymorphisms (SNP), dont l'importance pour la recherche biom&#233;dicale est tenue pour cruciale. (Ce projet non-commercial comprenait un consortium rassemblant le Wellcome Trust et des compagnies pharmaceutiques et technologiques, dont Amersham Biosciences, AstraZeneca, Aventis, Bayer, Bristol-Myers Squibb, Hoffmann-La Roche, Glaxo-SmithKline, IBM, Motorola, Novartis, Pfizer, and Searle.) Le Global Positioning System, que Ronald Reagan avait rendu libre au d&#233;but des ann&#233;es 1980, en faisait partie. De m&#234;me que les "logiciels libres et open-source".	
							</text>
						</object>
						<object id="1119">
							<ocn>1119</ocn>
							<text class="norm">	
								Le but de la conf&#233;rence &#233; tait de consid&#233;rer ces projets divers &#224; la lumi&#232;re d'un aspect commun: &#224; savoir qu'aucun de ces projets n'&#233;tait li&#233; &#224; cet extr&#233;misme de la propri&#233;t&#233; intellectuelle. Au lieu de quoi, dans chacun d'entre eux, la propri&#233;t&#233; intellectuelle &#233; tait &#233; quilibr&#233;e par des accords visant &#224; maintenir un acc&#232;s ouvert, ou &#224; limiter les appropriations possibles.	
							</text>
						</object>
						<object id="1120">
							<ocn>1120</ocn>
							<text class="norm">	
								Du point de vue de ce livre, donc, la conf&#233;rence &#233; tait id&#233;ale.7 Parmi les projets &#224; l'ordre du jour, on comptait &#224; la fois des travaux commerciaux et non-commerciaux. Ils s'occupaient essentiellement de science, mais avec diff&#233;rents points de vue. Et l'OMPI &#233; tait un h&#244;te id&#233;al pour cette discussion, puisque c'est l'organisme international pr&#233;eminent qui s'occupe des probl&#232;mes de propri&#233;t&#233; intellectuelle.	
							</text>
						</object>
						<object id="1121">
							<ocn>1121</ocn>
							<text class="norm">	
								En effet, il m'est arriv&#233; d'&#234;tre raill&#233; en public pour ne pas avoir reconnu ce r&#244;le &#224; l'OMPI. En f&#233;vrier 2003, j'ai donn&#233; un discours &#224; une conf&#233;rence pr&#233;paratoire du Sommet Mondial sur la Soci&#233;t&#233; de l'Information (WSIS). Au cours d'une conf&#233;rence de presse qui pr&#233;c&#233;dait mon discours, on me demanda ce que j'allais dire. Je r&#233;pondis que j'allais parler un peu de l'importance d'&#233;quilibrer la propri&#233;t&#233; intellectuelle pour le d&#233;veloppement de la soci&#233;t&#233; de l'information. La mod&#233;ratrice m'interrompit brusquement, pour m'informer ainsi que les journalistes pr&#233;sents, qu'aucune question relative &#224; la propri&#233;t&#233; intellectuelle ne serait discut&#233;e au WSIS, car ces questions &#233; taient du ressort exclusif de l'OMPI. Dans le discours que j'avais pr&#233;par&#233;, j'avais fait de la propri&#233;t&#233; intellectuelle un th&#232;me relativement mineur. Mais apr&#232;s cette d&#233;claration &#233; tonnante, je fis de la propri&#233;t&#233; intellectuelle l'unique sujet de mon discours. Il n'&#233;tait pas possible de parler d'une "Soci&#233;t&#233; de l'Information" sans parler aussi de la partie de l'information et de la culture qui serait libre. Mon discours ne rendit pas tr&#232;s heureuse mon immodeste mod&#233;ratrice. Et il ne fait aucun doute qu'elle avait raison de penser que la protection de la propri&#233;t&#233; intellectuelle &#233; tait en principe du ressort de l'OMPI. Mais &#224; mon avis, il ne saurait y avoir trop de conversations au sujet de la quantit&#233; de propri&#233;t&#233; intellectuelle dont nous avons besoin. Car &#224; mon avis, l'id&#233;e m&#234;me d'&#233;quilibre de la propri&#233;t&#233; intellectuelle s'est perdue.	
							</text>
						</object>
						<object id="1122">
							<ocn>1122</ocn>
							<text class="norm">	
								Ainsi donc, que WSIS fut ou non l'endroit pour discuter d'&#233;quilibrer la propri&#233;t&#233; intellectuelle, j'avais pens&#233; qu'il &#233; tait certain que l'OMPI l'&#233;tait. Et la conf&#233;rence sur les "projets ouverts et collaboratifs pour cr&#233;er des biens publics" semblait convenir parfaitement &#224; l'agenda de l'OMPI.	
							</text>
						</object>
						<object id="1123">
							<ocn>1123</ocn>
							<text class="norm">	
								Mais il y a un projet dans cette liste qui est tr&#232;s controvers&#233;, du moins parmi les lobbyistes. Il s'agit du projet "logiciels libres et open-source". Microsoft, en particulier, prend soin d'&#233;viter toute discussion sur le sujet. De leur point de vue, une conf&#233;rence pour discuter de logiciels libres et open-source serait comme une conf&#233;rence pour discuter du syst&#232;me d'exploitation d'Apple. Les logiciels libres et open-source sont en comp&#233;tition avec ceux de Microsoft. Et &#224; l'international, beaucoup de gouvernements ont commenc&#233; &#224; tester l'obligation, pour leurs propres administrations, d'utiliser des logiciels libres ou open-source, plut&#244;t que des "logiciels propri&#233;taires".	
							</text>
						</object>
						<object id="1124">
							<ocn>1124</ocn>
							<text class="norm">	
								Je ne veux pas entrer dans ce d&#233;bat ici. Qu'il me suffise de pr&#233;ciser que la diff&#233;rence n'est pas entre logiciel commercial et non-commercial. Il y a beaucoup d'entreprises de premier plan qui d&#233;pendent fondamentalement du logiciel libre et open-source, IBM &#233; tant la plus en vue. IBM d&#233;place de plus en plus son activit&#233; vers le syst&#232;me GNU/Linux, le "logiciel libre" le plus c&#233;l&#232;bre--et IBM est &#233; videmment une entit&#233; commerciale. Ainsi, soutenir le "logiciel libre et open-source" n'est pas s'opposer aux entit&#233;s commerciales. C'est au contraire soutenir un mod&#232;le de d&#233;veloppement logiciel diff&#233;rent de celui de Microsoft.8	
							</text>
						</object>
						<object id="1125">
							<ocn>1125</ocn>
							<text class="norm">	
								Plus important pour le sujet qui nous occupe, soutenir le "logiciel libre et open-source" n'est pas s'opposer au copyright. Les "logiciels libres et open-source" ne sont pas dans le domaine public. Au contraire, comme les logiciels de Microsoft, les d&#233;tenteurs de copyright de logiciels libres et open-source insistent fortement pour que les termes de leurs licenses soient respect&#233;s par leurs utilisateurs. Ces termes sont evidemment diff&#233;rents de ceux d'une license de logiciel propri&#233;taire. Par exemple, un logiciel libre sous la G&#233;n&#233;ral Public Licence (GPL) requiert que le code source du logiciel soit rendu public par quiconque le modifie et le redistribue. Mais cette contrainte n'est effective que si le copyright est respect&#233;. Sinon, le logiciel libre ne pourrait pas imposer ce genre de contraintes &#224; ses utilisateurs. Il d&#233;pend donc des lois sur le droit d'auteur, au m&#234;me titre que Microsoft.	
							</text>
						</object>
						<object id="1126">
							<ocn>1126</ocn>
							<text class="norm">	
								Il est donc compr&#233;hensible qu'en tant que d&#233;veloppeur de logiciels, Microsoft se soit oppos&#233; &#224; cette conf&#233;rence de l'OMPI, et compr&#233;hensible qu'il utilise ses lobbyistes pour pousser le gouvernement des Etats-Unis &#224; s'y opposer aussi. Et en effet, c'est exactement ce qui s'est pass&#233;, semble-t'il. Selon Jonathan Krim du Washington Post, les lobbyistes de Microsoft r&#233;ussirent &#224; faire que le gouvernement des Etats-Unis s'oppose &#224; la conf&#233;rence.9 Et sans soutien des U.S., la conf&#233;rence fut annul&#233;e.	
							</text>
						</object>
						<object id="1127">
							<ocn>1127</ocn>
							<text class="norm">	
								Je ne bl&#226;me pas Microsoft de faire ce qu'il peut pour servir ses propres int&#233;r&#234;ts, dans le respect de la loi. Et il est tout a fait l&#233;gal de faire du lobbying aupr&#232;s du gouvernement. Il n'y a rien de surprenant qu'ils en fassent ici, et rien non plus de tr&#232;s surprenant &#224; ce que l'&#233;diteur de logiciels le plus puisant des Etats-Unis ait du succ&#232;s dans ses efforts de lobbying.	
							</text>
						</object>
						<object id="1128">
							<ocn>1128</ocn>
							<text class="norm">	
								Ce qui est surprenant a &#233; t&#233; la raison avanc&#233;e par le gouvernement des Etats-Unis pour s'opposer &#224; la conf&#233;rence. Comme le rapporte &#224; nouveau Krim, Lois Boland, le directeur des relations internationales du bureau am&#233;ricain des brevets et des marques, expliqua que "le logiciel open source va &#224; l'encontre de la mission de l'OMPI, qui est de promouvoir les droits de propri&#233;t&#233; intellectuelle." Elle est ci&#233;e disant: "Organiser une conf&#233;rence dont le but est de contester ou de relaxer ces droits semble contraire &#224; la mission de l'OMPI."	
							</text>
						</object>
						<object id="1129">
							<ocn>1129</ocn>
							<text class="norm">	
								Ces affirmations sont &#233; tonnantes &#224; bien des &#233; gards.	
							</text>
						</object>
						<object id="1130">
							<ocn>1130</ocn>
							<text class="norm">	
								Premi&#232;rement, elles sont tout simplement fausses. Comme je l'ai expliqu&#233;, la plupart des logiciels open source et libres reposent sur cette propri&#233;t&#233; intellectuelle appel&#233;e "copyright". Sans elle, les restrictions impos&#233;es par ces licences ne marcheraient pas. Par cons&#233;quent, dire qu'il va "&#224; l'encontre" de la mission de promotion des droits de propri&#233;t&#233; intellectuelle r&#233;v&#232;le une faille extraordinaire de raisonnement-- le genre d'erreur qui est excusable chez un &#233; tudiant de premi&#232;re ann&#233;e en droit, mais embarasse quand elle est commise par un haut officiel du gouvernement, charg&#233; de s'occuper des questions de propri&#233;t&#233; intellectuelle.	
							</text>
						</object>
						<object id="1131">
							<ocn>1131</ocn>
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								Deuxi&#232;mement, qui a dit que la mission exclusive de l'OMPI &#233; tait de "promouvoir" la propri&#233;t&#233; intellectuelle sous sa forme maximale? Comme on me l'a rappel&#233; lors de cette conf&#233;rence pr&#233;paratoire du sommet WSIS, le but de l'OMPI n'est pas seulement de trouver comment prot&#233;ger au mieux la propri&#233;t&#233; intellectuelle, mais aussi de trouver quel est le meilleur &#233; quilibre pour cette propri&#233;t&#233; intellectuelle. Comme le sait n'importe &#233; conomiste ou juriste, la vraie question pour la loi sur la propri&#233;t&#233; intellectuelle est de trouver cet &#233; quilibre. Mais le fait qu'il doit y avoir des limites est, je croyais, incontest&#233;. Il faudrait demander &#224; Mme Boland si les m&#233;dicaments g&#233;n&#233;riques (des m&#233;dicaments qui en imitent d'autres dont les brevets ont expir&#233;) sont contraires &#224; la mission de l'OMPI. Le domaine public affaiblit-il la propri&#233;t&#233; intellectuelle? Aurait-il mieux valu que les protocoles d'Internet fussent brevet&#233;s?	
							</text>
						</object>
						<object id="1132">
							<ocn>1132</ocn>
							<text class="norm">	
								Troisi&#232;mement, m&#234;me si l'on croit que la mission de l'OMPI est de maximiser les droits de propri&#233;t&#233; intellectuelle, dans notre tradition ces droits sont d&#233;tenus par des individus et des corporations. Ils ont le loisir de d&#233;cider quoi faire de ces droits parce que, encore une fois, ce sont leurs droits. Si ils choisissent de "donner" ou de "renoncer &#224; " ces droits, c'est parfaitement en accord avec notre tradition. Quand Bill Gates donne plus de 20 milliards de dollars &#224; des oeuvres de bienfaisance, ca n'est pas en contradiction avec les objectifs du syst&#232;me de propri&#233;t&#233;. C'est, bien au contraire, pr&#233;cis&#233;ment ce qu'un syst&#232;me de propri&#233;t&#233; est cens&#233; permettre: donner aux individus le droit de d&#233;cider quoi faire de leur propri&#233;t&#233;.	
							</text>
						</object>
						<object id="1133">
							<ocn>1133</ocn>
							<text class="norm">	
								Quand Mme Boland dit qu'il y a un probl&#232;me avec une conf&#233;rence "dont le but est de donner ou de renoncer &#224; ces droits", elle dit que l'OMPI cherche &#224; interf&#233;rer avec les choix des individus qui d&#233;tiennent des droits de propri&#233;t&#233; intellectuelle. Que d'une mani&#232;re ou d'une autre, le but de l'OMPI devrait &#234; tre d'emp&#234;cher les gens de "donner" ou de "renoncer" &#224; leurs droits de propri&#233;t&#233; intellectuelle. Que l'OMPI souhaite non seulement que les droits de propri&#233;t&#233; intellectuelle soient maximis&#233;s, mais aussi qu'ils soient exerc&#233;s de la mani&#232;re la plus extr&#234;me et la plus restrictive possible.	
							</text>
						</object>
						<object id="1134">
							<ocn>1134</ocn>
							<text class="norm">	
								Un tel syst&#232;me de propri&#233;t&#233; existe dans l'Histoire, et est bien connu de la tradition Anglo-Am&#233;ricaine. Il est appel&#233; "f&#233;odalisme". Sous ce syst&#232;me, non seulement la propri&#233;t&#233; &#233; tait d&#233;tenue par un nombre relativement restreint d'individus et d'entit&#233;s, et non seulement les droits qui administraient cette propri&#233;t&#233; &#233; taient puissants et exhaustifs, mais le syst&#232;me lui-m&#234;me avait fortement int&#233;r&#234;t &#224; assurer que les propri&#233;taires n'affaiblissent pas le syt&#232;me, en lib&#233;rant des individus ou des propri&#233;t&#233;s qui &#233; tait sous leur contr&#244;le, pour les rendre au march&#233; libre. Le f&#233;odalisme d&#233;pendait d'un contr&#244;le maximal et d'une concentration maximale. Il combattait toute libert&#233; qui aurait pu interf&#233;rer avec ce contr&#244;le.	
							</text>
						</object>
						<object id="1135">
							<ocn>1135</ocn>
							<text class="norm">	
								Comme le rapportent Peter Drahos et John Braithwaite, c'est pr&#233;cis&#233;ment le choix que nous sommes en train de faire au sujet de la propri&#233;t&#233; intellectuelle.10 Nous aurons une soci&#233;t&#233; de l'information. C'est certain. Notre seul choix maintenant est entre une soci&#233;t&#233; de l'information libre et une f&#233;odale. Nous nous dirigeons vers une soci&#233;t&#233; de l'information f&#233;odale.	
							</text>
						</object>
						<object id="1136">
							<ocn>1136</ocn>
							<text class="norm">	
								Lorsque cette battaille a &#233; clat&#233;, j'en ai parl&#233; sur mon blog. Un d&#233;bat int&#233;ressant s'en est suivi dans la partie reserv&#233;e aux commentaires. Mme Boland avait un certain nombre d'adh&#233;rents qui tent&#232;rent de montrer pourquoi elle avait raison. Mais il y eut un commentaire qui fut particuli&#232;rement d&#233;primant pour moi. Un auteur anonyme &#233; crivit:	
							</text>
						</object>
						<object id="1137">
							<ocn>1137</ocn>
							<text class="norm">	
								George, vous avez mal compris Lessig: Il ne parle que du monde tel qu'il devrait &#234; tre ("le but de l'OMPI, et le but de tout gouvernement, devrait &#234; tre de promouvoir un bon &#233; quilibre des droits de propri&#233;t&#233; intellectuelle, pas simplement de promouvoir ces droits"), et non tel qu'il est. Si nous parlions du monde tel qu'il est, alors bien s&#252;r Boland n'a rien dit de faux. Mais dans le monde r&#234;v&#233; de Lessig, bien s&#252;r elle a tort. Toujours prendre garde &#224; la diff&#233;rence entre le monde de Lessig et le n&#244;tre.	
							</text>
						</object>
						<object id="1138">
							<ocn>1138</ocn>
							<text class="norm">	
								Je n'ai pas saisi l'ironie du message la premi&#232;re fois que je l'ai lu. Je l'ai lu rapidement, et j'ai cru que l'auteur d&#233;fendait l'id&#233;e que notre gouvernement devrait rechercher l'&#233;quilibre. (Bien s&#252;r, ma critique de Mme Boland ne concernait pas le fait qu'elle cherche un &#233; quilibre ou non; ma critique &#233; tait que ses commentaires trahissaient une erreur digne d'un &#233; tudiant en droit de premi&#232;re ann&#233;e. Je ne me fais pas d'illusions sur l'extr&#234;misme de notre gouvernement, qu'il soit R&#233;publicain ou D&#233;mocrate. Ma seule illusion, semble-t-il, concerne le fait que notre gouvernement doive ou non dire la v&#233;rit&#233;).	
							</text>
						</object>
						<object id="1139">
							<ocn>1139</ocn>
							<text class="norm">	
								Evidemment, ce n'&#233;tait pas l'id&#233;e que d&#233;fendait l'auteur. Au contraire, il ridiculisait l'id&#233;e m&#234;me que dans le monde r&#233;el, le "but" d'un gouvernement puisse &#234; tre de "promouvoir un bon &#233; quilibre" de la propri&#233;t&#233; intellectuelle. Cette id&#233;e lui semblait &#233; videmment idiote. Et elle trahissait, selon lui, mon propre utopisme idiot. "Typique pour un universitaire", aurait-il pu ajouter.	
							</text>
						</object>
						<object id="1140">
							<ocn>1140</ocn>
							<text class="norm">	
								Je comprends qu'on me reproche d'&#234;tre un universitaire utopiste. Je pense moi ausi que l'utopisme est idiot, et je serais le premier &#224; me gausser des id&#233;aux absurdement irr&#233;alistes des universitaires au cours de l'histoire (et pas seulement l'histoire de notre pays).	
							</text>
						</object>
						<object id="1141">
							<ocn>1141</ocn>
							<text class="norm">	
								Mais s'&#236;l est devenu idiot de supposer que le r&#244;le du gouvernement est de "chercher l'&#233;quilibre", comptez-moi parmi les idiots, car cel&#224; veut dire que c'est devenu assez grave, en effet. S'il devient &#233; vident pour chacun que le gouvernement ne recherche pas l'&#233;quilibre, que le gouvernement n'est que l'outil des lobbyistes les plus puissants, que l'id&#233;e que le gouvernement soit suppos&#233; faire autre chose est absurde, que l'id&#233;e d'attendre du gouvernement qu'il dise la v&#233;rit&#233; et non des mensonges est na&#239;ve, alors que sommes nous, la d&#233;mocratie la plus puissante au monde, devenus?	
							</text>
						</object>
						<object id="1142">
							<ocn>1142</ocn>
							<text class="norm">	
								C'est peut &#234; tre folie que d'attendre d'un porte-parole du gouvernement qu'il dise la v&#233;rit&#233;. C'est peut-&#234;tre folie de croire que la politique du gouvernement doive &#234; tre plus que l'ex&#233;cutant des int&#233;r&#234;ts les plus puissants. C'est peut-&#234;tre folie de soutenir que nous devrions pr&#233;server une tradition qui a &#233; t&#233; la n&#244;tre pour l'essentiel de notre histoire--la culture libre.	
							</text>
						</object>
						<object id="1143">
							<ocn>1143</ocn>
							<text class="norm">	
								Si tout cel&#224; est folie, alors qu'il y ait plus de fous! Et vite!	
							</text>
						</object>
						<object id="1144">
							<ocn>1144</ocn>
							<text class="norm">	
								Il y a des moments d'espoir dans ce combat. Et des moments qui surprennent. Alors que la FCC envisageait d'assouplir les lois sur la propri&#233;t&#233;, ce qui aurait eu pour cons&#233;quence d'augmenter la concentration des m&#233;dias, une coalition extraordinaire s'est form&#233;e, au del&#224; des partis, pour combattre ce changement. Peut &#234; tre pour la premi&#232;re fois dans l'histoire, des int&#233;r&#234;ts aussi h&#233;t&#233;roclites que la NRA, l'ACLU, Moveon.org, William Safire, Ted Turner, et CodePink Femmes pour la Paix se sont organis&#233;s pour s'opposer au changement de politique de la FCC. Un nombre impressionnant de lettres, 700.000, furent envoy&#233;es &#224; la FCC, demandant plus de d&#233;bats et un r&#233;sultat diff&#233;rent.	
							</text>
						</object>
						<object id="1145">
							<ocn>1145</ocn>
							<text class="norm">	
								Cet activisme n'a pas arr&#234;t&#233; la FCC, mais peu apr&#232;s, une large coalition au S&#233;nat votait l'annulation de la d&#233;cision de la FCC. Les d&#233;bats d'opposition qui ont conduit &#224; ce vote ont r&#233;v&#233;l&#233; &#224; quel point ce mouvement &#233; tait devenu puissant. Il n'y avait pas de soutien substantiel &#224; la d&#233;cision de la FCC, et il y avait un soutien large et continu pour combattre toute concentration suppl&#233;mentaire des m&#233;dias.	
							</text>
						</object>
						<object id="1146">
							<ocn>1146</ocn>
							<text class="norm">	
								Mais m&#234;me ce mouvement manque une part importante du puzzle. La taille en soi n'est pas mauvaise. La libert&#233; n'est pas menac&#233;e simplement parce que certains deviennent tr&#232;s riches, ou parce qu'il n'y a qu'une poign&#233;e d'acteurs de taille. La qualit&#233; d&#233;plorable des Big Mac et Quarter Pounder ne veut pas dire que vous ne pouvez pas acheter un bon hamburger ailleurs.	
							</text>
						</object>
						<object id="1147">
							<ocn>1147</ocn>
							<text class="norm">	
								Le danger de la concentration des m&#233;dias ne vient pas de la concentration, mais du f&#233;odalisme que cette concentration produit, li&#233; aux changements dans le droit d'auteur. Le danger n'est pas qu'un petit nombre de compagnies puissantes contr&#244;lent une part grandissante des m&#233;dias. C'est plut&#244;t le fait que cette concentration puisse invoquer des droits aussi extensifs --des droits sur la propri&#233;t&#233; dont l'&#233;tendue est une premi&#232;re historique, qui la rend mauvaise.	
							</text>
						</object>
						<object id="1148">
							<ocn>1148</ocn>
							<text class="norm">	
								Il est donc significatif que tant de gens se soient unis pour demander de la comp&#233;tition et plus de diversit&#233;. N&#233;anmoins, le fait que cette union soit vue comme une union contre la taille en soi n'est pas tr&#232;s surprenant. Nous autres Am&#233;ricains avons l'habitude de nous opposer &#224; ce qui est "grand", que ce soit justifi&#233; ou non. Que nous puissions &#234; tre motiv&#233;s pour nous battre une fois de plus contre les "grands" n'a rien de nouveau.	
							</text>
						</object>
						<object id="1149">
							<ocn>1149</ocn>
							<text class="norm">	
								Il serait nouveau, et tr&#232;s important, si une coalition aussi importante pouvait se lever pour combattre l'extr&#234;misme grandissant qui accompagne l'id&#233;e de "propri&#233;te intellectuelle". Non que l'&#233;quilibre soit &#233; tranger &#224; notre tradition; en fait, comme j'ai essay&#233; de le montrer, l'&#233;quilibre fait partie de notre tradition. Mais plut&#244;t parce que le muscle qui doit penser de mani&#232;re critique &#224; l'&#233;tendue de quelque chose appel&#233;e "propri&#233;t&#233;", n'est plus tr&#232;s bien entra&#238;n&#233; dans cette tradition.	
							</text>
						</object>
						<object id="1150">
							<ocn>1150</ocn>
							<text class="norm">	
								Si nous &#233; tions Achille, ceci serait notre talon. Ce serait le lieu de notre perte.	
							</text>
						</object>
						<object id="1151">
							<ocn>1151</ocn>
							<text class="norm">	
								Alors que j'&#233;cris ces derniers mots, les journaux sont remplis d'histoires au sujet des proc&#232;s men&#233;s par la RIAA contre presque trois cent individus.11 Eminem vient d'&#234;tre poursuivi pour avoir "enregistr&#233;" la musique de quelqu'un d'autre12. L'histoire au sujet de Bob Dylan qui a "vol&#233;" un auteur japonais vient tout juste de cesser de faire les gros titres13. Un correspondant de Hollywood (qui tient &#224; rester anonyme) rapporte "une conversation &#233; tonnante avec les gens des studios. Ils ont des [vieux] films extraordinaires, qu'ils adoreraient utiliser, mais ils ne peuvent pas car ils ne peuvent pas acquitter les droits. Il ont des tas de gens qui pourraient faire des choses &#233; tonnantes avec ce contenu, mais il faudrait d'abord des tas d'avocats pour en d&#233;m&#234;ler les droits." Le Congr&#232;s parle de d&#233;tourner des virus informatiques afin d'attaquer les ordinateurs suspect&#233;s de violer la loi. Les universit&#233;s menacent d'expulsion les &#233; tudiants qui utilisent un ordinateur pour partager du contenu.	
							</text>
						</object>
						<object id="1152">
							<ocn>1152</ocn>
							<text class="norm">	
								Et pourtant de l'autre c&#244;t&#233; de l'Atlantique, la BBC vient d'annoncer qu'elle va cr&#233;er une Archive des Cr&#233;ations, &#224; partir de laquelle les sujets britanniques pourront t&#233;l&#233;charger les contenus de la BBC, les &#233; diter, m&#233;langer, r&#233;utiliser.14 Et au Br&#233;sil, le ministre de la culture, Gilberto Gil, lui-m&#234;me un h&#233;ros populaire de la musique br&#233;silienne, s'est alli&#233; aux Creative Commons pour diffuser du contenu et des licences libres dans ce pays d'Am&#233;rique latine.15	
							</text>
						</object>
						<object id="1153">
							<ocn>1153</ocn>
							<text class="norm">	
								L'histoire que j'ai racont&#233;e est bien sombre. La v&#233;rit&#233; est plus mitig&#233;e. Une technologie nous a donn&#233; une libert&#233; nouvelle. Lentement, certains commencent &#224; comprendre que cette libert&#233; ne veut pas forc&#233;ment dire anarchie. Nous pouvons transposer notre culture libre dans le vingt-et-uni&#232;me si&#232;cle, sans que les artistes ne soient l&#233;s&#233;s, et sans que le potentiel de la technologie num&#233;rique ne soit g&#226;ch&#233;. Il faudra des efforts de reflexion, et surtout de la volont&#233;, pour transformer en Causby les RCA d'aujourd'hui.	
							</text>
						</object>
						<object id="1154">
							<ocn>1154</ocn>
							<text class="norm">	
								Il faut que le sens commun se r&#233;volte. Il faut qu'il agisse pour lib&#233;rer la culture. S'il le fait, qu'il le fasse vite.	
							</text>
						</object>
	</heading2>
	<heading2>
		<heading>
			<object id="1155">
				<ocn>1155</ocn>
				<text class="heading_section_2">Postface</text>
			</object>
		</heading>
						<object id="1156">
							<ocn>1156</ocn>
							<text class="norm">	
								Au moins une partie de ceux qui ont lu jusqu'ici conviendront que quelque chose doit &#234; tre fait pour changer la direction que nous avons prise. Le reste de ce livre d&#233;crit ce qui pourrait &#234; tre fait.	
							</text>
						</object>
						<object id="1157">
							<ocn>1157</ocn>
							<text class="norm">	
								Je s&#233;pare ces moyens en deux cat&#233;gories: ce que chacun peut faire maintenant, et ce qui requiert l'aide des l&#233;gislateurs. S'il y a une le&#231;on &#224; tirer de l'histoire du sens commun, c'est que son &#233; volution requiert un changement des mentalit&#233;s.	
							</text>
						</object>
						<object id="1158">
							<ocn>1158</ocn>
							<text class="norm">	
								Ceci veut dire que le mouvement doit commencer par la base. Il doit recruter un nombre significatif de parents, enseignants, libraires, cr&#233;ateurs, auteurs, musiciens, metteurs en sc&#232;ne, scientifiques -- pour que chacun r&#233;p&#232;te cette histoire &#224; sa mani&#232;re, et qu'ils expliquent &#224; leurs voisins pourquoi ce combat est si important.	
							</text>
						</object>
						<object id="1159">
							<ocn>1159</ocn>
							<text class="norm">	
								Une fois que ce mouvement aura un effet sur la base, alors il pourra avoir un effet sur Washington. Nous sommes encore une d&#233;mocratie. Ce que pensent les gens joue un r&#244;le. Pas aussi important qu'il ne devrait l'&#234;tre, du moins quand une RCA s'y oppose, mais quand m&#234;me un r&#244;le. Et donc, dans la deuxi&#232;me partie qui suit, je d&#233;cris les changements que le Congr&#232;s pourrait entreprendre afin de mieux s&#233;curiser une culture libre.	
							</text>
						</object>
			<contents1>
				<heading>
					<object id="1160">
						<ocn>1160</ocn>
						<nametag>us</nametag>
						<text class="heading_content_1">Nous, maintenant.</text>
					</object>
				</heading>
					<content>
						<object id="1161">
							<ocn>1161</ocn>
							<text class="norm">	
								Le bon sens appartient &#224; ceux qui s'opposent au copyright, car le d&#233;bat n'a jusqu'ici &#233; t&#233; d&#233;fini qu'en termes extr&#234;mes -- comme un grand soit ceci/soit cela : soit la propri&#233;t&#233; soit l'anarchie, soit un contr&#244;le total soit les artistes ne seront pas pay&#233;s. Si le choix est vraiment de cette nature, alors les opposants au copyright devraient l'emporter.	
							</text>
						</object>
						<object id="1162">
							<ocn>1162</ocn>
							<text class="norm">	
								L'erreur consiste ici &#224; n&#233;gliger des positions m&#233;dianes. Il y a des extr&#234;mes dans ce d&#233;bat mais il n'y a a pas qu'eux. Il y a ceux qui croient en un copyright maximal -- "Tous droits r&#233;serv&#233;s."-- et ceux qui le rejettent -- "Libre de droits." Les partisans du "Tous droits r&#233;serv&#233;s" soutiennent que toute "utilisation" d'une oeuvre soumise &#224; copyright devrait d'abord faire l'objet d'une autorisation. Les promoteurs du "Libre de droits" pensent que vous devriez pouvoir exploiter le contenu &#224; votre guise, que vous en ayez la permission ou non.	
							</text>
						</object>
						<object id="1163">
							<ocn>1163</ocn>
							<text class="norm">	
								A sa naissance, l'architecture de l'Internet s'est dans les faits rattach&#233;e &#224; l'approche "libre de droits". Le contenu pouvait &#234; tre copi&#233; fid&#232;lement et facilement ; les droits ne pouvaient &#234; tre ais&#233;ment contr&#244;l&#233;s. Ainsi, ind&#233;pendamment du souhait de qui que ce soit, le r&#233;gime effectif du copyright associ&#233; &#224; la structure d'origine de l'Internet relevait du "Libre de droits". Le contenu &#233; tait exploit&#233;" quels qu'en soient les droits. Tout droit &#233; tait dans les faits non prot&#233;g&#233;.	
							</text>
						</object>
						<object id="1164">
							<ocn>1164</ocn>
							<text class="norm">	
								Ce caract&#232;re originel engendra une r&#233;action (oppos&#233;e quoique pas de m&#234;me intensit&#233;) de la part des d&#233;tenteurs de copyright. Cette r&#233;action a fait l'objet de ce livre. Through legislation, litigation, and changes to the network's design, copyright holders have been able to change the essential character of the environment of the original Internet. If the original architecture made the effective default "no rights reserved," the future architecture will make the effective default "all rights reserved." The architecture and law that surround the Internet's design will increasingly produce an environment where all use of content requires permission. The "cut and paste" world that defines the Internet today will become a "get permission to cut and paste" world that is a creator's nightmare.	
							</text>
						</object>
						<object id="1165">
							<ocn>1165</ocn>
							<text class="norm">	
								Ce qu'il faut, c'est un moyen de dire qurque chose entre les deux, ni "tous droits reserv&#233;s" ni "aucun droit reserv&#233;", et ainsi une fa&#231;on de respecter les copyrights tout en permettant aux auteurs de liberer les droits comme ils le souhaitent. En d'autres mots, nous avons besoin de retablir un ensemble de libert&#233;s que nous tenions pour acquises auparavant.	
							</text>
						</object>
					</content>
				<contents2>
					<heading>
						<object id="1166">
							<ocn>1166</ocn>
							<text class="heading_content_2">Rebuilding Freedoms Previously Presumed: Examples</text>
						</object>
					</heading>
					<content>
						<object id="1167">
							<ocn>1167</ocn>
							<text class="norm">	
								If you step back from the battle I've been describing here, you will recognize this problem from other contexts. Think about privacy. Before the Internet, most of us didn't have to worry much about data about our lives that we broadcast to the world. If you walked into a bookstore and browsed through some of the works of Karl Marx, you didn't need to worry about explaining your browsing habits to your neighbors or boss. The "privacy" of your browsing habits was assured.	
							</text>
						</object>
						<object id="1168">
							<ocn>1168</ocn>
							<text class="norm">	
								What made it assured?	
							</text>
						</object>
						<object id="1169">
							<ocn>1169</ocn>
							<text class="norm">	
								Well, if we think in terms of the modalities I described in chapter 10, your privacy was assured because of an inefficient architecture for gathering data and hence a market constraint (cost) on anyone who wanted to gather that data. If you were a suspected spy for North Korea, working for the CIA, no doubt your privacy would not be assured. But that's because the CIA would (we hope) find it valuable enough to spend the thousands required to track you. But for most of us (again, we can hope), spying doesn't pay. The highly inefficient architecture of real space means we all enjoy a fairly robust amount of privacy. That privacy is guaranteed to us by friction. Not by law (there is no law protecting "privacy" in public places), and in many places, not by norms (snooping and gossip are just fun), but instead, by the costs that friction imposes on anyone who would want to spy.	
							</text>
						</object>
						<object id="1170">
							<ocn>1170</ocn>
							<text class="norm">	
								Enter the Internet, where the cost of tracking browsing in particular has become quite tiny. If you're a customer at Amazon, then as you browse the pages, Amazon collects the data about what you've looked at. You know this because at the side of the page, there's a list of "recently viewed" pages. Now, because of the architecture of the Net and the function of cookies on the Net, it is easier to collect the data than not. The friction has disappeared, and hence any "privacy" protected by the friction disappears, too.	
							</text>
						</object>
						<object id="1171">
							<ocn>1171</ocn>
							<text class="norm">	
								Amazon, of course, is not the problem. But we might begin to worry about libraries. If you're one of those crazy lefties who thinks that people should have the "right" to browse in a library without the government knowing which books you look at (I'm one of those lefties, too), then this change in the technology of monitoring might concern you. If it becomes simple to gather and sort who does what in electronic spaces, then the friction-induced privacy of yesterday disappears.	
							</text>
						</object>
						<object id="1172">
							<ocn>1172</ocn>
							<text class="norm">	
								It is this reality that explains the push of many to define "privacy" on the Internet. It is the recognition that technology can remove what friction before gave us that leads many to push for laws to do what friction did1. And whether you're in favor of those laws or not, it is the pattern that is important here. We must take affirmative steps to secure a kind of freedom that was passively provided before. A change in technology now forces those who believe in privacy to affirmatively act where, before, privacy was given by default.	
							</text>
						</object>
						<object id="1173">
							<ocn>1173</ocn>
							<text class="norm">	
								A similar story could be told about the birth of the free software movement. When computers with software were first made available commercially, the software--both the source code and the binaries-- was free. You couldn't run a program written for a Data General machine on an IBM machine, so Data General and IBM didn't care much about controlling their software.	
							</text>
						</object>
						<object id="1174">
							<ocn>1174</ocn>
							<text class="norm">	
								That was the world Richard Stallman was born into, and while he was a researcher at MIT, he grew to love the community that developed when one was free to explore and tinker with the software that ran on machines. Being a smart sort himself, and a talented programmer, Stallman grew to depend upon the freedom to add to or modify other people's work.	
							</text>
						</object>
						<object id="1175">
							<ocn>1175</ocn>
							<text class="norm">	
								In an academic setting, at least, that's not a terribly radical idea. In a math department, anyone would be free to tinker with a proof that someone offered. If you thought you had a better way to prove a theorem, you could take what someone else did and change it. In a classics department, if you believed a colleague's translation of a recently discovered text was flawed, you were free to improve it. Thus, to Stallman, it seemed obvious that you should be free to tinker with and improve the code that ran a machine. This, too, was knowledge. Why shouldn't it be open for criticism like anything else?	
							</text>
						</object>
						<object id="1176">
							<ocn>1176</ocn>
							<text class="norm">	
								No one answered that question. Instead, the architecture of revenue for computing changed. As it became possible to import programs from one system to another, it became economically attractive (at least in the view of some) to hide the code of your program. So, too, as companies started selling peripherals for mainframe systems. If I could just take your printer driver and copy it, then that would make it easier for me to sell a printer to the market than it was for you.	
							</text>
						</object>
						<object id="1177">
							<ocn>1177</ocn>
							<text class="norm">	
								Thus, the practice of proprietary code began to spread, and by the early 1980s, Stallman found himself surrounded by proprietary code. The world of free software had been erased by a change in the economics of computing. And as he believed, if he did nothing about it, then the freedom to change and share software would be fundamentally weakened.	
							</text>
						</object>
						<object id="1178">
							<ocn>1178</ocn>
							<text class="norm">	
								Therefore, in 1984, Stallman began a project to build a free operating system, so that at least a strain of free software would survive. That was the birth of the GNU project, into which Linus Torvalds's "Linux" kernel was added to produce the GNU/Linux operating system.	
							</text>
						</object>
						<object id="1179">
							<ocn>1179</ocn>
							<text class="norm">	
								Stallman's technique was to use copyright law to build a world of software that must be kept free. Software licensed under the Free Software Foundation's GPL cannot be modified and distributed unless the source code for that software is made available as well. Thus, anyone building upon GPL'd software would have to make their buildings free as well. This would assure, Stallman believed, that an ecology of code would develop that remained free for others to build upon. His fundamental goal was freedom; innovative creative code was a byproduct.	
							</text>
						</object>
						<object id="1180">
							<ocn>1180</ocn>
							<text class="norm">	
								Stallman was thus doing for software what privacy advocates now do for privacy. He was seeking a way to rebuild a kind of freedom that was taken for granted before. Through the affirmative use of licenses that bind copyrighted code, Stallman was affirmatively reclaiming a space where free software would survive. He was actively protecting what before had been passively guaranteed.	
							</text>
						</object>
						<object id="1181">
							<ocn>1181</ocn>
							<text class="norm">	
								Finally, consider a very recent example that more directly resonates with the story of this book. This is the shift in the way academic and scientific journals are produced.	
							</text>
						</object>
						<object id="1182">
							<ocn>1182</ocn>
							<text class="norm">	
								As digital technologies develop, it is becoming obvious to many that printing thousands of copies of journals every month and sending them to libraries is perhaps not the most efficient way to distribute knowledge. Instead, journals are increasingly becoming electronic, and libraries and their users are given access to these electronic journals through password-protected sites. Something similar to this has been happening in law for almost thirty years: Lexis and Westlaw have had electronic versions of case reports available to subscribers to their service. Although a Supreme Court opinion is not copyrighted, and anyone is free to go to a library and read it, Lexis and Westlaw are also free to charge users for the privilege of gaining access to that Supreme Court opinion through their respective services.	
							</text>
						</object>
						<object id="1183">
							<ocn>1183</ocn>
							<text class="norm">	
								There's nothing wrong in general with this, and indeed, the ability to charge for access to even public domain materials is a good incentive for people to develop new and innovative ways to spread knowledge. The law has agreed, which is why Lexis and Westlaw have been allowed to flourish. And if there's nothing wrong with selling the public domain, then there could be nothing wrong, in principle, with selling access to material that is not in the public domain.	
							</text>
						</object>
						<object id="1184">
							<ocn>1184</ocn>
							<text class="norm">	
								But what if the only way to get access to social and scientific data was through proprietary services? What if no one had the ability to browse this data except by paying for a subscription?	
							</text>
						</object>
						<object id="1185">
							<ocn>1185</ocn>
							<text class="norm">	
								As many are beginning to notice, this is increasingly the reality with scientific journals. When these journals were distributed in paper form, libraries could make the journals available to anyone who had access to the library. Thus, patients with cancer could become cancer experts because the library gave them access. Or patients trying to understand the risks of a certain treatment could research those risks by reading all available articles about that treatment. This freedom was therefore a function of the institution of libraries (norms) and the technology of paper journals (architecture)--namely, that it was very hard to control access to a paper journal.	
							</text>
						</object>
						<object id="1186">
							<ocn>1186</ocn>
							<text class="norm">	
								As journals become electronic, however, the publishers are demanding that libraries not give the general public access to the journals. This means that the freedoms provided by print journals in public libraries begin to disappear. Thus, as with privacy and with software, a changing technology and market shrink a freedom taken for granted before.	
							</text>
						</object>
						<object id="1187">
							<ocn>1187</ocn>
							<text class="norm">	
								This shrinking freedom has led many to take affirmative steps to restore the freedom that has been lost. The Public Library of Science (PLoS), for example, is a nonprofit corporation dedicated to making scientific research available to anyone with a Web connection. Authors of scientific work submit that work to the Public Library of Science. That work is then subject to peer review. If accepted, the work is then deposited in a public, electronic archive and made permanently available for free. PLoS also sells a print version of its work, but the copyright for the print journal does not inhibit the right of anyone to redistribute the work for free.	
							</text>
						</object>
						<object id="1188">
							<ocn>1188</ocn>
							<text class="norm">	
								This is one of many such efforts to restore a freedom taken for granted before, but now threatened by changing technology and markets. There's no doubt that this alternative competes with the traditional publishers and their efforts to make money from the exclusive distribution of content. But competition in our tradition is presumptively a good--especially when it helps spread knowledge and science.	
							</text>
						</object>
					</content>
				</contents2>
				<contents2>
					<heading>
						<object id="1189">
							<ocn>1189</ocn>
							<text class="heading_content_2">Rebuilding Free Culture: One Idea</text>
						</object>
					</heading>
					<content>
						<object id="1190">
							<ocn>1190</ocn>
							<text class="norm">	
								The same strategy could be applied to culture, as a response to the increasing control effected through law and technology.	
							</text>
						</object>
						<object id="1191">
							<ocn>1191</ocn>
							<text class="norm">	
								Enter the Creative Commons. The Creative Commons is a nonprofit corporation established in Massachusetts, but with its home at Stanford University. Its aim is to build a layer of reasonable copyright on top of the extremes that now reign. It does this by making it easy for people to build upon other people's work, by making it simple for creators to express the freedom for others to take and build upon their work. Simple tags, tied to human-readable descriptions, tied to bullet-proof licenses, make this possible.	
							</text>
						</object>
						<object id="1192">
							<ocn>1192</ocn>
							<text class="norm">	
								Simple--which means without a middleman, or without a lawyer. By developing a free set of licenses that people can attach to their content, Creative Commons aims to mark a range of content that can easily, and reliably, be built upon. These tags are then linked to machine-readable versions of the license that enable computers automatically to identify content that can easily be shared. These three expressions together--a legal license, a human-readable description, and machine-readable tags--constitute a Creative Commons license. A Creative Commons license constitutes a grant of freedom to anyone who accesses the license, and more importantly, an expression of the ideal that the person associated with the license believes in something different than the "All" or "No" extremes. Content is marked with the CC mark, which does not mean that copyright is waived, but that certain freedoms are given.	
							</text>
						</object>
						<object id="1193">
							<ocn>1193</ocn>
							<text class="norm">	
								These freedoms are beyond the freedoms promised by fair use. Their precise contours depend upon the choices the creator makes. The creator can choose a license that permits any use, so long as attribution is given. She can choose a license that permits only noncommercial use. She can choose a license that permits any use so long as the same freedoms are given to other uses ("share and share alike"). Or any use so long as no derivative use is made. Or any use at all within developing nations. Or any sampling use, so long as full copies are not made. Or lastly, any educational use.	
							</text>
						</object>
						<object id="1194">
							<ocn>1194</ocn>
							<text class="norm">	
								These choices thus establish a range of freedoms beyond the default of copyright law. They also enable freedoms that go beyond traditional fair use. And most importantly, they express these freedoms in a way that subsequent users can use and rely upon without the need to hire a lawyer. Creative Commons thus aims to build a layer of content, governed by a layer of reasonable copyright law, that others can build upon. Voluntary choice of individuals and creators will make this content available. And that content will in turn enable us to rebuild a public domain.	
							</text>
						</object>
						<object id="1195">
							<ocn>1195</ocn>
							<text class="norm">	
								This is just one project among many within the Creative Commons. And of course, Creative Commons is not the only organization pursuing such freedoms. But the point that distinguishes the Creative Commons from many is that we are not interested only in talking about a public domain or in getting legislators to help build a public domain. Our aim is to build a movement of consumers and producers of content ("content conducers," as attorney Mia Garlick calls them) who help build the public domain and, by their work, demonstrate the importance of the public domain to other creativity.	
							</text>
						</object>
						<object id="1196">
							<ocn>1196</ocn>
							<text class="norm">	
								The aim is not to fight the "All Rights Reserved" sorts. The aim is to complement them. The problems that the law creates for us as a culture are produced by insane and unintended consequences of laws written centuries ago, applied to a technology that only Jefferson could have imagined. The rules may well have made sense against a background of technologies from centuries ago, but they do not make sense against the background of digital technologies. New rules--with different freedoms, expressed in ways so that humans without lawyers can use them--are needed. Creative Commons gives people a way effectively to begin to build those rules.	
							</text>
						</object>
						<object id="1197">
							<ocn>1197</ocn>
							<text class="norm">	
								Why would creators participate in giving up total control? Some participate to better spread their content. Cory Doctorow, for example, is a science fiction author. His first novel, Down and Out in the Magic Kingdom, was released on-line and for free, under a Creative Commons license, on the same day that it went on sale in bookstores.	
							</text>
						</object>
						<object id="1198">
							<ocn>1198</ocn>
							<text class="norm">	
								Why would a publisher ever agree to this? I suspect his publisher reasoned like this: There are two groups of people out there: (1) those who will buy Cory's book whether or not it's on the Internet, and (2) those who may never hear of Cory's book, if it isn't made available for free on the Internet. Some part of (1) will download Cory's book instead of buying it. Call them bad-(1)s. Some part of (2) will download Cory's book, like it, and then decide to buy it. Call them (2)-goods. If there are more (2)-goods than bad-(1)s, the strategy of releasing Cory's book free on-line will probably increase sales of Cory's book.	
							</text>
						</object>
						<object id="1199">
							<ocn>1199</ocn>
							<text class="norm">	
								Indeed, the experience of his publisher clearly supports that conclusion. The book's first printing was exhausted months before the publisher had expected. This first novel of a science fiction author was a total success.	
							</text>
						</object>
						<object id="1200">
							<ocn>1200</ocn>
							<text class="norm">	
								The idea that free content might increase the value of nonfree content was confirmed by the experience of another author. Peter Wayner, who wrote a book about the free software movement titled Free for All, made an electronic version of his book free on-line under a Creative Commons license after the book went out of print. He then monitored used book store prices for the book. As predicted, as the number of downloads increased, the used book price for his book increased, as well.	
							</text>
						</object>
						<object id="1201">
							<ocn>1201</ocn>
							<text class="norm">	
								These are examples of using the Commons to better spread proprietary content. I believe that is a wonderful and common use of the Commons. There are others who use Creative Commons licenses for other reasons. Many who use the "sampling license" do so because anything else would be hypocritical. The sampling license says that others are free, for commercial or noncommercial purposes, to sample content from the licensed work; they are just not free to make full copies of the licensed work available to others. This is consistent with their own art--they, too, sample from others. Because the legal costs of sampling are so high (Walter Leaphart, manager of the rap group Public Enemy, which was born sampling the music of others, has stated that he does not "allow" Public Enemy to sample anymore, because the legal costs are so high2), these artists release into the creative environment content that others can build upon, so that their form of creativity might grow.	
							</text>
						</object>
						<object id="1202">
							<ocn>1202</ocn>
							<text class="norm">	
								Finally, there are many who mark their content with a Creative Commons license just because they want to express to others the importance of balance in this debate. If you just go along with the system as it is, you are effectively saying you believe in the "All Rights Reserved" model. Good for you, but many do not. Many believe that however appropriate that rule is for Hollywood and freaks, it is not an appropriate description of how most creators view the rights associated with their content. The Creative Commons license expresses this notion of "Some Rights Reserved," and gives many the chance to say it to others.	
							</text>
						</object>
						<object id="1203">
							<ocn>1203</ocn>
							<text class="norm">	
								In the first six months of the Creative Commons experiment, over 1 million objects were licensed with these free-culture licenses. The next step is partnerships with middleware content providers to help them build into their technologies simple ways for users to mark their content with Creative Commons freedoms. Then the next step is to watch and celebrate creators who build content based upon content set free.	
							</text>
						</object>
						<object id="1204">
							<ocn>1204</ocn>
							<text class="norm">	
								These are first steps to rebuilding a public domain. They are not mere arguments; they are action. Building a public domain is the first step to showing people how important that domain is to creativity and innovation. Creative Commons relies upon voluntary steps to achieve this rebuilding. They will lead to a world in which more than voluntary steps are possible.	
							</text>
						</object>
						<object id="1205">
							<ocn>1205</ocn>
							<text class="norm">	
								Creative Commons is just one example of voluntary efforts by individuals and creators to change the mix of rights that now govern the creative field. The project does not compete with copyright; it complements it. Its aim is not to defeat the rights of authors, but to make it easier for authors and creators to exercise their rights more flexibly and cheaply. That difference, we believe, will enable creativity to spread more easily.	
							</text>
						</object>
					</content>
			</contents2>
			</contents1>
			<contents1>
				<heading>
					<object id="1206">
						<ocn>1206</ocn>
						<nametag>them</nametag>
						<text class="heading_content_1">Eux, bient&#244;t</text>
					</object>
				</heading>
					<content>
						<object id="1207">
							<ocn>1207</ocn>
							<text class="norm">	
								Nous ne r&#233;tablirons pas une culture libre uniquement par l'action individuelle. Ceci n&#233;cessitera aussi d'importantes r&#233;formes l&#233;gislatives. Un long chemin nous attend avant que les politiciens &#233; coutent ces id&#233;es et mettent en oeuvre ces r&#233;formes. Cependant, ceci veut aussi dire que nous avons le temps de faire prendre conscience des changements requis.	
							</text>
						</object>
						<object id="1208">
							<ocn>1208</ocn>
							<text class="norm">	
								Dans ce chapitre, je propose cinq changements : quatre qui sont d'ordre g&#233;n&#233;ral, et un qui est sp&#233;cifique au d&#233;bat le plus agit&#233; d'aujourd'hui : la musique. Chacun n'est qu'une &#233; tape, pas une fin. Cependant, chacune de ces &#233; tapes nous rapprocheraient beaucoup de notre but.	
							</text>
						</object>
					</content>
				<contents2>
					<heading>
						<object id="1209">
							<ocn>1209</ocn>
							<nametag>1</nametag>
							<text class="heading_content_2">1. Plus de formalit&#233;s</text>
						</object>
					</heading>
					<content>
						<object id="1210">
							<ocn>1210</ocn>
							<text class="norm">	
								If you buy a house, you have to record the sale in a deed. If you buy land upon which to build a house, you have to record the purchase in a deed. If you buy a car, you get a bill of sale and register the car. If you buy an airplane ticket, it has your name on it.	
							</text>
						</object>
						<object id="1211">
							<ocn>1211</ocn>
							<text class="norm">	
								These are all formalities associated with property. They are requirements that we all must bear if we want our property to be protected.	
							</text>
						</object>
						<object id="1212">
							<ocn>1212</ocn>
							<text class="norm">	
								In contrast, under current copyright law, you automatically get a copyright, regardless of whether you comply with any formality. You don't have to register. You don't even have to mark your content. The default is control, and "formalities" are banished.	
							</text>
						</object>
						<object id="1213">
							<ocn>1213</ocn>
							<text class="norm">	
								Why?	
							</text>
						</object>
						<object id="1214">
							<ocn>1214</ocn>
							<text class="norm">	
								As I suggested in chapter 10, the motivation to abolish formalities was a good one. In the world before digital technologies, formalities imposed a burden on copyright holders without much benefit. Thus, it was progress when the law relaxed the formal requirements that a copyright owner must bear to protect and secure his work. Those formalities were getting in the way.	
							</text>
						</object>
						<object id="1215">
							<ocn>1215</ocn>
							<text class="norm">	
								But the Internet changes all this. Formalities today need not be a burden. Rather, the world without formalities is the world that burdens creativity. Today, there is no simple way to know who owns what, or with whom one must deal in order to use or build upon the creative work of others. There are no records, there is no system to trace-- there is no simple way to know how to get permission. Yet given the massive increase in the scope of copyright's rule, getting permission is a necessary step for any work that builds upon our past. And thus, the lack of formalities forces many into silence where they otherwise could speak.	
							</text>
						</object>
						<object id="1216">
							<ocn>1216</ocn>
							<text class="norm">	
								The law should therefore change this requirement1--but it should not change it by going back to the old, broken system. We should require formalities, but we should establish a system that will create the incentives to minimize the burden of these formalities.	
							</text>
						</object>
						<object id="1217">
							<ocn>1217</ocn>
							<text class="norm">	
								The important formalities are three: marking copyrighted work, registering copyrights, and renewing the claim to copyright. Traditionally, the first of these three was something the copyright owner did; the second two were something the government did. But a revised system of formalities would banish the government from the process, except for the sole purpose of approving standards developed by others.	
							</text>
						</object>
					</content>
					<contents3>
						<heading>
							<object id="1218">
								<ocn>1218</ocn>
								<text class="heading_content_3">REGISTRATION AND RENEWAL</text>
							</object>
						</heading>
					<content>
						<object id="1219">
							<ocn>1219</ocn>
							<text class="norm">	
								Under the old system, a copyright owner had to file a registration with the Copyright Office to register or renew a copyright. When filing that registration, the copyright owner paid a fee. As with most government agencies, the Copyright Office had little incentive to minimize the burden of registration; it also had little incentive to minimize the fee. And as the Copyright Office is not a main target of government policy- making, the office has historically been terribly underfunded. Thus, when people who know something about the process hear this idea about formalities, their first reaction is panic--nothing could be worse than forcing people to deal with the mess that is the Copyright Office.	
							</text>
						</object>
						<object id="1220">
							<ocn>1220</ocn>
							<text class="norm">	
								Yet it is always astonishing to me that we, who come from a tradition of extraordinary innovation in governmental design, can no longer think innovatively about how governmental functions can be designed. Just because there is a public purpose to a government role, it doesn't follow that the government must actually administer the role. Instead, we should be creating incentives for private parties to serve the public, subject to standards that the government sets.	
							</text>
						</object>
						<object id="1221">
							<ocn>1221</ocn>
							<text class="norm">	
								In the context of registration, one obvious model is the Internet. There are at least 32 million Web sites registered around the world. Domain name owners for these Web sites have to pay a fee to keep their registration alive. In the main top-level domains (.com, .org, .net), there is a central registry. The actual registrations are, however, performed by many competing registrars. That competition drives the cost of registering down, and more importantly, it drives the ease with which registration occurs up.	
							</text>
						</object>
						<object id="1222">
							<ocn>1222</ocn>
							<text class="norm">	
								We should adopt a similar model for the registration and renewal of copyrights. The Copyright Office may well serve as the central registry, but it should not be in the registrar business. Instead, it should establish a database, and a set of standards for registrars. It should approve registrars that meet its standards. Those registrars would then compete with one another to deliver the cheapest and simplest systems for registering and renewing copyrights. That competition would substantially lower the burden of this formality--while producing a database of registrations that would facilitate the licensing of content.	
							</text>
						</object>
					</content>
					</contents3>
					<contents3>
						<heading>
							<object id="1223">
								<ocn>1223</ocn>
								<text class="heading_content_3">MARKING</text>
							</object>
						</heading>
					<content>
						<object id="1224">
							<ocn>1224</ocn>
							<text class="norm">	
								It used to be that the failure to include a copyright notice on a creative work meant that the copyright was forfeited. That was a harsh punishment for failing to comply with a regulatory rule--akin to imposing the death penalty for a parking ticket in the world of creative rights. Here again, there is no reason that a marking requirement needs to be enforced in this way. And more importantly, there is no reason a marking requirement needs to be enforced uniformly across all media.	
							</text>
						</object>
						<object id="1225">
							<ocn>1225</ocn>
							<text class="norm">	
								The aim of marking is to signal to the public that this work is copyrighted and that the author wants to enforce his rights. The mark also makes it easy to locate a copyright owner to secure permission to use the work.	
							</text>
						</object>
						<object id="1226">
							<ocn>1226</ocn>
							<text class="norm">	
								One of the problems the copyright system confronted early on was that different copyrighted works had to be differently marked. It wasn't clear how or where a statue was to be marked, or a record, or a film. A new marking requirement could solve these problems by recognizing the differences in media, and by allowing the system of marking to evolve as technologies enable it to. The system could enable a special signal from the failure to mark--not the loss of the copyright, but the loss of the right to punish someone for failing to get permission first.	
							</text>
						</object>
						<object id="1227">
							<ocn>1227</ocn>
							<text class="norm">	
								Let's start with the last point. If a copyright owner allows his work to be published without a copyright notice, the consequence of that failure need not be that the copyright is lost. The consequence could instead be that anyone has the right to use this work, until the copyright owner complains and demonstrates that it is his work and he doesn't give permission.2 The meaning of an unmarked work would therefore be "use unless someone complains." If someone does complain, then the obligation would be to stop using the work in any new work from then on though no penalty would attach for existing uses. This would create a strong incentive for copyright owners to mark their work.	
							</text>
						</object>
						<object id="1228">
							<ocn>1228</ocn>
							<text class="norm">	
								That in turn raises the question about how work should best be marked. Here again, the system needs to adjust as the technologies evolve. The best way to ensure that the system evolves is to limit the Copyright Office's role to that of approving standards for marking content that have been crafted elsewhere.	
							</text>
						</object>
						<object id="1229">
							<ocn>1229</ocn>
							<text class="norm">	
								For example, if a recording industry association devises a method for marking CDs, it would propose that to the Copyright Office. The Copyright Office would hold a hearing, at which other proposals could be made. The Copyright Office would then select the proposal that it judged preferable, and it would base that choice solely upon the consideration of which method could best be integrated into the registration and renewal system. We would not count on the government to innovate; but we would count on the government to keep the product of innovation in line with its other important functions.	
							</text>
						</object>
						<object id="1230">
							<ocn>1230</ocn>
							<text class="norm">	
								Finally, marking content clearly would simplify registration requirements. If photographs were marked by author and year, there would be little reason not to allow a photographer to reregister, for example, all photographs taken in a particular year in one quick step. The aim of the formality is not to burden the creator; the system itself should be kept as simple as possible.	
							</text>
						</object>
						<object id="1231">
							<ocn>1231</ocn>
							<text class="norm">	
								The objective of formalities is to make things clear. The existing system does nothing to make things clear. Indeed, it seems designed to make things unclear.	
							</text>
						</object>
						<object id="1232">
							<ocn>1232</ocn>
							<text class="norm">	
								If formalities such as registration were reinstated, one of the most difficult aspects of relying upon the public domain would be removed. It would be simple to identify what content is presumptively free; it would be simple to identify who controls the rights for a particular kind of content; it would be simple to assert those rights, and to renew that assertion at the appropriate time.	
							</text>
						</object>
					</content>
				</contents3>
				</contents2>
				<contents2>
					<heading>
						<object id="1233">
							<ocn>1233</ocn>
							<nametag>2</nametag>
							<text class="heading_content_2">2. Shorter Terms</text>
						</object>
					</heading>
					<content>
						<object id="1234">
							<ocn>1234</ocn>
							<text class="norm">	
								The term of copyright has gone from fourteen years to ninety-five years for corporate authors, and life of the author plus seventy years for natural authors.	
							</text>
						</object>
						<object id="1235">
							<ocn>1235</ocn>
							<text class="norm">	
								In The Future of Ideas, I proposed a seventy-five-year term, granted in five-year increments with a requirement of renewal every five years. That seemed radical enough at the time. But after we lost Eldred v. Ashcroft, the proposals became even more radical. The Economist endorsed a proposal for a fourteen-year copyright term.3 Others have proposed tying the term to the term for patents.	
							</text>
						</object>
						<object id="1236">
							<ocn>1236</ocn>
							<text class="norm">	
								I agree with those who believe that we need a radical change in copy-right's term. But whether fourteen years or seventy-five, there are four principles that are important to keep in mind about copyright terms.	
							</text>
						</object>
						<object id="1237">
							<ocn>1237</ocn>
							<text class="indent1">	
								(1) Keep it short: The term should be as long as necessary to give incentives to create, but no longer. If it were tied to very strong protections for authors (so authors were able to reclaim rights from publishers), rights to the same work (not derivative works) might be extended further. The key is not to tie the work up with legal regulations when it no longer benefits an author.	
							</text>
						</object>
						<object id="1238">
							<ocn>1238</ocn>
							<text class="indent1">	
								(2) Keep it simple: The line between the public domain and protected content must be kept clear. Lawyers like the fuzziness of "fair use," and the distinction between "ideas" and "expression." That kind of law gives them lots of work. But our framers had a simpler idea in mind: protected versus unprotected. The value of short terms is that there is little need to build exceptions into copyright when the term itself is kept short. A clear and active "lawyer-free zone" makes the complexities of "fair use" and "idea/expression" less necessary to navigate.	
							</text>
						</object>
						<object id="1239">
							<ocn>1239</ocn>
							<text class="indent1">	
								(3) Keep it alive: Copyright should have to be renewed. Especially if the maximum term is long, the copyright owner should be required to signal periodically that he wants the protection continued. This need not be an onerous burden, but there is no reason this monopoly protection has to be granted for free. On average, it takes ninety minutes for a veteran to apply for a pension.4 If we make veterans suffer that burden, I don't see why we couldn't require authors to spend ten minutes every fifty years to file a single form.	
							</text>
						</object>
						<object id="1240">
							<ocn>1240</ocn>
							<text class="indent1">	
								(4) Keep it prospective: Whatever the term of copyright should be, the clearest lesson that economists teach is that a term once given should not be extended. It might have been a mistake in 1923 for the law to offer authors only a fifty-six-year term. I don't think so, but it's possible. If it was a mistake, then the consequence was that we got fewer authors to create in 1923 than we otherwise would have. But we can't correct that mistake today by increasing the term. No matter what we do today, we will not increase the number of authors who wrote in 1923. Of course, we can increase the reward that those who write now get (or alternatively, increase the copyright burden that smothers many works that are today invisible). But increasing their reward will not increase their creativity in 1923. What's not done is not done, and there's nothing we can do about that now.	
							</text>
						</object>
						<object id="1241">
							<ocn>1241</ocn>
							<text class="norm">	
								These changes together should produce an average copyright term that is much shorter than the current term. Until 1976, the average term was just 32.2 years. We should be aiming for the same.	
							</text>
						</object>
						<object id="1242">
							<ocn>1242</ocn>
							<text class="norm">	
								No doubt the extremists will call these ideas "radical." (After all, I call them "extremists.") But again, the term I recommended was longer than the term under Richard Nixon. How "radical" can it be to ask for a more generous copyright law than Richard Nixon presided over?	
							</text>
						</object>
					</content>
				</contents2>
				<contents2>
					<heading>
						<object id="1243">
							<ocn>1243</ocn>
							<nametag>3</nametag>
							<text class="heading_content_2">3. Free Use Vs. Fair Use</text>
						</object>
					</heading>
					<content>
						<object id="1244">
							<ocn>1244</ocn>
							<text class="norm">	
								As I observed at the beginning of this book, property law originally granted property owners the right to control their property from the ground to the heavens. The airplane came along. The scope of property rights quickly changed. There was no fuss, no constitutional challenge. It made no sense anymore to grant that much control, given the emergence of that new technology.	
							</text>
						</object>
						<object id="1245">
							<ocn>1245</ocn>
							<text class="norm">	
								Our Constitution gives Congress the power to give authors "exclusive right" to "their writings." Congress has given authors an exclusive right to "their writings" plus any derivative writings (made by others) that are sufficiently close to the author's original work.Thus, if I write a book, and you base a movie on that book, I have the power to deny you the right to release that movie, even though that movie is not "my writing."	
							</text>
						</object>
						<object id="1246">
							<ocn>1246</ocn>
							<text class="norm">	
								Congress granted the beginnings of this right in 1870, when it expanded the exclusive right of copyright to include a right to control translations and dramatizations of a work.5 The courts have expanded it slowly through judicial interpretation ever since. This expansion has been commented upon by one of the law's greatest judges, Judge Benjamin Kaplan.	
							</text>
						</object>
						<object id="1247">
							<ocn>1247</ocn>
							<text class="norm">	
								So inured have we become to the extension of the monopoly to a large range of so-called derivative works, that we no longer sense the oddity of accepting such an enlargement of copyright while yet intoning the abracadabra of idea and expression.6	
							</text>
						</object>
						<object id="1248">
							<ocn>1248</ocn>
							<text class="norm">	
								I think it's time to recognize that there are airplanes in this field and the expansiveness of these rights of derivative use no longer make sense. More precisely, they don't make sense for the period of time that a copyright runs. And they don't make sense as an amorphous grant. Consider each limitation in turn.	
							</text>
						</object>
						<object id="1249">
							<ocn>1249</ocn>
							<text class="norm">	
								Term: If Congress wants to grant a derivative right, then that right should be for a much shorter term. It makes sense to protect John Grisham's right to sell the movie rights to his latest novel (or at least I'm willing to assume it does); but it does not make sense for that right to run for the same term as the underlying copyright. The derivative right could be important in inducing creativity; it is not important long after the creative work is done.	
							</text>
						</object>
						<object id="1250">
							<ocn>1250</ocn>
							<text class="norm">	
								Scope: Likewise should the scope of derivative rights be narrowed. Again, there are some cases in which derivative rights are important. Those should be specified. But the law should draw clear lines around regulated and unregulated uses of copyrighted material. When all "reuse" of creative material was within the control of businesses, perhaps it made sense to require lawyers to negotiate the lines. It no longer makes sense for lawyers to negotiate the lines. Think about all the creative possibilities that digital technologies enable; now imagine pouring molasses into the machines. That's what this general requirement of permission does to the creative process. Smothers it.	
							</text>
						</object>
						<object id="1251">
							<ocn>1251</ocn>
							<text class="norm">	
								This was the point that Alben made when describing the making of the Clint Eastwood CD. While it makes sense to require negotiation for foreseeable derivative rights--turning a book into a movie, or a poem into a musical score--it doesn't make sense to require negotiation for the unforeseeable. Here, a statutory right would make much more sense.	
							</text>
						</object>
						<object id="1252">
							<ocn>1252</ocn>
							<text class="norm">	
								In each of these cases, the law should mark the uses that are protected, and the presumption should be that other uses are not protected. This is the reverse of the recommendation of my colleague Paul Goldstein.7 His view is that the law should be written so that expanded protections follow expanded uses.	
							</text>
						</object>
						<object id="1253">
							<ocn>1253</ocn>
							<text class="norm">	
								Goldstein's analysis would make perfect sense if the cost of the legal system were small. But as we are currently seeing in the context of the Internet, the uncertainty about the scope of protection, and the incentives to protect existing architectures of revenue, combined with a strong copyright, weaken the process of innovation.	
							</text>
						</object>
						<object id="1254">
							<ocn>1254</ocn>
							<text class="norm">	
								The law could remedy this problem either by removing protection beyond the part explicitly drawn or by granting reuse rights upon certain statutory conditions. Either way, the effect would be to free a great deal of culture to others to cultivate. And under a statutory rights regime, that reuse would earn artists more income.	
							</text>
						</object>
					</content>
				</contents2>
				<contents2>
					<heading>
						<object id="1255">
							<ocn>1255</ocn>
							<nametag>4</nametag>
							<text class="heading_content_2">4. Liberate the Music--Again</text>
						</object>
					</heading>
					<content>
						<object id="1256">
							<ocn>1256</ocn>
							<text class="norm">	
								The battle that got this whole war going was about music, so it wouldn't be fair to end this book without addressing the issue that is, to most people, most pressing--music. There is no other policy issue that better teaches the lessons of this book than the battles around the sharing of music.	
							</text>
						</object>
						<object id="1257">
							<ocn>1257</ocn>
							<text class="norm">	
								The appeal of file-sharing music was the crack cocaine of the Internet's growth. It drove demand for access to the Internet more powerfully than any other single application. It was the Internet's killer app--possibly in two senses of that word. It no doubt was the application that drove demand for bandwidth. It may well be the application that drives demand for regulations that in the end kill innovation on the network.	
							</text>
						</object>
						<object id="1258">
							<ocn>1258</ocn>
							<text class="norm">	
								The aim of copyright, with respect to content in general and music in particular, is to create the incentives for music to be composed, performed, and, most importantly, spread. The law does this by giving an exclusive right to a composer to control public performances of his work, and to a performing artist to control copies of her performance.	
							</text>
						</object>
						<object id="1259">
							<ocn>1259</ocn>
							<text class="norm">	
								File-sharing networks complicate this model by enabling the spread of content for which the performer has not been paid. But of course, that's not all the file-sharing networks do. As I described in chapter 5, they enable four different kinds of sharing:	
							</text>
						</object>
						<object id="1260">
							<ocn>1260</ocn>
							<text class="indent1">	
								A. There are some who are using sharing networks as substitutes for purchasing CDs.	
							</text>
						</object>
						<object id="1261">
							<ocn>1261</ocn>
							<text class="indent1">	
								B. There are also some who are using sharing networks to sample, on the way to purchasing CDs.	
							</text>
						</object>
						<object id="1262">
							<ocn>1262</ocn>
							<text class="indent1">	
								C. There are many who are using file-sharing networks to get access to content that is no longer sold but is still under copyright or that would have been too cumbersome to buy off the Net.	
							</text>
						</object>
						<object id="1263">
							<ocn>1263</ocn>
							<text class="indent1">	
								D. There are many who are using file-sharing networks to get access to content that is not copyrighted or to get access that the copyright owner plainly endorses.	
							</text>
						</object>
						<object id="1264">
							<ocn>1264</ocn>
							<text class="norm">	
								Any reform of the law needs to keep these different uses in focus. It must avoid burdening type D even if it aims to eliminate type A. The eagerness with which the law aims to eliminate type A, moreover, should depend upon the magnitude of type B. As with VCRs, if the net effect of sharing is actually not very harmful, the need for regulation is significantly weakened.	
							</text>
						</object>
						<object id="1265">
							<ocn>1265</ocn>
							<text class="norm">	
								As I said in chapter 5, the actual harm caused by sharing is controversial. For the purposes of this chapter, however, I assume the harm is real. I assume, in other words, that type A sharing is significantly greater than type B, and is the dominant use of sharing networks.	
							</text>
						</object>
						<object id="1266">
							<ocn>1266</ocn>
							<text class="norm">	
								Nonetheless, there is a crucial fact about the current technological context that we must keep in mind if we are to understand how the law should respond.	
							</text>
						</object>
						<object id="1267">
							<ocn>1267</ocn>
							<text class="norm">	
								Today, file sharing is addictive. In ten years, it won't be. It is addictive today because it is the easiest way to gain access to a broad range of content. It won't be the easiest way to get access to a broad range of content in ten years. Today, access to the Internet is cumbersome and slow--we in the United States are lucky to have broadband service at 1.5 MBs, and very rarely do we get service at that speed both up and down. Although wireless access is growing, most of us still get access across wires. Most only gain access through a machine with a keyboard. The idea of the always on, always connected Internet is mainly just an idea.	
							</text>
						</object>
						<object id="1268">
							<ocn>1268</ocn>
							<text class="norm">	
								But it will become a reality, and that means the way we get access to the Internet today is a technology in transition. Policy makers should not make policy on the basis of technology in transition. They should make policy on the basis of where the technology is going. The question should not be, how should the law regulate sharing in this world? The question should be, what law will we require when the network becomes the network it is clearly becoming? That network is one in which every machine with electricity is essentially on the Net; where everywhere you are--except maybe the desert or the Rockies--you can instantaneously be connected to the Internet. Imagine the Internet as ubiquitous as the best cell-phone service, where with the flip of a device, you are connected.	
							</text>
						</object>
						<object id="1269">
							<ocn>1269</ocn>
							<text class="norm">	
								In that world, it will be extremely easy to connect to services that give you access to content on the fly--such as Internet radio, content that is streamed to the user when the user demands. Here, then, is the critical point: When it is extremely easy to connect to services that give access to content, it will be easier to connect to services that give you access to content than it will be to download and store content on the many devices you will have for playing content. It will be easier, in other words, to subscribe than it will be to be a database manager, as everyone in the download-sharing world of Napster-like technologies essentially is. Content services will compete with content sharing, even if the services charge money for the content they give access to. Already cell-phone services in Japan offer music (for a fee) streamed over cell phones (enhanced with plugs for headphones). The Japanese are paying for this content even though "free" content is available in the form of MP3s across the Web.8	
							</text>
						</object>
						<object id="1270">
							<ocn>1270</ocn>
							<text class="norm">	
								This point about the future is meant to suggest a perspective on the present: It is emphatically temporary. The "problem" with file sharing--to the extent there is a real problem--is a problem that will increasingly disappear as it becomes easier to connect to the Internet. And thus it is an extraordinary mistake for policy makers today to be "solving" this problem in light of a technology that will be gone tomorrow. The question should not be how to regulate the Internet to eliminate file sharing (the Net will evolve that problem away). The question instead should be how to assure that artists get paid, during this transition between twentieth-century models for doing business and twenty-first-century technologies.	
							</text>
						</object>
						<object id="1271">
							<ocn>1271</ocn>
							<text class="norm">	
								The answer begins with recognizing that there are different "problems" here to solve. Let's start with type D content--uncopyrighted content or copyrighted content that the artist wants shared. The "problem" with this content is to make sure that the technology that would enable this kind of sharing is not rendered illegal. You can think of it this way: Pay phones are used to deliver ransom demands, no doubt. But there are many who need to use pay phones who have nothing to do with ransoms. It would be wrong to ban pay phones in order to eliminate kidnapping.	
							</text>
						</object>
						<object id="1272">
							<ocn>1272</ocn>
							<text class="norm">	
								Type C content raises a different "problem." This is content that was, at one time, published and is no longer available. It may be unavailable because the artist is no longer valuable enough for the record label he signed with to carry his work. Or it may be unavailable because the work is forgotten. Either way, the aim of the law should be to facilitate the access to this content, ideally in a way that returns something to the artist.	
							</text>
						</object>
						<object id="1273">
							<ocn>1273</ocn>
							<text class="norm">	
								Again, the model here is the used book store. Once a book goes out of print, it may still be available in libraries and used book stores. But libraries and used book stores don't pay the copyright owner when someone reads or buys an out-of-print book. That makes total sense, of course, since any other system would be so burdensome as to eliminate the possibility of used book stores' existing. But from the author's perspective, this "sharing" of his content without his being compensated is less than ideal.	
							</text>
						</object>
						<object id="1274">
							<ocn>1274</ocn>
							<text class="norm">	
								The model of used book stores suggests that the law could simply deem out-of-print music fair game. If the publisher does not make copies of the music available for sale, then commercial and noncommercial providers would be free, under this rule, to "share" that content, even though the sharing involved making a copy. The copy here would be incidental to the trade; in a context where commercial publishing has ended, trading music should be as free as trading books.	
							</text>
						</object>
						<object id="1275">
							<ocn>1275</ocn>
							<text class="norm">	
								Alternatively, the law could create a statutory license that would ensure that artists get something from the trade of their work. For example, if the law set a low statutory rate for the commercial sharing of content that was not offered for sale by a commercial publisher, and if that rate were automatically transferred to a trust for the benefit of the artist, then businesses could develop around the idea of trading this content, and artists would benefit from this trade.	
							</text>
						</object>
						<object id="1276">
							<ocn>1276</ocn>
							<text class="norm">	
								This system would also create an incentive for publishers to keep works available commercially. Works that are available commercially would not be subject to this license. Thus, publishers could protect the right to charge whatever they want for content if they kept the work commercially available. But if they don't keep it available, and instead, the computer hard disks of fans around the world keep it alive, then any royalty owed for such copying should be much less than the amount owed a commercial publisher.	
							</text>
						</object>
						<object id="1277">
							<ocn>1277</ocn>
							<text class="norm">	
								The hard case is content of types A and B, and again, this case is hard only because the extent of the problem will change over time, as the technologies for gaining access to content change. The law's solution should be as flexible as the problem is, understanding that we are in the middle of a radical transformation in the technology for delivering and accessing content.	
							</text>
						</object>
						<object id="1278">
							<ocn>1278</ocn>
							<text class="norm">	
								So here's a solution that will at first seem very strange to both sides in this war, but which upon reflection, I suggest, should make some sense.	
							</text>
						</object>
						<object id="1279">
							<ocn>1279</ocn>
							<text class="norm">	
								Stripped of the rhetoric about the sanctity of property, the basic claim of the content industry is this: A new technology (the Internet) has harmed a set of rights that secure copyright. If those rights are to be protected, then the content industry should be compensated for that harm. Just as the technology of tobacco harmed the health of millions of Americans, or the technology of asbestos caused grave illness to thousands of miners, so, too, has the technology of digital networks harmed the interests of the content industry.	
							</text>
						</object>
						<object id="1280">
							<ocn>1280</ocn>
							<text class="norm">	
								I love the Internet, and so I don't like likening it to tobacco or asbestos. But the analogy is a fair one from the perspective of the law. And it suggests a fair response: Rather than seeking to destroy the Internet, or the p2p technologies that are currently harming content providers on the Internet, we should find a relatively simple way to compensate those who are harmed.	
							</text>
						</object>
						<object id="1281">
							<ocn>1281</ocn>
							<text class="norm">	
								The idea would be a modification of a proposal that has been floated by Harvard law professor William Fisher.9 Fisher suggests a very clever way around the current impasse of the Internet. Under his plan, all content capable of digital transmission would (1) be marked with a digital watermark (don't worry about how easy it is to evade these marks; as you'll see, there's no incentive to evade them). Once the content is marked, then entrepreneurs would develop (2) systems to monitor how many items of each content were distributed. On the basis of those numbers, then (3) artists would be compensated. The compensation would be paid for by (4) an appropriate tax.	
							</text>
						</object>
						<object id="1282">
							<ocn>1282</ocn>
							<text class="norm">	
								Fisher's proposal is careful and comprehensive. It raises a million questions, most of which he answers well in his upcoming book, Promises to Keep. The modification that I would make is relatively simple: Fisher imagines his proposal replacing the existing copyright system. I imagine it complementing the existing system. The aim of the proposal would be to facilitate compensation to the extent that harm could be shown. This compensation would be temporary, aimed at facilitating a transition between regimes. And it would require renewal after a period of years. If it continues to make sense to facilitate free exchange of content, supported through a taxation system, then it can be continued. If this form of protection is no longer necessary, then the system could lapse into the old system of controlling access.	
							</text>
						</object>
						<object id="1283">
							<ocn>1283</ocn>
							<text class="norm">	
								Fisher would balk at the idea of allowing the system to lapse. His aim is not just to ensure that artists are paid, but also to ensure that the system supports the widest range of "semiotic democracy" possible. But the aims of semiotic democracy would be satisfied if the other changes I described were accomplished--in particular, the limits on derivative uses. A system that simply charges for access would not greatly burden semiotic democracy if there were few limitations on what one was allowed to do with the content itself.	
							</text>
						</object>
						<object id="1284">
							<ocn>1284</ocn>
							<text class="norm">	
								No doubt it would be difficult to calculate the proper measure of "harm" to an industry. But the difficulty of making that calculation would be outweighed by the benefit of facilitating innovation. This background system to compensate would also not need to interfere with innovative proposals such as Apple's MusicStore. As experts predicted when Apple launched the MusicStore, it could beat "free" by being easier than free is. This has proven correct: Apple has sold millions of songs at even the very high price of 99 cents a song. (At 99 cents, the cost is the equivalent of a per-song CD price, though the labels have none of the costs of a CD to pay.) Apple's move was countered by Real Networks, offering music at just 79 cents a song. And no doubt there will be a great deal of competition to offer and sell music on-line.	
							</text>
						</object>
						<object id="1285">
							<ocn>1285</ocn>
							<text class="norm">	
								This competition has already occurred against the background of "free" music from p2p systems. As the sellers of cable television have known for thirty years, and the sellers of bottled water for much more than that, there is nothing impossible at all about "competing with free." Indeed, if anything, the competition spurs the competitors to offer new and better products. This is precisely what the competitive market was to be about. Thus in Singapore, though piracy is rampant, movie theaters are often luxurious--with "first class" seats, and meals served while you watch a movie--as they struggle and succeed in finding ways to compete with "free."	
							</text>
						</object>
						<object id="1286">
							<ocn>1286</ocn>
							<text class="norm">	
								This regime of competition, with a backstop to assure that artists don't lose, would facilitate a great deal of innovation in the delivery of content. That competition would continue to shrink type A sharing. It would inspire an extraordinary range of new innovators--ones who would have a right to the content, and would no longer fear the uncertain and barbarically severe punishments of the law.	
							</text>
						</object>
						<object id="1287">
							<ocn>1287</ocn>
							<text class="norm">	
								In summary, then, my proposal is this:	
							</text>
						</object>
						<object id="1288">
							<ocn>1288</ocn>
							<text class="norm">	
								The Internet is in transition. We should not be regulating a technology in transition. We should instead be regulating to minimize the harm to interests affected by this technological change, while enabling, and encouraging, the most efficient technology we can create.	
							</text>
						</object>
						<object id="1289">
							<ocn>1289</ocn>
							<text class="norm">	
								We can minimize that harm while maximizing the benefit to innovation by	
							</text>
						</object>
						<object id="1290">
							<ocn>1290</ocn>
							<text class="indent1">	
								1. guaranteeing the right to engage in type D sharing;	
							</text>
						</object>
						<object id="1291">
							<ocn>1291</ocn>
							<text class="indent1">	
								2. permitting noncommercial type C sharing without liability, and commercial type C sharing at a low and fixed rate set by statute;	
							</text>
						</object>
						<object id="1292">
							<ocn>1292</ocn>
							<text class="indent1">	
								3. while in this transition, taxing and compensating for type A sharing, to the extent actual harm is demonstrated.	
							</text>
						</object>
						<object id="1293">
							<ocn>1293</ocn>
							<text class="norm">	
								But what if "piracy" doesn't disappear? What if there is a competitive market providing content at a low cost, but a significant number of consumers continue to "take" content for nothing? Should the law do something then?	
							</text>
						</object>
						<object id="1294">
							<ocn>1294</ocn>
							<text class="norm">	
								Yes, it should. But, again, what it should do depends upon how the facts develop. These changes may not eliminate type A sharing. But the real issue is not whether it eliminates sharing in the abstract. The real issue is its effect on the market. Is it better (a) to have a technology that is 95 percent secure and produces a market of size x, or (b) to have a technology that is 50 percent secure but produces a market of five times x? Less secure might produce more unauthorized sharing, but it is likely to also produce a much bigger market in authorized sharing. The most important thing is to assure artists' compensation without breaking the Internet. Once that's assured, then it may well be appropriate to find ways to track down the petty pirates.	
							</text>
						</object>
						<object id="1295">
							<ocn>1295</ocn>
							<text class="norm">	
								But we're a long way away from whittling the problem down to this subset of type A sharers. And our focus until we're there should not be on finding ways to break the Internet. Our focus until we're there should be on how to make sure the artists are paid, while protecting the space for innovation and creativity that the Internet is.	
							</text>
						</object>
					</content>
				</contents2>
				<contents2>
					<heading>
						<object id="1296">
							<ocn>1296</ocn>
							<nametag>5</nametag>
							<text class="heading_content_2">5. Fire Lots of Lawyers</text>
						</object>
					</heading>
					<content>
						<object id="1297">
							<ocn>1297</ocn>
							<text class="norm">	
								I'm a lawyer. I make lawyers for a living. I believe in the law. I believe in the law of copyright. Indeed, I have devoted my life to working in law, not because there are big bucks at the end but because there are ideals at the end that I would love to live.	
							</text>
						</object>
						<object id="1298">
							<ocn>1298</ocn>
							<text class="norm">	
								Yet much of this book has been a criticism of lawyers, or the role lawyers have played in this debate. The law speaks to ideals, but it is my view that our profession has become too attuned to the client. And in a world where the rich clients have one strong view, the unwillingness of the profession to question or counter that one strong view queers the law.	
							</text>
						</object>
						<object id="1299">
							<ocn>1299</ocn>
							<text class="norm">	
								The evidence of this bending is compelling. I'm attacked as a "radical" by many within the profession, yet the positions that I am advocating are precisely the positions of some of the most moderate and significant figures in the history of this branch of the law. Many, for example, thought crazy the challenge that we brought to the Copyright Term Extension Act. Yet just thirty years ago, the dominant scholar and practitioner in the field of copyright, Melville Nimmer, thought it obvious.10	
							</text>
						</object>
						<object id="1300">
							<ocn>1300</ocn>
							<text class="norm">	
								However, my criticism of the role that lawyers have played in this debate is not just about a professional bias. It is more importantly about our failure to actually reckon the costs of the law.	
							</text>
						</object>
						<object id="1301">
							<ocn>1301</ocn>
							<text class="norm">	
								Economists are supposed to be good at reckoning costs and benefits. But more often than not, economists, with no clue about how the legal system actually functions, simply assume that the transaction costs of the legal system are slight.11 They see a system that has been around for hundreds of years, and they assume it works the way their elementary school civics class taught them it works.	
							</text>
						</object>
						<object id="1302">
							<ocn>1302</ocn>
							<text class="norm">	
								But the legal system doesn't work. Or more accurately, it doesn't work for anyone except those with the most resources. Not because the system is corrupt. I don't think our legal system (at the federal level, at least) is at all corrupt. I mean simply because the costs of our legal system are so astonishingly high that justice can practically never be done.	
							</text>
						</object>
						<object id="1303">
							<ocn>1303</ocn>
							<text class="norm">	
								These costs distort free culture in many ways. A lawyer's time is billed at the largest firms at more than $400 per hour. How much time should such a lawyer spend reading cases carefully, or researching obscure strands of authority? The answer is the increasing reality: very little. The law depended upon the careful articulation and development of doctrine, but the careful articulation and development of legal doctrine depends upon careful work. Yet that careful work costs too much, except in the most high-profile and costly cases.	
							</text>
						</object>
						<object id="1304">
							<ocn>1304</ocn>
							<text class="norm">	
								The costliness and clumsiness and randomness of this system mock our tradition. And lawyers, as well as academics, should consider it their duty to change the way the law works--or better, to change the law so that it works. It is wrong that the system works well only for the top 1 percent of the clients. It could be made radically more efficient, and inexpensive, and hence radically more just.	
							</text>
						</object>
						<object id="1305">
							<ocn>1305</ocn>
							<text class="norm">	
								But until that reform is complete, we as a society should keep the law away from areas that we know it will only harm. And that is precisely what the law will too often do if too much of our culture is left to its review.	
							</text>
						</object>
						<object id="1306">
							<ocn>1306</ocn>
							<text class="norm">	
								Think about the amazing things your kid could do or make with digital technology--the film, the music, the Web page, the blog. Or think about the amazing things your community could facilitate with digital technology--a wiki, a [barn raising], activism to change something. Think about all those creative things, and then imagine cold molasses poured onto the machines. This is what any regime that requires permission produces. Again, this is the reality of Brezhnev's Russia.	
							</text>
						</object>
						<object id="1307">
							<ocn>1307</ocn>
							<text class="norm">	
								The law should regulate in certain areas of culture--but it should regulate culture only where that regulation does good. Yet lawyers rarely test their power, or the power they promote, against this simple pragmatic question: "Will it do good?" When challenged about the expanding reach of the law, the lawyer answers, "Why not?"	
							</text>
						</object>
						<object id="1308">
							<ocn>1308</ocn>
							<text class="norm">	
								We should ask, "Why?" Show me why your regulation of culture is needed. Show me how it does good. And until you can show me both, keep your lawyers away.	
							</text>
						</object>
					</content>
	</contents2>
	</contents1>
	</heading2>
	<heading2>
		<heading>
			<object id="1309">
				<ocn>1309</ocn>
				<text class="heading_section_2">NOTES</text>
			</object>
		</heading>
						<object id="1310">
							<ocn>1310</ocn>
							<text class="norm">	
								Throughout this text, there are references to links on the World Wide Web. As anyone who has tried to use the Web knows, these links can be highly unstable. I have tried to remedy the instability by redirecting readers to the original source through the Web site associated with this book. For each link below, you can go to &lt;<link xmlns:xlink="http://www.w3.org/1999/xlink" xlink:type="simple" xlink:href="http://free-culture.cc/notes">http://free-culture.cc/notes</link>&gt; and locate the original source by clicking on the number after the # sign. If the original link remains alive, you will be redirected to that link. If the original link has disappeared, you will be redirected to an appropriate reference for the material.	
							</text>
						</object>
	</heading2>
	<heading2>
		<heading>
			<object id="1311">
				<ocn>1311</ocn>
				<text class="heading_section_2">ACKNOWLEDGMENTS</text>
			</object>
		</heading>
						<object id="1312">
							<ocn>1312</ocn>
							<text class="norm">	
								This book is the product of a long and as yet unsuccessful struggle that began when I read of Eric Eldred's war to keep books free. Eldred's work helped launch a movement, the free culture movement, and it is to him that this book is dedicated. I received guidance in various places from friends and academics, including Glenn Brown, Peter DiCola, Jennifer Mnookin, Richard Posner, Mark Rose, and Kathleen Sullivan. And I received correction and guidance from many amazing students at Stanford Law School and Stanford University. They included Andrew B. Coan, John Eden, James P. Fellers, Christopher Guzelian, Erica Goldberg, Robert Hall- man, Andrew Harris, Matthew Kahn, Brian Link, Ohad Mayblum, Alina Ng, and Erica Platt. I am particularly grateful to Catherine Crump and Harry Surden, who helped direct their research, and to Laura Lynch, who brilliantly managed the army that they assembled, and provided her own critical eye on much of this. Yuko Noguchi helped me to understand the laws of Japan as well as its culture. I am thankful to her, and to the many in Japan who helped me prepare this book: Joi Ito, Takayuki Matsutani, Naoto Misaki, Michihiro Sasaki, Hiromichi Tanaka, Hiroo Yamagata, and Yoshihiro Yonezawa. I am thankful as well as to Professor Nobuhiro Nakayama, and the Tokyo University Business Law Center, for giving me the chance to spend time in Japan, and to Tadashi Shiraishi and Kiyokazu Yamagami for their generous help while I was there. These are the traditional sorts of help that academics regularly draw upon. But in addition to them, the Internet has made it possible to receive advice and correction from many whom I have never even met. Among those who have responded with extremely helpful advice to requests on my blog about the book are Dr. Mohammad Al-Ubaydli, David Gerstein, and Peter DiMauro, as well as a long list of those who had specific ideas about ways to develop my argument. They included Richard Bondi, Steven Cherry, David Coe, Nik Cubrilovic, Bob Devine, Charles Eicher, Thomas Guida, Elihu M. Gerson, Jeremy Hunsinger, Vaughn Iverson, John Karabaic, Jeff Keltner, James Lindenschmidt, K. L. Mann, Mark Manning, Nora McCauley, Jeffrey McHugh, Evan McMullen, Fred Norton, John Pormann, Pedro A. D. Rezende, Shabbir Safdar, Saul Schleimer, Clay Shirky, Adam Shostack, Kragen Sitaker, Chris Smith, Bruce Steinberg, Andrzej Jan Taramina, Sean Walsh, Matt Wasserman, Miljenko Williams, "Wink," Roger Wood, "Ximmbo da Jazz," and Richard Yanco. (I apologize if I have missed anyone; with computers come glitches, and a crash of my e-mail system meant I lost a bunch of great replies.) Richard Stallman and Michael Carroll each read the whole book in draft, and each provided extremely helpful correction and advice. Michael helped me to see more clearly the significance of the regulation of derivitive works. And Richard corrected an embarrassingly large number of errors. While my work is in part inspired by Stallman's, he does not agree with me in important places throughout this book. Finally, and forever, I am thankful to Bettina, who has always insisted that there would be unending happiness away from these battles, and who has always been right. This slow learner is, as ever, grateful for her perpetual patience and love.	
							</text>
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				<heading>
					<object id="1313">
						<ocn>1313</ocn>
						<nametag>about</nametag>
						<text class="heading_content_1">ABOUT THE AUTHOR</text>
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				</heading>
					<content>
						<object id="1314">
							<ocn>1314</ocn>
							<text class="norm">	
								<image xmlns:xlink="http://www.w3.org/1999/xlink" xlink:type="simple" xlink:actuate="onLoad" xlink:show="embed" xlink:href="../_sisu/image/lessig.jpg" width="151" height="227" />[lessig.jpg]  "Lawrence Lessig"	
							</text>
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						<object id="1315">
							<ocn>1315</ocn>
							<text class="norm">	
								LAWRENCE LESSIG ( &lt;<link xmlns:xlink="http://www.w3.org/1999/xlink" xlink:type="simple" xlink:href="http://www.lessig.org">http://www.lessig.org</link>&gt; ), professor of law and a John A. Wilson Distinguished Faculty Scholar at Stanford Law School, is founder of the Stanford Center for Internet and Society and is chairman of the Creative Commons ( &lt;<link xmlns:xlink="http://www.w3.org/1999/xlink" xlink:type="simple" xlink:href="http://creativecommons.org">http://creativecommons.org</link>&gt; ). The author of The Future of Ideas (Random House, 2001) and Code: And Other Laws of Cyberspace (Basic Books, 1999), Lessig is a member of the boards of the Public Library of Science, the Electronic Frontier Foundation, and Public Knowledge. He was the winner of the Free Software Foundation's Award for the Advancement of Free Software, twice listed in BusinessWeek's "e.biz 25," and named one of Scientific American's "50 visionaries." A graduate of the University of Pennsylvania, Cambridge University, and Yale Law School, Lessig clerked for Judge Richard Posner of the U.S. Seventh Circuit Court of Appeals.	
							</text>
						</object>
					</content>
			</contents1>
			<contents1>
				<heading>
					<object id="1316">
						<ocn>1316</ocn>
						<nametag>misc</nametag>
						<text class="heading_content_1">Other Works and REVIEWS of FreeCulture</text>
					</object>
				</heading>
					<content>
						<object id="1317">
							<ocn>1317</ocn>
							<text class="norm">	
								&lt;<link xmlns:xlink="http://www.w3.org/1999/xlink" xlink:type="simple" xlink:href="http://www.lessig.org/blog/archives/001840.shtml">http://www.lessig.org/blog/archives/001840.shtml</link>&gt;	
							</text>
						</object>
						<object id="1318">
							<ocn>1318</ocn>
							<text class="norm">	
								&lt;<link xmlns:xlink="http://www.w3.org/1999/xlink" xlink:type="simple" xlink:href="http://www.free-culture.cc/reviews/">http://www.free-culture.cc/reviews/</link>&gt;	
							</text>
						</object>
					</content>
			</contents1>
			<contents1>
				<heading>
					<object id="1319">
						<ocn>1319</ocn>
						<nametag>jacket</nametag>
						<text class="heading_content_1">JACKET</text>
					</object>
				</heading>
					<content>
						<object id="1320">
							<ocn>1320</ocn>
							<text class="norm">	
								"FREE CULTURE is an entertaining and important look at the past and future of the cold war between the media industry and new technologies."	
							</text>
						</object>
						<object id="1321">
							<ocn>1321</ocn>
							<text class="norm">	
								-- Marc Andreessen, cofounder of Netscape	
							</text>
						</object>
						<object id="1322">
							<ocn>1322</ocn>
							<text class="norm">	
								"The twenty-first century could be the century of unprecedented creativity, but only if we embrace the brilliantly articulated messages in Lawrence Lessig's FREE CULTURE. This book is beautifully written, crisply argued, and deeply provocative. Please read it!"	
							</text>
						</object>
						<object id="1323">
							<ocn>1323</ocn>
							<text class="norm">	
								-- John Seely Brown, coauthor of THE SOCIAL LIFE OF INFORMATION and former Chief Scientist, Xerox PARC	
							</text>
						</object>
						<object id="1324">
							<ocn>1324</ocn>
							<text class="norm">	
								"America needs a national conversation about the way in which so-called 'intellectual property rights' have come to dominate the rights of scholars, researchers, and everyday citizens. A copyright cartel, bidding for absolute control over digital worlds, music, and movies, now has a veto over technological innovation and has halted most contributions to the public domain from which so many have benefited. The patent system has spun out of control, giving enormous power to entrenched interests, and even trademarks are being misused. Lawrence Lessig's latest book is essential reading for anyone who want to join this conversation. He explains how technology and the law are robbing us of the public domain; but for all his educated pessimism, Professor Lessig offers some solutions, too, because he recognizes that technology can be the catalyst for freedom. If you care about the future of innovation, read this book."	
							</text>
						</object>
						<object id="1325">
							<ocn>1325</ocn>
							<text class="norm">	
								-- Dan Gillmor, author of MAKING THE NEWS, an upcoming book on the collision of media and technology	
							</text>
						</object>
						<object id="1326">
							<ocn>1326</ocn>
							<text class="norm">	
								"FREE CULTURE goes beyond illuminating the catastrophe to our culture of increasing regulation to show examples of how we can make a different future. These new-style heroes and examples are rooted in the traditions of the founding fathers in ways that seem obvious after reading this book. Recommended reading to those trying to unravel the shrill hype around 'intellectual property.'"	
							</text>
						</object>
						<object id="1327">
							<ocn>1327</ocn>
							<text class="norm">	
								-- Brewster Kahle, founder of the Internet Archive	
							</text>
						</object>
						<object id="1328">
							<ocn>1328</ocn>
							<text class="norm">	
								Endnotes	
							</text>
						</object>
						<object id="1329">
							<ocn>1329</ocn>
							<text class="norm">	
								Endnotes	
							</text>
						</object>
					</content>
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