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     * SiSU http://www.jus.uio.no/sisu
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	<meta>Titre:</meta>
	<data class="md">
		Culture Libre - Comment les m&#233;dias utilisent la technologie et la loi pour confisquer la culture et contr&#244;ler la cr&#233;ativit&#233;
	</data>
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	<meta>Auteur:</meta>
	<data class="md">
		Lawrence Lessig
	</data>
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	<meta>Traducteur:</meta>
	<data class="md">
		See Wikisource http://fr.wikisource.org/wiki/Culture_Libre
	</data>
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	<meta>Droits relatifs à la ressource:</meta>
	<data class="md">
		Copyright (C) Lawrence Lessig, 2004. Free Culture is Licensed under a Creative Commons License. This License permits non-commercial use of this work, so long as attribution is given. For more information about the license, visit http://creativecommons.org/licenses/by-nc/1.0/ ;
	</data>
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	<meta>Éditeur:</meta>
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		SiSU ‹&#60;text:a xlink:type='simple' xlink:href='http://www.jus.uio.no/sisu'&#62;http://www.jus.uio.no/sisu&#60;/text:a&#62;› (this copy)
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	<meta>Date de création:</meta>
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		2004-04-08
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	<meta>Date de publication:</meta>
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		2004-04-11
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	<meta>Date de mise à disposition:</meta>
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		2004-04-11
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	<meta>Date de modification:</meta>
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		2004-04-11
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	<meta>Date de validité:</meta>
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		2004-04-11
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		2004-04-08
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	<meta>Fichier source:</meta>
	<data class="md">
		free_culture.lawrence_lessig~fr.sst
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		SiSU text 0.72
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		G&#233;n&#233;r&#233; par: SiSU 2.8.2 of 2011w10/5 (2011-03-11)
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		Fri Mar 11 09:36:09 -0500 2011
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	<ocn>1</ocn>
	<text class="h1">
		Culture Libre - Comment les m&#233;dias utilisent la technologie et la
loi pour confisquer la culture et contr&#244;ler la
cr&#233;ativit&#233;,<br />Lawrence Lessig
	</text>
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<object id="2">
	<ocn>2</ocn>
	<text class="h2">
		PREFACE
	</text>
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<object id="3">
	<ocn>3</ocn>
	<text class="norm">
		&#192; la fin de sa critique de mon premier livre, Code: And Other Laws
of Cyberspace, David Pogue, un brillant auteur de nombreux textes
informatiques et techniques, &#233; crivait:
	</text>
</object>
<object id="4">
	<ocn>4</ocn>
	<text class="indent1">
		Contrairement &#224; la loi v&#233;ritable, Internet n'a pas la
capacit&#233; de punir. Il n'affecte pas les gens qui ne sont pas en
ligne (et seule une petite minorit&#233; de la population mondiale
l'est). Et si vous n'aimez pas Internet, vous pouvez toujours &#233;
teindre le modem.<en>1</en>
	</text>
	<endnote notenumber="1">
		<number>1</number>
		<note>
			David Pogue, "Don't Just Chat, Do Something," New York Times, 30
January 2000.
		</note>
	</endnote>
</object>
<object id="5">
	<ocn>5</ocn>
	<text class="norm">
		Pogue &#233; tait sceptique vis-&#224;-vis de l'argument principal du
livre, &#224; savoir que le logiciel, ou le &#171; code &#187; ,
fonctionne comme une sorte de loi. Sa critique sugg&#233;rait
l'heureuse id&#233;e que si la vie dans le cyberespace tournait mal,
nous pouvions toujours actionner l'interrupteur, et abracadabra! &#234;
tre de retour &#224; la maison. Coupons le modem, d&#233;branchons
l'ordinateur, et tout probl&#232;me existant dans cet espace cesse de
nous toucher.
	</text>
</object>
<object id="6">
	<ocn>6</ocn>
	<text class="norm">
		Pogue avait peut-&#234;tre raison en 1999. Je suis sceptique, mais
peut-&#234;tre. Mais quand bien m&#234;me il aurait eu raison &#224;
l'&#233;poque, ce n'est plus le cas aujourd'hui: Culture Libre traite
des probl&#232;mes caus&#233;s par Internet m&#234;me une fois que le
modem est &#233; teint. Ce livre d&#233;montre comment les batailles
qui font rage aujourd'hui concernant la vie en ligne affectent
fondamentalement ceux &#171; qui ne sont pas en ligne &#187; . Il n'y a
plus d'interrupteur pour nous isoler des effets d'Internet.
	</text>
</object>
<object id="7">
	<ocn>7</ocn>
	<text class="norm">
		Mais contrairement &#224; Code, le sujet de ce livre n'est pas
tellement Internet en soi. Le sujet en est plut&#244;t les effets
d'Internet sur une de nos traditions, qui est bien plus fondamentale
et, aussi difficile &#224; admettre que ce soit pour certains
passionn&#233;s d'informatique et de technologies, bien plus
importante.
	</text>
</object>
<object id="8">
	<ocn>8</ocn>
	<text class="norm">
		Cette tradition, c'est la mani&#232;re dont notre culture est
cr&#233;&#233;e. Comme je l'explique dans les pages qui suivent, nous
venons d'une tradition de &#171; culture libre &#187; : non pas libre
au sens de gratuit, pour reprendre la phrase du fondateur du logiciel
libre,<en>2</en> mais libre comme dans &#171; expression libre &#187; ,
&#171; march&#233;s libres &#187; , &#171; commerce libre &#187; ,
&#171; libre entreprise &#187; , &#171; libre volont&#233; &#187; , et
&#171; &#233; lections libres &#187; . Une culture libre prot&#232;ge
et soutient les cr&#233;ateurs et les innovateurs. Elle le fait d'une
mani&#232;re directe, en accordant des droits de propri&#233;t&#233;
intellectuelle. Mais elle le fait aussi indirectement, en limitant la
port&#233;e de ces droits, pour garantir que les nouveaux
cr&#233;ateurs restent aussi libres que possible d'un contr&#244;le du
pass&#233;. Une culture libre n'est pas une culture sans aucune
propri&#233;t&#233;, pas plus qu'un march&#233; libre n'est un
march&#233; dans lequel tout est gratuit. Le contraire d'une culture
libre est une &#171; culture de permissions &#187; : une culture au
sein de laquelle les cr&#233;ateurs peuvent cr&#233;er uniquement avec
la permission des puissants, ou des cr&#233;ateurs du pass&#233;.
	</text>
	<endnote notenumber="2">
		<number>2</number>
		<note>
			Richard M. Stallman, Free Software, Free Societies 57 (Joshua Gay,
ed. 2002).
		</note>
	</endnote>
</object>
<object id="9">
	<ocn>9</ocn>
	<text class="norm">
		Si nous comprenions ce changement, je pense que nous nous y
opposerions. Non pas &#171; nous &#187; &#224; gauche, ou &#171; vous
&#187; &#224; droite, mais nous tous qui ne sommes pas actionnaires de
ces industries de la culture qui ont caract&#233;ris&#233; le
vingti&#232;me si&#232;cle. Que vous soyez de gauche ou de droite, si
vous &#234; tes, en ce sens, d&#233;sint&#233;ress&#233;s, alors
l'histoire que je raconte ici va vous toucher. Car les changements que
je d&#233;cris touchent &#224; des valeurs que les deux bords de notre
culture politique tiennent pour fondamentales.
	</text>
</object>
<object id="10">
	<ocn>10</ocn>
	<text class="norm">
		Nous avons eu un aper&#231;u de cette union sacr&#233;e au d&#233;but
de l'&#233;t&#233; 2003. Lorsque la FCCNdT1 envisagea d'assouplir la
r&#233;glementation qui limite la concentration des m&#233;dias, une
coalition extraordinaire se mit en place, et la FCC re&#231;ut plus de
700.000 lettres de protestation contre ce changement. Lorsque William
Safire se d&#233;crivit d&#233;filant &#171; mal &#224; l'aise, au
c&#244;t&#233; du mouvement des Femmes en Rose pour la Paix et de la
National Rifle Association, entre la lib&#233;rale Olympia Snowe et le
conservateur Ted Stevens &#187; , il eut une formule simple pour
d&#233;crire ce qui &#233; tait en jeu : la concentration du pouvoir.
Il demanda:
	</text>
</object>
<object id="11">
	<ocn>11</ocn>
	<text class="indent1">
		Ceci vous para&#238;t-il anti-conservateur ? Pas &#224; moi. Les
conservateurs devraient jeter l'anath&#232;me contre la concentration
du pouvoir, qu'il soit politique, d'entreprise, m&#233;diatique,
culturel. La diffusion du pouvoir jusqu'&#224; l'&#233;chelon local,
encourageant ainsi la participation individuelle, est l'essence
m&#234;me du f&#233;d&#233;ralisme et la plus grande expression de la
d&#233;mocratie3.<en>3</en>
	</text>
	<endnote notenumber="3">
		<number>3</number>
		<note>
			William Safire, "The Great Media Gulp," New York Times, 22 May 2003.
		</note>
	</endnote>
</object>
<object id="12">
	<ocn>12</ocn>
	<text class="norm">
		Cette id&#233;e est un &#233; l&#233;ment de l'argumentation de Culture
Libre. Cependant, mon sujet n'est pas juste la concentration du pouvoir
qui r&#233;sulte d'une concentration de la propri&#233;t&#233;, mais
plut&#244;t, peut-&#234;tre parce que c'est moins visible, la
concentration du pouvoir qui r&#233;sulte d'un changement radical dans
la port&#233;e pratique de la loi. La loi est en train de changer; ce
changement modifie la fa&#231;on dont notre culture est
cr&#233;&#233;e. Ce changement devrait vous inqui&#233;ter, que vous
vous int&#233;ressiez &#224; Internet ou non, et que vous soyez &#224;
droite ou &#224; gauche de Safire.
	</text>
</object>
<object id="13">
	<ocn>13</ocn>
	<text class="norm">
		Le titre et la plus grande partie de mon argumentation sont
inspir&#233;s du travail de Richard Stallman et de la Free Software
Foundation. A vrai dire, quand je relis le travail de Stallman, et plus
particuli&#232;rement les essais dans Free Software, Free Society, je
me rends compte que toutes les id&#233;es th&#233;oriques que je
d&#233;veloppe ici sont des id&#233;es que Stallman a d&#233;crites
voil&#224; des d&#233;cennies. Il serait donc l&#233;gitime d'affirmer
que ce travail est un &#171; simple &#187; travail d&#233;riv&#233;.
	</text>
</object>
<object id="14">
	<ocn>14</ocn>
	<text class="norm">
		J'accepte cette critique, si vraiment c'en est une. Le travail d'un
juriste est toujours un travail d&#233;riv&#233;, et je ne veux rien
faire d'autre dans ce livre que de rappeler &#224; une culture une
tradition qui a toujours &#233; t&#233; la sienne. Comme Stallman, je
d&#233;fends cette tradition sur la base de valeurs. Comme Stallman, je
crois que ces valeurs sont celles de la libert&#233;. Et comme
Stallman, je crois que ces valeurs, h&#233;rit&#233;es de notre
pass&#233;, vont avoir besoin d'&#234;tre d&#233;fendues &#224;
l'avenir. Notre pass&#233; a connu une culture libre ; notre avenir
n'en conna&#238;tra une que si nous changeons le chemin que nous sommes
en train d'emprunter aujourd'hui.
	</text>
</object>
<object id="15">
	<ocn>15</ocn>
	<text class="norm">
		Comme les arguments de Stallman pour le logiciel libre, le plaidoyer
pour une culture libre achoppe sur une confusion qui est difficile
&#224; &#233; viter, et m&#234;me encore plus difficile &#224;
comprendre. Une culture libre n'est pas une culture sans
propri&#233;t&#233; ; ce n'est pas une culture dans laquelle les
artistes ne sont pas pay&#233;s. Une culture sans propri&#233;t&#233;,
ou dans laquelle les cr&#233;ateurs ne pourraient pas &#234; tre
pay&#233;s, serait l'anarchie, et non pas la libert&#233;. Et mon
propos n'est pas de plaider pour l'anarchie.
	</text>
</object>
<object id="16">
	<ocn>16</ocn>
	<text class="norm">
		Au contraire, la culture libre que je d&#233;fends dans ce livre est un
&#233; quilibre entre anarchie et contr&#244;le. Une culture libre,
comme un march&#233; libre, est pleine de propri&#233;t&#233;. Elle est
pleine de r&#232;gles de propri&#233;t&#233;, et de contrats, que les
pouvoirs publics doivent faire respecter. Mais tout comme un
march&#233; libre est perverti quand sa propri&#233;t&#233; devient
f&#233;odale, de m&#234;me une culture libre peut &#234; tre
d&#233;voy&#233;e par un extr&#233;misme des r&#232;gles de
propri&#233;t&#233; qui la d&#233;finissent. C'est ce que je crains
pour notre culture aujourd'hui. C'est contre cet extr&#233;misme que ce
livre est &#233; crit.
	</text>
</object>
<object id="17">
	<ocn>17</ocn>
	<text class="h2">
		Introduction
	</text>
</object>
<object id="18">
	<ocn>18</ocn>
	<text class="norm">
		Le 17 d&#233;cembre 1903, sur une plage venteuse de Caroline du Nord,
en un peu moins de cent secondes, les fr&#232;res Wright
d&#233;montr&#232;rent qu'un v&#233;hicule autopropuls&#233; plus lourd
que l'air pouvait voler. Le moment fut &#233; lectrique et son
importance largement comprise. Presque imm&#233;diatement, cette
technologie nouvelle du vol habit&#233; suscita une explosion
d'int&#233;r&#234;t, et une nu&#233;e d'innovateurs se mirent &#224;
l'am&#233;liorer.
	</text>
</object>
<object id="19">
	<ocn>19</ocn>
	<text class="norm">
		A l'&#233;poque o&#250; les fr&#232;res Wright inventaient l'avion, la
loi am&#233;ricaine stipulait que le propri&#233;taire d'un terrain
&#233; tait non seulement propri&#233;taire de la surface de son
terrain, mais de tout le sous-sol, jusqu'au centre de la terre, et de
tout l'espace au-dessus, "jusqu'&#224; l'infini."<en>4</en> Depuis des
ann&#233;es, les &#233; rudits s'&#233;taient demand&#233; comment
interpr&#233;ter au mieux l'id&#233;e que des droits de
propri&#233;t&#233; terrestres puissent monter jusqu'aux cieux. Cela
signifiait-il que vous poss&#233;diez les &#233; toiles? Pouviez vous
poursuivre les oies en justice, pour violations de propri&#233;t&#233;
volontaires et r&#233;p&#233;t&#233;es?
	</text>
	<endnote notenumber="4">
		<number>4</number>
		<note>
			St. George Tucker, Blackstone's Commentaries 3 (South Hackensack,
N.J.: Rothman Reprints, 1969), 18.
		</note>
	</endnote>
</object>
<object id="20">
	<ocn>20</ocn>
	<text class="norm">
		Puis vinrent les avions, et pour la premi&#232;re fois, ce principe de
la loi am&#233;ricaine -- profond&#233;ment ancr&#233; dans notre
tradition, et reconnu par les plus importants juristes de notre
pass&#233; -- prenait de l'importance. Si ma terre s'&#233;tend
jusqu'aux cieux, qu'advient-il quand un avion d'United Airlines survole
mon champ? Ai-je le droit de lui interdire ma propri&#233;t&#233;?
Ai-je le droit de mettre en place un accord d'autorisation exclusive au
profit de Delta Airlines? Pouvons nous organiser des ench&#232;res pour
d&#233;terminer la valeur de ces droits?
	</text>
</object>
<object id="21">
	<ocn>21</ocn>
	<text class="norm">
		En 1945, ces questions donn&#232;rent lieu &#224; un proc&#232;s
f&#233;d&#233;ral. Quand des fermiers de Caroline du Nord, Thomas Lee
et Tinie Causby commenc&#232;rent &#224; perdre des poulets &#224;
cause d'avions militaires volant &#224; basse altitude (apparemment les
poulets terroris&#233;s se jetaient contre les murs du poulailler et en
mouraient), ils port&#232;rent plainte au motif que le gouvernement
violait leur propri&#233;t&#233;. Bien entendu, les avions n'avaient
jamais touch&#233; la surface du terrain des Causby. Mais si, comme
l'avaient d&#233;clar&#233; en leur temps Blackstone, Kent et Coke,
leur terrain s'&#233;tendait "vers le haut jusqu'&#224; l'infini,"
alors le gouvernement commettait une violation de propri&#233;t&#233;,
et les Causby voulaient que cela cesse.
	</text>
</object>
<object id="22">
	<ocn>22</ocn>
	<text class="norm">
		La Cour supr&#234;me accepta d'entendre le cas des Causby. Le
Congr&#232;s avait d&#233;clar&#233; les voies a&#233;riennes
publiques. Mais si le droit de propri&#233;t&#233; s'&#233;tendait
r&#233;ellement jusqu'aux espaces c&#233;lestes, alors la
d&#233;claration du Congr&#232;s pouvait tr&#232;s bien &#234; tre
anticonstitutionnelle, car elle constituait une expropriation sans
d&#233;dommagement. La Cour reconnut que "selon l'ancienne doctrine les
droits de propri&#233;t&#233; fonci&#232;re s'&#233;tendent
jusqu'&#224; la p&#233;riph&#233;rie de l'univers." Mais le Juge
Douglas n'avait pas la patience d'&#233;couter l'ancienne doctrine. En
un simple paragraphe adress&#233; &#224; la Cour, il annula des
centaines d'ann&#233;es de droit foncier:
	</text>
</object>
<object id="23">
	<ocn>23</ocn>
	<text class="indent1">
		[La] doctrine n'a pas sa place dans le monde moderne. L'espace
a&#233;rien est public, comme l'a d&#233;clar&#233; le Congr&#232;s. Si
ce n'&#233;tait pas vrai, n'importe quel op&#233;rateur de vol
transcontinentaux serait expos&#233; &#224; des plaintes sans nombre,
pour violation de propri&#233;t&#233;. Le sens commun se r&#233;volte
&#224; cette id&#233;e. Donner raison &#224; des revendications
priv&#233;es sur l'espace a&#233;rien entra&#238;nerait une paralysie
des lignes a&#233;riennes, compromettrait profond&#233;ment leur
d&#233;veloppement et leur contr&#244;le dans l'int&#233;r&#234;t
public, et reviendrait &#224; privatiser un bien qui a vocation &#224;
&#234; tre public.<en>5</en>
	</text>
	<endnote notenumber="5">
		<number>5</number>
		<note>
			United States v. Causby, (link) U.S. 328 (1946): 256, 261]. The Court
did find that there could be a "taking" if the government's use of its
land effectively destroyed the value of the Causbys' land. This example
was suggested to me by Keith Aoki's wonderful piece, "(Intellectual)
Property and Sovereignty:Notes Toward a Cultural Geography of
Authorship," Stanford Law Review 48 (1996): 1293, 1333. See also Paul
Goldstein, Real Property (Mineola, N.Y.: Foundation Press, 1984),
1112-13.
		</note>
	</endnote>
</object>
<object id="24">
	<ocn>24</ocn>
	<text class="norm">
		"Le sens commun se r&#233;volte &#224; cette id&#233;e."
	</text>
</object>
<object id="25">
	<ocn>25</ocn>
	<text class="norm">
		C'est comme &#231; a que la loi fonctionne en g&#233;n&#233;ral. Pas
souvent de fa&#231;on aussi abrupte et impatiente, mais en
d&#233;finitive, c'est comme &#231; a qu'elle fonctionne. C'&#233;tait
le style de Douglas de ne pas tergiverser. D'autres juges auraient
noirci des pages et des pages pour arriver &#224; la m&#234;me
conclusion, que Douglas fit tenir en une seule ligne: "le sens commun
se r&#233;volte &#224; cette id&#233;e". Mais qu'elle tienne en
quelques mots ou en plusieurs pages, le g&#233;nie particulier d'un
syst&#232;me de droit commun comme le n&#244;tre est que la loi
s'adapte aux technologies de son &#233; poque. Et en s'adaptant, elle
change. Des id&#233;es qui un jour semblent solides comme le roc sont
friables le lendemain.
	</text>
</object>
<object id="26">
	<ocn>26</ocn>
	<text class="norm">
		Ou du moins, c'est ainsi que les choses se passent quand il n'y
personne de puissant pour s'opposer au changement. Les Causby
n'&#233;taient que des fermiers. Et bien qu'il y eut sans doute de
beaucoup de gens f&#226;ch&#233;s comme eux par le trafic a&#233;rien
naissant (on esp&#232;re quand m&#234;me que peu de poulets se jetaient
contre les murs), tous les Causby du monde auraient eu beaucoup de mal
&#224; s'unir et &#224; arr&#234;ter l'id&#233;e, et la technique, que
les fr&#232;res Wright avaient fait na&#238;tre. Les fr&#232;res Wright
avaient ajout&#233; l'avion au pot commun technologique; le concept se
r&#233;pandit comme un virus dans un poulailler; les fermiers comme
Causby se trouv&#232;rent brutalement confront&#233;s &#224; "ce qui
semblait raisonnable" &#233; tant donn&#233; la technologie
invent&#233;e par les Wright. Ils pouvaient &#224; loisir, debout dans
leurs fermes, poulets morts &#224; la main, menacer du poing ces
nouvelles technologies. Ils pouvaient alerter leurs &#233; lus, ou
m&#234;me aller en justice. Mais en fin de compte, la force de
l'&#233;vidence -- le pouvoir du "bon sens" -- allait l'emporter. Il
n'&#233;tait pas possible de permettre que leur int&#233;r&#234;t
"priv&#233;" nuise &#224; un int&#233;r&#234;t public &#233; vident.
	</text>
</object>
<object id="27">
	<ocn>27</ocn>
	<text class="norm">
		<b>Edwin Howard Armstrong</b> est un des inventeurs g&#233;niaux
oubli&#233;s de l'Am&#233;rique. Il entra sur la sc&#232;ne des grands
inventeurs am&#233;ricains juste apr&#232;s des g&#233;ants comme
Thomas Edison et Alexandre Graham Bell. Mais son travail dans le
domaine de la technique radiophonique fut peut &#234; tre, de celle de
tous les inventeurs individuels, la plus importante des cinquante
premi&#232;res ann&#233;es de la radio. Il avait re&#231;u une
meilleure instruction que Michael Faraday, qui avait d&#233;couvert en
1831 l'induction &#233; lectrique alors qu'il &#233; tait
apprenti-relieur. Mais il avait la m&#234;me intuition au sujet de la
mani&#232;re dont les ondes radio fonctionnaient, et en trois occasions
au moins, Armstrong inventa des technologies extr&#234;mement
importantes qui firent avancer notre compr&#233;hension de la radio.
	</text>
</object>
<object id="28">
	<ocn>28</ocn>
	<text class="norm">
		Au lendemain de No&#235;l 1933, quatre brevets furent accord&#233;s
&#224; Armstrong pour son invention la plus importante: la radio FM.
Jusque l&#224;, les radios grand public &#233; mettaient en modulation
d'amplitude (AM). Les th&#233;oriciens de l'&#233;poque avaient
d&#233;clar&#233; que la radio en modulation de fr&#233;quence (FM) ne
pourrait jamais fonctionner. Ils avaient raison pour la radio FM dans
une bande &#233; troite de fr&#233;quences. Mais Armstrong
d&#233;couvrit que la radio &#224; modulation de fr&#233;quence dans
une large bande de spectre d&#233;livrait un son d'une
fid&#233;lit&#233; &#233; tonnante, avec beaucoup moins de parasites,
et n&#233;cessitant bien moins de puissance d'&#233;mission.
	</text>
</object>
<object id="29">
	<ocn>29</ocn>
	<text class="norm">
		Il fit une d&#233;monstration de cette technologie le 5 novembre 1935,
au cours d'une r&#233;union de l'Institut des Ing&#233;nieurs Radio,
&#224; l'Empire State Building de New York. Il tourna le bouton de
r&#233;glage de la radio, captant au passage une multitude
d'&#233;mission AM, jusqu'&#224; ce qu'il trouve l'&#233;mission qu'il
avait pr&#233;par&#233;e, l'&#233;metteur &#233; tant situ&#233; &#224;
vingt-sept kilom&#232;tres de l&#224;. La radio se fit tout &#224; fait
silencieuse, comme si le poste &#233; tait mort, et alors, avec une
clart&#233; que personne dans la pi&#232;ce n'avait jamais entendue
venant d'un appareil &#233; lectrique, elle reproduisit la voix d'un
animateur: &#171; Ici la radio amateur W2AG &#224; Yonkers, New York,
&#233; mettant en modulation de fr&#233;quence &#224; deux m&#232;tres
cinquante. &#187;
	</text>
</object>
<object id="30">
	<ocn>30</ocn>
	<text class="norm">
		L'auditoire entendit alors ce que personne n'avait cru possible:
	</text>
</object>
<object id="31">
	<ocn>31</ocn>
	<text class="indent1">
		On versa un verre d'eau &#224; Yonkers, devant le microphone: le bruit
ressemblait &#224; celui de l'eau qui coule... On froissa et
d&#233;chira une feuille de papier: le bruit fut celui du papier, et
non le gr&#233;sillement d'un feu de for&#234;t... On passa un disque
des marches de Sousa, et on joua un solo de piano et un air de
guitare... La musique se r&#233;pandit avec une clart&#233; rarement,
voire jamais entendue venant d'une "bo&#238;te &#224; musique"
radiophonique.<en>6</en>
	</text>
	<endnote notenumber="6">
		<number>6</number>
		<note>
			Lawrence Lessing, Man of High Fidelity: Edwin Howard Armstrong
(Philadelphia: J. B. Lipincott Company, 1956), 209.
		</note>
	</endnote>
</object>
<object id="32">
	<ocn>32</ocn>
	<text class="norm">
		Comme nous le sugg&#232;re notre bon sens, Armstrong avait
d&#233;couvert une technologie de radio tr&#232;s sup&#233;rieure. Mais
&#224; l'&#233;poque de son invention, Armstrong travaillait pour la
RCA. La RCA &#233; tait alors l'acteur dominant du march&#233; alors
dominant de la radios AM. Vers 1935, il existait un millier de stations
de radio &#224; travers les Etats-Unis, mais les stations des grandes
villes appartenaient toutes &#224; une poign&#233;e de r&#233;seaux.
	</text>
</object>
<object id="33">
	<ocn>33</ocn>
	<text class="norm">
		Le directeur de la RCA, David Sarnoff, un ami d'Armstrong, voulait
qu'Armstrong trouve un moyen de supprimer les parasites de la radio AM.
Il fut donc fort enthousiasm&#233; quand celui-ci lui annon&#231;a
qu'il avait un syst&#232;me pour supprimer les parasites de la "radio".
Mais quand Armstrong lui montra son invention, Sarnoff ne fut pas
content.
	</text>
</object>
<object id="34">
	<ocn>34</ocn>
	<text class="indent1">
		"Je pensais qu'Armstrong allait inventer une sorte de filtre pour
enlever les parasites de notre radio AM. Je ne pensais pas qu'il allait
lancer une r&#233;volution: d&#233;marrer une fichue nouvelle industrie
qui entrerait en comp&#233;tition avec la RCA".<en>7</en>
	</text>
	<endnote notenumber="7">
		<number>7</number>
		<note>
			See "Saints: The Heroes and Geniuses of the Electronic Era," First
Electronic Church of America, at www.webstationone.com/fecha, available
at link #1.
		</note>
	</endnote>
</object>
<object id="35">
	<ocn>35</ocn>
	<text class="norm">
		L'invention d'Armstrong mena&#231;ait l'empire de la RCA, et la firme
entreprit d'&#233;touffer la radio FM. La FM &#233; tait peut-&#234;tre
une technologie sup&#233;rieure, mais Sarnoff &#233; tait un tacticien
sup&#233;rieur. Comme le d&#233;crit un auteur,
	</text>
</object>
<object id="36">
	<ocn>36</ocn>
	<text class="indent1">
		Les atouts de la FM, essentiellement d'ordre technique, ne faisaient
pas le poids face aux efforts des marchands, bureaux de brevets et
cabinets d'avocats, pour &#233; loigner cette menace contre l'industrie
dominante. Car la FM, si on la laissait se d&#233;velopper librement,
impliquait (...) un bouleversement des rapports de force au sein de la
radio (...) et &#224; long terme l'abandon du syst&#232;me
soigneusement contr&#244;l&#233; de radio AM, gr&#226;ce auquel la RCA
avait b&#226;ti son empire.<en>8</en>
	</text>
	<endnote notenumber="8">
		<number>8</number>
		<note>
			Lessing, 226.
		</note>
	</endnote>
</object>
<object id="37">
	<ocn>37</ocn>
	<text class="norm">
		Au d&#233;but, la RCA confina la technologie au sein de l'entreprise,
en insistant sur le fait qu'il &#233; tait n&#233;cessaire de faire des
exp&#233;riences suppl&#233;mentaires. Quand, apr&#232;s deux ans de
tests, Armstrong s'impatienta, la RCA commen&#231;a &#224; utiliser son
pouvoir aupr&#232;s du gouvernement pour bloquer le d&#233;ploiement de
la radio FM dans son ensemble. En 1936, la RCA engagea l'ancien
directeur de la FCC, avec pour mission de faire en sorte que la FCC
attribuerait les fr&#233;quences de mani&#232;re &#224; castrer la FM,
essentiellement en d&#233;pla&#231;ant la radio FM vers une
diff&#233;rente bande du spectre. Au d&#233;but, ces efforts &#233;
chou&#232;rent. Mais quand l'attention d'Armstrong et de la nation
furent d&#233;tourn&#233;e par la seconde guerre mondiale, le travail
de la RCA commmen&#231;a &#224; porter des fruits. Peu apr&#232;s la
fin de la guerre, la FCC annon&#231;a un ensemble de mesures clairement
destin&#233;es &#224; paralyser la radio FM. Comme Lawrence Lessing le
d&#233;crivit:
	</text>
</object>
<object id="38">
	<ocn>38</ocn>
	<text class="indent1">
		La s&#233;rie de coups qu'a re&#231;u la radio FM juste apr&#232;s la
guerre, sous forme de r&#233;glements dict&#233;s, &#224; travers la
FCC, par les int&#233;r&#234;ts des grandes maisons de radio, &#233;
taient d'une force et d'un caract&#232;re retors incroyables.<en>9</en>
	</text>
	<endnote notenumber="9">
		<number>9</number>
		<note>
			Lessing, 256.
		</note>
	</endnote>
</object>
<object id="39">
	<ocn>39</ocn>
	<text class="norm">
		Afin de faire lib&#233;rer des fr&#233;quences pour le dernier pari de
la RCA, la t&#233;l&#233;vision, les utilisateurs de la radio FM
allaient &#234; tre d&#233;plac&#233;s vers une bande de
fr&#233;quences totalement nouvelle. Il fallut aussi diminuer la
puissance des &#233; metteurs radio FM, ce qui signifiait qu'on ne
pouvait plus utiliser la FM pour radiodiffuser d'un bout &#224; l'autre
du pays. (Ce changement fut tr&#232;s fortement soutenu par AT&amp;T,
parce que la perte d'&#233;metteurs relais FM impliquait que les
stations radios auraient &#224; acheter des liaisons filaires &#224;
AT&amp;T.) La progression de la radio FM fut ainsi &#233; touff&#233;e,
du moins provisoirement.
	</text>
</object>
<object id="40">
	<ocn>40</ocn>
	<text class="norm">
		Armstrong r&#233;sista aux efforts de la RCA. En r&#233;ponse, la RCA
r&#233;sista aux brevets d'Armstrong. Apr&#232;s avoir incorpor&#233;
la technologie FM dans les standards &#233; mergents de la
t&#233;l&#233;vision, la RCA d&#233;clara les brevets invalides, sans
raison, et presque quinze ans apr&#232;s leur d&#233;p&#244;t.
L'entreprise refusa donc de lui payer des royalties. Pendant six ans,
Armstrong livra une co&#252;teuse guerre l&#233;gale pour d&#233;fendre
ses brevets. Finalement, juste au moment o&#250; les brevets
expiraient, la RCA proposa de transiger pour une somme si faible
qu'elle ne couvrait m&#234;me pas les frais d'avocats d'Armstrong.
D&#233;fait, bris&#233;, et d&#233;sormais ruin&#233;, Armstrong &#233;
crivit en 1954 un court billet &#224; sa femme, et se donna la mort en
se jetant par la fen&#234;tre du treizi&#232;me &#233; tage.
	</text>
</object>
<object id="41">
	<ocn>41</ocn>
	<text class="norm">
		C'est ainsi que la loi fonctionne parfois. Pas souvent de mani&#232;re
aussi tragique, et rarement accompagn&#233;e d'histoires
h&#233;ro&#239;ques, mais parfois, c'est ainsi qu'elle fonctionne.
Depuis toujours, le gouvernement et ses agences ont fait l'objet de
d&#233;tournements. Ceci a plus de chance de se produire si des
int&#233;r&#234;ts puissants se trouvent menac&#233;s par des
changements l&#233;gaux ou techniques. Ces int&#233;r&#234;ts
puissants, trop souvent, exercent leur influence au sein du
gouvernement pour obtenir sa protection. Bien s&#252;r, la
rh&#233;torique excusant cette protection est toujours inspir&#233;e
par la d&#233;fense de l'int&#233;r&#234;t public; la r&#233;alit&#233;
est quelque peu diff&#233;rente. Des id&#233;es qui un jour semblent
solides comme le roc, mais qui laiss&#233;es &#224; elles-m&#234;mes se
seraient effrit&#233;es le lendemain, se maintiennent gr&#226;ce &#224;
cette corruption subtile de notre processus politique. La RCA avait ce
que les Causby n'avaient pas: le pouvoir de confisquer les effets du
progr&#232;s technique.
	</text>
</object>
<object id="42">
	<ocn>42</ocn>
	<text class="norm">
		Internet n'a pas &#233; t&#233; invent&#233; par une seule personne. On
ne peut pas non plus lui attribuer une date de naissance pr&#233;cise.
Cependant, en tr&#232;s peu de temps, Internet est entr&#233; dans les
moeurs am&#233;ricaines. D'apr&#232;s le "Pew Internet and American
Life Project", 58 pour cent des Am&#233;ricains avaient acc&#232;s
&#224; Internet en 2002, contre 49 pour cent deux ans
auparavant.<en>10</en> Ce nombre pourrait bien d&#233;passer les deux
tiers de la nation avant la fin 2004.
	</text>
	<endnote notenumber="10">
		<number>10</number>
		<note>
			Amanda Lenhart, "The Ever-Shifting Internet Population: A New Look
at Internet Access and the Digital Divide," Pew Internet and American
Life Project, 15 April 2003: 6, available at link #2.
		</note>
	</endnote>
</object>
<object id="43">
	<ocn>43</ocn>
	<text class="norm">
		Au fur et &#224; mesure qu'Internet s'est int&#233;gr&#233; &#224; la
vie ordinaire, il a chang&#233; certaines choses. Certains de ces
changements sont d'ordre technique: Internet a rendu les communications
plus rapides, rassembler des donn&#233;es est devenu moins
co&#252;teux, et ainsi de suite. Ces changements techniques ne sont pas
le sujet de ce livre. Certes, ils sont importants. Certes, ils ne sont
pas bien compris. Mais ils font partie des choses qui
dispara&#238;traient si nous arr&#234;tions tout &#224; coup d'utiliser
Internet. Ils ne touchent pas les gens qui n'utilisent pas Internet, ou
du moins, ils ne les touchent pas directement. Ils pourraient faire le
sujet d'un livre sur Internet. Mais ceci n'est pas un livre sur
Internet.
	</text>
</object>
<object id="44">
	<ocn>44</ocn>
	<text class="norm">
		Le sujet de ce livre est plut&#244;t un effet d'Internet, mais qui va
au-del&#224; d'Internet: un effet sur la fa&#231;on dont la culture est
&#233; labor&#233;e. Ma th&#232;se est qu'Internet a introduit dans ce
processus un changement important, et dont nous n'avons pas encore pris
conscience. Ce changement va transformer radicalement une tradition qui
est aussi ancienne que notre R&#233;publique. La plupart des gens,
s'ils avaient conscience de ce changement, le refuseraient. Cependant,
la plupart ne voient m&#234;me pas ce qu'Internet a chang&#233;.
	</text>
</object>
<object id="45">
	<ocn>45</ocn>
	<text class="norm">
		Nous pouvons percevoir ce changement en distinguant culture commerciale
et culture non commerciale, et en comparant les aspects l&#233;gaux de
chacune. Par "culture commerciale", j'entends cette partie de la
culture qui est produite et vendue, ou qui est produite pour &#234; tre
vendue. Par "culture non commerciale", j'entends tout le reste. Quand
un vieil homme s'asseyait autrefois dans un parc ou &#224; un coin de
rue pour raconter des histoires que les enfants (ou les adultes)
consommaient, c'&#233;tait de la culture non commerciale. Quand Noah
Webster faisait publier son "Reader", ou Joel Barlow sa po&#233;sie,
c'&#233;tait de la culture commerciale.
	</text>
</object>
<object id="46">
	<ocn>46</ocn>
	<text class="norm">
		Au d&#233;but de notre histoire, et pour l'essentiel de notre
tradition, la culture non commerciale a &#233; t&#233; non
r&#233;glement&#233;e. Bien s&#252;r, si vos histoires &#233; taient
obsc&#232;nes, ou si votre chanson troublait l'ordre public, il &#233;
tait possible que la loi intervienne. Mais la loi laissait cette
culture libre, et n'intervenait jamais directement dans sa
cr&#233;ation ou sa diffusion. Les moyens habituels par lesquels les
citoyens ordinaires partageaient et transformaient leur culture
(raconter des histoires, rejouer des sc&#232;nes de th&#233;atre ou de
t&#233;l&#233;vision, participer &#224; des club d'amateurs, partager
de la musique, enregistrer des cassettes) n'&#233;taient pas
r&#233;glement&#233;s.
	</text>
</object>
<object id="47">
	<ocn>47</ocn>
	<text class="norm">
		La loi r&#233;gulait seulement la cr&#233;ation commerciale. Au
d&#233;but l&#233;g&#232;rement, puis d'une fa&#231;on assez
exhaustive, la loi a prot&#233;g&#233; les int&#233;r&#234;ts des
cr&#233;ateurs, en leur accordant des droits exclusifs sur leurs
cr&#233;ations, de fa&#231;on &#224; ce qu'ils puissent vendre ces
droits sur un march&#233; commercial8.<en>11</en> Bien s&#252;r, ceci
repr&#233;sente aussi une partie importante de la cr&#233;ation
culturelle, et cette partie est devenue de plus en plus importante en
Am&#233;rique. Mais en aucun cas elle n'a &#233; t&#233; un &#233;
l&#233;ment dominant de notre tradition. Au contraire, &#231; a
n'&#233;tait qu'une partie de notre culture, sous contr&#244;le, et
&#233; quilibr&#233;e par la partie libre.
	</text>
	<endnote notenumber="11">
		<number>11</number>
		<note>
			This is not the only purpose of copyright, though it is the
overwhelmingly primary purpose of the copyright established in the
federal constitution. State copyright law historically protected not
just the commercial interest in publication, but also a privacy
interest. By granting authors the exclusive right to first publication,
state copyright law gave authors the power to control the spread of
facts about them. See Samuel D. Warren and Louis D. Brandeis, "The
Right to Privacy," Harvard Law Review 4 (1890): 193, 198-200.
		</note>
	</endnote>
</object>
<object id="48">
	<ocn>48</ocn>
	<text class="norm">
		Aujourd'hui, cette d&#233;marcation nette entre le libre et le
"contr&#244;l&#233;" a disparu.<en>12</en> Internet a pr&#233;par&#233;
le terrain &#224; cette disparition, et avec l'appui des m&#233;dias,
la loi y a contribu&#233;. Pour la premi&#232;re fois dans notre
tradition, les moyens habituels par lesquels les individus cr&#233;ent
et partagent leur culture tombent sous le coup de la loi, qui a &#233;
tendu son emprise &#224; des pans entiers de la culture jusqu'ici
libres de tout contr&#244;le. La technologie, qui jusqu'ici avait
pr&#233;serv&#233; l'&#233;quilibre historique entre la culture libre
et la culture n&#233;cessitant une "permission", a &#233; t&#233;
d&#233;faite. La cons&#233;quence est que notre culture est de moins en
moins libre, et de plus en plus une culture de permissions.
	</text>
	<endnote notenumber="12">
		<number>12</number>
		<note>
			See Jessica Litman, Digital Copyright (New York: Prometheus Books,
2001), ch. 13.
		</note>
	</endnote>
</object>
<object id="49">
	<ocn>49</ocn>
	<text class="norm">
		On nous justifie ce changement comme n&#233;cessaire &#224; la
protection de la cr&#233;ation commerciale. Et en effet, sa motivation
est pr&#233;cis&#233;ment le protectionnisme. Mais le protectionnisme
qui justifie le changement que je d&#233;cris plus loin n'est pas d'un
genre limit&#233; et &#233; quilibr&#233;, comme celui qui
caract&#233;risait la loi dans le pass&#233;. Il ne s'agit pas d'un
protectionnisme qui prot&#232;ge les artistes. C'est plut&#244;t un
protectionnisme qui permet de prot&#233;ger certains secteurs
d'activit&#233;. Certaines corporations, menac&#233;es par le potentiel
qu'a Internet de changer la mani&#232;re dont la culture, commerciale
ou non, est produite et partag&#233;e, se sont unies pour inciter le
l&#233;gislateur &#224; les prot&#233;ger. C'est l'histoire de la RCA
et Armstrong; c'est le r&#234;ve des Causby.
	</text>
</object>
<object id="50">
	<ocn>50</ocn>
	<text class="norm">
		Car pour beaucoup de gens, Internet a lib&#233;r&#233; une
possibilit&#233; extraordinaire, de participer &#224; la cr&#233;ation
et &#224; l'&#233;laboration d'une certaine culture, qui rayonne bien
au-del&#224; des fronti&#232;res locales. Cette possibilit&#233; a
chang&#233; les conditions de cr&#233;ation et d'&#233;laboration de la
culture en g&#233;n&#233;ral, et ce changement menace les industries
&#233; tablies du contenu. Ainsi, Internet est aux fabricants et
distributeurs de contenu du vingti&#232;me si&#232;cle ce que la radio
FM fut &#224; la radio AM, ou ce que le camion f&#252;t au chemin de
fer du XIX si&#232;cle: le d&#233;but de la fin, ou du moins une
transformation substantielle. Les technologies num&#233;riques,
li&#233;es &#224; Internet, pourraient g&#233;n&#233;rer un march&#233;
de la culture plus concurrentiel et plus dynamique; ce march&#233;
pourrait accueillir des cr&#233;ateurs plus vari&#233;s et plus
nombreux. Ces cr&#233;ateurs pourraient proposer et distribuer des
cr&#233;ations plus vari&#233;es et plus nombreuses; et, en fonction de
quelques facteurs importants, ces cr&#233;ateurs pourraient, en
moyenne, mieux gagner leur vie dans ce systeme qu'ils ne le font
aujourd'hui -- du moins si les RCA de notre temps n'utilisent pas la
loi pour se prot&#233;ger de cette concurrence.
	</text>
</object>
<object id="51">
	<ocn>51</ocn>
	<text class="norm">
		Cependant, comme je le montre dans les pages qui suivent, c'est
exactement ce qui est en train de se produire dans notre culture
aujourd'hui. Ces &#233; quivalents actuels des radios du d&#233;but du
vingti&#232;me si&#232;cle ou des chemins de fer du dix-neuvi&#232;me
si&#232;cle usent de leur influence pour que la loi les prot&#232;ge
contre ces moyens nouveaux, plus efficaces, et plus dynamiques, de
fabriquer la culture. Il sont en train de r&#233;ussir &#224;
transformer Internet avant qu'Internet ne les transforme.
	</text>
</object>
<object id="52">
	<ocn>52</ocn>
	<text class="norm">
		Beaucoup de gens ne voient pas les choses de cette mani&#232;re. Les
batailles au sujet du copyright et d'Internet leur semblent &#233;
loign&#233;es. Pour les rares personnes qui y pr&#234;tent attention,
elles semblent surtout se r&#233;sumer &#224; de simples
interrogations, &#224; savoir: le "piratage" va-t'il &#234; tre
autoris&#233;, et la "propri&#233;t&#233;" va-t'elle &#234; tre
prot&#233;g&#233;e. La "guerre" qui a &#233; t&#233; engag&#233;e
contre les technologies de l'Internet, et que Jack Valenti, le
pr&#233;sident de la Motion Picture Association of America (MPAA)
appelle sa "guerre anti-terroriste personnelle"<en>13</en> a &#233;
t&#233; pr&#233;sent&#233;e comme une bataille pour faire r&#233;gner
la loi et pour faire respecter la propri&#233;t&#233;. Pour savoir de
quel c&#244;t&#233; se ranger dans cette guerre, il suffirait
simplement de d&#233;cider si nous sommes pour ou contre la
propri&#233;t&#233;.
	</text>
	<endnote notenumber="13">
		<number>13</number>
		<note>
			Amy Harmon, "Black Hawk Download: Moving Beyond Music, Pirates Use
New Tools to Turn the Net into an Illicit Video Club," New York Times,
17 January 2002.
		</note>
	</endnote>
</object>
<object id="53">
	<ocn>53</ocn>
	<text class="norm">
		Si c'&#233;tait vraiment l&#224; l'alternative, alors je serais du
c&#244;t&#233; de Jack Valenti et de l'industrie du contenu. Moi aussi,
je crois en la propri&#233;t&#233;, et particuli&#232;rement en
l'importance de ce que M. Valenti appelle po&#233;tiquement la
"propri&#233;t&#233; cr&#233;atrice". Je crois que le "piratage" est
mauvais, et que la loi, intelligemment &#233; crite, devrait punir le
"piratage", que ce soit sur Internet ou ailleurs.
	</text>
</object>
<object id="54">
	<ocn>54</ocn>
	<text class="norm">
		Mais ces id&#233;es simples cachent une question bien plus fondamentale
et un changement bien plus important. Ma crainte est que, &#224; moins
que nous n'arrivions &#224; comprendre ce changement, la guerre pour
d&#233;barrasser le monde des "pirates" d'Internet ne d&#233;barrasse
aussi notre culture de certaines valeurs qui ont fond&#233; notre
soci&#233;t&#233; depuis ses d&#233;buts.
	</text>
</object>
<object id="55">
	<ocn>55</ocn>
	<text class="norm">
		Ces valeurs ont fond&#233; une tradition qui, pendant les 180
premi&#232;res ann&#233;es de notre R&#233;publique au moins, a garanti
aux cr&#233;ateurs le droit de s'inspirer librement du pass&#233;, et a
prot&#233;g&#233; cr&#233;ateurs et innovateurs du contr&#244;le de
l'Etat ou d'un contr&#244;le priv&#233;. Le Premier Amendement (NdT: de
la Constitution) prot&#232;ge les cr&#233;ateurs du contr&#244;le de
l'Etat. Et comme le d&#233;montre avec force le professeur Neil
Netanel,<en>14</en> la loi sur le copyright, bien equilibr&#233;e,
prot&#232;ge les cr&#233;ateurs du contr&#244;le priv&#233;. Notre
tradition n'est donc ni sovi&#233;tique, ni une tradition de patrons.
Au contraire, elle a d&#233;limit&#233; un large espace au sein duquel
les cr&#233;ateurs ont pu &#233; laborer et &#233; tendre notre
culture.
	</text>
	<endnote notenumber="14">
		<number>14</number>
		<note>
			Neil W. Netanel, "Copyright and a Democratic Civil Society," Yale
Law Journal 106 (1996): 283.
		</note>
	</endnote>
</object>
<object id="56">
	<ocn>56</ocn>
	<text class="norm">
		Cependant la loi, en cherchant &#224; r&#233;guler les changements
technologiques li&#233;s &#224; Internet, a r&#233;pondu par une
augmentation massive de la r&#233;glementation sur la cr&#233;ation en
Am&#233;rique. Pour nous inspirer d'oeuvres existantes, ou bien pour
les critiquer, nous devons d'abord demander la permission, &#224; la
mani&#232;re d'Oliver Twist. Bien s&#252;r, la permission est souvent
accord&#233;e. Mais elle n'est pas souvent accord&#233;e &#224; un
ind&#233;pendant, ou &#224; qui veut critiquer. Nous avons
cr&#233;&#233; une sorte de noblesse culturelle. Ceux qui sont dans la
classe noble ont la vie facile, ceux qui n'y sont pas ne l'ont pas.
Mais c'est la noblesse, sous toute ses formes, qui est &#233;
trang&#232;re &#224; notre tradition.
	</text>
</object>
<object id="57">
	<ocn>57</ocn>
	<text class="norm">
		L'histoire qui suit a pour sujet cette guerre. Mon sujet n'est pas la
"place centrale de la technologie" dans notre vie quotidienne. Je ne
crois pas aux dieux, num&#233;riques ou autres. Il ne s'agit pas non
plus d'une tentative de diaboliser un individu ou un groupe, car je ne
crois pas non plus au diable, qu'il soit capitaliste ou autre. Il ne
s'agit ni d'un conte moral, ni d'un appel au jihad contre une
industrie.
	</text>
</object>
<object id="58">
	<ocn>58</ocn>
	<text class="norm">
		Il s'agit plut&#244;t d'un effort pour comprendre une guerre,
d&#233;sesp&#233;remment destructice, inspir&#233;e par les
technologies d'Internet, mais qui s'&#233;tend bien au-del&#224; du
code informatique. Et en nous faisant comprendre cette guerre, c'est un
effort pour trouver la paix. La dispute en cours autour des
technologies d'Internet n'a aucune bonne raison de continuer. Notre
tradition et notre culture souffriront beaucoup si cette guerre se
prolonge de fa&#231;on injustifi&#233;e. Nous devons comprendre les
racines du conflit. Nous devons le r&#233;soudre vite.
	</text>
</object>
<object id="59">
	<ocn>59</ocn>
	<text class="norm">
		Comme la bataille des Causby, l'objet du conflit, est, en partie, la
"propri&#233;t&#233;". La propri&#233;t&#233; dans cette guerre n'est
pas aussi palpable que celle des Causby, et aucun poulet innocent n'y a
perdu la vie. Pourtant, pour une majorit&#233; de gens, les id&#233;es
qui accompagnent cette notion de "propri&#233;t&#233;" sont aussi
&#233; videntes que l'inviolabilit&#233; de leur ferme ne l'&#233;tait
aux yeux des Causby. Nous sommes comme les Causby. Ainsi, la plupart
d'entre nous tiennent pour acquis les extraordinaires revendications
faites de nos jours par les d&#233;tenteurs de "propri&#233;t&#233;
intellectuelle". La plupart d'entre nous, comme les Causby,
consid&#232;rons que ces revendications sont &#233; videntes. Et par
cons&#233;quent, comme les Causby, nous protestons quand une nouvelle
technologie interf&#232;re avec cette propri&#233;t&#233;. Tout comme
pour eux, il nous semble clair que ces nouvelles technologies
d'Internet violent une revendication l&#233;gitime de
"propri&#233;t&#233;". Tout comme pour eux, il nous semble clair que la
loi doit intervenir pour faire cesser cette violation.
	</text>
</object>
<object id="60">
	<ocn>60</ocn>
	<text class="norm">
		Et par cons&#233;quent, quand des passionn&#233;s d'informatique ou de
technologie veulent d&#233;fendre ce qu'ils appellent des technologies
&#224; la Armstrong ou &#224; la Wright Brothers, nous restons
indiff&#233;rents. Le sens commun ne se r&#233;volte pas. Contrairement
au cas des malheureux Causby, le sens commun est du c&#244;t&#233; des
propri&#233;taires dans cette guerre. Contrairement aux heureux
fr&#232;res Wright, Internet n'a pas inspir&#233; de r&#233;volution en
sa faveur.
	</text>
</object>
<object id="61">
	<ocn>61</ocn>
	<text class="norm">
		Mon souhait est de faire &#233; voluer ce sens commun. Je m'&#233;tonne
de plus en plus du pouvoir de cette id&#233;e de propri&#233;t&#233;
intellectuelle, et surtout de sa capacit&#233; &#224; handicaper le
sens critique des hommes politiques et des citoyens. Jamais dans notre
histoire la partie "poss&#233;d&#233;e" de notre "culture" n'a &#233;
t&#233; aussi importante qu'aujourd'hui. Et pourtant, la concentration
du pouvoir qui contr&#244;le les usages de cette culture n'a jamais
&#233; t&#233; aussi largement accept&#233;e.
	</text>
</object>
<object id="62">
	<ocn>62</ocn>
	<text class="norm">
		Le myst&#232;re, c'est: pourquoi?
	</text>
</object>
<object id="63">
	<ocn>63</ocn>
	<text class="norm">
		Aurions-nous enfin compris une v&#233;rit&#233; concernant la valeur et
l'importance d'une propri&#233;t&#233; absolue sur les id&#233;es et la
culture? Aurions-nous d&#233;couvert que notre tradition a eu tort de
rejeter une revendication aussi absolue?
	</text>
</object>
<object id="64">
	<ocn>64</ocn>
	<text class="norm">
		Ou bien est-ce parce que l'id&#233;e d'une propri&#233;t&#233; absolue
des id&#233;es et de la culture b&#233;n&#233;ficie aux RCA de notre
&#233; poque, et ne nous choque pas &#224; premi&#232;re vue?
	</text>
</object>
<object id="65">
	<ocn>65</ocn>
	<text class="norm">
		Cette d&#233;rive brutale par rapport &#224; notre tradition de libre
culture est-elle le fait d'une Am&#233;rique corrigeant une erreur de
son pass&#233;, comme elle l'a fait apr&#232;s une guerre sanglante
contre l'esclavage, et comme elle le fait lentement avec les
in&#233;galit&#233;s? Ou bien n'est-elle qu'une manifestation de plus
d'un syst&#232;me politique d&#233;tourn&#233; par une poign&#233;e
d'int&#233;r&#234;ts particuliers puissants?
	</text>
</object>
<object id="66">
	<ocn>66</ocn>
	<text class="norm">
		Si le sens commun conduit &#224; l'extr&#233;misme sur ces questions,
est-ce vraiment parce qu'il croit &#224; cet extr&#233;misme? Ou alors,
est-ce que le sens commun c&#232;de devant l'extr&#233;misme, parce
que, comme dans le cas d'Armstrong contre la RCA, le c&#244;t&#233; le
plus puissant s'est arrang&#233; pour imposer ses vues?
	</text>
</object>
<object id="67">
	<ocn>67</ocn>
	<text class="norm">
		Je ne cherche pas &#224; &#234; tre myst&#233;rieux. Mon opinion
personnelle est faite. Je crois qu'il &#233; tait juste que le sens
commun se r&#233;volte contre l'extr&#233;misme des Causby. Je crois
qu'il serait juste que le sens commun se r&#233;volte contre les
revendications extr&#234;mes faites aujourd'hui au nom de la
"propri&#233;t&#233; intellectuelle". Ce que la loi exige aujourd'hui
est de plus en plus stupide, un peu comme un sh&#233;rif qui
arr&#234;terait un avion pour violation de propri&#233;t&#233;.
Cependant les cons&#233;quences de cette stupidit&#233; sont bien plus
profondes.
	</text>
</object>
<object id="68">
	<ocn>68</ocn>
	<text class="norm">
		La bataille qui fait rage actuellement est centr&#233;e autour de deux
id&#233;es: le "piratage" et la "propri&#233;t&#233;." Mon but dans les
deux prochaines parties de ce livre est d'explorer ces deux id&#233;es.
	</text>
</object>
<object id="69">
	<ocn>69</ocn>
	<text class="norm">
		Ma m&#233;thode n'est pas la m&#233;thode habituelle d'un
universitaire. Je ne souhaite pas vous plonger dans des arguties
complexes, m&#226;tin&#233;es de r&#233;f&#233;rences &#224; d'obscurs
th&#233;oriciens fran&#231;ais, aussi naturel que ce soit pour les
bizarres individus que nous sommes devenus, nous autres universitaires.
Au contraire, je commence chaque partie par quelques histoires, afin
d'&#233;tablir un contexte dans lequel ces id&#233;es apparemment
simples peuvent mieux &#234; tre comprises.
	</text>
</object>
<object id="70">
	<ocn>70</ocn>
	<text class="norm">
		Les deux sections pr&#233;sentent l'id&#233;e centrale de ce livre:
alors qu'Internet a engendr&#233; quelque chose de nouveau et de
fantastique, notre gouvernement, pouss&#233; par les m&#233;dias &#224;
r&#233;pondre &#224; cette "chose nouvelle", est en train de
d&#233;truire quelque chose de tr&#232;s ancien. Plut&#244;t que
comprendre les changements que permet Internet, et au lieu de laisser
au "sens commun" le temps de trouver la meilleure r&#233;ponse
possible, nous laissons ceux qui sont le plus menac&#233;s par ces
changements user de leur influence pour changer la loi. Et bien plus
grave, pour changer quelque chose de fondamental concernant notre
identit&#233;.
	</text>
</object>
<object id="71">
	<ocn>71</ocn>
	<text class="norm">
		Nous les laissons faire, je pense, non pas parce qu'ils ont raison, ou
parce qu'une majorit&#233; d'entre nous croit r&#233;ellement en ces
changements. Nous les laissons faire parce que les int&#233;r&#234;ts
les plus menac&#233;s comptent parmi les plus puissants acteurs dans
notre syst&#232;me l&#233;gislatif d&#233;sesp&#233;r&#233;ment
corrompu. Ce livre est l'histoire d'une cons&#233;quence de plus de
cette corruption; une cons&#233;quence dont pour la plupart nous
n'avons pas conscience.
	</text>
</object>
<object id="72">
	<ocn>72</ocn>
	<text class="h2">
		Piratage
	</text>
</object>
<object id="73">
	<ocn>73</ocn>
	<text class="norm">
		La guerre contre le "piratage" est n&#233;e en m&#234;me temps que les
lois qui r&#233;glementent la propri&#233;t&#233; des cr&#233;ations.
Les contours pr&#233;cis de ce concept de "piratage" sont difficiles
&#224; cerner, mais il est facile de comprendre les injustices qu'il
entra&#238;ne. Au cours d'un proc&#232;s qui &#233; tendit le champ
d'application du droit d'auteur anglais aux partitions musicales, Lord
Mansfield &#233; crivit:
	</text>
</object>
<object id="74">
	<ocn>74</ocn>
	<text class="indent1">
		"Une personne peut utiliser la copie en interpr&#233;tant la musique,
mais elle n'a pas le droit de priver l'auteur de ses profits en
multipliant les copies et en les &#233; coulant pour son propre
compte."1
	</text>
</object>
<object id="75">
	<ocn>75</ocn>
	<text class="norm">
		Aujourd'hui, nous sommes au milieu d'une autre "guerre" contre le
"piratage". Internet a provoqu&#233; cette guerre. Internet a permis la
diffusion efficace des contenus. Le partage des fichiers en
peer-to-peer (p2p) est l'une des technologies les plus efficaces
qu'Internet a rendues possibles. Gr&#226;ce &#224; un syst&#232;me
d'information r&#233;partie, les syst&#232;mes p2p facilitent la
diffusion rapide de contenus, d'une mani&#232;re inconcevable il y a
seulement une g&#233;n&#233;ration.
	</text>
</object>
<object id="76">
	<ocn>76</ocn>
	<text class="norm">
		Cette efficacit&#233; ne tient pas compte des contraintes
traditionnellement impos&#233;es par le droit d'auteur. Le r&#233;seau
ne fait pas de diff&#233;rence entre le partage de contenu sous
copyright ou non. De ce fait, de grandes quantit&#233;s de contenus
sous copyright ont &#233; t&#233; &#233; chang&#233;s. En retour, ces
&#233; changes ont provoqu&#233; une guerre, les d&#233;tenteurs de
copyright craignant qu'ils ne "privent l'auteur de ses profits."
	</text>
</object>
<object id="77">
	<ocn>77</ocn>
	<text class="norm">
		Les guerriers du copyright se sont tourn&#233;s vers les tribunaux,
vers les l&#233;gislateurs, et, de plus en plus, vers la technologie,
pour d&#233;fendre leur "propri&#233;t&#233;" contre le "piratage". Une
g&#233;n&#233;ration d'Am&#233;ricains, nous mettent-ils en garde, est
&#233; lev&#233;e dans l'id&#233;e que la "propri&#233;t&#233;" devrait
&#234; tre "gratuite". Oubliez les tatouages, qu'importent les
piercings, nos enfants sont en train de devenir des voleurs!
	</text>
</object>
<object id="78">
	<ocn>78</ocn>
	<text class="norm">
		Il ne fait aucun doute que le "piratage" est quelque chose de mauvais,
et que les pirates devraient &#234; tre punis. Mais avant de convoquer
les bourreaux, nous devrions replacer cette notion de "piratage" dans
un certain contexte. Car si le concept est de plus en plus
utilis&#233;, on trouve, &#224; son coeur m&#234;me, une id&#233;e
assez extraordinaire qui est, presque certainement, erron&#233;e.
	</text>
</object>
<object id="79">
	<ocn>79</ocn>
	<text class="norm">
		Cette id&#233;e est &#224; peu pr&#232;s la suivante:
	</text>
</object>
<object id="80">
	<ocn>80</ocn>
	<text class="indent1">
		Le travail cr&#233;atif a de la valeur. D&#232;s que j'utilise le
travail cr&#233;atif d'autre personnes, ou que je fonde mon travail sur
le leur, je leur prends quelque chose qui a de la valeur. D&#232;s lors
que je prends quelque chose qui a de la valeur &#224; quelqu'un
d'autre, je devrais avoir son autorisation. Il est injuste de prendre
quelque chose qui a de la valeur &#224; quelqu'un sans avoir sa
permission. C'est une forme de piratage.
	</text>
</object>
<object id="81">
	<ocn>81</ocn>
	<text class="norm">
		Ce point de vue sous-tend les d&#233;bats en cours. C'est ce que
Rochelle Dreyfuss, professeur en droit &#224; l'universit&#233; de New
York, appelle la th&#233;orie "valeur implique droits" de la
propri&#233;t&#233; des cr&#233;ations2: s'il y a de la valeur, alors
quelqu'un doit avoir un droit sur cette valeur. C'est ce raisonnement
qui a amen&#233; l'ASCAP (ndT: &#233; quivalent am&#233;ricain de la
SACEM fran&#231;aise) &#224; intenter un proc&#232;s aux Girl-Scouts,
pour non-paiement des chansons que les filles chantaient autour de
leurs feux de camp3. Il y avait de la "valeur" (les chansons), donc il
devait y avoir un "droit", quand bien m&#234;me ce droit allait contre
les Girl-Scouts.
	</text>
</object>
<object id="82">
	<ocn>82</ocn>
	<text class="norm">
		Cette id&#233;e est certainement une interpr&#233;tation possible de la
fa&#231;on dont la propri&#233;t&#233; des cr&#233;ations devrait
fonctionner. Elle pourrait tr&#232;s bien servir de cadre &#224; un
syt&#232;me l&#233;gal prot&#233;geant la propri&#233;t&#233; des
cr&#233;ations. Cependant, la th&#233;orie "valeur implique droit" n'a
jamais &#233; t&#233; la th&#233;orie am&#233;ricaine de la
propri&#233;t&#233; des cr&#233;ations. Cette th&#233;orie n'a jamais
eu sa place dans notre droit.
	</text>
</object>
<object id="83">
	<ocn>83</ocn>
	<text class="norm">
		Au contraire, dans notre tradition, la propri&#233;t&#233;
intellectuelle est un moyen. C'est un moyen de favoriser
l'&#233;panouissement de la cr&#233;ation dans la soci&#233;t&#233;,
mais qui reste subordonn&#233; &#224; la valeur de la
cr&#233;ativit&#233;. Le d&#233;bat actuel constitue un revirement de
cette tradition. Nous sommes devenus si pr&#233;occup&#233;s de
prot&#233;ger l'instrument que nous perdons de vue l'objectif.
	</text>
</object>
<object id="84">
	<ocn>84</ocn>
	<text class="norm">
		&#192; l'origine de cette confusion, il y a une diff&#233;rence que la
loi ne prend plus la peine de faire: la diff&#233;rence entre d'une
part le fait de republier le travail de quelqu'un d'autre, et d'autre
part le fait de transformer ce travail, ou de se fonder sur ce travail.
Au d&#233;part, les lois sur le copyright ne concernaient que la
publication, aujourd'hui elles r&#233;glementent les deux aspects.
	</text>
</object>
<object id="85">
	<ocn>85</ocn>
	<text class="norm">
		Ce regroupement n'avait pas beaucoup d'importance avant l'apparition
d'Internet. Les proc&#233;d&#233;s de publication &#233; taient
co&#252;teux, et par cons&#233;quent la grande majorit&#233; de
l'&#233;dition &#233; tait commerciale. Les organisations commerciales
pouvaient se permettre de se conformer &#224; la loi -- m&#234;me aux
lois d'une complexit&#233; byzantine qu'&#233;taient devenues les lois
sur le copyright. Ce n'&#233;tait qu'une d&#233;pense
suppl&#233;mentaire n&#233;cessaire pour faire des affaires.
	</text>
</object>
<object id="86">
	<ocn>86</ocn>
	<text class="norm">
		Mais depuis l'apparition d'Internet, cette limite naturelle au champ
d'application de la loi a disparu. La loi ne contr&#244;le plus
seulement la cr&#233;ativit&#233; des cr&#233;ateurs commerciaux, mais
celle de tout le monde. Cette extension serait peut-&#234;tre anodine
si les lois sur le copyright ne r&#233;glementaient que la "copie".
Cependant, vu la largesse et le flou avec lesquels s'applique la loi
actuelle, cette extension prend beaucoup d'importance.
	</text>
</object>
<object id="87">
	<ocn>87</ocn>
	<text class="norm">
		Les inconv&#233;nients de cette loi d&#233;passent maintenant de
beaucoup ses avantages initiaux: elle affecte la cr&#233;ativit&#233;
non commerciale, et, de plus en plus, aussi, la cr&#233;ativit&#233;
commerciale. Comme nous le verrons plus clairement dans les chapitres
suivants, le r&#244;le de la loi est de moins en moins de soutenir la
cr&#233;ativit&#233;, et de plus en plus de prot&#233;ger certaines
industries de la comp&#233;tition. Juste au moment o&#250; les
technologies num&#233;riques auraient pu lib&#233;rer un flot
extraordinaire de cr&#233;ativit&#233;, commerciale et non commerciale,
la loi entrave cette &#233; nergie par des r&#233;glements vagues d'une
complexit&#233; insens&#233;e, et en mena&#231;ant de peines d'une
s&#233;v&#233;rit&#233; d&#233;raisonnable. Nous allons peut-&#234;tre
assister, comme l'&#233;crit Richard Florida, &#224; l'"Essor de la
classe cr&#233;ative."4 (NdT: "Rise of the Creative Class": titre d'un
livre de Richard Florida). Malheureusement, nous sommes aussi en train
d'assister &#224; une augmentation extraordinaire de la
r&#233;glementation de cette "classe cr&#233;ative". <br /> Ces
fardeaux r&#233;glementaires n'ont aucun sens dans notre tradition.
Nous devrions commencer par comprendre cette tradition un peu mieux, et
par placer dans leur vrai contexte les batailles en cours contre le
comportement &#233; tiquet&#233; "piratage".
	</text>
</object>
<object id="88">
	<ocn>88</ocn>
	<text class="h4">
		Cr&#233;ateurs
	</text>
</object>
<object id="89">
	<ocn>89</ocn>
	<text class="norm">
		En 1928 est n&#233; un personnage de dessin anim&#233;. Mickey Mouse,
premi&#232;re version, fit ses d&#233;buts en mai de cette ann&#233;e
l&#224; dans Plane Crazy, un flop retentissant. En novembre, au "Colony
Theater" de New York, dans le premier dessin anim&#233; avec son
synchronis&#233; largement distribu&#233;, le personnage qui allait
devenir Mickey Mouse prit vie dans Steamboat Willie.
	</text>
</object>
<object id="90">
	<ocn>90</ocn>
	<text class="norm">
		Le son synchronis&#233; &#233; tait apparu un an plus t&#244;t au
cin&#233;ma dans le film The Jazz Singer. Devant ce succ&#232;s, Walt
Disney copia la technique et introduisit le son dans les dessins
anim&#233;s. Personne ne savait si cela allait marcher, ou, si &#231; a
marchait, si &#231; a plairait au public. Mais apr&#232;s un premier
essai pendant l'&#233;t&#233; 1928, les r&#233;sultats furent sans
&#233; quivoque. Laissons Disney d&#233;crire cette premi&#232;re
exp&#233;rience:
	</text>
</object>
<object id="91">
	<ocn>91</ocn>
	<text class="indent1">
		"Deux de mes employ&#233;s pouvaient lire la musique, et l'un d'eux
jouait de l'harmonica. Nous les avons plac&#233;s dans une pi&#232;ce
d'o&#250; ils ne pouvaient pas voir l'&#233;cran, et nous nous sommes
d&#233;brouill&#233;s pour diffuser le son dans la pi&#232;ce o&#250;
nos &#233; pouses et nos amis s'appr&#234;taient &#224; regarder le
film.
	</text>
</object>
<object id="92">
	<ocn>92</ocn>
	<text class="indent1">
		Les gar&#231;ons travaillaient avec une partition indiquant la musique
et les effets sonores. Apr&#232;s plusieurs faux d&#233;parts, nous
r&#233;uss&#238;mes &#224; accorder le son avec l'action. L'homme
&#224; l'harmonica jouait l'air, nous autres du bruitage donnions des
coups de sifflet et des coups de casserole, dans le rythme. La
synchronisation &#233; tait presque bonne.
	</text>
</object>
<object id="93">
	<ocn>93</ocn>
	<text class="indent1">
		Notre assistance fut transport&#233;e. Les gens r&#233;agirent
d'instinct &#224; cette union du son et du mouvement. Je pensais qu'ils
me faisaient marcher. Du coup, ils me plac&#232;rent dans l'assistance,
et recommenc&#232;rent l'action. C'&#233;tait &#233; pouvantable, mais
aussi, merveilleux! Et c'&#233;tait nouveau!"1
	</text>
</object>
<object id="94">
	<ocn>94</ocn>
	<text class="norm">
		Ub Iwerks, un des plus talentueux professionnel du dessin anim&#233;,
alors associ&#233; de Disney, l'exprima plus vigoureusement: "Je n'ai
jamais &#233; t&#233; aussi excit&#233; de ma vie. Rien depuis n'a
jamais &#233; gal&#233; &#231; a."
	</text>
</object>
<object id="95">
	<ocn>95</ocn>
	<text class="norm">
		Disney avait cr&#233;&#233; quelque chose de tr&#232;s nouveau,
fond&#233; sur quelque chose d'assez nouveau. Le son synchronis&#233;
donnait vie &#224; une forme de cr&#233;ativit&#233; qui avait
rarement, sauf dans les mains de Disney, &#233; t&#233; autre chose
qu'une technique de remplissage dans d'autres films. Dans les premiers
temps de l'histoire du dessin anim&#233;, l'invention de Disney
d&#233;finit le standard que les autres allaient peiner &#224; suivre.
Et tr&#232;s souvent, le g&#233;nie de Disney, ses &#233; clairs de
cr&#233;ativit&#233;, furent fond&#233;s sur des travaux d'autres
personnes.
	</text>
</object>
<object id="96">
	<ocn>96</ocn>
	<text class="norm">
		Tout ceci est familier. Ce que vous ignorez peut-&#234;tre, c'est
qu'une autre importante transition marque aussi 1928. Cette ann&#233;e
l&#224;, un g&#233;nie comique cr&#233;ait son dernier film muet
produit d'une fa&#231;on ind&#233;pendante. Ce g&#233;nie &#233; tait
Buster Keaton. Le film &#233; tait Steamboat Bill, Jr.
	</text>
</object>
<object id="97">
	<ocn>97</ocn>
	<text class="norm">
		Keaton est n&#233; en 1895 dans une famille d'artistes de music-hall.
Il fut un ma&#238;tre du film muet, usant du genre burlesque pour
provoquer le fou rire du public. Steamboat Bill, Jr. est un classique
de ce genre, fameux chez les cin&#233;philes passionn&#233;s pour ses
cascades incroyables. Le film &#233; tait typique de Keaton: tr&#232;s
populaire, et parmi les meilleurs du genre.
	</text>
</object>
<object id="98">
	<ocn>98</ocn>
	<text class="norm">
		Steamboat Bill, Jr. est ant&#233;rieur au dessin anim&#233; de Disney
Steamboat Willie. La similitude des titres n'est pas une
co&#239;ncidence. Steamboat Willie est une parodie en dessin anim&#233;
de Steamboat Bill2, et tous les deux sont construits autour d'une
musique commune. Ce n'est pas seulement &#224; l'invention du son
synchronis&#233; dans The Jazz Singer que nous devons Steamboat Willie.
C'est aussi de l'invention de Steamboat Bill, Jr. par Buster Keaton,
lui m&#234;me inspir&#233; par la chanson "Steamboat Bill," qu'est
n&#233; Steamboat Willie, et, de Steamboat Willie, Mickey Mouse.
	</text>
</object>
<object id="99">
	<ocn>99</ocn>
	<text class="norm">
		Cet "emprunt" n'avait rien d'exceptionnel, ni pour Disney, ni pour
l'industrie d'alors. Disney parodiait toujours les longs m&#233;trages
de son &#233; poque3. Beaucoup d'autres en faisaient autant. Les
premiers dessins anim&#233;s sont truff&#233;s d'imitations, de
l&#233;g&#232;res variations de th&#232;mes populaires, de nouvelles
versions d'anciens contes. C'est l'&#233;clat des diff&#233;rences qui
est la clef du succ&#232;s. Chez Disney, c'&#233;tait le son qui
donnait &#224; ses dessins anim&#233;s cet &#233; clat. Plus tard, ce
fut la qualit&#233; de son travail par rapport &#224; celui de la
concurrence, qui fabriquait &#224; la cha&#238;ne. Ces additions se
fondaient cependant sur un socle emprunt&#233;. Disney enrichissait le
travail d'autres avant lui, cr&#233;ant du neuf avec de l'&#224; peine
vieux.
	</text>
</object>
<object id="100">
	<ocn>100</ocn>
	<text class="norm">
		L'emprunt &#233; tait parfois l&#233;ger. D'autre fois, il &#233; tait
important. Pensez aux contes de f&#233;es des fr&#232;res Grimm. Si
vous &#234; tes aussi oublieux que moi-m&#234;me, vous pensez sans
doute que ces contes sont joyeux, gentils, qu'ils conviennent &#224;
tous les enfants au moment de se mettre au lit. En r&#233;alit&#233;,
les contes de Grimm sont effrayants. Les parents qui oseraient lire ces
histoires sanglantes et moralisatrices &#224; leurs enfants sont rares,
et peut &#234; tre excessivement ambitieux.
	</text>
</object>
<object id="101">
	<ocn>101</ocn>
	<text class="norm">
		Disney reprit ces contes et les raconta &#224; nouveau d'une fa&#231;on
qui les projeta dans une &#232; re nouvelle. Il anima les contes avec
de la lumi&#232;re et des personnages. Sans compl&#232;tement supprimer
les touches d'angoisse et de danger, il rendit dr&#244;le ce qui &#233;
tait sinistre et insuffla &#233; motion et compassion l&#224; o&#250;
auparavant on trouvait de la peur. Et pas seulement &#224; partir de
l'oeuvre des fr&#232;res Grimm. En r&#233;alit&#233;, en reconstituant
le catalogue des oeuvres o&#250; Disney utilise des cr&#233;ations
ant&#233;rieures, on obtient un ensemble &#233; tonnant: Snow White
(1937), Fantasia (1940), Pinocchio (1940), Dumbo (1941), Bambi (1942),
Song of the South (1946), Cinderella (1950), Alice in Wonderland
(1951), Robin Hood (1952), Peter Pan (1953), Lady and the Tramp (1955),
Mulan (1998), Sleeping Beauty (1959), 101 Dalmatians (1961), The Sword
in the Stone (1963), et The Jungle Book (1967). Mentionnons encore un
exemple plus r&#233;cent, qu'il faudrait peut-&#234;tre mieux oublier:
Treasure Planet (2003). Dans tous ces cas, Disney (ou Disney,Inc.) a
extrait l'inventivit&#233; de la culture qui l'entourait, combin&#233;
cette inventivit&#233; avec son extraordinaire talent personnel, et
fondu ce m&#233;lange pour former l'&#226;me de ses cr&#233;ations.
Extraire, combiner, et fondre.
	</text>
</object>
<object id="102">
	<ocn>102</ocn>
	<text class="norm">
		Ceci est une forme de cr&#233;ativit&#233;. C'est une forme de
cr&#233;ativit&#233; dont nous devons nous souvenir et nous
r&#233;jouir. Certains diront qu'il n'existe de cr&#233;ativit&#233;
que de cette sorte. Il n'est pas n&#233;cessaire d'aller si loin pour
en reconna&#238;tre l'importance. Nous pourrions l'appeler "la
cr&#233;ativit&#233; Disney", quoique ce serait un peu fallacieux.
C'est, plus pr&#233;cis&#233;ment, "la cr&#233;ativit&#233; Walt
Disney": une forme d'expression et de g&#233;nie qui utilise et
transforme la culture qui nous entoure.
	</text>
</object>
<object id="103">
	<ocn>103</ocn>
	<text class="norm">
		En 1928, Disney &#233; tait libre de fonder ses oeuvres sur une culture
relativement r&#233;cente. Les travaux du domaine public en 1928
n'&#233;taient pas tr&#232;s anciens et par cons&#233;quent encore
tr&#232;s vivants. La dur&#233;e moyenne du copyright &#233; tait
d'environ trente ans, pour cette minorit&#233; de travaux qui &#233;
taient effectivement sous copyright4. Cela voulait dire que pour trente
ans, en moyenne, les auteurs ou les d&#233;tenteurs du copyright d'une
oeuvre de l'esprit avait un "droit exclusif" &#224; contr&#244;ler
certains usages des oeuvres. Il fallait la permission du d&#233;tenteur
du copyright pour utiliser, d'une fa&#231;on limit&#233;e, les oeuvres
sous copyright.
	</text>
</object>
<object id="104">
	<ocn>104</ocn>
	<text class="norm">
		Au terme du copyright, une oeuvre entre dans le domaine public. Il
n'est plus n&#233;cessaire d'avoir une permission pour l'utiliser ou
fonder un autre travail sur elle. Pas de permission, et, par
cons&#233;quent, pas de juristes. Le domaine public est un "terrain
sans juristes". C'est ainsi que la plupart des travaux du
dix-neuvi&#232;me si&#232;cle purent &#234; tre utilis&#233;s librement
par Disney en 1928. Puissant ou mis&#233;rable, autoris&#233; ou non,
tout un chacun &#233; tait libre d'utiliser ces travaux &#224; sa
guise.
	</text>
</object>
<object id="105">
	<ocn>105</ocn>
	<text class="norm">
		C'est ainsi que les choses se d&#233;roulaient depuis toujours.
Jusqu'&#224; une p&#233;riode r&#233;cente, le domaine public n'a
jamais &#233; t&#233; bien loin &#224; l'horizon. De 1790 jusqu'&#224;
1978, la dur&#233;e moyenne du copyright n'a jamais &#233; t&#233;
sup&#233;rieure &#224; trente deux ans. En d'autres termes, toutes les
cr&#233;ations vieilles d'une g&#233;n&#233;ration et demi &#233;
taient librement &#224; la disposition de tous sans avoir besoin de la
permission de personne. Pour donner une &#233; quivalence actuelle, les
oeuvres des ann&#233;es 1960 et 1970 seraient actuellement librement
&#224; la disposition d'un nouveau Walt Disney. En fait, actuellement,
on ne peut pr&#233;sumer qu'une oeuvre fait partie du domaine public
que si elle date d'avant la grande crise de 1929.
	</text>
</object>
<object id="106">
	<ocn>106</ocn>
	<text class="norm">
		Bien entendu, Walt Disney ne d&#233;tenait pas de monopole sur la
"cr&#233;ativit&#233; Disney". L'Am&#233;rique non plus. Pays
totalitaires except&#233;s, la culture libre, jusqu'&#224;
r&#233;cemment, est une norme universelle, et amplement appliqu&#233;e.
	</text>
</object>
<object id="107">
	<ocn>107</ocn>
	<text class="norm">
		Consid&#233;rons par exemple une forme de cr&#233;ativit&#233; que de
nombreux Am&#233;ricains tiennent pour bizarre, mais qui est
profondemment ancr&#233;e dans la culture japonaise: les mangas, genre
de bandes dessin&#233;es. Les Japonais sont passionn&#233;s de bande
dessin&#233;e. Pr&#232;s de 40 pour cent des publications sont des
bandes dessin&#233;es, et 30 pour cent des revenus de l'&#233;dition en
provient. Les mangas sont partout dans la soci&#233;t&#233; japonaise,
dans tous les kiosques; dans les transports publics, on les remarque
dans de nombreuses mains.
	</text>
</object>
<object id="108">
	<ocn>108</ocn>
	<text class="norm">
		Les Am&#233;ricains ont tendance &#224; faire peu de cas de cette forme
culturelle. La bande dessin&#233;e est une caract&#233;ristique peu
attrayante de notre culture. Nous avons peu de chance de bien
comprendre les mangas, parce que nous sommes peu nombreux a avoir
d&#233;j&#224; lu quelque chose qui ressemble &#224; ces authentiques
"nouvelles graphiques". Pour les Japonais, les mangas embrassent tous
les aspects de la vie sociale. Pour nous, la bande dessin&#233;e &#233;
voque des hommes en collants ridicules. Et de toute fa&#231;on, ce
n'est pas comme si le m&#233;tro de New York &#233; tait plein de
lecteurs de Joyce ou m&#234;me d'Hemingway. Des gens de
diff&#233;rentes cultures se distraient de fa&#231;ons
diff&#233;rentes; les Japonais de cette curieuse et int&#233;ressante
fa&#231;on.
	</text>
</object>
<object id="109">
	<ocn>109</ocn>
	<text class="norm">
		Mais mon but n'est pas ici de comprendre les mangas. Il est de
d&#233;crire un ph&#233;nom&#232;ne &#224; propos des mangas, tout
&#224; fait &#233; trange du point de vue d'un juriste, mais tout
&#224; fait familier analys&#233; d'une perspective Disney.
	</text>
</object>
<object id="110">
	<ocn>110</ocn>
	<text class="norm">
		C'est le ph&#233;nom&#232;ne des doujinshis. Les doujinshis sont aussi
des bandes dessin&#233;es, mais une sorte de copie des mangas. La
cr&#233;ation des doujinshis ob&#233;it &#224; des r&#232;gles
strictes. Une copie conforme n'est pas un doujinshi; l'artiste doit
apporter une contribution &#224; l'art qu'il copie, par des
transformations l&#233;g&#232;res et subtiles, ou alors plus sensibles.
Un doujinshi peut ainsi utiliser une bande dessin&#233;e traditionnelle
r&#233;pandue, et la reprendre en changeant le sc&#233;nario. Ou garder
tout le caract&#232;re d'un personnage, mais changer
l&#233;g&#232;rement son aspect. Il n'existe pas de formule qui
d&#233;finit ce qui fait qu'un doujinshi est suffisamment
"diff&#233;rent". Mais la diff&#233;rence doit exister pour
caract&#233;riser un vrai doujinshi. Il existe des commissions qui
rejettent les vulgaires copies, et autorisent les authentiques
doujinshis &#224; participer &#224; des expositions
sp&#233;cialis&#233;es.
	</text>
</object>
<object id="111">
	<ocn>111</ocn>
	<text class="norm">
		Ces bandes dessin&#233;es inspir&#233;es par d'autres repr&#233;sentent
une grosse part du march&#233; des mangas. De tout le Japon, plus de
33000 groupes de cr&#233;ateurs r&#233;alisent ces fragments de
"cr&#233;ativit&#233; Walt Disney". Deux foix par an, plus de 450000
Japonais se rassemblent dans de grandes manifestations pour les &#233;
changer et les vendre. Ce march&#233; existe parall&#232;lement au
courant principal, commercial, du march&#233; des mangas. Il est &#224;
l'&#233;vidence, d'une certaine fa&#231;on, en comp&#233;tition avec ce
march&#233;. Mais les personnes qui contr&#244;lent le march&#233;
commercial des mangas n'entreprennent pas d'action soutenue pour fermer
le march&#233; des doujinshis. Il prosp&#232;re, malgr&#233; la
comp&#233;tition et malgr&#233; la loi.
	</text>
</object>
<object id="112">
	<ocn>112</ocn>
	<text class="norm">
		Pour les sp&#233;cialistes du droit, la caract&#233;ristique la plus
curieuse du march&#233; des doujinshis est simplement qu'il lui soit
permis d'exister. D'apr&#232;s la loi japonaise sur le copyright, qui
refl&#232;te, au moins sur le papier, la loi am&#233;ricaine, le
march&#233; des doujinshis est ill&#233;gal. Les doujinshis sont
clairement des "travaux d&#233;riv&#233;s". Il n'est pas d'usage pour
les cr&#233;ateurs de doujinshi d'obtenir la permission des auteurs de
mangas. En pratique, simplement, ils utilisent et modifient les
cr&#233;ations des autres, comme le fit Walt Disney avec Steamboat
Bill, Jr. Cette appropriation, sans permission du d&#233;tenteur
original du copyright, est ill&#233;gale d'apr&#232;s la loi japonaise,
comme d'apr&#232;s la loi am&#233;ricaine.
	</text>
</object>
<object id="113">
	<ocn>113</ocn>
	<text class="norm">
		Pourtant, ce march&#233; ill&#233;gal existe, et m&#234;me
prosp&#232;re, au Japon. Beaucoup pensent m&#234;me que c'est
pr&#233;cis&#233;ment &#224; son existence que les mangas japonais
doivent leur prosp&#233;rit&#233;. Voici ce que me disait l'auteur
am&#233;ricain de bandes dessin&#233;es Judd Winick: "Les premiers
temps de la bande dessin&#233;e en Am&#233;rique ressemblaient &#224;
ce qui se passe au Japon aujourd'hui... Les comics am&#233;ricains sont
n&#233;s en se copiant les uns les autres... C'est ainsi que les
artistes apprennent &#224; dessiner, pas en d&#233;calquant les comics,
mais en les examinant et les copiant" et en leur empruntant5.
	</text>
</object>
<object id="114">
	<ocn>114</ocn>
	<text class="norm">
		Les comics am&#233;ricains sont maintenant tr&#232;s diff&#233;rents,
explique Winick, en partie &#224; cause de la difficult&#233;
l&#233;gale &#224; les adapter, &#224; la fa&#231;on des doujinshis. Il
poursuit, parlant de Superman: "il y a des r&#232;gles, et il faut s'y
tenir." Superman ne "peut pas" faire certaines choses. "Pour un
cr&#233;ateur, il est frustrant de devoir respecter des limitations
d&#233;finies il y a cinquante ans."
	</text>
</object>
<object id="115">
	<ocn>115</ocn>
	<text class="norm">
		L'usage, au Japon, minimise ce probl&#232;me l&#233;gal. Certains
disent que c'est pr&#233;cis&#233;ment l'effet heureux sur la
march&#233; des mangas japonais qui explique cet adoucissement. Par
exemple Salil Mehra, professeur de droit &#224; la Temple University,
&#233; met l'hypoth&#232;se que le march&#233; des mangas accepte ces
infractions parce qu'elles incitent le march&#233; des mangas &#224;
&#234; tre plus productif et plus riche. Tout le monde y perdrait si
les doujinshis &#233; taient interdits, ce qui explique que la loi
n'interdit pas les doujinshis6.
	</text>
</object>
<object id="116">
	<ocn>116</ocn>
	<text class="norm">
		Cette explication comporte cependant un d&#233;faut, admis par Mehra:
le m&#233;canisme &#224; l'origine de cette indulgence n'est pas clair.
Il est possible que le march&#233; dans son ensemble se porte mieux
avec des doujinshis autoris&#233;s plut&#244;t qu'interdits, mais cela
n'explique pas pourquoi chaque d&#233;tenteur de copyright,
consid&#233;r&#233; isol&#233;ment, ne fasse pas de proc&#232;s. Si la
loi ne fait pas d'exception sp&#233;ciale en faveur des doujinshis (et
d'ailleurs il est d&#233;j&#224; arriv&#233; que des cr&#233;ateurs de
doujinshis soient attaqu&#233;s en justice par des auteurs de mangas),
pourquoi n'existe-t'il pas de m&#233;canisme solide pour faire obstacle
aux "emprunts" perp&#233;tr&#233;s par la culture doujinshi?
	</text>
</object>
<object id="117">
	<ocn>117</ocn>
	<text class="norm">
		J'ai pass&#233; quatre mois merveilleux au Japon, et pos&#233; cette
question aussi souvent que possible. C'est un ami d'un gros cabinet de
juristes japonais qui m'a sans doute donn&#233; la meilleure
explication. Il m'a dit, un apr&#232;s-midi: "nous n'avons pas assez
d'avocats. Nous n'avons simplement pas assez de ressources pour engager
des poursuites dans des affaires de ce genre".
	</text>
</object>
<object id="118">
	<ocn>118</ocn>
	<text class="norm">
		C'est un sujet sur lequel nous reviendrons: la r&#233;glementation par
la loi est fonction non seulement de la formulation de la loi, mais
aussi des co&#252;ts n&#233;cessaires pour la faire appliquer. Pour le
moment, concentrons-nous sur la question &#233; vidente, qui est &#233;
lud&#233;e: le Japon se porterait-il mieux d'avoir plus d'avocats? Les
mangas seraient-ils plus riches si les artistes doujinshis &#233;
taient r&#233;guli&#232;rement poursuivis en justice? Les Japonais
gagneraient-ils quelque chose d'important s'ils pouvaient interdire
cette pratique de partage sans indemnisation? La piraterie, ici,
nuit-elle &#224; ses victimes, ou leur est-elle b&#233;n&#233;fique?
Des avocats combattant cette piraterie seraient-ils utiles &#224; leurs
clients, ou leur causeraient-ils du tort?
	</text>
</object>
<object id="119">
	<ocn>119</ocn>
	<text class="norm">
		<b>Interrompons-nous un moment.</b>
	</text>
</object>
<object id="120">
	<ocn>120</ocn>
	<text class="norm">
		Si vous &#234; tes semblables &#224; la plupart des gens qui
s'int&#233;ressent pour la premi&#232;re fois &#224; ces questions, si
vous &#234; tes comme moi-m&#234;me il y a une d&#233;cennie, alors,
vous &#234; tes certainement, &#224; cet instant, troubl&#233; par une
id&#233;e &#224; laquelle vous n'aviez jamais r&#233;fl&#233;chi
jusqu'alors.
	</text>
</object>
<object id="121">
	<ocn>121</ocn>
	<text class="norm">
		Nous vivons dans un monde qui tient la "propri&#233;t&#233;" en haute
valeur. Je partage cette id&#233;e. Je crois en la valeur de la
propri&#233;t&#233; en g&#233;n&#233;ral, et je crois aussi en la
valeur de cette &#233; trange forme de propri&#233;t&#233; que les
juristes appellent la "propri&#233;t&#233; intellectuelle"7. Une grande
communaut&#233;, vari&#233;e, ne peut pas survivre sans
propri&#233;t&#233;; une grande et moderne soci&#233;t&#233; ne peut
pas prosp&#233;rer sans propri&#233;t&#233; intellectuelle.
	</text>
</object>
<object id="122">
	<ocn>122</ocn>
	<text class="norm">
		Mais une simple seconde de r&#233;flexion nous permet de r&#233;aliser
qu'il existe beaucoup de valeur dans le monde que la
"propri&#233;t&#233;" ne peut pas "capturer". Je n'entends pas par
l&#224; "l'amour ne s'ach&#232;te pas", je veux parler effectivement de
valeur faisant partie int&#233;grante des processus de production,
marchands comme non marchands. Si les dessinateurs, chez Disney,
avaient vol&#233; une bo&#238;te de crayons pour dessiner Steamboat
Willie, nous n'aurions pas h&#233;sit&#233; &#224; condamner ce vol.
M&#234;me mineur, m&#234;me pass&#233; inaper&#231;u, c'e&#252;t &#233;
t&#233; un d&#233;lit. Pourtant, il n'y avait rien de mal, au moins
d'apr&#232;s la loi de l'&#233;poque, aux emprunts de Disney &#224;
Buster Keaton ou aux fr&#232;res Grimm. Il n'y avait rien de mal aux
emprunts &#224; Keaton, parce qu'ils auraient &#233; t&#233; jug&#233;s
loyaux. Il n'y avait rien de mal aux emprunts aux fr&#232;res Grimm,
parce que leurs oeuvres &#233; taient dans le domaine public.
	</text>
</object>
<object id="123">
	<ocn>123</ocn>
	<text class="norm">
		Donc, bien que Disney (ou, plus g&#233;n&#233;ralement, quiconque
exer&#231;ant une "cr&#233;ativit&#233; Disney") prenne quelque chose
de valeur, notre tradition ne consid&#232;re pas cette prise comme un
d&#233;lit. Certains emprunts restent gratuits et libres dans une libre
culture, et cette libert&#233; est un bien.
	</text>
</object>
<object id="124">
	<ocn>124</ocn>
	<text class="norm">
		M&#234;me chose avec la culture doujinshi. Si un auteur de doujinshi
s'introduisait dans le bureau d'un &#233; diteur et se sauvait, sans
payer, avec mille copies (voire m&#234;me une seule) de son dernier
ouvrage, nous n'h&#233;siterions pas une seconde &#224; d&#233;clarer
l'artiste en tort. En plus de commettre une violation de
propri&#233;t&#233;, il aurait vol&#233; quelque chose de valeur. La
loi proscrit ce genre de vol, petit ou grand.
	</text>
</object>
<object id="125">
	<ocn>125</ocn>
	<text class="norm">
		Pourtant il existe une r&#233;ticence &#233; vidente, m&#234;me chez
les avocats japonais, &#224; dire que les artistes copieurs de mangas
"volent". Cette forme de "cr&#233;ativit&#233; Walt Disney" est tenue
pour loyale, m&#234;me si les avocats, sp&#233;cialement, trouvent
difficile d'expliquer pourquoi.
	</text>
</object>
<object id="126">
	<ocn>126</ocn>
	<text class="norm">
		Quand on y r&#233;fl&#233;chit, on peut trouver mille et un exemples de
m&#233;canismes similaires. Les scientifiques se servent des travaux
d'autres scientifiques sans demander de permission, ou sans payer pour
ce privil&#232;ge ("Excusez-moi, Professeur Einstein, pourrais-je avoir
la permission d'utiliser votre th&#233;orie de la relativit&#233; pour
d&#233;montrer que vous aviez tort au sujet de la physique
quantique?".) Les compagnies th&#233;atrales interpr&#232;tent des
adaptations des oeuvres de Shakespeare sans permission de quiconque. (Y
a-t'il quelqu'un pour penser s&#233;rieusement que Shakespeare serait
mieux diffus&#233; s'il existait un organisme central de gestion des
droits de Shakespeare qui serait un passage oblig&#233; pour tous les
producteurs de cet auteur?) Et Hollywood ob&#233;it &#224; des cycles,
avec certains genres de films: cinq films traitant
d'ast&#233;ro&#239;des &#224; la fin des ann&#233;es 1990; deux films
catastrophe impliquant des volcans en 1997.
	</text>
</object>
<object id="127">
	<ocn>127</ocn>
	<text class="norm">
		Les cr&#233;ateurs ici et partout ont toujours et de tous temps
cr&#233;&#233; &#224; partir du pass&#233;, et du pr&#233;sent qui les
entoure. Cette cr&#233;ation s'est faite toujours et de tous temps, au
moins en partie, sans d&#233;dommagement ni autorisation du
cr&#233;ateur d'origine. Aucune soci&#233;t&#233;, d&#233;mocratique ou
non, n'a jamais exig&#233;e que soit pay&#233;e chaque expression d'une
"cr&#233;ativit&#233; Walt Disney", ou qu'une autorisation soit
toujours recherch&#233;e. Au contraire, chaque soci&#233;t&#233; (les
soci&#233;t&#233;s d&#233;mocratiques peut-&#234;tre un peu plus que
les autres) a laiss&#233; des pans de sa culture libres d'&#234;tre
repris.
	</text>
</object>
<object id="128">
	<ocn>128</ocn>
	<text class="norm">
		Par cons&#233;quent, la difficult&#233; n'est pas de savoir si une
culture est libre. Toutes les cultures sont libres jusqu'&#224; un
certain point. La difficult&#233; est de quantifier cette libert&#233;.
Est-elle limit&#233;e aux membres du parti? Aux membres de la famille
royale? Aux dix entreprises les plus performantes de Wall Street? Ou
est-ce que cette libert&#233; est accessible &#224; beaucoup? Aux
artistes en g&#233;n&#233;ral, qu'ils soient affili&#233;s au
Metropolitan ou pas? Aux musiciens en g&#233;n&#233;ral, qu'ils soient
blancs ou non? Aux cin&#233;astes en g&#233;n&#233;ral, qu'ils soient
affili&#233;s &#224; une compagnie de cin&#233;ma ou pas?
	</text>
</object>
<object id="129">
	<ocn>129</ocn>
	<text class="norm">
		Les cultures libres sont celles qui, largement ouvertes, permettent la
cr&#233;ation &#224; partir de ce qui existe; les cultures qui ne sont
pas libres, qui imposent d'obtenir des permissions, offrent bien moins.
Notre culture &#233; tait libre. Elle le devient de moins en moins.
	</text>
</object>
<object id="130">
	<ocn>130</ocn>
	<text class="h4">
		Simples copistes
	</text>
</object>
<object id="131">
	<ocn>131</ocn>
	<text class="norm">
		En 1839, Louis Daguerre inventa le premier proc&#233;d&#233; pratique
permettant de r&#233;aliser ce que nous allions appeler des
"photographies": le daguerr&#233;otype. Le proc&#233;d&#233; &#233;
tait compliqu&#233; et co&#252;teux, et la discipline par
cons&#233;quent r&#233;serv&#233;e aux professionnels et &#224;
quelques riches amateurs passionn&#233;s (il exista m&#234;me une
association (American Daguerre Association) qui contribua &#224;
r&#233;glementer cette industrie, comme toutes les associations de ce
genre, en &#233; touffant la comp&#233;tition pour maintenir des prix
&#233; lev&#233;s.)
	</text>
</object>
<object id="132">
	<ocn>132</ocn>
	<text class="norm">
		Cependant, malgr&#233; des prix &#233; lev&#233;s, la demande pour les
daguerr&#233;otypes &#233; tait forte. Ceci incita les inventeurs
&#224; trouver des moyens plus simples et moins chers de produire ces
"images automatiques". Bient&#244;t, William Talbot d&#233;couvrit un
proc&#233;d&#233; pour fabriquer des "n&#233;gatifs". Mais comme
ceux-ci &#233; taient en verre, et devaient &#234; tre maintenus
humides, le proc&#233;d&#233; restait encore co&#252;teux et
compliqu&#233;. En 1870 furent introduites les plaques s&#232;ches,
permettant plus facilement la s&#233;paration entre la prise de vue et
le d&#233;veloppement. Il s'agissait encore de plaques en verre et ce
n'&#233;tait toujours pas une m&#233;thode &#224; la port&#233;e du
plus grand nombre.
	</text>
</object>
<object id="133">
	<ocn>133</ocn>
	<text class="norm">
		L'avanc&#233;e qui permit de d&#233;mocratiser la photographie n'eut
pas lieu avant 1888, et fut l'oeuvre d'un seul homme. George Eastman,
photographe amateur, &#233; tait contrari&#233; par la technologie des
plaques. En un &#233; clair de g&#233;nie, il comprit que si le film
pouvait &#234; tre rendu souple, il deviendrait possible de l'enrouler
autour d'un axe. Cette bobine pourrait alors &#234; tre
exp&#233;di&#233;e &#224; un d&#233;veloppeur, ce qui entra&#238;nerait
une baisse sensible des co&#252;ts de la photographie. En diminuant les
co&#252;ts, Eastman s'attendait &#224; augmenter sensiblement le nombre
de photographes.
	</text>
</object>
<object id="134">
	<ocn>134</ocn>
	<text class="norm">
		Eastman mis au point un film flexible, recouvert d'une &#233; mulsion.
Il pla&#231;a des rouleaux de film dans un mod&#232;le d'appareil photo
petit et simple: le Kodak. Celui-ci fut commercialis&#233; en mettant
en avant sa simplicit&#233;: "Appuyez sur le bouton et nous faisons le
reste"1. Eastman d&#233;crivit son invention dans The Kodak Primer:
	</text>
</object>
<object id="135">
	<ocn>135</ocn>
	<text class="indent1">
		Le principe du syst&#232;me Kodak est de s&#233;parer le travail qu'un
b&#233;otien en photographie peut faire, de celui que seul un expert
peut faire... Nous fournissons &#224; n'importe qui, homme, femme ou
enfant, suffisamment intelligent pour tenir un boitier immobile et
appuyer sur un bouton, un appareil qui &#233; limine le besoin
d'installations exceptionnelles et d'une connaissance pointue de cet
art. On peut l'utiliser sans apprentissage pr&#233;liminaire, sans
chambre noire et sans produits chimiques2.
	</text>
</object>
<object id="136">
	<ocn>136</ocn>
	<text class="norm">
		Pour 25 dollars, tout le monde pouvait faire des photos. L'appareil
&#233; tait vendu d&#233;j&#224; charg&#233; avec une pellicule, et
retourn&#233; apr&#232;s utilisation, pour d&#233;veloppement, &#224;
l'usine Eastman. Evidemment, avec le temps, le prix de l'appareil est
all&#233; diminuant et sa facilit&#233; d'utilisation a augment&#233;.
Ainsi, le rouleau de pellicule fut &#224; l'origine de la croissance
exponentielle de la photographie populaire. Le premier appareil photo
d'Eastman est sorti en 1888. L'ann&#233;e suivante, Kodak tirait plus
de six mille n&#233;gatifs par jour. Entre 1888 et 1909, alors que la
production industrielle augmentait de 4,7 pour cent, les ventes
d'&#233;quipements et de mat&#233;riels photographiques augmentaient de
11 pour cent3. Les ventes d'Eastman Kodak augment&#232;rent durant
cette m&#234;me p&#233;riode de 17 pour cent par an en moyenne4.
	</text>
</object>
<object id="137">
	<ocn>137</ocn>
	<text class="norm">
		Cependant, la v&#233;ritable importance de l'invention d'Eastman
n'&#233;tait pas de nature &#233; conomique. Elle &#233; tait de nature
sociale. La photographie professionnelle donnait aux gens des
aper&#231;us d'endroits qu'ils n'auraient jamais pu voir autrement. La
photographie amateur leur permit de garder des traces de leurs propres
vies d'une fa&#231;on impossible jusqu'alors. " Pour la premi&#232;re
fois, l'album de photos a donn&#233; &#224; l'homme de la rue une
m&#233;moire permanente de sa famille et de ses activit&#233;s... Pour
la premi&#232;re fois dans l'Histoire, il existe une authentique
archive en images de l'apparence et des activit&#233;s des gens
ordinaires, sans interpr&#233;tation [litt&#233;raire] ni
d&#233;formation" (Brian Coe5).
	</text>
</object>
<object id="138">
	<ocn>138</ocn>
	<text class="norm">
		En ce sens, l'appareil Kodak &#233; tait une technique d'expression. Le
crayon ou le pinceau aussi, bien s&#252;r. Mais il fallait des
ann&#233;es d'entra&#238;nement avant que des amateurs puissent s'en
servir de mani&#232;re utile et efficace. Avec le Kodak, il devenait
plus simple et plus rapide de s'exprimer. Les barri&#232;res &#224;
l'expression s'abaissaient. Les snobs allaient &#233; videmment
esquisser un sourire de m&#233;pris devant sa "qualit&#233;", les
professionnels allaient l'&#233;carter pour sa m&#233;diocrit&#233;.
Mais il suffit de regarder un enfant &#233; tudier comment encadrer au
mieux une photo, pour capter cette exp&#233;rience de la
cr&#233;ativit&#233; permise par le Kodak. Un outil d&#233;mocratique
donnait &#224; des gens ordinaires des moyens de s'exprimer, plus
facilement qu'aucun autre outil auparavant.
	</text>
</object>
<object id="139">
	<ocn>139</ocn>
	<text class="norm">
		Qu'est-ce qui &#233; tait n&#233;cessaire pour que cette technique
prosp&#232;re? A l'&#233;vidence, le g&#233;nie d'Eastman joua un
r&#244;le important. Mais le climat l&#233;gal eut aussi une grande
part. Car, t&#244;t dans l'histoire de la photographie, il y eut une
s&#233;rie de d&#233;cisions judiciaires qui aurait tr&#232;s bien pu
changer de fa&#231;on importante son devenir. Les tribunaux durent
trancher la question de savoir si le photographe, amateur ou
professionnel, avait besoin d'une autorisation pour prendre et
d&#233;velopper &#224; sa guise n'importe quelle photo. Ils
r&#233;pondirent que non6.
	</text>
</object>
<object id="140">
	<ocn>140</ocn>
	<text class="norm">
		Les arguments avanc&#233;s pour justifier la n&#233;cessit&#233; d'une
permission vont nous sembler &#233; tonnamment familiers. Le
photographe "prenait" quelque chose de la personne ou du b&#226;timent
qu'il photographiait -- il piratait quelque chose qui avait de la
valeur. Certains pensaient m&#234;me qu'il prenait l'&#226;me du sujet.
De m&#234;me que Disney n'&#233;tait pas autoris&#233; &#224; voler les
crayons que ses dessinateurs utilisaient pour dessiner Mickey, de
m&#234;me ces photographes ne devaient pas &#234; tre autoris&#233;s
&#224; prendre des images qui avaient de la valeur.
	</text>
</object>
<object id="141">
	<ocn>141</ocn>
	<text class="norm">
		L'argument de l'autre partie devrait &#233; galement nous &#234; tre
familier. Certes, il se pouvait que le photographe utilise une chose
qui avait de la valeur. Mais les citoyens devraient au moins avoir le
droit de prendre des images de ce qui &#233; tait en vue du public
(Louis Brandeis, bien avant de si&#233;ger &#224; la Cour supr&#234;me,
pensait que la r&#232;gle devait &#234; tre diff&#233;rente pour les
espaces priv&#233;s7). Peut-&#234;tre cela signifiait-il que le
photographe obtenait quelque chose pour rien. Tout comme Disney pouvait
s'inspirer de Steamboat Bill, Jr. ou des fr&#232;res Grimm, le
photographe devait &#234; tre libre de capturer une image sans
indemniser son sujet.
	</text>
</object>
<object id="142">
	<ocn>142</ocn>
	<text class="norm">
		Heureusement pour M. Eastman, et pour la photographie, ces
premi&#232;res d&#233;cisions all&#232;rent en faveur des pirates. En
g&#233;n&#233;ral, aucune permission ne devait &#234; tre requise pour
prendre un clich&#233; et le partager. La permission &#233; tait
pr&#233;sum&#233;e. La libert&#233;, implicite (la loi introduirait
finalement une restriction pour les c&#233;l&#233;brit&#233;s: les
photographes professionnels ont plus d'obligations &#224; respecter
quand ils prennent, en vue de commercialisation, des clich&#233;s de
gens c&#233;l&#232;bres. Mais dans la majorit&#233; des cas, on peut
prendre des photos sans acquitter de droits8).
	</text>
</object>
<object id="143">
	<ocn>143</ocn>
	<text class="norm">
		On ne peut que faire des suppositions &#224; propos de ce que serait
devenue la photographie si la loi &#233; tait all&#233;e dans l'autre
sens. Avec une pr&#233;somption contre lui, le photographe aurait
d&#252; prouver avoir une autorisation. Eastman Kodak aurait
peut-&#234;tre d&#252;, aussi, prouver avoir une autorisation avant de
traiter les pellicules. Apr&#232;s tout, sans autorisation, Eastman
Kodak aurait b&#233;n&#233;fici&#233; du "vol" perp&#233;tr&#233; par
le photographe. Tout comme Napster a b&#233;n&#233;fici&#233; des
violations de copyright commis par ses utilisateurs, Kodak aurait
b&#233;n&#233;fici&#233; des violations de "droits &#224; l'image" de
ses photographes. Nous pouvons imaginer alors que la loi requiert d'une
compagnie qu'elle &#233; tablisse une autorisation, avant de
d&#233;velopper des photos. Nous pouvons imaginer le d&#233;veloppement
de tout un syst&#232;me pour d&#233;montrer cette autorisation.
	</text>
</object>
<object id="144">
	<ocn>144</ocn>
	<text class="norm">
		Mais, bien qu'un tel syst&#232;me de permissions soit imaginable, il
est tr&#232;s difficile de croire que la photographie e&#252;t
prosp&#233;r&#233; comme elle l'a fait, si les contraintes li&#233;es
aux permissions avaient fait partie int&#233;grante des lois qui la
r&#233;gissent. Certes, la photographie aurait exist&#233;. Elle se
serait d&#233;velopp&#233;e avec le temps. Les professionels auraient
continu&#233; d'utiliser la technologie de la m&#234;me mani&#232;re --
car ils auraient plus facilement support&#233; les contraintes du
syst&#232;me de permissions. Mais la photographie n'aurait pas atteint
les gens ordinaires. Rien de comparable &#224; ce d&#233;veloppement ne
se serait produit. Et certainement rien de comparable au
d&#233;veloppement d'une technologie d'expression d&#233;mocratique.
	</text>
</object>
<object id="145">
	<ocn>145</ocn>
	<text class="norm">
		Si vous conduisez &#224; travers le Presidio (NdT: quartier historique)
de San Francisco, vous pouvez voir deux bus scolaires jaunes criards,
et le logo "Just Think!" &#224; la place du nom d'une &#233; cole. Mais
les projets que ces bus rendent possibles ne sont pas uniquement
intellectuels. Ces bus sont bourr&#233;s de technologies qui apprennent
aux enfants comment jouer avec le cin&#233;ma. Pas le cin&#233;ma
d'Eastman. Pas m&#234;me celui de votre magn&#233;toscope. Plut&#244;t
celui des cam&#233;scopes num&#233;riques. Just Think! est un projet
qui permet aux enfants de faire des films, de mani&#232;re qu'ils
puissent comprendre et critiquer la culture film&#233;e dans laquelle
ils baignent. Chaque ann&#233;e, ces bus visitent plus de trente &#233;
coles, et permettent &#224; entre trois et cinq cent enfants
d'apprendre quelque chose sur les m&#233;dias, en faisant quelque chose
avec les m&#233;dias. En faisant, ils pensent. En manipulant, ils
apprennent.
	</text>
</object>
<object id="146">
	<ocn>146</ocn>
	<text class="norm">
		Ces bus ne sont pas bon march&#233;, mais la technologie qu'ils
transportent l'est de plus en plus. Le co&#252;t d'un syst&#232;me de
vid&#233;o num&#233;rique de haute qualit&#233; a &#233; norm&#233;ment
baiss&#233;. D'apr&#232;s un analyste, "Il y a cinq ans, un bon
syst&#232;me d'&#233;dition vid&#233;o numerique co&#252;tait 25.000
dollars. Aujourd'hui vous pouvez obtenir de la qualit&#233;
professionnelle pour 595 dollars."9 Ces bus sont bourr&#233;s de
technologies qui auraient co&#252;t&#233; des centaines de milliers de
dollars il y a a peine dix ans. Et maintenant il est possible
d'imaginer non seulement des bus comme cel&#224;, mais des salles de
classe dans tout le pays o&#250; les enfants apprennent de plus en plus
ce que les enseignants appellent "lecture des m&#233;dias".
	</text>
</object>
<object id="147">
	<ocn>147</ocn>
	<text class="norm">
		La "lecture des m&#233;dias", comme la d&#233;finit Dave Yanofsky, le
directeur de Just Think!, "est la capacit&#233; ... de comprendre,
d'analyser et de d&#233;construire les images des m&#233;dias. Son but
est de permettre [aux enfants] de comprendre comment fonctionnent les
m&#233;dias, comment ils sont construits, de quelle mani&#232;re ils
sont distribu&#233;s, et de quelle mani&#232;re les gens y ont
acc&#232;s."
	</text>
</object>
<object id="148">
	<ocn>148</ocn>
	<text class="norm">
		Il peut para&#238;tre &#233; trange de parler de "lecture" en ces
termes. Pour une majorit&#233; de gens, "lecture" se r&#233;f&#232;re
&#224; ce qui est &#233; crit. Faulkner, Hemingway et les accords du
participe pass&#233; sont les choses qui vont avec la lecture.
	</text>
</object>
<object id="149">
	<ocn>149</ocn>
	<text class="norm">
		Peut-&#234;tre. Mais dans un monde o&#250; les enfants voient en
moyenne 390 heures de publicit&#233; t&#233;l&#233;vis&#233;e par an,
soit entre 20.000 et 45.000 publicit&#233;s10, il est de plus en plus
important de comprendre la "grammaire" des images. Car de m&#234;me
qu'il existe une grammaire de l'&#233;crit, il y en a aussi une pour
les images. Et de m&#234;me que les enfants apprennent &#224; &#233;
crire en r&#233;digeant beaucoup de textes horribles, de m&#234;me ils
apprennent la grammaire des images en construisant beaucoup d'images
m&#233;diocres (du moins au d&#233;but).
	</text>
</object>
<object id="150">
	<ocn>150</ocn>
	<text class="norm">
		Un nombre croissant d'universitaires et d'activistes tiennent cette
forme de lecture pour cruciale dans la culture de la prochaine
g&#233;n&#233;ration. En effet, bien que toute personne sachant &#233;
crire comprenne les difficult&#233;s de l'&#233;criture
(difficult&#233; d'ordonner une histoire, de garder l'attention du
lecteur, de former des phrases compr&#233;hensibles), peu de gens ont
une notion du fonctionnement des images, comment elles retiennent le
spectateur ou le conduisent &#224; travers une histoire. comment elles
d&#233;clenchent l'&#233;motion ou construisent le suspense.
	</text>
</object>
<object id="151">
	<ocn>151</ocn>
	<text class="norm">
		Il a fallu une g&#233;n&#233;ration au cin&#233;ma pour apprendre
&#224; bien faire ces choses. Mais m&#234;me apr&#232;s, la
connaissance venait en filmant et non pas en &#233; crivant quelque
chose au sujet du film. La comp&#233;tence venait en faisant
l'exp&#233;rience de la r&#233;alisation d'un film et non pas en lisant
un livre qui en parle. On apprend &#224; &#233; crire en &#233; crivant
et en r&#233;fl&#233;chissant ensuite &#224; ce qu'on a &#233; crit. On
apprend &#224; &#233; crire avec des images en les r&#233;alisant et en
r&#233;fl&#233;chissant ensuite &#224; ce qu'on a cr&#233;&#233;.
	</text>
</object>
<object id="152">
	<ocn>152</ocn>
	<text class="norm">
		Cette grammaire a &#233; volu&#233; avec les m&#233;dias. Quand il ne
s'agissait que de films, comme me l'a expliqu&#233; Elizabeth Daley,
directeur du Centre de Communication Annenberg de l'Universit&#233; de
Californie du Sud et doyenne de l'&#233;cole de
Cinema-T&#233;l&#233;vision de l'USC, cette grammaire concernait "le
placement des objects, les couleurs, ... le rythme, la vitesses et la
texture."11 Mais quand les ordinateurs ont ouvert un espace interactif
o&#250; une histoire est "jou&#233;e" autant que suivie, la grammaire a
chang&#233;. Le contr&#244;le simple de la narration est perdu et donc
d'autres techniques sont n&#233;cessaires. L'auteur Michael Crichton
ma&#238;trisait la narration de science-fiction. Mais quand il essaya
de faire un jeu d'ordinateur bas&#233; sur un de ses livres, il lui a
fallu apprendre une nouvelle forme. Comment conduire des gens &#224;
leur insu, le long de l'intrigue d'un jeu, n'est pas &#233; vident
m&#234;me pour un auteur &#224; succ&#232;s.12
	</text>
</object>
<object id="153">
	<ocn>153</ocn>
	<text class="norm">
		Cette comp&#233;tence est pr&#233;cis&#233;ment le m&#233;tier
qu'apprend un r&#233;alisateur de films. Comme le d&#233;crit Daley,
"les gens sont tr&#232;s surpris par la mani&#232;re dont ils sont
conduits le long d'un film. C'est parfaitement construit pour &#234;
tre invisible, donc vous ne vous en rendez pas compte. Si un
r&#233;alisateur r&#233;ussit son m&#233;tier, alors vous n'avez pas
conscience d'avoir &#233; t&#233; men&#233;." Et si avez conscience
d'avoir &#233; t&#233; men&#233; &#224; travers un film, alors c'est un
&#233; chec.
	</text>
</object>
<object id="154">
	<ocn>154</ocn>
	<text class="norm">
		Pour autant l'impulsion en faveur d'une extension de l'enseignement de
la lecture (une lecture qui d&#233;passe le texte pour inclure des
&#233; l&#233;ments sonores et visuels) n'est pas l&#224; pour faire de
meilleurs metteurs en sc&#232;ne. Le but n'est pas du tout
d'am&#233;liorer la profession. Au contraire, comme l'explique Daley,
	</text>
</object>
<object id="155">
	<ocn>155</ocn>
	<text class="indent1">
		De mon point de vue, la fracture num&#233;rique la plus importante
n'est peut-&#234;tre pas l'acc&#232;s &#224; un ordinateur. C'est
plut&#244;t la capacit&#233; de se saisir du langage avec lequel cet
ordinateur travaille. Sinon tr&#232;s peu de gens peuvent &#233; crire
avec ce langage, et tous les autres sont r&#233;duits &#224; &#234; tre
"read-only".
	</text>
</object>
<object id="156">
	<ocn>156</ocn>
	<text class="norm">
		"Read-only." R&#233;cepteurs passifs d'une culture produite ailleurs.
Plantes vertes. Consommateurs. Voici le monde des m&#233;dias du
vingti&#232;me si&#232;cle.
	</text>
</object>
<object id="157">
	<ocn>157</ocn>
	<text class="norm">
		Le vingt-et-uni&#232;me si&#232;cle pourrait &#234; tre diff&#233;rent.
Ce point est crucial: Il pourait &#234; tre &#224; la fois lecture et
&#233; criture. Ou du moins, lire et mieux comprendre l'art
d'&#233;crire. Ou mieux, lire et comprendre les outils qui permettent
&#224; l'&#233;criture de mener ou de d&#233;tourner. Le but de toute
lecture, et de celle-ci en particulier, est de "permettre aux gens de
choisir le langage appropri&#233; pour ce qu'ils ont besoin de
cr&#233;er ou d'exprimer."13 C'est de permettre aux &#233; tudiants de
"communiquer dans le langage du vingt-et-uni&#232;me si&#232;cle."14
	</text>
</object>
<object id="158">
	<ocn>158</ocn>
	<text class="norm">
		Comme n'importe quel langage, ce langage vient plus facilement &#224;
certains qu'&#224; d'autres. Il ne vient pas forc&#233;ment plus
facilement &#224; ceux qui excellent dans le langage &#233; crit. Daley
et Stephanie Barish, le directeur de l'Institut d'Etudes Multimedia au
Centre Annenberg, d&#233;crit l'exemple particuli&#232;rement poignant
d'un projet qu'ils effectu&#232;rent dans un lyc&#233;e. C'&#233;tait
un lyc&#233;e tr&#232;s pauvre du centre ville de Los Angeles. Selon
tous les crit&#232;res traditionnels du succ&#232;s, ce lyc&#233;e
&#233; tait un &#233; chec. Mais Daley et Barish effectu&#232;rent un
programme qui donna aux enfants l'occasion d'utiliser des films pour
s'exprimer au sujet de quelque chose que les &#233; tudiants
connaissent: la violence par armes &#224; feu.
	</text>
</object>
<object id="159">
	<ocn>159</ocn>
	<text class="norm">
		Le cours eut lieu les vendredis apr&#232;s-midi et il cr&#233;a un
probl&#232;me in&#233;dit pour cette &#233; cole. Alors que le
probl&#232;me de la plupart des cours est de faire venir les enfants,
le probl&#232;me cette fois-ci fut de les en d&#233;tourner. Les
"enfants &#233; taient l&#224; &#224; 6 heures du matin et partaient
&#224; 5 heures de l'apr&#232;s-midi", dit Barish. Ils travaillaient
plus dur que dans tout autre cours, pour faire ce qui devrait &#234;
tre le sujet de toute &#233; ducation: apprendre &#224; s'exprimer.
	</text>
</object>
<object id="160">
	<ocn>160</ocn>
	<text class="norm">
		En utilisant tout ce qu'ils "purent trouver comme support libre sur le
web" et des outils relativement simples pour permettre aux enfants de
m&#233;langer "des images, du son et du texte", Barish indiqua que la
classe avait produit une s&#233;rie de projets montrant des &#233;
l&#233;ments sur la violence par arme &#224; feu que peu auraient sinon
compris. Cette production a &#233; t&#233; proche de la vie de ces
&#233; dudiants. Barish expliqua que le projet "leur a donn&#233; un
outil et les a renforc&#233; en leur permettant de le comprendre et
d'en parler". Cet outil a permis la cr&#233;ation d'une expression
--avec plus de r&#233;ussite et de puissance que ne l'aurait permis le
seul texte. "Si vous aviez dit &#224; ces &#233; tudiants, 'vous devez
l'&#233;crire', ils auraient simplement baiss&#233; les bras et fait
autre chose", a indiqu&#233; Barish car, sans aucun doute, ces &#233;
tudiants n'auraient pas su exprimer correctement leurs id&#233;es avec
du texte. D'autre part, le texte n'est pas la forme dans laquelle ces
id&#233;es peuvent &#234; tre le mieux exprim&#233;es. La puissance de
ce message d&#233;pend de son lien avec la forme d'expression.
	</text>
</object>
<object id="161">
	<ocn>161</ocn>
	<text class="norm">
		"Mais", demandai-je, "le but de l'instruction n'est-il pas d'apprendre
aux enfants &#224; &#233; crire?" Bien s&#252;r, ca l'est en partie.
Mais pourquoi leur apprenons-nous &#224; &#233; crire? Le but de
l'instruction, m'expliqua Daley, est de donner aux &#233; tudiants un
moyen de "construire du sens". Affirmer que ceci se r&#233;duit &#224;
l'&#233;criture, c'est comme dire qu'apprendre &#224; &#233; crire
revient &#224; apprendre &#224; &#233; peler. L'&#233;crit n'est qu'une
partie -- et de moins en moins pr&#233;pond&#233;rante -- de notre
mani&#232;re de nous exprimer. Comme Daley l'expliqua dans la partie la
plus int&#233;ressante de notre interview,
	</text>
</object>
<object id="162">
	<ocn>162</ocn>
	<text class="indent1">
		Ce que nous voulons, c'est donner &#224; ces &#233; tudiants les moyens
de construire du sens. Si vous ne leur donnez que l'&#233;crit, ils ne
le feront pas. Parce qu'ils n'y arriveront pas. Vous savez, vous avez
l&#224; Johnny qui sait regarder des films, il sait jouer &#224; des
jeux video, il sait peindre des graffiti sur tous vos murs, il sait
d&#233;monter votre voiture, et il sait faire encore beaucoup d'autres
choses. Simplement, il ne sait pas lire votre texte. Donc Johnny vient
&#224; l'&#233;cole, et vous lui dites, "Johnny, tu es illetr&#233;. Tu
ne sais rien faire d'int&#233;ressant." Eh bien, Johnny a deux
possibilit&#233;s: ou bien il va se d&#233;pr&#233;cier, ou bien c'est
vous qu'il va d&#233;pr&#233;cier. Et s'il n'a pas de probl&#232;mes
d'ego, c'est vous qu'il va d&#233;pr&#233;cier. Mais si &#224; la place
vous lui dites "Eh bien, avec toutes ces choses que tu sais faire,
parlons un peu de faire ceci: Joue-moi une musique, ou bien montre-moi
des images, ou bien dessine-moi quelque-chose qui exprime ceci ou
cela." Pas en lui donnant une cam&#233;ra vid&#233;o et ... en disant
"on va s'amuser avec la cam&#233;ra et faire un petit film", mais
plut&#244;t sers-toi des &#233; l&#233;ments que tu comprends, qui sont
ton langage, et construis du sens...
	</text>
</object>
<object id="163">
	<ocn>163</ocn>
	<text class="indent1">
		Ceci lib&#232;re beaucoup de potentiel. Et ce qui arrive ensuite, bien
s&#252;r, comme ce fut le cas dans toutes ces classes, c'est qu'ils
finissent par se rendre compte que "j'ai besoin d'expliquer ceci, et
pour &#231; a j'ai vraiment besoin d'&#233;crire quelque chose." Et,
comme le dit un des professeurs &#224; Stephanie, ils
r&#233;&#233;crivaient un paragraphe 5, 6, 7, 8 fois, jusqu'&#224; ce
qu'ils soient satisfaits.
	</text>
</object>
<object id="164">
	<ocn>164</ocn>
	<text class="indent1">
		Parce qu'ils en avaient besoin. Il y avait une raison pour le faire.
Ils avaient besoin de dire quelque chose, et non plus de sauter vos
obstacles. Ils avaient vraiment besoin d'utiliser un langage qu'ils ne
parlaient pas tr&#232;s bien. Mais ils avaient fini par comprendre que
ce langage leur donnait beaucoup de pouvoir."
	</text>
</object>
<object id="165">
	<ocn>165</ocn>
	<text class="norm">
		Quand deux avions se sont &#233; cras&#233;s contre le World Trade
Center, un autre sur le Pentagone, et un quatri&#232;me dans un champ
en Pennsylvanie, tous les m&#233;dias du monde se sont mis &#224;
couvrir l'&#233;v&#233;nement. A chaque instant de chaque jour de cette
semaine, et pendant les semaines qui suivirent, les m&#233;dias en
g&#233;n&#233;ral, et les t&#233;l&#233;visions en particulier, ont
r&#233;p&#233;t&#233; l'histoire des &#233; v&#233;nements auxquels
nous venions d'assister. Leur histoire &#233; tait une redite, car nous
avions vu les &#233; v&#233;nements qui &#233; taient d&#233;crits. Le
g&#233;nie de cet acte terroriste horrible fut que la seconde attaque,
retard&#233;e, &#233; tait parfaitement synchronis&#233;e pour
s'assurer que le monde entier serait en train de regarder.
	</text>
</object>
<object id="166">
	<ocn>166</ocn>
	<text class="norm">
		Ces redites nous ont sembl&#233; de plus en plus famili&#232;res. Il y
avait une musique pass&#233;e entre deux rediffusions, et des logos
graphiques qui passaient &#224; l'&#233;cran. [ There was a formula to
interviews] . Il y avait de l'"&#233;quilibre", et du s&#233;rieux.
C'&#233;tait de l'information, chor&#233;graphi&#233;e d'une
mani&#232;re &#224; laquelle nous avons appris &#224; nous attendre, de
l'"info-divertissement", quand bien m&#234;me le divertissement est une
trag&#233;die.
	</text>
</object>
<object id="167">
	<ocn>167</ocn>
	<text class="norm">
		Mais en plus de ces informations publi&#233;es &#224; propos de la
"trag&#233;die du 11 septembre", ceux d'entre nous reli&#233;s &#224;
Internet ont pu observer une production tout autre. Internet &#233;
tait plein de r&#233;cits des m&#234;mes &#233; v&#233;nements.
Cependant, ces r&#233;cits avaient un point de vue tr&#232;s
diff&#233;rent. Certaines personnes avaient r&#233;alis&#233; des pages
qui regroupaient des photos du monde entier et les pr&#233;sentaient
sous forme de diapositives avec du texte. D'autres proposaient des
lettres ouvertes. Il y avait des enregistrements sonores. Il y avait de
la col&#232;re et de la d&#233;ception. Il y avait des tentatives pour
fournir un contexte. Il y avait, en bref, une remarquable mobilisation
mondiale, dans le sens o&#250; Mike Godwin l'utilise dans son livre
Cyber Rights, autour d'une actualit&#233; qui a captiv&#233;
l'attention du monde entier. Il y a eu ABC et CBS, mais il y a aussi eu
Internet.
	</text>
</object>
<object id="168">
	<ocn>168</ocn>
	<text class="norm">
		Mon propos n'est pas de faire un simple &#233; loge d'Internet, bien
que je pense que ceux qui ont soutenu cette forme d'expression
m&#233;ritent un &#233; loge. Je cherche plut&#244;t &#224;
d&#233;montrer en quoi cette forme d'expression est importante. Car
comme Kodak, Internet permet de capturer des images. Et comme dans un
film cr&#233;&#233; par un &#233; tudiant de "Just Think!", ces images
peuvent &#234; tre m&#233;lang&#233;es &#224; du son ou &#224; du
texte.
	</text>
</object>
<object id="169">
	<ocn>169</ocn>
	<text class="norm">
		Mais &#224; la diff&#233;rence d'une technologie qui se contenterait de
capturer des images, Internet permet de partager ces cr&#233;ations
avec un nombre extraordinaire de gens, presque instantan&#233;ment.
Ceci est quelque chose de nouveau dans notre tradition; non pas le fait
que la culture puisse &#234; tre cr&#233;&#233;e de fa&#231;on
m&#233;canique, et &#233; videmment pas non plus le fait que les &#233;
v&#233;nements re&#231;oivent des commentaires critiques, mais le fait
que ce m&#233;lange d'images, de son et de commentaires puisse &#234;
tre largement r&#233;pandu, presque instantan&#233;ment.
	</text>
</object>
<object id="170">
	<ocn>170</ocn>
	<text class="norm">
		Le 11 septembre n'a pas &#233; t&#233; une aberration, mais un
d&#233;but. Vers la m&#234;me &#233; poque, une forme de communication
qui a pris depuis beaucoup d'importance, venait de faire son apparition
dans l'esprit du public: Le Web-log, ou blog. Le blog est une sorte
d'agenda public, et dans certaines cultures, comme au Japon, il
fonctionne beaucoup comme un journal de bord. Dans ces cultures, il
consigne des faits priv&#233;s d'une mani&#232;re publique-- c'est une
sorte de Jerry Springer &#233; lectronique, disponible partout dans le
monde.
	</text>
</object>
<object id="171">
	<ocn>171</ocn>
	<text class="norm">
		Mais aux Etats-Unis, les blogs ont pris un caract&#232;re tr&#232;s
diff&#233;rent. Certains utilisent cet espace simplement pour parler de
leur vie priv&#233;e. Mais beaucoup l'utilisent pour engager des
conversations publiques. Ils discutent de sujets d'int&#233;r&#234;t
public, critiquent ceux qui se trompent &#224; leurs yeux, critiquent
les hommes politiques sur les d&#233;cisions qu'ils prennent, proposent
des solutions aux probl&#232;mes que nous voyons tous: les blogs
donnent l'impression d'une r&#233;union publique virtuelle, mais &#224;
laquelle nous n'avons pas besoin d'&#234;tre pr&#233;sents en m&#234;me
temps, et o&#250; les conversations ne sont pas n&#233;cessairement
reli&#233;es. Les meilleures contributions sont relativement courtes;
elles pointent directement vers les mots utilis&#233;s par d'autres, en
les critiquant ou en y ajoutant quelque chose. Les blogs sont sans
doute la forme la plus importante de discours public non
chor&#233;graphi&#233; que nous poss&#233;dions.
	</text>
</object>
<object id="172">
	<ocn>172</ocn>
	<text class="norm">
		Ceci est une affirmation forte. Et pourtant, elle en dit autant sur
notre d&#233;mocratie que sur les blogs. Voici l'aspect de
l'Am&#233;rique qui est le plus difficile &#224; accepter pour ceux
d'entre nous qui aiment l'Am&#233;rique : notre d&#233;mocratie s'est
atrophi&#233;e. Bien s&#252;r nous avons des &#233; lections, et la
plupart du temps les tribunaux permettent &#224; ces &#233; lections de
compter. Un nombre relativement restreint de gens votent au cours de
ces &#233; lections. Le cycle de ces &#233; lections est devenu
compl&#232;tement professionalis&#233; et routinier. La plupart d'entre
nous pensent que c'est &#231; a, la d&#233;mocratie.
	</text>
</object>
<object id="173">
	<ocn>173</ocn>
	<text class="norm">
		Mais la d&#233;mocratie ne s'est jamais r&#233;duite &#224; des &#233;
lections. La d&#233;mocratie, c'est la souverainet&#233; du peuple,
mais la souverainet&#233; signifie plus que de simples &#233; lections.
Dans notre tradition, cela signifie aussi le contr&#244;le &#224;
travers des d&#233;bats raisonn&#233;s. C'&#233;tait d'ailleurs l&#224;
l'id&#233;e qui captura l'imagination de l'&#233;crivain fran&#231;ais
du XIXe si&#232;cle Alexis de Tocqueville, auteur de la plus importante
analyse de la D&#233;mocratie en Am&#233;rique de ce temps-l&#224;. Ce
n'&#233;taient pas les &#233; lections populaires qui le fascinaient ;
c'&#233;tait le jury, une institution judiciaire qui donnait &#224; des
gens ordinaire le pouvoir de d&#233;cider de la vie ou de la mort
d'autres citoyens. Et le plus facinant pour lui &#233; tait que le jury
ne faisait pas que voter sur l'issue du proc&#232;s. Ils
d&#233;lib&#233;raient. Les membres se mettaient d'accord sur la
meilleure solution, ils tentaient de se convaincre les uns les autres
de ce qui leur paraissait &#234; tre la &#171; bonne &#187; solution
et, au moins dans les cas d'assises, devaient obtenir l'unanimit&#233;
pour que le proc&#232;s soit clos15.
	</text>
</object>
<object id="174">
	<ocn>174</ocn>
	<text class="norm">
		Et pourtant, m&#234;me cette institution faiblit de nos jours en
Am&#233;rique. Et &#224; sa place, il n'existe pas d'effort
concert&#233; pour permettre aux citoyens de d&#233;lib&#233;rer.
Certaines personnes appelent &#224; la cr&#233;ation d'une institution
dont ce serait le r&#244;le16. Et dans certaines villes de Nouvelle
Angleterre, quelque chose d'analogue aux d&#233;lib&#233;rations existe
encore. Mais pour la plupart d'entre nous, et la plupart du temps, il
n'existe ni espace ni moment r&#233;serv&#233; &#224; la
"d&#233;lib&#233;ration d&#233;mocratique".
	</text>
</object>
<object id="175">
	<ocn>175</ocn>
	<text class="norm">
		Le plus bizarre est qu'en g&#233;n&#233;ral, ce d&#233;bat n'a
m&#234;me pas l'autorisation d'avoir lieu. Nous, la d&#233;mocratie la
plus puissant au monde, avons adopt&#233; une norme forte, qui nous
interdit de parler de politique. Il est permis de parler de politique
avec les gens avec qui vous &#234; tes d'accord. Mais il est impoli
d'en discuter avec ceux avec qui vous n'&#234;tes pas d'accord. Le
discours politique se fait isol&#233;, et un discours isol&#233; se
fait plus extr&#234;me17. Nous tenons le discours que nos amis veulent
entendre, et nous n'entendons presque rien d'autre que ce qu'ils nous
disent.
	</text>
</object>
<object id="176">
	<ocn>176</ocn>
	<text class="norm">
		Arrive le blog. L'architecture m&#234;me du blog r&#233;sout une partie
de ce probl&#232;me. Les gens postent quand ils en ont envie, et ils
lisent quand ils en ont envie. La difficult&#233; est de synchroniser
les gens. Une technologie qui permet aux gens de communiquer de
fa&#231;on asynchrone, comme le courrier &#233; lectronique, augmente
les occasions de communiquer. Les blogs permettent des d&#233;bats
publics sans obliger le public &#224; se rassembler en un seul endroit.
	</text>
</object>
<object id="177">
	<ocn>177</ocn>
	<text class="norm">
		Mais au-del&#224; de l'architecture, les blogs ont aussi r&#233;solu le
probl&#232;me des normes. Il n'existe pas (encore) de norme qui
interdise de parler de politique sur un blog. De fait, cet espace est
rempli de discours &#224; teneur politique, de droite comme de gauche.
Certains des sites les plus populaires sont conservateurs ou
libertaires, mais beaucoup ont toutes les couleurs politiques. Et
m&#234;me les blogs qui ne sont pas politiques traitent de
probl&#232;mes politiques quand l'occasion s'en pr&#233;sente.
	</text>
</object>
<object id="178">
	<ocn>178</ocn>
	<text class="norm">
		Pour le moment, l'impact de ces blogs est faible, mais pas nul. Sans
les blogs, le nom de Howard Dean aurait sans-doute disparu de la course
&#224; l'&#233;lection pr&#233;sidentielle de 2004. Car quand bien
m&#234;me le nombre de leurs lecteurs reste faible, leur lecture a un
effet.
	</text>
</object>
<object id="179">
	<ocn>179</ocn>
	<text class="norm">
		Un effet direct concerne les actualit&#233;s, qui avaient un cycle de
vie diff&#233;rent dans les m&#233;dias traditionnels. L'affaire Trent
Lott en est un exemple. Quand Lott effectua un "d&#233;rapage verbal"
lors d'une f&#234;te en l'honneur du s&#233;nateur Strom Thurmond, en
vantant la politique s&#233;gr&#233;gationniste de Thurmond, il avait
fait le calcul correct que cette histoire dispara&#238;trait de la
presse traditionelle en quarante-huit heures. Ce qui fut le cas. Mais
il n'avait pas compt&#233; avec sa dur&#233;e de vie sur les blogs. Les
bloggeurs n'arr&#234;t&#232;rent pas de rechercher cette histoire. Au
cours du temps, de plus en plus de r&#233;cits de ce "d&#233;rapage"
apparurent. Finalement, cette histoire fit son retour dans la presse
traditionnelle. Pour finir Lott fut forc&#233; de d&#233;missioner en
tant que leader de la majorit&#233; au s&#233;nat18.
	</text>
</object>
<object id="180">
	<ocn>180</ocn>
	<text class="norm">
		Ce cycle diff&#233;rent est possible car les blogs ne sont pas soumis
aux m&#234;mes pressions commerciales que les autres m&#233;dias. Les
journaux et les t&#233;l&#233;visions sont des entit&#233;s
commerciales. Ils doivent travailler &#224; garder l'attention. Si ils
perdent des lecteurs, ils perdent des revenus. Comme les requins, ils
sont oblig&#233;s d'avancer sans arr&#234;t.
	</text>
</object>
<object id="181">
	<ocn>181</ocn>
	<text class="norm">
		Mais les bloggueurs n'ont pas de contrainte de ce genre. Ils peuvent
pers&#233;v&#233;rer, ils peuvent se concentrer, ils peuvent devenir
s&#233;rieux. Si un bloggueur &#233; crit une texte
particuli&#232;rement int&#233;ressant, de plus en plus de gens
cr&#233;ent des liens vers ce texte. Et plus le nombre de liens vers un
texte augmente, mieux ce texte est class&#233;. Les gens lisent ce qui
a du succ&#232;s; ce qui a du succ&#232;s a &#233; t&#233;
s&#233;lectionn&#233; par un processus tr&#232;s d&#233;mocratique de
classement par les pairs.
	</text>
</object>
<object id="182">
	<ocn>182</ocn>
	<text class="norm">
		Il y a ausi un autre aspect en lequel les blogs ont une vie
diff&#233;rente de la presse traditionnelle. Comme me l'a dit Dave
Winer, un des p&#232;res de ce mouvement, et un auteur de logiciels
depuis plusieurs d&#233;cades, une autre diff&#233;rence est l'absence
de "conflit d'int&#233;r&#234;t" financier. <br /> "Je pense que vous
devriez d&#233;barasser le journalisme du conflit d'int&#233;r&#234;t",
m'a dit Winer. "Un journaliste amateur n'a pas de conflit
d'int&#233;r&#234;t, ou alors ce conflit d'int&#233;r&#234;t est si
facile &#224; voir que vous savez, vous pouvez vous en
d&#233;barasser".
	</text>
</object>
<object id="183">
	<ocn>183</ocn>
	<text class="norm">
		Ces conflits deviennent plus importants quand les m&#233;dias
deviennent plus concentr&#233;s (nous en reparlerons plus loin). La
concentration permet aux m&#233;dias de cacher plus de choses au public
-- et CNN a reconnu l'avoir fait apr&#232;s la guerre en Irak, par peur
des cons&#233;quences sur ses propres employ&#233;s19. Elle leur impose
aussi d'adopter un point de vue plus coh&#233;rent. (En pleine guerre
d'Irak, j'ai lu un message sur Internet, de quelqu'un qui &#224;
l'&#233;poque &#233; coutait une liaison satellite avec un reporter en
Irak. La maison m&#232;re de New York r&#233;p&#233;tait sans cesse au
reporter que sa version de la guerre &#233; tait trop triste: elle
devait proposer un reportage plus optimiste. Quand elle dit &#224; New
York que &#231; a n'&#233;tait pas garanti, ils r&#233;torqu&#232;rent
que c'&#233;tait eux qui &#233; crivaient "le reportage").
	</text>
</object>
<object id="184">
	<ocn>184</ocn>
	<text class="norm">
		Les Blogs donnent aux amateurs un moyen d'entrer dans le d&#233;bat --
j'emploie le mot "amateur" non pas au sens de personne
inexp&#233;riment&#233;e, mais au sens d'un athl&#232;te olympique,
c'est-&#224;-dire quelqu'un qui n'est pay&#233; par personne pour
rendre compte. Ceci permet d'avoir plus de points de vue sur une
information, comme l'ont d&#233;montr&#233; les comptes-rendus sur le
d&#233;sastre de la navette Columbia, quand des centaines de personnes
du sud-ouest des Etats-Unis se sont tourn&#233;es vers Internet pour
raconter ce qu'elles avaient vu20. Et ceci conduit les lecteurs &#224;
lire plusieurs points de vue, et &#224; estimer la v&#233;rit&#233;
"par triangulaion", comme le dit Winer. Les blogs, d'apr&#232;s Winer,
"sont un lien direct avec notre pens&#233;e, et il n'y a pas
d'interm&#233;diaire"-- avec tous les avantages, et tous les
inconv&#233;nients que cel&#224; suppose.
	</text>
</object>
<object id="185">
	<ocn>185</ocn>
	<text class="norm">
		Winer est confiant en l'avenir d'un journalisme contamin&#233; par les
blogs. "Ca va devenir une comp&#233;tence essentielle", pr&#233;dit-il,
pour les personnages publics, et de plus en plus pour les particuliers.
Il n'est pas s&#252;r que &#231; a plaise au "journalisme" -- certains
journalistes ont re&#231;u pour instruction de limiter leur
activit&#233; sur les blogs21. Mais il est clair que nous sommes encore
dans une p&#233;riode de transition. "Une grande partie de ce que nous
faisons maintenant correspond &#224; un exercice d'&#233;chauffement",
m'a dit Winer. Beaucoup de choses doivent parvenir &#224;
maturit&#233;, pour que cet espace d&#233;montre son plein effet. Et
comme l'addition de contenus &#224; cet espace est l'utilisation
d'Internet qui viole le moins de copyrights, Winer m'a dit: "nous
sommes la derni&#232;re chose qu'ils censureront."
	</text>
</object>
<object id="186">
	<ocn>186</ocn>
	<text class="norm">
		Ce discours a un effet sur la d&#233;mocratie. Winer pense que ceci est
d&#252; au fait que "vous ne travaillez pas pour quelqu'un qui
contr&#244;le, pour un gardien du temple". C'est vrai. Mais il a aussi
un autre effet sur la d&#233;mocratie. Quand des citoyens toujours plus
nombreux expriment leur point de vue, le d&#233;fendent par &#233;
crit, cel&#224; modifie la mani&#232;re dont les gens per&#231;oivent
les probl&#232;mes publics. Il est facile de se tromper tout seul.
C'est plus difficile quand le produit de votre esprit peut &#234; tre
critiqu&#233; par d'autres. Bien s&#252;r, rares sont les hommes qui
reconnaissent avoir eu tort. Mais encore plus rares sont ceux qui ne
tiennent pas compte du fait que l'on d&#233;montre qu'ils ont tort. Le
fait d'&#233;crire ses id&#233;es, arguments et critiques,
am&#233;liore la d&#233;mocratie. Aujourd'hui, il y a peut-&#234;tre
deux millions de blogs o&#250; de tels d&#233;bats &#233; crits
prennent place. Quand il y en aura dix millions, nous assisterons
&#224; quelque chose d'extraordinaire.
	</text>
</object>
<object id="187">
	<ocn>187</ocn>
	<text class="norm">
		John Seely Brown est le directeur scientifique de Xerox. Son travail,
comme il le d&#233;crit sur son site Web, est centr&#233; sur
"l'apprentissage humain et [...] la cr&#233;ation d'&#233;cologies de
la connaissance afin de cr&#233;er [...] de l'innovation."
	</text>
</object>
<object id="188">
	<ocn>188</ocn>
	<text class="norm">
		Brown voit donc ces technologies de cr&#233;ation num&#233;rique sous
un angle un peu diff&#233;rent des perspectives que j'ai d&#233;crites
jusqu'ici. Je suis certain qu'il serait enthousiasm&#233; par n'importe
quelle technologie qui pourrait am&#233;liorer la d&#233;mocratie. Mais
ce qui l'int&#233;resse vraiment, c'est la mani&#232;re dont ces
technologies affectent l'apprentissage.
	</text>
</object>
<object id="189">
	<ocn>189</ocn>
	<text class="norm">
		D'apr&#232;s Brown, nous apprenons en bricolant. Quand "la plupart
d'entre nous sommes devenus grands," explique-t'il, ce bricolage s'est
fait "sur des moteurs de motos, de tondeuses, des automobiles, des
radios, etc." Mais les technologies num&#233;riques rendent possible un
bricolage d'un type diff&#233;rent: avec des id&#233;es abstraites,
mais sous forme concr&#232;te. Les jeunes de "Just Think!" ne se
contentent pas de penser &#224; la mani&#232;re dont une publicit&#233;
pr&#233;sente un homme politique; en utilisant les technologies
num&#233;riques, ils peuvent d&#233;couper cette publicit&#233;, et la
manipuler, bricoler afin de voir comment elle fait ce qu'elle fait. Les
technologies num&#233;riques ont lanc&#233; une forme de bricolage, ou
de "collage libre," comme l'appelle Brown. Beaucoup peuvent
compl&#233;ter ou transformer les r&#233;sultats d'exp&#233;riences
faites par beaucoup d'autres.
	</text>
</object>
<object id="190">
	<ocn>190</ocn>
	<text class="norm">
		Jusqu'ici, le meilleur exemple de grande envergure de ce type de
bricolage est le logiciel libre, ou open-source. Il s'agit de logiciels
dont le code source est partag&#233;. N'importe qui peut
t&#233;l&#233;charger la technologie qui fait tourner ces programmes.
Et n'importe quelle personne d&#233;sireuse d'apprendre comment
fonctionne un aspect particulier d'une technologie libre ou open-source
peut bricoler avec son code.
	</text>
</object>
<object id="191">
	<ocn>191</ocn>
	<text class="norm">
		Cette possibilit&#233; cr&#233;&#233; une "plate-forme d'apprentissage
d'un type enti&#232;rement nouveau", comme le d&#233;crit Brown.
"D&#232;s que vous commencez &#224; faire cel&#224;, vous [...] offrez
un collage libre &#224; la communaut&#233;, de sorte que d'autres gens
peuvent examiner votre code, bricoler avec, faire des essais, voir si
ils peuvent l'am&#233;liorer." Chaque effort est une forme
d'apprentissage. "L'open source devient une plate-forme d'apprentissage
majeure."
	</text>
</object>
<object id="192">
	<ocn>192</ocn>
	<text class="norm">
		Dans ce processus, "les choses concr&#232;tes avec lesquelles vous
bricolez sont abstraites. Elles sont du code." Les jeunes
"d&#233;placent leur habilet&#233; &#224; bricoler vers le domaine
abstrait, et ce bricolage n'est plus une activit&#233; solitaire que
vous faites dans votre garage. Vous bricolez au sein d'une
communaut&#233;...
	</text>
</object>
<object id="193">
	<ocn>193</ocn>
	<text class="norm">
		Vous bricolez avec les cr&#233;ations d'autres personnes. Plus vous
bricolez, plus vous les am&#233;liorez." Plus vous les am&#233;liorez,
plus vous apprenez. <br /> Ce m&#234;me processus est aussi &#224;
l'oeuvre avec les contenus. Et il se produit de la m&#234;me
mani&#232;re collaborative quand ce contenu est sur le Web. Comme le
dit Brown, "le Web [est] le premier medium qui rend v&#233;ritablement
hommage &#224; de multiples formes d'intelligence." Les technologies
pr&#233;c&#233;dentes, comme la machine &#224; &#233; crire ou le
traitement de texte, ont aid&#233; &#224; amplifier l'&#233;crit. Mais
le Web amplifie bien plus que l'&#233;crit. "Le Web [...] dit ceci: si
vous &#234; tes musicien, artiste, ou bien int&#233;ress&#233; par le
cin&#233;ma [alors] il y a beaucoup de choses que vous pouvez faire
avec ce medium. aujourd'hui, [le web] peut amplifier ces multiples
formes d'intelligence, et leur rendre hommage."
	</text>
</object>
<object id="194">
	<ocn>194</ocn>
	<text class="norm">
		Brown parle de ce qu'Elizabeth Daley, Stephanie Barish, et Just Think!
nous enseignent: le fait que ce bricolage culturel instruit autant
qu'il cr&#233;&#233;. Il d&#233;veloppe des talents d'une mani&#232;re
diff&#233;rente, et il s'ensuit un type diff&#233;rent de
reconnaissance.
	</text>
</object>
<object id="195">
	<ocn>195</ocn>
	<text class="norm">
		Cependant, la libert&#233; de bricoler avec ces objets n'est pas
garantie. En fait, comme nous allons le voir au cours de ce livre,
cette libert&#233; est de plus en plus menac&#233;e. Alors qu'il ne
faisait aucun doute que votre p&#232;re avait le droit de bricoler avec
le moteur de sa voiture, il est tr&#232;s peu probable que votre enfant
aura le droit de bricoler avec les images qu'elle trouve autour d'elle.
La loi et, de plus en plus, la technologie, interf&#232;rent avec une
libert&#233; que la technologie et la curiosit&#233; auraient
normalement garantie.
	</text>
</object>
<object id="196">
	<ocn>196</ocn>
	<text class="norm">
		Ces restrictions sont devenues la pr&#233;ocupation de certains
chercheurs et universitaires. Ed Felten, professeur &#224; Princeton
(et dont nous reparlerons au chapitre 10) a d&#233;velopp&#233; un
argument fort en faveur du "droit &#224; bricoler", comme il s'applique
&#224; l'informatique et au savoir en g&#233;n&#233;ral22. Mais
l'inqui&#233;tude de Brown est ant&#233;rieure, ou plus fondamentale.
Elle concerne ce que les enfants peuvent ou ne peuvent pas apprendre,
&#224; cause de la loi.
	</text>
</object>
<object id="197">
	<ocn>197</ocn>
	<text class="norm">
		"Voici o&#250; va l'&#233;ducation du vingt-et-uni&#232;me
si&#232;cle," explique Brown. Nous devons "comprendre comment les
enfants qui grandissent dans un monde num&#233;rique pensent et veulent
apprendre."
	</text>
</object>
<object id="198">
	<ocn>198</ocn>
	<text class="norm">
		"Mais," comme le dit Brown, et comme le d&#233;montre la suite de ce
livre, "nous sommes en train de construire un syst&#232;me l&#233;gal
qui supprime compl&#232;tement les tendances naturelles des enfants de
l'&#232;re num&#233;rique... Nous sommes en train de construire une
architecture qui lib&#232;re 60 pour cent de l'intellect, [et] un
syst&#232;me l&#233;gal qui referme cette m&#234;me partie de
l'intellect."
	</text>
</object>
<object id="199">
	<ocn>199</ocn>
	<text class="norm">
		Nous sommes en train de construire une technologie qui prend la magie
du Kodak, permet de m&#233;langer des images et du son, y ajoute de
l'espace pour accueillir des commentaires, et la possibilit&#233; de
r&#233;pandre partout cette cr&#233;ativit&#233;. Mais nous
construisons aussi des lois pour fermer cette technologie.
	</text>
</object>
<object id="200">
	<ocn>200</ocn>
	<text class="norm">
		"Ce n'est pas comme &#231; a qu'on fait marcher une culture," comme me
le dit Brewster Kahle, que nous rencontrerons au chapitre 9, dans un
rare moment de d&#233;couragement
	</text>
</object>
<object id="201">
	<ocn>201</ocn>
	<text class="h4">
		Catalogues
	</text>
</object>
<object id="202">
	<ocn>202</ocn>
	<text class="norm">
		A l'automne 2002, Jesse Jordan de la ville d'Oceanside, &#233; tat de
New York, s'inscrivit en premi&#232;re ann&#233;e au Rensselaer
Polytechnic Institute, &#224; Troy, &#233; tat de New York. Sa
mati&#232;re principale au RPI &#233; tait les technologies de
l'information. Bien qu'il ne f&#252;t pas programmeur, en octobre Jesse
d&#233;cida de commencer &#224; jouer avec les techniques de moteurs de
recherche qui &#233; taient disponibles sur le r&#233;seau de RPI.
	</text>
</object>
<object id="203">
	<ocn>203</ocn>
	<text class="norm">
		RPI est l'un des centres de recherche technologiques les plus
avanc&#233;s d'Am&#233;rique. Il d&#233;livre des dipl&#244;mes dans
des domaines allant de l'architecture et l'ing&#233;ni&#233;rie aux
sciences de l'information. Plus de 65 pour cent des ses 5000 &#233;
tudiants ont termin&#233; le lyc&#233;e en figurant parmi les 10 pour
cent meilleurs de leur classe. L'&#233;cole rassemble ainsi un
m&#233;lange id&#233;al de talent et d'exp&#233;rience afin d'imaginer
et de construire, une g&#233;n&#233;ration pour l'&#226;ge des
r&#233;seaux.
	</text>
</object>
<object id="204">
	<ocn>204</ocn>
	<text class="norm">
		Le r&#233;seau informatique de RPI relie entre eux &#233; tudiants,
enseignants et administration. Il relie &#233; galement RPI &#224;
Internet. Tout ce qui est disponible sur le r&#233;seau de RPI ne l'est
pas sur Internet. Mais le r&#233;seau est fait de sorte que les &#233;
tudiants aient acc&#232;s &#224; Internet, de m&#234;me qu'un
acc&#232;s plus priv&#233; aux autres membres de la communaut&#233; de
RPI.
	</text>
</object>
<object id="205">
	<ocn>205</ocn>
	<text class="norm">
		Les moteurs de recherche permettent de mesurer le degr&#233;
d'intimit&#233; d'un r&#233;seau. Google a beaucoup rapproch&#233;
Internet de nous, en am&#233;liorant de mani&#232;re fantastique la
qualit&#233; des recherches sur le r&#233;seau. Les moteurs de
recherche sp&#233;cialis&#233;s y parviennent encore mieux. L'id&#233;e
derri&#232;re les moteurs de recherche pour "intranet", des moteurs de
recherche qui cherchent &#224; l'int&#233;rieur du r&#233;seau d'une
institution, est de fournir aux utilisateurs de cette institution un
meilleur acc&#232;s aux donn&#233;es de cette institution. Les
entreprises font cel&#224; tout le temps, de mani&#232;re &#224;
permettre &#224; leurs employ&#233;s d'acc&#233;der &#224; des
donn&#233;es que les gens en dehors de l'entreprise ne peuvent obtenir.
Les universit&#233;s le font aussi.
	</text>
</object>
<object id="206">
	<ocn>206</ocn>
	<text class="norm">
		Ces moteurs fonctionnent gr&#226;ce &#224; la technologie du
r&#233;seau lui-m&#234;me. Microsoft, par exemple, poss&#232;de un
syst&#232;me de fichier en r&#233;seau, qui permet aux moteurs de
recherche d'interroger le syst&#232;me tr&#232;s facilement, pour
savoir quels contenus sont disponibles publiquement (sur ce
r&#233;seau). <br /> Le moteur de recherche de Jesse fut construit de
mani&#232;re &#224; tirer avantage de cette technologie. Il utilisait
le syst&#232;me de fichiers de Microsoft afin de construire une liste
de tous les fichiers disponibles sur le r&#233;seau RPI.
	</text>
</object>
<object id="207">
	<ocn>207</ocn>
	<text class="norm">
		Le moteur de Jesse n'&#233;tait pas le premier construit pour le
r&#233;seau RPI. En effet, son moteur de recherche &#233; tait une
simple modification d'autres moteurs &#233; crits par d'autres. Sa
seule am&#233;lioration importante &#233; tait qu'il corrigeait une
erreur existant dans le syst&#232;me de Microsoft, qui provoquait des
plantages d'ordinateurs. Avec les moteurs pr&#233;existants, en tentant
d'acc&#233;der &#224; un fichier qui se trouvait sur un ordinateur qui
n'&#233;tait plus en ligne avec un navigateur Windows, on pouvait faire
planter son ordinateur. Jesse modifia l&#233;g&#232;rement le
syst&#232;me pour r&#233;soudre ce probl&#232;me, en ajoutant un bouton
sur lequel un utilisateur pouvait cliquer pour savoir si la machine qui
contenait le fichier &#233; tait toujours en ligne.
	</text>
</object>
<object id="208">
	<ocn>208</ocn>
	<text class="norm">
		Le moteur de Jesse fut mis en ligne fin octobre. Durant les six mois
suivants, il continua &#224; le perfectionner et &#224; en
am&#233;liorer la fonctionnalit&#233;. En mars, le syst&#232;me
fonctionnait plut&#244;t bien. Jesse avait plus d'un million de
fichiers dans sa liste, qui comprenait tout les types de contenus se
trouvant sur les ordinateurs des utilisateurs du r&#233;seau.
	</text>
</object>
<object id="209">
	<ocn>209</ocn>
	<text class="norm">
		Ainsi donc la liste produite par son moteur de recherche contenait des
images, que les &#233; tudiants pouvaient utiliser, pour les mettre sur
leur site web; des copies de cours ou de la recherche; des copies de
textes techniques; des films courts cr&#233;es par les &#233; tudiants;
des brochures d'universit&#233;s -- en bref, tout ce que les
utilisateurs du r&#233;seau RPI rendaient disponible dans un
r&#233;pertoire public de leur ordinateur.
	</text>
</object>
<object id="210">
	<ocn>210</ocn>
	<text class="norm">
		Mais la liste contenait aussi de la musique. En fait, un quart des
fichiers que le moteur de recherche de Jesse listait &#233; taient des
fichiers de musique. Ceci veut dire, bien s&#252;r, que les trois
quarts n'en &#233; taient pas, et -- ce point est parfaitement clair --
Jesse ne fit rien pour pousser les gens &#224; mettre des fichiers de
musique dans leurs r&#233;pertoires publics. Il ne fit rien pour cibler
le moteur de recherche vers ces fichiers. Il &#233; tait un &#233;
tudiant qui exp&#233;rimentait une technologie similaire &#224; Google,
dans une universit&#233; o&#250; il &#233; tudiait les sciences de
l'information, et par cons&#233;quent, exp&#233;rimenter &#233; tait
son but. A la diff&#233;rence de Google, ou de Microsoft en
l'occurence, il ne gagnait pas d'argent de ses exp&#233;riences; il
n'avait pas non plus de lien avec une entreprise qui en gagnait ainsi.
Il n'&#233;tait qu'un &#233; tudiant qui exp&#233;rimentait une
technologie, dans un environnement o&#250; c'&#233;tait
pr&#233;cis&#233;ment ce qu'il &#233; tait suppos&#233; faire.
	</text>
</object>
<object id="211">
	<ocn>211</ocn>
	<text class="norm">
		Le 23 avril 2003, Jesse fut contact&#233; par le doyen de RPI. Le doyen
l'informa que la Recording Industry Association of America, la RIAA,
&#233; tait en train de porter plainte contre lui et trois autres
&#233; tudiants qu'il ne connaissait m&#234;me pas, dont deux se
trouvaient dans d'autres universit&#233;s. Quelques heures plus tard,
on remit &#224; Jesse les documents concernant la plainte. Lorsqu'il lu
ces documents et vit les nouvelles s'y rapportant, il &#233; tait de
plus en plus &#233; tonn&#233;.
	</text>
</object>
<object id="212">
	<ocn>212</ocn>
	<text class="norm">
		"C'est absurde," me dit-il. "Je ne pense pas avoir fait quoi que ce
soit de mal... <br /> Je ne pense pas qu'il y ait quoi que ce soit de
mal avec le moteur de recherche que j'ai fait tourner, ou ... avec ce
que j'y ai apport&#233;. C'est-&#224;-dire que je ne l'ai pas
modifi&#233; d'une mani&#232;re qui favorise ou facilite le travail de
pirates. Je l'ai simplement modifi&#233; de mani&#232;re &#224; le
rendre plus facile &#224; utiliser"-- une fois de plus, un moteur de
recherche, que Jesse n'avait pas &#233; crit lui m&#234;me, afin de
permettre aux membres de RPI d'acc&#233;der &#224; des contenus que
Jesse n'avait pas cr&#233;es ou post&#233;s lui-m&#234;me, et dont la
vaste majorit&#233; n'avait rien &#224; voir avec de la musique.
	</text>
</object>
<object id="213">
	<ocn>213</ocn>
	<text class="norm">
		Mais la RIAA appelait Jesse un pirate. Elle pr&#233;tendait qu'il
animait un r&#233;seau, et que par cons&#233;quent il avait
"volontairement" viol&#233; les lois sur le droit d'auteur. Elle
demanda qu'il la paie en dommages de ses actes. Dans des cas de
"violation volontaire", le Copyright Act d&#233;finit quelque chose que
les juristes appellent "dommages statutaires". Ces dommages permettent
&#224; un d&#233;tenteur de droits d'auteur de r&#233;clamer 150.000
dollars par violation. Comme la RIAA se plaignait de plus d'une
centaine de violations, elle demanda que Jesse paie au moins 15.000.000
de dollars.
	</text>
</object>
<object id="214">
	<ocn>214</ocn>
	<text class="norm">
		Des proc&#232;s similaires furent intent&#233;s &#224; trois autres
&#233; tudiants: un autre &#233; tudiant &#224; RPI, un &#224;
l'Universit&#233; Technique du Michigan, et un &#224; Princeton. Leurs
situations &#233; taient semblables &#224; celle de Jesse. Bien que
chaque cas f&#252;t diff&#233;rent en d&#233;tail, l'id&#233;e
g&#233;n&#233;rale &#233; tait exactement la m&#234;me: d'&#233;normes
demandes en "dommages" dont la RIAA se d&#233;clarait redevable. En
additionnant ces demandes, ces quatre proc&#232;s demandaient aux
tribunaux am&#233;ricains de d&#233;domager les plaignants de pr&#232;s
de 100 milliards de dollars -- soit six fois le total des profits de
l'industrie cin&#233;matographique en 20011.
	</text>
</object>
<object id="215">
	<ocn>215</ocn>
	<text class="norm">
		Jesse appela ses parents. Ils &#233; taient avec lui, mais un peu
effray&#233;s. Un oncle &#233; tait avocat. Il commenca &#224;
n&#233;gocier avec la RIAA. Ils demand&#232;rent combien d'argent Jesse
avait. Jesse avait &#233; conomis&#233; 12.000 dollars, gr&#226;ce
&#224; des emplois d'&#233;t&#233; et autres travaux. Ils
demand&#232;rent 12.000 dollars pour retirer leur plainte.
	</text>
</object>
<object id="216">
	<ocn>216</ocn>
	<text class="norm">
		La RIAA voulait que Jesse reconnaisse avoir fait quelque chose de mal.
Il refusa. Il voulaient qu'il accepte un jugement qui lui aurait
interdit de travailler dans un certain nombre de secteurs
technologiques pour le reste de sa vie. Il refusa. Ils lui firent
comprendre que le fait d'&#234;tre traduit en justice n'allait pas
&#234; tre une partie de plaisir. (Le p&#232;re de Jesse me raconta que
l'avocat principal sur le dossier, Matt Oppenheimer, avait dit &#224;
Jesse, "Je ne vous conseille pas de vous payer une deuxi&#232;me visite
chez un dentiste comme moi.") Et tout du long, la RIAA r&#233;p&#233;ta
qu'elle ne retirerait pas sa plainte avant d'avoir pris le dernier
centime &#233; conomis&#233; par Jesse.
	</text>
</object>
<object id="217">
	<ocn>217</ocn>
	<text class="norm">
		La famille de Jesse fut scandalis&#233;e par ces pr&#233;tentions. Ils
voulaient se d&#233;fendre en justice. Mais l'oncle de Jesse leur fit
comprendre la nature du syst&#232;me l&#233;gal am&#233;ricain. Jesse
pouvait se d&#233;fendre contre la RIAA. Il se pouvait m&#234;me qu'il
gagne. Mais le co&#252;t d'un proc&#232;s de ce genre, dit-il &#224;
Jesse, serait d'au moins 250.000 dollars. S'il gagnait, il ne
r&#233;cup&#233;rerait pas cet argent. S'il gagnait, il se retrouverait
avec un bout de papier stipulant qu'il aurait gagn&#233;, et un autre
bout de papier stipulant que lui et sa famille seraient en faillite.
	</text>
</object>
<object id="218">
	<ocn>218</ocn>
	<text class="norm">
		Ainsi donc, Jesse &#233; tait devant un choix digne de la mafia:
250.000 dollars pour une chance de gagner, ou bien 12.000 dollars pour
un r&#232;glement &#224; l'amiable.
	</text>
</object>
<object id="219">
	<ocn>219</ocn>
	<text class="norm">
		L'industrie du disque r&#233;p&#232;te qu'il s'agit d'une question de
loi et de morale. <br /> Mettons la loi de c&#244;t&#233; pour un
moment, et pensons seulement &#224; la morale. O&#250; est la morale
dans un proc&#232;s comme celui-l&#224;? Quelle vertu y-a-t'il &#224;
faire des boucs &#233; missaires? La RIAA est un lobby extr&#234;mement
puissant. Son pr&#233;sident gagne, semble-t'il, plus d'un million de
dollars par an. Les artistes, en revanche, ne sont pas bien pay&#233;s.
Un chanteur gagne en moyenne 45.900 dollars2. La RIAA a &#233;
norm&#233;ment de moyens, pour influencer et diriger la politique.
O&#250; est donc la morale &#224; prendre de l'argent &#224; un &#233;
tudiant pour avoir fait tourner un moteur de recherche3?
	</text>
</object>
<object id="220">
	<ocn>220</ocn>
	<text class="norm">
		Le 23 juin, Jesse vira ses &#233; conomies &#224; l'avocat de la RIAA.
La plainte fut retir&#233;e. Et par ces mots, cet &#233; tudiant qui
avait transform&#233; un ordinateur en un proc&#232;s &#224; 15
millions de dollars devint un militant:
	</text>
</object>
<object id="221">
	<ocn>221</ocn>
	<text class="norm">
		Je n'&#233;tait absolument pas un militant [avant]. Je n'ai jamais
vraiment voulu &#234; tre un militant... [Mais] on m'y a pouss&#233;.
En aucune mani&#232;re je n'avais pr&#233;vu quelque chose de ce genre,
mais je pense que ce que la RIAA a fait est compl&#232;tement absurde.
	</text>
</object>
<object id="222">
	<ocn>222</ocn>
	<text class="norm">
		Les parents de Jesse gardent une certaine fiert&#233; pour leur
militant malgr&#233; lui. Comme me l'a dit son p&#232;re, Jesse "se
consid&#232;re comme tr&#232;s conservateur, et moi de m&#234;me... Il
n'est pas du genre &#224; se battre pour sauver les arbres... Je trouve
que c'est tr&#232;s bizarre que ce soit tomb&#233; sur lui. Mais il
veut que les gens sachent qu'ils envoient un mauvais signal. Et il veut
corriger cel&#224;."
	</text>
</object>
<object id="223">
	<ocn>223</ocn>
	<text class="h4">
		Pirates
	</text>
</object>
<object id="224">
	<ocn>224</ocn>
	<text class="norm">
		Si "pirater" signifie utiliser la propri&#233;t&#233; artistique des
autres sans leur permission -- s'il est vrai que "valeur implique
droits" -- alors l'histoire de l'industrie du contenu est une histoire
de piratage. Chaque secteur important de l'industrie des m&#233;dias
d'aujourd'hui -- cin&#233;ma, disque, radio et t&#233;l&#233;vision par
c&#226;ble -- est n&#233; d'une forme de piratage selon cette
d&#233;finition. Ce chapitre montre comment chaque g&#233;n&#233;ration
de pirates a fini par rejoindre le club des industries respectables --
jusqu'&#224; aujourd'hui.
	</text>
</object>
<object id="225">
	<ocn>225</ocn>
	<text class="h5">
		Cin&#233;ma
	</text>
</object>
<object id="226">
	<ocn>226</ocn>
	<text class="norm">
		L'industrie cin&#233;matographique de Hollywood fut cr&#233;&#233;e par
des pirates en fuite1. Les cr&#233;ateurs et metteurs en sc&#232;ne
migr&#232;rent de la C&#244;te Est vers la Californie au d&#233;but du
vingti&#232;me si&#232;cle, en partie afin d'&#233;chapper au
contr&#244;le que les brevets accordaient &#224; l'inventeur du
cin&#233;ma, Thomas Edison. Ce contr&#244;le &#233; tait exerc&#233;
par un "trust", la Motion Pictures Patent Company, et &#233; tait
bas&#233; sur la propri&#233;t&#233; intellectuelle de Thomas Edison --
ses brevets. Edison cr&#233;a la MPPC afin d'exercer les droits que sa
propri&#233;t&#233; intellectuelle lui donnait, et la MPPC ne prenait
pas son travail &#224; la l&#233;g&#232;re. Comme le rapporte un
commentateur :
	</text>
</object>
<object id="227">
	<ocn>227</ocn>
	<text class="indent1">
		Un ultimatum en janvier 1909 fut donn&#233; &#224; toutes les
compagnies pour se mettre en r&#232;gle avec la licence. En
f&#233;vrier, les hors-la-loi qui ne poss&#233;daient pas de licence,
et qui s'appelaient entre eux les ind&#233;pendants, protest&#232;rent
contre le trust et continu&#232;rent de travailler sans se soumettre au
monopole d'Edison. A l'&#233;t&#233; 1909, le mouvement
ind&#233;pendant &#233; tait en pleine activit&#233;, avec des
producteurs et des propri&#233;taires de cin&#233;mas qui utilisaient
des &#233; quipements ill&#233;gaux et importaient de la pellicule pour
cr&#233;er leur propre march&#233; souterrain.
	</text>
</object>
<object id="228">
	<ocn>228</ocn>
	<text class="indent1">
		Voyant le nombre de cin&#233;mas pirates dans le pays augmenter
rapidement, la Compagnie des Brevets r&#233;agit contre le mouvement
ind&#233;pendant, en cr&#233;ant une filiale de gros bras, connue sous
le nom de Compagnie G&#233;n&#233;rale des Films, charg&#233;e de
bloquer l'entr&#233;e des cin&#233;mas sans licence. Au cours d'actions
r&#233;pressives qui sont entr&#233;es dans la l&#233;gende, la
G&#233;n&#233;rale des Films confisqua les &#233; quipements sans
license, interrompit l'approvisionnement des salles qui passaient des
films sans licence, et monopolisa le circuit de distribution, en
acqu&#233;rant toutes les bourses aux films am&#233;ricaines, &#224;
l'exception de celle d&#233;tenue par Wiliam Fox, un ind&#233;pendant
qui continua de d&#233;fier le Trust apr&#232;s que sa licence fut
r&#233;voqu&#233;e2.
	</text>
</object>
<object id="229">
	<ocn>229</ocn>
	<text class="norm">
		Les Napster de l'&#233;poque, les "ind&#233;pendants", &#233; taient
des compagnies comme la Fox. Et pas moins qu'aujourd'hui, ces
compagnies r&#233;sist&#232;rent vigoureusement. "Les tournages &#233;
taient interrompus par des vols de machines, et des 'accidents' se
produisaient fr&#233;quemment, qui se traduisaient par des pertes de
n&#233;gatifs, d'&#233;quipements, de b&#226;timents et parfois de
vies."3 Ceci poussa les ind&#233;pendants &#224; fuir vers la C&#244;te
Ouest. La Californie &#233; tait suffisament hors de port&#233;e
d'Edison pour que les producteurs de films puissent pirater ses
inventions sans craindre la loi.
	</text>
</object>
<object id="230">
	<ocn>230</ocn>
	<text class="norm">
		Bien s&#252;r, la Californie se d&#233;veloppa rapidement, et la loi
f&#233;d&#233;rale finit par &#234; tre appliqu&#233;e &#224; l'Ouest.
Mais comme les brevets n'accordaient qu'un monopole vraiment
"limit&#233;" &#224; leur d&#233;tenteur (seulement dix-sept ans &#224;
l'&#233;poque), au moment ou les agents f&#233;d&#233;raux furent en
nombre suffisant, les brevets avaient expir&#233;. <br /> Une industrie
nouvelle &#233; tait n&#233;e, en partie par le piratage de la
propri&#233;t&#233; intellectuelle d'Edison.
	</text>
</object>
<object id="231">
	<ocn>231</ocn>
	<text class="h5">
		Musique enregistr&#233;e
	</text>
</object>
<object id="232">
	<ocn>232</ocn>
	<text class="norm">
		L'industrie du disque est n&#233;e d'un autre genre de piratage, mais
pour s'en apercevoir il faut conna&#238;tre certains d&#233;tails sur
la mani&#232;re dont la loi s'applique &#224; la musique.
	</text>
</object>
<object id="233">
	<ocn>233</ocn>
	<text class="norm">
		A l'&#233;poque o&#250; Edison et Henri Fourneaux inventaient des
machines &#224; reproduire la musique (Edison le phonographe, Fourneaux
le piano m&#233;canique), la loi accordait aux compositeurs le droit
exclusif de contr&#244;ler les copies et les ex&#233;cutions publiques
de leur musique. En d'autres termes, si en 1900 j'avais voulu une copie
de "Happy Mose", un succ&#232;s de Phil Russel en 1899, la loi
stipulait que j'aurais d&#252; payer pour avoir le droit d'obtenir une
copie de la partition musicale, et que j'aurais aussi d&#252; payer
pour avoir le droit de la jouer en public.
	</text>
</object>
<object id="234">
	<ocn>234</ocn>
	<text class="norm">
		Mais qu'en &#233; tait-il si j'avais voulu enregistrer "Happy Mose",
&#224; l'aide du phonographe d'Edison, ou du piano m&#233;canique de
Fourneaux ? La loi bloquait sur ce point. Il &#233; tait assez clair
que j'aurais d&#252; payer pour chaque copie de la partition que
j'aurais faite en cr&#233;ant cet enregistrement. Et il &#233; tait
aussi clair que j'aurais d&#252; payer pour chaque ex&#233;cution en
public de l'oeuvre que j'aurais enregistr&#233;e. Mais ce qui
n'&#233;tait pas clair, c'&#233;tait si j'aurais d&#252; payer pour une
"ex&#233;cution publique" pour enregistrer la chanson &#224; mon
domicile (m&#234;me aujourd'hui, vous ne devez rien aux Beatles si vous
chantez leurs chansons sous la douche), ou si j'avais enregistr&#233;
la chanson de m&#233;moire (les copies qui sont dans votre cerveau ne
sont pas --encore-- soumises &#224; la loi sur le droit d'auteur).
Donc, si je chantais la chanson devant un appareil d'enregistrement
&#224; mon propre domicile, il n'&#233;tait pas s&#252;r que je doive
quelque chose au compositeur. Et, plus important, il n'&#233;tait pas
s&#252;r que je doive quoi que ce soit au compositeur si je faisais
ensuite des copies de ces enregistrements.<br /> A cause de cette
faille juridique, on pouvait &#224; l'&#233;poque pirater la chanson de
quelqu'un d'autre, sans rien payer au compositeur.
	</text>
</object>
<object id="235">
	<ocn>235</ocn>
	<text class="norm">
		Les compositeurs (et &#233; diteurs) &#233; taient tout sauf heureux de
cette possibilit&#233; de piratage. Pour reprendre les mots du
s&#233;nateur Alfred Kittredge, du Sud Dakota,
	</text>
</object>
<object id="236">
	<ocn>236</ocn>
	<text class="indent1">
		Rendez-vous compte de l'injustice. Un compositeur &#233; crit une
chanson ou un op&#233;ra. Un &#233; diteur ach&#232;te au prix fort les
droits de cet op&#233;ra, et le place sous copyright. Et puis arrivent
l'industrie phonographique, et les compagnies qui d&#233;coupent des
rouleaux de musique, et volent d&#233;lib&#233;r&#233;ment le travail
du compositeur et de l'&#233;diteur, sans aucune consid&#233;ration
pour [leurs] droits.4
	</text>
</object>
<object id="237">
	<ocn>237</ocn>
	<text class="norm">
		Les innovateurs qui avaient d&#233;velopp&#233; la technologie pour
enregistrer le travail des autres "essoraient le travail, le talent et
le g&#233;nie des compositeurs am&#233;ricains"5 et l'"industrie de
l'&#233;dition musicale" se trouvait donc "&#224; la merci de ces
pirates."6 Comme l'a dit John Philip Sousa, de la mani&#232;re la plus
directe possible, "Si ils font du profit avec ma musique, alors j'en
veux une partie."7
	</text>
</object>
<object id="238">
	<ocn>238</ocn>
	<text class="norm">
		Ces arguments trouvent un echo familier dans les guerres d'aujourd'hui.
De m&#234;me que les arguments de la partie adverse. Les inventeurs du
piano m&#233;canique argu&#232;rent qu'il &#233; tait "parfaitement
possible de d&#233;montrer que l'apparition de machines &#224; jouer de
la musique n'a priv&#233; aucun compositeur de rien qu'il n'eut avant."
Au contraire, les machines augmentaient les ventes de partitions.8 Quoi
qu'il en soit, dirent les inventeurs, le devoir du Congr&#232;s &#233;
tait de "privil&#233;gier l'int&#233;r&#234;t du [public], qu'il
repr&#233;sente et doit servir." <br /> "Tous ces discours parlant de
'vol'," &#233; crivit le conseiller g&#233;n&#233;ral de la Compagnie
Am&#233;ricaine des Graphophones, "n'est que de la poudre aux yeux, car
il n'existe pas de propri&#233;t&#233; des id&#233;es musicales,
litt&#233;raires ou artistiques, sauf d&#233;finie par d&#233;cret."9
	</text>
</object>
<object id="239">
	<ocn>239</ocn>
	<text class="norm">
		La loi trancha rapidement en faveur des compositeurs et des
interpr&#232;tes qui enregistraient leur musique. Le Congr&#232;s
amenda la loi de mani&#232;re &#224; s'assurer que les compositeurs
soient pay&#233;s pour les "reproductions m&#233;caniques" de leur
musique. Mais plut&#244;t que d'accorder au compositeur un
contr&#244;le total sur le droit de faire des reproductions
m&#233;caniques, le Congr&#232;s donna aux interpr&#232;tes le droit
d'enregistrer de la musique, &#224; un prix fix&#233; par le
Congr&#232;s, apr&#232;s que le compositeur aurait autoris&#233; un
premier enregistrement. C'est cette part de la loi sur le copyright qui
rend possible les reprises. Une fois qu'un compositeur a autoris&#233;
un enregistrement de sa musique, les autres sont libres d'enregistrer
la m&#234;me musique, du moment qu'ils paient au compositeur original
une taxe fix&#233;e par la loi.
	</text>
</object>
<object id="240">
	<ocn>240</ocn>
	<text class="norm">
		En g&#233;n&#233;ral, la loi am&#233;ricaine appelle ceci une "licence
contraignante", mais je pr&#233;f&#232;re parler de "licence
statutaire". <br /> Une licence statutaire est une licence dont les
termes sont fix&#233;s par la loi. Apr&#232;s que le Congr&#232;s
amenda le Copyright Act en 1909, les maisons d'enregistrement furent
libres de distribuer des copies de leurs enregistrements, du moment
qu'ils payaient au compositeur (ou au d&#233;tenteur des droits
d'auteur) la taxe fix&#233;e par le d&#233;cret.
	</text>
</object>
<object id="241">
	<ocn>241</ocn>
	<text class="norm">
		Ceci constitue une exception dans la loi sur le droit d'auteur. Quand
John Grisham &#233; crit un roman, un &#233; diteur est libre de
publier ce roman seulement si Grisham lui en donne la permission.
Celui-ci, en revanche, est libre de r&#233;clamer la somme qui lui
pla&#238;t en &#233; change de cette permission. Le prix pour publier
Grisham est donc fix&#233; par Grisham lui m&#234;me, et la loi sur le
droit d'auteur dit qu'en g&#233;n&#233;ral vous n'avez pas le droit
d'utiliser le travail de Grisham sans sa permission.
	</text>
</object>
<object id="242">
	<ocn>242</ocn>
	<text class="norm">
		Mais la loi r&#233;gissant les enregistrements sonores donne moins aux
artistes. Et donc, en effet, la loi subventionne les maisons
d'enregistrement &#224; travers une sorte de piratage -- en donnant aux
musiciens un contr&#244;le plus faible qu'elle ne donne aux auteurs
d'autres types de cr&#233;ation artistique. Les Beatles ont moins de
contr&#244;le sur leur cr&#233;ation que Grisham n'en a sur la sienne.
Et les b&#233;n&#233;ficiaires de ce moins de contr&#244;le sont
l'industrie du disque et le public. L'industrie du disque obtient
quelque chose qui a de la valeur pour moins que ce qu'elle ne paierait
normalement; le public a acc&#232;s &#224; un &#233; ventail plus large
de cr&#233;ations musicales. De fait, le Congr&#232;s fut tr&#232;s
explicite quant aux raisons pour lesquelles il accordait ce choix. Sa
crainte &#233; tait le pouvoir monopolistique des ayant-droits, et que
ce pouvoir ne supprime la cr&#233;ativit&#233;.10
	</text>
</object>
<object id="243">
	<ocn>243</ocn>
	<text class="norm">
		Bien que l'industrie du disque soit devenue plut&#244;t timide
r&#233;cemment sur ce sujet, historiquement sa position a &#233;
t&#233; en faveur des licences statutaires pour les enregistrements.
Comme l'indique un rapport du Comit&#233; Judiciaire de la Chambre des
Repr&#233;sentants datant de 1967,
	</text>
</object>
<object id="244">
	<ocn>244</ocn>
	<text class="indent1">
		les producteurs de disques soutinrent vigoureusement que le
syst&#232;me de licences contraignantes devait &#234; tre maintenu. Ils
soutinrent que l'industrie du disque, qui p&#232;se un demi miliard de
dollars, est d'une importance &#233; conomique majeure aux Etats-Unis
et dans le monde; les disques sont aujourd'hui le principal moyen de
diffusion de la musique, et ceci cause des probl&#232;mes particuliers,
car les chanteurs ont besoin d'un acc&#232;s non restreint &#224; la
musique, de mani&#232;re non discriminatoire. Historiquement,
firent-ils remarquer, il n'existait pas de droits &#224;
l'enregistrement avant 1909, et le d&#233;cret de 1909 avait
accept&#233; les licences contraignantes en tant que mesure
anti-monopolistique d&#233;lib&#233;r&#233;e, en &#233; change de
l'octroi de ces droits. Ils ajout&#232;rent que le r&#233;sultat en a
&#233; t&#233; une abondance de disques, donnant au public des prix
plus bas, une qualit&#233; meilleure, et un choix plus large.11
	</text>
</object>
<object id="245">
	<ocn>245</ocn>
	<text class="norm">
		Cette limitation des droits des musiciens, ce piratage partiel de leur
travail cr&#233;atif, b&#233;n&#233;ficie aux maisons de disques, et au
public.
	</text>
</object>
<object id="246">
	<ocn>246</ocn>
	<text class="h5">
		Radio
	</text>
</object>
<object id="247">
	<ocn>247</ocn>
	<text class="norm">
		La radio aussi est n&#233;e du piratage.
	</text>
</object>
<object id="248">
	<ocn>248</ocn>
	<text class="norm">
		Lorsqu'une radio passe un enregistrement sur les ondes, ceci constitue
une "ex&#233;cution publique" du travail du compositeur.12 Comme je
l'ai d&#233;crit plus haut, la loi donne au compositeur (ou au
d&#233;tenteur des droits d'auteur) un droit exclusif sur les
ex&#233;cutions publiques de son oeuvre. La station de radio doit donc
de l'argent au compositeur pour cette ex&#233;cution.
	</text>
</object>
<object id="249">
	<ocn>249</ocn>
	<text class="norm">
		Mais quand une station de radio passe un disque, elle ne fait pas
seulement une copie de travail du compositeur. La radio effectue aussi
une copie du travail de l'interpr&#232;te. C'est une chose d'avoir
"Joyeux Anniversaire" chant&#233; &#224; la radio par la chorale
d'enfants locale; c'en est une toute autre si ce sont les Rolling
Stones ou bien Lyle Lovett qui chantent. L'interpr&#232;te ajoute
&#224; la valeur de la composition effectu&#233;e par la station de
radio. Et si la loi &#233; tait parfaitement coh&#233;rente, la station
de radio devrait payer l'interpr&#232;te pour son travail, tout comme
elle paie le compositeur pour sa musique.
	</text>
</object>
<object id="250">
	<ocn>250</ocn>
	<text class="norm">
		Mais ce n'est pas le cas. D'apr&#232;s la loi sur les diffusions
radiophoniques, la station de radio n'a pas &#224; payer
l'interpr&#232;te. La station de radio doit seulement payer le
compositeur. Par cons&#233;quent, la station re&#231;oit quelque chose
sans contrepartie. Elle peut diffuser le travail de l'artiste
gratuitement, m&#234;me si elle doit payer le compositeur pour avoir le
droit de passer sa chanson.
	</text>
</object>
<object id="251">
	<ocn>251</ocn>
	<text class="norm">
		Cette diff&#233;rence peut &#234; tre &#233; norme. Supposez que vous
composiez un morceau de musique. Supposez que ce soit le premier. Vous
d&#233;tenez le droit exclusif d'autoriser la diffusion de cette
musique. Donc si Madonna veut chanter votre chanson en public, elle
doit obtenir votre permission.
	</text>
</object>
<object id="252">
	<ocn>252</ocn>
	<text class="norm">
		Supposez qu'elle chante votre chanson, et qu'elle l'aime beaucoup. Elle
d&#233;cide alors d'en faire un enregistrement, qui devient un tube.
D'apr&#232;s notre loi, chaque fois qu'une station de radio passera
votre chanson, vous recevrez de l'argent. Et Madonna ne recoit rien,
&#224; part l'effet indirect sur les ventes de ses CDs. La diffusion
publique de son enregistrement n'est pas un droit "prot&#233;g&#233;".
Ainsi donc, la station de radio pirate la valeur du travail de Madonna,
sans rien lui payer. <br /> Sans doute, on pourra r&#233;torquer que
les interpr&#232;tes en b&#233;n&#233;ficient. En moyenne, la
publicit&#233; qu'ils en tirent vaut plus que les droits qu'ils
abandonnent. Peut-&#234;tre.
	</text>
</object>
<object id="253">
	<ocn>253</ocn>
	<text class="norm">
		Mais quand bien m&#234;me, la loi laisse d'habitude au cr&#233;ateur le
droit de faire son choix. En faisant le choix &#224; sa place, cette
loi donne &#224; la station de radio le droit de prendre quelque chose
sans contrepartie.
	</text>
</object>
<object id="254">
	<ocn>254</ocn>
	<text class="h5">
		T&#233;l&#233;vision par c&#226;ble
	</text>
</object>
<object id="255">
	<ocn>255</ocn>
	<text class="norm">
		La t&#233;l&#233;vision par c&#226;ble elle-aussi est n&#233;e d'une
forme de piratage.
	</text>
</object>
<object id="256">
	<ocn>256</ocn>
	<text class="norm">
		Lorsque les entrepreneurs du c&#226;ble commenc&#232;rent &#224;
fournir la t&#233;l&#233;vision par c&#226;ble &#224; des
communaut&#233;s, en 1948, la plupart refus&#232;rent de payer les
cha&#238;nes herziennes pour les contenus qu'ils transmettaient &#224;
leurs clients. M&#234;me lorsque les compagnies de c&#226;ble
commenc&#232;rent &#224; vendre l'acc&#232;s &#224; la
t&#233;l&#233;vision par c&#226;ble, ils refus&#232;rent de payer ce
qu'ils revendaient. Ainsi, les compagnies de c&#226;ble napterisaient
les contenus &#233; mis sur les ondes, mais d'une mani&#232;re encore
plus &#233; hont&#233;e que tout ce que Napster a jamais fait-- Napster
n'a jamais fait payer pour les contenus qu'ils permettaient aux gens de
partager.
	</text>
</object>
<object id="257">
	<ocn>257</ocn>
	<text class="norm">
		Les cha&#238;nes herziennes et les d&#233;tenteurs de copyright s'en
prirent rapidement &#224; ce vol. Rosel Hyde, le pr&#233;sident de la
FCC, voyait cette pratique comme une forme de "comp&#233;tition
d&#233;loyale et potentiellement destructrice."13 Bien qu'il p&#252;t y
avoir un "int&#233;r&#234;t public" &#224; augmenter l'offre de la
t&#233;l&#233;vision par c&#226;ble, Douglas Anello, conseiller
g&#233;n&#233;ral de la National Association of Broadcasters, demanda
au s&#233;nateur Quentin Burdick lors d'un proc&#232;s,
"L'int&#233;r&#234;t public vous commande-t'il d'utiliser la
propri&#233;t&#233; de quelqu'un d'autre?"14 Un autre repr&#233;sentant
des cha&#238;nes herziennes le dit en ces termes:
	</text>
</object>
<object id="258">
	<ocn>258</ocn>
	<text class="indent1">
		Ce qu'il y a d'extraordinaire au sujet de la t&#233;l&#233;vision par
c&#226;ble, c'est que c'est la seule industrie &#224; ma connaissance
qui revend un produit qu'elle n'a pas pay&#233;.15
	</text>
</object>
<object id="259">
	<ocn>259</ocn>
	<text class="norm">
		Encore une fois, la demande des d&#233;tenteurs de copyright semblait
suffisament raisonnable:
	</text>
</object>
<object id="260">
	<ocn>260</ocn>
	<text class="indent1">
		Tout ce que nous demandons, c'est quelque chose de tr&#232;s simple,
c'est que ceux qui maintenant prennent notre propri&#233;t&#233; pour
rien paient pour cel&#224;. Nous tentons d'arr&#234;ter un piratage, et
je ne crois pas qu'il existe de mot plus faible pour d&#233;crire
cel&#224;. Je pense qu'il y a des mots plus durs qui conviendraient.16
	</text>
</object>
<object id="261">
	<ocn>261</ocn>
	<text class="norm">
		Ils &#233; taient des "passagers au noir," d'apr&#232;s Charlton
Heston, le pr&#233;sident de la Guilde des Acteurs, qui "privaient les
acteurs de leurs argent."17
	</text>
</object>
<object id="262">
	<ocn>262</ocn>
	<text class="norm">
		Mais encore une fois, il existait un autre point de vue sur ce
d&#233;bat. Pour citer le vice-ministre de la Justice, Edwin Zimmerman,
	</text>
</object>
<object id="263">
	<ocn>263</ocn>
	<text class="indent1">
		Notre pr&#233;occupation ici est que, contrairement au probl&#232;me de
savoir si un syst&#232;me de protection du copyright existe ou non, le
probl&#232;me est de savoir si les d&#233;tenteurs de copyright, qui
poss&#232;dent d&#233;j&#224; un monopole, devraient &#234; tre
autoris&#233;s &#224; &#233; tendre ce monopole... La question ici est
&#224; combien doit s'&#233;lever leur compensation, et jusqu'&#224;
o&#250; doit s'&#233;tendre leur droit &#224; une compensation.18
	</text>
</object>
<object id="264">
	<ocn>264</ocn>
	<text class="norm">
		Les d&#233;tenteurs de copyright tra&#238;n&#232;rent les compagnies de
c&#226;ble en justice. Par deux fois, la Cour Supr&#234;me statua que
les compagnies de c&#226;ble ne devaient rien aux d&#233;tenteurs de
copyright.
	</text>
</object>
<object id="265">
	<ocn>265</ocn>
	<text class="norm">
		Il fallut au Congr&#232;s presque trente ans pour r&#233;soudre la
question de savoir si les compagnies de c&#226;ble devaient payer pour
les contenus qu'elles "pirataient". A la fin, le Congr&#232;s la
r&#233;solut de la m&#234;me mani&#232;re qu'il avait r&#233;solu la
question des lecteurs de disques et des pianos m&#233;caniques. Oui,
les compagnies de c&#226;ble devraient payer pour les contenus qu'ils
distribuaient; mais le prix qu'ils devraient payer ne serait pas
d&#233;cid&#233; par le d&#233;tenteur du copyright. Ce prix serait
fix&#233; par la loi, de sorte que les cha&#238;nes herziennes ne
puissent faire obstruction &#224; la technologie &#233; mergente du
c&#226;ble. Les compagnies de c&#226;ble ont donc, en partie, b&#226;ti
leur empire sur un "piratage", de la valeur du contenu cr&#233;&#233;e
par les cha&#238;nes herziennes.
	</text>
</object>
<object id="266">
	<ocn>266</ocn>
	<text class="norm">
		Ces diff&#233;rentes histoires chantent le m&#234;me refrain. Si
"piratage" veut dire utiliser la valeur de la cr&#233;ation artisitique
de quelqu'un sans sa permission, et c'est de plus en plus le sens qu'on
accorde &#224; ce mot aujourd'hui,19 alors chaque industrie
r&#233;gul&#233;e par le droit d'auteur de nos jours est le
r&#233;sultat et le b&#233;n&#233;ficiaire d'une certaine forme de
piratage. Le cin&#233;ma, la musique, la radio, la t&#233;l&#233;vision
par c&#226;ble... La liste est longue, et elle pourrait bien
s'allonger. Chaque g&#233;n&#233;ration accueille les pirates de la
g&#233;n&#233;ration pr&#233;c&#233;dente -- jusqu'&#224; aujourd'hui.
	</text>
</object>
<object id="267">
	<ocn>267</ocn>
	<text class="h4">
		Piratage
	</text>
</object>
<object id="268">
	<ocn>268</ocn>
	<text class="norm">
		Il y a du piratage de contenus prot&#233;g&#233;s par Copyright. &#201;
norm&#233;ment. Ce piratage prend de nombreuses formes. La plus
significative est le piratage commercial, l'appropriation non
autoris&#233;e du bien d'autrui dans un contexte commercial.
Malgr&#233; les nombreuses justifications qui sont pr&#233;sent&#233;es
dans sa d&#233;fense, cette appropriation est mauvaise. Personne ne
devrait la pardonner et la loi devrait l'arr&#234;ter.
	</text>
</object>
<object id="269">
	<ocn>269</ocn>
	<text class="norm">
		Mais, en dehors de copies pirates vendues dans le commerce, il existe
une autre sorte d'appropriation, qui est plus directement li&#233;e
&#224; Internet. Cette appropriation, elle aussi, semble mauvaise
&#224; beaucoup, et elle est mauvaise la plupart du temps. Avant de
nous int&#233;resser &#224; cette forme particuli&#232;re, nous
devrions cependant comprendre sa nature un peu plus. Pour son plus
grand malheur, cette appropriation est significativement plus
ambigu&#235; qu'une simple reproduction qui ne tient pas compte des
droits, et la loi devrait lever cette ambigu&#239;t&#233;, comme elle
l'a si souvent fait dans le pass&#233;.
	</text>
</object>
<object id="270">
	<ocn>270</ocn>
	<text class="h5">
		Piratage I
	</text>
</object>
<object id="271">
	<ocn>271</ocn>
	<text class="norm">
		Partout dans le monde, mais particuli&#232;rement en Asie et l'Europe
de l'Est, des entreprises ne font rien d'autre que prendre le travail
des autres prot&#233;g&#233; par Copyright, le copier et le vendre dans
son int&#233;gralit&#233; sans la permission du d&#233;tenteur dudit
Copyright. L'industrie du disque estime qu'elle perd environ 4,6
milliards de dollars chaque ann&#233;e &#224; cause du piratage
physique1 (ce qui correspond &#224; un CD sur trois vendus dans le
monde entier). La MPAA estime ses pertes annuelles &#224; trois
milliards de dollars du fait du piratage.
	</text>
</object>
<object id="272">
	<ocn>272</ocn>
	<text class="norm">
		Ceci est du piratage pur et simple. Rien dans les arguments de ce
livre, ni dans les arguments que font la plupart des gens quand ils
parlent du sujet de ce livre, ne met en doute ce simple point : le
piratage est mauvais.
	</text>
</object>
<object id="273">
	<ocn>273</ocn>
	<text class="norm">
		Ceci ne veut pas dire que des excuses et des justifications ne peuvent
pas &#234; tre trouv&#233;es. Nous pourrions, par exemple, nous
rappeler que, pour les cents premi&#232;res ann&#233;es de la
R&#233;publique am&#233;ricaine, l'Am&#233;rique ne respecta pas les
Copyrights &#233; trangers. Nous sommes n&#233;s, en ce sens, en nation
pirate. Cela pourrait donc sembler hypocrite pour nous d'insister si
fortement pour que d'autres pays en voie de d&#233;veloppement
consid&#232;rent comme injuste ce que nous avons, pendant les cent
premi&#232;res ann&#233;es de notre existence, consid&#233;r&#233;
comme juste.
	</text>
</object>
<object id="274">
	<ocn>274</ocn>
	<text class="norm">
		Cette excuse n'est pas vraiment valable. Techniquement, notre loi
n'interdisait pas l'appropriation de travaux &#233; trangers. Elle
s'&#233;tait explicitement limit&#233;e aux travaux am&#233;ricains.
Ainsi les &#233; diteurs am&#233;ricains qui publi&#232;rent des
travaux &#233; trangers sans la permission des auteurs &#233; trangers
ne violaient aucune r&#232;gle. Les magasins vendant des copie en Asie,
&#224; l'inverse, violent la loi asiatique. La loi asiatique
prot&#232;ge vraiment les droits des auteurs &#233; trangers et
l'activit&#233; de tels magasins viole cette loi. Donc, le tort que ce
piratage implique n'est donc pas qu'une injustice morale, mais une
transgression l&#233;gale, et pas qu'une transgression l&#233;gale et
internationale, mais aussi une transgression l&#233;gale au niveau
local.
	</text>
</object>
<object id="275">
	<ocn>275</ocn>
	<text class="norm">
		Pour dire vrai, ces r&#232;glements locaux ont &#233; t&#233;, en fait,
impos&#233;s &#224; ces pays. Aucun pays ne peut faire partie de
l'&#233;conomie mondiale et choisir de ne pas prot&#233;ger les
Copyrights internationalement. Nous sommes peut-&#234;tre n&#233;s
nation pirate, mais nous n'accepterons pas qu'une autre nation ait une
enfance similaire.
	</text>
</object>
<object id="276">
	<ocn>276</ocn>
	<text class="norm">
		Cependant, si un pays doit &#234; tre trait&#233; comme souverain,
alors ses lois sont ses lois, ind&#233;pendamment de leur source. La
loi internationale sous laquelle ces pays vivent leur donne quelques
occasions d'&#233;chapper au fardeau de la loi la propri&#233;t&#233;
intellectuelle2. Selon moi, plus de pays en voie de d&#233;veloppement
devraient profiter de cette occasion, mais quand ils ne font pas, alors
leurs lois devraient &#234; tre respect&#233;es. Et conform&#233;ment
aux lois de ces pays, ce piratage est mal.
	</text>
</object>
<object id="277">
	<ocn>277</ocn>
	<text class="norm">
		Sinon, nous pourrions aussi essayer d'excuser ce piratage en notant
que, dans ce cas, cela ne fait pas de tort &#224; l'industrie. Les
Chinois ayant acc&#232;s aux CDs am&#233;ricains &#224; 50 cents [NDT :
de dollar] l'unit&#233; ne sont pas des gens qui pourraient acheter ces
m&#234;mes CDs &#224; 15 dollars pi&#232;ce. Donc personne n'a en
r&#233;alit&#233; moins d'argent qu'il n'aurait pu en avoir de toute
fa&#231;on3.
	</text>
</object>
<object id="278">
	<ocn>278</ocn>
	<text class="norm">
		C'est souvent vrai (quoique j'ai des amis qui ont achet&#233; des
milliers de DVDs pirat&#233;s et qui ont certainement assez d'argent
pour payer ce qu'ils ont pris) et cela att&#233;nue quand m&#234;me un
peu le mal caus&#233; par de tels vols. Les extr&#233;mistes dans ce
d&#233;bat aiment dire : "Vous n'entreriez pas &#224; Barnes &amp;
Noble pour prendre un livre sans payer ; pourquoi cela devrait-il
&#234; tre diff&#233;rent avec la musique en ligne ?" La
diff&#233;rence est, bien s&#252;r, que quand vous prenez un livre de
Barnes &amp; Noble, ils ont un livre de moins &#224; vendre. A
l'inverse, quand vous prenez un MP3 d'un r&#233;seau informatique, il
n'y a pas un CD de moins qui peut &#234; tre vendu. La science du
piratage de l'immat&#233;riel est diff&#233;rente de la science du
piratage du mat&#233;riel.
	</text>
</object>
<object id="279">
	<ocn>279</ocn>
	<text class="norm">
		Cet argument est encore vraiment faible. Cependant, bien que le
Copyright soit un droit de propri&#233;t&#233; d'un type sp&#233;cial,
il reste un droit de propri&#233;t&#233;. Comme tous les droits de
propri&#233;t&#233;, le Copyright donne &#224; son d&#233;tenteur le
droit de d&#233;cider les termes selon lesquels le bien est
partag&#233;. Si le d&#233;tenteur ne veut pas vendre, il ne doit pas
l'&#234;tre. Il y a des exceptions : les licences statutaires
importantes qui s'appliquent au contenu prot&#233;g&#233; par Copyright
ind&#233;pendamment du souhait du d&#233;tenteur. Ces licences donnent
aux gens le droit "de prendre" le contenu prot&#233;g&#233; par le
droit d'auteur, que le d&#233;tenteur le veuille vendre ou non. Mais
quand la loi ne donne pas aux gens ce droit, il est ill&#233;gal de
prendre ce contenu m&#234;me si cela ne provoque aucun tort. Si nous
avons un syst&#232;me de propri&#233;t&#233;, et que ce syst&#232;me
est correctement &#233; quilibr&#233; avec la technologie d'une &#233;
poque, alors il est mal de s'approprier quelque chose sans la
permission du possesseur de la propri&#233;t&#233;. C'est exactement ce
que "propri&#233;t&#233;" signifie.
	</text>
</object>
<object id="280">
	<ocn>280</ocn>
	<text class="norm">
		Enfin, nous pourrions essayer d'excuser ce piratage avec l'argument que
le piratage aide en r&#233;alit&#233; le d&#233;tenteur du Copyright.
Quand un Chinois "vole" Windows, cela le rend d&#233;pendant de
Microsoft. Microsoft perd la valeur du logiciel qui a &#233; t&#233;
vol&#233;. Mais il gagne des utilisateurs qui sont utilis&#233;s pour
faire vivre le monde Microsoft. Dans quelques temps, quand la nation
sera plus riche, de plus en plus de gens ach&#232;teront le logiciel
plut&#244;t que de le voler. Et quelques temps apr&#232;s, parce que
cet achat lui profitera, Microsoft tirera des b&#233;n&#233;fices du
piratage. Si au lieu de pirater Microsoft Windows, le Chinois avait
utilis&#233; le syst&#232;me d'exploitation GNU/LINUX, libre et
gratuit, alors ces utilisateurs chinois n'ach&#232;teraient finalement
pas de produits Microsoft. Sans piratage, Microsoft perdrait.
	</text>
</object>
<object id="281">
	<ocn>281</ocn>
	<text class="norm">
		Cet argument, lui aussi, est en partie fond&#233;. La strat&#233;gie de
d&#233;pendance est une bonne strat&#233;gie. De nombreuses entreprises
l'utilisent. Certaines prosp&#232;rent gr&#226;ce &#224; elle. Par
exemple, les &#233; tudiants en droit ont libre acc&#232;s aux deux
plus grandes bases de donn&#233;es juridiques. Les soci&#233;t&#233;s
qui vendent l'acc&#232;s &#224; ces bases de donn&#233;es esp&#232;rent
chacune que ces &#233; tudiants deviendront si habitu&#233;s &#224;
leur service qu'ils voudront l'utiliser plut&#244;t que l'autre, une
fois devenus avocats (et qu'ils paieront alors de lourds frais
d'abonnement).
	</text>
</object>
<object id="282">
	<ocn>282</ocn>
	<text class="norm">
		L&#224; encore, l'argument n'est pas terriblement persuasif. Nous ne
d&#233;fendons pas un alcoolique quand il vole sa premi&#232;re
bi&#232;re simplement parce que cela le rend plus susceptible d'acheter
les trois suivantes. Au lieu de cela, nous permettons d'habitude aux
entreprises de d&#233;cider pour elles quand il est
pr&#233;f&#233;rable de donner leur produit. Si Microsoft craint la
concurrence de GNU/LINUX, alors Microsoft peut donner son produit comme
il l'a fait, par exemple, avec Internet Explorer pour se battre contre
Netscape. Un droit de propri&#233;t&#233; signifie donner au possesseur
de la propri&#233;t&#233; le droit de dire qui a acc&#232;s &#224; quoi
- au moins d'habitude. Et si la loi fait correspondre correctement les
droits du d&#233;tenteur de Copyright avec les droits d'acc&#232;s,
alors la violation de la loi est toujours mauvaise.
	</text>
</object>
<object id="283">
	<ocn>283</ocn>
	<text class="norm">
		Ainsi, tandis que je comprends la force de ces justifications de
piratage, et que j'en vois de mani&#232;re certaine la motivation,
&#224; mon avis, &#224; la fin, ces efforts de justification du
piratage commercial ne tiennent plus. Cette sorte de piratage est
effr&#233;n&#233;e et ne cause que du tort. Elle ne transforme pas le
contenu qu'elle vole ; elle ne transforme pas le march&#233; avec
lequel elle entre en concurrence. Elle donne simplement &#224;
quelqu'un acc&#232;s &#224; quelque chose dont la loi dit qu'il ne
devrait pas avoir acc&#232;s. Rien n'a chang&#233; pour entra&#238;ner
cette loi dans le doute. Cette forme de piratage est compl&#232;tement
dans l'erreur.
	</text>
</object>
<object id="284">
	<ocn>284</ocn>
	<text class="norm">
		Mais, comme les exemples des quatre chapitres qui pr&#233;c&#232;dent
cette partie le sugg&#232;rent, m&#234;me si quelques piratages sont
compl&#232;tement mauvais, tous ne le sont pas. Ou au moins, pas tous
les "piratages" sont mauvais, si ce terme est compris de la
mani&#232;re dont il est de plus en plus utilis&#233; aujourd'hui.
Beaucoup de sortes de "piratage" sont utiles et productives, pour
produire soit de nouveaux contenus, soit de nouvelles fa&#231;ons de
faire des affaires. Ni notre tradition, ni n'importe quelle tradition
n'ont jamais interdit tous les "piratages" dans ce sens du terme.
	</text>
</object>
<object id="285">
	<ocn>285</ocn>
	<text class="norm">
		Cela ne signifie pas qu'il n'y a aucune question lev&#233;e par la
derni&#232;re affaire de piratage en date : le partage de fichiers
peer-to-peer. Mais cela signifie que nous devons comprendre le mal dans
le peer-to-peer avant que nous ne le condamnions au gibet avec pour
charge d'accusation le piratage.
	</text>
</object>
<object id="286">
	<ocn>286</ocn>
	<text class="norm">
		En effet, comme Hollywood &#224; ses d&#233;buts (1), le partage p2p
s'&#233;mancipe d'une industrie au contr&#244;le excessif; comme
l'industrie du disque &#224; ses d&#233;buts (2), il exploite
simplement une nouvelle fa&#231;on de distribuer du contenu; cependant,
&#224; la diff&#233;rence de la t&#233;l&#233;vision c&#226;bl&#233;e
(3), personne ne vend le contenu qui est partag&#233; sur les services
p2p.
	</text>
</object>
<object id="287">
	<ocn>287</ocn>
	<text class="norm">
		Ces diff&#233;rences distinguent le partage p2p du vrai piratage. Elles
devraient nous pousser &#224; trouver une fa&#231;on de prot&#233;ger
les artistes tout en permettant &#224; ce partage de survivre.
	</text>
</object>
<object id="288">
	<ocn>288</ocn>
	<text class="h5">
		Piratage II
	</text>
</object>
<object id="289">
	<ocn>289</ocn>
	<text class="norm">
		Le point caract&#233;ristique du "piratage" que la loi aspire &#224;
annuler est une utilisation qui "vole l'auteur [de son]
b&#233;n&#233;fice"4. Cela veut dire que nous devons d&#233;terminer,
s'il y a lieu, combien de maux le partage p2p induit avant que nous ne
sachions dans quelle mesure la loi devrait l'emp&#234;cher ou trouver
une alternative pour garantir &#224; l'auteur un retour profitable.
	</text>
</object>
<object id="290">
	<ocn>290</ocn>
	<text class="norm">
		Le Peer-to-peer a &#233; t&#233; rendu c&#233;l&#232;bre par Napster.
Mais les inventeurs de la technologie Napster n'ont cr&#233;&#233;
aucune innovation technologique majeure. Comme chaque grande
avanc&#233;e dans l'innovation sur Internet (et, probablement comme
partout ailleurs 5, Shawn Fanning et son &#233; quipe avaient
simplement r&#233;uni des composants qui avaient &#233; t&#233;
d&#233;velopp&#233;s ind&#233;pendamment.
	</text>
</object>
<object id="291">
	<ocn>291</ocn>
	<text class="norm">
		Le r&#233;sultat a &#233; t&#233; une combustion spontan&#233;e.
Lanc&#233; en juillet 1999, Napster a amass&#233; plus de 10 millions
d'utilisateurs en neuf mois. Apr&#232;s dix-huit mois, il y avait
pr&#232;s de 80 millions d'utilisateurs du syst&#232;me
enregistr&#233;s6. Les cours de justice ont rapidement ferm&#233;
Napster, mais d'autres services sont apparus pour le remplacer (Kazaa
est actuellement le service de p2p le plus populaire. Il se targue de
plus de 100 millions de membres). Ces syst&#232;mes de services sont
architecturalement diff&#233;rents, bien que tr&#232;s proches au
niveau des fonctionnalit&#233;s : chacun permet aux utilisateurs de
rendre disponible un contenu &#224; un nombre quelconque d'autres
utilisateurs. Avec un syst&#232;me p2p, vous pouvez partager vos
chansons pr&#233;f&#233;r&#233;es avec votre meilleur ami - ou vos 20
000 meilleurs amis.
	</text>
</object>
<object id="292">
	<ocn>292</ocn>
	<text class="norm">
		Selon un certain nombre d'estimations, une proportion &#233; norme
d'Am&#233;ricains a go&#252;t&#233; &#224; la technologie du partage de
fichiers. Une &#233; tude Ipsos-Insight de septembre 2002 a &#233;
valu&#233; &#224; 60 millions le nombre d'Am&#233;ricains qui ont
t&#233;l&#233;charg&#233; de la musique - 28 pour cent des
Am&#233;ricains plus &#226; g&#233;s que 12 ans7. Un sondage du groupe
NPD cit&#233; dans le New York Times a estim&#233; que 43 millions de
citoyens ont utilis&#233; les r&#233;seaux de partage de fichiers pour
faire des &#233; changes en mai 20038. La majorit&#233; d'entre eux
n'&#233;tait pas des enfants. Quel que soit le chiffre r&#233;el, une
quantit&#233; massive de donn&#233;es est tir&#233;e de ces
r&#233;seaux. La facilit&#233; et le caract&#232;re peu co&#252;teux
des r&#233;seaux de partage de fichiers ont inspir&#233; des millions
de gens pour appr&#233;cier la musique d'une mani&#232;re nouvelle.
	</text>
</object>
<object id="293">
	<ocn>293</ocn>
	<text class="norm">
		Une part de cette appr&#233;ciation implique une infraction au
Copyright. Une autre part non. Et m&#234;me dans la partie qui
constitue techniquement l'infraction, le calcul du tort caus&#233; au
d&#233;tenteur du Copyright est plus compliqu&#233; qu'on pourrait le
penser. En effet, consid&#233;rez - un peu plus soigneusement que ne le
font habituellement les orateurs non objectifs dans ce d&#233;bat - les
diff&#233;rentes sortes de partages que le partage de fichiers permet,
et les diff&#233;rents torts que cela entra&#238;ne.
	</text>
</object>
<object id="294">
	<ocn>294</ocn>
	<text class="norm">
		Ceux qui partagent des fichiers partagent diff&#233;rents types de
contenu. On peut regrouper ces diff&#233;rents types en quatre
cat&#233;gories.
	</text>
</object>
<object id="295">
	<ocn>295</ocn>
	<text class="indent1">
		A. Il y a ceux qui utilisent les r&#233;seaux de partage comme
substitut &#224; l'achat. Ainsi, quand un nouveau CD de Madonna est mis
en vente dans le commerce, plut&#244;t que d'acheter le CD, ces
utilisateurs le t&#233;l&#233;chargent tout simplement. Nous pourrions
pinailler en nous demandant si, oui ou non, ceux qui se le sont
appropri&#233; de cette mani&#232;re l'auraient aujourd'hui achet&#233;
si le partage ne l'avait rendu disponible gratuitement. La plupart ne
l'aurait probablement pas fait, mais il y a clairement certaines
personnes qui l'auraient achet&#233;. Ces derniers sont la cible de
cat&#233;gorie A : les utilisateurs qui t&#233;l&#233;chargent au lieu
d'acheter.
	</text>
</object>
<object id="296">
	<ocn>296</ocn>
	<text class="indent1">
		B. Il y a ceux qui utilisent les r&#233;seaux de partage pour avoir un
&#233; chantillon de la musique qu'il comptent acheter. Ainsi, un ami
envoie &#224; un autre ami un MP3 d'un artiste dont ce dernier n'a
jamais entendu parler. L'autre ami ach&#232;te alors le CD de
l'artiste. C'est une sorte de publicit&#233; cibl&#233;e, qui a
relativement des chances de marcher. Si l'ami recommandant l'album n'a
rien a y gagner, alors on pourrait s'attendre &#224; ce que les
recommandations soient tout &#224; fait bonnes. L'effet net de ce
partage pourrait augmenter la quantit&#233; de musique achet&#233;e.
	</text>
</object>
<object id="297">
	<ocn>297</ocn>
	<text class="indent1">
		C. Il y a ceux qui utilisent les r&#233;seaux de partage pour obtenir
un acc&#232;s aux contenus prot&#233;g&#233;s par Copyright qui ne sont
plus vendus ou qu'ils n'auraient pas achet&#233;s parce que les
co&#252;ts de transaction en dehors d'Internet sont trop &#233;
lev&#233;s. Cette utilisation des r&#233;seaux de partage est parmi la
plus utile pour beaucoup. Les chansons qui berc&#232;rent votre
enfance, mais qui ont depuis longtemps disparu du march&#233;
apparaissent magiquement de nouveau sur le r&#233;seau (une amie m'a
dit que quand elle a d&#233;couvert Napster, elle a pass&#233; un
week-end entier &#224; "r&#233;cup&#233;rer" de vieilles chansons. Elle
a &#233; t&#233; stup&#233;fi&#233;e par l'&#233;tendue et la
vari&#233;t&#233; des contenus qui &#233; taient disponibles). Pour les
oeuvres non vendues, c'est toujours techniquement une violation de
Copyright, bien que le d&#233;tenteur du Copyright ne vende
d&#233;sormais plus cette oeuvre ; le tort &#233; conomique est nul -
le m&#234;me tort qui intervient quand je vends ma collection de 45
tours des ann&#233;es 60 &#224; un collectionneur local.
	</text>
</object>
<object id="298">
	<ocn>298</ocn>
	<text class="indent1">
		D. Enfin, il y a ceux qui utilisent les r&#233;seaux de partage pour
avoir acc&#232;s aux &#233; l&#233;ments qui ne sont pas
prot&#233;g&#233;s par Copyright ou ceux que le d&#233;tenteur du
Copyright veut distribuer.
	</text>
</object>
<object id="299">
	<ocn>299</ocn>
	<text class="norm">
		Dans quelles proportions p&#232;sent ces diff&#233;rents types de
partage ? Commen&#231;ons par quelques points simples mais importants.
Du point de vue de la loi, seul le partage de type D est
compl&#232;tement l&#233;gal. D'un point de vue &#233; conomique, seule
la cat&#233;gorie A est clairement nuisible9. Le type de partage B est
ill&#233;gal, mais pleinement b&#233;n&#233;fique. Le type C est
ill&#233;gal, mais pourtant bon pour la soci&#233;t&#233; (puisque
l'engouement pour la musique est bon) et b&#233;nin pour l'artiste
(puisque son travail n'est pas disponible autrement). Ainsi, tout bien
consid&#233;r&#233;, dans quelles mesures le partage importune est une
question &#224; laquelle il est dur de r&#233;pondre - et certainement
beaucoup plus difficile que la rh&#233;torique actuelle autour de la
question le sugg&#232;re.
	</text>
</object>
<object id="300">
	<ocn>300</ocn>
	<text class="norm">
		L'importance de la nuisance occasionn&#233;e par le partage d&#233;pend
fortement du degr&#233; de nuisance du partage de type A. De m&#234;me
qu'Edison s'est plaint de Hollywood, que les compositeurs se sont
plaints des bandes perfor&#233;es, que les artistes se sont plaints de
la radio et que les cha&#238;nes de t&#233;l&#233;vision se sont
plaintes de la t&#233;l&#233;vision c&#226;bl&#233;e, l'industrie de la
musique se plaint du fait que le type de partage A soit une sorte "de
vol" qui "d&#233;vaste" l'industrie.
	</text>
</object>
<object id="301">
	<ocn>301</ocn>
	<text class="norm">
		Tandis que les chiffres sugg&#232;rent vraiment que le partage est
nuisible, un ordre de grandeur correspondant est plus dur &#224;
estimer. Cela a longtemps &#233; t&#233; la pratique de l'industrie du
disque de bl&#226;mer la technologie &#224; la moindre baisse des
ventes. L'histoire de l'enregistrement sur cassette est un bon exemple.
Comme le montre une &#233; tude men&#233;e par Cap Gemini Ernst &amp;
Young, "Plut&#244;t qu'exploiter cette technologie nouvelle et
populaire, les Labels l'ont combattue"10. Les Labels ont pr&#233;tendu
que chaque album enregistr&#233; sur bande &#233; tait un album
invendu, et quand des ventes de CDs sont tomb&#233;es de 11,4 pour cent
en 1981, l'industrie a pr&#233;tendu que ce fait en &#233; tait ainsi
la preuve. La technologie &#233; tait le probl&#232;me et la
technologie interdisant ou r&#233;gulant &#233; tait la r&#233;ponse.
	</text>
</object>
<object id="302">
	<ocn>302</ocn>
	<text class="norm">
		Pourtant par la suite, peu de temps apr&#232;s et avant que le
Congr&#232;s ne donne une opportunit&#233; d'ordonner une
r&#233;gulation, MTV fut lanc&#233;e et l'industrie connut un
renversement des ventes. "Au final", conclut Cap Gemini, "la 'crise'...
ne fut pas due aux cassettes - qui n'ont pas disparu apr&#232;s la
venue au monde d'MTV - mais avait en grande partie r&#233;sult&#233; de
la stagnation dans l'innovation musicale chez les Labels principaux"11.
	</text>
</object>
<object id="303">
	<ocn>303</ocn>
	<text class="norm">
		Mais le fait que l'industrie se soit tromp&#233;e dans le pass&#233; ne
signifie pas qu'elle se trompe aujourd'hui. Pour &#233; valuer la
menace r&#233;elle que le partage p2p repr&#233;sente pour l'industrie
du disque en particulier, et pour la soci&#233;t&#233; en
g&#233;n&#233;ral - ou tout du moins la soci&#233;t&#233; qui
h&#233;rite de la tradition que nous ont donn&#233;e l'industrie
cin&#233;matographique, l'industrie du disque, l'industrie
radiophonique, la t&#233;l&#233;vision par c&#226;ble et le
magn&#233;toscope - la question n'est pas simplement de savoir si le
partage de type A est nuisible ou pas. La question est aussi de savoir
dans quelle mesure ce type est nuisible et dans quelle mesure les
autres types sont b&#233;n&#233;fiques.
	</text>
</object>
<object id="304">
	<ocn>304</ocn>
	<text class="norm">
		Nous commen&#231;ons &#224; r&#233;pondre &#224; cette question en nous
concentrant sur le tort net, du point de vue de l'industrie dans son
ensemble, que les r&#233;seaux de partage causent. "Le tort net" pour
l'industrie est dans son ensemble la quantit&#233; pour laquelle le
type de partage A exc&#232;de le type B. Si les soci&#233;t&#233;s du
disque avaient vendu plus de CDs avec des &#233; chantillons qu'elles
n'en avaient perdu avec des substitutions, alors les r&#233;seaux de
partage profiteraient actuellement aux soci&#233;t&#233;s de musique
tout compte fait. Elles auraient donc peu de raisons "valables" de leur
r&#233;sister.
	</text>
</object>
<object id="305">
	<ocn>305</ocn>
	<text class="norm">
		Est-ce que cela pourrait &#234; tre vrai ? L'industrie dans son
ensemble pourrait-elle tirer profit du partage de fichier ? Aussi
&#233; trange que cela puisse para&#238;tre, les statistiques de ventes
de CDs sugg&#232;rent que cela pourrait l'&#234;tre dans un futur
proche.
	</text>
</object>
<object id="306">
	<ocn>306</ocn>
	<text class="norm">
		En 2002, la RIAA a annonc&#233; que les ventes de CD avaient chut&#233;
de 8,9 pour cent, passant de 882 millions &#224; 803 millions
d'unit&#233;s ; les revenus ont baiss&#233; 6,7 pour cent12. Cela
confirme la tendance de ces derni&#232;res ann&#233;es. La RIAA
bl&#226;me le piratage par Internet pour cette tendance, quoiqu'il y
ait beaucoup d'autres causes qui pourraient constituer cette baisse.
SoundScan, par exemple, rapporte une chute de plus de 20 pour cent du
nombres de CDs sortis depuis 1999. Cela explique sans doute une part de
la diminution des ventes. Des prix en augmentation pourraient aussi
constituer au moins un peu de ces pertes. "De 1999 &#224; 2001, le prix
moyen d'un CD est mont&#233; 7,2 pour cent, passant de 13.04 dollars
&#224; 14.19 dollars"13. La concurrence d'autres formes de m&#233;dia
pourrait aussi repr&#233;senter une partie du d&#233;clin. Comme le dit
Jane Black dans une note de BusinessWeek, "la bande sonore au film
Haute Fid&#233;lit&#233; (High Fidelity) a un prix en catalogue de
18,98 dollars. Vous pourriez obtenir le film entier [sur DVD] pour
19,99 dollars"14.
	</text>
</object>
<object id="307">
	<ocn>307</ocn>
	<text class="norm">
		Mais supposons que le RIAA ait raison et que toute la baisse dans les
ventes de CD soit la cause du partage sur Internet. Voici le hic : dans
la m&#234;me p&#233;riode que celle o&#250; le RIAA &#233; value &#224;
803 millions les CDs vendus, le RIAA estime que 2,1 milliards de CDs
ont &#233; t&#233; t&#233;l&#233;charg&#233;s gratuitement . Ainsi,
bien que 2,6 fois le nombre total de CDs vendus ait &#233; t&#233;
t&#233;l&#233;charg&#233; gratuitement, le revenu des ventes n'a
chut&#233; que de 6,7 pour cent.
	</text>
</object>
<object id="308">
	<ocn>308</ocn>
	<text class="norm">
		Il y a trop de choses diff&#233;rentes qui sont arriv&#233;es en
m&#234;me temps pour expliquer ces chiffres une fois pour toutes, mais
une conclusion est in&#233;vitable : l'industrie du disque demande
constamment, "Quelle est la diff&#233;rence entre le
t&#233;l&#233;chargement d'une chanson et le vol d'un CD ?" - mais
leurs propres chiffres r&#233;v&#232;lent la diff&#233;rence. Si je
vole un CD, alors il y a un CD de moins &#224; vendre. Chaque
appropriation est une vente perdue. Mais sur la base des chiffres que
le RIAA fournit, il est absolument clair que le m&#234;me principe
n'est pas valable pour le t&#233;l&#233;chargement. Si chaque
t&#233;l&#233;chargement &#233; tait une vente perdue - si chaque
utilisation de Kazaa "d&#233;pouille[d&#233;pouillait] l'auteur de son
b&#233;n&#233;fice" - alors l'industrie aurait souffert d'une baisse
des ventes de 100 pour cent l'ann&#233;e derni&#232;re, pas une baisse
de 7 pour cent. Si 2,6 fois le nombre de CDs vendus ont &#233; t&#233;
t&#233;l&#233;charg&#233;s gratuitement, et que pourtant les recettes
des ventes n'ont baiss&#233; que de 6,7 pour cent, alors il y a
r&#233;ellement une diff&#233;rence &#233; norme entre &#171;
t&#233;l&#233;charger une chanson &#187; et &#171; voler un CD &#187; .
	</text>
</object>
<object id="309">
	<ocn>309</ocn>
	<text class="norm">
		Tout cela sont les maux - pr&#233;sum&#233;s et peut-&#234;tre
exag&#233;r&#233;s mais, supposons-le, r&#233;els. Quant est-il des
vertus ? Le partage de fichier peut imposer des d&#233;penses &#224;
l'industrie du disque. Quelle valeur produit-il en plus de ces
d&#233;penses ?
	</text>
</object>
<object id="310">
	<ocn>310</ocn>
	<text class="norm">
		Un bienfait est le partage de type C - rendre disponible quelque chose
qui est techniquement sous Copyright mais qui n'est plus disponible
dans le commerce. Ceci ne repr&#233;sente pas qu'une petite
cat&#233;gorie d'oeuvres. Il y a des millions de chansons qui ne sont
plus disponibles commercialement15. Et, bien que cela soit concevable
que quelques unes de ces oeuvres ne soient plus disponibles parce que
l'artiste qui produit le contenu ne veuille pas que cela le soit, la
grande majorit&#233; est indisponible parce que le &#233; diteur ou le
distributeur a d&#233;cid&#233; que ce n'&#233;tait plus &#233;
conomique pour l'entreprise de le rendre disponible.
	</text>
</object>
<object id="311">
	<ocn>311</ocn>
	<text class="norm">
		Dans la r&#233;alit&#233; - bien avant l'Internet - le march&#233;
avait une r&#233;ponse simple &#224; ce probl&#232;me : les
entrep&#244;ts de livres et de CDs d'occasion. Il y a des milliers de
tels d&#233;p&#244;ts en Am&#233;rique aujourd'hui16. Ces magasins
ach&#232;tent le contenu aux propri&#233;taires, et vendent ensuite ce
contenu qu'ils ach&#232;tent. Et conform&#233;ment &#224; la loi du
Copyright am&#233;ricaine, quand ils ach&#232;tent et vendent ce
contenu, "m&#234;me si le contenu est toujours sous Copyright", le
d&#233;tenteur du Copyright n'obtient pas un centime. Les magasins de
livres et de CDs d'occasion sont des entit&#233;s commerciales ; leurs
propri&#233;taires font de l'argent avec les oeuvres qu'ils vendent ;
mais comme avec des soci&#233;t&#233;s de c&#226;ble avant les licences
statutaires, ils ne doivent pas payer le d&#233;tenteur du Copyright
pour le contenu qu'ils vendent.
	</text>
</object>
<object id="312">
	<ocn>312</ocn>
	<text class="norm">
		Le type de partage C, alors, est vraiment comme les magasins de livres
ou de CDs d'occasion. C'est diff&#233;rent, bien s&#252;r, parce que la
personne faisant en sorte que le contenu soit disponible ne gagne pas
d'argent par cette action. C'est aussi diff&#233;rent, bien s&#252;r,
parce que dans le monde r&#233;el, quand je vends un CD, je ne l'ai
plus d&#233;sormais, alors que dans le monde virtuel, quand quelqu'un
partage mon enregistrement de 1949 de Bernstein "Deux Chansons d'Amour"
(Two Love Songs), je l'ai toujours. Cette diff&#233;rence importerait
&#233; conomiquement si le d&#233;tenteur du Copyright de 1949 vendait
le CD en concurrence avec mon partage. Mais nous parlons de la classe
des contenus qui ne sont pas actuellement disponibles dans le commerce.
Internet le rend disponible, par le partage coop&#233;ratif, sans
rivaliser avec le march&#233;.
	</text>
</object>
<object id="313">
	<ocn>313</ocn>
	<text class="norm">
		Il se pourrait bien, toute chose consid&#233;r&#233;e, qu'il soit
meilleur que le d&#233;tenteur du Copyright re&#231;oive quelque chose
de ce commerce. Mais le simple fait que cela puisse &#234; tre meilleur
ne suffit pourtant pas &#224; interdire les magasins de livres
d'occasion. Pr&#233;sent&#233; diff&#233;remment, si vous pensez que le
type de partage C devrait &#234; tre arr&#234;t&#233;, pensez-vous que
les biblioth&#232;ques et les magasins de livres d'occasion devraient
&#234; tre ferm&#233;s aussi ?
	</text>
</object>
<object id="314">
	<ocn>314</ocn>
	<text class="norm">
		Enfin, et c'est peut-&#234;tre le plus important, les r&#233;seaux de
partage de fichiers permettent au partage de type D - le partage de
contenus que les d&#233;tenteurs du Copyright veulent voir
partag&#233;s ou pour lesquels il n'y a plus de Copyright en cours -
d'exister. Ce partage rend clairement service aux auteurs et &#224; la
soci&#233;t&#233;. L'auteur de science-fiction Cory Doctorow, par
exemple, a sorti sa premi&#232;re nouvelle Down and Out in the Magic
Kingdom &#224; la fois en librairie et en version
t&#233;l&#233;chargeable gratuite le m&#234;me jour. Sa reflexion (et
celle de son &#233; diteur) &#233; tait que la distribution en ligne
serait une belle publicit&#233; pour le livre "r&#233;el". Les gens en
liraient une partie en ligne, et d&#233;cideraient alors s'ils l'aiment
ou non. S'ils l'aiment, alors ils serait plus susceptibles de
l'acheter. L'action de Doctorow est un partage de type D. Si les
r&#233;seaux de partage permettent &#224; son travail d'&#234;tre
diffus&#233;, alors lui et la soci&#233;t&#233; en ressortent gagnants
(en r&#233;alit&#233;, bien plus que gagnants : c'est un grand livre
!).
	</text>
</object>
<object id="315">
	<ocn>315</ocn>
	<text class="norm">
		De m&#234;me pour les travaux plac&#233;s dans le domaine public : ce
partage b&#233;n&#233;ficie &#224; la soci&#233;t&#233; sans aucun tort
l&#233;gal aux auteurs. Si des efforts pour r&#233;soudre le
probl&#232;me du partage du type A d&#233;truisent l'opportunit&#233;
d'un partage de type D, alors nous perdrons quelque chose d'important
pour prot&#233;ger les oeuvres A.
	</text>
</object>
<object id="316">
	<ocn>316</ocn>
	<text class="norm">
		Pour aller jusqu'au bout : tandis que l'industrie du disque dit, de
fa&#231;on compr&#233;hensive, "Voil&#224; combien nous avons perdu",
nous devons aussi demander "Dans quelle mesure la soci&#233;t&#233;
a-t-elle tir&#233; profit du partage p2p ? Quelle est son
efficacit&#233; ? Quelles sont les oeuvres qui seraient autrement
indisponibles ?"
	</text>
</object>
<object id="317">
	<ocn>317</ocn>
	<text class="norm">
		Car &#224; la diff&#233;rence du piratage que j'ai d&#233;crit dans la
premi&#232;re section de ce chapitre, beaucoup de "piratage" que le
partage de fichiers permet est totalement l&#233;gal et bon. Et comme
le piratage que j'ai d&#233;crit dans le chapitre 4, beaucoup de ce
piratage est motiv&#233; par une nouvelle mani&#232;re de diffuser les
contenus, impliqu&#233;e par des changements dans la technologie de
distribution. Ainsi, en harmonie avec la tradition qui nous a
donn&#233; Hollywood, la radio, l'industrie du disque et la
t&#233;l&#233;vision c&#226;bl&#233;e, la question nous devrions poser
&#224; propos du partage de fichiers est comment pr&#233;server au
mieux ses vertus tout en r&#233;duisant (dans la mesure possible) le
mal injustifi&#233; qu'il cause aux artistes. Cette question doit
&#234; tre bien consid&#233;r&#233;e. La loi devrait chercher cet
&#233; quilibre et cet &#233; quilibre sera trouv&#233; seulement avec
du temps.
	</text>
</object>
<object id="318">
	<ocn>318</ocn>
	<text class="norm">
		"Mais cette guerre n'est-elle pas juste une guerre contre le partage
ill&#233;gal ? La cible n'est-elle pas juste ce que vous appelez le
partage de type A ?"
	</text>
</object>
<object id="319">
	<ocn>319</ocn>
	<text class="norm">
		Vous pourriez le penser. Et nous devrions esp&#233;rer. Mais jusqu'ici,
il n'en est rien. L'effet de la guerre pr&#233;tendument cibl&#233;e
sur le type de partage A uniquement a &#233; t&#233; ressenti
globalement comme une guerre men&#233;e contre un unique type de
partage. C'est plus &#233; vident dans le cas de Napster lui-m&#234;me.
Quand Napster a dit &#224; la cour f&#233;d&#233;rale qu'il avait
d&#233;velopp&#233; une technologie pour bloquer le transfert de 99,4
pour cent des documents identifi&#233;s comme &#233; tant en
infraction, la cour f&#233;d&#233;rale a dit au conseiller de Napster
que 99,4 pour cent n'&#233;taient pas suffisants. Napster devait
pousser le nombre d'infractions &#224; "z&#233;ro"17.
	</text>
</object>
<object id="320">
	<ocn>320</ocn>
	<text class="norm">
		Si 99,4 pour cent ne sont pas assez bons, alors c'est une guerre aux
technologies de partage de fichiers, pas une guerre contre les
infractions de Copyright. Il n'y a aucun moyen d'assurer qu'un
syst&#232;me de p2p est utilis&#233; &#224; 100 pour cent du temps
conform&#233;ment &#224; la loi, pas plus qu'il n'y a de fa&#231;on
d'assurer que 100 pour cent des magn&#233;toscopes ou 100 pour cent des
machines de Xerox ou 100 pour cent des pistolets sont utilis&#233;s en
accord avec la loi. La tol&#233;rance z&#233;ro signifie z&#233;ro p2p.
Le r&#232;glement de la cour signifie que nous, en tant que
soci&#233;t&#233;, devons perdre les b&#233;n&#233;fices du p2p,
m&#234;me pour les utilisations totalement l&#233;gales et avantageuses
qu'il dessert, simplement pour garantir qu'il y a z&#233;ro infraction
au Copyright caus&#233;e par le p2p.
	</text>
</object>
<object id="321">
	<ocn>321</ocn>
	<text class="norm">
		La tol&#233;rance z&#233;ro n'a pas &#233; t&#233; notre histoire. Elle
n'a pas produit l'industrie satisfaite que nous connaissons
aujourd'hui. L'histoire de la loi am&#233;ricaine a &#233; t&#233; un
processus d'&#233;quilibre. Quand de nouvelles technologies changeaient
la mani&#232;re dont les contenus &#233; taient distribu&#233;s, la loi
s'ajustait, apr&#232;s quelques temps, &#224; la nouvelle technologie.
Dans cet ajustement, la loi a cherch&#233; &#224; assurer les droits
l&#233;gitimes des cr&#233;ateurs en prot&#233;geant l'innovation.
Parfois, cela a signifi&#233; plus de droits pour les cr&#233;ateurs.
Parfois moins.
	</text>
</object>
<object id="322">
	<ocn>322</ocn>
	<text class="norm">
		Donc, comme nous l'avons vu, quand la "reproduction m&#233;canique" a
menac&#233; les int&#233;r&#234;ts des compositeurs, le Congr&#232;s a
&#233; quilibr&#233; les droits de compositeurs avec les
int&#233;r&#234;ts de l'industrie du disque. Il a accord&#233; des
droits aux compositeurs, mais aussi aux artistes qui enregistraient :
les compositeurs devaient &#234; tre pay&#233;s, mais &#224; un prix
fix&#233; par le Congr&#232;s. Mais quand la radio a commenc&#233;
&#224; &#233; mettre les enregistrements enregistr&#233;s par les
artistes, et qu'ils se sont plaints au Congr&#232;s que leur
"propri&#233;t&#233; cr&#233;atrice" n'&#233;tait pas respect&#233;e
(puisque la station de radio ne devait pas les payer pour la
cr&#233;ation qu'elle diffusait), le Congr&#232;s a rejet&#233; leur
revendication. Un profit indirect &#233; tait assez.
	</text>
</object>
<object id="323">
	<ocn>323</ocn>
	<text class="norm">
		La t&#233;l&#233;vision c&#226;bl&#233;e a suivi le mod&#232;le des
albums CD. Quand les cours ont rejet&#233; la revendication affirmant
que les cha&#238;nes c&#226;bl&#233;es devaient payer pour le contenu
qu'elles &#233; mettaient, le Congr&#232;s a r&#233;pondu en donnant
aux cha&#238;nes un droit &#224; la compensation, mais &#224; un niveau
fix&#233; par la loi. Il a de la m&#234;me fa&#231;on donn&#233; aux
soci&#233;t&#233;s du c&#226;ble le droit du contenu, tant qu'elles
payaient le prix statutaire.
	</text>
</object>
<object id="324">
	<ocn>324</ocn>
	<text class="norm">
		Ce compromis, comme le compromis affectant les enregistrements et les
pianos m&#233;caniques, a servi deux buts importants - en fait, les
deux buts centraux de n'importe quelle l&#233;gislation sur le
Copyright. Premi&#232;rement, la loi a assur&#233; que les nouveaux
innovateurs auraient la libert&#233; de d&#233;velopper de nouvelles
fa&#231;ons de livrer leur travail. Deuxi&#232;mement, la loi a
assur&#233; que les d&#233;tenteurs de Copyright seraient pay&#233;s
pour le contenu qui a &#233; t&#233; distribu&#233;. Une crainte &#233;
tait que si le Congr&#232;s exigeait simplement de la
t&#233;l&#233;vision par c&#226;ble qu'elle paie les d&#233;tenteurs de
Copyright quelle que soit leur demande pour leur contenu, alors ces
d&#233;tenteurs associ&#233;s aux cha&#238;nes utiliseraient leur
pouvoir pour &#233; touffer cette nouvelle technologie, le c&#226;ble.
Mais si le Congr&#232;s avait permis au c&#226;ble d'utiliser le
contenu des cha&#238;nes gratuitement, alors il aurait injustement
subventionn&#233; le c&#226;ble. Ainsi le Congr&#232;s a choisi un
chemin qui assurerait la compensation sans donner le contr&#244;le
pass&#233; (des cha&#238;nes) &#224; l'avenir (le c&#226;ble).
	</text>
</object>
<object id="325">
	<ocn>325</ocn>
	<text class="norm">
		La m&#234;me ann&#233;e o&#250; le Congr&#232;s a statu&#233; cet
&#233; quilibre, deux producteurs et distributeurs principaux de films
ont intent&#233; un proc&#232;s contre une autre technologie,
l'enregistreur de bande vid&#233;o (VTR [NDT: pour Video Tape
Recorder], ou comme nous leur faisons r&#233;f&#233;rence aujourd'hui,
les magn&#233;toscopes) que Sony avait produit, le Betamax. Les
revendications de Disney et Universal contre Sony &#233; taient
relativement simples : Sony a produit un appareil, selon Disney et
Universal, qui a permis aux consommateurs de s'engager dans une
infraction au Copyright. Parce que le dispositif que Sony avait
construit avait un bouton "record", l'appareil pourrait &#234; tre
utilis&#233; pour enregistrer des films et des spectacles
prot&#233;g&#233;s par Copyright. Sony profitait donc de l'infraction
au Copyright de ses clients. Il devrait donc, d'apr&#232;s les
revendications de Disney et Universal, &#234; tre partiellement
responsable de cette infraction.
	</text>
</object>
<object id="326">
	<ocn>326</ocn>
	<text class="norm">
		Il y avait quelque chose de valable dans la revendication de Disney et
Universal. Sony avait vraiment d&#233;cid&#233; de concevoir sa machine
pour faire en sorte qu'il soit tr&#232;s simple d'enregistrer des
&#233; missions t&#233;l&#233;vis&#233;es. Il aurait pu avoir construit
une machine qui bloque ou interdise n'importe quelle reproduction
directe d'une &#233; mission de t&#233;l&#233;vision. Ou probablement,
il aurait pu avoir construit une machine que ne puisse seulement copier
s'il y avait un signal sp&#233;cial "Copiez moi" sur la ligne. Il
&#233; tait clair qu'il y avait beaucoup d'&#233;missions
t&#233;l&#233;vis&#233;es qui n'auraient pas encourag&#233; la
possibilit&#233; de copier. En effet, si quelqu'un avait demand&#233;,
la majorit&#233; d'&#233;missions n'aurait sans doute pas autoris&#233;
la copie. Et face &#224; cette pr&#233;f&#233;rence &#233; vidente,
Sony aurait pu avoir con&#231;u son syst&#232;me pour r&#233;duire au
minimum les opportunit&#233;s d'infraction au Copyright. Il ne l'a pas
fait et pour cela, Disney et Universal ont voulu le tenir responsable
de l'architecture qu'il a choisie.
	</text>
</object>
<object id="327">
	<ocn>327</ocn>
	<text class="norm">
		Le pr&#233;sident de MPAA, Jack Valenti, est devenu le champion le plus
loquace des studios. Valenti a appel&#233; les VCRs "les vers de
cassettes" [NDT : litt&#233;ralement les "vers solitaires"]. Il a
averti "Quand il y aura 20, 30, 40 millions de ces magn&#233;toscopes
sur la Terre, nous serons envahis par des millions de ces 'vers
solitaires', rongeant le coeur et l'essence m&#234;me du plus
pr&#233;cieux atout qu'un d&#233;tenteur de Copyright a, son
Copyright"18."On n'a pas besoin d'&#234;tre form&#233; au marketing
sophistiqu&#233; et au jugement de cr&#233;ateur", a-t'il dit au
Congr&#232;s, "pour comprendre la d&#233;vastation sur le march&#233;
cin&#233;matographique caus&#233;e par des centaines de millions
d'enregistrements sur bande qui seront un impact d&#233;favorable sur
l'avenir de la communaut&#233; cr&#233;atrice dans ce pays. C'est
simplement une question d'&#233;conomie de base et d'un bon sens
total"19. En effet, comme des sondages le montreraient plus tard, 45
pour cent des propri&#233;taires de magn&#233;toscope auraient une
biblioth&#232;que de films de dix vid&#233;os ou plus20 - une
utilisation que la Cour aurait plus tard consid&#233;r&#233;e comme non
"acceptable". En "autorisant les propri&#233;taires de
magn&#233;toscope &#224; copier librement par le biais d'une exemption
aux infractions de Copyright sans cr&#233;er un m&#233;canisme pour
indemniser des d&#233;tenteurs de Copyright", a t&#233;moign&#233;
Valenti, le Congr&#232;s "prendrait aux propri&#233;taires l'essence
m&#234;me de leur propri&#233;t&#233; : le droit exclusif de
contr&#244;ler qui peut utiliser leur travail, c'est-&#224;-dire qui
peut le copier et qui profite ainsi de la reproduction"21.
	</text>
</object>
<object id="328">
	<ocn>328</ocn>
	<text class="norm">
		Cela a pris huit ans dans ce cas pour &#234; tre r&#233;solu par la
Cour supr&#234;me. En int&#233;rim, la neuvi&#232;me cour d'appel
r&#233;gionale, qui inclut Hollywood dans sa juridiction - le Juge
principal Alex Kozinski, qui est assis &#224; cette cour, s'y
r&#233;f&#232;re comme "le Circuit de Hollywood" - a tenu &#224; ce que
Sony soit responsable de l'infraction du Copyright rendu possible par
ses machines. Conform&#233;ment au r&#232;glement de la neuvi&#232;me
cour, cette technologie totalement famili&#232;re - que Jack Valenti
avait appel&#233; "l'&#201;gorgeur de Boston de l'industrie
cin&#233;matographique am&#233;ricaine" (pire encore, c'&#233;tait un
&#201; gorgeur de Boston japonais de l'industrie cin&#233;matographique
am&#233;ricaine) - &#233; tait une technologie ill&#233;gale22.
	</text>
</object>
<object id="329">
	<ocn>329</ocn>
	<text class="norm">
		Mais la Cour supr&#234;me a chang&#233; compl&#232;tement la
d&#233;cision de la neuvi&#232;me cour d'appel.
	</text>
</object>
<object id="330">
	<ocn>330</ocn>
	<text class="norm">
		Et dans son renversement, la Cour a clairement articul&#233; sa
compr&#233;hension sur quand et si les cours devraient intervenir dans
de telles diff&#233;rends. Comme la Cour a &#233; crit,
	</text>
</object>
<object id="331">
	<ocn>331</ocn>
	<text class="indent1">
		La politique raisonn&#233;e, aussi bien que l'histoire, soutient notre
d&#233;f&#233;rence coh&#233;rente au Congr&#232;s quand des
innovations technologiques principales changent le march&#233; pour des
documents prot&#233;g&#233;s par le Copyright. Le congr&#232;s a
l'autorit&#233; constitutionnelle et la capacit&#233; institutionnelle
d'accommoder enti&#232;rement les permutations diverses des
int&#233;r&#234;ts rivaux qui sont in&#233;vitablement impliqu&#233;s
par de telles technologie nouvelles23.
	</text>
</object>
<object id="332">
	<ocn>332</ocn>
	<text class="norm">
		On a demand&#233; au congr&#232;s de r&#233;pondre &#224; la
d&#233;cision de la Cour supr&#234;me. Mais comme avec la
r&#233;clamation des artistes qui enregistraient &#224; propos des
&#233; missions radiophoniques, le Congr&#232;s a ignor&#233; la
demande. Le congr&#232;s &#233; tait convaincu que le film
am&#233;ricain avait eu assez, malgr&#233; cette "appropriation".
	</text>
</object>
<object id="333">
	<ocn>333</ocn>
	<text class="norm">
		Si nous pla&#231;ons ces cas ensembles, une structure est claire :
	</text>
</object>
<object id="334">
	<ocn>334</ocn>
	<text class="table">	
		<table summary="normal text css" width="100%" border="0" bgcolor="white" cellpadding="2" align="center">
      <tr><th width="10%">CAS</th><th width="30%">DE QUI LA VALEUR ETAIT "PIRATEE"</th><th width="30%">REPONSE DES COURS</th><th width="30%">REPONSE DU CONGRES</th></tr>
      <tr><td width="10%">Enregistrements</td><td width="30%">Compositeurs</td><td width="30%">Pas de protection</td><td width="30%">Licence statutaire</td></tr>
      <tr><td width="10%">Radio</td><td width="30%">Artistes enregistr&#233;s</td><td width="30%">-</td><td width="30%">Rien</td></tr>
      <tr><td width="10%">C&#226;ble TV</td><td width="30%">Cha&#238;nes de TV</td><td width="30%">Pas de protection</td><td width="30%">Licence statutaire</td></tr>
      <tr><td width="10%">Magn&#233;toscopes</td><td width="30%">Cr&#233;ateurs de film</td><td width="30%">Pas de protection</td><td width="30%">Rien</td></tr>
    </table>
	</text>
</object>
<object id="335">
	<ocn>335</ocn>
	<text class="norm">
		Dans chaque cas &#224; travers notre histoire, une nouvelle technologie
a chang&#233; la fa&#231;on dont les contenus ont &#233; t&#233;
distribu&#233;s24. Dans chaque cas, partout dans notre histoire, ce
changement a signifi&#233; que quelqu'un a obtenu "un tour gratuit" sur
le travail de quelqu'un d'autre.
	</text>
</object>
<object id="336">
	<ocn>336</ocn>
	<text class="norm">
		Dans aucun de ces cas, ni les cours, ni le Congr&#232;s
n'&#233;liminent tous ces "voyages gratuits". Dans aucun de ces cas, ni
les cours, ni le Congr&#232;s n'insistent pour que la loi doive assurer
que le d&#233;tenteur du Copyright obtienne toute la valeur que son
Copyright a cr&#233;&#233;e. Dans chaque cas, les d&#233;tenteurs de
Copyright se sont plaints de ce "piratage". Dans chaque cas, le
Congr&#232;s a agi pour reconna&#238;tre un peu de l&#233;gitimit&#233;
dans le comportement des "pirates". Dans chaque cas, le Congr&#232;s a
permis &#224; un peu de nouvelle technologie de profiter du contenu
fait auparavant. Il a &#233; quilibr&#233; les int&#233;r&#234;ts en
jeu.
	</text>
</object>
<object id="337">
	<ocn>337</ocn>
	<text class="norm">
		Quand vous pensez &#224; travers ces exemples et les autres exemples
qui composent les quatre premiers chapitres de cette section, cet
&#233; quilibre signifie quelque chose. Est-ce que Walt Disney &#233;
tait un pirate ? Les Doujinshi seraient-ils meilleurs si les
cr&#233;ateurs avaient d&#252; demander la permission ? Les outils qui
permettent &#224; d'autres de capturer et de diffuser des images comme
une fa&#231;on de cultiver ou critiquer notre culture devraient-ils
&#234; tre mieux r&#233;gul&#233;s ? Est-ce qu'il est vraiment juste
que la construction d'un moteur de recherche vous expose &#224; 15
millions de dollars de dommages et int&#233;r&#234;ts ? Est-ce que cela
aurait &#233; t&#233; meilleur si Edison avait contr&#244;l&#233; le
film ? Chaque orchestre devrait-il embaucher un avocat pour obtenir la
permission d'enregistrer une chanson ?
	</text>
</object>
<object id="338">
	<ocn>338</ocn>
	<text class="norm">
		Nous pourrions r&#233;pondre oui &#224; chacune de ces questions, mais
notre tradition a r&#233;pondu non. Dans notre tradition, comme la Cour
supr&#234;me l'a expos&#233;, le Copyright "n'a jamais accord&#233; le
contr&#244;le complet au d&#233;tenteur du Copyright sur toutes les
utilisations possibles de son travail"25. Au lieu de cela, les
utilisations particuli&#232;res que la loi r&#233;gule ont &#233;
t&#233; d&#233;finies en &#233; quilibrant le bienfait qui vient en
accordant un droit exclusif contre les fardeaux qu'un tel droit si
exclusif cr&#233;e. Et cet &#233; quilibre a historiquement &#233;
t&#233; fait "apr&#232;s" qu'une technologie ait m&#252;ri, ou se soit
install&#233;e dans le m&#233;lange des technologies qui facilitent la
distribution de contenus.
	</text>
</object>
<object id="339">
	<ocn>339</ocn>
	<text class="norm">
		Nous devrions faire la m&#234;me chose aujourd'hui. La technologie
Internet change rapidement. La mani&#232;re dont les gens se connectent
&#224; Internet (filaire et sans-fil) change tr&#232;s rapidement. Il
n'y a aucun doute que le r&#233;seau devienne un outil pour "voler" les
artistes. Mais la loi ne devrait pas non plus devenir un outil pour
soustraire dans une voie particuli&#232;re la fa&#231;on dont les
artistes (ou plus exactement les distributeurs) sont pay&#233;s. Comme
je le d&#233;cris en d&#233;tail dans le dernier chapitre de ce livre,
nous devrions garantir un revenu aux artistes tandis que nous
permettrions au march&#233; de s&#233;curiser la fa&#231;on la plus
efficace de promouvoir et distribuer le contenu. Cela exigera des
changements de loi, au moins de fa&#231;on int&#233;rimaire. Ces
changements devraient &#234; tre con&#231;us pour &#233; quilibrer la
protection de la loi et le fort int&#233;r&#234;t public que
l'innovation maintient.
	</text>
</object>
<object id="340">
	<ocn>340</ocn>
	<text class="norm">
		C'est particuli&#232;rement vrai quand une nouvelle technologie permet
un mode &#233; norm&#233;ment sup&#233;rieur de distribution. Et c'est
ce qu'a fait le p2p. La technologie p2p peut &#234; tre id&#233;alement
efficace pour d&#233;placer un contenu &#224; travers un r&#233;seau
tr&#232;s divers. Une fois d&#233;velopp&#233;, il pourrait rendre le
r&#233;seau bien plus efficace. Pourtant ces "avantages publics
potentiels", comme l'&#233;crit John Schwartz dans le New-York Times, "
"pourraient &#234; tre retard&#233;s dans le combat contre le P2P"26.
	</text>
</object>
<object id="341">
	<ocn>341</ocn>
	<text class="norm">
		Pourtant quand quelqu'un commence &#224; parler "de l'&#233;quilibre",
les guerriers du Copyright l&#232;vent un argument diff&#233;rent.
"Toute cet aspect brandissant &#233; quilibre et motivations,"
disent-ils, "ignore un point fondamental. Notre contenu", insistent les
guerriers, "est notre propri&#233;t&#233;. Pourquoi devrions-nous
attendre le Congr&#232;s pour 'r&#233;&#233;quilibrer' nos droits de
propri&#233;t&#233; ? Devez-vous attendre avant d'appeler la police
quand votre voiture a &#233; t&#233; vol&#233;e ? Et pourquoi le
Congr&#232;s devrait-il d&#233;lib&#233;rer des m&#233;rites de ce vol
? Demandons nous si le voleur de voiture avait une bonne utilisation
pour la voiture avant que nous ne l'arr&#234;tions ?"
	</text>
</object>
<object id="342">
	<ocn>342</ocn>
	<text class="norm">
		"C'est notre propri&#233;t&#233;" insistent les guerriers. "Et cela
devrait &#234; tre prot&#233;g&#233; comme n'importe quelle autre
propri&#233;t&#233; est prot&#233;g&#233;e".
	</text>
</object>
<object id="343">
	<ocn>343</ocn>
	<text class="h2">
		Propri&#233;t&#233;
	</text>
</object>
<object id="344">
	<ocn>344</ocn>
	<text class="norm">
		Les guerriers du copyright ont raison: Un copyright est une forme de
propri&#233;t&#233;. Il peut &#234; tre d&#233;tenu et vendu, et la loi
prot&#232;ge contre son vol. En g&#233;n&#233;ral, le d&#233;tenteur
d'un copyright peut choisir de l'exercer au prix qu'il lui pla&#238;t.
Les march&#233;s font jouer l'offre et la demande, qui d&#233;terminent
en partie le prix qu'il peut en obtenir.
	</text>
</object>
<object id="345">
	<ocn>345</ocn>
	<text class="norm">
		Mais, en langage ordinaire, appeler un copyright une
"propri&#233;t&#233;" est un peu confus, car la propri&#233;t&#233;
li&#233;e au copyright est d'un type bien inhabituel. En effet,
l'id&#233;e m&#234;me de poss&#233;der une id&#233;e ou une expression
est tr&#232;s inhabituelle. Je sais ce que je prends si je prends la
table de pique-nique que vous avez mise au fond de votre jardin. Je
prends un objet, la table de pique-nique, et une fois que je l'ai
prise, vous ne l'avez plus. Mais qu'est-ce que je prends, si je prends
la bonne id&#233;e que vous avez eue de mettre une table de pique-nique
dans votre jardin -- par exemple, en allant acheter une table chez
Sears, et en la mettant au fond de mon jardin? Quelle est dans ce cas
la chose que je prends?
	</text>
</object>
<object id="346">
	<ocn>346</ocn>
	<text class="norm">
		La diff&#233;rence ne tient pas seulement au fait que les tables de
pique-nique sont des objets physiques et non pas des id&#233;es, bien
que cette diff&#233;rence soit importante. La diff&#233;rence tient au
fait que dans la plupart des cas--en fait, dans pratiquement tous les
cas &#224; l'exception d'un nombre restreint d'exceptions--les
id&#233;es sont libres. Je ne vous prends rien si je copie votre
mani&#232;re de vous habiller--bien que je risque de passer pour
quelqu'un de bizarre si je le fais tous les jours, surtout si vous
&#234; tes une femme. Au contraire, comme disait Thomas Jefferson (et
ceci est particuli&#232;rement vrai si je copie la mani&#232;re dont
quelqu'un s'habille), "Celui qui recoit une id&#233;e de moi, recoit
une instruction sans diminuer la mienne; de m&#234;me que celui qui
allume sa chandelle &#224; la mienne, recoit de la lumi&#232;re sans me
faire de l'ombre."1
	</text>
</object>
<object id="347">
	<ocn>347</ocn>
	<text class="norm">
		Les exceptions &#224; l'usage libre sont les id&#233;es et expressions
couverts par la loi des brevets et du copyright, et quelques autres cas
que je n'aborderai pas ici. Dans ce cas la loi stipule que vous ne
pouvez pas prendre mon id&#233;e ou expression sans ma permission: La
loi transforme l'impalpable en propri&#233;t&#233;.
	</text>
</object>
<object id="348">
	<ocn>348</ocn>
	<text class="norm">
		Mais comment, jusqu'&#224; quel point, et sous quelle forme--les
d&#233;tails, en d'autres termes-- ont ici leur importance. Afin de
bien comprendre comment est apparu cet exercice de transformation de
l'impalpable en propri&#233;t&#233;, il nous faut replacer cette
"propri&#233;t&#233;" dans son contexte.2
	</text>
</object>
<object id="349">
	<ocn>349</ocn>
	<text class="norm">
		Pour cel&#224;, ma strat&#233;gie sera la m&#234;me que dans la partie
pr&#233;c&#233;dente. Je propose quatre anecdotes, afin d'aider &#224;
replacer dans son contexte l'id&#233;e que "le copyright est une
propri&#233;t&#233;". D'o&#250; cette id&#233;e est-elle venue? Quelles
sont ses limites? Comment s'applique-t'elle en pratique? Apr&#232;s ces
anecdotes, le sens de cette assertion--"le copyright est une
propri&#233;t&#233;"--sera un peu plus clair, et ses implications
appara&#238;tront bien diff&#233;rentes de celles que les guerriers du
copyright voudraient bien nous faire accepter.
	</text>
</object>
<object id="350">
	<ocn>350</ocn>
	<text class="h4">
		Fondateurs
	</text>
</object>
<object id="351">
	<ocn>351</ocn>
	<text class="norm">
		William Shakespeare a &#233; crit Romeo et Juliette en 1595. La
pi&#232;ce fut publi&#233;e pour la premi&#232;re fois en 1597.
C'&#233;tait la onzi&#232;me grande pi&#232;ce de th&#233;&#226;tre
&#233; crite par Shakespeare. Il continua d'&#233;crire des pi&#232;ces
jusqu'en 1613, et les pi&#232;ces qu'il a &#233; crites depuis lors ont
d&#233;fini la culture anglo-am&#233;ricaine. Les oeuvres de cet &#233;
crivain du seizi&#232;me si&#232;cle ont impr&#233;gn&#233; notre
culture si profond&#233;ment que souvent nous n'en reconnaissons
m&#234;me plus la source. J'ai entendu un jour quelqu'un faire ce
commentaire au sujet de l'adaptation de Henri V par Kenneth Branagh :
"J'ai aim&#233;, mais Shakespeare contient tellement de clich&#233;s."
	</text>
</object>
<object id="352">
	<ocn>352</ocn>
	<text class="norm">
		En 1774, presque 180 ans apr&#232;s que Romeo et Juliette fut &#233;
crit, le "copy-right" de la pi&#232;ce &#233; tait toujours, pour
beaucoup, le droit exclusif d'un unique &#233; diteur londonien, Jacob
Tonson.1 Tonson &#233; tait le plus en vue d'un petit groupe
d'&#233;diteurs appel&#233; les Conger.2 qui contr&#244;laient les
ventes de livres en Angleterre au dix-huiti&#232;me si&#232;cle. Les
Conger pr&#233;tendaient avoir un droit perp&#233;tuel de
contr&#244;ler la "copie" de livres qu'ils avaient acquis aupr&#232;s
de leurs auteurs. Ce droit perp&#233;tuel signifiait que personne
d'autre ne pouvait publier de copies d'un livre dont ils
d&#233;tenaient les droits. Les classiques &#233; taient maintenus
&#224; des prix &#233; lev&#233;s: la comp&#233;tition, qui aurait pu
produire des &#233; ditions meilleures ou moins ch&#232;res, &#233;
tait &#233; limin&#233;e.
	</text>
</object>
<object id="353">
	<ocn>353</ocn>
	<text class="norm">
		Maintenant, l'ann&#233;e 1774 a quelque chose d'&#233;tonnant, pour qui
s'y conna&#238;t un peu en loi sur le droit d'auteur. L'ann&#233;e la
plus connue dans l'histoire du droit d'auteur est 1710, ann&#233;e
o&#250; le Parlement anglais adopta la premi&#232;re loi de
"copyright". Connue sous le nom de Statut d'Anne, cette loi stipulait
que tout travail publi&#233; serait plac&#233; sous copyright pour
quatorze ann&#233;es, renouvelables une fois si l'auteur &#233; tait
vivant, et que tout travail publi&#233; avant 1710 serait
prot&#233;g&#233; pour une dur&#233;e additionnelle unique de
vingt-et-une ann&#233;es.3 Selon cette loi, Romeo et Juliette aurait du
&#234; tre libre de droits en 1731. Pourquoi, dans ce cas, la question
de savoir si il &#233; tait sous le contr&#244;le de Tonson se
posait-elle toujours en 1774?
	</text>
</object>
<object id="354">
	<ocn>354</ocn>
	<text class="norm">
		La raison est que les Anglais ne s'&#233;taient pas encore mis d'accord
sur ce qu'&#233;tait un "copy-right"--en fait personne ne l'avait fait.
A l'&#233;poque o&#250; les Anglais passaient le Statut d'Anne, il n'y
avait aucune autre l&#233;gislation gouvernant le droit d'auteur. La
derni&#232;re loi r&#233;gulant l'activit&#233; des &#233; diteurs, le
Licensing Act de 1662, avait expir&#233; en 1695. Cette loi donnait aux
&#233; diteurs un monopole sur la publication, afin de faciliter le
contr&#244;le de ce qui &#233; tait publi&#233; par la Couronne. Mais
apr&#232;s son expiration, il n'y avait pas de loi positive qui
r&#233;servait aux &#233; diteurs, ou "Stationers", un droit exclusif
d'imprimer des livres.
	</text>
</object>
<object id="355">
	<ocn>355</ocn>
	<text class="norm">
		Qu'il n'y ait pas eu de loi positive ne veut pas dire qu'il n'y avait
pas de loi du tout. La tradition l&#233;gale anglo-am&#233;ricaine
tient compte &#224; la fois des l&#233;gislateurs et des
jurisprudences, afin de savoir quelles lois doivent gouverner les
comportements. Nous appelons "loi positive" les lois pass&#233;es par
le l&#233;gislateur. Nous appelons "loi commune" les jurisprudences. La
loi commune d&#233;finit le cadre dans lequel le l&#233;gislateur passe
ses lois. Le l&#233;gislateur, d'ordinaire, ne peut sortir de ce cadre
que s'il passe une loi pour en changer. Et donc la vraie question, une
fois que le statut avait expir&#233;, &#233; tait de savoir si la loi
commune pouvait prot&#233;ger un copyright, ind&#233;pendemment de
toute loi positive.
	</text>
</object>
<object id="356">
	<ocn>356</ocn>
	<text class="norm">
		Cette question &#233; tait importants pour les &#233; diteurs, ou
"libraires", comme ils &#233; taient appel&#233;s, car il y avait une
comp&#233;tition croissante de la part d'&#233;diteurs &#233; trangers.
Les Ecossais, en particulier, publiaient et exportaient de plus en plus
de livres vers l'Angleterre. Cette comp&#233;tition r&#233;duisait les
profits des Conger, qui r&#233;agirent en demandant au Parlement de
passer une loi qui leur rende le contr&#244;le exclusif de la
publication. Cette demande aboutit finalement au Statut d'Anne.
	</text>
</object>
<object id="357">
	<ocn>357</ocn>
	<text class="norm">
		Le Statut d'Anne accordait &#224; l'auteur ou au "propri&#233;taire"
d'un livre le droit exclusif d'imprimer ce livre. Cependant, au
d&#233;sespoir des libraires, une limitation importante &#233; tait que
la loi n'accordait ce droit au libraire que pour une dur&#233;e
limit&#233;e. A la fin de cette dur&#233;e, le copyright "expirait", et
l'oeuvre devenait libre et pouvait &#234; tre publi&#233;e par
n'importe qui. Ou du moins, il semble que c'est ce que le
l&#233;gislateur croyait.
	</text>
</object>
<object id="358">
	<ocn>358</ocn>
	<text class="norm">
		Maintenant, la question &#224; laquelle je souhaite que vous
r&#233;fl&#233;chissiez un moment est la suivante: Pourquoi le
Parlement avait-il limit&#233; ce droit exclusif ? La question n'est
pas comment la limite fut choisie, mais pourquoi cette limite
existait-elle ?
	</text>
</object>
<object id="359">
	<ocn>359</ocn>
	<text class="norm">
		Car les &#233; diteurs, et les auteurs qu'ils repr&#233;sentaient,
avaient un argument tr&#232;s fort. Prenons par exemple Romeo et
Juliette: Cette pi&#232;ce a &#233; t&#233; &#233; crite par
Shakespeare. C'est son seul g&#233;nie qui lui a donn&#233; naissance.
En cr&#233;ant cette pi&#232;ce, il n'a pris la propri&#233;t&#233; de
personne (bien que ce point particulier soit sujet de controverses),
pas plus qu'il n'a rendu plus difficile la cr&#233;ation d'autres
pi&#232;ces. Pourquoi donc la loi autorise-t'elle quelqu'un &#224;
prendre un jour la pi&#232;ce de Shakespeare, sans sa permission ni
celle d'un de ses agents? Quelle raison y a-t'il &#224; laisser
quelqu'un d'autre "voler" le travail de Shakespeare?
	</text>
</object>
<object id="360">
	<ocn>360</ocn>
	<text class="norm">
		La r&#233;ponse tient en deux parties. Premi&#232;rement, il nous faut
savoir quelque chose de sp&#233;cial concernant la notion de
"copyright" qui existait au temps du Statut d'Anne. Deuxi&#232;mement,
nous devons comprendre quelque chose d'important au sujet de ces
"libraires".
	</text>
</object>
<object id="361">
	<ocn>361</ocn>
	<text class="norm">
		Premi&#232;rement, au sujet du copyright. Au cours des trois cent
derni&#232;res ann&#233;es, nous n'avons cess&#233; d'&#233;largir le
champ d'application du concept de "droit d'auteur". Mais en 1710, il ne
s'agissait pas tant d'un concept que d'un droit tr&#232;s particulier.
Le droit d'auteur est n&#233; sous la forme d'un ensemble
d'interdictions tr&#232;s sp&#233;cifiques: Il interdisait aux autres
de reproduire un livre. En 1710, le "copy-right" &#233; tait le droit
d'utiliser une machine particuli&#232;re afin de r&#233;pliquer un
travail particulier. Il n'allait pas plus loin que ce droit tr&#232;s
&#233; troit. Il ne contr&#244;lait pas la mani&#232;re dont une oeuvre
pouvait &#234; tre utilis&#233;e. Aujourd'hui ce droit comporte une
longue liste de restrictions de la libert&#233; des autres: Il accorde
&#224; l'auteur le droit exclusif de copier, le droit exclusif de
distribuer, le droit exclusif d'executer, etc.
	</text>
</object>
<object id="362">
	<ocn>362</ocn>
	<text class="norm">
		Ainsi, par exemple, m&#234;me si le copyright sur les oeuvres de
Shakespeare &#233; tait &#233; ternel, tout ce que cel&#224; aurait
voulu dire au sens original du terme, c'est que personne n'aurait pu
r&#233;&#233;diter une oeuvre de Shakespeare sans la permission des
ayant-droits. Cel&#224; n'aurait en rien contr&#244;l&#233;, par
exemple, la mani&#232;re dont cette oeuvre aurait pu &#234; tre
jou&#233;e, le fait qu'on puisse la traduire, ou que Kenneth Branagh
soit autoris&#233; &#224; faire ses films. Le "copy-right" n'&#233;tait
qu'un droit exclusif d'imprimer -- rien de moins, bien s&#252;r, mais
aussi rien de plus.
	</text>
</object>
<object id="363">
	<ocn>363</ocn>
	<text class="norm">
		M&#234;me ce droit limit&#233; &#233; tait vu avec scepticisme par les
Britanniques. Ces derniers avaient eu une exp&#233;rience longue et
douloureuse des "droits exclusifs", surtout ceux garantis par la
Couronne. Les Anglais avaient connu une guerre civile, en partie &#224;
cause de la pratique qu'avait la Couronne d'octroyer des monopoles,
surtout pour des oeuvres qui existaient d&#233;j&#224;. Le roi Henry
VIII avait octroy&#233; une patente pour imprimer la Bible, et
octroy&#233; &#224; Darcy le monopole d'imprimer des cartes &#224;
jouer. Le parlement anglais commenca &#224; r&#233;sister &#224; ces
pr&#233;rogatives de la Couronne. En 1656, il fit passer le Statut des
Monopoles, qui limitait les monopoles aux brevets pour les inventions
nouvelles. Et en 1710, le parlement &#233; tait impatient de s'occuper
du monopole grandissant de l'&#233;dition.
	</text>
</object>
<object id="364">
	<ocn>364</ocn>
	<text class="norm">
		Ainsi le "copy-right; droit de copie", vu comme un droit
monopolistique, &#233; tait naturellement vu comme un droit qui devait
&#234; tre limit&#233;. (Aussi convainquant que soit l'argument "ceci
est ma propri&#233;t&#233;, et devrait le rester pour toujours",
essayez de rester convainquant en articulant "ceci est mon monopole, et
devrait le rester pour toujours".) L'Etat prot&#233;geait les droits
exclusifs, mais seulement dans la mesure o&#250; la soci&#233;t&#233;
en b&#233;n&#233;ficiait. Les Anglais voyaient les torts qui
r&#233;sultaient des traitements de faveur; ils avaient pass&#233; une
loi pour les faire cesser.
	</text>
</object>
<object id="365">
	<ocn>365</ocn>
	<text class="norm">
		Ensuite, &#224; propos des libraires. Le probl&#232;me n'&#233;tait pas
seulement que le copyright &#233; tait un monopole. Cela provenait
aussi du fait que le monopole &#233; tait tenu par les libraires. De
nos jours, ils nous semblent bizarres et sans dangers. Ils
n'&#233;taient pas vus comme inoffensifs dans l'Angleterre du
dix-septi&#232;me si&#232;cle. Les membres de la Congr&#233;gation
&#233; taient de plus en plus vus comme des monopolistes de la pire
esp&#232;ce -- les instruments de la r&#233;pression de la couronne,
vendant la libert&#233; de l'Angleterre pour garantir leur propre
profit. Les attaques contre ces monopolistes &#233; taient dures:
Milton les d&#233;crit comme des "vieux titulaires de brevets et de
monopolistes dans le march&#233; de ventes de livres"; ils &#233;
taient "des hommes qui ne travaillent donc pas dans une profession
honn&#234;te dans laquelle l'apprentissage est inutile."4
	</text>
</object>
<object id="366">
	<ocn>366</ocn>
	<text class="norm">
		Beaucoup croyaient que le pouvoir exerc&#233; par les libraires
limitait la diffusion du savoir, juste au moment o&#250; les
Lumi&#232;res enseignaient l'importance de l'&#233;ducation et de la
diffusion de la connaissance en g&#233;n&#233;ral. L'id&#233;e que la
connaissance devait &#234; tre libre fut un des jalons de l'&#233;poque
et ces puissants int&#233;r&#234;ts commerciaux interf&#233;raient avec
cette id&#233;e. Pour contrecarrer ce pouvoir, le Parlement d&#233;cida
d'augmenter la comp&#233;tition parmi les libraires et la mani&#232;re
la plus facile de le faire fut de favoriser la diffusion des livres les
plus int&#233;ressants. Le Parlement d&#233;cida donc de limiter la
dur&#233;e des copyrights et, par l&#224; m&#234;me, garantit que les
livres int&#233;ressants pourraient &#234; tre ouverts &#224; la
publication pour tous les libraires apr&#232;s un temps limit&#233;. La
mise en place d'un terme de vingt et un ans pour le travail existant
fut un compromis pour combattre la puissance des libraires. La
limitation sur cette dur&#233;e &#233; taient une mani&#232;re
indirecte d'assurer la comp&#233;tition parmi les libraires, donc la
construction et la diffusion de la culture.
	</text>
</object>
<object id="367">
	<ocn>367</ocn>
	<text class="norm">
		N&#233;anmoins, en 1731 (1710 + 21), les libraires prirent peur. Ils
voyaient les cons&#233;quences de plus de comp&#233;tition, et comme
tout comp&#233;titeur, ils n'aimaient pas &#231; a. Ils
commenc&#232;rent par ignorer le Statut d'Anne, en continuant
d'insister sur leurs droits perp&#233;tuels de contr&#244;le de la
publication. Mais en 1735 et 1737, ils tent&#232;rent de persuader le
Parlement d'&#233;tendre leur dur&#233;es. Vingt et un ans ne leur
suffisaient pas; ils avaient besoin de plus de temps.
	</text>
</object>
<object id="368">
	<ocn>368</ocn>
	<text class="norm">
		Le Parlement rejeta leurs requ&#234;tes. Ces mots d'un
pamphl&#233;taire de l'&#233;poque font echo &#224; la situation
actuelle:
	</text>
</object>
<object id="369">
	<ocn>369</ocn>
	<text class="indent1">
		Je ne vois aucune raison pour accorder une prolongation
suppl&#233;mentaire aujourd'hui, qui ne serait l&#224; que pour &#234;
tre prolong&#233;e encore et encore, au fur et &#224; mesure que les
termes pr&#233;cedents expirent; si cette loi devait passer, elle
&#233; tablirait de fait un monopole perp&#233;tuel, une chose
justement odieuse au regard de la loi; ce serait une grande entrave au
commerce, un d&#233;couragement de l'apprentissage, sans aucun
b&#233;n&#233;fice pour les auteurs mais un imp&#244;t
g&#233;n&#233;ral sur le public; et tout ceci pour seulement augmenter
les gains priv&#233;s des libraires.5
	</text>
</object>
<object id="370">
	<ocn>370</ocn>
	<text class="norm">
		Ayant &#233; chou&#233; au Parlement, les &#233; diteurs se
tourn&#232;rent vers les tribunaux, dans une s&#233;rie de proc&#232;s.
Leur argument &#233; tait simple et direct: le Statut d'Anne donnait
aux auteurs certaines protections au travers d'une loi mais ces
protections n'&#233;taient pas destin&#233;es &#224; remplacer la loi
habituelle. Elles &#233; taient destin&#233;es simplement &#224;
compl&#233;ter la loi habituelle. Sous cette loi, il &#233; tait
d&#233;j&#224; interdit de prendre la &#171; propri&#233;t&#233; &#187;
cr&#233;ative d'une autre personne et de l'utiliser sans sa permission.
Le Statut d'Anne n'y a rien chang&#233;, dirent les libraires. C'est
pourquoi, selon eux, lorsque le Statut d'Anne a expir&#233;, cela ne
signifiait pas que les protections de la loi habituelle aient
expir&#233;: Selon cette loi, ils avaient le droit d'interdire la
publication d'un livre, m&#234;me si le Statut d'Anne avait
expir&#233;. C'&#233;tait, selon eux, la seule mani&#232;re de
prot&#233;ger les auteurs.
	</text>
</object>
<object id="371">
	<ocn>371</ocn>
	<text class="norm">
		C'&#233;tait un argument astucieux, un de ceux qui avaient le soutien
des principaux juristes de l'&#233;poque. Il d&#233;montrait aussi une
extraordinaire perversit&#233;. Jusqu'alors, comme l'a &#233; crit le
professeur de droit Raymond Patterson, "Les &#233; diteurs ... avaient
autant d'&#233;gards pour les auteurs qu'un fermier en a pour son
b&#233;tail."6 Les libraires ne pr&#234;taient aucune attention aux
droits des auteurs. Leur seule pr&#233;occupation &#233; tait le profit
monopolistique qu'ils pouvaient tirer du travail des auteurs.
	</text>
</object>
<object id="372">
	<ocn>372</ocn>
	<text class="norm">
		L'argument des libraires ne fut pas accept&#233; sans dispute. Le
principal protagoniste de cette dispute &#233; tait un libraire &#233;
cossais nomm&#233; Alexander Donaldson.7
	</text>
</object>
<object id="373">
	<ocn>373</ocn>
	<text class="norm">
		Donaldson ne faisait pas partie des Conger de Londres. Il commen&#231;a
sa carri&#232;re &#224; Edimbourg en 1750. Son commerce &#233; tait
concentr&#233; sur les r&#233;&#233;ditions bon march&#233; d'"oeuvres
standard dont la dur&#233;e de copyright avait expir&#233;", du moins
selon le Statut d'Anne.8 La maison d'&#233;dition de Donaldson
prosp&#233;ra et devint "quelque chose comme un centre pour Ecossais
instruits."
	</text>
</object>
<object id="374">
	<ocn>374</ocn>
	<text class="norm">
		"Parmi eux," &#233; crit le professeur Mark Rose, se trouvait "le jeune
James Boswell qui, avec son ami Andrew Erskine, publia avec Donaldson
une anthologie de po&#232;mes Ecossais contemporains."9
	</text>
</object>
<object id="375">
	<ocn>375</ocn>
	<text class="norm">
		Quand les libraires de Londres tent&#232;rent de fermer la boutique de
Donaldson en Ecosse, il r&#233;pliqua en d&#233;m&#233;nageant sa
boutique &#224; Londres, o&#250; il vendit des &#233; ditions bon
march&#233; "des livres anglais les plus populaires, d&#233;fiant ainsi
la loi commune sur la propri&#233;t&#233; litt&#233;raire."10 Ses
livres &#233; taient 30 &#224; 50 pour cent moins chers que ceux des
Conger, et il justifiait son droit de leur faire comp&#233;tition par
le fait que, selon le statut d'Anne, les oeuvres qu'ils vendait &#233;
taient sorties du domaine prot&#233;g&#233;.
	</text>
</object>
<object id="376">
	<ocn>376</ocn>
	<text class="norm">
		Les libraires de Londres donn&#232;rent rapidement suite, afin
d'emp&#234;cher un tel "piratage". Un certain nombre d'actions contre
les "pirates" r&#233;ussirent, la plus importante victoire &#233; tant
celle de Millar contre Taylor.
	</text>
</object>
<object id="377">
	<ocn>377</ocn>
	<text class="norm">
		Millar &#233; tait un libraire, qui en 1729 avait acquis les droits sur
le po&#232;me "The Seasons" de James Thomson. Millar r&#233;pondait aux
exigences du Statut d'Anne, et re&#231;ut donc la protection
compl&#232;te pr&#233;vue par le statut. Apr&#232;s que la dur&#233;e
du copyright fut &#233; coul&#233;e, Robert Taylor commen&#231;a &#224;
imprimer une &#233; dition concurrente. Millar le poursuivit, arguant
d'un droit perpetuel selon la loi commune, quoi qu'en dise le Statut
d'Anne11.
	</text>
</object>
<object id="378">
	<ocn>378</ocn>
	<text class="norm">
		A l'&#233;tonnement des juristes modernes, un des plus grands juges de
l'histoire anglaise, Lord Mansfield, approuva les libraires. Quelle que
soit la protection accord&#233;e par le Statut d'Anne aux libraires, ce
dernier n'annulait en aucun cas les droits d&#233;coulant de la loi
commune. La question &#233; tait de savoir si la loi commune
prot&#233;geait l'auteur contre les "pirates". La r&#233;ponse de
Mansfield fut oui: La loi commune emp&#234;chait Taylor de
r&#233;imprimer le po&#232;me de Thomson sans la permission de Millar.
Cette loi commune donnait donc effectivement aux libraires un droit
perpetuel de contr&#244;ler la publication de tout livre leur &#233;
tant assign&#233;.
	</text>
</object>
<object id="379">
	<ocn>379</ocn>
	<text class="norm">
		Consid&#233;r&#233; comme un probl&#232;me de justice abstraite, en
raisonnant comme si la justice n'&#233;tait qu'affaire de
d&#233;duction logique en partant de principes de base, la conclusion
de Mansfield peut sembler juste. Mais ce qu'elle ne prenait pas en
compte, c'&#233;tait le probl&#232;me plus vaste que le Parlement avait
eu &#224; r&#233;soudre en 1710: Comment limiter au mieux le monopole
des &#233; diteurs? La strat&#233;gie du Parlement avait &#233; t&#233;
d'offrir une dur&#233;e de protection pour les travaux existants qui
&#233; tait assez longue pour acheter la paix en 1710, mais assez
courte pour assurer que la culture passe dans le domaine de la
concurrence au bout d'un temps raisonnable. En vingt et un ans, pensait
le Parlement, la Grande Bretagne passerait du syst&#232;me de culture
contr&#244;l&#233;e voulu par la couronne, &#224; la culture libre dont
nous avons h&#233;rit&#233;.
	</text>
</object>
<object id="380">
	<ocn>380</ocn>
	<text class="norm">
		Cependant, le combat pour d&#233;fendre les limites impos&#233;es par
le Statut d'Anne ne devait pas se terminer l&#224;, et c'est ici que
Donaldson entre dans la dance.
	</text>
</object>
<object id="381">
	<ocn>381</ocn>
	<text class="norm">
		Millar mourut peu apr&#232;s sa victoire, il ne fut donc pas fait
appel. Son agent vendit les po&#232;mes de Thomson &#224; une
association d'imprimeurs, dont Thomas Beckett faisait partie.12
Donaldson publia ensuite une &#233; dition non autoris&#233;e des
oeuvres de Thomson. Beckett, fort de la d&#233;cision prise dans
l'affaire Millar, obtint une injonction &#224; l'encontre de Donaldson.
Donaldson fit appel devant la Chambre des Lords, qui fonctionnait comme
notre Cour Supr&#234;me. En f&#233;vrier 1774, cette chambre eut
l'occasion d'interpr&#233;ter la signification des limites
d&#233;cid&#233;es par le Parlement soixante ans plus t&#244;t.
	</text>
</object>
<object id="382">
	<ocn>382</ocn>
	<text class="norm">
		Fait plut&#244;t rare en mati&#232;re de loi, l'affaire Donaldson
contre Beckett attira une attention immense dans toute la
Grande-Bretagne. Les avocats de Donaldson soutinrent que quels que
soient les droits qui avaient pu exister sous la loi commune, le Statut
d'Anne les rendait obsol&#232;tes. Apr&#232;s l'adoption du Statut
d'Anne, la seule protection l&#233;gale pour un droit exclusif de
contr&#244;ler nue publication devait venir de ce statut. Donc,
disaient-ils, une fois que la dur&#233;e specifi&#233;e dans le Statut
d'Anne &#233; tait &#233; coul&#233;e, les oeuvres qui avait &#233;
t&#233; prot&#233;g&#233;es par ce statut n'&#233;taient plus
prot&#233;g&#233;es.
	</text>
</object>
<object id="383">
	<ocn>383</ocn>
	<text class="norm">
		La Chambre des Lords &#233; tait une institution &#233; trange. Les
questions l&#233;gales &#233; taient soumises &#224; la Chambre, et les
"lords de la loi", membres d'une distinction sp&#233;ciale qui
fonctionnait beaucoup comme les juges de notre Cour Supr&#234;me,
votaient en premier. Ensuite, une fois que les lords de la loi avaient
vot&#233;, la Chambre des Lords votait au complet.
	</text>
</object>
<object id="384">
	<ocn>384</ocn>
	<text class="norm">
		Les rapports sur le vote des lords de la loi sont mitig&#233;s.
D'apr&#232;s certains, il semble que le copyright perpetuel ait
pr&#233;valu. Mais il n'y a pas d'ambiguit&#233; concernant le vote de
la Chambre des Lords au complet. A une majorit&#233; des deux tiers (22
contre 11), ils rejet&#232;rent l'id&#233;e de copyrights perpetuels.
Quelle que soit la mani&#232;re dont on interpretait la loi commune, un
copyright &#233; tait maintenant fix&#233; pour un temps limit&#233;,
apr&#232;s lequel l'oeuvre prot&#233;g&#233;e par copyright passait
dans le domaine public.
	</text>
</object>
<object id="385">
	<ocn>385</ocn>
	<text class="norm">
		"Le domaine public." Avant le proc&#232;s Donaldson contre Beckett, il
n'y avait pas de notion claire de domaine public en Angleterre. Avant
1774, l'id&#233;e dominante &#233; tait que la loi commune sur le
copyright &#233; tait perp&#233;tuelle. Apr&#232;s 1774, le domaine
public &#233; tait n&#233;. Pour la premi&#232;re fois dans l'histoire
anglo-am&#233;ricaine, le contr&#244;le l&#233;gal sur les
cr&#233;ations expirait, et les plus grandes oeuvres de l'histoire
anglaise, y compris celles de Shakespeare, Bacon, Milton, Johnson, et
Bunyan, &#233; taient libres de contraintes l&#233;gales.
	</text>
</object>
<object id="386">
	<ocn>386</ocn>
	<text class="norm">
		C'est difficile &#224; imaginer pour nous, mais cette d&#233;cision de
la Chambre des Lords nourrit une r&#233;action populaire et politique
extraordinaire. En Ecosse, o&#250; la plupart des "&#233;diteurs
pirates" effectuaient leur travail, les gens f&#234;t&#232;rent cette
d&#233;cision dans les rues. Comme le rapporta l' Edinburgh Advertiser,
"Aucune cause priv&#233;e n'avait &#224; ce point capt&#233;
l'attention du public, et aucune cause n'avait &#233; t&#233;
d&#233;fendue devant la Chambre des Lords dont l'issue int&#233;ressait
autant de gens." <br /> "Grandes r&#233;jouissances &#224; Edinburgh
apr&#232;s la victoire sur la propri&#233;t&#233; litt&#233;raire: feux
de joie et illuminations."Mod&#232;le:Relf
	</text>
</object>
<object id="387">
	<ocn>387</ocn>
	<text class="norm">
		A Londres, cependant, du moins parmi les &#233; diteurs, la
r&#233;action fut aussi forte dans la direction oppos&#233;e. Le
Morning Chronicle rapporte:
	</text>
</object>
<object id="388">
	<ocn>388</ocn>
	<text class="indent1">
		Par la d&#233;cision pr&#233;c&#233;dente ... pour environ 200.000
livres de ce qui fut honn&#234;tement achet&#233; lors de ventes
publiques, et qui &#233; tait consid&#233;r&#233; hier comme de la
propri&#233;t&#233;, est maintenant r&#233;duit &#224; n&#233;ant. Les
libraires de Londres et de Westminster, qui pour beaucoup d'entre eux
avaient vendu leurs biens et leurs maisons afin d'acheter des
Copyrights, se retrouvent en quelque sorte ruin&#233;s, et ceux qui
apr&#232;s plusieurs ann&#233;es de m&#233;tier pensaient avoir acquis
une comp&#233;tence &#224; offrir &#224; leur famille se retrouvent
sans un centime &#224; offrir &#224; leurs successeurs.14
	</text>
</object>
<object id="389">
	<ocn>389</ocn>
	<text class="norm">
		"Ruin&#233;s" est un peu exag&#233;r&#233;. Mais il n'est pas
exag&#233;r&#233; de dire que le changement fut profond. La
d&#233;cision de la Chambre des Lords signifiait que les libraires ne
pourraient plus contr&#244;ler la mani&#232;re dont la culture se
d&#233;velopperait en Angleterre. D&#233;sormais, la culture en
Angleterre &#233; tait libre. Non pas au sens o&#250; les droits
d'auteur n'&#233;taient pas respect&#233;s, car bien s&#252;r, pour une
dur&#233;e limit&#233;e suivant la publication d'une oeuvre, le
libraire avait le droit exclusif de contr&#244;ler la publication de ce
livre. Et non pas au sens o&#250; les livres pouvaient &#234; tre
vol&#233;s, car m&#234;me apr&#232;s que le copyright avait
expir&#233;, il fallait toujours acheter le livre &#224; quelqu'un.
Mais libre en ce sens que la culture et sa croissance n'&#233;taient
plus contr&#244;l&#233;s par un petit groupe d'&#233;diteurs. Comme
tout march&#233; libre, ce march&#233; libre de la culture libre
croissait selon les choix des consommateurs et des producteurs. La
culture anglaise se d&#233;veloppait de la mani&#232;re dont les
lecteurs anglais choisissaient de la laisser se d&#233;velopper, &#224;
travers les livres qu'ils achetaient et &#233; crivaient, et &#224;
travers les id&#233;es qu'ils r&#233;petaient et adoptaient. Ils
choisissaient dans un cadre comp&#233;titif, et non pas dans un cadre
o&#250; les choix concernant quelle culture est disponible, et de
quelle mani&#232;re on y acc&#232;de, seraient faits par une
minorit&#233;, &#224; l'encontre des souhaits de la majorit&#233;.
	</text>
</object>
<object id="390">
	<ocn>390</ocn>
	<text class="norm">
		Du moins, c'&#233;tait la r&#232;gle dans un monde o&#250; le Parlement
&#233; tait oppos&#233; aux monopoles, et r&#233;sistait aux plaidoyers
protectionnistes des &#233; diteurs. Dans un monde o&#250; le Parlement
aurait &#233; t&#233; plus flexible, une culture libre aurait &#233;
t&#233; moins prot&#233;g&#233;e.
	</text>
</object>
<object id="391">
	<ocn>391</ocn>
	<text class="h4">
		Enregistreurs
	</text>
</object>
<object id="392">
	<ocn>392</ocn>
	<text class="norm">
		Jon Else est un r&#233;alisateur. Il est surtout connu pour ses
documentaires, et ses oeuvres ont eu beaucoup de succ&#232;s. C'est
aussi un enseignant, et en tant qu'enseignant moi-m&#234;me, j'envie la
loyaut&#233; et l'admiration que lui vouent ses &#233; tudiants. (J'ai
rencontr&#233;, par hasard, deux de ses &#233; tudiants au cours d'un
d&#238;ner. Ils le consid&#233;raient comme un dieu.)
	</text>
</object>
<object id="393">
	<ocn>393</ocn>
	<text class="norm">
		Else a travaill&#233; sur un documentaire auquel je participais.
Pendant une pause, il me raconta une histoire qui parlait de la
libert&#233; de cr&#233;ation dans les films aux Etats-Unis
aujourd'hui.
	</text>
</object>
<object id="394">
	<ocn>394</ocn>
	<text class="norm">
		En 1990, Else travaillait &#224; un documentaire sur la T&#233;tralogie
de Wagner. Le sujet du documentaire &#233; tait les stagehands &#224;
l'Op&#233;ra de San Francisco. Les stagehands sont une partie
particuli&#232;rement dr&#244;le et cocasse d'un op&#233;ra. Pendant
une repr&#233;sentation, ils se prom&#232;nent devant la sc&#232;ne,
dans la loge du souffleur et le local d'&#233;clairage. Ils font un
contraste parfait avec l'art de la sc&#232;ne
	</text>
</object>
<object id="395">
	<ocn>395</ocn>
	<text class="norm">
		Pendant une des repr&#233;sentations, Else filmait des stagehands en
train de jouer aux dames. Dans un coin de la salle il y avait un &#233;
cran de t&#233;l&#233;vision. A l'&#233;cran, pendant que les
stagehands jouaient aux dames et que l'op&#233;ra jouait Wagner,
passaient Les Simpson. D'apr&#232;s Else, cette touche de dessin
anim&#233; permettait de mieux appr&#233;hender ce que la sc&#232;ne
avait de sp&#233;cial.
	</text>
</object>
<object id="396">
	<ocn>396</ocn>
	<text class="norm">
		Des ann&#233;es plus tard, quand il finit par obtenir un financement
pour terminer son film, Else voulut s'acquitter des droits pour ces
quelques secondes de Simpson. Car bien s&#252;r, ces quelques secondes
sont prot&#233;g&#233;es par copyright; et bien s&#252;r, pour utiliser
du contenu sous copyright, il faut la permission du d&#233;tenteur de
copyright, sauf si c'est pour une utilisation priv&#233;e ou autre cas
particulier du m&#234;me genre.
	</text>
</object>
<object id="397">
	<ocn>397</ocn>
	<text class="norm">
		Else appela le bureau du cr&#233;ateur des Simpson, Matt Groening, pour
obtenir sa permission. Groening fut d'accord. Il ne s'agissait que de
quatre secondes et demie, sur un minuscule &#233; cran de
t&#233;l&#233;vision dans un coin de la pi&#232;ce. Quel mal pouvait-il
y avoir &#224; cel&#224;? Groenig &#233; tait content d'avoir ces
quelques secondes des Simpson dans le film, mais il dit &#224; Else de
contacter Gracie Film, la compagnie qui produit l'&#233;mission.
	</text>
</object>
<object id="398">
	<ocn>398</ocn>
	<text class="norm">
		Chez Gracie Films on fut aussi d'accord, mais comme Groening, on voulut
faire attention. On dit donc &#224; Else de contacter la Fox, la maison
m&#232;re de Gracie Films. Else appela la Fox et leur expliqua
l'histoire du clip dans un coin de l'&#233;cran. Else dit que Matt
Groening avait d&#233;j&#224; donn&#233; sa permission. Il voulait
juste obtenir confirmation de la Fox.
	</text>
</object>
<object id="399">
	<ocn>399</ocn>
	<text class="norm">
		C'est alors que, comme me le dit Else, "deux choses se produisirent.
Premi&#232;rement nous d&#233;couvr&#238;mes... que la cr&#233;ation de
Matt Groening ne lui appartenait pas -- ou du moins que quelqu'un [chez
Fox] croyait qu'elle ne lui appartenait pas." Et deuxi&#232;mement, la
Fox "voulait dix mille dollars en &#233; change de l'utilisation de ces
quatre secondes et demie des Simpson, qui apparaissaient de
mani&#232;re tout &#224; fait fortuite sur un coin de l'&#233;cran."
	</text>
</object>
<object id="400">
	<ocn>400</ocn>
	<text class="norm">
		Else &#233; tait certain qu'il y avait erreur. Il r&#233;ussit &#224;
obtenir ce qu'il pensa &#234; tre la vice pr&#233;sidente pour les
questions de license, Rebecca Herrera. Il lui expliqua "Vous devez
faire erreur... <br /> nous vous demandons le tarif &#233; ducatif."
C'&#233;tait bien le tarif &#233; ducatif, lui r&#233;pondit Herrera.
Un jour plus tard, Else rappela pour obtenir confirmation de ce qu'on
lui avait dit.
	</text>
</object>
<object id="401">
	<ocn>401</ocn>
	<text class="norm">
		"Je voulais m'assurer que j'avais bien compris", me dit il. "Oui, vous
avez bien compris", lui dit-elle. Il en co&#252;terait 10.000 dollars
d'utiliser le clip des Simpson dans le coin de l'&#233;cran d'un
documentaire sur la T&#233;tralogie de Wagner. Et puis, d'une
mani&#232;re &#233; tonnante, Herrera dit &#224; Else, "Et si vous
citez ce que je viens de dire, vous entendrez parler de nos avocats."
Plus tard, un assistant de Herrera dit &#224; Else: "Ils se fichent du
reste. Ils veulent l'argent et c'est tout."
	</text>
</object>
<object id="402">
	<ocn>402</ocn>
	<text class="norm">
		Else n'avait pas de quoi acheter le droit de remontrer ce qui &#233;
tait montr&#233; sur la t&#233;l&#233;vision de l'op&#233;ra de San
Francisco. Montrer cette r&#233;alit&#233; d&#233;passait le budget du
r&#233;alisateur. A la derni&#232;re minute avant la sortie du film,
Else remplaca &#224; l'ordinateur la vue par un extrait d'un autre film
sur lequel il avait travaill&#233; dix ans plus t&#244;t, The Day After
Trinity.
	</text>
</object>
<object id="403">
	<ocn>403</ocn>
	<text class="norm">
		Il ne fait aucun doute que quelqu'un, que ce soit Matt Groening ou la
Fox, est propri&#233;taire des droits sur les Simpson. Ces droits sont
leur propri&#233;t&#233;. Pour utiliser ce contenu prot&#233;g&#233;,
la permission du d&#233;tenteur des droits est parfois n&#233;cessaire.
Si l'utilisation que Else voulait faire des Simpson &#233; tait un des
cas restreints par la loi, alors il aurait besoin d'obtenir la
permission avant de pouvoir les utiliser de cette mani&#232;re. Et dans
un march&#233; libre, c'est le propri&#233;taire des droits qui fixe le
prix de toute utilisation pour laquelle la loi lui accorde le
contr&#244;le.
	</text>
</object>
<object id="404">
	<ocn>404</ocn>
	<text class="norm">
		Par exemple, une "repr&#233;sentation publique" est une utilisation des
"Simpson" que le propri&#233;taire des droits peut contr&#244;ler. Si
vous prenez quelques-uns de vos &#233; pisodes favoris, louez un
cin&#233;ma, et faites payer pour voir "Mes &#233; pisodes
pr&#233;f&#233;r&#233;s des Simpson", alors il vous faut la permission
du propri&#233;taire des droits. Et ce propri&#233;taire peut (c'est
son bon droit, &#224; mon avis) faire payer le montant qu'il lui
pla&#238;t -- 10 dollars ou un million de dollars. C'est son droit,
d&#233;fini par la loi.
	</text>
</object>
<object id="405">
	<ocn>405</ocn>
	<text class="norm">
		Mais quand des juristes entendent cette histoire sur Jon Else et la
Fox, leur premi&#232;re pens&#233;e est "usage loyal"1. L'utilisation
par Else de 4.5 secondes d'une vue indirecte d'un &#233; pisode des
Simpson est clairement un usage loyal des Simpson-- et l'usage loyal ne
n&#233;cessite pas la permission de qui que ce soit.
	</text>
</object>
<object id="406">
	<ocn>406</ocn>
	<text class="norm">
		J'ai donc demand&#233; &#224; Else pourquoi il ne s'en &#233; tait pas
tout simplement remis &#224; l'"usage loyal". Voici sa r&#233;ponse:
	</text>
</object>
<object id="407">
	<ocn>407</ocn>
	<text class="norm">
		Le fiasco des Simpson a &#233; t&#233; pour moi une le&#231;on sur le
foss&#233; qui s&#233;pare ce que les avocats jugent sans importance de
leur point de vue abstrait, et ce qui en pratique est d'une importance
&#233; crasante pour nous autres qui essayons de tourner et diffuser
des documentaires. Je n'ai jamais dout&#233; qu'il s'agisse d'un "usage
clairement loyal" sur le plan purement l&#233;gal. Mais je ne pouvais
pas me reposer l&#224; dessus en pratique. Voici pourquoi:
	</text>
</object>
<object id="408">
	<ocn>408</ocn>
	<text class="norm">
		1. Avant qu'un film puisse &#234; tre diffus&#233;, la cha&#238;ne nous
impose de souscrire &#224; une assurance sur les Erreurs et Omissions.
Les assureurs demandent un "bulletin visuel", qui dresse la liste de
chaque s&#233;quence du film, sa source et son statut juridique. Ils
ont une notion assez restreinte de l'"usage loyal", et une utilisation
en "usage loyal" peut compromettre la demande d'assurance.
	</text>
</object>
<object id="409">
	<ocn>409</ocn>
	<text class="norm">
		2. Je n'aurais probablement jamais d&#252; poser la question &#224;
Matt Groening d&#232;s le d&#233;part. Mais je savais que la Fox avait
l'habitude de rechercher et de stopper toute utilisation des Simpson
sans license, tout comme George Lucas se distinguait par sa
d&#233;fense de l'utilisation de Star Wars. Donc j'ai d&#233;cider de
suivre la loi &#224; la lettre, en pensant que nous obtiendrions une
license gratuite ou presque pour quatre secondes de Simpson. En tant
que producteur de documentaires contraint de faire des &#233; conomies
sur les lacets, la derni&#232;re chose dont j'avais besoin &#233; tait
de risquer un proc&#232;s, m&#234;me en dommages, et m&#234;me pour
d&#233;fendre un principe.
	</text>
</object>
<object id="410">
	<ocn>410</ocn>
	<text class="norm">
		3. Il se trouve que j'ai parl&#233; avec un de vos coll&#232;gues de la
Facult&#233; de Droit de Stanford [...] qui m'a confim&#233; qu'il
s'agisait d'un usage loyal. Il a aussi confirm&#233; que la Fox
"porterait plainte et vous ferait passer la corde au cou", quels que
soit la validit&#233; de mes arguments. Il me dit clairement que ce
serait celui qui avait le plus d'avocats et les poches les plus
profondes qui l'emporterait.
	</text>
</object>
<object id="411">
	<ocn>411</ocn>
	<text class="norm">
		4. En g&#233;n&#233;ral, cette question de l'usage loyal se pose &#224;
la fin d'un projet, alors que nous devons tenir une date de sortie et
que nous n'avons plus d'argent.
	</text>
</object>
<object id="412">
	<ocn>412</ocn>
	<text class="norm">
		En th&#233;orie, usage loyal signifie que l'on peut se passer de
permission. Par cons&#233;quent la th&#233;orie favorise la culture
libre, et pr&#233;serve d'une culture de permissions. Mais en pratique,
l'usage loyal fonctionne d'une mani&#232;re tr&#232;s diff&#233;rente.
Le flou des limites l&#233;gales, combin&#233; &#224;
l'&#233;normit&#233; des amendes inflig&#233;es &#224; qui les
franchit, fait qu'en pratique l'usage loyal est tr&#232;s restreint
dans beaucoup de domaines de la cr&#233;ation artistique. La loi vise
juste, mais la mani&#232;re dont elle est appliqu&#233;e vise ailleurs.
	</text>
</object>
<object id="413">
	<ocn>413</ocn>
	<text class="norm">
		Cet exemple montre combien la loi s'est &#233; loign&#233;e de ses
racines du dix-huiti&#232;me si&#232;cle. La loi est n&#233;e comme
bouclier pour prot&#233;ger les revenus des &#233; diteurs de la
comp&#233;tition d&#233;loyale d'un pirate. Elle a grandi comme une
&#233; p&#233;e qui se m&#234;le de tous les usages, transformatifs ou
non.
	</text>
</object>
<object id="414">
	<ocn>414</ocn>
	<text class="h4">
		Transformateurs
	</text>
</object>
<object id="415">
	<ocn>415</ocn>
	<text class="norm">
		En 1993, Alex Alben, un avocat, travaillait pour Starwave, Inc.
Starwave &#233; tait une entreprise innovante fond&#233;e par Paul
Allen, le cofondateur de Microsoft, dans le but de d&#233;velopper du
contenu num&#233;rique. Bien avant qu'Internet ne devienne populaire,
Starwave commen&#231;a &#224; investir dans de nouvelles technologies
permettant la diffusion de contenus que la puissance des r&#233;seaux
permettait d'anticiper.
	</text>
</object>
<object id="416">
	<ocn>416</ocn>
	<text class="norm">
		Alben s'int&#233;ressait tout sp&#233;cialement aux nouvelles
technologies. Il &#233; tait intrigu&#233; par le march&#233; &#233;
mergent de la technologie du CD-ROM - non pas pour la distribution des
films, mais pour faire des choses avec les films qui serait difficile
&#224; r&#233;aliser autrement. En 1993, il initia le
d&#233;veloppement d'un produit servant &#224; produire une
r&#233;trospective du travail d'un acteur donn&#233;. Le premier acteur
choisi f&#252;t Clint Eastwood. L'id&#233;e &#233; tait de mettre
&#224; l'affiche tout le travail d'Eastwood avec des clips tir&#233;s
de ses films et des interviews de personnes importantes dans sa
carri&#232;re.
	</text>
</object>
<object id="417">
	<ocn>417</ocn>
	<text class="norm">
		&#192; l'&#233;poque, Eastwood avait d&#233;j&#224; fait plus de
cinquante films en tant qu'acteur et r&#233;alisateur. Alben
commen&#231;a une s&#233;rie d'interviews avec Eastwood, l'interrogeant
sur sa carri&#232;re. Puisque c'&#233;tait Starwave qui produisait ces
interviews, la compagnie &#233; tait libre de les inclure sur son CD.
	</text>
</object>
<object id="418">
	<ocn>418</ocn>
	<text class="norm">
		Les seules interviews n'auraient pas fait un produit int&#233;ressant,
alors Starwave voulait ajouter du contenu tir&#233; des films
d'Eastwood : des affiches, des scripts, et d'autres choses en rapport
avec les films qu'Eastwood avait fait. La majeure partie de sa
carri&#232;re, Eastwood l'avait pass&#233; chez Warner Brothers, et il
&#233; tait tr&#232;s facile d'obtenir la permission d'acc&#232;s
&#224; ce contenu.
	</text>
</object>
<object id="419">
	<ocn>419</ocn>
	<text class="norm">
		Puis Alben et son &#233; quipe decid&#232;rent d'inclure d'authentiques
extraits de film. &#171; Notre objectif &#233; tait d'avoir un extrait
de chacun des films d'Eastwood. &#187; me dit Alben. C'est &#224; ce
moment-l&#224; que le probl&#232;me se posa. Personne n'avait
r&#233;ellement fait ce que nous faisions &#224; ce moment, expliqua
Alben. &#171; Personne n'avait essay&#233; de faire cela dans le
contexte d'une oeuvre artistique traitant de la carri&#232;re d'un
acteur. &#187;
	</text>
</object>
<object id="420">
	<ocn>420</ocn>
	<text class="norm">
		Alben pr&#233;senta l'id&#233;e &#224; Michael Slade, le PDG de
Starwave. Slade lui demanda, &#171; Bon, que devrons-nous faire ?
&#187;
	</text>
</object>
<object id="421">
	<ocn>421</ocn>
	<text class="norm">
		Alben repondit, &#171; Et bien, nous allons devoir nous assurer
d'obtenir l'autorisation de chaque personne qui appara&#238;t dans ces
films, de m&#234;me pour la musique et tout ce que nous voulons
utiliser dans ces extraits de film. &#187; Slade lui dit, &#171;
Excellent! Faisons cela. &#187; 1
	</text>
</object>
<object id="422">
	<ocn>422</ocn>
	<text class="norm">
		Le probl&#232;me &#233; tait que ni Alben ni Slade n'avait la moindre
id&#233;e de ce qui serait n&#233;cessaire &#224; l'obtention des
autorisations. Tous les acteurs jouant dans chacun des films auraient
pu r&#233;clamer des redevances pour la r&#233;utilisation d'un film.
Cependant, les CD-ROM n'avaient pas &#233; t&#233; sp&#233;cifi&#233;s
dans les contrats avec les acteurs, alors il n'y avait aucun moyen de
savoir ce que Starwave allait faire.
	</text>
</object>
<object id="423">
	<ocn>423</ocn>
	<text class="norm">
		J'ai demand&#233; &#224; Alben comment il avait r&#233;gl&#233; le
probl&#232;me. Avec une &#233; vidente fiert&#233; de soi, qui masquait
l'&#233;vidente bizarret&#233; de son r&#233;cit, Alben raconta ce
qu'ils avaient fait:
	</text>
</object>
<object id="424">
	<ocn>424</ocn>
	<text class="norm">
		Nous avons examin&#233; les extraits de films un par un. Nous avons
choisi, en fonction de crit&#232;res artistiques, quels extraits de
film inclure -- bien s&#252;r, nous allions utiliser l'extrait "Make my
day" de Dirty Harry. Mais ensuite il fallait trouver le type au sol qui
tremble sous le canon, et il fallait sa permission. Et il fallait
d&#233;cider combien nous allions le payer.
	</text>
</object>
<object id="425">
	<ocn>425</ocn>
	<text class="norm">
		Nous avons d&#233;cid&#233; qu'il serait loyal de leur offrir le tarif
de figurant en &#233; change du droit de r&#233;utiliser leur travail.
Il s'agit d'un extrait de moins d'une minute, mais pour pouvoir
r&#233;utiliser ce travail dans le CD-ROM, le tarif &#224;
l'&#233;poque &#233; tait d'environ 600 dollars.
	</text>
</object>
<object id="426">
	<ocn>426</ocn>
	<text class="norm">
		Donc, il nous a fallu identifier les gens. Certains d'entre eux &#233;
taient difficile &#224; identifier, parce que dans les films d'Eastwood
on ne sait pas toujours qui est le type qui passe &#224; travers la
vitre: est-ce l'acteur ou le cascadeur? Et ensuite nous avons
mont&#233; une &#233; quipe, mon assistant et quelques autres, et nous
avons commenc&#233; &#224; appeler ces gens.
	</text>
</object>
<object id="427">
	<ocn>427</ocn>
	<text class="norm">
		Certains acteurs &#233; taient heureux de nous aider --Donald
Sutherland, par exemple, s'assura lui-m&#234;me que tous les droits
&#233; taient acquitt&#233;s. D'autres &#233; taient &#233; tonn&#233;s
de leur chance. Alben leur demandait "All&#244;, puis-je vous payer 600
dollars, ou peut-&#234;tre 1.200 si vous apparaissez dans deux films,
vous savez?" Et ils disaient "Vous &#234; tes s&#233;rieux? H&#233;,
j'aimerais beaucoup 1.200 dollars". Et d'autres, bien s&#252;r, &#233;
taient un peu difficiles (les ex-&#233;pouses d&#233;laiss&#233;es, en
particulier). Mais finalement, Alben et son &#233; quipe avaient
acquitt&#233; les droits pour ce CD-ROM de r&#233;trospective sur la
carri&#232;re de Clint Eastwood.
	</text>
</object>
<object id="428">
	<ocn>428</ocn>
	<text class="norm">
		C'&#233;tait une ann&#233;e plus tard--"et m&#234;me &#224; ce moment
nous n'&#233;tions pas s&#252;rs de les avoir tous acquitt&#233;s."
	</text>
</object>
<object id="429">
	<ocn>429</ocn>
	<text class="norm">
		Alben est fier de son travail. Ce projet &#233; tait le premier du
genre, et &#224; sa connaissance c'&#233;tait la seule fois o&#250; une
&#233; quipe avait entrepris un effort aussi massif dans le but de
sortir une r&#233;trospective.
	</text>
</object>
<object id="430">
	<ocn>430</ocn>
	<text class="norm">
		Tout le monde pensait que ca serait trop difficile. Tout le monde
levait les mains au ciel et disait "Oh, mon dieu, un film, ca fait
tellement de copyrights, il y a la musique, la mise en sc&#232;ne, le
directeur, les acteurs." Mais nous l'avons fait. Nous en avons
s&#233;par&#233; chaque partie, et dit "Ok, il y a tant d'acteurs, tant
de directeurs, ... tant de musiciens" et nous avons proc&#233;d&#233;
de mani&#232;re tr&#232;s syst&#233;matique et nous avons acquitt&#233;
les droits.
	</text>
</object>
<object id="431">
	<ocn>431</ocn>
	<text class="norm">
		Et sans aucun doute, le produit lui-m&#234;me &#233; tait
exceptionnellement bon. Eastwood l'adorait, et il se vendit tr&#232;s
bien.
	</text>
</object>
<object id="432">
	<ocn>432</ocn>
	<text class="norm">
		Mais je fis observer &#224; Alben &#224; quel point il semble &#233;
trange qu'il ait fallu un an de travail simplement pour acquitter des
droits. Sans doute Alben l'avait fait de mani&#232;re tr&#232;s
efficace, mais pour reprendre un mot c&#233;l&#232;bre de Peter
Drucker, "il n'y a rien de plus inutile que de faire efficacement
quelque chose qu'on ne devrait pas faire du tout."2 Est-il normal,
demandai-je &#224; Alben, que ce soit l&#224; la mani&#232;re dont un
travail nouveau doit &#234; tre r&#233;alis&#233;?
	</text>
</object>
<object id="433">
	<ocn>433</ocn>
	<text class="norm">
		Car, comme il le reconnut, "tr&#232;s peu de gens ... ont le temps et
les ressources, et la volont&#233; de faire ca," et donc, tr&#232;s peu
de travaux de ce type seraient jamais r&#233;alis&#233;s. Est-il
normal, lui demandai-je, du point de vue from the standpoint of what
anybody really thought they were ever giving rights for originally,
that you would have to go clear rights for these kinds of clips?
	</text>
</object>
<object id="434">
	<ocn>434</ocn>
	<text class="norm">
		Je ne pense pas. Quand un acteur joue un r&#244;le dans un film, il ou
elle est tr&#232;s bien pay&#233;e... Et ensuite si 30 secondes de ce
r&#244;le sont utilis&#233;es dans un nouveau produit qui est une
retrospective sur la carri&#232;re de quelqu'un, je ne pense pas que
cette personne ... doive &#234; tre indemnis&#233;e pour cel&#224;.
	</text>
</object>
<object id="435">
	<ocn>435</ocn>
	<text class="norm">
		Ou du moins, est-ce l&#224; la mani&#232;re dont l'artiste doit &#234;
tre indemnis&#233;? Ne pourrait-il pas y avoir, demandai-je, un
syst&#232;me de licenses statutaires, que l'on paierait pour &#234; tre
libre de r&#233;utiliser ce type d'extraits? Etait-il vraiment
raisonnable qu'un createur doive rechercher chaque acteur, directeur,
ou musicien qu'il r&#233;utilise, pour obtenir leur accord explicite?
Est-ce qu'il n'y aurait pas plus de cr&#233;ations si on pouvait
simplifier l'aspect l&#233;gal du processus de cr&#233;ation?
	</text>
</object>
<object id="436">
	<ocn>436</ocn>
	<text class="norm">
		Absolument. Je pense que s'il y avait un systeme de licences loyales
(dans lequel vous ne seriez pas soumis a des chantages ou &#224; des
ex-epouses r&#233;pudi&#233;es), nous verrions beaucoup plus de travaux
de ce type, car il ne serait pas si d&#233;courageant de tenter de
monter une r&#233;trospective de la carri&#232;re de quelqu'un et de
l'illustrer avec des extraits de sa carri&#232;re. Si vous &#233; tiez
le producteur d'une de ces oeuvres, vous auriez a prendre en compte un
co&#252;t suppl&#233;mentaire: celui de payer X dollars &#224;
l'artiste qui a effectu&#233; le travail. Mais ce serait un co&#252;t
connu. Voila le probl&#232;me qui emp&#232;che tout le monde de
travailler et rend ce type de produit difficile &#224; r&#233;aliser.
Si vous saviez que vous avez cent minutes de film dans ce produit et
que cela va vous co&#252;ter X, alors vous feriez votre budget en
fonction et vous pourriez obtenir des fonds ainsi que tout ce dont vous
avez besoin pour le produire. Mais si vous dites "Oh, je veux cent
minutes de quelque chose, et je n'ai aucune id&#233;e de ce que ca va
me co&#252;ter et un certain nombre de personnes vont me r&#233;clamer
de l'argent", alors il devient difficile de monter tout ca.
	</text>
</object>
<object id="437">
	<ocn>437</ocn>
	<text class="norm">
		Alben travaillait pour une grande compagnie. Sa compagnie &#233; tait
soutenue par certains des inverstisseurs les plus riches au monde. Il
avait dont une autorit&#233; et des facilit&#233;s que le
r&#233;alisateur de sites Web moyen n'a pas. Donc, s'il lui a fallu un
an, combien de temps cela aurait-il pris &#224; quelqu'un d'autre? Et
combien de cr&#233;ativit&#233; est perdue simplement parce que les
co&#252;ts d'acquittement des droits sont si &#233; lev&#233;s?
	</text>
</object>
<object id="438">
	<ocn>438</ocn>
	<text class="norm">
		Ces co&#252;ts sont entrain&#233;s par un type de r&#233;gulation.
Soyons Republicains pour un instant, et irritons-nous un peu. Le
gouvernement d&#233;finit l'&#233;tendue de ces droits, et cette &#233;
tendue d&#233;termine combien il coutera de les n&#233;gocier.
(Souvenez-vous de l'id&#233;e que la propri&#233;t&#233; terrienne
s'etend aux cieux, et imaginez le pilote achetant des droits de passage
pendant qu'il n&#233;gocie son vol de Los Angeles &#224; San
Francisco.) Ces droits peuvent tr&#232;s bien avoir eu leur raison
d'&#234;tre; mais quand les circonstances changent, celle-ci
dispara&#238;t. Ou du moins, un r&#233;publicain bien entrain&#233; et
hostile a toute r&#233;gulation devrait consid&#233;rer ces droits et
demander: "Ceci est-il toujours justifi&#233;?"
	</text>
</object>
<object id="439">
	<ocn>439</ocn>
	<text class="norm">
		J'ai parfois vu une lueur de reconnaissance quand les gens comprennent
cela, mais en quelques occasions seulement. La premi&#232;re fois ce
fut lors d'une conference de juges f&#233;d&#233;raux en Californie.
Les juges s'&#233;taient rassembl&#233;s pour discuter du sujet nouveau
de cyber-loi. On me demanda de faire partie du panel. Harvey
Saferstein, un juriste d'un cabinet respecte de L.A., pr&#233;senta au
panel une video qu'il avait produite avec un ami, Robert Fairbank.
	</text>
</object>
<object id="440">
	<ocn>440</ocn>
	<text class="norm">
		La vid&#233;o etait un collage brillant de films de chaque p&#233;riode
du vingti&#232;me si&#232;cle, le tout organis&#233; selon l'idee d'un
&#233; pisode de 60 minutes. L'ex&#233;cution &#233; tait parfaite,
fid&#232;le jusqu'&#224; reproduire le chronom&#232;tre de soixante
minutes. Les juges en ador&#232;rent chaque minute.
	</text>
</object>
<object id="441">
	<ocn>441</ocn>
	<text class="norm">
		Lorsque les lumi&#232;res furent allum&#233;es, je jetai un oeil vers
mon coll&#232;gue de panel, David Nimmer, peut-&#234;tre l'expert en
copyright le plus en vue dans le pays. Il y avait sur son visage un
regard &#233; tonn&#233;, alors qu'il scrutait cette salle de plus de
250 juges bien divertis. D'une voix sentencieuse, il commenca son
discours par une question: "Savez-vous combien de lois
f&#233;d&#233;rales viennent d'&#234;tre viol&#233;es dans cette
pi&#232;ce?"
	</text>
</object>
<object id="442">
	<ocn>442</ocn>
	<text class="norm">
		Car bien &#233; videmment, les deux brillants cr&#233;ateurs de ce film
n'avaient pas fait ce qu'Alben avait fait. Ils n'avaient pas pass&#233;
une ann&#233;e &#224; acquitter les droits de ces extraits;
techniquement, ce qu'ils avaient fait violait la loi. Bien s&#252;r,
ils n'allaient pas &#234; tre poursuivis pour cette violation (et ce
malgr&#233; la pr&#233;sence de 250 juges et d'un troupeau d'officiers
de police f&#233;derale). Mais Nimmer avait un point important: Une
ann&#233;e avant que quiconque entende parler de Napster, et deux ans
avant qu'un autre membre du panel, David Boies, ne d&#233;fende Napster
devant la Neuvieme Cour d'Appel, Nimmer essayait de faire voir &#224;
ces juges que la loi ne serait pas en accord avec les capacit&#233;s
que cette technologie rendrait possibles. La technologie veut dire que
maintenant vous pouvez faire des choses &#233; tonnantes facilement;
mais vous ne pouvez pas facilement les faire l&#233;galement.
	</text>
</object>
<object id="443">
	<ocn>443</ocn>
	<text class="norm">
		Nous vivons dans une culture du "copier-coller", rendue possible par le
technologie. Toute personne qui &#233; crit une pr&#233;sentation
connait la libert&#233; extraordinaire que l'architecture copier-coller
d'Internet a cr&#233;&#233;e: en une seconde vous pouvez trouver
pratiquement n'importe quelle image; en une autre seconde vous l'avez
incorpor&#233;e &#224; votre pr&#233;sentation.
	</text>
</object>
<object id="444">
	<ocn>444</ocn>
	<text class="norm">
		Mais les pr&#233;sentations ne sont qu'un d&#233;but. En utilisant
Internet et ses archives, les musiciens sont capables d'encha&#238;ner
des m&#233;langes de sons jamais imagin&#233;s auparavant; les
r&#233;alisateurs de films sont capables de faire des films &#224;
partir d'extraits trouv&#233;s sur des ordinateurs autour du monde. Un
site extraordinaire en Su&#232;de prend des images d'hommes politiques
et leur ajoute de la musique, pour cr&#233;er des commentaires
politiques mordants. Un site appel&#233; Camp Chaos a produit une des
critiques les plus acerbes qui soit de l'industrie du disque, en
m&#233;langeant la musique et la technologie Flash.
	</text>
</object>
<object id="445">
	<ocn>445</ocn>
	<text class="norm">
		Et toutes ces cr&#233;ations sont techniquement ill&#233;gales.
M&#234;me si leurs cr&#233;ateurs voulaient respecter la loi, ce qu'il
en co&#252;te est impossiblement &#233; lev&#233;. Par cons&#233;quent,
pour ceux qui observent la loi, un tr&#233;sor de cr&#233;ativit&#233;
n'est jamais exprim&#233;e. Et quant &#224; la partie qui s'exprime, si
elle ne suit pas les r&#232;gles d'acquittement des droits, ses
cr&#233;ations ne sortent jamais.
	</text>
</object>
<object id="446">
	<ocn>446</ocn>
	<text class="norm">
		Pour certains, ces histoires sugg&#232;rent une solution: Modifions le
jeu des droits, de sorte que les gens soient libres de s'inspirer de
notre culture. Libres d'ajouter ou de m&#233;langer comme il leur
pla&#238;t. Nous pourrions m&#234;me effectuer ce changement sans pour
autant imposer que l'usage "libre" soit gratuit. Non, le syst&#232;me
pourrait simplement faire qu'il soit facile pour des cr&#233;ateurs
d'indemniser les artistes dont ils reprennent le travail sans avoir
besoin d'une arm&#233;e d'avocats avec eux: par exemple, une loi disant
"la redevance d&#252;e au d&#233;tenteur de copyright d'une oeuvre non
enregistr&#233;e, pour les usages d&#233;riv&#233;s de cette oeuvre,
sera 1 pour cent des revenus nets, &#224; mettre de c&#244;t&#233; pour
le d&#233;tenteur de copyright". Sous cette loi, le d&#233;tenteur de
copyright pourrait b&#233;n&#233;ficier d'une redevance, mais il
n'aurait pas le b&#233;n&#233;fice d'un droit de propri&#233;t&#233;
totale (ce qui implique le droit de choisir son prix) &#224; moins
qu'il ne fasse enregistrer son oeuvre.
	</text>
</object>
<object id="447">
	<ocn>447</ocn>
	<text class="norm">
		Qui pourrait objecter &#224; cel&#224;? Et quelle raison y aurait-il
d'objecter? Nous parlons de cr&#233;ations qui ne sont m&#234;me pas
r&#233;alis&#233;es aujourd'hui; et qui, si elles &#233; taient
r&#233;alis&#233;es selon ce plan, g&#233;n&#232;reraient de nouveaux
revenus pour les artistes. Pour quelle raison pourrait-on s'y opposer?
	</text>
</object>
<object id="448">
	<ocn>448</ocn>
	<text class="norm">
		En f&#233;vrier 2003, les studios DreamWorks ont annonc&#233; avoir
pass&#233; un accord avec Mike Myers, le g&#233;nie comique de Saturday
Night Live et Austin Powers. D'apr&#232;s l'annonce, Myers et
DreamWorks allaient travailler ensemble pour former un "pacte unique de
r&#233;alisation de films." Selon l'accord, DreamWorks "va
acqu&#233;rir les droits de films c&#233;l&#232;bres et classiques,
&#233; crire de nouveaux sc&#233;narios et, en utilisant une
technologie num&#233;rique de pointe, ins&#233;rer Myers et d'autres
acteurs dans ces films, en cr&#233;ant ainsi un spectacle
enti&#232;rement nouveau."
	</text>
</object>
<object id="449">
	<ocn>449</ocn>
	<text class="norm">
		L'annonce appelait ceci faire du "film sampling." Comme l'expliqua
Myers, "Film Sampling est une mani&#232;re excitante d'ajouter une
touche originale &#224; des films existants, et de permettre au public
de voir de vieux films sous un jour nouveau. Les artistes de rap ont
fait ca pendant des ann&#233;es avec la musique, et bien maintenant
nous sommes capables de reprendre le concept et de l'apliquer au
cin&#233;ma." Steven Spielberg &#233; tait cit&#233;, disant: "Si
quelqu'un peut cr&#233;er une mani&#232;re de rendre accessibles de
vieux films &#224; un public nouveau, c'est bien Mike."
	</text>
</object>
<object id="450">
	<ocn>450</ocn>
	<text class="norm">
		Spielberg a raison. Le Film sampling de Myers sera brillant. Mais si
vous n'y pensez pas, vous risquez de manquer le point
v&#233;ritablement &#233; tonnant de cette annonce. Alors que l'immense
majorit&#233; de notre h&#233;ritage cin&#233;matographique reste
prot&#233;g&#233;e par le droit d'auteur, le sens v&#233;ritable de
l'annonce de Dreamworks est le suivant: C'est Mike Myers, et seulement
Mike Myers, qui est libre de faire du sampling. Toute libert&#233;
g&#233;n&#233;rale de s'inspirer des archives de notre culture, une
libert&#233; qui en d'autres circonstances serait suppos&#233;e nous
appartenir &#224; tous, est maintenant un privil&#232;ge
r&#233;serv&#233; &#224; ceux qui sont amusants et c&#233;l&#232;bres
-- et riches, on suppose.
	</text>
</object>
<object id="451">
	<ocn>451</ocn>
	<text class="norm">
		Ce privil&#232;ge est r&#233;serv&#233; pour deux raisons. La
premi&#232;re est la continuation de l'histoire du dernier chapitre: le
flou li&#233; &#224; la notion d'"usage loyal". L'essentiel du
"sampling" devrait &#234; tre consid&#233;r&#233; comme usage loyal.
Mais peu de gens s'appuient sur une garantie si faible pour cr&#233;er.
Ceci nous m&#232;ne &#224; la deuxi&#232;me raison pour laquelle le
privil&#232;ge est r&#233;serv&#233;: Les co&#252;ts
entra&#238;n&#233;s par les n&#233;gociations concernant le droit
l&#233;gal de r&#233;utiliser une oeuvre sont astronomiquement &#233;
lev&#233;s. Ces co&#252;ts r&#233;fl&#232;tent les co&#252;ts li&#233;s
&#224; l'usage loyal: Ou bien vous payez un avocat pour d&#233;fendre
votre droit &#224; l'usage loyal, ou bien vous en payez un pour
rechercher toutes les permissions, de sorte que vous n'aurez pas &#224;
vous appuyer sur l'usage loyal. D'une mani&#232;re ou d'une autre, le
processus de cr&#233;ation consiste &#224; payer des avocats --encore
un privil&#232;ge, ou peut-&#234;tre un tourment, r&#233;serv&#233;
&#224; une minorit&#233;.
	</text>
</object>
<object id="452">
	<ocn>452</ocn>
	<text class="h4">
		Collectionneurs
	</text>
</object>
<object id="453">
	<ocn>453</ocn>
	<text class="norm">
		En Avril 1996, des millions de "bots" (programmes informatiques
con&#231;us pour "tisser", c'est-&#224;-dire parcourir automatiquement
Internet et recopier son contenu) commenc&#232;rent &#224; parcourir le
Net. Page par page, ces "bots" recopi&#232;rent l'information
trouv&#233;e sur Internet sur un petit nombre d'ordinateurs situ&#233;s
dans un sous-sol du Presidio (NdT: quartier historique) de San
Francisco. Une fois que les "bots" eurent couvert tout Internet, ils
recommenc&#232;rent depuis le d&#233;but. Encore et encore, une fois
tous les deux mois, ces programmes effectuaient des copies d'Internet
et les archivaient.
	</text>
</object>
<object id="454">
	<ocn>454</ocn>
	<text class="norm">
		En Octobre 2001, les "bots" avaient rassembl&#233; plus de cinq
ann&#233;es de copies. Et lors d'une modeste conf&#233;rence &#224;
Berkeley, en Californie, les archives compos&#233;es de ces copies, les
Archives d'Internet, furent mises &#224; disposition du monde. En
utilisant une technologie appel&#233;e "la Machine &#224; Remonter Dans
le Temps" ("the Way Back Machine"), vous pouviez visiter une page Web,
et consulter toutes ses copies depuis 1996, et voir quand elle avait
&#233; t&#233; modifi&#233;e.
	</text>
</object>
<object id="455">
	<ocn>455</ocn>
	<text class="norm">
		Voila un aspect d'Internet qui aurait plu &#224; Orwell. Dans l'utopie
d&#233;crite dans 1984, les vieux journaux &#233; taient constamment
remis &#224; jour, pour s'assurer que la vision pr&#233;sente du monde,
approuv&#233;e par le gouvernement, n'&#233;tait pas contredite par les
actualit&#233;s pass&#233;es. Des milliers de travailleurs
r&#233;&#233;ditaient continuellement le pass&#233;, de sorte qu'il
&#233; tait impossible de savoir si l'article que vous lisiez
aujourd'hui &#233; tait le m&#234;me que celui qui avait &#233; t&#233;
imprim&#233; &#224; la date inscrite sur le papier.
	</text>
</object>
<object id="456">
	<ocn>456</ocn>
	<text class="norm">
		Il en va de m&#234;me avec Internet. Si vous visitez une page Web
aujourd'hui, vous n'avez aucun moyen de savoir si le contenu que vous
lisez est le m&#234;me que celui que vous avez lu
pr&#233;c&#233;demment. La page peut sembler &#234; tre la m&#234;me,
mais son contenu pourrait facilement &#234; tre diff&#233;rent.
Internet est la biblioth&#232;que d'Orwell: constamment
r&#233;&#233;crite, sans aucune m&#233;moire fiable.
	</text>
</object>
<object id="457">
	<ocn>457</ocn>
	<text class="norm">
		Du moins, jusqu'&#224; la Machine &#224; Remonter Dans le Temps.
Gr&#226;ce &#224; cette machine, et aux Archives d'Internet, vous
pouvez voir ce qu'Internet a &#233; t&#233;. Vous avez le pouvoir de
voir ce dont vous vous souvenez. Et c'est peut-&#234;tre plus
important, vous avez le pouvoir de trouver ce dont vous ne vous
souvenez pas, et que d'autres pr&#233;f&#232;reraient que vous
oubliez.1
	</text>
</object>
<object id="458">
	<ocn>458</ocn>
	<text class="norm">
		Nous tenons pour acquis que nous pouvons revenir en arri&#232;re et
voir ce que nous nous souvenons avoir lu. Pensez aux journaux. Si vous
voulez &#233; tudier la r&#233;action du journal de votre ville natale
face aux &#233; meutes raciales &#224; Watts en 1965, ou au canon
&#224; eau de Bull Connor en 1963, vous pouvez aller &#224; la
biblioth&#232;que municipale et consulter les journaux. Ils existent
probablement sur microfiche. Si vous avez de la chance, ils existent
aussi sur papier. D'une mani&#232;re ou d'une autre, vous &#234; tes
libres, en utilisant une biblioth&#232;que, de revenir en arri&#232;re,
et de vous souvenir: pas seulement de ce dont il est commode de se
souvenir, mais de quelque chose qui est proche de la v&#233;rit&#233;.
	</text>
</object>
<object id="459">
	<ocn>459</ocn>
	<text class="norm">
		On dit que ceux qui oublient l'Histoire sont condamn&#233;s &#224; la
revivre. Ce n'est pas tout &#224; fait vrai. Nous oublions tous
l'Histoire. L'essentiel est de savoir si nous avons un moyen de revenir
en arri&#232;re et de (re)d&#233;couvrir ce que nous avons oubli&#233;.
Plus concr&#232;tement, l'essentiel est de savoir si un point de vue
objectif sur le pass&#233; peut nous aider &#224; rester honn&#234;tes.
Les biblioth&#232;ques nous y aident, en rassemblant du contenu et en
le conservant, pour les &#233; coliers, pour les chercheurs, pour nos
grand-parents. Une soci&#233;t&#233; libre suppose cette connaissance.
	</text>
</object>
<object id="460">
	<ocn>460</ocn>
	<text class="norm">
		Internet &#233; tait une exception &#224; cette r&#232;gle. Jusqu'aux
Archives d'Internet, il n'y avait aucun moyen de revenir en
arri&#232;re. Internet &#233; tait le medium &#233; ph&#233;m&#232;re
par essence. Et maintenant, alors qu'Internet contribue de plus en plus
&#224; construire et r&#233;former la soci&#233;t&#233;, il devient de
plus en plus important que nous en conservions une forme historique. Il
est tout &#224; fait &#233; trange de constater que nous avons
pl&#233;thore d'archives de journaux de petites villes d'un peu partout
dans le monde, mais qu'il n'y a qu'une seule et unique copie
d'Internet: celle conserv&#233;e par les Archives d'Internet.
	</text>
</object>
<object id="461">
	<ocn>461</ocn>
	<text class="norm">
		Brewster Kahle est le fondateur des Archives d'Internet. Il eut
beaucoup de succ&#232;s en tant que chercheur en informatique, et plus
encore ensuite, en tant qu'entrepreneur d'Internet. Dans les
ann&#233;es 90, Kahle d&#233;cida qu'il avait eu assez de succ&#232;s
en affaires. Il &#233; tait temps de conna&#238;tre un autre genre de
succ&#232;s. Il entreprit donc une s&#233;rie de projets destin&#233;s
&#224; archiver le savoir de l'humanit&#233;. Les Archives d'Internet
n'&#233;taient que le premier projet de cet Andrew Carnegie de
l'Internet. En d&#233;cembre 2002, les Archives avaient
d&#233;pass&#233; les 10 milliards de pages, et grossissaient d'un
milliard d'autres chaque mois.
	</text>
</object>
<object id="462">
	<ocn>462</ocn>
	<text class="norm">
		La Machine &#224; Remonter Dans le Temps constitue la plus grande
archive du savoir humain de l'histoire de l'humanit&#233;. Fin 2002,
elle contenait "deux cent trente Teraoctets de mat&#233;riel", et
&#233; tait "dix fois plus volumineuses que la Biblioth&#232;que du
Congr&#232;s". Et ce n'&#233;tait que la toute premi&#232;re des
archives que Kahle projettait d'&#233;difier. En plus des Archives
d'Internet, Kahle construisait des Archives T&#233;l&#233;vis&#233;es.
La t&#233;l&#233;vision s'av&#232;re &#234; tre encore plus &#233;
ph&#233;m&#232;re qu'Internet. Alors qu'une bonne partie de la culture
du vingti&#232;me si&#232;cle a &#233; t&#233; construite via la
t&#233;l&#233;vision, seule une infime partie en est accessible
aujourd'hui. Trois heures d'actualit&#233;s sont enregistr&#233;es tous
les soirs par l'Universit&#233; de Vanderbilt --gr&#226;ce &#224; une
d&#233;rogation &#224; la loi sur le copyright. Ce contenu est
index&#233;, et reste accessible aux universitaires pour un co&#252;t
tr&#232;s raisonnable. "Mais en dehors de ceux-l&#224;, la
t&#233;l&#233;vision est quasiment inaccessible," me confia Kahle. "Si
vous &#234; tes Barbara Walters, vous avez acc&#232;s [&#224; ces
archives], mais qu'en est-il si vous &#234; tes un simple &#233;
tudiant ?" Ajouta Kahle,
	</text>
</object>
<object id="463">
	<ocn>463</ocn>
	<text class="norm">
		Vous rappelez-vous lorsque Dan Quayle conversait avec Murphy Brown?
Vous souvenez-vous de cette exp&#233;rience surr&#233;elle d'un homme
politique conversant avec un personnage de fiction
t&#233;l&#233;vis&#233;e? Si vous &#233; tiez un &#233; tudiant voulant
&#233; tudier cela, et si vous vouliez obtenir ces &#233; changes entre
eux deux, l'&#233;pisode de 60 Minutes qui sortit apr&#232;s... ce
serait presque impossible... Ce mat&#233;riel est presque
introuvable...
	</text>
</object>
<object id="464">
	<ocn>464</ocn>
	<text class="norm">
		Pourquoi cela ? Pourquoi la partie de notre culture qui est sur
journaux papier reste-t-elle accessible pour toujours, alors que la
partie qui est sur cassettes video ne l'est pas? Comment se fait-il que
nous ayons cr&#233;&#233; un monde o&#250; les chercheurs qui voudront
comprendre l'influence des m&#233;dias sur l'Am&#233;rique du
dix-neuvi&#232;me si&#232;cle auront moins de difficult&#233;s que ceux
qui voudront comprendre l'influence des m&#233;dias sur l'Am&#233;rique
du vingti&#232;me si&#232;cle ?
	</text>
</object>
<object id="465">
	<ocn>465</ocn>
	<text class="norm">
		C'est en partie &#224; cause de la loi. Au d&#233;but de la
l&#233;gislation am&#233;ricaine sur le droit d'auteur, les
d&#233;tenteurs de copyright devaient d&#233;poser des copies de leur
ouvrage en biblioth&#232;que. Ces copies &#233; taient destin&#233;es
&#224; la fois &#224; faciliter la propagation du savoir, ainsi
qu'&#224; s'assurer qu'une copie serait accessible une fois le
copyright expir&#233;, pour que d'autres puissent &#233; ventuellement
lire et copier l'ouvrage.
	</text>
</object>
<object id="466">
	<ocn>466</ocn>
	<text class="norm">
		Ces r&#232;gles s'appliquaient &#233; galement aux films. Mais en 1915,
la Biblioth&#232;que du Congr&#232;s fit une exception pour les films.
Les films pouvaient &#234; tre sous copyright une fois de tels
d&#233;p&#244;ts faits. Mais le cin&#233;aste avait ensuite
l'autorisation de r&#233;emprunter le film ainsi d&#233;pos&#233;, sans
limite de temps, gratuitement. Rien qu'en 1915, il y avait plus de
5.475 films d&#233;pos&#233;s et "r&#233;emprunt&#233;s." Donc, quand
le copyright d'un film expire, il n'y en a plus aucune copie dans
aucune biblioth&#232;que. La copie existe --si tant est qu'elle existe
encore-- dans les archives de la soci&#233;t&#233; qui a produit le
film.2
	</text>
</object>
<object id="467">
	<ocn>467</ocn>
	<text class="norm">
		En g&#233;n&#233;ral, ceci vaut aussi pour la t&#233;l&#233;vision. A
l'origine les &#233; missions de t&#233;l&#233;vision n'&#233;taient
pas sous copyright; il n'y avait aucun moyen d'enregistrer ces &#233;
missions, il n'y avait donc aucune crainte de "vol". Mais quand la
technologie permit leur capture, les diffuseurs compt&#232;rent de plus
en plus sur la l&#233;gislation. La loi exigeait qu'ils fassent une
copie de chaque &#233; mission pour que l'ouvrage soit copyright&#233;.
Mais ces copies &#233; tait simplement d&#233;tenues par les
diffuseurs. Aucune biblioth&#232;que n'avait de droits dessus; le
gouvernement ne les r&#233;clamait pas. Le contenu de cette partie de
la culture am&#233;ricaine est pratiquement invisible pour quiconque.
	</text>
</object>
<object id="468">
	<ocn>468</ocn>
	<text class="norm">
		Kahle &#233; tait impatient de changer cela. Avant le 11 septembre
2001, lui et ses alli&#233;s avaient commenc&#233; &#224; enregistrer
la t&#233;l&#233;vision. Ils avaient choisi vingt cha&#238;nes du monde
entier, et appuy&#233; sur le bouton Enregistrer. A partir du 11
septembre, Kahle, ainsi que des douzaines de collaborateurs, choisirent
vingt cha&#238;nes du monde entier et mirent en ligne gratuitement la
couverture de cette semaine du 11 septembre. Tout le monde pouvait voir
comment les journaux t&#233;l&#233;vis&#233;s de par le monde avaient
couvert cette journ&#233;e.
	</text>
</object>
<object id="469">
	<ocn>469</ocn>
	<text class="norm">
		Kahle avait le m&#234;me projet pour les films. Avec Rick Prelinger,
dont les archives cin&#233;matographiques contiennent pr&#232;s de
45.000 "films eph&#233;m&#232;res" (c'est-&#224;-dire des films non
produits par Hollywood, et jamais prot&#233;g&#233;s par le droit
d'auteur), Kahle mit en place les Archives du Cin&#233;ma. Prelinger le
laissa num&#233;riser 1300 films dans ces archives, et mettre ces films
sur Internet, pour qu'ils puissent &#234; tre
t&#233;l&#233;charg&#233;s gratuitement. La soci&#233;te de Prelinger
est &#224; but lucratif. Elle vend des copies de ces films sous forme
de pellicules. Il fit la d&#233;couverte suivante: Apr&#232;s en avoir
rendu une partie significative librement accessible, ses ventes de
pellicules augment&#232;rent tr&#232;s fortement. Les gens pouvaient
trouver facilement le contenu qu'ils voulaient utiliser. Certains
t&#233;l&#233;chargeaient ce contenu et faisaient leurs propres films.
D'autres achetaient des copies afin de permettre la cr&#233;ation
d'autres films. D'une mani&#232;re ou d'une autre, l'archive rendait
possible l'acc&#232;s &#224; cette part importante de notre culture.
Envie de voir une copie du film "Duck and Cover" qui expliquait aux
enfants comment se prot&#233;ger au milieu d'une attaque
nucl&#233;aire? Allez sur archive.org, et vous pourrez
t&#233;l&#233;charger le film en quelques minutes -- gratuitement.
	</text>
</object>
<object id="470">
	<ocn>470</ocn>
	<text class="norm">
		Ici encore, Kahle nous donne acc&#232;s &#224; une partie de notre
culture, que nous ne pourrions pas obtenir facilement d'une autre
mani&#232;re, voire pas du tout. Il s'agit d'une autre partie de ce qui
d&#233;finit le vingti&#232;me si&#232;cle, et que nous avons
abandonn&#233;e &#224; l'histoire. La loi ne requiert pas que ces
copies soient conserv&#233;es ou d&#233;pos&#233;es dans une archive
par quiconque. Par cons&#233;quent, il n'existe pas de moyen simple de
les trouver.
	</text>
</object>
<object id="471">
	<ocn>471</ocn>
	<text class="norm">
		Le point cl&#233; ici est l'acc&#232;s, pas le prix. Kahle veut
permettre l'acc&#232;s libre &#224; ce contenu, mais il veut aussi
permettre &#224; d'autres de vendre cet acc&#232;s. Son but est de
s'assurer que la comp&#233;tition existe parmi ceux qui propose un
acc&#232;s &#224; cette partie importante de notre culture. Pas pendant
la vie commerciale d'une cr&#233;ation, mais pendant cette seconde vie
que poss&#232;de toute cr&#233;ation: sa vie non-commerciale.
	</text>
</object>
<object id="472">
	<ocn>472</ocn>
	<text class="norm">
		Car voici une id&#233;e que nous devrions identifier plus clairement.
Toute cr&#233;ation artistique traverse plusieurs "vies". Au cours de
sa premi&#232;re vie, si le cr&#233;ateur est chanceux, le contenu est
vendu. Dans ce cas le march&#233; commercial est une r&#233;ussite pour
le cr&#233;ateur. La grande majorit&#233; des cr&#233;ations
artistiques ne connaissent pas un tel succ&#232;s, mais c'est le cas de
certaines d'entre elles. Pour ces contenus, la vie commerciale est
extr&#234;mement importante. Sans ce march&#233; commercial, il y
aurait, semble-t'il, beaucoup moins de cr&#233;ations.
	</text>
</object>
<object id="473">
	<ocn>473</ocn>
	<text class="norm">
		Une fois que la vie commerciale d'une cr&#233;ation a pris fin, notre
tradition a toujours encourag&#233; une seconde vie. Un journal apporte
les nouvelles du jour &#224; notre palier de porte. Le jour suivant, il
sert &#224; emballer du poisson, ou bien &#224; combler des bo&#238;tes
contenant des cadeaux fragiles, ou encore &#224; construire une archive
de connaissances sur notre histoire. Au cours de cette seconde vie, le
contenu peut continuer d'informer, m&#234;me si cette information n'est
plus vendue.
	</text>
</object>
<object id="474">
	<ocn>474</ocn>
	<text class="norm">
		La m&#234;me chose a toujours &#233; t&#233; vraie au sujet des livres.
Un livre cesse d'&#234;tre imprim&#233; tr&#232;s rapidement
(aujourd'hui, en moyenne apr&#232;s un an 3). Une fois qu'il a
cess&#233; d'&#234;tre imprim&#233;, il peut &#234; tre vendu dans des
magasins de livres d'occasion, sans que le d&#233;tenteur de copyright
n'obtienne quoi que ce soit, et il peut &#234; tre conserv&#233; dans
une biblioth&#232;que, o&#250; beaucoup de gens le liront, tout aussi
gratuitement. Les librairies d'occasion et les biblioth&#232;ques sont
donc la seconde vie d'un livre. Cette seconde vie est extr&#234;mement
importante pour la diffusion et la stabilit&#233; de la culture.
	</text>
</object>
<object id="475">
	<ocn>475</ocn>
	<text class="norm">
		Cependant, il devient de plus en plus difficile de croire en une
seconde vie stable pour les cr&#233;ations artistiques, et ceci pour
les composantes les plus importantes de la culture populaire des
vingti&#232;me et vingt-et-uni&#232;me si&#232;cles. Pour ces
composantes (t&#233;l&#233;vision, films, musique, radio, Internet), il
n'y a pas de garantie d'une seconde vie. Pour ces types de culture,
c'est comme si nous avions remplac&#233; nos biblioth&#232;ques par des
magasins Barnes &amp; Noble. Avec cette culture, ce qui est accessible
se r&#233;duit &#224; ce que demande un certain march&#233;
limit&#233;. Au del&#224; de cette demande, la culture dispara&#238;t.
	</text>
</object>
<object id="476">
	<ocn>476</ocn>
	<text class="norm">
		Pendant la plus grande partie du vingti&#232;me si&#233;cle, ce sont
les conditions &#233; conomiques qui en ont voulu ainsi. C'eut &#233;
t&#233; une folie co&#252;teuse que de rassembler et de rendre
accessibles toutes les &#233; missions de t&#233;l&#233;vision, tous
les films et toute la musique existants: Le co&#252;t des copies
analogiques est extraordinairement &#233; lev&#233;. Ainsi donc, bien
que la loi eut en principe restreint la capacit&#233; d'un Brewster
Kahle de copier la culture en g&#233;neral, la v&#233;ritable
contrainte &#233; tait d'ordre &#233; conomique. Le march&#233; rendait
impossible de faire quoi que ce soit contre cet &#233;
ph&#233;m&#232;re; la loi n'avait que peu d'effet pratique.
	</text>
</object>
<object id="477">
	<ocn>477</ocn>
	<text class="norm">
		La caract&#233;ristique peut-&#234;tre la plus importante de la
r&#233;volution num&#233;rique est que pour la premi&#232;re fois
depuis la Biblioth&#232;que d'Alexandrie, il est possible d'imaginer la
construction d'une archive qui contienne toute la culture produite ou
distribu&#233;e publiquement. La technologie nous permet d'imaginer une
archive de tous les livres publi&#233;s, et bient&#244;t de toutes les
images anim&#233;es et de tous les sons.
	</text>
</object>
<object id="478">
	<ocn>478</ocn>
	<text class="norm">
		La mesure de cette archive potentielle est quelque chose que nous
n'avons jamais imagin&#233; auparavant. Les Brewster Kahle de notre
histoire en ont r&#234;v&#233;; mais nous arrivons &#224; un moment
o&#250;, pour la premi&#232;re fois, ce r&#234;ve est devenu possible.
Comme le d&#233;crit Kahle,
	</text>
</object>
<object id="479">
	<ocn>479</ocn>
	<text class="norm">
		Il semble qu'il y ait quelque deux ou trois millions d'enregistrements
de musique. En tout. Il y a environ cent mille films sortis en salle,
... et entre un et deux millions de films [distribu&#233;s] durant le
vingti&#232;me si&#232;cle. Il y a environ vingt-six millions de titres
de livres. Tout cela tiendrait dans des ordinateurs qui tiendraient
dans cette salle, et que pourrait s'offrir une petite entreprise. Nous
somme donc &#224; un tournant de notre histoire. L'acc&#232;s universel
est le but. Et la possibilit&#233; de vivre une vie diff&#233;rente,
bas&#233;e l&#224;-dessus, donne... des frissons. Ca pourrait &#234;
tre une des plus grandes fiert&#233;s de l'humanit&#233;. Avec la
biblioth&#232;que d'Alexandrie, le premier homme sur la Lune, et
l'invention de la machine &#224; imprimer.
	</text>
</object>
<object id="480">
	<ocn>480</ocn>
	<text class="norm">
		Kahle n'est pas le seul libraire. L'Internet Archive n'est pas la seule
archive. Mais Kahle et l'Internet Archive sugg&#232;rent ce que
l'avenir des biblioth&#232;ques et des archives pourrait &#234; tre.
Quand s'arr&#234;te la vie commerciale d'une oeuvre? Je ne sais pas.
Mais elle finit par s'arr&#234;ter. Et quand elle le fait, Kahle et son
archive nous font d&#233;couvrir un monde dans lequel le savoir et la
culture restent disponibles &#224; jamais. Certains s'en inspireront,
pour la comprendre; d'autres pour la critiquer. Certains s'en
serviront, comme Walt Disney, pour re-cr&#233;er le pass&#233; pour
l'avenir. Ces technologies nous promettent quelque chose qui &#233;
tait devenu inimaginable pour l'essentiel de notre pass&#233;: un futur
pour notre pass&#233;. La technologie num&#233;rique pourrait
r&#233;aliser &#224; nouveau le r&#234;ve de la Biblioth&#232;que
d'Alexandrie.
	</text>
</object>
<object id="481">
	<ocn>481</ocn>
	<text class="norm">
		Ainsi, la technologie a supprim&#233; le co&#252;t &#233; conomique de
la construction d'une telle archive. Mais il reste le co&#252;t
l&#233;gal. Car, pour autant que nous puissions appeler de nos voeux
ces "archives", aussi r&#233;confortante que soit l'id&#233;e d'une
"biblioth&#232;que", le "contenu" qui est rassembl&#233; dans ces
espaces num&#233;riques est aussi la "propri&#233;t&#233;" de
quelqu'un. Et la loi sur la propri&#233;t&#233; restreint les
libert&#233;s dont Kahle et les autres feraient usage.
	</text>
</object>
<object id="482">
	<ocn>482</ocn>
	<text class="h4">
		Propri&#233;t&#233;
	</text>
</object>
<object id="483">
	<ocn>483</ocn>
	<text class="norm">
		Jack Valenti est le pr&#233;sident de la Motion Picture Association of
America depuis 1966. Il est arriv&#233; pour la premi&#232;re fois
&#224; Washington dans les valises de l'administration de Lyndon
Johnson. La c&#233;l&#232;bre photographie de Johnson pr&#234;tant
serment dans Air Force One apr&#232;s l'assassinat du Pr&#233;sident
Kennedy montre Valenti &#224; l'arri&#232;re-plan. Pendant presque
quarante ans pass&#233;s &#224; la t&#234;te de la MPAA, Valenti s'est
impos&#233; comme le lobbyiste peut-&#234;tre le plus en vue et le plus
efficace de Washington.
	</text>
</object>
<object id="484">
	<ocn>484</ocn>
	<text class="norm">
		La MPAA est la branche am&#233;ricaine de l'International Motion
Picture Association. Elle fut form&#233;e en 1922 en tant
qu'association commerciale dont le but &#233; tait de d&#233;fendre les
films am&#233;ricains contre des critiques int&#233;rieures
croissantes. Aujourd'hui l'organisation ne repr&#233;sente pas
seulement des metteurs en sc&#232;ne, mais aussi les producteurs et les
distributeurs de spectacles pour la t&#233;l&#233;vision, la
vid&#233;o, le c&#226;ble. Son administration est compos&#233;e des
pr&#233;sidents des sept producteurs et distributeurs principaux de
films et &#233; missions de t&#233;l&#233;vision aux Etats-Unis: Walt
Disney, Sony Pictures Entertainment, MGM, Paramount Pictures, Twentieth
Century Fox, Universal Studios, et Warner Brothers.
	</text>
</object>
<object id="485">
	<ocn>485</ocn>
	<text class="norm">
		Valenti n'est que le troisi&#232;me pr&#233;sident de la MPAA. Aucun
pr&#233;sident avant lui n'avait eu autant d'influence sur cette
organisation, ou sur Washington. En bon Texan, Valenti a acquis la
ma&#238;trise de l'aptitude politique la plus importante dans le Sud:
la capacit&#233; &#224; para&#238;tre simple et lent, tout en
dissimulant une pens&#233;e rapide comme l'&#233;clair. A ce jour,
Valenti joue &#224; l'homme simple et humble. Mais ce dipl&#244;m&#233;
de Harvard, auteur de quatre livres, qui termina le lyc&#233;e &#224;
quinze ans et effectua plus de cinquante missions a&#233;riennes de
combat durant la deuxi&#232;me guerre mondiale, n'est pas Monsieur
Tout-Le-Monde. Quand Valenti est all&#233; &#224; Washington, il a
compris la quintessence de cette ville.
	</text>
</object>
<object id="486">
	<ocn>486</ocn>
	<text class="norm">
		En d&#233;fendant la libert&#233; artistique et la libert&#233;
d'expression sur laquelle repose notre culture, la MPAA a &#233;
t&#233; tr&#232;s b&#233;n&#233;fique. En cr&#233;ant son syst&#232;me
de notation, la MPAA nous a probablement &#233; vit&#233; une censure
dommageable. Mais il est un aspect de la mission de cette organisation
qui est &#224; la fois le plus radical et le plus important: il s'agit
de l'effort continuel de cette organisation, incarn&#233; par chaque
acte de Valenti, pour red&#233;finir la notion de "propri&#233;t&#233;
cr&#233;ative".
	</text>
</object>
<object id="487">
	<ocn>487</ocn>
	<text class="norm">
		En 1982, le discours de Valenti devant le Congr&#232;s illustrait
parfaitement cette strat&#233;gie:
	</text>
</object>
<object id="488">
	<ocn>488</ocn>
	<text class="norm">
		Aussi longs soient les arguments, quelles que soient les charges et
contre-charges, quels que soient les tumultes et les cris, les hommes
et femmes raisonnables retourneront toujours &#224; ce probl&#232;me
fondamental, le th&#232;me central qui anime tout ce d&#233;bat: Les
d&#233;tenteurs de propri&#233;t&#233; intellectuelle doivent obtenir
les m&#234;mes droits et protections que tous les autres
d&#233;tenteurs de propri&#233;t&#233; de la nation. Voil&#224; le
probl&#232;me. Voil&#224; la question. Et c'est sur ce terrain que tout
ce plaidoyer, et tous les d&#233;bats qui s'ensuivront, doivent prendre
place1.
	</text>
</object>
<object id="489">
	<ocn>489</ocn>
	<text class="norm">
		La strat&#233;gie de cette rh&#233;torique, comme toujours chez
Valenti, est brillante et simple, et brillante parce que simple. Le
"th&#232;me central" auquel les "hommes et femmes raisonnables"
retourneront est celui-ci: "Les d&#233;tenteurs de propri&#233;t&#233;
intellectuelle doivent obtenir les m&#234;mes droits et protections que
tous les autres les d&#233;tenteurs de propri&#233;t&#233; de la
nation". Valenti aurait pu continuer ainsi: "Il n'y a pas de citoyen de
seconde classe. Il ne devrait donc pas y avoir de d&#233;tenteurs de
propri&#233;t&#233; de seconde classe".
	</text>
</object>
<object id="490">
	<ocn>490</ocn>
	<text class="norm">
		Cette assertion poss&#232;de une force d'attraction &#233; vidente.
Elle est exprim&#233;e avec tant de clart&#233; qu'elle rend
l'id&#233;e &#233; vidente, aussi &#233; vidente que la notion
d'utiliser des &#233; lections pour d&#233;signer les pr&#233;sidents.
Mais en fait, personne parmi les gens qui prennent ce d&#233;bat au
s&#233;rieux ne soutient de position plus extr&#234;me. Jack Valenti,
aussi doux et brillant soit-il, est peut-&#234;tre le pire
extr&#233;miste de la nation lorsqu'il s'agit de la nature et de la
port&#233;e de la "propri&#233;t&#233; intellectuelle". Ses vues n'ont
aucun lien raisonnable avec ce qui constitue vraiment notre tradition
l&#233;gale, m&#234;me si la force discr&#232;te de son charme texan a
lentement red&#233;fini cette tradition, du moins &#224; Washington.
	</text>
</object>
<object id="491">
	<ocn>491</ocn>
	<text class="norm">
		Alors que la "propri&#233;t&#233; intellectuelle" est certainement une
"propri&#233;t&#233;", en un sens besogneux et pr&#233;cis que les
juristes ont l'habitude de comprendre 2, il n'a jamais &#233; t&#233;
le cas, et ne devrait pas l'&#234;tre, que les "d&#233;tenteurs de
propri&#233;t&#233; intellectuelle" obtiennent "les m&#234;mes droits
et protections que tous les autres d&#233;tenteurs de
propri&#233;t&#233;". En effet, si les d&#233;tenteurs de
propri&#233;t&#233; intellectuelle obtenaient les m&#234;mes droits que
tous les autres d&#233;tenteurs de propri&#233;t&#233;, alors ceci
instituerait un changement radical, et radicalement ind&#233;sirable,
dans notre tradition.
	</text>
</object>
<object id="492">
	<ocn>492</ocn>
	<text class="norm">
		Valenti le sait. Mais il parle pour une industrie qui se fiche bien de
notre tradition et des valeurs qu'elle repr&#233;sente. Il parle pour
une industrie qui au contraire se bat pour restaurer la tradition que
les Britanniques ont d&#233;mise en 1710. Dans le monde qui
r&#233;sulterait des changements de Valenti, quelques puissants
exerceraient un contr&#244;le strict sur la mani&#232;re dont notre
culture serait d&#233;velopp&#233;e.
	</text>
</object>
<object id="493">
	<ocn>493</ocn>
	<text class="norm">
		J'ai deux buts dans ce chapitre. Le premier est de vous convaincre que
sur le plan historique, l'assertion de Valenti est absolument fausse.
Le second est de vous convaincre qu'il serait terriblement mauvais pour
nous de rejetter notre histoire. Nous avons toujours trait&#233; les
droits sur la propri&#233;t&#233; des cr&#233;ations diff&#233;rement
des droits sur les autres types de propri&#233;t&#233;. Ils n'ont
jamais &#233; t&#233; pareils aux autres droits. Et ils ne devraient
devenir pareils, car, aussi contre-intuitif ceci soit-il, les rendre
pareils reviendrait &#224; r&#233;duire fondamentalement la
possibilit&#233; pour les nouveaux cr&#233;ateurs de cr&#233;er. La
cr&#233;ativit&#233; tient &#224; ce que ses propri&#233;taires n'aient
pas de contr&#244;le absolu sur elle.
	</text>
</object>
<object id="494">
	<ocn>494</ocn>
	<text class="norm">
		Les organisations comme la MPAA, dont les dirigeants comptent parmi les
plus puissants de l'arri&#232;re-garde, n'ont aucun int&#233;r&#234;t,
en d&#233;pit de leur rh&#233;torique, &#224; faire en sorte que les
jeunes puisent les remplacer. Aucune organisation, aucune personne n'a
int&#233;r&#234;t &#224; cela. (Posez-moi la question au sujet de ma
chaire, par exemple.) Mais ce qui est bon pour la MPAA ne l'est pas
n&#233;cessairement pour l'Am&#233;rique. Une soci&#233;t&#233; qui
d&#233;fend les id&#233;aux d'une culture libre doit justement
pr&#233;server la possibilit&#233; pour une cr&#233;ativit&#233;
nouvelle de menacer l'ancienne.
	</text>
</object>
<object id="495">
	<ocn>495</ocn>
	<text class="norm">
		Pas besoin de chercher bien loin pour se douter que quelque chose ne
tourne pas rond dans l'argumentation de Valenti: il nous suffit de lire
la Constitution des Etats-Unis.
	</text>
</object>
<object id="496">
	<ocn>496</ocn>
	<text class="norm">
		Les P&#232;res Fondateurs de notre Constitution aimaient la
"propri&#233;t&#233;". En fait, ils l'aimaient tellement qu'ils ont
incorpor&#233; &#224; la Constitution une clause importante: si le
gouvernement vous prend votre propri&#233;t&#233; (s'il vous exproprie
de votre maison, ou bien s'il aquiert un terrain appartenant &#224;
votre ferme), il doit, selon la "Clause des Expropriations" du
Cinqui&#232;me Amendement, vous payer une "compensation juste". La
Constitution garantit donc que la propri&#233;t&#233; est, en un
certain sens, sacr&#233;e. Elle ne peut jamais &#234; tre soustraite
&#224; son propri&#233;taire, sauf si le gouvernement paie pour ce
privil&#232;ge.
	</text>
</object>
<object id="497">
	<ocn>497</ocn>
	<text class="norm">
		Et pourtant la m&#234;me constitution parle tr&#232;s diff&#233;remment
&#224; propos de ce que Valenti appelle la "propri&#233;t&#233;
cr&#233;ative". Dans l'article qui accorde au Congr&#232;s le pouvoir
de cr&#233;er la "propri&#233;t&#233; cr&#233;ative", la Constitution
exige qu'apr&#232;s un "temps limit&#233;", le Congr&#232;s abroge les
droits qu'il a accord&#233; et mette la "propri&#233;t&#233;
cr&#233;ative" dans le domaine public gratuit. Et quand le Congr&#232;s
fait cela, quand l'expiration du terme d'un copyright vous en
"exproprie" pour le mettre dans le domaine public, le Congr&#232;s n'a
aucune obligation de payer une "juste indemnit&#233;" pour cette
"expropriation". Au contraire, la m&#234;me constitution qui exige
qu'on vous indemnise pour votre terre, exige que vous perdiez votre
droit de "propri&#233;t&#233; cr&#233;ative" sans la moindre
compensation.
	</text>
</object>
<object id="498">
	<ocn>498</ocn>
	<text class="norm">
		Ainsi, nominalement, la constitution stipule qu'on ne doit pas accorder
les m&#234;mes droits &#224; ces deux formes de propri&#233;t&#233;.
Elles doivent simplement &#234; tre trait&#233;es diff&#233;remment.
Valenti ne demande donc pas juste un changement dans notre tradition,
quand il soutient que les d&#233;tenteurs de "propri&#233;t&#233;
cr&#233;ative" devraient obtenir les m&#234;mes privil&#232;ges que
tout autre d&#233;tenteur de droit de propri&#233;t&#233;. Il plaide en
effet pour un changement dans notre constitution elle-m&#234;me.
	</text>
</object>
<object id="499">
	<ocn>499</ocn>
	<text class="norm">
		R&#233;clamer un changement de notre constitution n'est pas
forc&#233;ment une erreur. Notre constitution originale &#233; tait
mauvaise sur bien des points. La constitution de 1789 a renforc&#233;
l'esclavage ; elle pr&#233;voyait que les s&#233;nateurs soient
nomm&#233;s plut&#244;t qu'&#233;lus; elle a permis au coll&#232;ge
&#233; lectoral de provoquer une &#233; galit&#233; entre le
pr&#233;sident et son propre vice-pr&#233;sident (comme cela s'est
produit en 1800). Les P&#232;res Fondateurs &#233; taient sans doute
extraordinaires, mais je serais le premier &#224; reconna&#238;tre
qu'ils ont commis de grosses erreurs. Depuis lors, nous avons
corrig&#233; certaines de ces erreurs; il en reste sans doute d'autres,
que nous devrons corriger aussi. Ainsi je ne pense pas que si Jefferson
a fait une chose, nous devions faire de m&#234;me.
	</text>
</object>
<object id="500">
	<ocn>500</ocn>
	<text class="norm">
		Au contraire, je pense que si Jefferson a fait quelque chose, nous
devrions au moins tenter de comprendre pourquoi. Pourquoi les
P&#232;res Fondateurs, d&#233;fenseurs fanatiques de la
propri&#233;t&#233; priv&#233;e qu'ils &#233; taient, ont-ils
rejet&#233; l'id&#233;e que la propri&#233;t&#233; sur les
cr&#233;ations donne les m&#234;me droits que les autres types de
propri&#233;t&#233;s? Pourquoi ont-ils requis l'existence d'un domaine
public pour ce type de propri&#233;t&#233;?
	</text>
</object>
<object id="501">
	<ocn>501</ocn>
	<text class="norm">
		Pour r&#233;pondre &#224; cette question, nous devons prendre du recul
sur l'histoire de ces droits de propri&#233;t&#233; sur les
cr&#233;ations, et sur le contr&#244;le qu'ils ont rendu possible.
Quand nous verrons clairement comment ces droits ont &#233; t&#233;
d&#233;finis, nous serons mieux en mesure de poser la question qui
devrait &#234; tre au centre de cette guerre. La question n'est pas si
la propri&#233;t&#233; sur les cr&#233;ations devrait &#234; tre
prot&#233;g&#233;e, mais plut&#244;t de quelle mani&#232;re. Non pas si
nous allons d&#233;fendre les droits que la loi accorde aux
d&#233;tenteurs de propri&#233;t&#233;s sur les cr&#233;ations, mais
plut&#244;t quel doit &#234; tre l'&#233;quilibre de ces droits. Non
pas si les artistes deoivent &#234; tre pay&#233;s, mais plut&#244;t si
les institutions cr&#233;&#233;es pour garanir que les artistes sont
pay&#233;es ont aussi besoin de contr&#244;ler la mani&#232;re dont la
culture se d&#233;veloppe.
	</text>
</object>
<object id="502">
	<ocn>502</ocn>
	<text class="norm">
		Pour r&#233;pondre &#224; ces questions, nous avons besoin de concepts
g&#233;n&#233;raux pour parler de la mani&#232;re dont la
propri&#233;t&#233; est prot&#233;g&#233;e. Plus pr&#233;cis&#233;ment,
nous avons besoin de concepts plus vastes que ceux que permet le
langage juridique. Dans Code et Autes Lois du Cyberespace, j'ai
utilis&#233; un mod&#232;le simple pour d&#233;crire ces concepts. Pour
chaque droit ou r&#233;gulation particuli&#232;re, ce mod&#232;le
montre comment quatre modalit&#233;s diff&#233;rentes interagissent,
pour renforcer ou affaiblir ce droit ou cette r&#233;gulation. J'ai
illustr&#233; ceci avec le diagramme suivant:
	</text>
</object>
<object id="503">
	<ocn>503</ocn>
	<text class="norm">
		<image xmlns:xlink="http://www.w3.org/1999/xlink" xlink:type="simple"
xlink:actuate="onLoad" xlink:show="embed"
xlink:href="../_sisu/image/freeculture01.png" width="350" height="350"
/>[freeculture01.png]
	</text>
</object>
<object id="504">
	<ocn>504</ocn>
	<text class="norm">
		Au centre de ce diagramme se trouve le point r&#233;gul&#233;:
l'individu ou le groupe qui est la cible du r&#233;gulation, ou le
d&#233;tenteur d'un droit. (Dans chaque cas tout au long de ce
paragraphe, nous pouvons d&#233;crire ceci soit comme une
r&#233;gulation, soit comme un droit. Par simplicit&#233;, je parlerai
seulement de r&#233;gulations.) Les ovales d&#233;crivent quatre
mani&#232;res par lesquelles l'individu ou le groupe peut &#234; tre
r&#233;gul&#233;-- soit contraint, soit, alternativement, permis. La
loi est la contrainte la plus &#233; vidente (au moins pour les
avocats). Elle contraint en mena&#231;ant de sanctions apr&#232;s les
faits si les r&#232;gles d&#233;finies &#224; l'avance sont
viol&#233;es. Donc si, par exemple, vous violez sciemment le copyright
de Madonna en copiant une chanson de son dernier CD et la postez sur le
Web, vous pouvez &#234; tre puni d'une amende de 150.000 dollars.
L'amende est une punition &#224; post&#233;riori pour la violation
d'une r&#232;gle pr&#233;existante. Elle est impos&#233;e par
l'&#201;tat.
	</text>
</object>
<object id="505">
	<ocn>505</ocn>
	<text class="norm">
		Les normes sont un autre type de contrainte. Elles aussi punissent un
individu pour avoir viol&#233; une r&#232;gle. Mais la punition d'une
norme est impos&#233;e par la communaut&#233;, et non pas (ou pas
seulement) par l'&#201;tat. Il n'y a peut-&#234;tre pas de loi contre
le fait de cracher, mais cela ne veut pas dire que vous ne serez pas
puni si vous crachez par terre en faisant la queue au cin&#233;ma. La
punition n'est peut-&#234;tre pas dure, ce qui d&#233;pend toutefois de
la communaut&#233;, mais elle pourrait facilement &#234; tre plus dure
que bon nombre de punitions impos&#233;es par l'&#201;tat. Ce qui fait
la diff&#233;rence, ce n'est pas la s&#233;v&#233;rit&#233; de la
r&#232;gle, mais la source de son application.
	</text>
</object>
<object id="506">
	<ocn>506</ocn>
	<text class="norm">
		Le march&#233; est un troisi&#232;me type de contrainte. Sa contrainte
est effectu&#233;e &#224; travers des conditions: vous pouvez faire X
si vous payez Y; vous serez pay&#233; M si vous faites N. Ces
contraintes ne sont &#233; videmment pas ind&#233;pendantes des lois et
des normes -- c'est la loi de la propri&#233;t&#233; qui d&#233;finit
ce qui doit &#234; tre achet&#233; si cela doit &#234; tre pris pour
l&#233;gal; ce sont les normes qui disent ce qui est vendu de
mani&#232;re appropri&#233;e. Mais &#233; t&#233;nt donn&#233; un
ensemble de normes, et un arri&#232;re-plan de lois de
propri&#233;t&#233; et de contrats, le march&#233; impose une
contrainte simultan&#233;e sur comment un individu ou un groupe peuvent
se comporter.
	</text>
</object>
<object id="507">
	<ocn>507</ocn>
	<text class="norm">
		Pour finir, et pour le moment, peut-&#234;tre, plus
myst&#233;rieusement, l'"architecture" -- le monde pysique tel qu'on le
trouve -- est une contrainte sur le comportement. Un pont &#233;
croul&#233; peut contraintre votre capacit&#233; &#224; traverser une
rivi&#232;re. Des voies de chemin de fer peuvent contraindre la
capacit&#233; d'une communaut&#233; &#224; int&#233;grer sa vie
sociale. Tout comme le march&#233;, l'architecture n'effectue pas sa
contrainte &#224; travers des punitions &#224; post&#233;riori. Au lieu
de cela, tout comme le march&#233;, l'architecture effectue ses
contraintes &#224; travers des conditions simultan&#233;es. Ces
conditions ne sont pas impos&#233;es par des tribunaux appliquant des
contrats, ni par la police punissant le vol, mais par nature, par
"architecture". Si un boulet d'une tonne bloque votre route, c'est la
loi de la gravit&#233; qui applique cette contrainte. Si un billet
d'avion de 500 dollars vous s&#233;pare d'un vol pour New York, c'est
le march&#233; qui applique cette contrainte.
	</text>
</object>
<object id="508">
	<ocn>508</ocn>
	<text class="norm">
		Donc la premi&#232;re chose &#224; propos de ces quatre modalit&#233;s
de r&#233;gulation est &#233; vidente : elles interagissent. Les
restrictions impos&#233;es par une peuvent &#234; tre renforc&#233;es
par une autre. Ou les restrictions impos&#233;es par une peuvent &#234;
tre sap&#233;es par une autre.
	</text>
</object>
<object id="509">
	<ocn>509</ocn>
	<text class="norm">
		La deuxi&#232;me chose suit directement: si nous voulons comprendre la
v&#233;ritable libert&#233; que quiconque poss&#232;de &#224; un moment
donn&#233; pour faire une chose particuli&#232;re, nous devons
consid&#233;rer comment ces quatre modalit&#233;s interagissent. Qu'il
y ait ou non d'autres contraintes (il peut tr&#232;s bien il y en
avoir; je ne pr&#233;tend pas &#234; tre complet), ces quatre sont
parmi les plus importantes, et tout r&#233;gulateur (que ce soit de
contr&#244;le ou de lib&#233;ration) doit consid&#233;rer comment ces
quatre en particulier interagissent.
	</text>
</object>
<object id="510">
	<ocn>510</ocn>
	<text class="norm">
		Ainsi, par exemple, consid&#233;rez la "libert&#233;" de conduire une
voiture &#224; vitesse &#233; lev&#233;e. Cette libert&#233; est en
partie restreinte par les lois: des limitations de vitesse qui disent
&#224; quelle vitesse vous pouvez rouler dans des endroits particuliers
&#224; des moments particuliers. Elle est en partie restreinte par
l'architecture: des dos d'&#226;nes, par exemple, ralentissent les
conducteurs les plus raisonnables; des r&#233;gulateurs de vitesse dans
des bus, un autre exemple, fixent la vitesse maximale &#224; laquelle
on peut conduire. Cette libert&#233; est en partie restreinte par le
march&#233;: l'efficacit&#233; du carburant diminue au fur et &#224;
mesure que la vitesse augmente, et donc le prix de l'essence contraint
indirectement la vitesse. Conduisez &#224; 100 km/h devant une &#233;
cole dans votre propre voisinnage et vous serez vraisemblablement puni
par les voisins. La m&#234;me norme ne serait pas aussi efficace dans
une autre ville, ou la nuit.
	</text>
</object>
<object id="511">
	<ocn>511</ocn>
	<text class="norm">
		La derni&#232;re chose &#224; propos de ce mod&#232;le simple devrait
aussi &#234; tre assez clair: alors que ces quatre modalit&#233;s sont
analytiquement ind&#233;pendantes, la loi a un r&#244;le sp&#233;cial
dans le fait d'affecter les trois autres3. La loi, en d'autres termes,
op&#232;re parois pour augmenter ou diminuer la contrainte d'une
modalit&#233; particuli&#232;re. Ainsi, la loi peut &#234; tre
utilis&#233;e pour augmenter les taxes sur l'essence, afin d'augmenter
l'incitation &#224; rouler moins vite. La loi peut &#234; tre
utilis&#233;e pour faire installer plus de dos d'&#226;nes, afin
d'augmenter la difficult&#233; de rouler vite. La loi peut &#234; tre
utilis&#233;e pour financer des publicit&#233;s qui stigmatisent la
conduite irrespectueuse. Ou bien la loi peut &#234; tre utilis&#233;e
pour requ&#233;rir que d'autres lois soient plus strictes -- une
exigence f&#233;d&#233;rale pour que les &#233; tats diminuent la
vitesse maximale autoris&#233;e, par exemple -- afin de baisser
l'attractivit&#233; de la conduire rapide.
	</text>
</object>
<object id="512">
	<ocn>512</ocn>
	<text class="norm">
		<image xmlns:xlink="http://www.w3.org/1999/xlink" xlink:type="simple"
xlink:actuate="onLoad" xlink:show="embed"
xlink:href="../_sisu/image/freeculture02.png" width="540" height="350"
/>[freeculture02.png]
	</text>
</object>
<object id="513">
	<ocn>513</ocn>
	<text class="norm">
		Ces contraintes peuvent ainsi changer, et elle peuvent &#234; tre
chang&#233;es. Pour comprendre la protection efficace de la
libert&#233; ou celle de la propri&#233;t&#233; &#224; chaque moment,
nous devons suivre ces changements au fil du temps. Une restriction
impos&#233;e par une modalit&#233; peut &#234; tre effac&#233;e par une
autre. Une libert&#233; permise par une modalit&#233; peut &#234; tre
chass&#233;e par une autre4.
	</text>
</object>
<object id="514">
	<ocn>514</ocn>
	<text class="h5">
		Pourquoi Hollywood a raison
	</text>
</object>
<object id="515">
	<ocn>515</ocn>
	<text class="norm">
		Ce que ce mod&#232;le r&#233;v&#232;le de plus &#233; vident est
simplement pourquoi, ou en quoi, Hollywood a raison. Les
d&#233;fenseurs du copyright ont ralli&#233; &#224; leur cause le
Congr&#232;s et les tribunaux. Ce mod&#232;le nous aide &#224;
comprendre le sens de ce ralliement.
	</text>
</object>
<object id="516">
	<ocn>516</ocn>
	<text class="norm">
		Disons que cette image illustre les r&#232;gles du copyright avant
Internet :
	</text>
</object>
<object id="517">
	<ocn>517</ocn>
	<text class="norm">
		<image xmlns:xlink="http://www.w3.org/1999/xlink" xlink:type="simple"
xlink:actuate="onLoad" xlink:show="embed"
xlink:href="../_sisu/image/freeculture01.png" width="350" height="350"
/>[freeculture01.png]
	</text>
</object>
<object id="518">
	<ocn>518</ocn>
	<text class="norm">
		Il y a un &#233; quilibre entre la loi, les normes sociales, le
march&#233; et l'architecture technique. La loi limite la
possibilit&#233; de copier et partager du contenu en imposant des
p&#233;nalit&#233;s &#224; ceux qui copient et partagent. Ces
p&#233;nalit&#233;s sont renforc&#233;es par des technologies qui
rendent copie et partage difficiles (architecture) et co&#252;teux
(march&#233;). Cependant, ces p&#233;nalit&#233;s sont
att&#233;nu&#233;es par des habitudes que nous admettons tous - par
exemple le fait pour des jeunes d'enregistrer les disques de leurs
copains. Ces utilisations de contenu sous copyright peuvent bien
constituer des infractions, les normes de notre soci&#233;t&#233;, du
moins avant Internet, ne font pas de ces infractions un probl&#232;me.
	</text>
</object>
<object id="519">
	<ocn>519</ocn>
	<text class="norm">
		Voil&#224; qu'arrive Internet, ou, plus pr&#233;cis&#233;ment, des
technologies comme le format MP3 ou le partage de fichiers ("peer to
peer"). L&#224;, les contraintes li&#233;es &#224; l'architecture
changent radicalement, tout comme celles venant du march&#233;. Et
pendant que march&#233; et architecture de concert assouplissent les
r&#232;gles du copyright, les normes renforcent cette tendance.
L'&#233;quilibre satisfaisant (pour les d&#233;fenseurs du moins) qui
pr&#233;valait avant Internet devient de fait un &#233; tat d'anarchie.
	</text>
</object>
<object id="520">
	<ocn>520</ocn>
	<text class="norm">
		D'o&#250; le sens de la r&#233;ponse des d&#233;fenseurs, et sa
justification. La technologie a chang&#233;, disent ces
d&#233;fenseurs, et la cons&#233;quence de ce changement, une fois
qu'il s'est diffus&#233; au travers du march&#233; et des normes, est
que l'&#233;quilibre des protections dont jouissaient les
d&#233;tenteurs de droits a disparu.
	</text>
</object>
<object id="521">
	<ocn>521</ocn>
	<text class="norm">
		<image xmlns:xlink="http://www.w3.org/1999/xlink" xlink:type="simple"
xlink:actuate="onLoad" xlink:show="embed"
xlink:href="../_sisu/image/freeculture03.png" width="350" height="350"
/>[freeculture03.png]
	</text>
</object>
<object id="522">
	<ocn>522</ocn>
	<text class="norm">
		C'est l'Irak apr&#232;s la chute de Saddam, mais &#224; l'heure
actuelle aucun gouvernement ne justifie le pillage qui s'ensuit.
	</text>
</object>
<object id="523">
	<ocn>523</ocn>
	<text class="norm">
		Pas plus cette analyse que les conclusions qui suivent ne sont nouveaux
pour les d&#233;fenseurs. En effet, dans un "livre blanc"
pr&#233;par&#233; par le D&#233;partement du commerce (un
d&#233;partement lourdement influenc&#233; par les d&#233;fenseurs du
copyright) en 1995, cette confusion de modalit&#233;s r&#233;gulatrices
a d&#233;j&#224; &#233; t&#233; identifi&#233;e, et la strat&#233;gie
pour y r&#233;pondre d&#233;j&#224; &#233; labor&#233;e. En
r&#233;ponse aux changements apport&#233;s par Internet, le livre blanc
affirme que (1) le Congr&#232;s devrait durcir les lois prot&#233;geant
la propri&#233;t&#233; intellectuelle, (2) les entreprises devraient
adopter de nouvelles techniques de marketing, (3) les techniciens
devraient &#234; tre incit&#233;s &#224; d&#233;velopper du code
prot&#233;geant les contenus, (4) les &#233; ducateurs devraient
apprendre aux jeunes &#224; mieux respecter le copyright.
	</text>
</object>
<object id="524">
	<ocn>524</ocn>
	<text class="norm">
		Cette strat&#233;gie composite est juste ce dont le copyright aurait
besoin - s'il s'agissait de pr&#233;server cet &#233; quilibre
particulier qui existait avant le changement apport&#233; par Internet.
Et c'est juste ce qu'on peut s'attendre &#224; ce que les industries du
contenu exigent. C'est aussi am&#233;ricain que la tarte aux pommes de
consid&#233;rer l'existence agr&#233;able dont vous jouissez comme un
droit, et d'attendre de la loi qu'elle prot&#232;ge ce droit si quelque
chose se produit qui l'alt&#232;re. Les propri&#233;taires qui habitent
dans le lit d'un fleuve n'h&#233;sitent pas &#224; en appeler au
gouvernement pour reconstruire (et reconstruire encore) leur maison
lorsque le fleuve (architecture) d&#233;borde sur leur
propri&#233;t&#233; (loi). Les agriculteurs n'h&#233;sitent pas &#224;
en appeler au gouvernement pour les tirer d'affaire lorsqu'un virus
(architecture) d&#233;vaste leurs troupeaux. Les syndicats
n'h&#233;sitent pas &#224; en appeler au gouvernement lorsque les
importations (march&#233;) d&#233;truisent l'industrie
sid&#233;rurgique des U.S.A.
	</text>
</object>
<object id="525">
	<ocn>525</ocn>
	<text class="norm">
		C'est pourquoi il n'y a rien d'anormal ni de surprenant dans la
campagne men&#233;e par l'industrie du contenu pour se prot&#233;ger
des cons&#233;quences n&#233;fastes d'une innovation technologique. Et
je serais la derni&#232;re personne &#224; pr&#233;tendre que la
technologie mouvante d'Internet n'a pas eu un effet profond sur la
fa&#231;on de mener les affaires pour l'industrie du contenu, ou comme
le d&#233;crit John Seely Brown, sur son "architecture de revenus".
	</text>
</object>
<object id="526">
	<ocn>526</ocn>
	<text class="norm">
		Mais ce n'est pas parce qu'un int&#233;r&#234;t particulier demande
l'aide du gouvernement que cette aide doit n&#233;cessairement &#234;
tre accord&#233;e. Et ce n'est pas parce que le changement
technologique a affaibli une mani&#232;re particuli&#232;re de faire
des affaires que le gouvernement doit n&#233;cessairement intervenir
pour sauver cette ancienne mani&#232;re de faire des affaires. Kodak,
par exemple, a perdu de l'ordre de 20% du march&#233; traditionnel de
la pellicule au profit du march&#233; montant des appareils photos
num&#233;riques5. Y-a t'il quelqu'un pour penser que le gouvernement
devrait interdire les appareils num&#233;riques juste pour soutenir
Kodak ? Les autoroutes ont nuit au transport par rail. Y-a-t'il
quelqu'un pour penser qu'il faudrait interdire les semi-remorques
simplement "dans le but" de prot&#233;ger le rail ? En restant plus
pr&#232;s du sujet de ce livre, les t&#233;l&#233;commandes ont nuit
&#224; la publicit&#233; t&#233;l&#233;vis&#233;e (si un clip ennuyeux
passe sur le petit &#233; cran, la t&#233;l&#233;commande rend
tr&#232;s facile de zapper), et il se peut bien que ce changement ait
nuit au march&#233; de la publicit&#233; t&#233;l&#233;vis&#233;e. Mais
est-ce qu'il y a quelqu'un pour penser qu'il faudrait r&#233;glementer
l'usage de la t&#233;l&#233;commande pour soutenir la
t&#233;l&#233;vision commerciale ? (peut-&#234;tre en ne permettant de
zapper qu'une fois par minute, ou de ne passer que sur dix canaux par
heure ?)
	</text>
</object>
<object id="527">
	<ocn>527</ocn>
	<text class="norm">
		La r&#233;ponse &#233; vidente &#224; toutes ces questions, qui ne sont
bien s&#252;r que rh&#233;toriques, est &#233; videmment non. Dans une
soci&#233;t&#233; libre, avec un march&#233; libre, soutenu par des
entreprises libres et un commerce libre, le r&#244;le du gouvernement
n'est pas de soutenir une mani&#232;re de faire des affaires au
d&#233;triment d'une autre. Son r&#244;le n'est pas de choisir un
vainqueur et de le prot&#233;ger de tout &#233; chec. Si le
gouvernement faisait cela de fa&#231;on habituelle, nous n'aurions
jamais aucun progr&#232;s. Comme Bill Gates, le pr&#233;sident de
Microsoft l'a &#233; crit en 1991, dans une note critiquant les brevets
logiciels, "les entreprises &#233; tablies ont int&#233;r&#234;t &#224;
&#233; vincer leurs futurs concurrents"6. Et en ce qui concerne les
start-ups, les entreprises &#233; tablies ont aussi les moyens de faire
cela (songez aux radios RCA et FM). Un monde o&#250; des concurrents
arrivant avec de nouvelles id&#233;es doivent se battre non seulement
contre le march&#233;, mais aussi contre le gouvernement, est un monde
o&#250; les id&#233;es nouvelles n'ont aucune chance de succ&#232;s.
C'est un monde qui va vers la stagnation. C'est l'Union sovi&#233;tique
sous Brejnev.
	</text>
</object>
<object id="528">
	<ocn>528</ocn>
	<text class="norm">
		Donc, tandis qu'il est compr&#233;hensible que les industries
menac&#233;es par les nouvelles technologies qui compromettent leurs
m&#233;thodes commerciales sollicitent la protection du gouvernement,
c'est un devoir particulier des politiques de garantir que cette
protection ne compromet pas le progr&#232;s. C'est le devoir des hommes
politiques, en d'autres termes, de garantir que les mesures qu'ils
prennent en r&#233;ponse aux demandes de ceux qui ont &#233; t&#233;
l&#233;s&#233;s par le changement technologique, sont des mesures qui
pr&#233;servent motivation et opportunit&#233;s d'innovation.
	</text>
</object>
<object id="529">
	<ocn>529</ocn>
	<text class="norm">
		Dans le contexte des lois qui r&#233;glementent l'expression -- ce qui
inclut, &#233; videmment, la loi sur le copyright -- ce devoir est
encore plus imp&#233;rieux. Quand l'industrie, se plaignant des
changements technologiques, exige du Congr&#232;s des mesures qui
p&#232;sent sur l'expression et la cr&#233;ativit&#233;, les
politiciens devraient &#234; tre particuli&#232;rement prudents. C'est
toujours une mauvaise pratique pour le gouvernement de r&#233;glementer
les march&#233;s de l'expression. Les risques encourus &#224; ce jeu
l&#224; sont pr&#233;cis&#233;ment ceux pour lesquels les auteurs de
notre constitution ont institu&#233; le premier amendement : "Le
Congr&#232;s ne doit &#233; dicter aucune loi... restreignant la
libert&#233; d'expression". Ainsi, lorsqu'on demande au Congr&#232;s
d'examiner une loi qui risque de "restreindre" la libert&#233;
d'expression, il devrait examiner - et soigneusement - si une telle
r&#233;glementation est justifi&#233;e.
	</text>
</object>
<object id="530">
	<ocn>530</ocn>
	<text class="norm">
		L'argument que je vais d&#233;velopper maintenant, n'a rien a voir avec
l'hypoth&#232;se selon laquelle les changements r&#233;clam&#233;s par
les d&#233;fenseurs du copyright sont "justifi&#233;s". Cet argument
concerne leurs effets. Mais avant d'en venir &#224; la question de la
justification, une question difficile qui d&#233;pend beaucoup de vos
valeurs personnelles, il faut d'abord se demander si nous &#233;
valuons bien les cons&#233;quences des changements que souhaite
l'industrie du contenu.
	</text>
</object>
<object id="531">
	<ocn>531</ocn>
	<text class="norm">
		Voici une m&#233;taphore qui illustrera l'argumentation qui suit. En
1873, le DDT a &#233; t&#233; synth&#233;tis&#233; pour la
premi&#232;re fois. En 1948, le chimiste suisse Paul Hermann Muller a
re&#231;u le prix Nobel pour son travail d&#233;montrant les
propri&#233;t&#233;s insecticides du DDT. Dans les ann&#233;es 50, cet
insecticide a &#233; t&#233; tr&#232;s largement utilis&#233; pour
combattre les parasites porteurs de maladie, ainsi que pour augmenter
la production agricole.
	</text>
</object>
<object id="532">
	<ocn>532</ocn>
	<text class="norm">
		Personne ne met en doute le fait que supprimer des parasites ou
augmenter la production du b&#233;tail soit une bonne chose. Personne
ne met en doute le fait que le travail de Muller a &#233; t&#233; de
valeur et qu'il a probablement sauv&#233; des vies, peut-&#234;tre
m&#234;me des millions.
	</text>
</object>
<object id="533">
	<ocn>533</ocn>
	<text class="norm">
		Mais en 1962, Rachel Carson a publi&#233; "Printemps silencieux", qui
d&#233;montre que le DDT, quels qu'aient &#233; t&#233; les bienfaits
qu'il a apport&#233;s au d&#233;but, a eu aussi des cons&#233;quences
impr&#233;vues sur l'environnement. Les oiseaux ont perdu leur
capacit&#233; &#224; se reproduire, toute la cha&#238;ne &#233;
cologique a &#233; t&#233; d&#233;truite.
	</text>
</object>
<object id="534">
	<ocn>534</ocn>
	<text class="norm">
		Personne n'a pour but de d&#233;truire l'environnement et Paul Muller
n'a certainement jamais voulu faire de mal aux oiseaux. Mais l'effort
d&#233;ploy&#233; pour r&#233;soudre un ensemble de probl&#232;mes a
produit un autre ensemble de probl&#232;mes, bien plus graves aux yeux
de certains que ceux qu'on avait cherch&#233; &#224; r&#233;soudre en
premier lieu. Ou plus pr&#233;cis&#233;ment, les probl&#232;mes
caus&#233;s par le DDT ont &#233; t&#233; pires que ceux qu'il a
r&#233;solus, du moins si l'on consid&#232;re les autres mani&#232;res,
plus &#233; cologiques, d'atteindre le but qu'il &#233; tait cens&#233;
atteindre.
	</text>
</object>
<object id="535">
	<ocn>535</ocn>
	<text class="norm">
		C'est pr&#233;cis&#233;ment &#224; cette image que James Boyle,
professeur de droit &#224; l'Universit&#233; de Duke, fait appel
lorsqu'il soutient que nous avons besoin d'une "&#233;cologie" de la
culture7. Dans sa perspective, tout comme dans celle que je d&#233;fend
dans ce chapitre, le probl&#232;me n'est pas que le but du copyright
est mauvais, ou que les auteurs ne devraient pas &#234; tre pay&#233;s
pour leur travail, ou que la musique devrait &#234; tre distribu&#233;e
gratuitement. Ce qui compte, c'est que certains des moyens que nous
pourrions employer pour prot&#233;ger les auteurs risquent d'avoir des
cons&#233;quences impr&#233;visibles pour l'environnement culturel,
tout comme le DDT en a eues pour l'environnement naturel. Et, tout
comme les critiques faites au DDT ne constituent pas une apologie de la
malaria ou une attaque contre les agriculteurs, de m&#234;me la
critique d'un ensemble particulier de mesures de protection du
copyright ne constitue pas une apologie de l'anarchie ou une attaque de
leurs auteurs. Nous cherchons seulement un environnement favorable
&#224; la cr&#233;ation, et nous devrions pr&#234;ter attention aux
cons&#233;quences de nos actions sur cet environnement.
	</text>
</object>
<object id="536">
	<ocn>536</ocn>
	<text class="norm">
		Mon argumentation, dans le cadre de ce chapitre, tente de cartographier
ces cons&#233;quences. Il n'y a aucun doute sur le fait qu'Internet a
eu un effet spectaculaire sur la capacit&#233; des d&#233;tenteurs de
copyright &#224; prot&#233;ger leurs contenus. Mais il ne devrait non
plus y avoir que peu de doute sur le fait que si vous additionnez les
changements effectu&#233;s au fil du temps aux lois concernant le
copyright au changement technique qu'Internet subit &#224; l'heure
actuelle, le r&#233;sultat ne se r&#233;duira pas &#224; une protection
efficace des oeuvres sous copyright. Le r&#233;sultat de cette
augmentation massive de protection sera d&#233;vastateur pour
l'environnement de la cr&#233;ativit&#233;.
	</text>
</object>
<object id="537">
	<ocn>537</ocn>
	<text class="norm">
		En une phrase : pour nous d&#233;barrasser d'un moustique, nous
r&#233;pandons du DDT, avec des effets sur la culture libre bien plus
d&#233;vastateurs que ceux qu'aurait caus&#233;s ce moustique.
	</text>
</object>
<object id="538">
	<ocn>538</ocn>
	<text class="h5">
		D&#233;buts
	</text>
</object>
<object id="539">
	<ocn>539</ocn>
	<text class="norm">
		L'Am&#233;rique a copi&#233; les lois anglaises sur le copyright. En
fait, nous les avons copi&#233;es en les am&#233;liorant. Notre
constitution rend le but de la "propri&#233;t&#233; des cr&#233;ations"
tr&#232;s clair ; les limitations explicites de ces lois renforcent
l'intention initiale des anglais d'&#233;viter que les &#233; diteurs
aient un pouvoir excessif.
	</text>
</object>
<object id="540">
	<ocn>540</ocn>
	<text class="norm">
		Le pouvoir d'&#233;tablir les lois concernant la "propri&#233;t&#233;
des cr&#233;ations" est accord&#233; au Congr&#232;s d'une mani&#232;re
qui, pour notre constitution du moins, est tr&#232;s bizarre. L'Article
I, section 8, clause 8 de notre Constitution &#233; tablit que :
	</text>
</object>
<object id="541">
	<ocn>541</ocn>
	<text class="norm">
		Le Congr&#232;s a le pouvoir de promouvoir le progr&#232;s des sciences
et techniques en assurant pour un temps limit&#233; aux auteurs et
inventeurs un droit exclusif sur leurs &#233; crits et d&#233;couvertes
respectifs.
	</text>
</object>
<object id="542">
	<ocn>542</ocn>
	<text class="norm">
		Nous pouvons appeler cela une "clause de progr&#232;s", pour mettre en
lumi&#232;re ce que cette clause ne dit pas. Elle ne dit pas que le
Congr&#232;s a le pouvoir d'accorder des "droits de propri&#233;t&#233;
sur les cr&#233;ations". Elle dit que le Congr&#232;s a le pouvoir de
promouvoir le progr&#232;s. Son objet est d'accorder un pouvoir, et il
s'agit d'un but public, pas le but d'enrichir des &#233; diteurs, ni
m&#234;me initialement de r&#233;mun&#233;rer les auteurs.
	</text>
</object>
<object id="543">
	<ocn>543</ocn>
	<text class="norm">
		La clause de progr&#232;s limite explicitement la dur&#233;e du
copyright. Comme nous l'avons vu au chapitre 6, les anglais ont
limit&#233; la dur&#233;e du copyright pour garantir qu'un petit nombre
ne puisse pas exercer un contr&#244;le disproportionn&#233; sur la
culture en ayant un contr&#244;le exag&#233;r&#233; sur la publication.
Nous pouvons supposer que les auteurs de la Constitution ont imit&#233;
les anglais dans un but similaire. En fait, contrairement aux anglais,
ces auteurs ont renforc&#233; cet objectif en exigeant que le copyright
ne s'applique qu'aux "auteurs".
	</text>
</object>
<object id="544">
	<ocn>544</ocn>
	<text class="norm">
		La conception de cette clause de progr&#232;s refl&#232;te la
conception de la Constitution en g&#233;n&#233;ral. Lorsqu'ils
voulaient &#233; viter un probl&#232;me, ses auteurs ont &#233; tabli
une structure. Pour ne pas concentrer le pouvoir aux mains des &#233;
diteurs, ils ont &#233; tabli une structure qui exclut les &#233;
diteurs du copyright et n'accorde qu'une dur&#233;e br&#232;ve &#224;
celui-ci. Pour ne pas concentrer le pouvoir aux mains d'une &#233;
glise, ils ont interdit au gouvernement de fonder une &#233; glise.
Pour ne pas concentrer le pouvoir aux mains du gouvernement
f&#233;d&#233;ral, ils ont cr&#233;&#233; des structures qui &#233;
tendent le pouvoir des &#233; tats -- ce qui inclut le S&#233;nat dont
les membres &#224; cette &#233; poque &#233; taient d&#233;sign&#233;s
par les &#233; tats, et un coll&#232;ge &#233; lectoral, lui aussi
d&#233;sign&#233; par les &#233; tats, pour choisir le pr&#233;sident.
Dans chaque cas, il y a une structure qui exerce une surveillance et
cr&#233;&#233; un &#233; quilibre dans le cadre constitutionnel,
con&#231;ue pour &#233; viter une concentration de pouvoir qui serait
in&#233;vitable autrement.
	</text>
</object>
<object id="545">
	<ocn>545</ocn>
	<text class="norm">
		Je ne pense pas que les auteurs de notre constitution reconnaitraient
le r&#232;glement que nous appelons "copy-right" (NDT :
"droit-de-copie") aujourd'hui. Le champ d'application de ce
r&#232;glement va bien au del&#224; de tout ce qu'ils ont pu imaginer.
Pour commencer &#224; comprendre ce qu'ils ont fait, il faut replacer
notre "copyright" dans son contexte : il faut voir en quoi il a
chang&#233; pendant les 210 ann&#233;es &#233; coul&#233;es depuis sa
conception.
	</text>
</object>
<object id="546">
	<ocn>546</ocn>
	<text class="norm">
		Certains de ces changements proviennent de la loi : certains pour tenir
compte de changements technologiques et certains pour tenir compte de
changements technologiques dans le contexte d'une concentration
particuli&#232;re de pouvoir au niveau du march&#233;. Dans le langage
de notre mod&#232;le, nous sommes partis d'ici :
	</text>
</object>
<object id="547">
	<ocn>547</ocn>
	<text class="norm">
		<image xmlns:xlink="http://www.w3.org/1999/xlink" xlink:type="simple"
xlink:actuate="onLoad" xlink:show="embed"
xlink:href="../_sisu/image/freeculture01.png" width="350" height="350"
/>[freeculture01.png]
	</text>
</object>
<object id="548">
	<ocn>548</ocn>
	<text class="norm">
		Nous finirons l&#224; :
	</text>
</object>
<object id="549">
	<ocn>549</ocn>
	<text class="norm">
		<image xmlns:xlink="http://www.w3.org/1999/xlink" xlink:type="simple"
xlink:actuate="onLoad" xlink:show="embed"
xlink:href="../_sisu/image/freeculture04.png" width="310" height="350"
/>[freeculture04.png]
	</text>
</object>
<object id="550">
	<ocn>550</ocn>
	<text class="norm">
		Je vais maintenant m'expliquer.
	</text>
</object>
<object id="551">
	<ocn>551</ocn>
	<text class="h5">
		Loi: dur&#233;e
	</text>
</object>
<object id="552">
	<ocn>552</ocn>
	<text class="norm">
		Lorsque le premier Congr&#232;s a &#233; dict&#233; des lois pour
prot&#233;ger la propri&#233;t&#233; des cr&#233;ations, il s'est
trouv&#233; en face de la m&#234;me incertitude concernant le statut de
cette propri&#233;t&#233; auquel les anglais avaient &#233; t&#233;
confront&#233;s en 1774. Beaucoup d'&#233;tats avaient fait passer des
lois prot&#233;geant la propri&#233;t&#233; des cr&#233;ations, et
certains pensent que ces lois ne faisaient que compl&#233;ter les lois
ordinaires prot&#233;geant d&#233;j&#224; la cr&#233;ation8. Ce qui
signifie qu'il n'y avait pas de domaine public garanti aux &#201; tats
Unis en 1790. Si les copyrights &#233; taient prot&#233;g&#233;s par la
loi commune, alors il n'y avait aucun moyen simple de savoir si une
oeuvre publi&#233;e aux &#201; tats Unis &#233; tait libre ou sous
protection. Tout comme en Angleterre, cette incertitude durable
emp&#234;chait les &#233; diteurs de se reposer sur un domaine public
pour la republication et la diffusion des oeuvres.
	</text>
</object>
<object id="553">
	<ocn>553</ocn>
	<text class="norm">
		Cette incertitude a pris fin lorsque le Congr&#232;s a vot&#233; une
l&#233;gislation accordant des copyrights. Comme la loi
f&#233;d&#233;rale a pr&#233;c&#233;dence sur toute loi contraire d'un
&#233; tat, les protections f&#233;d&#233;rales des oeuvres sous
copyright annulent toute protection due &#224; la loi d'un &#233; tat.
Tout comme en Angleterre le "statut d'Anne" garantit que les copyrights
de toutes les oeuvres anglaises finissent par expirer, une loi
f&#233;d&#233;rale stipulait que tout copyright accord&#233; par un
&#233; tat devait expirer &#233; galement.
	</text>
</object>
<object id="554">
	<ocn>554</ocn>
	<text class="norm">
		En 1790, le Congr&#232;s a &#233; dict&#233; la premi&#232;re loi sur
le copyright. Il a institu&#233; un copyright f&#233;d&#233;ral et
garanti ce copyright pour quatorze ans. Si l'auteur &#233; tait encore
en vie &#224; l'issue de ces quatorze ann&#233;es, alors il pouvait
choisir de renouveler ce copyright pour quatorze autres ann&#233;es.
S'il ne le renouvelait pas, son oeuvre passait dans le domaine public.
	</text>
</object>
<object id="555">
	<ocn>555</ocn>
	<text class="norm">
		Alors que de nombreuses oeuvres ont &#233; t&#233; cr&#233;&#233;es aux
&#201; tats Unis pendant les dix premi&#232;res ann&#233;es de la
r&#233;publique, seulement 5 pour cent de ces oeuvres &#233; taient en
fait enregistr&#233;es sous le r&#233;gime du copyright
f&#233;d&#233;ral. De toutes les oeuvres cr&#233;&#233;es aux &#201;
tats Unis avant 1790 et de 1790 &#224; 1800, 95 pour cent sont
pass&#233;es imm&#233;diatement dans le domaine public ; le domaine
public a eu un poids pr&#233;pond&#233;rant pendant vingt huit ans au
moins, et probablement pendant quarante ans9.
	</text>
</object>
<object id="556">
	<ocn>556</ocn>
	<text class="norm">
		Ce syst&#232;me de renouvellement constituait une pi&#232;ce critique
du syst&#232;me am&#233;ricain de copyright. Il garantissait que la
dur&#233;e maximum du copyright serait accord&#233;e uniquement lorsque
c'&#233;tait souhaitable. &#192; l'issue de la p&#233;riode initiale de
quatorze ans, si l'auteur ne prenait pas la peine de renouveler le
copyright, alors ce n'&#233;tait pas la peine que la soci&#233;t&#233;
maintienne le copyright non plus.
	</text>
</object>
<object id="557">
	<ocn>557</ocn>
	<text class="norm">
		Quatorze ans ne semblent peut-&#234;tre pas une longue p&#233;riode de
temps pour nous, mais pour la grande majorit&#233; des d&#233;tenteurs
de copyright &#224; cette &#233; poque, c'&#233;tait bien assez long :
seule une petite minorit&#233; d'entre eux renouvelait leur copyright ;
la mesure permettait que leur travail passe dans le domaine public10.
	</text>
</object>
<object id="558">
	<ocn>558</ocn>
	<text class="norm">
		Encore aujourd'hui, cette structure serait pertinente. La plupart des
cr&#233;ations n'a qu'une vie commerciale de quelques ann&#233;es. La
plupart des livres sont &#233; puis&#233;s en moins d'un an11. Lorsque
cela se produit, la vente des livres d'occasion n'est plus soumise aux
r&#232;gles du copyright. Ainsi les livres ne sont plus en fait sous le
contr&#244;le du copyright. Le seul usage commercial de ces livres est
la vente de livres d'occasion ; cet usage -- qui n'implique pas de
publication -- est libre en effet.
	</text>
</object>
<object id="559">
	<ocn>559</ocn>
	<text class="norm">
		Au cours des cent premi&#232;res ann&#233;es de la R&#233;publique, la
dur&#233;e du copyright a chang&#233; une fois. En 1831, cette
dur&#233;e est pass&#233;e d'un maximum de 28 ans &#224; un maximum de
42 ans en augmentant la dur&#233;e initiale du copyright de 14 &#224;
28 ans. Dans les cinquante ans qui ont suivi, cette dur&#233;e a
augment&#233; une nouvelle fois. En 1909, le Congr&#232;s a &#233;
tendu la dur&#233;e de la p&#233;riode de renouvellement de 14 &#224;
28 ans, portant la dur&#233;e maximum &#224; 56 ans.
	</text>
</object>
<object id="560">
	<ocn>560</ocn>
	<text class="norm">
		Puis, au d&#233;but de 1962, le Congr&#232;s a adopt&#233; une pratique
qui a servi depuis &#224; d&#233;finir la loi sur le copyright. Onze
fois durant les quarante derni&#232;res ann&#233;es, le Congr&#232;s a
augment&#233; la dur&#233;e de copyrights existants ; deux fois durant
cette p&#233;riode, il a allong&#233; la dur&#233;e de futurs
copyrights. Au d&#233;but, ces allongements &#233; taient courts, de
l'ordre de un &#224; deux ans. En 1976, le congr&#232;s a allong&#233;
tous les copyrights existants de dix neuf ans. Et en 1998, avec le
"Sonny Bono Copyright Term Extension Act", il a allong&#233; la
dur&#233;e des copyrights existants et futurs de vingt ans.
	</text>
</object>
<object id="561">
	<ocn>561</ocn>
	<text class="norm">
		L'effet de ces allongements est simplement de p&#233;naliser, ou de
retarder, le passage des oeuvres dans le domaine public. Ce dernier
allongement signifie que le domaine public a &#233; t&#233;
p&#233;nalis&#233; de trente neuf ans &#224; partir de cinquante cinq
ans, ce qui fait une augmentation de 70 pour cent depuis 1962. Donc,
pendant les vingt ans qui s'&#233;couleront apr&#232;s l'&#233;diction
du "Sonny Bono Act", tandis qu'un million de brevets tomberont dans le
domaine public, aucun copyright n'arrivera &#224; l'expiration de sa
dur&#233;e l&#233;gale.
	</text>
</object>
<object id="562">
	<ocn>562</ocn>
	<text class="norm">
		L'effet de ces allongements a encore &#233; t&#233; exag&#233;r&#233;
par un autre changement, peu remarqu&#233; de la loi sur le copyright.
Souvenez-vous, j'ai dit que les initiateurs de la loi avaient
pr&#233;vu un r&#233;gime en deux temps, obligeant un d&#233;tenteur de
copyright &#224; le renouveler &#224; l'issue de sa dur&#233;e
initiale. Cette exigence de renouvellement permettait que les oeuvres
pour lesquelles la protection du copyright n'&#233;tait plus
n&#233;cessaire passent plus vite dans le domaine public. Les oeuvres
restant prot&#233;g&#233;es &#233; tant celles qui continuaient d'avoir
une valeur commerciale.
	</text>
</object>
<object id="563">
	<ocn>563</ocn>
	<text class="norm">
		Les &#201; tats Unis ont abandonn&#233; ce syst&#232;me raisonnable en
1976. Pour les oeuvres cr&#233;&#233;es apr&#232;s 1978, il n'a plus
exist&#233; qu'une seule dur&#233;e du copyright -- la dur&#233;e
maximale. Pour des auteurs personnes physiques, cette dur&#233;e &#233;
tait de cinquante ans apr&#232;s leur mort. Pour les entreprises, cette
dur&#233;e &#233; tait de soixante quinze ans. Puis, en 1992, le
Congr&#232;s a abandonn&#233; l'exigence de renouvellement pour toutes
les oeuvres cr&#233;&#233;es avant 1978. A toutes les oeuvres encore
sous copyright &#233; tait accord&#233; la dur&#233;e maximale
possible. Apr&#232;s le Sonny Bono Act, cette dur&#233;e &#233; tait de
quatre vingt quinze ans.
	</text>
</object>
<object id="564">
	<ocn>564</ocn>
	<text class="norm">
		Ce changement faisait que la loi am&#233;ricaine n'avait plus aucun
moyen de garantir automatiquement que les oeuvres n'&#233;tant plus
exploit&#233;es tombent dans le domaine public. Le domaine public est
devenu orphelin apr&#232;s ces changements de l&#233;gislation.
Malgr&#233; l'exigence d'avoir une dur&#233;e limit&#233;e, nous
n'avons aucune preuve que quelque chose la limitera.
	</text>
</object>
<object id="565">
	<ocn>565</ocn>
	<text class="norm">
		L'effet de ces changements sur la dur&#233;e moyenne du copyright est
consid&#233;rable. En 1973, plus de 85 pour cent des d&#233;tenteurs de
copyright n&#233;gligeaient de le renouveler, ce qui fait que la
dur&#233;e moyenne du copyright en 1973 n'&#233;tait que 32,2 ans. Par
suite de la suppression de l'exigence de renouvellement, la dur&#233;e
moyenne du copyright est la dur&#233;e maximale. En trente ans, la
dur&#233;e moyenne a tripl&#233;, passant de 32,2 ans &#224; 95 ans12.
	</text>
</object>
<object id="566">
	<ocn>566</ocn>
	<text class="h5">
		Loi: &#233; tendue
	</text>
</object>
<object id="567">
	<ocn>567</ocn>
	<text class="norm">
		L'"&#233;tendue" d'un copyright est l'&#233;ventail des droits
accord&#233;s par la loi. L'&#233;tendue du copyright am&#233;ricain a
chang&#233; de fa&#231;on spectaculaire. Ces changements ne sont pas
forc&#233;ment mauvais, mais il faut en comprendre l'importance si nous
voulons garder cette discussion dans son contexte.
	</text>
</object>
<object id="568">
	<ocn>568</ocn>
	<text class="norm">
		En 1970, cette &#233; tendue &#233; tait tr&#232;s restreinte. Le
copyright couvrait uniquement "les cartes, les graphiques et les
livres". Cela ne concernait donc pas, par exemple, la musique ou
l'architecture. Plus pr&#233;cis&#233;ment, le copyright donnait &#224;
l'auteur le droit exclusif de "publier" l'oeuvre sous copyright. Ce qui
veut dire que quelqu'un ne violait le copyright que s'il
r&#233;&#233;ditait l'oeuvre sans la permission du d&#233;tenteur du
copyright. Enfin, le droit accord&#233; par le copyright &#233; tait un
droit exclusif sur un livre bien pr&#233;cis. Ce droit ne
s'&#233;tendait pas &#224; ce que les juristes appellent "les travaux
d&#233;riv&#233;s". Par cons&#233;quent, il n'interf&#233;rait pas avec
le droit de n'importe qui en dehors de l'auteur de traduire un livre
sous copyright, ou d'adapter l'histoire &#224; un autre mode de
pr&#233;sentation (comme une pi&#232;ce de th&#233;&#226;tre bas&#233;e
sur un livre publi&#233;).
	</text>
</object>
<object id="569">
	<ocn>569</ocn>
	<text class="norm">
		Cela aussi a chang&#233; consid&#233;rablement. Tandis qu'il est
tr&#232;s difficile de le d&#233;crire en des termes simples et
g&#233;n&#233;raux, ce droit couvre pratiquement toute oeuvre qui prend
une forme tangible. Il couvre aussi bien la musique que l'architecture,
le th&#233;&#226;tre que les programmes d'ordinateur. Il donne au
d&#233;tenteur du copyright non seulement le droit exclusif de
"publier" l'oeuvre, mais aussi celui contr&#244;ler toute "copie" de
cette oeuvre. Le plus important en ce qui concerne notre propos actuel
est que le droit donne au d&#233;tenteur du copyright tout
contr&#244;le non seulement sur son oeuvre proprement dite, mais aussi
sur toute "oeuvre d&#233;riv&#233;e". De cette fa&#231;on, le droit
prot&#232;ge plus de cr&#233;ations, les prot&#232;gent de fa&#231;on
plus compl&#232;te et prot&#232;gent les oeuvres bas&#233;es de
fa&#231;on significative sur la cr&#233;ation initiale.
	</text>
</object>
<object id="570">
	<ocn>570</ocn>
	<text class="norm">
		En m&#234;me temps que le champ du copyright s'est &#233; tendu, les
limitations restreignant les proc&#233;dures se sont assouplies. Je
viens de d&#233;crire la suppression compl&#232;te de l'exigence de
renouvellement en 1992. En plus de cette exigence de renouvellement,
pendant la plus grande partie de l'histoire de la loi am&#233;ricaine
sur le copyright, il y a eu l'exigence que l'oeuvre soit
enregistr&#233;e avant de jouir de la protection. Il y a eu &#233;
galement l'exigence que toute oeuvre sous copyright soit marqu&#233;e
du fameux (C) ou du mot "copyright". Et pendant tout ce temps, on a
exig&#233; que les oeuvres soient plac&#233;es en d&#233;p&#244;t
aupr&#232;s du gouvernement avant que le copyright puisse &#234; tre
garanti.
	</text>
</object>
<object id="571">
	<ocn>571</ocn>
	<text class="norm">
		La raison pour cette obligation d'enregistrement &#233; tait la
compr&#233;hension sensible que pour la plupart des oeuvres, aucun
copyright n'&#233;tait requis. Une fois encore, pendant les dix
premi&#232;res ann&#233;es de la R&#233;publique, 95 pour cent des
oeuvres &#233; ligibles au copyright ne furent jamais mises sous
copyright. Ainsi, la r&#232;gle fut le reflet de la norme: la plupart
des oeuvres n'avaient apparemment pas besoin de copyright, donc
l'enregistrement limitait la r&#233;gulation de la loi aux quelques qui
le faisaient. Le m&#234;me raisonnement justifiait l'exigence qu'une
oeuvre devait &#234; tre marqu&#233;e comme &#233; tant sous copyright
-- il &#233; tait ainsi facile de savoir si un copyright &#233; tait
revendiqu&#233;. L'exigence que les oeuvres soient d&#233;pos&#233;es
&#233; tait d'assurer qu'une fois le copyright expir&#233;, il y aurait
une copie de l'oeuvre quelque part afin qu'elle puisse &#234; tre
copi&#233;e par d'autres sans avoir &#224; localiser l'auteur original.
	</text>
</object>
<object id="572">
	<ocn>572</ocn>
	<text class="norm">
		Toutes ces "formalit&#233;s" furent abolies dans le syst&#232;me
am&#233;ricain quand nous avons d&#233;cid&#233; de suivre la loi de
copyright europ&#233;enne. Il n'y a pas d'obligation que vous
enregistriez une oeuvre pour obtenir un copyright; le copyright est
maintenant automatique; le copyright existe que vous marquiez ou non
votre oeuvre avec un (C); et le copyright existe que vous rendiez
disponible ou non une copie &#224; d'autres pour qu'ils la
reproduisent.
	</text>
</object>
<object id="573">
	<ocn>573</ocn>
	<text class="norm">
		Consid&#233;rez un exemple pratique pour comprendre la port&#233;e de
ces diff&#233;rences.
	</text>
</object>
<object id="574">
	<ocn>574</ocn>
	<text class="norm">
		Si, en 1970, vous aviez &#233; crit un livre et que vous &#233; tiez un
des 5 pour cent qui ont r&#233;ellement plac&#233; ce livre sous
copyright, alors la loi du copyright vous prot&#233;geait contre
d'autres &#233; diteurs voulant prendre votre livre et le
r&#233;&#233;diter sans votre permission. Le but de cet acte &#233;
tait de r&#233;guler les &#233; diteurs afin d'emp&#234;cher ce type de
comp&#233;tition injuste. En 1790, il y avait 174 &#233; diteurs aux
&#201; tats-Unis13. La loi sur le copyright &#233; tait donc une
r&#233;glementation minuscule d'une proportion minuscule d'une part
minuscule du march&#233; cr&#233;atif des &#201; tats-Unis -- les
&#233; diteurs.
	</text>
</object>
<object id="575">
	<ocn>575</ocn>
	<text class="norm">
		La loi laissait les autres cr&#233;ateurs totalement
d&#233;r&#233;glement&#233;s. Si je copiais votre po&#232;me &#224; la
main, encore et encore, afin de l'apprendre par coeur, mon acte serait
totalement non r&#233;gul&#233; par la loi de 1970. Si je prenais votre
nouvelle et en faisait une pi&#232;ce de th&#233;atre, ou si je la
traduisait ou l'abr&#233;geait, aucune de ces activit&#233;s ne serait
r&#233;gul&#233;e par la loi sur le copyright. Ces activit&#233;s
cr&#233;atives resteraient libres, tandis que les activit&#233;s des
&#233; diteurs seraient restreintes.
	</text>
</object>
<object id="576">
	<ocn>576</ocn>
	<text class="norm">
		Aujourd'hui, l'histoire est tr&#232;s diff&#233;rente: si vous &#233;
crivez un livre, votre livre est automatiquement prot&#233;g&#233;. En
effet, pas seulement votre livre. Chaque courriel, chaque note de votre
conjoint, chaque griffonnage, chaque acte cr&#233;atif qui est
r&#233;duit &#224; une forme tangible -- tout ceci est automatiquement
plac&#233; sous copyright. Il n'y a pas besoin d'enregistrer ou de
marquer votre travail. La protection est une cons&#233;quence de la
cr&#233;ation, et non pas des &#233; tapes que vous effectuez pour la
prot&#233;ger.
	</text>
</object>
<object id="577">
	<ocn>577</ocn>
	<text class="norm">
		Cette protection vous donne le droit (sujet &#224; une port&#233;e
limit&#233;e d'exceptions de type usage loyal) de contr&#244;ler
comment les autres copient votre oeuvre, qu'ils la copient pour la
r&#233;&#233;diter ou pour en partager un extrait.
	</text>
</object>
<object id="578">
	<ocn>578</ocn>
	<text class="norm">
		Tout ceci est la partie &#233; vidente. N'importe quel syst&#232;me de
droit d'auteur contr&#244;lerait la publication concurrente. Mais il y
a une seconde partie dans le copyright d'aujourd'hui qui n'est pas du
tout &#233; vidente. C'est la protection des "droits
d&#233;riv&#233;s". Si vous &#233; crivez un livre, personne ne peut en
faire un film sans permission. Personne ne peut le traduire sans
permission. CliffsNotes (NdT: une s&#233;rie de livres scolaires
analysant des oeuvres litt&#233;raires) ne pourrait pas en faire un
r&#233;sum&#233; &#224; moins que la permission en soit accord&#233;e.
Le copyright, en d'autres termes, est maintenant non seulement un droit
exclusif sur vos &#233; crits, mais un droit exclusif sur vos &#233;
crits et une grande proportion des &#233; crits inspir&#233;s par eux.
	</text>
</object>
<object id="579">
	<ocn>579</ocn>
	<text class="norm">
		C'est ce droit d&#233;rivatif qui semblerait le plus bizarre &#224; nos
l&#233;gislateurs, bien qu'il soit devenu comme une seconde nature pour
nous. &#192; l'origine, cette expansion a &#233; t&#233;
cr&#233;&#233;e pour avoir affaire aux contournements &#233; vidents
d'un copyright plus &#233; troit. Si j'&#233;cris un livre, pouvez-vous
changer un mot et revendiquer un copyright sur un livre nouveau et
diff&#233;rent? &#201; videmment cela serait une blague pour le
copyright, et donc la loi a &#233; t&#233; correctement &#233; tendue
pour inclure ces l&#233;g&#232;res modifications au m&#234;me titre que
les oeuvres originales mot pour mot.
	</text>
</object>
<object id="580">
	<ocn>580</ocn>
	<text class="norm">
		En emp&#234;chant cette blague, la loi a cr&#233;&#233; un pouvoir
&#233; tonnant &#224; l'int&#233;rieur d'une culture libre -- tout du
moins, c'est &#233; tonnnant quand vous comprenez que la loi s'applique
pas uniquement &#224; l'&#233;diteur commercial mais aussi &#224;
n'importe qui poss&#233;dant un ordinateur. Je comprends le tort qu'il
y a dans la duplication et la revente de l'oeuvre de quelqu'un d'autre.
Certains voient la transformation comme n'&#233;tant pas mauvaise du
tout -- ils croient que notre loi, tels que les l&#233;gislateurs l'ont
&#233; crite, ne devrait pas du tout prot&#233;ger les droits
d&#233;rivatifs14. Que vous alliez ou non aussi loin, il semble simple
que quel que soit le tort caus&#233;, il est fondamentalement
diff&#233;rent du tort de la piraterie directe.
	</text>
</object>
<object id="581">
	<ocn>581</ocn>
	<text class="norm">
		Et pourtant la loi du copyright traite ces deux torts diff&#233;rents
de la m&#234;me mani&#232;re. Je peux aller devant les tribunaux et
obtenir une injonction contre votre piratage de mon livre. Je peux
aller devant les tribunaux et obtenir une injonction contre votre usage
transformatif de mon livre15. Ces deux diff&#233;rents usages de mon
oeuvre cr&#233;ative sont trait&#233;es de la m&#234;me mani&#232;re.
	</text>
</object>
<object id="582">
	<ocn>582</ocn>
	<text class="norm">
		Ceci encore peut vous sembler juste. Si j'ai &#233; crit un livre,
alors pourquoi auriez-vous le droit d'&#233;crire un film qui reprend
mon histoire et gagne de l'argent dessus sans me payer ou me donner
cr&#233;dit? Ou si Disney cr&#233;e une cr&#233;ature appel&#233;e
"Mickey Mouse", pourquoi auriez-vous le droit de fabriquer des jouets
Mickey Mouse et d'&#234;tre la personne qui fait commerce sur la valeur
que Disney a originellement cr&#233;&#233;e ?
	</text>
</object>
<object id="583">
	<ocn>583</ocn>
	<text class="norm">
		Ce sont de bons arguments, et, en g&#233;n&#233;ral, mon id&#233;e
n'est pas que les droits d&#233;rivatifs soient injustifi&#233;s. Mon
but est en ce moment bien plus &#233; troit : il est de simplement
clarifier que cette expansion est un changement important des droits
originellement accord&#233;s.
	</text>
</object>
<object id="584">
	<ocn>584</ocn>
	<text class="h5">
		Loi et Architecture: Atteinte
	</text>
</object>
<object id="585">
	<ocn>585</ocn>
	<text class="norm">
		Alors qu'&#224; l'origine la loi r&#233;gulait seulement les &#233;
diteurs, le changement dans l'&#233;tendue du copyright signifie que la
loi r&#233;gule aujourd'hui les &#233; diteurs, les utilisateurs et les
auteurs. Elle les r&#233;gule car tous trois sont capables de faire des
copies, et le coeur de la r&#233;gulation de la loi du coyright est la
copie16.
	</text>
</object>
<object id="586">
	<ocn>586</ocn>
	<text class="norm">
		"Copie". Cela sonne certainement comme l'&#233;vidence m&#234;me que
c'est ce que la loi du copyright doit r&#233;guler. Mais comme avec
l'argument de Jack Valenti au d&#233;but de ce chapitre, que la
"propri&#233;t&#233; cr&#233;ative" m&#233;rite les "m&#234;mes droits"
que toutes les autres propri&#233;t&#233;s, c'est le mot &#233; vident
auquel nous devons faire le plus attention. Car tandis qu'il peut
&#234; tre &#233; vident que dans le monde avant Internet, les copies
&#233; taient le d&#233;clencheur &#233; vident de la loi du copyright,
&#224; la r&#233;flexion, il devrait &#234; tre &#233; vident que dans
le monde avec Internet, les copies ne devraient pas &#234; tre le
d&#233;clencheur de la loi du copyright. Plus pr&#233;cis&#233;ment,
elles ne devraient pas toujours l'&#234;tre.
	</text>
</object>
<object id="587">
	<ocn>587</ocn>
	<text class="norm">
		C'est peut-&#234;tre la revendication centrale de ce livre, donc
laissez-moi m'y prendre tr&#232;s lentement afin que l'id&#233;e ne
soit pas facilement manqu&#233;e. Mon argument est qu'Internet devrait
au moins nous forcer &#224; repenser les conditions sous lesquelles la
loi du copyright s'applique automatiquement17, car il est clair que
l'&#233;tendue actuelle du copyright n'a jamais &#233; t&#233;
envisag&#233;e, et encore moins choisie, par les l&#233;gislateurs qui
ont ordonn&#233; la loi du copyright.
	</text>
</object>
<object id="588">
	<ocn>588</ocn>
	<text class="norm">
		Nous pouvons voir cette id&#233;e de mani&#232;re abstraite en
commen&#231;ant par ce cercle en grande partie vide.
	</text>
</object>
<object id="589">
	<ocn>589</ocn>
	<text class="norm">
		<image xmlns:xlink="http://www.w3.org/1999/xlink" xlink:type="simple"
xlink:actuate="onLoad" xlink:show="embed"
xlink:href="../_sisu/image/freeculture05.png" width="350" height="350"
/>[freeculture05.png] "uses"
	</text>
</object>
<object id="590">
	<ocn>590</ocn>
	<text class="norm">
		Pensez &#224; un livre dans l'espace r&#233;el, et imaginez ce cercle
comme repr&#233;sentant toutes ses utilisations potentielles. La
plupart d'entre elles sont non r&#233;gul&#233;es par la loi du
copyright, car elles ne cr&#233;ent pas de copie. Si vous lisez un
livre, cet acte n'est pas r&#233;gul&#233; par la loi du copyright. Si
vous donnez le livre &#224; quelqu'un, cette acte n'est pas
r&#233;gul&#233; par la loi du copyright. Si vous revendez un livre,
cet acte n'est pas r&#233;gul&#233; (la loi du copyright stipule
express&#233;ment qu'apr&#232;s la premi&#232;re vente d'un livre, le
d&#233;tenteur du copyright ne peut pas imposer davantage de conditions
sur la mise &#224; disposition de ce livre). Si vous dormez sur le
livre ou l'utilisez pour sur&#233;lever une lampe ou laissez votre
chiot le mordiller, ces actes ne sont pas r&#233;gul&#233;s par la loi
du copyright, car ces actes ne cr&#233;ent pas de copie.
	</text>
</object>
<object id="591">
	<ocn>591</ocn>
	<text class="norm">
		<image xmlns:xlink="http://www.w3.org/1999/xlink" xlink:type="simple"
xlink:actuate="onLoad" xlink:show="embed"
xlink:href="../_sisu/image/freeculture06.png" width="350" height="350"
/>[freeculture06.png] "unregulated"
	</text>
</object>
<object id="592">
	<ocn>592</ocn>
	<text class="norm">
		&#201; videmment, toutefois, certaines utilisations d'un livre sous
copyright sont r&#233;gul&#233;es par la loi du copyright.
R&#233;&#233;diter ce livre, par exemple, cr&#233;e une copie. Cela est
donc r&#233;gul&#233; par la loi du copyright. En effet, cet usage
particulier se tient au coeur du cercle des usages possibles d'une
oeuvre sous copyright. C'est l'utilsiation paradigmatique correctement
r&#233;gul&#233;e par la r&#233;gulation du copyright (voir le premier
diagramme &#224; la page suivante).
	</text>
</object>
<object id="593">
	<ocn>593</ocn>
	<text class="norm">
		Enfin, il existe une minuscule bande d'usages autrement
r&#233;gul&#233;s qui restent non r&#233;gul&#233;s car la loi les
consid&#232;re comme de l'"usage loyal"
	</text>
</object>
<object id="594">
	<ocn>594</ocn>
	<text class="norm">
		<image xmlns:xlink="http://www.w3.org/1999/xlink" xlink:type="simple"
xlink:actuate="onLoad" xlink:show="embed"
xlink:href="../_sisu/image/freeculture07.png" width="350" height="350"
/>[freeculture07.png]
	</text>
</object>
<object id="595">
	<ocn>595</ocn>
	<text class="norm">
		Ce sont des utilisations qui elles-m&#234;me impliquent la copie, mais
que la loi traite comme non r&#233;gul&#233;es parce que la politique
publique exige qu'elles restent non r&#233;gul&#233;es. Vous &#234; tes
libre de tirer des citations de ce livre, m&#234;me pour une chronique
plut&#244;t n&#233;gative, sans ma permission, malgr&#233; que citer
cr&#233;e une copie. Cette copie donnerait normalement au
d&#233;tenteur du copyright les droits exclusifs de dire si la copie
est permise ou pas, mais la loi refuse au d&#233;tenteur tout doit
exclusif sur de tels "usages loyaux" en raison de la politique publique
(et probablement du Premier Amendement).
	</text>
</object>
<object id="596">
	<ocn>596</ocn>
	<text class="norm">
		<image xmlns:xlink="http://www.w3.org/1999/xlink" xlink:type="simple"
xlink:actuate="onLoad" xlink:show="embed"
xlink:href="../_sisu/image/freeculture08.png" width="450" height="350"
/>[freeculture08.png]
	</text>
</object>
<object id="597">
	<ocn>597</ocn>
	<text class="norm">
		<image xmlns:xlink="http://www.w3.org/1999/xlink" xlink:type="simple"
xlink:actuate="onLoad" xlink:show="embed"
xlink:href="../_sisu/image/freeculture09.png" width="350" height="350"
/>[freeculture09.png]
	</text>
</object>
<object id="598">
	<ocn>598</ocn>
	<text class="norm">
		Dans l'espace r&#233;el, donc, les utilisations possibles d'un livre
sont divis&#233;es en trois sortes: (1) utilisations non
r&#233;gul&#233;es, (2) utilisations r&#233;gul&#233;es et (3)
utilisations r&#233;gul&#233;es qui sont n&#233;anmois
consid&#233;r&#233;es comme "justes" sans se soucier de l'opinion du
d&#233;tenteur du copyright.
	</text>
</object>
<object id="599">
	<ocn>599</ocn>
	<text class="norm">
		Arrive Internet -- un r&#233;seau distribu&#233; et num&#233;rique
o&#250; chaque utilisation d'une oeuvre sous copyright produit une
copie18. Et &#224; cause de cette seule et arbitraire
caract&#233;ristique de la conception d'un r&#233;seau num&#233;rique,
l'&#233;tendue de la cat&#233;gorie 1 change nettement. Des usages qui
&#233; taient auparavant pr&#233;sum&#233;s non r&#233;gul&#233;s sont
maintenant pr&#233;sum&#233;s r&#233;gul&#233;s. Il n'y a plus un
ensemble d'usages pr&#233;sum&#233;s non r&#233;gul&#233;s qui
d&#233;finissent uen libert&#233; associ&#233;e &#224; une oeuvre sous
copyright. Au lieu de cela, chaque usage est maintenant soumis au
copyright, parce que chaque usage cr&#233;e &#233; galement une copie
-- la cat&#233;gorie 1 se fait avaler par la cat&#233;gorie 2. Et ceux
qui d&#233;fendianet les utilisations non r&#233;gul&#233;es d'oeuvres
sous copyright doivent regarder exclusivement la cat&#233;gorie 3, les
usages loyaux, pour supporter le fardeau de ce changement.
	</text>
</object>
<object id="600">
	<ocn>600</ocn>
	<text class="norm">
		Soyons donc tr&#232;s sp&#233;cifiques pour clarifier cette id&#233;e
g&#233;n&#233;rale. Avant Internet, si vous achetiez un livre et le
lisiez dix fois, il n'y avait pas d'argument plausible li&#233; au
copyright selon lequel le d&#233;tenteur du copyright pouvait effectuer
le contr&#244;le de l'utilisation de son livre. La loi du copyright
n'aurait rien eu &#224; dire &#224; propos de si vous lisiez le livre
une fois, dix fois ou chaque soir avant de vous coucher. Aucune de ces
instances d'utilisation -- la lecture -- ne pouvait &#234; tre
r&#233;gul&#233;e par la loi du copyright car aucune de ces
utilisations ne produisait de copie.
	</text>
</object>
<object id="601">
	<ocn>601</ocn>
	<text class="norm">
		Mais ce m&#234;me livre en tant que livre &#233; lectronique est
efficacement r&#233;glemet&#233; par un ensemble diff&#233;rent de
r&#232;gles. Maintenant si le d&#233;tenteur du copyright dit que vous
pouvez lire le livre seulement une fois ou seulement une fois par mois,
alors la loi du copyright' aiderait le d&#233;tenteur du copyright
&#224; exercer ce degr&#233; de contr&#244;le, &#224; cause de la
caract&#233;ristique accidentelle de la loi du copyright qui
d&#233;clenche son application selon qu'il y ait une copie. Maintenant
si vous lisez le livre dix fois et que la licence dit que vous ne
pouvez le lire que cinq fois, alors &#224; chaque fois que vous lisez
le livre (ou n'importe quelle partie de lui) au-del&#224; de la
cinqui&#232;me fois, vous faites uen copie du livre contrairement
&#224; la volont&#233; du d&#233;tenteur du copyright.
	</text>
</object>
<object id="602">
	<ocn>602</ocn>
	<text class="norm">
		Il y a certaines personnes qui pensent que c'est parfaitement
sens&#233;. Mon but en ce moment n'est pas de discuter si cela est
sens&#233; ou pas. Mon but est seulement de clarifier le changement.
Une fois que vous voyez cette id&#233;e, quelques autres id&#233;es
deviennent &#233; galement claires:
	</text>
</object>
<object id="603">
	<ocn>603</ocn>
	<text class="norm">
		Tout d'abord, faire disparaitre la cat&#233;gorie 1 n'a jamais &#233;
t&#233; voulu par quelconque d&#233;cideur. Le congr&#232;s n'a pas
pens&#233; &#224; travers l'&#233;croulement des utilisations
pr&#233;sum&#233;es non r&#233;gul&#233;es des oeuvres sous copyright.
Il n'y a aucune preuve que les d&#233;cideurs avaient cette id&#233;e
en t&#234;te quand ils ont permis &#224; notre politique, dont il est
ici question, de changer. Les utilisations non r&#233;gul&#233;es
&#233; taient une partie importante de la culture libre avant Internet.
	</text>
</object>
<object id="604">
	<ocn>604</ocn>
	<text class="norm">
		Deuxi&#232;mement, ce changement est particuli&#232;rement troublant
dans le contexte des utilisations transformatrices de contenu
cr&#233;atif. Encore une fois, nous pouvons tous comprendre le mal dans
le piratage comemrcial. Mais la loi pr&#233;tend maintenant
r&#233;guler n'importe quelle transformation que vous faites d'une
oeuvre cr&#233;ative en utilisant une machine. Le "copier coller" et le
"couper coller" deviennent des crimes. Bricoler une histoire et la
diffuser &#224; d'autres expose le bricoleur &#224; au moins une
condition de justification. Aussi troublante soit cette expansion en ce
qui concerne la copie d'une oeuvre particuli&#232;re, elle est
extraordinairement troublante en ce qui concerne les usages
transformatifs d'une oeuve cr&#233;ative.
	</text>
</object>
<object id="605">
	<ocn>605</ocn>
	<text class="norm">
		Troisi&#232;mement, ce changement de la cat&#233;gorie 1 en
cat&#233;gorie 2 pose un fardeau extraordinaire sur la cat&#233;gorie 3
("usage loyal") que l'usage loyal n'avait jamais eu &#224; supporter
auparavant. Si un d&#233;tenteur de copyright essayait maintenant de
contr&#244;ler combien de fois je peux lire un livre en ligne, la
r&#233;ponse naturelle serait d'affirmer que c'est une violation de mes
droits d'usage loyal. Mais il n'y a jamais eu de litige &#224; propos
de si j'ai un droit d'usage loyal de lire, car avant Internet, le fait
de lire ne d&#233;clenchait pas l'application de la loi du copyright et
ainsi de d&#233;fense contre l'usage loyal. Le droit de lire &#233;
tait effectivement prot&#233;g&#233; auparavant car lire n'&#233;tait
pas r&#233;gul&#233;.
	</text>
</object>
<object id="606">
	<ocn>606</ocn>
	<text class="norm">
		Cette id&#233;e &#224; propos d'usage loyal est totalement
ignor&#233;e, m&#234;me par les d&#233;fenseurs de la culture libre.
Nous avons &#233; t&#233; coinc&#233;s dans la discussion que nos
droits ne d&#233;pendent pas de l'usage loyal -- sans jamais m&#234;me
adresser la question pr&#233;c&#233;dentes &#224; propos de l'expansion
dans la r&#233;gulation effective. Une protection mince ancr&#233;e
dans l'usage loyal a du sens quand la majorit&#233; des utilisations
est non r&#233;gul&#233;e. Mais quand tout devient pr&#233;sum&#233;
r&#233;gul&#233;, alors les protections de l'usage loyal ne suffisent
pas.
	</text>
</object>
<object id="607">
	<ocn>607</ocn>
	<text class="norm">
		Le cas de Video Pipeline est un bon exemple. Vide Pipeline &#233; tait
dans les affaires de faire des publicit&#233;s "bandes annonces" pour
des films disponibles dans les magasins de vid&#233;os. Les magasins de
vid&#233;os diffusaient les bandes annonces comme moyen de vendre les
vid&#233;os. Video Pipeline a obtenu les bandes anonces des
distributeurs de films, mis les bandes annonces sur bande, et vendu les
bandes aux magasins.
	</text>
</object>
<object id="608">
	<ocn>608</ocn>
	<text class="norm">
		L'entreprise a fait ceci pendant environ quinze ans. Puis, en 1997,
elle commen&#231;a &#224; penser &#224; Internet en tant qu'autre moyen
de distribuer ces aper&#231;us. L'id&#233;e &#233; tait d'&#233;tendre
leur technique de "vente par &#233; chantillon" en donnant aux magasins
en ligne la m&#234;me possibilit&#233; de permettre la "navigation".
Tout comme dans une librairie vous pouvez lire quelques pages d'un
livre avant de l'acheter, donc, vous pourriez aussi voir un bout du
film en ligne avant de l'acheter.
	</text>
</object>
<object id="609">
	<ocn>609</ocn>
	<text class="norm">
		En 1998, Video Pipeline informa Disney et d'autres distributeurs de
film qu'elle avait l'intention de distribuer les bandes annonces sur
Internet (plut&#244;t qu'en envoyant des bandes) aux distributeurs de
leurs vid&#233;os. Deux ans plus tard, Disney demanda &#224; Video
Pipeline d'arr&#234;ter. Le propri&#233;taire de Video Pipeline demanda
&#224; Disney de parler de ce sujet -- il avait construit une
activit&#233; sur la distribution de ce contenu comme un moyen d'auder
Disney &#224; vendre ses films; il avait des clients qui
d&#233;pendaient de sa diffusion de contenu. Disney acceptait de parler
seulemetn si Video Pipeline arr&#234;tait la distribution
imm&#233;diatement. Video Pipeline pensait que cela faisait partie de
leurs droits d'usage loyal de distribuer des extraits comme ils le
faisaient. Donc ils intent&#232;rent un proc&#232;s pour demander
&#224; la cour de d&#233;clarer que ces droits &#233; taient en fait
leurs droits.
	</text>
</object>
<object id="610">
	<ocn>610</ocn>
	<text class="norm">
		Disney a contrepoursuivi en justice - pour 100 millions de dollars de
dommages et int&#233;r&#234;ts. Ces dommages et int&#233;r&#234;ts ont
&#233; t&#233; bas&#233;s sur une revendication que Video Pipeline
avait "obstin&#233;ment viol&#233;" le copyright de Disney. Quand un
tribunal fait une d&#233;couverte d'infraction obstin&#233;e, il peut
accorder des dommages et int&#233;r&#234;ts non pas sur la base du mal
r&#233;el au d&#233;tenteur du copyright, mais sur la base d'une
quantit&#233; sp&#233;cifi&#233;e dans la loi. Parce que Vide Pipeline
avait diffus&#233; sept cent extraits de films Disney pour permettre
aux magasins de vid&#233;os de vendre des copies de ces films, Disney
poursuivait d&#233;sormais Video Pipeline pour 100 milliosn de dollars.
	</text>
</object>
<object id="611">
	<ocn>611</ocn>
	<text class="norm">
		Disney a le droit de contr&#244;ler sa propri&#233;t&#233;, bien
s&#252;r. Mais les magasins de vid&#233;os qui vendaient les films de
Disney avaient &#233; galement quelque sorte de droit de pouvoir vendre
les films qu'ils avaient achet&#233; &#224; Disney. La revendication de
Disney au tribunal &#233; tait que les magasins &#233; taient
autoris&#233;s &#224; vendre les films et &#233; tianent autoris&#233;s
&#224; lister les titres des filsm qu'ils vendaient, mais
n'&#233;taient pas autoris&#233;s &#224; montrer des extraits des films
dans le but de les vendre sans la permission de Disney.
	</text>
</object>
<object id="612">
	<ocn>612</ocn>
	<text class="norm">
		Maintenant, vous pensez peut-&#234;tre que c'est un cas proche, et je
pense que les tribunaux le consid&#233;rerait comme un cas proche. Je
vais ici cartographier le changement qui donne ce pouvoir &#224;
Disney. Avant Internet, Disney ne pouvait pas vraiment contr&#244;ler
comment les gens ont acc&#232;s &#224; son contenu. Une fois qu'une
vid&#233;o &#233; tait sur le march&#233;, la "doctrine de la
premi&#232;re vente" donnait au vendeur la libert&#233; d'utiliser la
vid&#233;o comme il le d&#233;sirait, incluant le fait de montrer des
portions d'elle afin d'engendrer des ventes de la vid&#233;o
compl&#232;te. Mais avec Internet, il devient possible &#224; Disney de
centraliser le contr&#244;le sur l'acc&#232;s &#224; ce contenu. Parce
que chaque utilisation d'Internet produit une copie, l'utilisation sur
Internet devient soumise au contr&#244;le du d&#233;tenteur du
copyright. La technologie &#233; tend la port&#233;e du contr&#244;le
efficace, parce que la technologie construit une copie dans chaque
transaction.
	</text>
</object>
<object id="613">
	<ocn>613</ocn>
	<text class="norm">
		Sans doute, une possibilit&#233; n'est pas encore un abus, et donc la
possibilit&#233; de contr&#244;le n'est pas encore un abus de
contr&#244;le. Barnes &amp; Noble (NdT: une chaine de librairies) a le
droit de dire que vous ne pouvez pas toucher un livre sur un &#233;
talage dans leur boutique; la loi de propri&#233;t&#233; leur donne ce
droit. Mais le march&#233; prot&#232;ge efficacement contre cet abus.
Si Barnes &amp; Noble bannissait le feuilletage, alors les clients
choisiraient d'autres librairies. La comp&#233;tition prot&#232;ge
contre les extr&#232;mes. Et il se peut m&#234;me (mon argument
jusqu'&#224; pr&#233;sent ne remet m&#234;me pas cela en question) que
la comp&#233;tition emp&#234;cherait n'importe quel danger similaire
quand il s'agit de copyright. Bien s&#252;r, les &#233; diteurs
exer&#231;ant les droits que les auteurs leur ont donn&#233; peuvent
essayer de r&#233;guler combien de fois vous lisez un livre, ou essayez
de vous emp&#234;cher de partager le livre avec quiconque. Mais dans un
march&#233; comp&#233;titif tel que le march&#233; du livre, le danger
que cela arrive est assez l&#233;ger.
	</text>
</object>
<object id="614">
	<ocn>614</ocn>
	<text class="norm">
		Une fois de plus, mon but jusqu'&#224; pr&#233;sent est simplement de
cartographier les changements que cette architecture modifi&#233;e
permet. Permettre &#224; la technologie d'appliquer le contr&#244;le du
copyright signifie que le contr&#244;le du copyright n'est plus
d&#233;fini par une politique &#233; quilibr&#233;e. Le contr&#244;le
du copyright est simplement ce que les propri&#233;taires priv&#233;s
choisissent. Dans certains contextes, au moins, ce fait est inoffensif.
Mais dans certains contextes, c'est une recette pour le d&#233;sastre.
	</text>
</object>
<object id="615">
	<ocn>615</ocn>
	<text class="h5">
		Architecture et Loi: Force
	</text>
</object>
<object id="616">
	<ocn>616</ocn>
	<text class="norm">
		La disparition des utilisations non r&#233;gul&#233;es serait
d&#233;j&#224; un changement assez grand, mais un second changement
important provoqu&#233; par Internet amplifie sa signification. Ce
second changement n'affecte pas la port&#233;e de la r&#233;gulation du
copyright; il affecte comment une telle r&#233;gulation est
appliqu&#233;e.
	</text>
</object>
<object id="617">
	<ocn>617</ocn>
	<text class="norm">
		Dans le monde d'avant la technologie num&#233;rique, c'&#233;tait
g&#233;n&#233;ralement la loi qui contr&#244;lait si quelqu'un &#233;
tait r&#233;gul&#233; par la loi du copyright. La loi, ce qui signifie
une cour, ce qui signifie un juge: &#224; la fin, c'&#233;tait un
humain, entrain&#233; dans la tradition de la loi et conscient des
&#233; quilibres que la tradition embrassait, qui disait si et comment
uen loi restreignait votre libert&#233;.
	</text>
</object>
<object id="618">
	<ocn>618</ocn>
	<text class="norm">
		Il y a une histoire c&#233;l&#232;bre &#224; propos d'une bataille
entre les Marx Brothers et Warner Brothers. Les Marx pr&#233;voyaient
de faire une parodie de Casablanca. Warner Brothers objecta. Ils &#233;
crivirent uen lettre m&#233;chante aux Marx, les avertissant qu'il y
aurait de graves cons&#233;quences l&#233;gales si ils continuaient
avec leur projet19.
	</text>
</object>
<object id="619">
	<ocn>619</ocn>
	<text class="norm">
		Cela a amen&#233; les Marx Brothers &#224; r&#233;pondre de la sorte.
Ils avertirent Warner Brothers que les Marx Brothers "&#233;taient
fr&#232;res bien avant que vous le soyiez".20 Les Marx Brothers
poss&#233;daient aisni le mot brothers, et si Warner Brothers insistait
pour essayer de contr&#244;ler Casablanca, alors les Marx Brother
insisteraient pour avoir le contr&#244;le sur brothers.
	</text>
</object>
<object id="620">
	<ocn>620</ocn>
	<text class="norm">
		Une menace absurde et creuse, bien s&#252;r, parce que Warner Brothers,
comme les Marx Brothers, savait qu'aucun tribunal n'appliquerait jamais
une telle demande. Cette extr&#233;misme &#233; tait sans rapport avec
les r&#233;elles libert&#233;s dont quiconque (y compris Warner
Brothers) jouissait.
	</text>
</object>
<object id="621">
	<ocn>621</ocn>
	<text class="norm">
		Sur Internet, toutefois, il n'y a pas de v&#233;rification sur les
r&#232;gles idiotes, parce que sur Internet, de plus en plus, les
r&#232;gles sont appliqu&#233;es non pas par un humain mais par une
machine: de plus en plus, les r&#232;gles de la loi du copyright,
telles qu'interpr&#233;t&#233;es par le d&#233;tenteur du copyright,
sont construites dans la technologie que d&#233;livre le contenu sous
copyright. C'est le code, plut&#244;t que la loi, qui r&#232;gne. Et le
probl&#232;me avec les r&#233;gulations par le code est que,
contrairement &#224; la loi, le code n'a pas de honte. Le code n'aurait
pas compris l'humour des Marx Brothers. La cons&#233;quence de ceci
n'est pas dr&#244;le du tout.
	</text>
</object>
<object id="622">
	<ocn>622</ocn>
	<text class="norm">
		Consid&#233;rez la vie de mon Adobe eBook Reader (NdT: lecteur de livre
&#233; lectronique Adobe).
	</text>
</object>
<object id="623">
	<ocn>623</ocn>
	<text class="norm">
		Un e-book est un livre livr&#233; sous forme &#233; lectronique. Un
Adobe eBook n'est pas un livre qu'Adobe a &#233; dit&#233;; Adobe
produit simplement le logiciel que les &#233; diteurs utilisent pour
livrer les e-books. Elle fournit la technologie, et les &#233; diteurs
livrent le contenu en utilisant la technologie.
	</text>
</object>
<object id="624">
	<ocn>624</ocn>
	<text class="norm">
		Sur la page suivante se trouve une image d'une vieille version de mon
Adobe eBook Reader.
	</text>
</object>
<object id="625">
	<ocn>625</ocn>
	<text class="norm">
		Comme vous pouvez le voir, j'ai une petite collection d'e-books dans
cette biblioth&#232;que d'e-books. Certains de ces livres reproduisent
du contenu qui est dans le domaine public: Middlemarch, par exemple,
est dans le domaien public. Certains d'entre eux reproduisent du
contenu qui n'est pas dans le domaine public: mon propre livre L'avenir
des id&#233;es n'est pas encore dans le domaine public.
	</text>
</object>
<object id="626">
	<ocn>626</ocn>
	<text class="norm">
		Consid&#233;rez Middlemarch d'abord. Si vous cliquez sur ma copie
e-book de
	</text>
</object>
<object id="627">
	<ocn>627</ocn>
	<text class="norm">
		<image xmlns:xlink="http://www.w3.org/1999/xlink" xlink:type="simple"
xlink:actuate="onLoad" xlink:show="embed"
xlink:href="../_sisu/image/freeculture10.png" width="340" height="450"
/>[freeculture10.png]
	</text>
</object>
<object id="628">
	<ocn>628</ocn>
	<text class="norm">
		Middlemarch, vous verrez une jolie couverture, et puis un bouton en bas
appel&#233; Permissions.
	</text>
</object>
<object id="629">
	<ocn>629</ocn>
	<text class="norm">
		<image xmlns:xlink="http://www.w3.org/1999/xlink" xlink:type="simple"
xlink:actuate="onLoad" xlink:show="embed"
xlink:href="../_sisu/image/freeculture11.png" width="560" height="250"
/>[freeculture11.png]
	</text>
</object>
<object id="630">
	<ocn>630</ocn>
	<text class="norm">
		Si vous cliquez sur le bouton Permissions, vous allez voir une liste
des permissions que l'&#233;diteur pr&#233;tend accorder avec ce livre.
	</text>
</object>
<object id="631">
	<ocn>631</ocn>
	<text class="norm">
		<image xmlns:xlink="http://www.w3.org/1999/xlink" xlink:type="simple"
xlink:actuate="onLoad" xlink:show="embed"
xlink:href="../_sisu/image/freeculture12.png" width="310" height="410"
/>[freeculture12.png]
	</text>
</object>
<object id="632">
	<ocn>632</ocn>
	<text class="norm">
		D'apr&#232;s mon eBook Reader, j'ai la permission de copier dans le
presse-papiers de l'ordinateur dix s&#233;lections de texte tous les
dix jours. (Jusqu'&#224; pr&#233;sent, je n'ai copi&#233; aucun texte
dans le presse-papiers). J'ai &#233; galement la permission d'imprimer
dix pages du livre tous les dix jours. Pour finir, j'ai la permission
d'utiliser le bouton Read Aloud (NdT: lire &#224; voix haute) pour
entendre Middlemarch lu par l'ordinateur.
	</text>
</object>
<object id="633">
	<ocn>633</ocn>
	<text class="norm">
		Voici le e-book d'une autre oeuvre dans le domaine public (y compris
les traductions) : La Politique" d'Aristote.
	</text>
</object>
<object id="634">
	<ocn>634</ocn>
	<text class="norm">
		<image xmlns:xlink="http://www.w3.org/1999/xlink" xlink:type="simple"
xlink:actuate="onLoad" xlink:show="embed"
xlink:href="../_sisu/image/freeculture13.png" width="560" height="220"
/>[freeculture13.png]
	</text>
</object>
<object id="635">
	<ocn>635</ocn>
	<text class="norm">
		D'apr&#232;s ses permissions, aucune impression ni copie n'est permise
du tout. Mais heureusement, vous pouvez utiliser le bouton Read Aloud
pour &#233; couter ce livre.
	</text>
</object>
<object id="636">
	<ocn>636</ocn>
	<text class="norm">
		<image xmlns:xlink="http://www.w3.org/1999/xlink" xlink:type="simple"
xlink:actuate="onLoad" xlink:show="embed"
xlink:href="../_sisu/image/freeculture14.png" width="560" height="224"
/>[freeculture14.png]
	</text>
</object>
<object id="637">
	<ocn>637</ocn>
	<text class="norm">
		Enfin (et c'est le plus honteux), voici les permissions pour la version
e-book originale de mon dernier livre, L'avenir des id&#233;es:
	</text>
</object>
<object id="638">
	<ocn>638</ocn>
	<text class="norm">
		Pas de copie, pas d'impression, et ne vous avisez pas d'essayer
d'&#233;couter ce livre! Maitenant, le Adobe eBook Reader appelle ces
contr&#244;les "permissions" - comem si l'&#233;diteur avait le pouvoir
de contr&#244;ler comment vous utilisez ces oeuvres. Pour des oeuvres
soumises au copyright, le d&#233;tenteur du copyright poss&#232;de
certainement le pouvoir - dans les limites de la loi du copyright. Mais
pour des oeuvres non soumises au copyright, il n'existe pas de pouvoir
de copyright21. Quand mon e-book de Middlemarch dit que j'ai la
permission de copier seulement dix s&#233;lections de texte dans la
m&#233;moire tous les dix jours, ce que cela veut r&#233;ellement dire
est que le eBook Reader a permis &#224; l'&#233;diteur de
contr&#244;ler comment j'utilise le livre sur mon ordinateur, bien
au-del&#224; du contr&#244;le que la loi permettrait.
	</text>
</object>
<object id="639">
	<ocn>639</ocn>
	<text class="norm">
		Au lieu de cela, le contr&#244;le vient du code - de la technologie
&#224; l'int&#233;rieur de laquelle "vit" le livre &#233; lectronique.
Bien que le e-book dise que ce sont des permissions, ce ne sont pas la
sorte de "permissions" &#224; laquelle la plupart d'entre nous avons
affaire. Quand une adolescente obtient la "permission" de sortir
jusqu'&#224; minuit, elle sait (&#224; moins d'&#234;tre Cendrillon)
qu'elle peut sortir jusqu'&#224; deux heures du matin, mais qu'elle
subira une sanction si elle se fait prendre. Mais quans le Adobe eBook
Reader dit que j'ai la permission de faire dix copies du texte dans la
m&#233;moire de l'ordinateur, cela signifie qu'apr&#232;s dix copies,
l'ordinateur n'en fera pas plus. Pareil pour les restrictions
d'impression: apr&#232;s dix pages, le eBook Reader n'en imprimera pas
plus. C'est la m&#234;me chose pour la restriction idiote qui dit que
vous ne pouvez pas utiliser le bouton Read Aloud pour lire mon livre
&#224; voix haute - ce n'est pas que l'entreprise vous poursuivera en
justice si vous le faites; &#224; la place, si vous appuyez sur le
bouton Read Aloud avec mon livre, la machine ne lira simplement pas
&#224; voix haute.
	</text>
</object>
<object id="640">
	<ocn>640</ocn>
	<text class="norm">
		Ce sont des contr&#244;les, pas des permissions. Imaginez un monde
o&#250; les Marx Brothers vendraient un logiciel de traitement de texte
qui, quand vous tenteriez de taper "Warner Brothers", effacerait
"Brothers" de la phrase.
	</text>
</object>
<object id="641">
	<ocn>641</ocn>
	<text class="norm">
		C'est l'avenir de la loi du copyright: ce n'est pas tant la loi du
copyright que le code du copyright. Les contr&#244;les sur l'acc&#232;s
au contenu ne seront pas des contr&#244;les ratifi&#233;s par les
tribunaux; les contr&#244;les sur l'acc&#232;s au contenu seront les
contr&#244;les qui seton cod&#233;s par les programmeurs. Et alors que
les contr&#244;les qui sont construits dans la loi sont toujours
amen&#233;s &#224; &#234; tre v&#233;rifi&#233;s par un juge, les
contr&#244;les qui sont construits dans la technologie n'ont pas de
v&#233;rification incorpor&#233;e similaire.
	</text>
</object>
<object id="642">
	<ocn>642</ocn>
	<text class="norm">
		Quelle est l'importance de ceci? N'est-il pas toujours possible de
contourner les contr&#244;les construits dans la technologie?
Auparavant, le logiciel &#233; tait vendu avec des technologies qui
limitaient la capacit&#233; des utilisateurs &#224; le copier, mais
c'&#233;taient des protections triviales &#224; d&#233;faire. Pourquoi
ne sera-t-il pas trivial de d&#233;faire ces protections aussi?
	</text>
</object>
<object id="643">
	<ocn>643</ocn>
	<text class="norm">
		Nous n'avons fait qu'&#233;gratigner la surface de cette histoire.
Retournez &#224; l'Adobe eBook Reader.
	</text>
</object>
<object id="644">
	<ocn>644</ocn>
	<text class="norm">
		Plus t&#244;t dans la vie de l'Adobe eBook Reader, Adobe souffrait de
relations publiques cauchemardesques. Parmi les livres que vous pouviez
t&#233;l&#233;charger gratuitement sur le site de Adobe figurait une
copie d' Alice au pays des merveilles. Ce merveilleux livre est dans le
domaine public. Pourtant quand vous cliquiez sur Permissions pour ce
livre, vous aviez le message suivant:
	</text>
</object>
<object id="645">
	<ocn>645</ocn>
	<text class="norm">
		<image xmlns:xlink="http://www.w3.org/1999/xlink" xlink:type="simple"
xlink:actuate="onLoad" xlink:show="embed"
xlink:href="../_sisu/image/freeculture15.png" width="560" height="310"
/>[freeculture15.png]
	</text>
</object>
<object id="646">
	<ocn>646</ocn>
	<text class="norm">
		Voici un livre pour enfants du domaine public que vous n'&#234;tes pas
autoris&#233; &#224; copier, ni autoris&#233; &#224; pr&#234;ter, ni
autoris&#233; &#224; donner, et, comme l'indiquent les permissions, ni
autoris&#233; &#224; "lire &#224; voix haute"!
	</text>
</object>
<object id="647">
	<ocn>647</ocn>
	<text class="norm">
		Le cauchemar des relations publiques &#233; tait attach&#233; &#224;
cette derni&#232;re permission. Parce que le texte ne disait pas que
vous n'&#233;tiez pas autoris&#233; &#224; utiliser le bouton Read
Aloud; il disait que vous n'aviez pas la permission de lire le livre
&#224; voix haute. Cela a amen&#233; certaines personnes &#224; penser
qu'Adobe restreignait le droit des parents, par exemple, de lire le
livre &#224; leurs enfants, ce qui semblait, c'est le moins qu'on
puisse dire, absurde.
	</text>
</object>
<object id="648">
	<ocn>648</ocn>
	<text class="norm">
		Adobe r&#233;pondit rapidement qu'il &#233; tait absurde de penser
qu'elle essayait de restreindre le droit de lire un livre &#224; voix
haute. [Note: Quelle ironie int&#233;ressante pour Adobe de dire qu'il
est "absurde" de restreindre un livre d'&#234;tre lu &#224; voix haute
quand elle construit exactement cette capacit&#233; dans ses
logiciels.] &#201; videmment c'&#233;tait seulement restreindre la
capacit&#233; d'utiliser le bouton Read Aloud pour avoir le livre lu
&#224; voix haute. Mais la question &#224; laquelle Adobe n'a jamais
r&#233;pondu est celle-ci: est-ce que Adobe est donc d'accord pour
qu'un client soit libre d'utiliser son logiciel pour bricoler autour
des restrictions construites dans l'eBook Reader? Si quelque entreprise
(appelons-la Elcomsoft) d&#233;veloppait un programme pour
d&#233;sactiver la protection technologique construite dans un Adobe
eBook afin qu'ile personne aveugle, disons, puisse utiliser un
ordinateur pour lire le livre &#224; voix haute, est ce que Adobe
serait d'accord qu'un tel usage de l'eBook Reader soit juste? Adobe n'a
pas r&#233;pondu parce que la r&#233;ponse, aussi absurde puisse-t-elle
para&#238;tre, est non.
	</text>
</object>
<object id="649">
	<ocn>649</ocn>
	<text class="norm">
		Ce n'est pas pour dire du mal d'Adobe. En effet, Adobe est parmi les
plus innovantes entreprises d&#233;veloppant des strat&#233;gies pour
&#233; quilibrer l'acc&#232;s ouvert au contenu avec des incitations
pour que des entreprises innovent. Mais la technologie d'Adobe permet
le contr&#244;le, et Adobe a une motivation pour d&#233;fendre ce
contr&#244;le. Cette motivation est compr&#233;hensible, mais ce
qu'elle cr&#233;e est parfois d&#233;lirant.
	</text>
</object>
<object id="650">
	<ocn>650</ocn>
	<text class="norm">
		Pour voir cette id&#233;e dans un contexte particuli&#232;rement
absurde, consid&#233;rez une de mes histoires pr&#233;f&#233;r&#233;es
sur la m&#234;me id&#233;e.
	</text>
</object>
<object id="651">
	<ocn>651</ocn>
	<text class="norm">
		Consid&#233;rez le chien robotique de Sony nomm&#233; "Aibo". L'Aibo
apprend des tours, fait des c&#226;lins, et vous suit. Il ne mange que
ne l'&#233;lectricit&#233; et ne fait pas tant de d&#233;g&#226;ts que
&#231; a (au moins dans votre maison).
	</text>
</object>
<object id="652">
	<ocn>652</ocn>
	<text class="norm">
		L'Aibo est cher et populaire. Des fans du monde entier ont mont&#233;
des clubs pour &#233; changer des histoires. Un fan en particulier a
mont&#233; un site Web pour permettre de partager des informations sur
le chien Aibo. Ce fan a mont&#233; aibopet.org (et aibohack.org, mais
celui-ci m&#234;ne au m&#234;me site), et sur ce site il a fourni des
informations sur comment apprendre &#224; un Aibo &#224; faire des
tours en plus de ceux que Sony lui a appris.
	</text>
</object>
<object id="653">
	<ocn>653</ocn>
	<text class="norm">
		"Apprendre" a ici un sens sp&#233;cial. Les Aibos sont juste des
ordinateurs mignons. Vous apprenez &#224; un ordinateur &#224; faire
quelque chose en le programmant diff&#233;remment. Donc, dire
qu'aibopet.com donnait des informations sur comment apprendre au chien
&#224; faire de nouveaux tours est juste une mani&#232;re de dire
qu'aibopet.com donnait aux utilisateurs de l'animal de compagnie Aibo
l'information sur comment hacker (NdT: bricoler) leur
"chien"-ordinateur pour lui faire faire de nouveaux tours (d'o&#250; le
nom aibohack.com).
	</text>
</object>
<object id="654">
	<ocn>654</ocn>
	<text class="norm">
		Si vous n'&#234;tes pas programmeur ou ne connaissez pas beaucoup de
programmeurs, le verbe hacker (NdT: en anglais, tailler ou
d&#233;couper) a une connotation particuli&#232;rement peu amicale. Les
non-programmeurs taillent des buissons ou la mauvaise herbe. Les
non-programmeurs dans des films d'horreur font encore pire. Mais pour
les programmeurs, ou codeurs, comme je les appelle, hacker est un terme
bien plus positif. Un hack veut juste dire du code qui permet au
programme de faire quelque chose qu'il n'&#233;tait pas pr&#233;vu ou
permis de faire. Si vous achetez une nouvelle imprimante pour un vieil
ordinateur, vous verrez peut-&#234;tre que le vieil ordinateur ne fait
pas marcher, ou ne pilote pas, l'imprimante. Si vous d&#233;couvrez
ceci, vous seriez plus tard content de d&#233;couvrir un "hack" sur le
Net fait par quelqu'un qui a &#233; crit un pilote pour permettre
&#224; l'ordinateur de contr&#244;ler l'imprimante que vous venez
d'acheter.
	</text>
</object>
<object id="655">
	<ocn>655</ocn>
	<text class="norm">
		Certains hacks sont faciles. D'autres sont incroyablement difficiles.
Les hackeurs en tant que communaut&#233; aiment se d&#233;fier
eux-m&#234;mes et mutuellement avec des t&#226;ches de plus en plus
difficiles. Il y a un certain respect qui va avec le talent de bien
hacker. C'est un respect bien m&#233;rit&#233; qui va avec le talent de
hacker &#233; thiquement.
	</text>
</object>
<object id="656">
	<ocn>656</ocn>
	<text class="norm">
		Le fan de Aibo montrait un peu peu des deux quand il a hack&#233; le
programme et offert au monde un morceau de code qui permettait &#224;
l'Aibo de dancer le jazz. Le chien n'&#233;tait pas programm&#233; pour
dancer le jazz. C'&#233;tait un bout intelligent de bricolage qui a
transform&#233; le chien en une cr&#233;ature plus talentueuse que
celle que Sony avait construite.
	</text>
</object>
<object id="657">
	<ocn>657</ocn>
	<text class="norm">
		J'ai racont&#233; cette histoire dans de nombreux contextes, &#224; la
fois dans et en dehors des &#201; tats-Unis. Une fois, un membre du
public interloqu&#233; m'a demand&#233; s'il &#233; tait permis pour un
chien de danser le jazz aux &#201; tats-Unis? Nous oublions que les
histoires sur l'arri&#232;re-pays font toujours le tour d'une grande
partie du monde. Soyons donc simplement clairs avant de continuer: ce
n'est (plus maintenant) un crime nulle part de dancer le jazz. Ce n'est
pas non plus un crime d'apprendre &#224; votre chien de danser le jazz.
Cela ne devrait pas non plus &#234; tre un crime (quoique nous n'avons
pas beaucoup de quoi continuer ici) d'apprendre &#224; votre chien
&#224; dancer le jazz. Dancer le jazz est une activit&#233;
compl&#232;tement l&#233;gale. On imagine que le propri&#233;taire
d'aibopet.com a pens&#233;: quels probl&#232;mes potentiels
pourraient-ils y avoir &#224; apprendre &#224; un chien robot &#224;
danser?
	</text>
</object>
<object id="658">
	<ocn>658</ocn>
	<text class="norm">
		Mettons le chien en sourdine une minute, et tournons-nous vers un
spectacle de poney - pas litt&#233;ralement un spectacle de poney, mais
plut&#244;t un papier qu'un universitaire de Princeton nomm&#233; Ed
Felten a &#233; crit pour une conf&#233;rence. Cet universitaire de
Princeton est bien connu et respect&#233;. Il a &#233; t&#233;
embauch&#233; par le gouvernement dans l'affaire Microsoft pour &#233;
valuer les affirmations de Microsoft &#224; propos de ce qui pouvait et
ne pouvait pas &#234; tre fait avec son propre code. Dans ce
proc&#232;s, il a fait preuve &#224; la fois de sa grande intelligence
et de sa d&#233;contraction. Soumis &#224; un lourd harc&#232;lement de
la part des avocats de Microsoft, Ed Felten a maintenu son point de
vue. On n'allait pas le museler par la force sur quelque chose qu'il
connaissait tr&#232;s bien.
	</text>
</object>
<object id="659">
	<ocn>659</ocn>
	<text class="norm">
		Mais la bravoure de Felten a &#233; t&#233; r&#233;ellement mise &#224;
mal en avril 200122. Lui et un groupe de coll&#232;gues &#233; taient
en train de travailler sur un papier qui allait &#234; tre soumis
&#224; conf&#233;rence. Ce papier &#233; tait destin&#233; &#224;
d&#233;crire les faiblesses dans un syst&#232;me de chiffrement en
cours de d&#233;veloppement par Secure Digital Music Initiative en tant
que technique pour contr&#244;ler la distribution de la musique.
	</text>
</object>
<object id="660">
	<ocn>660</ocn>
	<text class="norm">
		La coalition SDMI avait pour but une technologie visant &#224;
permettre aux d&#233;tenteurs de contenu d'exercer bien mieux le
contr&#244;le sur leur contenu que ce qu'Internet, tel qu'il &#233;
tait &#224; l'origine, leur accordait. En utilisant le chiffrement,
SDMI esp&#233;rait d&#233;velopper un standard qui permettrait au
d&#233;tenteur de contenu de dire "cette musique ne peut pas &#234; tre
copi&#233;e", et d'avoir un ordinateur qui respecterait cette commande.
La technologie devait faire partie d'un "syst&#232;me &#233;
prouv&#233;" de contr&#244;le qui ferait que les d&#233;tenteurs de
contenu feraient bien plus confiance au syst&#232;me d'Internet.
	</text>
</object>
<object id="661">
	<ocn>661</ocn>
	<text class="norm">
		Quand SDMI pensa qu'elle &#233; tait proche d'un standard, elle monta
une comp&#233;tition. En &#233; change de fournir aux participants le
code d'un morceau de contenu chiffr&#233; &#224; la SDMI, les
participants essayeraient de le faire sauter et, si ils
r&#233;uississaient, raporteraient les probl&#232;mes au consortium.
	</text>
</object>
<object id="662">
	<ocn>662</ocn>
	<text class="norm">
		Felten et son &#233; quipe trouv&#232;rent rapidement le syst&#232;me
de chiffrement. Lui et son &#233; quipe virent la faiblesse de ce
syst&#232;me en tant que type: de nombreux syst&#232;mes de chiffrement
souffraient de la m&#234;me faiblesse, et Felten et son &#233; quipe
pensait que cela vaudrait le coup de le faire remarquer &#224; ceux qui
&#233; tudient le chiffrement.
	</text>
</object>
<object id="663">
	<ocn>663</ocn>
	<text class="norm">
		Passons en revue ce que Felten &#233; tait en train de faire. Encore
une fois, ce sont les &#201; tats-Unis. Nous avons un principe de
libert&#233; d'expression. Nous avons ce principe pas juste parce que
c'est la loi, mais aussi parce que c'est une id&#233;e vraiment bonne.
Une tradition de libert&#233; d'expression fortement prot&#233;g&#233;e
a des chances d'encourager une large palette de critiques. Cette
critique a de schances, en &#233; change, d'am&#233;liorer les
syst&#232;mes ou les gens ou les id&#233;es critiqu&#233;es.
	</text>
</object>
<object id="664">
	<ocn>664</ocn>
	<text class="norm">
		Ce que Felten et ses coll&#232;gues &#233; taient en train de faire
&#233; tait la publication d'un papier d&#233;crivant la faiblesse dans
une technologie. Ils ne diffusaient pas de musique gratuite, ni ne
construisaient ou ne d&#233;ployaient cette technologie. Le papier
&#233; tait un essai acad&#233;mique, inintelligible pour la plupart
des gens. Mais il montrait clairement la faiblesse dans le syst&#232;me
SDMI, et pourquoi SDMI, comme pr&#233;sent&#233;ment constitu&#233;, ne
r&#233;ussirait pas.
	</text>
</object>
<object id="665">
	<ocn>665</ocn>
	<text class="norm">
		Ce qui lie ces deux-l&#224;, aibopet.com et Felten, sont les lettres
qu'ils ont re&#231;ues. Aibopet.com a re&#231;u une lettre de Sony
&#224; propos du hack de aibopet.com. Bien qu'un chien dansant le jazz
soit parfaitement l&#233;gal, Sony &#233; crivit:
	</text>
</object>
<object id="666">
	<ocn>666</ocn>
	<text class="indent1">
		Votre site contient de l'information fournissant les moyens de passer
outre le protocole de protection contre la copie du produit AIBO,
constituant une violation des dispositions du Digital Millennium
Copyright Act.
	</text>
</object>
<object id="667">
	<ocn>667</ocn>
	<text class="norm">
		Et bien qu'un paper acad&#233;mique d&#233;crivant la faiblesse dans un
syst&#232;me de chiffrement devrait &#233; galement &#234; tre
parfaitement l&#233;gal, Felten a re&#231;u une lettre d'un avocat de
la RIAA disant:
	</text>
</object>
<object id="668">
	<ocn>668</ocn>
	<text class="indent1">
		Toute divulgation d'information obtenue de la participation au Public
Challenge serait hors du champ des activit&#233;s permises par l'Accord
et pourrait vous exposer vous et votre &#233; quipe de recherche &#224;
des actions sous le Digital Millennium Copyright Act ("DMCA").
	</text>
</object>
<object id="669">
	<ocn>669</ocn>
	<text class="norm">
		Dans les deux cas, cette loi &#233; trangement orwellienne &#233; tait
invoqu&#233;e pour contr&#244;ler la diffusion de l'information. Le
Digital Millennium Copyright Act faisait de la diffusion de telles
informations une offense.
	</text>
</object>
<object id="670">
	<ocn>670</ocn>
	<text class="norm">
		Le DMCA a &#233; t&#233; ordonn&#233; comme r&#233;ponse &#224; la
premi&#232;re peur des d&#233;tenteurs de copyright concernant le
cyberespace. La peur &#233; tait que l'efficacit&#233; du contr&#244;le
du copyright soit morte; la r&#233;ponse &#233; tait de trouver des
technologies qui pourraient compenser. Ces nouvelles technologies
seraient des technologies de protection de copyright - des technologies
pour contr&#244;les la r&#233;plication et la distribution de choses
sous copyright. Elles &#233; tianet con&#231;ues comme code pour
modifier le code original d'Internet, pour r&#233;&#233;tablir quelque
protection pour les d&#233;tenteurs de copyright.
	</text>
</object>
<object id="671">
	<ocn>671</ocn>
	<text class="norm">
		Le DMCA &#233; tait un morceau de loi destin&#233; &#224; confirmer la
protection de ce code con&#231;u pour prot&#233;ger le contenu sous
copyright. C'&#233;tait, on pourrait dire, du code l&#233;gal
destin&#233; &#224; soutenir le code logiciel qui lui-m&#234;me &#233;
tait destin&#233; &#224; soutenir le code l&#233;gal du copyright.
	</text>
</object>
<object id="672">
	<ocn>672</ocn>
	<text class="norm">
		Mais le DMCA n'a pas &#233; t&#233; con&#231;u pour simplement
prot&#233;ger les oeuvres sous copyright dans la m&#234;me mesure que
la loi du copyright les prot&#233;geait. Sa protection, pour ainsi
dire, ne s'est pas arr&#234;t&#233;e &#224; la ligne que la loi du
copyright avait trac&#233;e. Le DMCA r&#233;gulait des syst&#232;mes
qui &#233; taient con&#231;us pour contourner des mesures de protection
de copyright. Il &#233; tait con&#231;u pour bannir ces syst&#232;mes,
que l'utilisation du contenu sous copyright rendue possible par ce
contournement soit une violation du copyright ou pas.
	</text>
</object>
<object id="673">
	<ocn>673</ocn>
	<text class="norm">
		Et justement, il y a Aibopet.com et Felten. Le hack du Aibo contournait
un syst&#232;me de protection de copyright dans le but de permettre au
chien de danser le jazz. Cette activation a sans doute impliqu&#233;
l'utilisation de mat&#233;riel sous copyright. Mais comme le site
d'aibopet.com &#233; tait non-commercial, et que l'utilisation ne
permettait pas de violations ult&#233;rieures de copyright, il n'y a
pas de doute que le hack d'aibopet.com &#233; tait de l'usage loyal du
mat&#233;riel sous copyright de Sony. Pourtant l'usage loyal n'est pas
une d&#233;fense contre le DMCA. La question n'est pas si l'utilisation
de mat&#233;riel sous copyright est une violation du copyright. La
question est si un syst&#232;me de protection de copyright a &#233;
t&#233; contourn&#233;.
	</text>
</object>
<object id="674">
	<ocn>674</ocn>
	<text class="norm">
		La menace contre Felten &#233; tait plus att&#233;nu&#233;e, mais elle
suivait la m&#234;me ligne de raisonnement. En publiant un papier
d&#233;crivant comment un syst&#232;me de protection de copyright
pouvait &#234; tre contourn&#233;, sugg&#233;ra l'avocat de la RIAA,
Felten lui-m&#234;me &#233; tait en train de distribuer une technologie
de contourenement. Ainsi, m&#234;me si il ne violait pas lui-m&#234;me
le copyright de personne, son papier acad&#233;mique permettait &#224;
d'autres de violer le copyright d'autres.
	</text>
</object>
<object id="675">
	<ocn>675</ocn>
	<text class="norm">
		La bizzarerie de ces arguments est captur&#233;e dans une caricature
dessin&#233;e en 1981 par Paul Conrad. &#192; cette &#233; poque, un
tribunal de Californie avait affirm&#233; que le magn&#233;toscope
pouvait &#234; tre interdit car il &#233; tait une technologie
d'enfreignement du copyright: il permettait aux consommateurs de copier
des filsm sans la permission du d&#233;tenteur du copyright. Il y avait
sans doute des utilisations de la technologie qui &#233; tait
l&#233;gales: Fred Rogers, alias "Mr. Rogers", par exemple, avait
t&#233;moign&#233; dans cette affaire qu'il voulait que les gens se
sentent libres d'enregistrer Mr. Roger's Neighborhood.
	</text>
</object>
<object id="676">
	<ocn>676</ocn>
	<text class="indent1">
		Certaines chaines publiques, aussi bien que des chaines commerciales,
diffusent le "Neighborhood" &#224; des heures o&#250; certains enfants
ne peuvent pas l'utiliser. Je pense que c'est un vrai service aux
familles que d'&#234;tre capable d'enregistrer de tels programmes et de
les montrer &#224; des heures appropri&#233;es. J'ai toujours
pens&#233; qu'avec la venue de toute cette nouvelle technologie qui
permet aux gens d'enregistrer le "Neighborhood" sans avoir &#224; la
regarder, et je parle du "Neighborhood" parce que c'est ce que je
produis, qu'elles deviendraient bien plus actives dans la programmation
de leur vie t&#233;l&#233;visuelle familiale. Tr&#232;s franchement, je
suis oppos&#233; au fait que des gens soient programm&#233;s par
d'autres. Mo napproche globale des &#233; missions a toujours &#233;
t&#233; que "Vous &#234; tes une personne importante simplement comme
vous &#234; tes. Vous pouvez prendre des d&#233;cisions saines".
Peut-&#234;tre que je m'&#233;tends, mais je pense simplement que tout
ce qui permet &#224; une personne d'&#234;tre plus active dans le
contr&#244;le de sa vie, de mani&#232;re saine, est important23.
	</text>
</object>
<object id="677">
	<ocn>677</ocn>
	<text class="norm">
		M&#234;me si il y avait des utilisations qui &#233; taient
l&#233;gales, parce que certaines d'entre elles &#233; taient
ill&#233;gales, le tribunal a tenu pour responsables les entreprises
produisant le magn&#233;toscope.
	</text>
</object>
<object id="678">
	<ocn>678</ocn>
	<text class="norm">
		Ce qui amena Conrad &#224; dessiner le dessin ci-dessous, que nous
pouvons adapter au DMCA.
	</text>
</object>
<object id="679">
	<ocn>679</ocn>
	<text class="norm">
		Aucun argument que je puisse avoir ne peut surpasser cette image, mais
laissez-moi essayer de m'y approcher. Les dispositions
anti-contournement du DMCA visent les technologies de contournement de
copyright. Les technologies de contournement peuvent &#234; tre
utilis&#233;es &#224; des fins diff&#233;rentes. Elles peuvent &#234;
tre utilis&#233;es, par exemple, pour permettre le piratage massif de
mat&#233;riel sous copyright - une mauvaise fin. Ou elles peuvent
&#234; tre utilis&#233;es pour permettre l'utilisation de certains
mat&#233;riels sous copyright selon des mani&#232;res qui seraient
consid&#233;r&#233;es comme de l'usage loyal - une bonne fin.
	</text>
</object>
<object id="680">
	<ocn>680</ocn>
	<text class="norm">
		Un pistolet peut &#234; tre utilis&#233; pour tuer un policier ou un
enfant.
	</text>
</object>
<object id="681">
	<ocn>681</ocn>
	<text class="norm">
		Les plupart des gens acquiescerait qu'un tel usage est mauvais. Ou un
pistolet peut &#234; tre utilis&#233; pour s'entrainer au tir ou &#224;
se prot&#233;ger contre un intrus. Au moisn quelques personnes diraient
que de tels usages seraient bons. C'est, aussi, une technologie qui a
&#224; la fois des bons et des mauvais usages.
	</text>
</object>
<object id="682">
	<ocn>682</ocn>
	<text class="norm">
		<image xmlns:xlink="http://www.w3.org/1999/xlink" xlink:type="simple"
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	</text>
</object>
<object id="683">
	<ocn>683</ocn>
	<text class="norm">
		L'id&#233;e &#233; vidente du dessin de Conrad est
l'&#233;tranget&#233; d'un monde o&#250; les pistolets sont
l&#233;gaux, malgr&#233; les dommages qu'ils peuvent faire, alors que
les magn&#233;toscopes (et les technologies de contournement) sont
ill&#233;gaux. Flash: Personne n'est jamais mort &#224; cause d'un
contournement de copyright. Et pourtant la loi bannit absolument les
technologies de contrournement, malgr&#233; le potentiel qu'elles
peuvent apporter du bien, mais autorise les pistolets, malgr&#233; les
dommages &#233; vidents et tragiques qu'ils font.
	</text>
</object>
<object id="684">
	<ocn>684</ocn>
	<text class="norm">
		Les exemples de l'Aibo et de la RIAA d&#233;montrent comment les
d&#233;tenteurs de copyright sont en train de changer l'&#233;quilibre
qu'octroie la loi du copyright. En utilisant du code, les
d&#233;tenteurs de copyright restreignent l'usage loyal; en utilisant
le DMCA, ils punissent ceux qui tentent d'&#233;chapper aux
restrictions sur l'usage loyal qu'ils imposent &#224; travers le code.
La technologie devient un moyen par lequel l'usage loyal peut &#234;
tre effac&#233;; la loi du DMCA soutient cet effacement.
	</text>
</object>
<object id="685">
	<ocn>685</ocn>
	<text class="norm">
		C'est ainsi que le code devient la loi. Les contr&#244;les
incorpor&#233;s dans la technologie de protection contre la copie et
l'acc&#232;s deviennent des r&#232;gles dont la violation est &#233;
galement une violation de la loi. De cette mani&#232;re, le code &#233;
tend la loi - en augmentant sa r&#233;gulation, m&#234;me si le sujet
qu'il r&#233;gule (des activit&#233;s qui constitueraient autrement
simplement de l'usage loyal) est au-del&#224; de la port&#233;e de la
loi. Le code devient la loi; le code &#233; tend la loi; le cod&#233;
&#233; tend ainsi le contr&#244;le que les d&#233;tenteurs de copyright
effectuent - au moins pour les d&#233;tenteurs de copyright qui ont des
avocats pouvant &#233; crire les lettres mena&#231;antes que Felten et
aibopet.com ont re&#231;ues.
	</text>
</object>
<object id="686">
	<ocn>686</ocn>
	<text class="norm">
		Il y a un dernier aspect de l'interaction entre l'architecture et la
loi qui contribue &#224; la force de la r&#233;gulation du copyright.
C'est l'aisance avec laquelle les infractions de la loi peuvent &#234;
tre d&#233;tect&#233;es. Car contrairement &#224; la r&#233;thorique
commune &#224; la naissance du cyberespace qui dit que sur Internet,
personne ne sait que vous &#234; tes un chien, de plus en plus, selon
les technologies changeantes d&#233;ploy&#233;es sur Internet, il est
facile de trouver le chien qui a commis le tort l&#233;gal. Les
technologies d'Internet son ouvertes aux fureteurs aussi bien qu'aux
partageurs, et les fureteurs sont de plus en plus meilleurs pour
rechercher l'identit&#233; de ceux qui violent les r&#232;gles.
	</text>
</object>
<object id="687">
	<ocn>687</ocn>
	<text class="norm">
		Par exemple, imaginez que vous feriez partie d'un fan club de Star
Trek. Vous vous rassembleriez chaque mois pour partager des anecdotes,
et peut-&#234;tes monteriez une sorte de fiction de fan sur la
s&#233;rie. Une personne jouerait Spock, une autre Capitaint Kirk. Les
personnages commenceraient avec une trame issue d'une vraie histoire,
et la continueraient simplement24.
	</text>
</object>
<object id="688">
	<ocn>688</ocn>
	<text class="norm">
		Avant Internet, c'&#233;tait, dans le fond, une activit&#233;
totalement non-r&#233;gul&#233;e. Peu importe ce qui se passait dans la
salle de votre club, la police du copyright ne vous aurait jamais
d&#233;rang&#233;. Vous seriez libre dans cet espace pour faire ce qui
vous d&#233;sireriez avec cette partie de notre culture. Vous aurez le
droit de l'utiliser comme vous le d&#233;rireriez sans crainte du
contr&#244;le l&#233;gal.
	</text>
</object>
<object id="689">
	<ocn>689</ocn>
	<text class="norm">
		Mais si vous d&#233;placiez votre club sur Internet, et le rendiez
disponible g&#233;n&#233;ralement aux nouvelles candidatures, cela se
passerait tr&#232;s diff&#233;remment. Des robots parcourant le Net
&#224; la recherche d'infractions aux marques et au copyright
trouveraient rapidement votre site. Vos &#233; crits de fiction, en
fonction de la propri&#233;t&#233; des s&#233;ries que vous
d&#233;peignez, pourrait bien inspirer une menace d'avocat. Et ignorer
la menace de l'avocat serait en effet extr&#232;mement couteux. La loi
du copyright est extr&#232;mement efficace. Les peines sont
s&#233;v&#232;res, et le proc&#233;d&#233; est rapide.
	</text>
</object>
<object id="690">
	<ocn>690</ocn>
	<text class="norm">
		Ce changement dans la force efficace de la loi est caus&#233; par un
changement dans la facilit&#233; avec laquelle la loi peut &#234; tre
appliqu&#233;e. Ce changement modifie &#233; galement l'&#233;quilibre
de la loi de mani&#232;re radicale. C'est comme si votre voiture
transmettait la vitesse &#224; laquelle vous roulez &#224; chaque
moment de votre conduite; cela serait la derni&#232;re &#233; tape
avant que l'&#201;tat ne commence &#224; imprimer des amendes selon les
donnez que vous envoyez. C'est, en r&#233;alit&#233;, ce qui est en
train de se passer ici.
	</text>
</object>
<object id="691">
	<ocn>691</ocn>
	<text class="h5">
		March&#233;: Concentration
	</text>
</object>
<object id="692">
	<ocn>692</ocn>
	<text class="norm">
		La dur&#233;e du copyright a augment&#233; de mani&#232;re
consid&#233;rable - triplement durant les trente derni&#232;res
ann&#233;es. L'&#233;tendue du copyright a augment&#233; aussi -
partant d'un contr&#244;le des &#233; diteurs pour maintenant
contr&#244;ler tout le monde. L'atteinte au copyright a chang&#233;,
comme toute action devient une copie elle est susceptible d'&#234;tre
r&#233;glement&#233;e. Comme les techniciens proposent de meilleurs
dispositifs pour contr&#244;ler l'usage du contenu et comme le
copyright est renforc&#233; par la technologie, la force du copyright
change aussi. Le mauvais usage est plus facile &#224; trouver et &#224;
contr&#244;ler. Cette r&#233;gulation du processus de cr&#233;ation qui
commen&#231;ait comme une petite r&#233;gulation s'adressant &#224; une
parcelle du march&#233; de la cr&#233;ation, est devenue le
r&#233;gulateur principal de la cr&#233;ation. C'est une extension
massive de l'&#233;tendue du contr&#244;le gouvernemental sur
l'innovation et la cr&#233;ativit&#233;; qui serait totalement
m&#233;connaissable pour ceux qui cr&#233;&#232;rent le copyright.
	</text>
</object>
<object id="693">
	<ocn>693</ocn>
	<text class="norm">
		De mon point de vue, ces changements seraient sans importance, s'il n'y
avait un changement suppl&#233;mentaire que nous devions aussi
consid&#233;rer. C'est d'un changement qui d'une certaine mani&#232;re
nous est tr&#232;s familier m&#234;me si sa signification et sa
port&#233;e ne sont pas bien comprises. Il s'agit d'un changement qui
cr&#233;e pr&#233;cis&#233;ment la raison pour laquelle nous devons
nous sentir concern&#233;s par toutes les &#233; volutions que j'ai
cit&#233;es.
	</text>
</object>
<object id="694">
	<ocn>694</ocn>
	<text class="norm">
		C'est le changement dans la concentration et l'int&#233;gration des
m&#233;dia. Dans les vingt derni&#232;res ann&#233;es, la nature de la
propri&#233;t&#233; du m&#233;dia a subi une transformation radicale,
provoqu&#233;e par le changement des lois concernant les m&#233;dia.
Avant que ce changement survienne, les diff&#233;rentes formes de
m&#233;dia &#233; taient la propri&#233;t&#233; de soci&#233;t&#233;s
diff&#233;rentes. Maintenant, les m&#233;dia sont entre les mains de
quelques soci&#233;t&#233;s. Vraiment, depuis les changements
annonc&#233;s en juin 2003 par la FCC, la plupart s'attendent &#224; ce
que d'ici quelques ann&#233;es 85% des m&#233;dia soient
contr&#244;l&#233;s par seulement trois soci&#233;t&#233;s.
	</text>
</object>
<object id="695">
	<ocn>695</ocn>
	<text class="norm">
		Ces changements ont deux aspects : l'&#233;tendue de la concentration
et sa nature.
	</text>
</object>
<object id="696">
	<ocn>696</ocn>
	<text class="norm">
		Les changements concernant l'&#233;tendue sont les plus faciles &#224;
d&#233;crire. Comme l'a r&#233;sum&#233; le s&#233;nateur John McCain
les statistiques sur la propri&#233;t&#233; des m&#233;dia
pr&#233;sent&#233;es dans le rapport &#224; la FCC, &#171; cinq
soci&#233;t&#233;s contr&#244;lent 85% de nos sources media. &#187; 25
Les cinq labels Universal Music Group, BMG, Sony Music Entertainment,
Warner Music Group, et EMI contr&#244;lent 84,8% du march&#233; musical
am&#233;ricain. 26 Les &#171; cinq plus grands op&#233;rateurs du
c&#226;ble drainent jusqu'&#224; 74% des abonn&#233;s au niveau
national. &#187; 27
	</text>
</object>
<object id="697">
	<ocn>697</ocn>
	<text class="norm">
		L'histoire de la radio est encore plus dramatique. Avant la
d&#233;r&#233;gulation, les plus grandes compagnies de radio
poss&#233;daient moins de soixante quinze stations. Aujourd'hui une
compagnie poss&#232;de plus de 1200 stations. Durant cette p&#233;riode
de concentration, le nombre de possesseurs de stations de radio a
chut&#233; de 34%. Aujourd'hui, sur la plupart des march&#233;s, les
deux acteurs principaux contr&#244;lent 74% des revenus. Globalement,
quatre compagnies drainent 90% des revenus nationaux de la
publicit&#233; radio.
	</text>
</object>
<object id="698">
	<ocn>698</ocn>
	<text class="norm">
		La concentration dans la possession des journaux a eu lieu aussi.
Aujourd'hui, il y a six cents fois moins de quotidiens aux &#201; tats
Unis qu'il y a quatre vingt ans, et dix compagnies contr&#244;lent la
moiti&#233; des tirages. Il y a vingt &#233; diteurs de journaux
importants aux &#201; tats Unis. Les dix premiers studio de cin&#233;ma
drainent 99% des revenus cin&#233;matographiques. Les dix principales
compagnies de c&#226;ble comptabilisent 85% des revenus du secteur.
C'est un march&#233; tr&#232;s &#233; loign&#233; de la presse libre
que les r&#233;dacteurs de la constitution pensaient prot&#233;ger. En
fait, c'est un march&#233; qui est enti&#232;rement prot&#233;g&#233; -
par le march&#233;.
	</text>
</object>
<object id="699">
	<ocn>699</ocn>
	<text class="norm">
		La concentration est une chose. Le changement le plus insidieux
concerne la nature de cette concentration. Comme James Fallows le
soulignait dans un article r&#233;cent sur Rupert Murdoch,
	</text>
</object>
<object id="700">
	<ocn>700</ocn>
	<text class="norm">
		Les Soci&#233;t&#233;s du groupe Murdoch constituent un syst&#232;me de
production in&#233;gal&#233; dans son int&#233;gration. Elles
fournissent le contenu Fox- - cin&#233;ma...-Fox TV shows... -Fox
diffusion sportive, plus des quotidiens et des livres. Elles vendent le
contenu au public et aux annonceurs dans les journaux, sur les ondes et
les r&#233;seaux c&#226;bl&#233;s. Elles g&#232;rent le syst&#232;me de
distribution physique qui v&#233;hicule le contenu jusqu'aux clients.
Le syst&#232;me de satellites de Murdoch diffuse maintenant News Corp
en Europe et en Asie; si Murdoch devient l'unique propri&#233;taire du
plus grand syst&#232;me de t&#233;l&#233;vision directe, ce
syst&#232;me servira la m&#234;me fonction aux &#201; tats Unis 28.
	</text>
</object>
<object id="701">
	<ocn>701</ocn>
	<text class="norm">
		Le mod&#232;le de Murdoch c'est le mod&#232;le des m&#233;dia modernes.
Pas simplement quelques compagnies poss&#233;dant beaucoup de radio,
mais quelques compagnies poss&#233;dant autant de vari&#233;t&#233;s de
m&#233;dia que possible. Un dessin d&#233;crit mieux ce mod&#232;le que
des milliers de mots.
	</text>
</object>
<object id="702">
	<ocn>702</ocn>
	<text class="norm">
		<image xmlns:xlink="http://www.w3.org/1999/xlink" xlink:type="simple"
xlink:actuate="onLoad" xlink:show="embed"
xlink:href="../_sisu/image/freeculture17.png" width="560" height="350"
/>[freeculture17.png]
	</text>
</object>
<object id="703">
	<ocn>703</ocn>
	<text class="norm">
		Est-ce que cette concentration importe ? Affecte-t-elle le contenu ou
ce qui est distribu&#233; ? Ou s'agit-il simplement d'un moyen plus
efficace de produire et distribuer du contenu ?
	</text>
</object>
<object id="704">
	<ocn>704</ocn>
	<text class="norm">
		Mon point de vue &#233; tait que la concentration ne devrait pas
d&#233;ranger. Je pensais qu'il ne s'agissait que d'une structure
financi&#232;re plus efficace. Mais maintenant, apr&#232;s avoir lu et
&#233; cout&#233; un ensemble de cr&#233;ateurs essayant de me
convaincre du contraire, je commence &#224; changer d'avis.
	</text>
</object>
<object id="705">
	<ocn>705</ocn>
	<text class="norm">
		Voici une histoire qui sugg&#232;re comment cette concentration peut
jouer.
	</text>
</object>
<object id="706">
	<ocn>706</ocn>
	<text class="norm">
		En 1969, Norman Lear cr&#233;a un film pilote pour All in the Family.
Il le pr&#233;senta &#224; ABC. Il n'a pas plu au r&#233;seau. Il dit
&#224; Lear que c'&#233;tait trop crisp&#233;, refaite le. Lear le
refit encore plus crisp&#233; que le premier. ABC &#233; tait
exasp&#233;r&#233;. Vous avez rat&#233; lui dire-t-il. Nous le voulions
moins crisp&#233;, pas davantage.
	</text>
</object>
<object id="707">
	<ocn>707</ocn>
	<text class="norm">
		Plut&#244;t que de se lamenter, Lear a propos&#233; le spectacle
ailleurs. CBS &#233; tait heureux d'avoir la s&#233;rie; ABC ne pouvait
pas l'en emp&#234;cher. Le copyright de Lear a assur&#233; son
ind&#233;pendance vis &#224; vis du contr&#244;le du r&#233;seau29.
	</text>
</object>
<object id="708">
	<ocn>708</ocn>
	<text class="norm">
		Le r&#233;seau ne contr&#244;lait pas ces copyrights car la loi
interdisait aux r&#233;seaux de contr&#244;ler les contenus qu'ils
diffusaient. La loi imposait une s&#233;paration entre les r&#233;seaux
et les producteurs de contenu; cette s&#233;paration garantissait la
libert&#233; de Lear. Et jusqu'en 1992, &#224; cause de ces
r&#232;gles, la grande majorit&#233; des &#233; missions de grande
&#233; coute - 75% - &#233; tait ind&#233;pendante des r&#233;seaux.
	</text>
</object>
<object id="709">
	<ocn>709</ocn>
	<text class="norm">
		En 1994, la FCC a supprim&#233; les r&#232;gles concernant
l'ind&#233;pendance. Apr&#232;s ce changement, les r&#233;seaux ont
rapidement modifi&#233; l'&#233;quilibre. En 1985, il existait 25
studio de production de t&#233;l&#233;vision ind&#233;pendants; en
2002, il n'en reste plus que 5. &#171; En 1992, seulement 15% des
nouvelles s&#233;ries &#233; taient produites par une filiale d'un
r&#233;seau. L 'ann&#233;e derni&#232;re, le pourcentage des &#233;
missions produites par des filiales d'un r&#233;seau a &#233; t&#233;
plus que quintupl&#233; pour atteindre 77%. &#187; <br /> &#171; En
1992, 16 nouvelles s&#233;ries ont &#233; t&#233; produites
ind&#233;pendamment du contr&#244;le d'un conglom&#233;rat,
l'ann&#233;e derni&#232;re, il n'y en a eu qu'une. &#187; 30 En 2002,
75% des &#233; missions de la p&#233;riode de pointe &#233; taient
produites par le r&#233;seau qui les diffusait. &#171; Dans la
p&#233;riode entre 1992 et 2002, le nombre d'heures d'&#233;mission de
la p&#233;riode de pointe par semaine produites par les r&#233;seaux
ont augment&#233;s de 200%, tandis que le nombre d'heures
d'&#233;mission de la p&#233;riode de pointe par semaine produites par
des studios ind&#233;pendants a chut&#233; de 63%.31
	</text>
</object>
<object id="710">
	<ocn>710</ocn>
	<text class="norm">
		Aujourd'hui, un autre Norman Lear avec un autre All in the Family
aurait le choix soit de rendre l'&#233;mission moins crisp&#233;e soit
d'&#234;tre renvoy&#233;. Le contenu des productions
d&#233;velopp&#233;es pour un r&#233;seau sont de plus en plus la
propri&#233;t&#233; de celui-ci.
	</text>
</object>
<object id="711">
	<ocn>711</ocn>
	<text class="norm">
		Tandis que le nombre de cha&#238;nes a augment&#233; de mani&#232;re
consid&#233;rable, la propri&#233;t&#233; de ces cha&#238;nes s'est
concentr&#233;e dans les mains de quelques uns. Comme le disait Barry
Diller &#224; Bill Moyers,
	</text>
</object>
<object id="712">
	<ocn>712</ocn>
	<text class="norm">
		Si vous avez des compagnies qui produisent, qui financent, qui
diffusent sur leur cha&#238;ne et qui distribuent au niveau mondial,
tout ce qui passe par leur syst&#232;me de distribution , alors vous
aboutissez &#224; ce qu'il y ait de moins en moins d'acteurs dans le
processus. Nous avions des douzaines et des douzaines de producteurs
ind&#233;pendants d'&#233;mission de t&#233;l&#233;vision. Maintenant
il n'en reste m&#234;me pas une poign&#233;e32.
	</text>
</object>
<object id="713">
	<ocn>713</ocn>
	<text class="norm">
		Cette r&#233;duction a un effet sur ce qui est produit. La production
de r&#233;seau aussi grands et concentr&#233;s est de plus en plus
homog&#232;ne. De plus en plus s&#252;re. De plus en plus st&#233;rile.
La production des journaux d'actualit&#233; de ces r&#233;seaux est de
plus en plus fa&#231;onn&#233;e par le message que le r&#233;seau veut
v&#233;hiculer. Ce n'est pas le parti communiste, bien que de
l'int&#233;rieur, cela doive ressembler un peu au parti communiste.
Personne ne peut mettre en doute sans risque des cons&#233;quences -
pas n&#233;cessairement le bannissement en Sib&#233;rie, mais une
sanction tout de m&#234;me. Ind&#233;pendance, critique, opinion
diff&#233;rentes sont bannies. Ce n'est pas un environnement pour une
d&#233;mocratie.
	</text>
</object>
<object id="714">
	<ocn>714</ocn>
	<text class="norm">
		Un parall&#232;le &#233; conomique permet d'expliquer pourquoi
l'int&#233;gration touche la cr&#233;ativit&#233;. Clay Christensen a
&#233; crit &#171; le dilemme des innovateurs &#187; : le fait que de
grandes soci&#233;t&#233;s traditionnelles ignorent de mani&#232;re
d&#233;lib&#233;r&#233;e les perc&#233;es technologiques qui affectent
leur coeur de m&#233;tier. La m&#234;me analyse pourrait permettre
d'expliquer pourquoi de grands groupes de m&#233;dia traditionnels
trouvent rationnels d'ignorer de nouvelles tendances culturelles33. Les
mastodontes non seulement ne sprintent pas, mais ne doivent pas
sprinter. Si le terrain est r&#233;serv&#233; aux g&#233;ants, il y
aura tr&#232;s peu de sprint.
	</text>
</object>
<object id="715">
	<ocn>715</ocn>
	<text class="norm">
		Je ne pense pas que nous connaissions suffisamment l'&#233;conomie du
march&#233; des m&#233;dia pour affirmer avec certitude ce que la
concentration et l'int&#233;gration am&#232;neront. Les rendements sont
importants, et les effets sur la culture difficiles &#224; mesurer.
	</text>
</object>
<object id="716">
	<ocn>716</ocn>
	<text class="norm">
		Mais, il y a un exemple &#233; vident qui montre nettement le
probl&#232;me.
	</text>
</object>
<object id="717">
	<ocn>717</ocn>
	<text class="norm">
		En compl&#233;ment de la guerre des copyright, nous sommes au milieu de
la guerre de la drogue. La politique gouvernementale combat les cartels
de la drogue; les tribunaux criminels et civils sont surcharg&#233;s
&#224; la suite de ce combat.
	</text>
</object>
<object id="718">
	<ocn>718</ocn>
	<text class="norm">
		Laissez-moi me disqualifier de toute possible accointance avec la
position du gouvernement en disant que je crois que ce combat est une
erreur profonde. Je ne suis pas pro drogue. Au contraire, je viens
d'une famille victime de la drogue, bien que les drogues qui
d&#233;truisirent ma famille &#233; taient enti&#232;rement
l&#233;gales. Je crois que ce combat est une erreur profonde car les
dommages collat&#233;raux sont si grands qu'ils rendent folle la
poursuite de la guerre. Quand vous additionnez le fardeau sur le
syst&#232;me judiciaire, le d&#233;sespoir de g&#233;n&#233;rations
d'ado dont la seule r&#233;elle opportunit&#233; &#233; conomique est
d'&#234;tre un revendeur, les atteintes aux protections
constitutionnelles &#224; cause de la surveillance constante que ce
combat implique, et, par dessus tout, la compl&#232;te destruction du
syst&#232;me judiciaire de plusieurs pays d'Am&#233;rique latine &#224;
cause du pouvoir des cartels de la drogue, je pense qu'il est
impossible de croire que le b&#233;n&#233;fice marginal de la
r&#233;duction de la consommation am&#233;ricaine de drogue puisse
contrebalancer ces co&#252;ts.
	</text>
</object>
<object id="719">
	<ocn>719</ocn>
	<text class="norm">
		Vous n'&#234;tes pas convaincu. D'accord, nous sommes en
d&#233;mocratie et c'est par le vote que nous choisissons notre
politique. Mais pour cela, nous sommes fondamentalement tributaire de
la presse qui informe les am&#233;ricains de ces sujets.
	</text>
</object>
<object id="720">
	<ocn>720</ocn>
	<text class="norm">
		Au d&#233;but de 1998, l'office national de lutte contre les drogues
lan&#231;a une campagne m&#233;diatique dans sa &#171; guerre contre
les drogues &#187; . La campagne produisit des tas de clips traitant de
questions relatives aux drogues ill&#233;gales. Dans une des
s&#233;ries (Nick et Norm) deux hommes dans un bar discutent de
l'id&#233;e de l&#233;galiser des drogues comme un moyen d'&#233;viter
certains des dommages collat&#233;raux de cette guerre. L'un avance un
argument en faveur de la l&#233;galisation des drogues. L'autre
r&#233;pond par un d&#233;veloppement convaincant et &#233; tay&#233;
&#224; l'argument du premier. &#192; la fin, le premier gars change
d'avis (c'est de la t&#233;l&#233;). L'insert publicitaire se termine
par une attaque accablante contre la campagne pour la
l&#233;galisation.
	</text>
</object>
<object id="721">
	<ocn>721</ocn>
	<text class="norm">
		Assez &#233; quitable. Bonne publicit&#233;. Pas vraiment trompeuse.
Elle d&#233;livre bien son message. Il s'agit d'un message raisonnable
et &#233; quilibr&#233;.
	</text>
</object>
<object id="722">
	<ocn>722</ocn>
	<text class="norm">
		Imaginons que vous pensiez que le message soit mauvais et que vous
vouliez faire une contre publicit&#233;. Imaginons que vous vouliez
pr&#233;senter une s&#233;rie de pubs qui cherchent &#224;
d&#233;montrer les extraordinaires dommages collat&#233;raux de la
guerre contre la drogue. Pouvez vous le faire ?
	</text>
</object>
<object id="723">
	<ocn>723</ocn>
	<text class="norm">
		&#201; videmment toutes ces pub co&#252;tent beaucoup d'argent.
Supposons que vous ayez l'argent. Supposons qu'un groupe de citoyens
donnent suffisamment d'argent pour vous aider &#224; diffuser votre
message. &#202; tes-vous s&#252;r que votre message sera entendu ?
	</text>
</object>
<object id="724">
	<ocn>724</ocn>
	<text class="norm">
		Non. Les cha&#238;nes de t&#233;l&#233;vision ont pour politique
d'&#233;viter les pubs sujettes &#224; controverse. Les pubs produites
par le gouvernement sont suppos&#233;es ne pas &#234; tre sujettes
&#224; controverse; les pubs en d&#233;saccord avec le gouvernement
sont sujettes &#224; controverse. Cette s&#233;lectivit&#233; peut
&#234; tre jug&#233;e incompatible avec le premier amendement, mais la
cour supr&#234;me a d&#233;cid&#233; que les stations ont le droit de
choisir ce qu'elles diffusent. Donc les principales cha&#238;nes
commerciales refuseront &#224; une des parties l'opportunit&#233; de
pr&#233;senter son avis sur un d&#233;bat crucial. Et les tribunaux
ent&#233;rineront les droits des stations &#224; de telles pratiques34.
	</text>
</object>
<object id="725">
	<ocn>725</ocn>
	<text class="norm">
		Je serais ravi de d&#233;fendre les droits des diffuseurs si nous
vivions dans univers m&#233;diatique r&#233;ellement vari&#233;. Mais
la concentration dans les m&#233;dia met cette condition en p&#233;ril.
Si une poign&#233;e de soci&#233;t&#233;s contr&#244;lent l'acc&#232;s
au m&#233;dia, et que cette poign&#233;e de compagnies d&#233;cide
quels sont les opinions politiques que doivent promouvoir ses
cha&#238;nes, alors il est &#233; vident que la concentration pose
probl&#232;me. Vous pouvez partager les opinions que cette poign&#233;e
de compagnies a s&#233;lectionn&#233;. Mais vous ne devriez pas
appr&#233;cier un monde dans lequel seuls quelques uns d&#233;cident
des sujets dont les autres doivent &#234; tre inform&#233;s.
	</text>
</object>
<object id="726">
	<ocn>726</ocn>
	<text class="h5">
		Ensemble
	</text>
</object>
<object id="727">
	<ocn>727</ocn>
	<text class="norm">
		Il y a quelque chose d'innocent et d'&#233;vident &#224; propos de la
revendication des guerriers du copyright que le gouvernement devrait
"prot&#233;ger ma propri&#233;t&#233;". Dans l'abstrait, c'est &#233;
videmment vrai et, ordinairement, compl&#232;tement inoffensif. Aucun
non-anarchiste sain d'esprit ne pourrait ne pas &#234; tre d'accord.
	</text>
</object>
<object id="728">
	<ocn>728</ocn>
	<text class="norm">
		Mais quand nous voyons de quelle mani&#232;re spectaculaire la
"propri&#233;t&#233;" a chang&#233; - quand nous reconnaissons comment
elle pourrait maintenant interagir avec &#224; la fois la technologie
et les march&#233;s pour signifier que la contraite effective sur la
libert&#233; de cultuver notre culture est nettement diff&#233;rente -
la revendication commence &#224; &#234; tre moins innocente et &#233;
vidente. &#201; tant donn&#233;s (1) le pouvoir de la technologie
&#224; s'ajouter au contr&#244;le de la loi, et (2) le pouvoir des
march&#233;s concentr&#233;s &#224; affaiblir l'opportunit&#233; de
protester, si appliquer strictement les droits de "propri&#233;t&#233;"
massivement &#233; tendus accord&#233;s par le copyright change
fondamentalement la libert&#233; dans cette culture de cultiver et de
r&#233;utiliser le pass&#233;, alors nous devons demander si cette
propri&#233;t&#233; devrait &#234; tre red&#233;finie.
	</text>
</object>
<object id="729">
	<ocn>729</ocn>
	<text class="norm">
		Pas violemment. Ou absolument. Je ne dis que que nous devrions abolir
le copyright ou revenir au XVIIIe si&#232;cle. Ce serait une erreur
totale, d&#233;sastreuse pour les initiatives cr&#233;atives les plus
importantes dans notre culture aujoud'hui.
	</text>
</object>
<object id="730">
	<ocn>730</ocn>
	<text class="norm">
		Mais il y a un espace entre z&#233;ro et un, malgr&#233; la culture
d'Internet. Et ces changements massifs dans le pouvoir effectif de la
r&#233;gulation du copyright, li&#233;s &#224; la concentration accrue
de l'industrie du contenu et reposant dans les mains d'une technologie
qui va de plus en plus permettre de contr&#244;le sur l'utilisation de
la culture, devrait nous mener &#224; nous demander si un autre
ajustement est requis. Pas un ajustement qui augmenterait le pouvoir du
copyright. Pas un ajustement qui augmenterait sa dur&#233;e.
Plut&#244;t, un ajustement qui restaurerait l'&#233;quilibre qui a
traditionnellement d&#233;fini la r&#233;gulation du copyright - un
affaiblissement de cette r&#233;gulation, pour renforcer la
cr&#233;ativit&#233;.
	</text>
</object>
<object id="731">
	<ocn>731</ocn>
	<text class="norm">
		La loi du copyright n'a pas &#233; t&#233; un Roc de Gibraltar. Ce
n'est pas en ensemble d'engagements constants que, pour quelque raison
myst&#233;rieuse, les adolescents et les mordus d'informatique
m&#233;prisent maintenant. Au lieu de cela, le pouvoir du copyright a
augment&#233; sensiblement pendant une courte p&#233;riode de temps,
pendant que les technologies de distribution et de cr&#233;ation ont
chang&#233; et que les lobbyistes ont fait pression pour plus de
contr&#244;le pour les d&#233;tenteurs de copyright. Les changements
dans le pass&#233; en r&#233;ponse aux changements dans la technologie
sugg&#232;rent que nous avons peut-&#234;tre bien besoin de changements
similaires &#224; l'avenir. Et ces changements doivent &#234; tre des
r&#233;ductions de l'&#233;tendue du copyright, en r&#233;ponse &#224;
l'augmentation extraordinaire du contr&#244;le que la technologie et le
march&#233; permettent.
	</text>
</object>
<object id="732">
	<ocn>732</ocn>
	<text class="norm">
		Car la seule chose qui est perdue dans cette guerre contre les pirates
est une chose que nous verrons apr&#232;s avor sond&#233;
l'&#233;tendue de ces changements. Quand vous additionnez l'effet de la
loi modifi&#233;e, des march&#233;s concentr&#233;s, et la technologie
changeante, ensemble ils produisent une conclusion &#233; tonnante :
Jamais dans notre histoire aussi peu n'ont eu le droit l&#233;gal de
contr&#244;ler autant le d&#233;veloppement de notre culture que
maintenant.
	</text>
</object>
<object id="733">
	<ocn>733</ocn>
	<text class="norm">
		Pas quand les copyright &#233; tianet perp&#233;tuels, car quand les
copyrights &#233; taient perp&#233;tuels, ils affectaient seulement ce
travail de cr&#233;ation pr&#233;cis. Pas quand seulement les &#233;
diteurs avaient les outils pour publier, car le march&#233; &#233; tait
alors plus vari&#233;. Pas quand il y avait seulement trois chaines de
t&#233;l&#233;vision, car m&#234;me alors, les journeaux, les studios
de film, les stations de radio et les &#233; diteurs &#233; taient
ind&#233;pendants des r&#233;seaux. Le copyright n'a jamais
prot&#233;g&#233; un tel &#233; ventail de droits, contre un &#233;
ventail aussi grand d'acteurs, pour une dur&#233;e qui &#233; tait
lointainement aussi longue. Cette forme de r&#233;gulation - une
minuscule r&#233;gulation d'une minuscule partie de l'&#233;nergie
cr&#233;atrice d'une nation &#224; ses d&#233;buts - est maintenant une
r&#233;gulation massive de l'ensemble du processus cr&#233;atif. La loi
plus la technologie plus le march&#233; interagissent maintenant pour
changer cette r&#233;gulation historiquement b&#233;nigne en la
r&#233;gulation de culture la plus importante que notre
soci&#233;t&#233; libre a jamais connu.35
	</text>
</object>
<object id="734">
	<ocn>734</ocn>
	<text class="norm">
		Cela a &#233; t&#233; un long chapitre. Son but peut maintenant &#234;
tre bri&#232;vement &#233; nonc&#233;.
	</text>
</object>
<object id="735">
	<ocn>735</ocn>
	<text class="norm">
		Au d&#233;but de ce livre, j'ai fait la distinction entre la culture
commerciale et non-commerciale. Au cours de ce chapitre, j'ai fait la
distinction entre copier une oeuvre et la transformer. Nous pouvons
maintenant combiner ces deux distinctions et dessiner une carte claire
des changements que la loi du copyright a subi.
	</text>
</object>
<object id="736">
	<ocn>736</ocn>
	<text class="norm">
		En 1790, la loi ressemblait &#224; ceci:
	</text>
</object>
<object id="737">
	<ocn>737</ocn>
	<text class="table">	
		<table summary="normal text css" width="100%" border="0" bgcolor="white" cellpadding="2" align="center">
      <tr><th width="33%">&#160; </th><th width="33%">&#201;DITER</th><th width="33%">TRANSFORMER</th></tr>
      <tr><td width="33%">Comercial</td><td width="33%">&#169;</td><td width="33%">Libre</td></tr>
      <tr><td width="33%">Non-commercial</td><td width="33%">Libre</td><td width="33%">Libre</td></tr>
    </table>
	</text>
</object>
<object id="738">
	<ocn>738</ocn>
	<text class="norm">
		L'acte d'&#233;diter une carte, un graphique et un livre &#233; tait
r&#233;gul&#233; par la loi du copyright. Rien d'autre ne l'&#233;tait.
Les transformations &#233; taient libres. Et comme le copyright
s'obtenait uniquement avec une inscription, et comme seuls ceux qui
avaient l'intention de b&#233;n&#233;ficier commercialement
s'enregistraient, la copie par l'&#233;dition d'oeuvres
non-commerciales &#233; tait &#233; galement libre.
	</text>
</object>
<object id="739">
	<ocn>739</ocn>
	<text class="norm">
		&#192; la fin du XIXe si&#232;cle, la loi avait chang&#233; en ceci:
	</text>
</object>
<object id="740">
	<ocn>740</ocn>
	<text class="table">	
		<table summary="normal text css" width="100%" border="0" bgcolor="white" cellpadding="2" align="center">
      <tr><th width="33%">&#160; </th><th width="33%">&#201;DITER</th><th width="33%">TRANSFORMER</th></tr>
      <tr><td width="33%">Commercial</td><td width="33%">&#169;</td><td width="33%">&#169;</td></tr>
      <tr><td width="33%">Non-commercial</td><td width="33%">&#169;/Libre</td><td width="33%">Libre</td></tr>
    </table>
	</text>
</object>
<object id="741">
	<ocn>741</ocn>
	<text class="norm">
		Les oeuvres d&#233;riv&#233;es &#233; taient alors r&#233;gul&#233;es
par la loi du copyright - si &#233; dit&#233;es, ce qui encore, &#233;
tant donn&#233; l'&#233;conomie de l'&#233;dition &#224; cette &#233;
poque, signifie si disponible commercialement. Mais les &#233; ditions
et transformations non-commerciales &#233; taient encore
essentiellement libres.
	</text>
</object>
<object id="742">
	<ocn>742</ocn>
	<text class="norm">
		En 1909, la loi changea pour r&#233;guler les copies, pas
l'&#233;dition, et apr&#232;s ce changement, la port&#233;e de la loi
&#233; tait li&#233;e &#224; la technologie. Comme la technologie de
copie devenait plus r&#233;pandue, la port&#233;e de la loi s'est
&#233; tendue. Ainsi en 1975, comme les photocopieuses devenaienet de
plus en plus communes, nous pourrions dire que la loi commen&#231;ait
&#224; ressembler &#224; ceci:
	</text>
</object>
<object id="743">
	<ocn>743</ocn>
	<text class="table">	
		<table summary="normal text css" width="100%" border="0" bgcolor="white" cellpadding="2" align="center">
      <tr><th width="33%">&#160; </th><th width="33%">COPIER</th><th width="33%">TRANSFORMER</th></tr>
      <tr><td width="33%">Commercial</td><td width="33%">&#169;</td><td width="33%">&#169;</td></tr>
      <tr><td width="33%">Non-commercial</td><td width="33%">&#169;</td><td width="33%">&#169;</td></tr>
    </table>
	</text>
</object>
<object id="744">
	<ocn>744</ocn>
	<text class="norm">
		La loi &#233; tait interpr&#233;t&#233;e pour atteindre la copie
non-commerciale &#224; travers, disons, les photocopieuses, mais
pourtant la plupart des copies en dehors du march&#233; commercial
restait libre. Mais les cons&#233;quences de l'&#233;mergence des
technologies num&#233;riques, en particulier dans le contexte d'un
r&#233;seau num&#233;rique, signifie que la loi ressemble maintenant
&#224; ceci:
	</text>
</object>
<object id="745">
	<ocn>745</ocn>
	<text class="table">	
		<table summary="normal text css" width="100%" border="0" bgcolor="white" cellpadding="2" align="center">
      <tr><th width="33%">&#160; </th><th width="33%">COPIER</th><th width="33%">TRANSFORMER</th></tr>
      <tr><td width="33%">Commercial</td><td width="33%">&#169;</td><td width="33%">&#169;</td></tr>
      <tr><td width="33%">Non-commercial</td><td width="33%">&#169;</td><td width="33%">&#169;</td></tr>
    </table>
	</text>
</object>
<object id="746">
	<ocn>746</ocn>
	<text class="norm">
		Chaque domaine est gouvern&#233; par la loi du copyright, alors
qu'auparavant la plupart de la cr&#233;ativit&#233; ne l'&#233;tait
pas. La loi r&#233;gule maintenant toute la port&#233;e de la
cr&#233;ativit&#233; - commerciale ou pas, transformative ou pas - avec
les m&#234;mes r&#232;gles con&#231;ues pour r&#233;guler les &#233;
diteurs commerciaux.
	</text>
</object>
<object id="747">
	<ocn>747</ocn>
	<text class="norm">
		&#201; videmment, la loi du copyright n'est pas l'ennemi. L'ennemi est
la r&#233;gulation qui a un r&#233;sultat n&#233;gatif. Donc la
question que nous devrions nous poser maintenant est est-ce
qu'&#233;tendre les r&#233;gulations de la loi du copyright dans chacun
de ces domaines est v&#233;ritablement une bonne chose.
	</text>
</object>
<object id="748">
	<ocn>748</ocn>
	<text class="norm">
		JE ne doute pas qu'elle fait du bien dans la r&#233;gulation de la
copie comemrciale. Mais je ne doute pas non plus qu'elle fait plus de
mal que de bien quand elle r&#233;gule (comme elle r&#233;gule
maintenant) la copie non-commerciale et, particuli&#232;rement, la
transformation non-commerciale. Et de plus en plus, pour les raisons
esquiss&#233;es en particulier dans les chapitres 7 et 8, on pourrait
bien se demander si elle ne fait pas plus de mal que de bien pour la
transformation commerciale. Davantage d'oeuvres transformatives
commerciales seraient cr&#233;&#233;es si les droits d&#233;rivatifs
&#233; taient plus nettement limit&#233;s.
	</text>
</object>
<object id="749">
	<ocn>749</ocn>
	<text class="norm">
		Le probl&#232;me n'est donc pas simplement de savoir si le copyright
est une propri&#233;t&#233;. Bien s&#252;r le copyright est une sorte
de "propri&#233;t&#233;", et bien s&#252;r, comme avec toute
propri&#233;t&#233;, l'&#201;tat se doit de la prot&#233;ger. Mais
malgr&#233; les premi&#232;res impressions, historiquement, ce droit de
propri&#233;t&#233; (comme avec tous les droits de
propri&#233;t&#233;36) a &#233; t&#233; con&#231;u pour &#233;
quilibrer le besoi nimportant de donner aux auteurs et aux artistes des
encouragements avec le besoi ntout aussi important d'assurer
l'acc&#232;s &#224; l'oeuvre cr&#233;ative. Cet &#233; quilibre a
toujours &#233; t&#233; frapp&#233; &#224; la lumi&#232;re de nouvelles
technologies. Et pour presque la moiti&#233; de notre tradition, le
"copyright" n'a pas du tout contr&#244;l&#233; la libert&#233; des
autres de r&#233;utiliser ou de transformer une oeuvres cr&#233;ative.
La culture am&#233;ricaine est n&#233;e libre, et pendant presque 180
ans notre pays a syst&#233;matiquement prot&#233;g&#233; uen culture
libre vivante et riche.
	</text>
</object>
<object id="750">
	<ocn>750</ocn>
	<text class="norm">
		Nous avons r&#233;ussi cette culture libre parce que notre loi
respectat les limites importantes dans la port&#233;e des
int&#233;r&#234;ts prot&#233;g&#233;s par la "propri&#233;t&#233;". La
naissance m&#234;me du "copyright" comme droit statutaire reconnaissait
ces limites, en octroyant la protection des d&#233;tenteurs de
copyright pour une p&#233;riode limit&#233;e (l'histoire du chapitre
6). La tradition de l'usage loyal est anim&#233;e par une
pr&#233;occupation similaire qui est de plus en plus contrainte alors
que le cout d'exercer n'importe quel droit d'usage loyal devient
un&#233;vitablement &#233; lev&#233; (l'histoire du chapitre 7).
L'ajout de droits statutaires o&#250; le march&#233; pourrait &#233;
touffer l'innovation est une autre limite famili&#232;re sur le droit
de propri&#233;t&#233; qu'est le copyright (chapitre 8). Et permettre
une large libert&#233; de collecte pour les archives et les
biblioth&#232;ques, malgr&#233; les revendications de
propri&#233;t&#233;, est une partie cruciale pour garantire l'ame d'une
culture (chapitre 9). Les cultures libres, comme les march&#233;s
libres, sont construites avec la propri&#233;t&#233;. Mais la nature de
la propri&#233;t&#233; qui construit ue nculture libre est tr&#232;s
diff&#233;rents de la cision extr&#233;miste qui domine le d&#233;bat
aujourd'hui.
	</text>
</object>
<object id="751">
	<ocn>751</ocn>
	<text class="norm">
		La culture libre est de plus en plus la victime de cette guerre contre
le piratage. En r&#233;ponse &#224; une menace r&#233;elle, &#224;
d&#233;faut d'&#234;tre quantifi&#233;e, que les technologies
d'Internet pr&#233;sentent aux mod&#232;les &#233; conomiques du
vingti&#232;me si&#232;cle pour produire et distribuer la culture, la
loi et la technologie sont en train d'&#234;tre transform&#233;es d'une
mani&#232;re qui va saper notre tradition de culture libre. Le droit de
propri&#233;t&#233; qu'est le copyright n'est plus le droit &#233;
quilibr&#233; qu'il &#233; tait, ou qu'il &#233; tait destin&#233;
&#224; &#234; tre. Le droit de propri&#233;t&#233; qu'est le copyright
est devenu d&#233;s&#233;quilibr&#233;, dangereusement inclin&#233;
vers un extr&#232;me. L'opportunit&#233; de cr&#233;er etdetransformer
devient plus faible dans un monde o&#250; la cr&#233;ation requiert la
permission et la cr&#233;ativit&#233; doit v&#233;rifier avec un
avocat.
	</text>
</object>
<object id="752">
	<ocn>752</ocn>
	<text class="h2">
		Casse-t&#234;tes
	</text>
</object>
<object id="753">
	<ocn>753</ocn>
	<text class="h4">
		Chim&#232;res
	</text>
</object>
<object id="754">
	<ocn>754</ocn>
	<text class="norm">
		Dans une nouvelle c&#233;l&#232;bre de H. G. Wells, un alpiniste du nom
de Nunez se retrouve (en descendant une pente verglac&#233;e) dans une
vall&#233;e inconnue et isol&#233;e des Andes P&#233;ruviennes.1 La
vall&#233;e est extraordinairement belle, avec "de l'eau douce, des
prairies, un climat constant, des collines d'une terre riche et brune
avec des arbustes enchev&#234;tr&#233;s qui portaient des fruits
excellents." Mais les villageois sont tous aveugles. Nunez y voit sa
chance. "Au royaume des aveugles", se dit-il, "les borgnes sont les
rois." Il d&#233;cide donc de vivre avec les villageois, pour
conna&#238;tre une vie de roi.
	</text>
</object>
<object id="755">
	<ocn>755</ocn>
	<text class="norm">
		Les choses ne se d&#233;roulent pas comme pr&#233;vu. Il essaie
d'expliquer l'id&#233;e de vision aux villageois. Ils ne comprennent
pas. Il leur dit qu'ils sont "aveugles". Ils ne connaisent pas le mot
aveugle. Ils le tiennent pour un idiot. En effet, au fur et &#224;
mesure qu'ils se rendent compte des choses qu'il ne sait pas faire
(entendre le bruit des pas sur l'herbe, par exemple), ils essaient de
le manipuler. Lui, de son c&#244;t&#233;, devient de plus en plus amer.
"'Vous ne comprenez pas,' dit-il, d'une voix qu'il voulait forte et
r&#233;solue, mais qui se transforma en pleur. 'Vous &#234; tes
aveugles et moi je vois. Laissez-moi tranquille!'"
	</text>
</object>
<object id="756">
	<ocn>756</ocn>
	<text class="norm">
		Mais les villageois ne le laissent pas tranquille. Pas plus qu'ils ne
voient (pour ainsi dire) les avantages de son pouvoir sp&#233;cial.
M&#234;me l'objet de tous ses d&#233;sirs, une jeune femme qui lui
semble "la chose la plus belle de toute la cr&#233;ation", ne comprend
rien &#224; la beaut&#233; de la vue. La description faite par Nunez de
ce qu'il voit "lui semblait la fantaisie la plus po&#233;tique, et elle
&#233; coutait sa description des &#233; toiles et des montagnes et de
sa propre douce beaut&#233; comme s'il s'agissait d'un plaisir
coupable."
	</text>
</object>
<object id="757">
	<ocn>757</ocn>
	<text class="norm">
		"Elle ne croyait pas", nous dit Wells et "elle ne pouvait comprendre
qu'&#224; moiti&#233;, mais elle &#233; tait myst&#233;rieusement
enchant&#233;e."
	</text>
</object>
<object id="758">
	<ocn>758</ocn>
	<text class="norm">
		Lorsque Nunez annonce sa volont&#233; d'&#233;pouser cet amour
"myst&#233;rieusement enchant&#233;", son p&#232;re et le village s'y
opposent. "Vois-tu, ma ch&#232;re", lui explique son p&#232;re, "c'est
un idiot. Il a des illusions. Il ne sait rien faire correctement." Ils
emm&#232;nent Nunez chez le m&#233;decin du village.
	</text>
</object>
<object id="759">
	<ocn>759</ocn>
	<text class="norm">
		Apr&#232;s un examen attentif, le docteur donne son avis. "Son cerveau
est perturb&#233;," dit-il.
	</text>
</object>
<object id="760">
	<ocn>760</ocn>
	<text class="norm">
		"De quelle mani&#232;re?" demande le p&#232;re. "Ces choses bizarres
que l'on appelle les yeux ... sont malades ... d'une mani&#232;re qui
perturbe son cerveau."
	</text>
</object>
<object id="761">
	<ocn>761</ocn>
	<text class="norm">
		Le docteur continue: "Je pense pouvoir affirmer sans me tromper que
pour le soigner compl&#232;tement, nous n'avons qu'&#224; effectuer une
op&#233;ration chirurgicale simple et facile -- c'est-&#224;-dire
enlever ces corps irritants [les yeux]."
	</text>
</object>
<object id="762">
	<ocn>762</ocn>
	<text class="norm">
		"Remercions le Ciel de nous avoir donn&#233; la science!" dit le
p&#232;re au docteur. Ils informent Nunez de la condition
n&#233;cessaire pour qu'il soit autoris&#233; &#224; &#233; pouser sa
fianc&#233;e. (Vous devrez lire l'original pour savoir ce qui se passe
&#224; la fin. Je crois en une culture libre, mais je ne
r&#233;v&#232;le jamais la fin d'une histoire.)
	</text>
</object>
<object id="763">
	<ocn>763</ocn>
	<text class="norm">
		Il arrive parfois que les oeufs de jumeaux fusionnent dans
l'ut&#233;rus de leur m&#232;re. Cette fusion produit une
"chim&#232;re". Une chim&#232;re est une cr&#233;ature avec deux
patrimoines g&#233;n&#233;tiques. L'ADN dans le sang, par exemple, peut
&#234; tre diff&#233;rent de l'ADN de la peau. Cette possibilit&#233;
est sous-utilis&#233;e pour les romans policiers. "Mais l'ADN
d&#233;montre avec 100 pour cent de certitude qu'elle n'est pas la
personne dont on a retrouv&#233; le sang sur les lieux du crime..."
	</text>
</object>
<object id="764">
	<ocn>764</ocn>
	<text class="norm">
		Avant d'avoir lu quelque chose sur ces chim&#232;res, j'aurais tenu
leur existence pour impossible. Une seule personne ne peut pas avoir
deux partimoines g&#233;n&#233;tiques. L'id&#233;e m&#234;me que l'on a
de l'ADN est que c'est le code d'un individu. Mais en fait, non
seulement deux individus peuvent avoir le m&#234;me ADN (vrais
jumeaux), mais une personne peut avoir deux ADN diff&#233;rents (une
chim&#232;re). Notre d&#233;finition d'une "personne" doit prendre en
compte cette r&#233;alit&#233;.
	</text>
</object>
<object id="765">
	<ocn>765</ocn>
	<text class="norm">
		Plus je travaille &#224; comprendre la dispute actuelle au sujet du
copyright et de la culture, que j'ai appel&#233;e souvent &#224; tort,
mais parfois &#224; raison, "la guerre du copyright", plus je pense que
nous avons affaire &#224; une chim&#232;re. Par exemple, dans la
bataille sur la question "Qu'est-ce que le partage de fichier p2p?",
les deux camps ont &#224; la fois raison et tort. Un camp dit: "Le
partage de fichier, c'est comme deux enfants qui s'&#233;changent et
copient des cassettes--le genre de chose que nous avons fait depuis une
trentaine d'ann&#233;es sans jamais nous poser de questions." C'est
vrai, du moins en partie. Quand je dis &#224; mon meilleur ami
d'essayer un nouveau CD que j'ai achet&#233;, et au lieu de lui envoyer
le CD, je lui indique mon serveur p2p, c'est, &#224; tous points de
vue, exactement ce que chaque directeur de chaque maison de disque
faisait &#233; tant enfant: partager de la musique.
	</text>
</object>
<object id="766">
	<ocn>766</ocn>
	<text class="norm">
		Mais cette description est aussi fausse en partie. Car si mon serveur
p2p fait partie d'un r&#233;seau p2p &#224; travers lequel tout le
monde peut acc&#233;der &#224; ma musique, alors bien s&#252;r mes amis
peuvent y acc&#233;der, mais c'est d&#233;former le sens du mot "ami"
que de dire "mes dix mille meilleurs amis" peuvent y acc&#233;der. Que
partager ma musique avec mon meilleur ami soit ou non "ce que nous
avons toujours &#233; t&#233; autoris&#233;s &#224; faire", nous
n'avons pas toujours &#233; t&#233; autoris&#233;s &#224; la partager
avec "nos dix mille meilleurs amis."
	</text>
</object>
<object id="767">
	<ocn>767</ocn>
	<text class="norm">
		De m&#234;me, quand l'autre camp dit: "Partager des fichiers, c'est
exactement comme entrer chez Tower Records, prendre un CD du rayonnage
et sortir avec", c'est vrai, du moins en partie. Si, apr&#232;s que
Lyle Lovett a (enfin) sorti un nouvel album, plut&#244;t que de
l'acheter je vais sur Kazaa et j'en trouve une copie gratuite, ca
ressemble beaucoup &#224; voler un CD chez Tower.
	</text>
</object>
<object id="768">
	<ocn>768</ocn>
	<text class="norm">
		Mais ce n'est pas compl&#232;tement comme voler chez Tower. Apr&#232;s
tout, si je leur prends un CD, Tower Records a un CD de moins &#224;
vendre, et j'ai un morceau de plastique avec une pochette, quelque
chose &#224; exhiber sur mon &#233; tag&#232;re. (Et pendant qu'on y
est, on peut aussi remarquer que si je vole un CD chez Tower Records,
le montant maximum de l'amende qui peut m'&#234;tre inflig&#233;e, du
moins selon la loi californienne, est de 1.000 dollars. D'apr&#232;s la
RIAA, si &#224; l'inverse je t&#233;l&#233;charge un CD de dix titres,
je suis passible d'une amende de 1.500.000 dollars).
	</text>
</object>
<object id="769">
	<ocn>769</ocn>
	<text class="norm">
		Je ne cherche pas &#224; dire que la r&#233;alit&#233; est
diff&#233;rente de ce que chaque camp d&#233;crit. Ce que je veux dire,
c'est que la r&#233;alit&#233; est comme ils la d&#233;crivent tous les
deux -- la RIAA et Kazaa. C'est une chim&#232;re. Et au lieu de
d&#233;nier ce que l'autre camp affirme, nous devons commencer &#224;
r&#233;fl&#233;chir &#224; la mani&#232;re de r&#233;pondre &#224;
cette chim&#232;re. Quelles sont les lois qui la gouvernent?
	</text>
</object>
<object id="770">
	<ocn>770</ocn>
	<text class="norm">
		Nous pourrions r&#233;pondre simplement que ce n'est pas une
chim&#232;re. Nous pourrions, avec la RIAA, d&#233;cider que chaque
acte de partage de fichier est un d&#233;lit. Nous pourrions poursuivre
des familles, et leur r&#233;clamer des millions de dollars de
dommages, simplement parce que des fichiers ont &#233; t&#233; &#233;
chang&#233;s sur un ordinateur familial. Et nous pouvons forcer les
universit&#233;s &#224; surveiller tout le trafic sur leurs
r&#233;seaux, pour s'assurer qu'aucun ordinateur n'est utilis&#233;
pour commettre ce d&#233;lit. Ces r&#233;ponses sont peut-&#234;tre
extr&#234;mes, mais elles ont toutes &#233; t&#233; soit propos&#233;es
soit mises en pratique.2
	</text>
</object>
<object id="771">
	<ocn>771</ocn>
	<text class="norm">
		Ou alors, nous pourrions r&#233;pondre au partage de fichier de la
mani&#232;re anticip&#233;e par beaucoup. Nous pourrions le rendre
enti&#232;rement l&#233;gal. Faire qu'il n'y ait pas de
responsabilit&#233; civile ou l&#233;gale &#224; rendre des contenus
sous copyright disponibles sur Internet. Rendre le partage de fichier
comme les rumeurs: que sa seule r&#233;gulation vienne des normes
sociales, mais pas de la loi.
	</text>
</object>
<object id="772">
	<ocn>772</ocn>
	<text class="norm">
		Chaque r&#233;ponse est possible. Je pense que chacune serait une
erreur. Plut&#244;t que d'adopter l'un ou l'autre de ces
extr&#233;mismes, nous devrions adopter quelque chose qui
reconna&#238;t la v&#233;rit&#233; des deux. Et alors que je termine ce
livre avec une description d'un tel syst&#232;me, mon but dans le
chapitre suivant est de montrer &#224; quel point il serait mauvais
d'adopter la tol&#233;rance z&#233;ro. Je pense que chaque extr&#234;me
serait pire qu'une alternative raisonnable. Mais je pense que la
solution de tol&#233;rance z&#233;ro serait le pire des deux
extr&#234;mes.
	</text>
</object>
<object id="773">
	<ocn>773</ocn>
	<text class="norm">
		Et pourtant la tol&#233;rance z&#233;ro est de plus en plus la
politique de notre gouvernement. Au milieu du chaos cr&#233;&#233; par
l'irruption d'Internet, la carte du pouvoir est en train d'&#234;tre
redessin&#233;e de mani&#232;re radicale. La loi et la technologie y
sont d&#233;plac&#233;es, de mani&#232;re &#224; donner aux ayant
droits un contr&#244;le sur notre culture qu'ils n'ont jamais eu
auparavant. Et par cet extr&#233;misme, beaucoup d'opportunit&#233;s
pour innover et cr&#233;er seront perdues.
	</text>
</object>
<object id="774">
	<ocn>774</ocn>
	<text class="norm">
		Je ne parle pas des opportunit&#233;s pour les adolescents de "voler"
de la musique. Je pense plut&#244;t aux innovations commerciales et
culturelles que cette guerre va aussi tuer. Le pouvoir d'innover n'a
jamais &#233; t&#233; aussi largement r&#233;pandu parmi nos citoyens,
et nous n'avons vu que le d&#233;but de la vague d'innovations que ce
pouvoir va lib&#233;rer. Cependant Internet a d&#233;j&#224; vu la
perte d'un cycle d'innovation concernant les technologies de
distribution de contenu. La loi est responsable de cette perte. En
critiquant les protections des contenus ajout&#233;es par le DMCA, le
vice pr&#233;sident des relations internationales de l'un de ces
innovateurs, eMusic.com, disait:
	</text>
</object>
<object id="775">
	<ocn>775</ocn>
	<text class="indent1">
		eMusic s'oppose au piratage. Nous sommes un distributeur de contenus
sous copyright, et nous voulons prot&#233;ger ces droits.
	</text>
</object>
<object id="776">
	<ocn>776</ocn>
	<text class="indent1">
		Mais construire une forteresse technologique qui s&#233;curise les
majors n'est en aucune cas la seule mani&#232;re de prot&#233;ger les
int&#233;r&#234;ts du copyright, pas plus que cela n'est
n&#233;cessairement la meilleure. Il est tout simplement trop t&#244;t
pour r&#233;pondre &#224; cette question. Les forces du march&#233;, en
agissant naturellement, pourraient tr&#232;s bien aboutir &#224; une
industrie organis&#233;e selon un mod&#232;le totalement
diff&#233;rent.
	</text>
</object>
<object id="777">
	<ocn>777</ocn>
	<text class="indent1">
		Ce point est d'une importance critique. Les choix faits par l'industrie
au sujet de ces syst&#232;mes vont directement modeler le march&#233;
des m&#233;dias num&#233;riques, et la mani&#232;re dont l'information
num&#233;rique est distribu&#233;e. En retour, ceci affectera
directement les options disponibles pour les consommateurs, &#224; la
fois en termes de facilit&#233; d'acc&#232;s au m&#233;dias
num&#233;riques, et d'&#233;quipements n&#233;cessaire pour y
acc&#233;der. Faire d&#232;s maintenant de mauvais choix retardera la
croissance de ce march&#233;, et va &#224; l'encontre de
l'int&#233;r&#234;t de tout le monde.3
	</text>
</object>
<object id="778">
	<ocn>778</ocn>
	<text class="norm">
		En Avril 2001, eMusic.com a &#233; t&#233; rachet&#233;e par Vivendi
Universal, une des "majors". Sa position sur ce probl&#232;me a
chang&#233; maintenant.
	</text>
</object>
<object id="779">
	<ocn>779</ocn>
	<text class="norm">
		En revenant aujourd'hui sur notre tradition de tol&#233;rance, nous
n'allons pas seulement &#233; craser le piratage. Nous allons aussi
sacrifier un certain nombre de valeurs qui sont importantes pour notre
culture, et perdre des chances d'une valeur inestimable.
	</text>
</object>
<object id="780">
	<ocn>780</ocn>
	<text class="h4">
		Dommages
	</text>
</object>
<object id="781">
	<ocn>781</ocn>
	<text class="norm">
		Pour combattre le "piratage" et prot&#233;ger la "propri&#233;t&#233;",
l'industrie du contenu est entr&#233;e en guerre. Le lobbying et de
nombreuses campagnes de pressions ont forc&#233; le gouvernement &#224;
s'engager dans celle-ci. Comme dans toute guerre il y aura des victimes
directes et des dommages collat&#233;raux. Comme dans toute guerre de
prohibition, l'essentiel des dommages sera subi par notre peuple.
	</text>
</object>
<object id="782">
	<ocn>782</ocn>
	<text class="norm">
		Jusqu'&#224; pr&#233;sent mon but a &#233; t&#233; de d&#233;crire les
cons&#233;quences de cette guerre, tout particuli&#232;rement pour "la
culture libre". Mais je vais d&#233;sormais plus loin : cette guerre
est-elle justifi&#233;e ?
	</text>
</object>
<object id="783">
	<ocn>783</ocn>
	<text class="norm">
		Selon moi, non. Il n'y a aucune raison valable pour que, cette fois,
qui serait la premi&#232;re, la loi doive d&#233;fendre l'ordre ancien
contre le nouveau et cela au moment pr&#233;cis o&#250; la
"propri&#233;t&#233; intellectuelle" est &#224; son apog&#233;e.
	</text>
</object>
<object id="784">
	<ocn>784</ocn>
	<text class="norm">
		Pourtant le "sens commun" ne le voit pas de cette fa&#231;on. Le sens
commun est encore du c&#244;t&#233; des Causby et de l'industrie du
contenu. Les plaintes des extr&#233;mistes du contr&#244;le, pour
d&#233;fendre la propri&#233;t&#233;, n'ont pas cess&#233; et le rejet
irrationnel du "piratage" a toujours cours.
	</text>
</object>
<object id="785">
	<ocn>785</ocn>
	<text class="norm">
		La poursuite de cette guerre ne sera pas sans cons&#233;quences. Je
n'en d&#233;crirai que trois. On pourrait dire que chacune des trois
est fortuite. Pour la troisi&#232;me, j'en suis certain. J'en suis
moins s&#252;r pour les deux premi&#232;res. Les deux premi&#232;res
prot&#232;gent les RCAs modernes, mais il n'y a aucun Howard Armstrong
dans les ailes pour combattre les monopoles de la culture
d'aujourd'hui.
	</text>
</object>
<object id="786">
	<ocn>786</ocn>
	<text class="h5">
		Contraindre les cr&#233;ateurs
	</text>
</object>
<object id="787">
	<ocn>787</ocn>
	<text class="norm">
		Dans la prochaine d&#233;cennie, nous devrions voir une explosion des
technologies num&#233;riques. Ces technologies permettront &#224; tous
de reproduire et de partager de l'information. Cela existe bien
s&#252;r depuis l'aube de l'humanit&#233;. C'est ainsi que nous
communiquons et que nous apprenons. Mais la technologie num&#233;rique
permet une fid&#233;lit&#233; de reproduction et un pouvoir de
diffusion bien plus grands. Vous pouvez envoyer un courriel pour
raconter une blague que vous avez vu sur Comedy Central (NdT:
cha&#238;ne de t&#233;l&#233;vision c&#226;bl&#233;e am&#233;ricaine),
ou bien vous pouvez envoyer la s&#233;quence vid&#233;o. Vous pouvez
&#233; crire un pamphlet sur les incoh&#233;rences du politicien que
vous aimez le plus ha&#239;r, ou vous pouvez r&#233;aliser un court
m&#233;trage qui expose argument apr&#232;s argument. Vous pouvez
&#233; crire un po&#232;me pour d&#233;clarer votre flamme, ou vous
pouvez m&#233;langer des chansons de vos artistes
pr&#233;f&#233;r&#233;s en un seul morceau et le rendre accessible sur
le Net.
	</text>
</object>
<object id="788">
	<ocn>788</ocn>
	<text class="norm">
		Cette "reproduction et diffusion" num&#233;rique est &#224; la fois une
extension de la reproduction et de la diffusion qui a toujours fait
partie de notre culture, et &#224; la fois quelque chose de nouveau.
C'est la suite de Kodak, mais cela d&#233;passe les fronti&#232;res de
la technologie "type Kodak". La technologie num&#233;rique laisse
entrevoir un monde o&#250; la cr&#233;ativit&#233; serait
extr&#234;mement diversifi&#233;e, et pourrait &#234; tre facilement et
largement diffus&#233;e. Et si la d&#233;mocratie s'applique &#224;
cette technologie, elle permettra &#224; grand nombre de citoyens de
s'exprimer, de critiquer et de contribuer &#224; la culture globale.
	</text>
</object>
<object id="789">
	<ocn>789</ocn>
	<text class="norm">
		La technologie nous a ainsi donn&#233; la possibilit&#233; de faire
quelque chose de la culture qui n'&#233;tait possible que pour de
petits groupes d'individus. Imaginez un vieil homme racontant une
histoire lors d'une rencontre de quartier. Imaginez maintenant que
cette histoire soit diffus&#233;e dans le monde entier.
	</text>
</object>
<object id="790">
	<ocn>790</ocn>
	<text class="norm">
		En fait, tout cela n'est possible que si ces activit&#233;s sont
suppos&#233;es l&#233;gales. Sous le r&#233;gime l&#233;gislatif
actuel, ce n'est pas le cas. Pensez &#224; vos excellents sites favoris
sur le Net. Les sites web peuvent offrir un aper&#231;u
d'&#233;missions t&#233;l&#233;vis&#233;es oubli&#233;es; les sites
peuvent cataloguer des dessins anim&#233;es des ann&#233;es 60; les
sites peuvent mixer des images et du son pour critiquer les politiciens
ou les hommes d'affaires; les sites peuvent collecter des articles sur
des sujets pointus scientifiques ou culturels. Il existe une importante
quantit&#233; d'oeuvres cr&#233;atives &#224; travers l'Internet. Mais,
&#224; cause de la mani&#232;re dont la loi est faite, ces oeuvres sont
suppos&#233;es ill&#233;gales.
	</text>
</object>
<object id="791">
	<ocn>791</ocn>
	<text class="norm">
		Cette pr&#233;somption va refroidir de plus en plus la
cr&#233;ativit&#233;, tandis que les exemples de condamnations graves
pour des infractions floues vont se multiplier. Il est impossible de
distinguer clairement ce qui est autoris&#233; de ce qui ne l'est pas,
et en m&#234;me temps, les sanctions pour avoir franchi la ligne sont
extr&#234;mement dures. Les quatre &#233; tudiants qui avaient &#233;
t&#233; menac&#233;s par la RIAA (Jesse Jordan au chapitre 3
n'&#233;tait qu'un de ceux-l&#224;) encouraient une amende de 98
milliards de dollars pour avoir construit des moteurs de recherche qui
permettaient de copier des chansons. D'un autre c&#244;t&#233;,
Worldcom, (NdT : entreprise am&#233;ricaine au coeur d'un scandale
financier en 2002) qui a escroqu&#233; les investisseurs d'une somme de
11 milliards de dollars, et qui a ainsi entra&#238;n&#233; une perte de
200 milliards de dollars sur le march&#233; mondial, a eu une amende de
seulement 750 millions de dollars. Et d'apr&#232;s la l&#233;gislation
actuellement en vigueur au Congr&#232;s, un docteur qui amputerait par
n&#233;gligence la mauvaise jambe lors d'une op&#233;ration ne devrait
que 250.000 dollars en dommages et int&#233;r&#234;ts. Le sens commun
peut-il reconna&#238;tre l'absurdit&#233; d'un monde dans lequel
l'amende maximale encourue pour avoir t&#233;l&#233;charg&#233; deux
chansons sur Internet est plus importante que celle encourue par un
docteur qui aurait charcut&#233; un patient par n&#233;gligence ?
	</text>
</object>
<object id="792">
	<ocn>792</ocn>
	<text class="norm">
		La cons&#233;quence de ce flou juridique, associ&#233; aux sanctions
&#233; lev&#233;es, est qu'une grande quantit&#233; de cr&#233;ations
ne sera pas rendue publique. Nous sapons les bases du processus
cr&#233;atif en stigmatisant les "pirates" de Walt Disney. Nous
emp&#234;chons les hommes d'affaires de s'appuyer sur le domaine
public, parce que les fronti&#232;res du domaine public ne sont pas
claires. &#199; a ne paye pas de faire autre chose que payer pour le
droit de cr&#233;er, et ainsi, les seuls qui sont autoris&#233;s &#224;
cr&#233;er, sont ceux qui payent. Comme ce fut le cas en Union
Sovi&#233;tique, bien que pour des raisons tr&#232;s diff&#233;rentes,
nous allons rentrer dans un monde o&#250; l'art sera clandestin --pas
parce que le message doit n&#233;cessairement &#234; tre politique,
mais parce que le simple fait de cr&#233;er, est un d&#233;lit.
D&#233;j&#224;, des expositions "d'art ill&#233;gal" circulent aux
&#201; tats-Unis.3 En quoi consiste cette "ill&#233;galit&#233; ?" Dans
le fait de mixer la culture autour de nous, dans un esprit critique ou
profond.
	</text>
</object>
<object id="793">
	<ocn>793</ocn>
	<text class="norm">
		Cette peur de l'ill&#233;galit&#233; est en partie due aux changements
de la loi. J'ai d&#233;taill&#233; ces changements au chapitre 10. Mais
elle est, dans une plus grande mesure, la cons&#233;quence de la
facilit&#233; de plus en plus grande avec laquelle les infractions
peuvent &#234; tre d&#233;tect&#233;es. Les utilisateurs de
l'&#233;change de fichiers ont d&#233;couvert en 2002 &#224; quel point
il &#233; tait simple pour les d&#233;tenteurs de copyright, d'amener
les tribunaux &#224; ordonner aux fournisseurs d'acc&#232;s &#224;
Internet de r&#233;v&#233;ler qui poss&#232;de quel contenu. C'est
comme si votre lecteur de cassette transmettait une liste des chansons
que vous &#233; coutiez chez vous, et que n'importe qui pourrait
consulter pour n'importe quel motif.
	</text>
</object>
<object id="794">
	<ocn>794</ocn>
	<text class="norm">
		Jamais dans notre histoire, un peintre n'a eu &#224; s'occuper de
savoir si sa peinture empi&#233;tait sur le travail de quelqu'un
d'autre. Mais le dessinateur contemporain, qui utilise des outils comme
Photoshop et partage du contenu sur le web, doit s'en soucier en
permanence. Les images sont omnipr&#233;sentes, mais on ne peut
utiliser dans une cr&#233;ation que sont celles achet&#233;es &#224;
Corbis (NdT: soci&#233;t&#233; vendant des images num&#233;ris&#233;es;
propri&#233;t&#233; de Bill Gates) ou &#224; une autre banque d'images.
Et avec l'achat, la censure arrive. Le march&#233; des crayons est
libre; nous n'avons pas &#224; nous occuper de leurs effets sur la
cr&#233;ativit&#233;. Mais le march&#233; de l'image culturelle est
tr&#232;s concentr&#233; et r&#233;glement&#233;; nous ne somme pas
aussi libres de les utiliser et les transformer.
	</text>
</object>
<object id="795">
	<ocn>795</ocn>
	<text class="norm">
		Les juristes ont rarement conscience de cela, car ils voient rarement
les choses de mani&#232;re pragmatique. Comme je l'ai d&#233;crit au
chapitre 7; en r&#233;ponse &#224; l'histoire du documentaire de Jon
Else, j'ai &#233; t&#233; abondamment sermonn&#233; par des juristes
qui pr&#233;tendaient que l'utilisation de Else relevait de l'usage
loyal, et que j'avais donc tort de dire que la loi r&#233;glementait ce
genre d'emploi.
	</text>
</object>
<object id="796">
	<ocn>796</ocn>
	<text class="norm">
		Mais usage loyal en Am&#233;rique, signifie simplement le droit de
louer les services d'un avocat pour d&#233;fendre votre droit de
cr&#233;er. Et, comme les avocats ont tendance &#224; l'oublier, notre
syst&#232;me de d&#233;fense de droits tels que l'usage loyal est
incroyablement mauvais--dans pratiquement tous les contextes, mais
particuli&#232;rement dans celui-ci. Il co&#252;te trop cher, il est
trop lent, et sa conclusion a souvent peu &#224; voir avec la justice
qui sous-tend la requ&#234;te. Le syst&#232;me l&#233;gal peut &#234;
tre tol&#233;rant pour ceux qui sont tr&#232;s riches. Pour tous les
autres, c'est le fardeau d'une tradition qui s'enorgueillit d'&#234;tre
bas&#233;e sur la loi.
	</text>
</object>
<object id="797">
	<ocn>797</ocn>
	<text class="norm">
		Les juges et les juristes ont beau se dire que l'usage loyal fournit un
"statut interm&#233;diaire" ad&#233;quat entre le contr&#244;le par la
loi et la libert&#233; d'acc&#232;s qu'elle devrait garantir. Mais
c'est une mesure de ce que le syst&#232;me l&#233;gal est
r&#233;ellement devenu. Les r&#232;gles impos&#233;es par les &#233;
diteurs aux &#233; crivains, par les maisons de presse aux
journalistes--ce sont les lois qui gouvernent vraiment la
cr&#233;ativit&#233;. Et ces r&#232;gles ont peu de rapport avec la
"loi", sur laquelle les juges s'appuient.
	</text>
</object>
<object id="798">
	<ocn>798</ocn>
	<text class="norm">
		Car dans un monde qui menace de 150.000 dollars une simple violation de
copyright, et qui demande des dizaines de milliers de dollars juste
pour se d&#233;fendre face &#224; une accusation de violation de
copyright, et qui n'accorde jamais &#224; l'accus&#233; acquitt&#233;
le moindre remboursement des co&#252;ts engag&#233;s pour d&#233;fendre
ses droits--dans ce monde, l'extraordinaire emprise des lois, &#233;
touffe l'expression et la cr&#233;ativit&#233; au nom du "copyright".
Et dans ce monde, il faut un endoctrinement calcul&#233; pour continuer
&#224; faire croire que la culture est libre.
	</text>
</object>
<object id="799">
	<ocn>799</ocn>
	<text class="norm">
		Jed Horovitz, l'homme d'affaires aux commandes de Video Pipeline me
disait:
	</text>
</object>
<object id="800">
	<ocn>800</ocn>
	<text class="norm">
		Nous perdons des opportunit&#233;s [cr&#233;atives] ici et l&#224;. Les
cr&#233;ateurs sont r&#233;duits au silence. Les id&#233;es sont
baillonn&#233;es. Et tandis que beaucoup de choses peuvent [encore]
&#234; tre cr&#233;&#233;es, elles ne seront pas distribu&#233;es.
M&#234;me si l'oeuvre est finalis&#233;e ... elle ne sera pas
distribu&#233;e dans les m&#233;dias de masse tant que vous n'avez pas
un petit mot d'un juriste disant, "Cela a &#233; t&#233;
contr&#244;l&#233;." &#199; a ne passera m&#234;me pas sur PBS (NdT:
service de diffusion audiovisuelle non commercial) sans ce type de
permission. C'est &#224; ce niveau que s'exerce le contr&#244;le.
	</text>
</object>
<object id="801">
	<ocn>801</ocn>
	<text class="h5">
		Contraindre les innovateurs
	</text>
</object>
<object id="802">
	<ocn>802</ocn>
	<text class="norm">
		L'histoire pr&#233;sent&#233;e au paragraphe pr&#233;c&#233;dent &#233;
tait croustillante et de gauche: cr&#233;ativit&#233; brid&#233;e,
artistes censur&#233;s, et patati et patata. Peut-&#234;tre que ca ne
vous parle pas. Peut-&#234;tre que vous pensez qu'il y a assez
d'oeuvres d'art bizarres, et assez de voix critiques qui s'expriment
sur tous les sujets. Et si c'est ce que vous pensez, vous pensez
peut-&#234;tre qu'il n'y a rien d'inqui&#233;tant pour vous dans cette
histoire.
	</text>
</object>
<object id="803">
	<ocn>803</ocn>
	<text class="norm">
		Mais il y a un aspect de cette histoire qui n'a rien de gauchiste. En
effet, c'est un aspect qui pourrait &#234; tre &#233; crit par le plus
extr&#233;miste des id&#233;ologues pro-march&#233;. Et si vous &#234;
tes un id&#233;ologue de cette esp&#232;ce (et d'une teneur
particuli&#232;re, pour lire ce livre jusqu'&#224; la 188e page), alors
vous pourrez y &#234; tre sensible en remplacant "culture libre" par
"march&#233; libre" dans toute mon argumentation. La d&#233;monstration
est la m&#234;me, quand bien m&#234;me les int&#233;r&#234;ts li&#233;s
&#224; la culture sont plus fondamentaux.
	</text>
</object>
<object id="804">
	<ocn>804</ocn>
	<text class="norm">
		L'accusation que j'ai faite jusqu'&#224; pr&#233;sent &#224; propos de
la r&#233;gulation de la culture est la m&#234;me accusation que les
d&#233;fenseurs du march&#233; libre font &#224; propose de la
r&#233;gulation du march&#233;. Tout le monde, bien s&#252;r,
conc&#232;de que quelque r&#233;gulation du march&#233; est
n&#233;cessaire - au minimum, nous avons besoin de r&#232;gles de
propri&#233;t&#233; et de contrat, et des tribunaux pour appliquer les
deux. De la m&#234;me mani&#232;re, dans ce d&#233;bat culturel, tout
le monde conc&#232;de que quelque cadre de copyright est &#233;
galement requis. Mais les deux perspectives insistent avec
v&#233;h&#233;mence sur le fait que juste parce que la r&#233;gulation
est une bonne chose, il ne s'ensuit pas que plus de r&#233;gulation est
une meilleure chose. Et les deux perspectives sont constamment
sensibles aux mani&#232;res par lesquelles la r&#233;gulation permet
simplement aux industries puissantes d'aujourd'hui de se prot&#233;ger
contre les concurrents de demain.
	</text>
</object>
<object id="805">
	<ocn>805</ocn>
	<text class="norm">
		C'est sp&#233;cifiquement l'effet le plus spectaculaire du changement
dans la strat&#233;gie de r&#233;gulation que j'ai d&#233;crite dans le
chapitre 10. La cons&#233;quence de cette menace massive de
responsabilit&#233; li&#233;e aux fronti&#232;res obscures de la loi du
copyright est que les innovateurs qui veulent innover dans cet espace
ne peuvent innover en s&#233;curit&#233; seulement si ils ont l'acte de
d&#233;c&#232;s des industries dominantes de la g&#233;n&#233;ration
pr&#233;c&#233;dente. Cette le&#231;on a &#233; t&#233; enseign&#233;e
&#224; travers une s&#233;rie d'affaires qui &#233; taient con&#231;ues
et ex&#233;cuter pour apprendre une le&#231;on aux capitalistes
entrepreneurs. Cette le&#231;on - ce que l'ancien PDG de Napster Hank
Barry appelle un "voile nucl&#233;aire" qui s'est abattu sur la
Sillicon Valley - a &#233; t&#233; apprise.
	</text>
</object>
<object id="806">
	<ocn>806</ocn>
	<text class="norm">
		Consid&#233;rez un exemple pour voir cette id&#233;e, une histoire dont
j'ai racont&#233; le d&#233;but dans L'avenir des id&#233;es et qui a
progress&#233; d'une mani&#232;re que m&#234;me moi (pessimiste
extraordinaire) n'aurais jamais pr&#233;dite.
	</text>
</object>
<object id="807">
	<ocn>807</ocn>
	<text class="norm">
		En 1997, Michael Robertson lan&#231;a une soci&#233;t&#233;
appel&#233;e MP3.com. MP3.com &#233; tait excellent pour
r&#233;inventer le commerce de la musique. Leur but n'&#233;tait pas
juste de faciliter des nouvelles mani&#232;res d'acc&#233;der au
contenu. Leur but &#233; tait aussi de faciliter des nouvelles
mani&#232;res de cr&#233;er du contenu. Contrairement aux maisons de
disques dominantes, MP3.com offrait aux cr&#233;ateurs un endroit pour
distribuer leur cr&#233;ativit&#233;, sans exiger un engagement
exclusif de la part des cr&#233;ateurs.
	</text>
</object>
<object id="808">
	<ocn>808</ocn>
	<text class="norm">
		Pour faire marcher ce syst&#232;me, toutefois, MP3.com avait besoin
d'une mani&#232;re fiable de recommander la musique &#224; ses
utilisateurs. L'id&#233;e derri&#232;re cette alternative &#233; tait
d'influencer les pr&#233;f&#233;rences r&#233;v&#233;l&#233;es des
auditeurs de musique pour recommander de nouveaux artistes. Si vous
aimez Lule Lovett, vous avez des chances d'appr&#233;cier Bonnie Raitt.
Et ainsi de suite.
	</text>
</object>
<object id="809">
	<ocn>809</ocn>
	<text class="norm">
		Cette id&#233;e n&#233;cessitait une mani&#232;re simple de
r&#233;colter des donn&#233;es sur les pr&#233;f&#233;rences des
utilisateurs. MP3.com est arriv&#233; avec uen mani&#232;re
extraordinairement intelligente de r&#233;colter ces donn&#233;es de
pr&#233;f&#233;rence. En janvier 2000, la soci&#233;t&#233; lan&#231;a
un service nomm&#233; my.mp3.com. En utilisant un logiciel fourni
parMP3.com, un utilisateur s'inscrivait &#224; un compte et
ins&#233;rait dans son ordinateur un CD. Le logiciel identifiait le CD,
puis donnait &#224; l'utilisateur l'acc&#232;s &#224; ce contenu. Donc,
par exemple, si vous ins&#233;rez un CD de Jill Sobule, alors o&#250;
que vous soyiez - au travail ou &#224; la maison - vous pouviez avoir
acc&#232;s &#224; cette musique une fosi que vous vous identifiiez dans
ce compte. Ce syst&#232;me &#233; tait ainsi une sorte de juke-box
verrouill&#233;.
	</text>
</object>
<object id="810">
	<ocn>810</ocn>
	<text class="norm">
		Il n'y pas de doute que certains pouvaient utiliser ce syst&#232;me
pour copier ill&#233;galement du contenu. Mais cette possibilit&#233;
existait avec ou sans MP3.com. Le but du service MP3.com &#233; tati de
donner aux utilisateurs acc&#232;s &#224; leur propre contenu, et en
tant que produit d&#233;riv&#233;, de d&#233;couvrir le genre de
contenu que les utilisateurs aimaient.
	</text>
</object>
<object id="811">
	<ocn>811</ocn>
	<text class="norm">
		Pour faire marcher ce syst&#232;me, toutefois, MP3.com avait besoin de
copier 50 000 CDs sur un serveur. (En principe, cela aurait pu &#234;
tre &#224; l'utilisateur d'uploader la musique, mais cela aurait &#233;
t&#233; une grande perte de temps, et aurait produit un produit de
qualit&#233; contestable.) La soci&#233;t&#233; acheta donc 50 000 CDs
dans une boutique, et commen&#231;a le processus de copie de ces CDs.
Encore une fois, elle ne servait pas le contenu de ces copies &#224;
n'importe qui except&#233; &#224; ceux qui ont authentifi&#233; qu'ils
avaient une copie du CD dont ils voulaient avoir acc&#232;s. Donc alors
que c'&#233;tait 50 000 copies, c'&#233;tait 50 000 copies
destin&#233;es &#224; donner aux clients quelque chose qu'ils avaient
d&#233;j&#224; achet&#233;.
	</text>
</object>
<object id="812">
	<ocn>812</ocn>
	<text class="norm">
		Neuf jours apr&#232;s que MP3.com a lanc&#233; son service, les cinq
maisons de disque dominantes, men&#233;es par la RIAA, attaqu&#232;rent
MP3.com en justice. MP3.com r&#233;gla l'affaire avec quatre des cinq.
Neuf mois plus tard, un juge f&#233;d&#233;ral d&#233;clara MP3.com
coupable d'infraction d&#233;lib&#233;r&#233;e vis-&#224;-vis de la
cinqui&#232;me. Appliquant la loi telle qu'elle est, le juge impose une
amende de 118 millions de dollars &#224; MP3.com. Puis MP3.com
r&#233;gla l'affaire avec le dernier plaignant, Vivendi Universal, en
payant plsu de 54 millions de dollars. Vivendi racheta MP3.com presque
un an plus tard.
	</text>
</object>
<object id="813">
	<ocn>813</ocn>
	<text class="norm">
		Je vous avais d&#233;j&#224; racont&#233; cette partie de l'histoire.
Maintenant consid&#233;rez sa conclusion. Apr&#232;s que Vivendi a
rachet&#233; MP3.com, Vivendi se retourna et fit un proc&#232;s pour
faute professionnelle contre les avocats qui l'avaient inform&#233;
qu'ils &#233; taient de bonne foi en affirmant que le service qu'ils
voulaient offrir serait consid&#233;r&#233; l&#233;gal selon la loi du
copyright; ainsi, cettte poursuite en justice.
	</text>
</object>
<object id="814">
	<ocn>814</ocn>
	<text class="norm">
		Apr&#232;s que Vivendi a achet&#233; MP3.COM, Vivendi tourn&#233;
autour(retourn&#233;) et avoir classer un proc&#232;s de faute
professionnelle contre les avocats qui l'avaient inform&#233; qu'ils
avaient une bonne foi pr&#233;tendent que l'on consid&#233;rerait le
service qu'ils ont voulu offrir l&#233;gal conform&#233;ment &#224; la
loi de copyright; ainsi, cette poursuite cherchait &#224; punir tout
avocat qui avait os&#233; sugg&#233;rer que la loi &#233; tait moins
restrictive que ce que les maisons de disques exigeaient.
	</text>
</object>
<object id="815">
	<ocn>815</ocn>
	<text class="norm">
		Le but clair de cette poursuite (qui se termina par un arrangement d'un
montant non sp&#233;cifi&#233; peu de temps apr&#232;s que l'histoire
n'&#233;tait plus couverte dans la presse) &#233; tait d'envoyer un
message sans &#233; quivoque aux avocats conseillant des clients dans
ce domaine: ce n'est pas seulement vos clients qui pourraient souffrir
si l'industrie du contenu dirige ses pistolets contre eux. C'est aussi
vous. Donc ceux d'entre vous qui croient que la loi devrait &#234; tre
moisn restrictive devraient r&#233;aliser qu'une telle vue de la loi
vous coutera cher &#224; vous et votre &#233; tablissement.
	</text>
</object>
<object id="816">
	<ocn>816</ocn>
	<text class="norm">
		Cette strat&#233;gie n'est pas juste limit&#233;e aux avocats. En avril
2003, Universal et EMI poursuivirent Hummer Winblad, l'entreprise de
capital risque qui avait financ&#233; Napster &#224; un certain stade
de son d&#233;veloppement, son cofondateur (John Hummer), et son
associ&#233; g&#233;rant (Hank Barry)4. La plainte ici, &#233;
galement, &#233; tait que l'entreprise de capital risque aurait d&#252;
reconnaitre le droit de l'industrie du contenu de contr&#244;ler
comment l'industrie devrait se d&#233;velopper. Ils devraient &#234;
tre tenus pour personnellement responsables pour avoir financ&#233; une
soci&#233;t&#233; donc le comemrce s'est av&#233;r&#233; &#234; tre
hors-la-loi. Ici encore, le but de la poursuite judiciaire est
transparent: tout capital risqueur reconnait maintenant que si vous
financez une soci&#233;t&#233; dont les affaires ne sont pas
approuv&#233;es par les dinosaures, vous prenez des risques pas
seulement sur le march&#233;, mais &#233; galement dans le tribunal.
Votre invertissement vous ach&#232;te non seulement une
soci&#233;t&#233;, il vous ach&#232;te aussi un proc&#232;s.
L'environnement est devenu si extr&#232;me que m&#234;me les fabricants
de voiture ont peur des technologies qui touchent au contenu. Dans un
article dans Business 2.0, Rafe Needleman d&#233;crit une discussion
avec BMW:
	</text>
</object>
<object id="817">
	<ocn>817</ocn>
	<text class="norm">
		J'ai demand&#233; pourquoi, avec toute la capacit&#233; de stockage et
la puissance informatique dans la voiture, il n'y avait pas de moyen de
jouer des fichiers MP3. On m'a dit qui les ing&#233;nieurs BMW en
Allemagne avaient bricol&#233; un nouveau v&#233;hicule pour qu'il joue
des MP3 via le syst&#232;me sonore incorpor&#233; de la voiture, mais
que les d&#233;partements juridique et marketing de la
soci&#233;t&#233; n'&#233;taient pas &#224; l'aise avec l'id&#233;e de
faire avancer une sortie aux Etats-Unis. M&#234;me aujourd'hui, aucune
nouvelle voiture n'est vendue aux Etats-Unis avec de v&#233;ritables
lecteurs MP35...
	</text>
</object>
<object id="818">
	<ocn>818</ocn>
	<text class="norm">
		Voici le monde de la mafia - rempli d'offres "la bourse ou la vie",
gouvern&#233; &#224; la fin non pas par les tribunaux mais par les
menaces que la loi permet aux d&#233;tenteurs de copyright d'exercer.
C'est un syst&#232;me qui va &#233; videmment et n&#233;cessairement
&#233; touffer la nouvelle innovation. C'est d&#233;j&#224; difficile
de d&#233;marrer une entreprise. C'est impossiblement dur si
l'entreprise est constamment menac&#233;e par le litige.
	</text>
</object>
<object id="819">
	<ocn>819</ocn>
	<text class="norm">
		L'id&#233;e n'est pas que les entreprises devraient avoir le droit
d'excercer des activit&#233;s ill&#233;gales. L'id&#233;e est la
d&#233;finition de ill&#233;gal. La loi est un amas d'incertitudes.
Nous n'avons pas de bon moyen de savoir comment elle devrait
s'appliquer aux nouvelles technologies. Et pourtant en inversant notre
tradition de respect de la justice, et en embrassant les
p&#233;nalit&#233;s &#233; tonnament hautes que la loi du copyright
impose, ces incertitudes produisent maintenant une r&#233;alit&#233;
qui est bien plus conservatrice que juste. Si la loi imposait la peine
de mort pour les contraventions, beaucoup moins de gens conduiraient.
Le m&#234;me principe s'applique &#224; l'innovation. Si l'innovation
est constamment v&#233;rifi&#233;e par cette responsabilit&#233;
incertaine et illimit&#233;e, nous aurions une innovation bien moins
vivante et beaucoup moins de cr&#233;ativit&#233;.
	</text>
</object>
<object id="820">
	<ocn>820</ocn>
	<text class="norm">
		L'id&#233;e est directement parall&#232;le avec l'id&#233;e gauchiste
&#224; propos de l'usage loyal. Quelle que soit la "vraie" loi, le
r&#233;alisme &#224; propos de l'effet de la loi dans les deux
contextes est le m&#234;me. Ce syst&#232;me de r&#233;gulation
sauvagement punitif va syst&#233;matiquement &#233; touffer la
cr&#233;ativit&#233; et l'innovation. Il prot&#233;gera quelques
industries et quelques cr&#233;ateurs, mais fera du mal &#224;
l'industrie et &#224; la cr&#233;ativit&#233; en g&#233;n&#233;ral. Le
march&#233; libre et la culture libre reposent sur la comp&#233;tition
vive. Et pourtant l'effet de la loi aujourd'hui est de simplement
&#233; touffer ce genre de comp&#233;tition. L'effet est de produire
une culture surr&#233;gul&#233;e, tout comme l'effet de trop de
contr&#244;le dans le march&#233; est de produire un march&#233;
r&#233;gul&#233; surr&#233;gul&#233;.
	</text>
</object>
<object id="821">
	<ocn>821</ocn>
	<text class="norm">
		La construction d'une culture de permission, plut&#244;t que d'une
culture libre, est la premi&#232;re mani&#232;re importante avec
laquelle les changements que j'ai d&#233;crits vont entraver
l'innovation. Une culture de permission signifie une culture d'avocats
- une culture dans laquelle la capacit&#233; de cr&#233;er
n&#233;cessite un coup de fil &#224; votre avocat. Une fois de plus, je
ne suis pas anti-avocat, tout du moins quand ils sont gard&#233;s dans
leur place appropri&#233;e. Je ne suis certainement pas anti-loi. Mais
notre profession a perdu le sens de ses limites. Et les leaders de
notre profession ont perdu une appr&#233;ciation des couts &#233;
lev&#233;s que notre profession impose aux autres. L'inefficacit&#233;
de la loi est une honte pour notre tradition. Et alors que je crois que
notre profession devrait donc faire tout ce qu'elle peut pour rendre la
loi plus efficace, elle devrait au moins faire tout ce qu'elle peut
pour limiter l'&#233;tendue de la loi l&#224; o&#250; la loi ne fait
rien de bon. Les couts de transaction enterr&#233;s dans une culture de
permission sont suffisants pour enterrer un large &#233; ventail de
cr&#233;ativit&#233;. Quelqu'un a besoin de faire beaucoup de
justifications pour justifier ce r&#233;sultat.
	</text>
</object>
<object id="822">
	<ocn>822</ocn>
	<text class="norm">
		L'incertitude de la loi est un fardeau sur l'innovation. Il y a un
second fardeau qui op&#232;re plus directement. C'est l'effort de
nombreuses personnes dans l'industrie du contenu d'utiliser la loi pour
r&#233;guler directement la technologie sur Internet afin qu'elle
prot&#232;ge mieux leur contenu.
	</text>
</object>
<object id="823">
	<ocn>823</ocn>
	<text class="norm">
		La motivation de cette r&#233;ponse est &#233; vidente. Internet permet
la diffusion efficace de contenu. Cette efficacit&#233; est une
caract&#233;ristique de la conception d'Inter-net. Mais de la
perspective de l'industrie du contenu, cette caract&#233;ristique est
un "bogue". La diffusion efficace de contenu signifie que les
distributeurs de contenu ont plus de mal &#224; contr&#244;ler la
distribution de contenu. Une r&#233;ponse &#233; vidente &#224; cette
efficacit&#233; est donc de rendre Internet moins efficace. Si Internet
permet le "piratage", alors, dit cette r&#233;ponse, nous devrions
briser les genoux d'Internet.
	</text>
</object>
<object id="824">
	<ocn>824</ocn>
	<text class="norm">
		Les exemples de cette forme de l&#233;gislation sont nombreux. Sous la
pression de l'industrie du contenu, certains dans le Congr&#232;s ont
menac&#233; que la l&#233;gislation requi&#233;rerait que les
ordinateurs d&#233;terminent si le contenu auquel ils ont acc&#232;s
est prot&#233;g&#233; ou pas, et qu'ils d&#233;sactivent la diffusion
de contenu prot&#233;g&#233;6. Le Congr&#232;s a d&#233;j&#224;
lanc&#233; des proc&#233;dures pour explorer un "jeton de diffusion"
obligatoire qui serait requis sur tout syst&#232;me capable de
transmettre de la vid&#233;o num&#233;rique (c'est-&#224;-dire un
ordinateur), et qui d&#233;sactiverait la possibilit&#233; de copier
tout contenu marqu&#233; d'un jeton de diffusion. D'autres membres du
Congr&#232;s ont propos&#233; d&#233;-responsabiliser les fournisseurs
de contenu pour la technologie qu'ils pourraient d&#233;ployer qui
traquerait les violateurs de copyright et d&#233;sactiverait leurs
machines7.
	</text>
</object>
<object id="825">
	<ocn>825</ocn>
	<text class="norm">
		Dans un sens, ces solutions semblent sages. Si le probl&#232;me est le
code, pourquoi ne pas r&#233;guler le code pour enlever le
probl&#232;me. Mais toute r&#233;gulation de l'infrastructure technique
sera toujours r&#233;gl&#233;e sur la technologie particuli&#232;re du
moment. Elle imposera des fardeaux et des couts importants sur la
technologie, mais sera susceptible d'&#234;tre &#233; clips&#233;e par
des avanc&#233;es qui auront lieu exactement autour de ces exigences.
	</text>
</object>
<object id="826">
	<ocn>826</ocn>
	<text class="norm">
		En mars 2002, une large coalition de soci&#233;t&#233;s en technologie,
men&#233;es par Intel, essay&#232;rent d'amener le Congr&#232;s &#224;
voir le mal qu'une telle l&#233;gislation imposerait8. Leur argument
n'&#233;tait &#233; evidemment pas que le copyright ne devrait pas
&#234; tre prot&#233;g&#233;. Au lieu de cela, ont-ils soutenu, toute
protection ne devrait pas causer plus de mal que de bien.
	</text>
</object>
<object id="827">
	<ocn>827</ocn>
	<text class="norm">
		Il y a une mani&#232;re plus &#233; vidente dans laquelle cette guerre
a fait du mal &#224; l'innovation - une fois encore, une histoire qui
sera assez famili&#232;re aux fans du march&#233; libre.
	</text>
</object>
<object id="828">
	<ocn>828</ocn>
	<text class="norm">
		Le copyright est peut-&#234;tre une propri&#233;t&#233;, mais comme
toutes les propri&#233;t&#233;s, c'est aussi une forme de
r&#233;gulation. C'est une r&#233;gulation qui b&#233;n&#233;ficie
&#224; certains et cause du tort &#224; d'autres. Quand il est bien
fait, il b&#233;n&#233;ficie aux cr&#233;ateurs et fait du mal aux
sangsues. Quand il est mal fait, c'est une r&#233;gulation que les
puissants utilisent pour vaincre leurs concurrents.
	</text>
</object>
<object id="829">
	<ocn>829</ocn>
	<text class="norm">
		Comme je l'ai d&#233;crit dans le chapitre 10, malgr&#233; cet aspect
du copyright en tant que r&#233;gulation, et sujet aux qualifications
importantes soulign&#233;es par Jessica Litman dans son livre Digital
Copyright9, dans l'ensemble cette histoire de copyright n'est pas
mauvaise. Comem le d&#233;tailel le chapitre 10, quand de nouvelles
technologies sont arriv&#233;es, le Congr&#232;s a trouv&#233; le juste
milieu pour assurer que le nouveau est prot&#233;g&#233; de l'ancien.
Des licenses obligatoires, ou statutaires, ont &#233; t&#233; une
partie de cette strat&#233;gie. L'usage libre (comme dans le cas du
magn&#233;toscope) en ont &#233; t&#233; une autre.
	</text>
</object>
<object id="830">
	<ocn>830</ocn>
	<text class="norm">
		Mais cette habitude du respect envers les nouvelles technologies a
maintenant chang&#233; avec la mont&#233;e d'Internet. Plut&#244;t que
de trouver un juste milieu entre les pr&#233;tentions d'une nouvelle
technologie et les droits l&#233;gitimes des cr&#233;ateurs de contenu,
&#224; la foi les tribunaux et le Congr&#232;s ont impos&#233; des
restrictions l&#233;gales qui auront pour effet de noyer le nouveau
pour b&#233;n&#233;ficier &#224; l'ancien.
	</text>
</object>
<object id="831">
	<ocn>831</ocn>
	<text class="norm">
		La r&#233;ponse des tribunaux a &#233; t&#233; assez universelle10.
Elle a &#233; t&#233; refl&#233;t&#233;e dans les r&#233;ponses
menac&#233;es et v&#233;ritablement mise en oeuvre par le Congr&#232;s.
Je ne ferai pas la liste de toutes ces r&#233;ponses ici11. Mais il y a
un exemple qui capture la saveur de toutes celles-ci. C'est l'histoire
de la mort des webradios.
	</text>
</object>
<object id="832">
	<ocn>832</ocn>
	<text class="norm">
		Comme je l'ai d&#233;crit dans le chapitre 4, quand une station de
radio joue une chanson, l'artiste-interpr&#232;te n'est pas pay&#233;
pour cette "interpr&#233;tation radiophonique" &#224; moins qu'il ou
elle soit &#233; galement le compositeur. Donc, par exemple si Marylin
Monroe avait enregistr&#233; une version de "Happy Birthday" - pour
immortaliser sa fameuse prestation devant le Pr&#233;sident Kennedy
&#224; Madison Square Garden - alors &#224; chaque fois que cet
enregistrement serait jou&#233; &#224; la radio, les propri&#233;taires
actuels du copyright de "Happy Birthday" recevraient de l'argent,
tandis que Marylin Monroe non.
	</text>
</object>
<object id="833">
	<ocn>833</ocn>
	<text class="norm">
		Le raisonnement derri&#232;re cet &#233; quilibre atteint par le
Congr&#232;s a du sens. La justification &#233; tait que la radio
&#233; tait une sorte de publicit&#233;. L'artiste interpr&#232;te
b&#233;nificiait donc en jouant sa musique, la station de radio rendait
plus probable que ses enregistrements seraient achet&#233;s. Ainsi,
l'artiste interpr&#232;te avait quelque chose, m&#234;me si
indirectement. Probablement que ce raisonnement avait moins &#224; voir
avec r&#233;sultat qu'avec le pouvoir des stations de radio: leurs
lobbyistes &#233; taient assez bons &#224; arr&#234;ter toutes
tentatives pour que le Congr&#232;s ordonne une compensation aux
artistes interpr&#232;tes.
	</text>
</object>
<object id="834">
	<ocn>834</ocn>
	<text class="norm">
		Arrive la webradio. Comme la radio habituelle, la webradio est une
technologie pour diffuser du contenu d'un &#233; metteur &#224; un
auditeur. La diffusion voyage &#224; travers Internet, et non pas
&#224; travers l'&#233;ther du spectre radiophonique. Ainsi, je peux
"capter" une station de webradio &#224; Berlin tout en &#233; tant
&#224; San Francisco, m&#234;me s'il n'y a pas moyen pour moi de capter
une radio habituelle au-del&#224; de la zone m&#233;tropolitaine de San
Francisco.
	</text>
</object>
<object id="835">
	<ocn>835</ocn>
	<text class="norm">
		Cette caract&#233;ristique de l'architecture de la webradio signifie
qu'il y a potentiellement un nombre illimit&#233; de stations de radio
qu'un utilisateur pourrait capter en utilisant son ordinateur, alors
que sous l'architecture existante pour la radiodiffusion, il y a une
limite &#233; vidente du nombre d'&#233;metteurs et des fr&#233;quences
de diffusion. La webradio pourrait donc &#234; tre plus
comp&#233;titive que la radio habituelle; elle pourrait fournir un
&#233; ventail plus large de s&#233;lections. Et parce que le public
potentien pour la webradio est le monde entier, des stations de niche
pourraient facilement se d&#233;velopper et vendre leur contenu &#224;
un nombre relativment &#233; lev&#233; d'utilisateurs &#224; travers le
monde. D'apr&#232;s certaines estimations, plus de 80 millions
d'utilisateurs &#224; travers le monde ont &#233; cout&#233; cette
nouvelle forme de radio.
	</text>
</object>
<object id="836">
	<ocn>836</ocn>
	<text class="norm">
		La webradio est ainsi &#224; la radio ce que la FM &#233; tait &#224;
l'AM. C'est une am&#233;lioration potentiellement largement plus
importante que l'am&#233;lioration de la FM par rapport &#224; l'AM,
&#233; tant donn&#233; que non seulement la technologie est meilleure,
donc, &#233; galement, la comp&#233;tition. En effet, il y a un
parall&#232;le direct entre le combat pour instaurer la radio FM et le
combat pour prot&#233;ger la webradio. Comme le d&#233;crit un auteur
parlant de la lutte d'Howard Armstrong pour permettre &#224; la radio
FM d'exister,
	</text>
</object>
<object id="837">
	<ocn>837</ocn>
	<text class="norm">
		Un nombre presque illimit&#233; de stations FM &#233; tait possible
dans les ondes courtes, mettant ainsi fin aux restrictions
artificielles impos&#233;es sur la radio dans les grandes ondes
surpeupl&#233;es. Si la FM se d&#233;veloppait librement, le nombre de
stations serait limit&#233; seulement par l'&#233;conomie et la
comp&#233;tition plut&#244;t que par des restrictions techniques...
Armstrong a compar&#233; la situation qui a grandi dans la radio &#224;
celle suivant l'invention de la presse d'imprimerie, quand les
gouvernements et les classes dirigeantes tent&#232;rent de
contr&#244;ler ce nouvel instrument de communication de masse en lui
imposant des licences restrictives. Cette tyrannie fut bris&#233;e
seulement quand il devint possible aux hommes d'acqu&#233;rir librement
des presses d'imprimerie et de les faire fonctionner librement. La FM
dans ce sens &#233; tait une invention aussi grande que les presses
d'imprimerie, car elle donnait aux radios l'opportunit&#233; de briser
ses chaines12.
	</text>
</object>
<object id="838">
	<ocn>838</ocn>
	<text class="norm">
		Ce potentiel pour la radio FM ne se r&#233;alisa jamais - pas parce que
Armstrong avait tort &#224; propos de la technologie, mais parce qu'il
avait sous-estim&#233; le pouvoir des "int&#233;r&#234;ts particuliers,
habitudes, coutumes et [de la] l&#233;gislation"13 de retarder la
croissance de cette technologie comp&#233;titive.
	</text>
</object>
<object id="839">
	<ocn>839</ocn>
	<text class="norm">
		Maintenant exactement la m&#234;me affirmation pourrait &#234; tre
faite sur la webradio. Car encore, il n'y a pas de limitation technique
qui pourrait restreindre le nombre de stations de webradio. Les seules
restrictions sur la webradio sont celles impos&#233;es par la loi. La
loi du copyright est une telle loi. Donc la premi&#232;re question que
nous devrions nous poser est, quelles sont les r&#232;gles du copyright
qui gouverneraient la webradio?
	</text>
</object>
<object id="840">
	<ocn>840</ocn>
	<text class="norm">
		Mais ici le pouvoir des lobbyistes est invers&#233;. La webradio est
une industrie nouvelle. Les artistes interpr&#232;tes, d'un autre
c&#244;t&#233;, ont un lobby tr&#232;s puissant, la RIAA. Ainsi lorsque
le Congr&#232;s consid&#233;ra le ph&#233;nom&#232;ne de la webradio en
1995, les lobbyistes ont pouss&#233; le Congr&#232;s &#224; adopter une
r&#232;gle diff&#233;rente pour la webradio de la r&#232;gle qui
s'applique &#224; la radio terrestre. Alors que la radio terrestre n'a
pas &#224; payer &#224; notre Marylin Monroe hypoth&#233;tique quand
elle joue son enregistrement hypoth&#233;tique de "Happy Birthday", la
webradio le fait. Non seulement la loi n'est pas neutre envers la
webradio - en fait la loi encombre la webradio plus qu'elle n'encombre
la radio terrestre.
	</text>
</object>
<object id="841">
	<ocn>841</ocn>
	<text class="norm">
		Ce fardeau financier n'est pas l&#233;ger. Comme l'estime le professeur
de droit William Fisher de Harvard, si une webradio distribuait de la
musique populare sans publicit&#233; &#224; (environ) dix mille
auditeurs, 24 heures par jour, les frais totaux artistiques que la
station de radio devrait s'&#233;l&#232;veraient &#224; plus de 1
million de dollars par an14. Une station de radio habituelle diffusant
le m&#234;me contenu ne payerait pas de frais &#233; quivalents.
	</text>
</object>
<object id="842">
	<ocn>842</ocn>
	<text class="norm">
		Le faerdeau n'est pas seulement financier. Sous les r&#232;gles
originales qui ont &#233; t&#233; propos&#233;es, une station de
webradio (mais pas une station de radi oterrestre) aurait &#224;
collecter les informatiosn suivantes de chaque transaction
d'&#233;coute:
	</text>
</object>
<object id="843">
	<ocn>843</ocn>
	<text class="group">	
		&#160;&#160;&#160;&#160;1. nom du service;<br /> 
 &#160;&#160;&#160;&#160;2. chaine du programme (les stations AM/FM utilisent le "station ID");<br /> 
 &#160;&#160;&#160;&#160;3. type de programme (archiv&#233;/en boucle/en direct);<br /> 
 &#160;&#160;&#160;&#160;4. date de transmission;<br /> 
 &#160;&#160;&#160;&#160;5. heure de transmission;<br /> 
 &#160;&#160;&#160;&#160;6. fuseau horaire d'origine de la transmission;<br /> 
 &#160;&#160;&#160;&#160;7. d&#233;signation num&#233;rique de l'endroit de l'enregistrement sonore dans le programme;<br /> 
 &#160;&#160;&#160;&#160;8. dur&#233;e de la transmssoin (&#224; la seconde pr&#232;s);<br /> 
 &#160;&#160;&#160;&#160;9. titre de l'enregistrement sonore;<br /> 
 &#160;&#160;&#160;&#160;10. code ISRC de l'enregistrement;<br /> 
 &#160;&#160;&#160;&#160;11. ann&#233;e de sortei de l'album par indication de copyright et dans le cas d'albums de compilations, la date de sortie de l'album et la date de copyright de la piste;<br /> 
 &#160;&#160;&#160;&#160;12. artist interpr&#232;te y figurant;<br /> 
 &#160;&#160;&#160;&#160;13. titre de vente de l'album;<br /> 
 &#160;&#160;&#160;&#160;14. maison de disque;<br /> 
 &#160;&#160;&#160;&#160;15. code UPC de l'album vendu;<br /> 
 &#160;&#160;&#160;&#160;16. num&#233;ro de catalogue;<br /> 
 &#160;&#160;&#160;&#160;17. informations sur le d&#233;tenteur du copyright;<br /> 
 &#160;&#160;&#160;&#160;18. genre musical de la chaine ou du programme (format de station);<br /> 
 &#160;&#160;&#160;&#160;19. nom du service ou entit&#233;;<br /> 
 &#160;&#160;&#160;&#160;20. chaine ou programme;<br /> 
 &#160;&#160;&#160;&#160;21. date et heure auxquelles l'utilisateur s'est connect&#233; (dans le fuseau horaire de l'utilisateur);<br /> 
 &#160;&#160;&#160;&#160;22. date et heure auxquelles l'utilisateur s'est d&#233;connect&#233; (dans le fuseau horaire de l'utilisateur);<br /> 
 &#160;&#160;&#160;&#160;23. fuseau horaire o&#250; le signal a &#233; t&#233; re&#231;u (utilisateur);<br /> 
 &#160;&#160;&#160;&#160;24. identifiant unique de l'utilisateur;<br /> 
 &#160;&#160;&#160;&#160;25. pays o&#250; l'utilisateur a re&#231;u les transmissions.<br />	
	</text>
</object>
<object id="844">
	<ocn>844</ocn>
	<text class="norm">
		Le Biblioth&#233;caire du Congr&#232;s a finalement suspende ces
exigences de rapport, en attente d'&#233;tude suppl&#233;mentaire. Et
il changea &#233; galement les taux originaux fix&#233;s par le
comit&#233; d'arbitrage en charge de fixer les taux. Mais la
diff&#233;rence basique entre la webradio et la radio terrestre
demeure: la webradio doit payer un type d'honoraire de copyright que la
radio terrestre ne paie pas.
	</text>
</object>
<object id="845">
	<ocn>845</ocn>
	<text class="norm">
		Pourquoi? Qu'est-ce qui justifie cette diff&#233;rence? Y a-t-il eu une
&#233; tude des cons&#233;quences &#233; conomiques de la webradio qui
justifierait ces diff&#233;rences? Est-ce que le motif &#233; tait de
prot&#233;ger les artistes contre le piratage?
	</text>
</object>
<object id="846">
	<ocn>846</ocn>
	<text class="norm">
		Dans un rare &#233; lan de candeur, un expert de la RIAA a admis ce qui
semblait &#233; vident &#224; tout le monde &#224; cette &#233; poque.
Comme Alex Alben, vice pr&#233;sident de la Politique Publique &#224;
Real Networks, me l'a dit,
	</text>
</object>
<object id="847">
	<ocn>847</ocn>
	<text class="indent1">
		La RIAA, qui repr&#233;sentait les maisons de disquesn pr&#233;sentait
quelque t&#233;moignage sur ce qu'ils pensaient qu'un acheteur
potentiel payerait &#224; un vendeur potentiel, et c'&#233;tait bien
plus. C'&#233;tait dix fois plus que ce que les stations de radio
payent pour jouer les m&#234;mes chansons pour la m&#234;me dur&#233;e
de temps. Et donc les avocats repr&#233;sentant les diffuseurs sur le
web demand&#232;renet &#224; la RIAA, ... "Comment sortez-vous un taux
qui est tellement plus &#233; lev&#233;? Pourquoi est-ce que cela vaut
plus que la radio? Parce que vous avec ici des centaines de milliers de
diffuseurs sur le web qui veulent payer, et cela devrait &#233; tablir
le taux du march&#233;, et si vous fixez le taux si haut, vous allez
faire sortir les petits diffuseurs sur le web des affaires. ..."
	</text>
</object>
<object id="848">
	<ocn>848</ocn>
	<text class="indent1">
		Et les experts de la RIAA dirent, "Eh bien, nous ne repr&#233;sentons
pas vraiment ceci comme une industrie avec des milliers de diffuseurs
sur le web, nous pensons que cela devrait &#234; tre une industrie
avec, vous savez, cinq ou six gros joueurs qui peuvent payer un taux
&#233; lev&#233; et qui est un march&#233; stable, pr&#233;visible."
(Insistance ajout&#233;e.)
	</text>
</object>
<object id="849">
	<ocn>849</ocn>
	<text class="norm">
		Traduction: le but est d'utiliser la loi pour &#233; liminer la
comp&#233;tition, afin que cette plateforme de comp&#233;tition
potentiellement immense, qui ferait explorer la diversit&#233; et la
port&#233;e du contenu, ne cause pas de mal aux dinosaures du
pass&#233;. Il n'y a personne, ni de droite ni de gauche, qui devrait
cautionner cette utilisation de la loi. Et pourtant il n'y a
protiquement personne, ni de droite ni de gauche, qui fait quoi que ce
soit d'efficace pour l'emp&#234;cher.
	</text>
</object>
<object id="850">
	<ocn>850</ocn>
	<text class="h5">
		Corrompre les citoyens
	</text>
</object>
<object id="851">
	<ocn>851</ocn>
	<text class="norm">
		L'exc&#232;s de r&#233;gulation tue la cr&#233;ativit&#233;. Il bride
l'innovation. Il donne aux dinosaures un droit de v&#233;to sur
l'avenir. Il gaspille le potentiel extraordinaire de
cr&#233;ativit&#233; d&#233;mocratique offert par la technologie
num&#233;rique.
	</text>
</object>
<object id="852">
	<ocn>852</ocn>
	<text class="norm">
		En plus de ces dommages importants, il en est un autre, qui &#233; tait
important pour nos pr&#233;decesseurs, mais semble oubli&#233;
aujourd'hui. L'exc&#232;s de r&#233;gulation corrompt les citoyens, et
affaiblit l'empire de la loi.
	</text>
</object>
<object id="853">
	<ocn>853</ocn>
	<text class="norm">
		La guerre qui est men&#233;e aujourd'hui est une guerre de prohibition.
Comme toute guerre de prohibition, elle est dirig&#233;e contre le
comportement d'un tr&#232;s grand nombre de citoyens. Selon le New York
Times, 43 millions d'Am&#233;ricains ont t&#233;l&#233;charg&#233; de
la musique en mai 200215. Selon la RIAA, le comportement de ces 43
millions d'am&#233;ricains est d&#233;lictueux. Nous avons donc un
syst&#232;me de lois qui transforme 20 pour cent de l'Am&#233;rique en
d&#233;linquants. Plus la RIAA fera de proc&#232;s aux Napster et
autres Kazaa, mais aussi &#224; des &#233; tudiants qui construisent
des moteurs de recherche, et de plus en plus &#224; de simple usagers
qui t&#233;l&#233;chargent du contenu, plus les technologies de partage
de fichiers feront de progr&#232;s, afin de mieux prot&#233;ger et
cacher leurs usages ill&#233;gaux. C'est une course aux armements, une
guerre civile, o&#250; l'extr&#233;misme d'un camp renforce celui de
son adversaire.
	</text>
</object>
<object id="854">
	<ocn>854</ocn>
	<text class="norm">
		The content industry's tactics exploit the failings of the American
legal system. When the RIAA brought suit against Jesse Jordan, it knew
that in Jordan it had found a scapegoat, not a defendant. The threat of
having to pay either all the money in the world in damages
($15,000,000) or almost all the money in the world to defend against
paying all the money in the world in damages ($250,000 in legal fees)
led Jordan to choose to pay all the money he had in the world ($12,000)
to make the suit go away. The same strategy animates the RIAA's suits
against individual users. In September 2003, the RIAA sued 261
individuals--including a twelve-year-old girl living in public housing
and a seventy-year-old man who had no idea what file sharing was16. As
these scapegoats discovered, it will always cost more to defend against
these suits than it would cost to simply settle. (The twelve year old,
for example, like Jesse Jordan, paid her life savings of $2,000 to
settle the case.) Our law is an awful system for defending rights. It
is an embarrassment to our tradition. And the consequence of our law as
it is, is that those with the power can use the law to quash any rights
they oppose.
	</text>
</object>
<object id="855">
	<ocn>855</ocn>
	<text class="norm">
		Wars of prohibition are nothing new in America. This one is just
something more extreme than anything we've seen before. We experimented
with alcohol prohibition, at a time when the per capita consumption of
alcohol was 1.5 gallons per capita per year. The war against drinking
initially reduced that consumption to just 30 percent of its
preprohibition levels, but by the end of prohibition, consumption was
up to 70 percent of the preprohibition level. Americans were drinking
just about as much, but now, a vast number were criminals17. We have
launched a war on drugs aimed at reducing the consumption of regulated
narcotics that 7 percent (or 16 million) Americans now use18. That is a
drop from the high (so to speak) in 1979 of 14 percent of the
population. We regulate automobiles to the point where the vast
majority of Americans violate the law every day. We run such a complex
tax system that a majority of cash businesses regularly cheat19. We
pride ourselves on our "free society," but an endless array of ordinary
behavior is regulated within our society. And as a result, a huge
proportion of Americans regularly violate at least some law.
	</text>
</object>
<object id="856">
	<ocn>856</ocn>
	<text class="norm">
		This state of affairs is not without consequence. It is a particularly
salient issue for teachers like me, whose job it is to teach law
students about the importance of "ethics." As my colleague Charlie
Nesson told a class at Stanford, each year law schools admit thousands
of students who have illegally downloaded music, illegally consumed
alcohol and sometimes drugs, illegally worked without paying taxes,
illegally driven cars. These are kids for whom behaving illegally is
increasingly the norm. And then we, as law professors, are supposed to
teach them how to behave ethically--how to say no to bribes, or keep
client funds separate, or honor a demand to disclose a document that
will mean that your case is over. Generations of Americans--more
significantly in some parts of America than in others, but still,
everywhere in America today--can't live their lives both normally and
legally, since "normally" entails a certain degree of illegality.
	</text>
</object>
<object id="857">
	<ocn>857</ocn>
	<text class="norm">
		The response to this general illegality is either to enforce the law
more severely or to change the law. We, as a society, have to learn how
to make that choice more rationally. Whether a law makes sense depends,
in part, at least, upon whether the costs of the law, both intended and
collateral, outweigh the benefits. If the costs, intended and
collateral, do outweigh the benefits, then the law ought to be changed.
Alternatively, if the costs of the existing system are much greater
than the costs of an alternative, then we have a good reason to
consider the alternative.
	</text>
</object>
<object id="858">
	<ocn>858</ocn>
	<text class="norm">
		My point is not the idiotic one: Just because people violate a law, we
should therefore repeal it. Obviously, we could reduce murder
statistics dramatically by legalizing murder on Wednesdays and Fridays.
But that wouldn't make any sense, since murder is wrong every day of
the week. A society is right to ban murder always and everywhere.
	</text>
</object>
<object id="859">
	<ocn>859</ocn>
	<text class="norm">
		My point is instead one that democracies understood for generations,
but that we recently have learned to forget. The rule of law depends
upon people obeying the law. The more often, and more repeatedly, we as
citizens experience violating the law, the less we respect the law.
Obviously, in most cases, the important issue is the law, not respect
for the law. I don't care whether the rapist respects the law or not; I
want to catch and incarcerate the rapist. But I do care whether my
students respect the law. And I do care if the rules of law sow
increasing disrespect because of the extreme of regulation they impose.
Twenty million Americans have come of age since the Internet introduced
this different idea of "sharing." We need to be able to call these
twenty million Americans "citizens," not "felons."
	</text>
</object>
<object id="860">
	<ocn>860</ocn>
	<text class="norm">
		When at least forty-three million citizens download content from the
Internet, and when they use tools to combine that content in ways
unauthorized by copyright holders, the first question we should be
asking is not how best to involve the FBI. The first question should be
whether this particular prohibition is really necessary in order to
achieve the proper ends that copyright law serves. Is there another way
to assure that artists get paid without transforming forty-three
million Americans into felons? Does it make sense if there are other
ways to assure that artists get paid without transforming America into
a nation of felons?
	</text>
</object>
<object id="861">
	<ocn>861</ocn>
	<text class="norm">
		This abstract point can be made more clear with a particular example.
	</text>
</object>
<object id="862">
	<ocn>862</ocn>
	<text class="norm">
		We all own CDs. Many of us still own phonograph records. These pieces
of plastic encode music that in a certain sense we have bought. The law
protects our right to buy and sell that plastic: It is not a copyright
infringement for me to sell all my classical records at a used record
store and buy jazz records to replace them. That "use" of the
recordings is free.
	</text>
</object>
<object id="863">
	<ocn>863</ocn>
	<text class="norm">
		But as the MP3 craze has demonstrated, there is another use of
phonograph records that is effectively free. Because these recordings
were made without copy-protection technologies, I am "free" to copy, or
"rip," music from my records onto a computer hard disk. Indeed, Apple
Corporation went so far as to suggest that "freedom" was a right: In a
series of commercials, Apple endorsed the "Rip, Mix, Burn" capacities
of digital technologies.
	</text>
</object>
<object id="864">
	<ocn>864</ocn>
	<text class="norm">
		This "use" of my records is certainly valuable. I have begun a large
process at home of ripping all of my and my wife's CDs, and storing
them in one archive. Then, using Apple's iTunes, or a wonderful program
called Andromeda, we can build different play lists of our music: Bach,
Baroque, Love Songs, Love Songs of Significant Others--the potential is
endless. And by reducing the costs of mixing play lists, these
technologies help build a creativity with play lists that is itself
independently valuable. Compilations of songs are creative and
meaningful in their own right.
	</text>
</object>
<object id="865">
	<ocn>865</ocn>
	<text class="norm">
		This use is enabled by unprotected media--either CDs or records. But
unprotected media also enable file sharing. File sharing threatens (or
so the content industry believes) the ability of creators to earn a
fair return from their creativity. And thus, many are beginning to
experiment with technologies to eliminate unprotected media. These
technologies, for example, would enable CDs that could not be ripped.
Or they might enable spy programs to identify ripped content on
people's machines.
	</text>
</object>
<object id="866">
	<ocn>866</ocn>
	<text class="norm">
		If these technologies took off, then the building of large archives of
your own music would become quite difficult. You might hang in hacker
circles, and get technology to disable the technologies that protect
the content. Trading in those technologies is illegal, but maybe that
doesn't bother you much. In any case, for the vast majority of people,
these protection technologies would effectively destroy the archiving
use of CDs. The technology, in other words, would force us all back to
the world where we either listened to music by manipulating pieces of
plastic or were part of a massively complex "digital rights management"
system.
	</text>
</object>
<object id="867">
	<ocn>867</ocn>
	<text class="norm">
		If the only way to assure that artists get paid were the elimination of
the ability to freely move content, then these technologies to
interfere with the freedom to move content would be justifiable. But
what if there were another way to assure that artists are paid, without
locking down any content? What if, in other words, a different system
could assure compensation to artists while also preserving the freedom
to move content easily?
	</text>
</object>
<object id="868">
	<ocn>868</ocn>
	<text class="norm">
		My point just now is not to prove that there is such a system. I offer
a version of such a system in the last chapter of this book. For now,
the only point is the relatively uncontroversial one: If a different
system achieved the same legitimate objectives that the existing
copyright system achieved, but left consumers and creators much more
free, then we'd have a very good reason to pursue this
alternative--namely, freedom. The choice, in other words, would not be
between property and piracy; the choice would be between different
property systems and the freedoms each allowed.
	</text>
</object>
<object id="869">
	<ocn>869</ocn>
	<text class="norm">
		I believe there is a way to assure that artists are paid without
turning forty-three million Americans into felons. But the salient
feature of this alternative is that it would lead to a very different
market for producing and distributing creativity. The dominant few, who
today control the vast majority of the distribution of content in the
world, would no longer exercise this extreme of control. Rather, they
would go the way of the horse-drawn buggy.
	</text>
</object>
<object id="870">
	<ocn>870</ocn>
	<text class="norm">
		Except that this generation's buggy manufacturers have already saddled
Congress, and are riding the law to protect themselves against this new
form of competition. For them the choice is between forty-three million
Americans as criminals and their own survival.
	</text>
</object>
<object id="871">
	<ocn>871</ocn>
	<text class="norm">
		It is understandable why they choose as they do. It is not
understandable why we as a democracy continue to choose as we do. Jack
Valenti is charming; but not so charming as to justify giving up a
tradition as deep and important as our tradition of free culture.
	</text>
</object>
<object id="872">
	<ocn>872</ocn>
	<text class="norm">
		There's one more aspect to this corruption that is particularly
important to civil liberties, and follows directly from any war of
prohibition. As Electronic Frontier Foundation attorney Fred von
Lohmann describes, this is the "collateral damage" that "arises
whenever you turn a very large percentage of the population into
criminals." This is the collateral damage to civil liberties generally.
	</text>
</object>
<object id="873">
	<ocn>873</ocn>
	<text class="norm">
		"If you can treat someone as a putative lawbreaker," von Lohmann
explains,
	</text>
</object>
<object id="874">
	<ocn>874</ocn>
	<text class="indent1">
		then all of a sudden a lot of basic civil liberty protections evaporate
to one degree or another. . . . If you're a copyright infringer, how
can you hope to have any privacy rights? If you're a copyright
infringer, how can you hope to be secure against seizures of your
computer? How can you hope to continue to receive Internet access? . .
. Our sensibilities change as soon as we think, "Oh, well, but that
person's a criminal, a lawbreaker." Well, what this campaign against
file sharing has done is turn a remarkable percentage of the American
Internet-using population into "law- breakers."
	</text>
</object>
<object id="875">
	<ocn>875</ocn>
	<text class="norm">
		And the consequence of this transformation of the American public into
criminals is that it becomes trivial, as a matter of due process, to
effectively erase much of the privacy most would presume.
	</text>
</object>
<object id="876">
	<ocn>876</ocn>
	<text class="norm">
		Users of the Internet began to see this generally in 2003 as the RIAA
launched its campaign to force Internet service providers to turn over
the names of customers who the RIAA believed were violating copyright
law. Verizon fought that demand and lost. With a simple request to a
judge, and without any notice to the customer at all, the identity of
an Internet user is revealed.
	</text>
</object>
<object id="877">
	<ocn>877</ocn>
	<text class="norm">
		The RIAA then expanded this campaign, by announcing a general strategy
to sue individual users of the Internet who are alleged to have
downloaded copyrighted music from file-sharing systems. But as we've
seen, the potential damages from these suits are astronomical: If a
family's computer is used to download a single CD's worth of music, the
family could be liable for $2 million in damages. That didn't stop the
RIAA from suing a number of these families, just as they had sued Jesse
Jordan20.
	</text>
</object>
<object id="878">
	<ocn>878</ocn>
	<text class="norm">
		Even this understates the espionage that is being waged by the RIAA. A
report from CNN late last summer described a strategy the RIAA had
adopted to track Napster users21. Using a sophisticated hashing
algorithm, the RIAA took what is in effect a fingerprint of every song
in the Napster catalog. Any copy of one of those MP3s will have the
same "fingerprint."
	</text>
</object>
<object id="879">
	<ocn>879</ocn>
	<text class="norm">
		So imagine the following not-implausible scenario: Imagine a friend
gives a CD to your daughter--a collection of songs just like the
cassettes you used to make as a kid. You don't know, and neither does
your daughter, where these songs came from. But she copies these songs
onto her computer. She then takes her computer to college and connects
it to a college network, and if the college network is "cooperating"
with the RIAA's espionage, and she hasn't properly protected her
content from the network (do you know how to do that yourself ?), then
the RIAA will be able to identify your daughter as a "criminal." And
under the rules that universities are beginning to deploy22, your
daughter can lose the right to use the university's computer network.
She can, in some cases, be expelled.
	</text>
</object>
<object id="880">
	<ocn>880</ocn>
	<text class="norm">
		Now, of course, she'll have the right to defend herself. You can hire a
lawyer for her (at $300 per hour, if you're lucky), and she can plead
that she didn't know anything about the source of the songs or that
they came from Napster. And it may well be that the university believes
her. But the university might not believe her. It might treat this
"contraband" as presumptive of guilt. And as any number of college
students have already learned, our presumptions about innocence
disappear in the middle of wars of prohibition. This war is no
different.
	</text>
</object>
<object id="881">
	<ocn>881</ocn>
	<text class="norm">
		Says von Lohmann,
	</text>
</object>
<object id="882">
	<ocn>882</ocn>
	<text class="indent1">
		So when we're talking about numbers like forty to sixty million
Americans that are essentially copyright infringers, you create a
situation where the civil liberties of those people are very much in
peril in a general matter. [I don't] think [there is any] analog where
you could randomly choose any person off the street and be confident
that they were committing an unlawful act that could put them on the
hook for potential felony liability or hundreds of millions of dollars
of civil liability. Certainly we all speed, but speeding isn't the kind
of an act for which we routinely forfeit civil liberties. Some people
use drugs, and I think that's the closest analog, [but] many have noted
that the war against drugs has eroded all of our civil liberties
because it's treated so many Americans as criminals. Well, I think it's
fair to say that file sharing is an order of magnitude larger number of
Americans than drug use. . . . If forty to sixty million Americans have
become lawbreakers, then we're really on a slippery slope to lose a lot
of civil liberties for all forty to sixty million of them.
	</text>
</object>
<object id="883">
	<ocn>883</ocn>
	<text class="norm">
		When forty to sixty million Americans are considered "criminals" under
the law, and when the law could achieve the same objective-- securing
rights to authors--without these millions being considered "criminals,"
who is the villain? Americans or the law? Which is American, a constant
war on our own people or a concerted effort through our democracy to
change our law?
	</text>
</object>
<object id="884">
	<ocn>884</ocn>
	<text class="h2">
		&#201; quilibres
	</text>
</object>
<object id="885">
	<ocn>885</ocn>
	<text class="norm">
		Voici la sc&#232;ne: Vous &#234; tes debout au le bord de la route.
Votre voiture a pris feu. Vous &#234; tes &#233; nerv&#233; et en
col&#232;re parce que vous &#234; tes en partie responsable de
l'incendie. Et maintenant vous ne savez pas comment l'&#233;teindre.
Pr&#232;s de vous se trouve un seau rempli d'essence. Evidemment, ce
n'est pas avec de l'essence que vous allez l'&#233;teindre.
	</text>
</object>
<object id="886">
	<ocn>886</ocn>
	<text class="norm">
		Alors que vous &#234; tes en train de r&#233;fl&#233;chir, quelqu'un
arrive. Paniqu&#233;e, elle s'empare du seau. Avant que vous n'ayez pu
lui dire d'arr&#234;ter (ou avant qu'elle n'ait pu comprendre pourquoi
arr&#234;ter) le seau vole en l'air. L'essence est sur le point de
toucher la voiture fumante. Et le feu que cette essence va enflammer
est sur le point d'enflammer tout ce qui se trouve autour.
	</text>
</object>
<object id="887">
	<ocn>887</ocn>
	<text class="norm">
		Une guerre du copyright fait rage autour de nous, et nous nous occupons
d'un faux probl&#232;me. Sans doute, les technologies actuelles
menacent certaines entreprises. Aucun doute qu'elles menacent aussi
certains artistes. Mais les technologies changent. Les industries et
les ing&#233;nieurs ont beaucoup de moyens d'utiliser la technologie
pour se prot&#233;ger des menaces engendr&#233;es par Internet. C'est
un feu qui, livr&#233; &#224; lui m&#234;me, s'&#233;teindrait tout
seul.
	</text>
</object>
<object id="888">
	<ocn>888</ocn>
	<text class="norm">
		Cependant nos d&#233;cideurs ne veulent pas laisser ce feu tout seul.
Les poches pleines de l'argent des lobbyistes, ils sont
d&#233;cid&#233;s &#224; intervenir pour &#233; liminer le
probl&#232;me qu'ils percoivent. Mais le probl&#232;me qu'ils
percoivent n'est pas la v&#233;ritable menace qui p&#232;se sur notre
culture. Car pendant que nous regardons ce petit feu dans un coin de la
sc&#232;ne, un changement massif est en train de se produire partout
ailleurs, dans la mani&#232;re dont la culture est produite.
	</text>
</object>
<object id="889">
	<ocn>889</ocn>
	<text class="norm">
		D'une mani&#232;re ou d'une autre, nous devons trouver un moyen de
tourner notre attention vers ce probl&#232;me plus important et plus
fondamental. Nous devons trouver un moyen d'&#233;viter de
r&#233;pandre de l'essence sur ce feu.
	</text>
</object>
<object id="890">
	<ocn>890</ocn>
	<text class="norm">
		Nous n'avons pas encore trouv&#233; ce moyen. Au lieu de quoi nous
semblons enferm&#233;s dans un point de vue simple et binaire. Quel que
soit le nombre de gens qui essaient d'ouvrir ce d&#233;bat, c'est le
point de vue simple et binaire qui l'emporte. Nous nous retournons pour
contempler le feu quand nous devrions garder les yeux sur la route.
	</text>
</object>
<object id="891">
	<ocn>891</ocn>
	<text class="norm">
		J'ai consacr&#233; mon existence &#224; ce d&#233;fi pendant les
derni&#232;res ann&#233;es. Et ce d&#233;fi a aussi &#233; t&#233; un
&#233; chec. Dans les deux chapitres qui suivent, je d&#233;cris
quelques-uns de mes efforts, jusqu'ici sans succ&#232;s, pour trouver
un moyen de recentrer le d&#233;bat. Nous devons comprendre ces &#233;
checs si nous voulons comprendre comment gagner.
	</text>
</object>
<object id="892">
	<ocn>892</ocn>
	<text class="h4">
		Eldred
	</text>
</object>
<object id="893">
	<ocn>893</ocn>
	<text class="norm">
		En 1995, un p&#232;re &#233; tait d&#233;&#231;u que ses filles
n'appr&#233;cient pas Hawthorne. Sans-doute y avait-il plus d'un
p&#232;re dans cette situation, mais l'un d'eux au moins tenta d'y
faire quelque chose. Eric Eldred, un programmeur &#224; la retraite qui
vivait dans le New Hampshire, d&#233;cida de mettre Hawthorne sur le
web. Une version &#233; lectronique, pensa Eldred, avec des liens vers
des images et des explications du texte, ressusciteraient cet auteur du
dix-neuvi&#232;me si&#232;cle.
	</text>
</object>
<object id="894">
	<ocn>894</ocn>
	<text class="norm">
		&#199; a ne marcha pas--du moins pas pour ses filles. Elles ne
trouv&#232;rent pas Hawthorne plus int&#233;ressant qu'avant. Mais
l'exp&#233;rience d'Eldred donna naissance &#224; un hobby, et ce hobby
devint une vocation: Eldred allait construire une biblioth&#232;que
d'oeuvres du domaine public, en scannant ces oeuvres et en les mettant
gratuitement &#224; la disposition de tous.
	</text>
</object>
<object id="895">
	<ocn>895</ocn>
	<text class="norm">
		Eldred's library was not simply a copy of certain public domain works,
though even a copy would have been of great value to people across the
world who can't get access to printed versions of these works. Instead,
Eldred was producing derivative works from these public domain works.
Just as Disney turned Grimm into stories more accessible to the
twentieth century, Eldred transformed Hawthorne, and many others, into
a form more accessible--technically accessible--today.
	</text>
</object>
<object id="896">
	<ocn>896</ocn>
	<text class="norm">
		Eldred's freedom to do this with Hawthorne's work grew from the same
source as Disney's. Hawthorne's Scarlet Letter had passed into the
public domain in 1907. It was free for anyone to take without the
permission of the Hawthorne estate or anyone else. Some, such as Dover
Press and Penguin Classics, take works from the public domain and
produce printed editions, which they sell in bookstores across the
country. Others, such as Disney, take these stories and turn them into
animated cartoons, sometimes successfully (Cinderella), sometimes not
(The Hunchback of Notre Dame, Treasure Planet). These are all
commercial publications of public domain works.
	</text>
</object>
<object id="897">
	<ocn>897</ocn>
	<text class="norm">
		The Internet created the possibility of noncommercial publications of
public domain works. Eldred's is just one example. There are literally
thousands of others. Hundreds of thousands from across the world have
discovered this platform of expression and now use it to share works
that are, by law, free for the taking. This has produced what we might
call the "noncommercial publishing industry," which before the Internet
was limited to people with large egos or with political or social
causes. But with the Internet, it includes a wide range of individuals
and groups dedicated to spreading culture generally.1
	</text>
</object>
<object id="898">
	<ocn>898</ocn>
	<text class="norm">
		As I said, Eldred lives in New Hampshire. In 1998, Robert Frost's
collection of poems New Hampshire was slated to pass into the public
domain. Eldred wanted to post that collection in his free public
library. But Congress got in the way. As I described in chapter 10, in
1998, for the eleventh time in forty years, Congress extended the terms
of existing copyrights--this time by twenty years. Eldred would not be
free to add any works more recent than 1923 to his collection until
2019. Indeed, no copyrighted work would pass into the public domain
until that year (and not even then, if Congress extends the term
again). By contrast, in the same period, more than 1 million patents
will pass into the public domain.
	</text>
</object>
<object id="899">
	<ocn>899</ocn>
	<text class="norm">
		This was the Sonny Bono Copyright Term Extension Act (CTEA), enacted in
memory of the congressman and former musician Sonny Bono, who, his
widow, Mary Bono, says, believed that "copy- rights should be
forever."2
	</text>
</object>
<object id="900">
	<ocn>900</ocn>
	<text class="norm">
		Eldred decided to fight this law. He first resolved to fight it through
civil disobedience. In a series of interviews, Eldred announced that he
would publish as planned, CTEA notwithstanding. But because of a second
law passed in 1998, the NET (No Electronic Theft) Act, his act of
publishing would make Eldred a felon--whether or not anyone complained.
This was a dangerous strategy for a disabled programmer to undertake.
	</text>
</object>
<object id="901">
	<ocn>901</ocn>
	<text class="norm">
		It was here that I became involved in Eldred's battle. I was a
constitutional scholar whose first passion was constitutional
interpretation. And though constitutional law courses never focus upon
the Progress Clause of the Constitution, it had always struck me as
importantly different. As you know, the Constitution says,
	</text>
</object>
<object id="902">
	<ocn>902</ocn>
	<text class="indent1">
		Congress has the power to promote the Progress of Science . . . by
securing for limited Times to Authors . . . exclusive Right to their .
. . Writings. . . .
	</text>
</object>
<object id="903">
	<ocn>903</ocn>
	<text class="norm">
		As I've described, this clause is unique within the power-granting
clause of Article I, section 8 of our Constitution. Every other clause
granting power to Congress simply says Congress has the power to do
something--for example, to regulate "commerce among the several states"
or "declare War." But here, the "something" is something quite
specific--to "promote ...Progress"--through means that are also
specific-- by "securing" "exclusive Rights" (i.e., copyrights) "for
limited Times."
	</text>
</object>
<object id="904">
	<ocn>904</ocn>
	<text class="norm">
		In the past forty years, Congress has gotten into the practice of
extending existing terms of copyright protection. What puzzled me about
this was, if Congress has the power to extend existing terms, then the
Constitution's requirement that terms be "limited" will have no
practical effect. If every time a copyright is about to expire,
Congress has the power to extend its term, then Congress can achieve
what the Constitution plainly forbids--perpetual terms "on the
installment plan," as Professor Peter Jaszi so nicely put it.
	</text>
</object>
<object id="905">
	<ocn>905</ocn>
	<text class="norm">
		As an academic, my first response was to hit the books. I remember
sitting late at the office, scouring on-line databases for any serious
consideration of the question. No one had ever challenged Congress's
practice of extending existing terms. That failure may in part be why
Congress seemed so untroubled in its habit. That, and the fact that the
practice had become so lucrative for Congress. Congress knows that
copyright owners will be willing to pay a great deal of money to see
their copyright terms extended. And so Congress is quite happy to keep
this gravy train going.
	</text>
</object>
<object id="906">
	<ocn>906</ocn>
	<text class="norm">
		For this is the core of the corruption in our present system of
government."Corruption" not in the sense that representatives are
bribed. Rather, "corruption" in the sense that the system induces the
beneficiaries of Congress's acts to raise and give money to Congress to
induce it to act. There's only so much time; there's only so much
Congress can do. Why not limit its actions to those things it must
do--and those things that pay? Extending copyright terms pays.
	</text>
</object>
<object id="907">
	<ocn>907</ocn>
	<text class="norm">
		If that's not obvious to you, consider the following: Say you're one of
the very few lucky copyright owners whose copyright continues to make
money one hundred years after it was created. The Estate of Robert
Frost is a good example. Frost died in 1963. His poetry continues to be
extraordinarily valuable. Thus the Robert Frost estate benefits greatly
from any extension of copyright, since no publisher would pay the
estate any money if the poems Frost wrote could be published by anyone
for free.
	</text>
</object>
<object id="908">
	<ocn>908</ocn>
	<text class="norm">
		So imagine the Robert Frost estate is earning $100,000 a year from
three of Frost's poems. And imagine the copyright for those poems is
about to expire. You sit on the board of the Robert Frost estate. Your
financial adviser comes to your board meeting with a very grim report:
	</text>
</object>
<object id="909">
	<ocn>909</ocn>
	<text class="norm">
		"Next year," the adviser announces, "our copyrights in works A, B, and
C will expire. That means that after next year, we will no longer be
receiving the annual royalty check of $100,000 from the publishers of
those works.
	</text>
</object>
<object id="910">
	<ocn>910</ocn>
	<text class="norm">
		"There's a proposal in Congress, however," she continues, "that could
change this. A few congressmen are floating a bill to extend the terms
of copyright by twenty years. That bill would be extraordinarily
valuable to us. So we should hope this bill passes."
	</text>
</object>
<object id="911">
	<ocn>911</ocn>
	<text class="norm">
		"Hope?" a fellow board member says. "Can't we be doing something about
it?"
	</text>
</object>
<object id="912">
	<ocn>912</ocn>
	<text class="norm">
		"Well, obviously, yes," the adviser responds. "We could contribute to
the campaigns of a number of representatives to try to assure that they
support the bill."
	</text>
</object>
<object id="913">
	<ocn>913</ocn>
	<text class="norm">
		You hate politics. You hate contributing to campaigns. So you want to
know whether this disgusting practice is worth it. "How much would we
get if this extension were passed?" you ask the adviser. "How much is
it worth?"
	</text>
</object>
<object id="914">
	<ocn>914</ocn>
	<text class="norm">
		"Well," the adviser says, "if you're confident that you will continue
to get at least $100,000 a year from these copyrights, and you use the
'discount rate' that we use to evaluate estate investments (6 percent),
then this law would be worth $1,146,000 to the estate."
	</text>
</object>
<object id="915">
	<ocn>915</ocn>
	<text class="norm">
		You're a bit shocked by the number, but you quickly come to the correct
conclusion:
	</text>
</object>
<object id="916">
	<ocn>916</ocn>
	<text class="norm">
		"So you're saying it would be worth it for us to pay more than
$1,000,000 in campaign contributions if we were confident those
contributions would assure that the bill was passed?"
	</text>
</object>
<object id="917">
	<ocn>917</ocn>
	<text class="norm">
		"Absolutely," the adviser responds. "It is worth it to you to
contribute up to the 'present value' of the income you expect from
these copyrights. Which for us means over $1,000,000."
	</text>
</object>
<object id="918">
	<ocn>918</ocn>
	<text class="norm">
		You quickly get the point--you as the member of the board and, I trust,
you the reader. Each time copyrights are about to expire, every
beneficiary in the position of the Robert Frost estate faces the same
choice: If they can contribute to get a law passed to extend
copyrights, they will benefit greatly from that extension. And so each
time copyrights are about to expire, there is a massive amount of
lobbying to get the copyright term extended.
	</text>
</object>
<object id="919">
	<ocn>919</ocn>
	<text class="norm">
		Thus a congressional perpetual motion machine: So long as legislation
can be bought (albeit indirectly), there will be all the incentive in
the world to buy further extensions of copyright.
	</text>
</object>
<object id="920">
	<ocn>920</ocn>
	<text class="norm">
		In the lobbying that led to the passage of the Sonny Bono Copyright
Term Extension Act, this "theory" about incentives was proved real. Ten
of the thirteen original sponsors of the act in the House received the
maximum contribution from Disney's political action committee; in the
Senate, eight of the twelve sponsors received contributions.3 The RIAA
and the MPAA are estimated to have spent over $1.5 million lobbying in
the 1998 election cycle. They paid out more than $200,000 in campaign
contributions.4 Disney is estimated to have contributed more than
$800,000 to reelection campaigns in the 1998 cycle.5
	</text>
</object>
<object id="921">
	<ocn>921</ocn>
	<text class="norm">
		Constitutional law is not oblivious to the obvious. Or at least, it
need not be. So when I was considering Eldred's complaint, this reality
about the never-ending incentives to increase the copyright term was
central to my thinking. In my view, a pragmatic court committed to
interpreting and applying the Constitution of our framers would see
that if Congress has the power to extend existing terms, then there
would be no effective constitutional requirement that terms be
"limited." If they could extend it once, they would extend it again and
again and again.
	</text>
</object>
<object id="922">
	<ocn>922</ocn>
	<text class="norm">
		It was also my judgment that this Supreme Court would not allow
Congress to extend existing terms. As anyone close to the Supreme
Court's work knows, this Court has increasingly restricted the power of
Congress when it has viewed Congress's actions as exceeding the power
granted to it by the Constitution. Among constitutional scholars, the
most famous example of this trend was the Supreme Court's decision in
1995 to strike down a law that banned the possession of guns near
schools.
	</text>
</object>
<object id="923">
	<ocn>923</ocn>
	<text class="norm">
		Since 1937, the Supreme Court had interpreted Congress's granted powers
very broadly; so, while the Constitution grants Congress the power to
regulate only "commerce among the several states" (aka "interstate
commerce"), the Supreme Court had interpreted that power to include the
power to regulate any activity that merely affected interstate
commerce.
	</text>
</object>
<object id="924">
	<ocn>924</ocn>
	<text class="norm">
		As the economy grew, this standard increasingly meant that there was no
limit to Congress's power to regulate, since just about every activity,
when considered on a national scale, affects interstate commerce. A
Constitution designed to limit Congress's power was instead interpreted
to impose no limit.
	</text>
</object>
<object id="925">
	<ocn>925</ocn>
	<text class="norm">
		The Supreme Court, under Chief Justice Rehnquist's command, changed
that in United States v. Lopez. The government had argued that
possessing guns near schools affected interstate commerce. Guns near
schools increase crime, crime lowers property values, and so on. In the
oral argument, the Chief Justice asked the government whether there was
any activity that would not affect interstate commerce under the
reasoning the government advanced. The government said there was not;
if Congress says an activity affects interstate commerce, then that
activity affects interstate commerce. The Supreme Court, the government
said, was not in the position to second-guess Congress.
	</text>
</object>
<object id="926">
	<ocn>926</ocn>
	<text class="norm">
		"We pause to consider the implications of the government's arguments,"
the Chief Justice wrote.6 If anything Congress says is interstate
commerce must therefore be considered interstate commerce, then there
would be no limit to Congress's power. The decision in Lopez was
reaffirmed five years later in United States v. Morrison.7
	</text>
</object>
<object id="927">
	<ocn>927</ocn>
	<text class="norm">
		If a principle were at work here, then it should apply to the Progress
Clause as much as the Commerce Clause.8 And if it is applied to the
Progress Clause, the principle should yield the conclusion that
Congress can't extend an existing term. If Congress could extend an
existing term, then there would be no "stopping point" to Congress's
power over terms, though the Constitution expressly states that there
is such a limit. Thus, the same principle applied to the power to grant
copyrights should entail that Congress is not allowed to extend the
term of existing copyrights.
	</text>
</object>
<object id="928">
	<ocn>928</ocn>
	<text class="norm">
		If, that is, the principle announced in Lopez stood for a principle.
Many believed the decision in Lopez stood for politics--a conservative
Supreme Court, which believed in states' rights, using its power over
Congress to advance its own personal political preferences. But I
rejected that view of the Supreme Court's decision. Indeed, shortly
after the decision, I wrote an article demonstrating the "fidelity" in
such an interpretation of the Constitution. The idea that the Supreme
Court decides cases based upon its politics struck me as
extraordinarily boring. I was not going to devote my life to teaching
constitutional law if these nine Justices were going to be petty
politicians.
	</text>
</object>
<object id="929">
	<ocn>929</ocn>
	<text class="norm">
		Now let's pause for a moment to make sure we understand what the
argument in Eldred was not about. By insisting on the Constitution's
limits to copyright, obviously Eldred was not endorsing piracy. Indeed,
in an obvious sense, he was fighting a kind of piracy--piracy of the
public domain. When Robert Frost wrote his work and when Walt Disney
created Mickey Mouse, the maximum copyright term was just fifty-six
years. Because of interim changes, Frost and Disney had already enjoyed
a seventy-five-year monopoly for their work. They had gotten the
benefit of the bargain that the Constitution envisions: In exchange for
a monopoly protected for fifty-six years, they created new work. But
now these entities were using their power--expressed through the power
of lobbyists' money--to get another twenty-year dollop of monopoly.
That twenty-year dollop would be taken from the public domain. Eric
Eldred was fighting a piracy that affects us all.
	</text>
</object>
<object id="930">
	<ocn>930</ocn>
	<text class="norm">
		Some people view the public domain with contempt. In their brief before
the Supreme Court, the Nashville Songwriters Association wrote that the
public domain is nothing more than "legal piracy."9 But it is not
piracy when the law allows it; and in our constitutional system, our
law requires it. Some may not like the Constitution's requirements, but
that doesn't make the Constitution a pirate's charter.
	</text>
</object>
<object id="931">
	<ocn>931</ocn>
	<text class="norm">
		As we've seen, our constitutional system requires limits on copyright
as a way to assure that copyright holders do not too heavily influence
the development and distribution of our culture. Yet, as Eric Eldred
discovered, we have set up a system that assures that copyright terms
will be repeatedly extended, and extended, and extended. We have
created the perfect storm for the public domain. Copyrights have not
expired, and will not expire, so long as Congress is free to be bought
to extend them again.
	</text>
</object>
<object id="932">
	<ocn>932</ocn>
	<text class="norm">
		It is valuable copyrights that are responsible for terms being
extended. Mickey Mouse and "Rhapsody in Blue." These works are too
valuable for copyright owners to ignore. But the real harm to our
society from copyright extensions is not that Mickey Mouse remains
Disney's. Forget Mickey Mouse. Forget Robert Frost. Forget all the
works from the 1920s and 1930s that have continuing commercial value.
The real harm of term extension comes not from these famous works. The
real harm is to the works that are not famous, not commercially
exploited, and no longer available as a result.
	</text>
</object>
<object id="933">
	<ocn>933</ocn>
	<text class="norm">
		If you look at the work created in the first twenty years (1923 to
1942) affected by the Sonny Bono Copyright Term Extension Act, 2
percent of that work has any continuing commercial value. It was the
copyright holders for that 2 percent who pushed the CTEA through. But
the law and its effect were not limited to that 2 percent. The law
extended the terms of copyright generally.10
	</text>
</object>
<object id="934">
	<ocn>934</ocn>
	<text class="norm">
		Think practically about the consequence of this extension--practically,
as a businessperson, and not as a lawyer eager for more legal work. In
1930, 10,047 books were published. In 2000, 174 of those books were
still in print. Let's say you were Brewster Kahle, and you wanted to
make available to the world in your iArchive project the remaining
9,873. What would you have to do?
	</text>
</object>
<object id="935">
	<ocn>935</ocn>
	<text class="norm">
		Well, first, you'd have to determine which of the 9,873 books were
still under copyright. That requires going to a library (these data are
not on-line) and paging through tomes of books, cross-checking the
titles and authors of the 9,873 books with the copyright registration
and renewal records for works published in 1930. That will produce a
list of books still under copyright.
	</text>
</object>
<object id="936">
	<ocn>936</ocn>
	<text class="norm">
		Then for the books still under copyright, you would need to locate the
current copyright owners. How would you do that?
	</text>
</object>
<object id="937">
	<ocn>937</ocn>
	<text class="norm">
		Most people think that there must be a list of these copyright owners
somewhere. Practical people think this way. How could there be
thousands and thousands of government monopolies without there being at
least a list?
	</text>
</object>
<object id="938">
	<ocn>938</ocn>
	<text class="norm">
		But there is no list. There may be a name from 1930, and then in 1959,
of the person who registered the copyright. But just think practically
about how impossibly difficult it would be to track down thousands of
such records--especially since the person who registered is not
necessarily the current owner. And we're just talking about 1930!
	</text>
</object>
<object id="939">
	<ocn>939</ocn>
	<text class="norm">
		"But there isn't a list of who owns property generally," the apologists
for the system respond. "Why should there be a list of copyright
owners?"
	</text>
</object>
<object id="940">
	<ocn>940</ocn>
	<text class="norm">
		Well, actually, if you think about it, there are plenty of lists of who
owns what property. Think about deeds on houses, or titles to cars. And
where there isn't a list, the code of real space is pretty good at
suggesting who the owner of a bit of property is. (A swing set in your
backyard is probably yours.) So formally or informally, we have a
pretty good way to know who owns what tangible property.
	</text>
</object>
<object id="941">
	<ocn>941</ocn>
	<text class="norm">
		So: You walk down a street and see a house. You can know who owns the
house by looking it up in the courthouse registry. If you see a car,
there is ordinarily a license plate that will link the owner to the
car. If you see a bunch of children's toys sitting on the front lawn of
a house, it's fairly easy to determine who owns the toys. And if you
happen to see a baseball lying in a gutter on the side of the road,
look around for a second for some kids playing ball. If you don't see
any kids, then okay: Here's a bit of property whose owner we can't
easily determine. It is the exception that proves the rule: that we
ordinarily know quite well who owns what property.
	</text>
</object>
<object id="942">
	<ocn>942</ocn>
	<text class="norm">
		Compare this story to intangible property. You go into a library. The
library owns the books. But who owns the copyrights? As I've already
described, there's no list of copyright owners. There are authors'
names, of course, but their copyrights could have been assigned, or
passed down in an estate like Grandma's old jewelry. To know who owns
what, you would have to hire a private detective. The bottom line: The
owner cannot easily be located. And in a regime like ours, in which it
is a felony to use such property without the property owner's
permission, the property isn't going to be used.
	</text>
</object>
<object id="943">
	<ocn>943</ocn>
	<text class="norm">
		The consequence with respect to old books is that they won't be
digitized, and hence will simply rot away on shelves. But the
consequence for other creative works is much more dire.
	</text>
</object>
<object id="944">
	<ocn>944</ocn>
	<text class="norm">
		Consider the story of Michael Agee, chairman of Hal Roach Studios,
which owns the copyrights for the Laurel and Hardy films. Agee is a
direct beneficiary of the Bono Act. The Laurel and Hardy films were
made between 1921 and 1951. Only one of these films, The Lucky Dog, is
currently out of copyright. But for the CTEA, films made after 1923
would have begun entering the public domain. Because Agee controls the
exclusive rights for these popular films, he makes a great deal of
money. According to one estimate, "Roach has sold about 60,000
videocassettes and 50,000 DVDs of the duo's silent films."11
	</text>
</object>
<object id="945">
	<ocn>945</ocn>
	<text class="norm">
		Yet Agee opposed the CTEA. His reasons demonstrate a rare virtue in
this culture: selflessness. He argued in a brief before the Supreme
Court that the Sonny Bono Copyright Term Extension Act will, if left
standing, destroy a whole generation of American film.
	</text>
</object>
<object id="946">
	<ocn>946</ocn>
	<text class="norm">
		His argument is straightforward. A tiny fraction of this work has any
continuing commercial value. The rest--to the extent it survives at
all--sits in vaults gathering dust. It may be that some of this work
not now commercially valuable will be deemed to be valuable by the
owners of the vaults. For this to occur, however, the commercial
benefit from the work must exceed the costs of making the work
available for distribution.
	</text>
</object>
<object id="947">
	<ocn>947</ocn>
	<text class="norm">
		We can't know the benefits, but we do know a lot about the costs. For
most of the history of film, the costs of restoring film were very
high; digital technology has lowered these costs substantially. While
it cost more than $10,000 to restore a ninety-minute black-and-white
film in 1993, it can now cost as little as $100 to digitize one hour of
8 mm film.12
	</text>
</object>
<object id="948">
	<ocn>948</ocn>
	<text class="norm">
		Restoration technology is not the only cost, nor the most important.
Lawyers, too, are a cost, and increasingly, a very important one. In
addition to preserving the film, a distributor needs to secure the
rights. And to secure the rights for a film that is under copyright,
you need to locate the copyright owner.
	</text>
</object>
<object id="949">
	<ocn>949</ocn>
	<text class="norm">
		Or more accurately, owners. As we've seen, there isn't only a single
copyright associated with a film; there are many. There isn't a single
person whom you can contact about those copyrights; there are as many
as can hold the rights, which turns out to be an extremely large
number. Thus the costs of clearing the rights to these films is
exceptionally high.
	</text>
</object>
<object id="950">
	<ocn>950</ocn>
	<text class="norm">
		"But can't you just restore the film, distribute it, and then pay the
copyright owner when she shows up?" Sure, if you want to commit a
felony. And even if you're not worried about committing a felony, when
she does show up, she'll have the right to sue you for all the profits
you have made. So, if you're successful, you can be fairly confident
you'll be getting a call from someone's lawyer. And if you're not
successful, you won't make enough to cover the costs of your own
lawyer. Either way, you have to talk to a lawyer. And as is too often
the case, saying you have to talk to a lawyer is the same as saying you
won't make any money.
	</text>
</object>
<object id="951">
	<ocn>951</ocn>
	<text class="norm">
		For some films, the benefit of releasing the film may well exceed these
costs. But for the vast majority of them, there is no way the benefit
would outweigh the legal costs. Thus, for the vast majority of old
films, Agee argued, the film will not be restored and distributed until
the copyright expires.
	</text>
</object>
<object id="952">
	<ocn>952</ocn>
	<text class="norm">
		But by the time the copyright for these films expires, the film will
have expired. These films were produced on nitrate-based stock, and
nitrate stock dissolves over time. They will be gone, and the metal
canisters in which they are now stored will be filled with nothing more
than dust.
	</text>
</object>
<object id="953">
	<ocn>953</ocn>
	<text class="norm">
		Of all the creative work produced by humans anywhere, a tiny fraction
has continuing commercial value. For that tiny fraction, the copyright
is a crucially important legal device. For that tiny fraction, the
copyright creates incentives to produce and distribute the creative
work. For that tiny fraction, the copyright acts as an "engine of free
expression."
	</text>
</object>
<object id="954">
	<ocn>954</ocn>
	<text class="norm">
		But even for that tiny fraction, the actual time during which the
creative work has a commercial life is extremely short. As I've
indicated, most books go out of print within one year. The same is true
of music and film. Commercial culture is sharklike. It must keep
moving. And when a creative work falls out of favor with the commercial
distributors, the commercial life ends.
	</text>
</object>
<object id="955">
	<ocn>955</ocn>
	<text class="norm">
		Yet that doesn't mean the life of the creative work ends. We don't keep
libraries of books in order to compete with Barnes &amp; Noble, and we
don't have archives of films because we expect people to choose between
spending Friday night watching new movies and spending Friday night
watching a 1930 news documentary. The noncommercial life of culture is
important and valuable--for entertainment but also, and more
importantly, for knowledge. To understand who we are, and where we came
from, and how we have made the mistakes that we have, we need to have
access to this history.
	</text>
</object>
<object id="956">
	<ocn>956</ocn>
	<text class="norm">
		Copyrights in this context do not drive an engine of free expression.
In this context, there is no need for an exclusive right. Copyrights in
this context do no good.
	</text>
</object>
<object id="957">
	<ocn>957</ocn>
	<text class="norm">
		Yet, for most of our history, they also did little harm. For most of
our history, when a work ended its commercial life, there was no
copyright-related use that would be inhibited by an exclusive right.
When a book went out of print, you could not buy it from a publisher.
But you could still buy it from a used book store, and when a used book
store sells it, in America, at least, there is no need to pay the
copyright owner anything. Thus, the ordinary use of a book after its
commercial life ended was a use that was independent of copyright law.
	</text>
</object>
<object id="958">
	<ocn>958</ocn>
	<text class="norm">
		The same was effectively true of film. Because the costs of restoring a
film--the real economic costs, not the lawyer costs--were so high, it
was never at all feasible to preserve or restore film. Like the remains
of a great dinner, when it's over, it's over. Once a film passed out of
its commercial life, it may have been archived for a bit, but that was
the end of its life so long as the market didn't have more to offer.
	</text>
</object>
<object id="959">
	<ocn>959</ocn>
	<text class="norm">
		In other words, though copyright has been relatively short for most of
our history, long copyrights wouldn't have mattered for the works that
lost their commercial value. Long copyrights for these works would not
have interfered with anything.
	</text>
</object>
<object id="960">
	<ocn>960</ocn>
	<text class="norm">
		But this situation has now changed.
	</text>
</object>
<object id="961">
	<ocn>961</ocn>
	<text class="norm">
		One crucially important consequence of the emergence of digital
technologies is to enable the archive that Brewster Kahle dreams of.
Digital technologies now make it possible to preserve and give access
to all sorts of knowledge. Once a book goes out of print, we can now
imagine digitizing it and making it available to everyone, forever.
Once a film goes out of distribution, we could digitize it and make it
available to everyone, forever. Digital technologies give new life to
copyrighted material after it passes out of its commercial life. It is
now possible to preserve and assure universal access to this knowledge
and culture, whereas before it was not.
	</text>
</object>
<object id="962">
	<ocn>962</ocn>
	<text class="norm">
		And now copyright law does get in the way. Every step of producing this
digital archive of our culture infringes on the exclusive right of
copyright. To digitize a book is to copy it. To do that requires
permission of the copyright owner. The same with music, film, or any
other aspect of our culture protected by copyright. The effort to make
these things available to history, or to researchers, or to those who
just want to explore, is now inhibited by a set of rules that were
written for a radically different context.
	</text>
</object>
<object id="963">
	<ocn>963</ocn>
	<text class="norm">
		Here is the core of the harm that comes from extending terms: Now that
technology enables us to rebuild the library of Alexandria, the law
gets in the way. And it doesn't get in the way for any useful copyright
purpose, for the purpose of copyright is to enable the commercial
market that spreads culture. No, we are talking about culture after it
has lived its commercial life. In this context, copyright is serving no
purpose at all related to the spread of knowledge. In this context,
copyright is not an engine of free expression. Copyright is a brake.
	</text>
</object>
<object id="964">
	<ocn>964</ocn>
	<text class="norm">
		You may well ask, "But if digital technologies lower the costs for
Brewster Kahle, then they will lower the costs for Random House, too.
So won't Random House do as well as Brewster Kahle in spreading culture
widely?"
	</text>
</object>
<object id="965">
	<ocn>965</ocn>
	<text class="norm">
		Maybe. Someday. But there is absolutely no evidence to suggest that
publishers would be as complete as libraries. If Barnes &amp; Noble
offered to lend books from its stores for a low price, would that
eliminate the need for libraries? Only if you think that the only role
of a library is to serve what "the market" would demand. But if you
think the role of a library is bigger than this--if you think its role
is to archive culture, whether there's a demand for any particular bit
of that culture or not--then we can't count on the commercial market to
do our library work for us.
	</text>
</object>
<object id="966">
	<ocn>966</ocn>
	<text class="norm">
		I would be the first to agree that it should do as much as it can: We
should rely upon the market as much as possible to spread and enable
culture. My message is absolutely not antimarket. But where we see the
market is not doing the job, then we should allow nonmarket forces the
freedom to fill the gaps. As one researcher calculated for American
culture, 94 percent of the films, books, and music produced between
1923 and 1946 is not commercially available. However much you love the
commercial market, if access is a value, then 6 percent is a failure to
provide that value.13
	</text>
</object>
<object id="967">
	<ocn>967</ocn>
	<text class="norm">
		In January 1999, we filed a lawsuit on Eric Eldred's behalf in federal
district court in Washington, D.C., asking the court to declare the
Sonny Bono Copyright Term Extension Act unconstitutional. The two
central claims that we made were (1) that extending existing terms
violated the Constitution's "limited Times" requirement, and (2) that
extending terms by another twenty years violated the First Amendment.
	</text>
</object>
<object id="968">
	<ocn>968</ocn>
	<text class="norm">
		The district court dismissed our claims without even hearing an
argument. A panel of the Court of Appeals for the D.C. Circuit also
dismissed our claims, though after hearing an extensive argument. But
that decision at least had a dissent, by one of the most conservative
judges on that court. That dissent gave our claims life.
	</text>
</object>
<object id="969">
	<ocn>969</ocn>
	<text class="norm">
		Judge David Sentelle said the CTEA violated the requirement that
copyrights be for "limited Times" only. His argument was as elegant as
it was simple: If Congress can extend existing terms, then there is no
"stopping point" to Congress's power under the Copyright Clause. The
power to extend existing terms means Congress is not required to grant
terms that are "limited." Thus, Judge Sentelle argued, the court had to
interpret the term "limited Times" to give it meaning. And the best
interpretation, Judge Sentelle argued, would be to deny Congress the
power to extend existing terms.
	</text>
</object>
<object id="970">
	<ocn>970</ocn>
	<text class="norm">
		We asked the Court of Appeals for the D.C. Circuit as a whole to hear
the case. Cases are ordinarily heard in panels of three, except for
important cases or cases that raise issues specific to the circuit as a
whole, where the court will sit "en banc" to hear the case.
	</text>
</object>
<object id="971">
	<ocn>971</ocn>
	<text class="norm">
		The Court of Appeals rejected our request to hear the case en banc.
This time, Judge Sentelle was joined by the most liberal member of the
D.C. Circuit, Judge David Tatel. Both the most conservative and the
most liberal judges in the D.C. Circuit believed Congress had
over-stepped its bounds.
	</text>
</object>
<object id="972">
	<ocn>972</ocn>
	<text class="norm">
		It was here that most expected Eldred v. Ashcroft would die, for the
Supreme Court rarely reviews any decision by a court of appeals. (It
hears about one hundred cases a year, out of more than five thousand
appeals.) And it practically never reviews a decision that upholds a
statute when no other court has yet reviewed the statute.
	</text>
</object>
<object id="973">
	<ocn>973</ocn>
	<text class="norm">
		But in February 2002, the Supreme Court surprised the world by granting
our petition to review the D.C. Circuit opinion. Argument was set for
October of 2002. The summer would be spent writing briefs and preparing
for argument.
	</text>
</object>
<object id="974">
	<ocn>974</ocn>
	<text class="norm">
		It is over a year later as I write these words. It is still
astonishingly hard. If you know anything at all about this story, you
know that we lost the appeal. And if you know something more than just
the minimum, you probably think there was no way this case could have
been won. After our defeat, I received literally thousands of missives
by well-wishers and supporters, thanking me for my work on behalf of
this noble but doomed cause. And none from this pile was more
significant to me than the e-mail from my client, Eric Eldred.
	</text>
</object>
<object id="975">
	<ocn>975</ocn>
	<text class="norm">
		But my client and these friends were wrong. This case could have been
won. It should have been won. And no matter how hard I try to retell
this story to myself, I can never escape believing that my own mistake
lost it.
	</text>
</object>
<object id="976">
	<ocn>976</ocn>
	<text class="norm">
		The mistake was made early, though it became obvious only at the very
end. Our case had been supported from the very beginning by an
extraordinary lawyer, Geoffrey Stewart, and by the law firm he had
moved to, Jones, Day, Reavis and Pogue. Jones Day took a great deal of
heat from its copyright-protectionist clients for supporting us. They
ignored this pressure (something that few law firms today would ever
do), and throughout the case, they gave it everything they could.
	</text>
</object>
<object id="977">
	<ocn>977</ocn>
	<text class="norm">
		There were three key lawyers on the case from Jones Day. Geoff Stewart
was the first, but then Dan Bromberg and Don Ayer became quite
involved. Bromberg and Ayer in particular had a common view about how
this case would be won: We would only win, they repeatedly told me, if
we could make the issue seem "important" to the Supreme Court. It had
to seem as if dramatic harm were being done to free speech and free
culture; otherwise, they would never vote against "the most powerful
media companies in the world."
	</text>
</object>
<object id="978">
	<ocn>978</ocn>
	<text class="norm">
		I hate this view of the law. Of course I thought the Sonny Bono Act was
a dramatic harm to free speech and free culture. Of course I still
think it is. But the idea that the Supreme Court decides the law based
on how important they believe the issues are is just wrong. It might be
"right" as in "true," I thought, but it is "wrong" as in "it just
shouldn't be that way." As I believed that any faithful interpretation
of what the framers of our Constitution did would yield the conclusion
that the CTEA was unconstitutional, and as I believed that any faithful
interpretation of what the First Amendment means would yield the
conclusion that the power to extend existing copyright terms is
unconstitutional, I was not persuaded that we had to sell our case like
soap. Just as a law that bans the swastika is unconstitutional not
because the Court likes Nazis but because such a law would violate the
Constitution, so too, in my view, would the Court decide whether
Congress's law was constitutional based on the Constitution, not based
on whether they liked the values that the framers put in the
Constitution.
	</text>
</object>
<object id="979">
	<ocn>979</ocn>
	<text class="norm">
		In any case, I thought, the Court must already see the danger and the
harm caused by this sort of law. Why else would they grant review?
There was no reason to hear the case in the Supreme Court if they
weren't convinced that this regulation was harmful. So in my view, we
didn't need to persuade them that this law was bad, we needed to show
why it was unconstitutional.
	</text>
</object>
<object id="980">
	<ocn>980</ocn>
	<text class="norm">
		There was one way, however, in which I felt politics would matter and
in which I thought a response was appropriate. I was convinced that the
Court would not hear our arguments if it thought these were just the
arguments of a group of lefty loons. This Supreme Court was not about
to launch into a new field of judicial review if it seemed that this
field of review was simply the preference of a small political
minority. Although my focus in the case was not to demonstrate how bad
the Sonny Bono Act was but to demonstrate that it was unconstitutional,
my hope was to make this argument against a background of briefs that
covered the full range of political views. To show that this claim
against the CTEA was grounded in law and not politics, then, we tried
to gather the widest range of credible critics--credible not because
they were rich and famous, but because they, in the aggregate,
demonstrated that this law was unconstitutional regardless of one's
politics.
	</text>
</object>
<object id="981">
	<ocn>981</ocn>
	<text class="norm">
		The first step happened all by itself. Phyllis Schlafly's organization,
Eagle Forum, had been an opponent of the CTEA from the very beginning.
Mrs. Schlafly viewed the CTEA as a sellout by Congress. In November
1998, she wrote a stinging editorial attacking the Republican Congress
for allowing the law to pass. As she wrote, "Do you sometimes wonder
why bills that create a financial windfall to narrow special interests
slide easily through the intricate legislative process, while bills
that benefit the general public seem to get bogged down?" The answer,
as the editorial documented, was the power of money. Schlafly
enumerated Disney's contributions to the key players on the committees.
It was money, not justice, that gave Mickey Mouse twenty more years in
Disney's control, Schlafly argued.
	</text>
</object>
<object id="982">
	<ocn>982</ocn>
	<text class="norm">
		In the Court of Appeals, Eagle Forum was eager to file a brief
supporting our position. Their brief made the argument that became the
core claim in the Supreme Court: If Congress can extend the term of
existing copyrights, there is no limit to Congress's power to set
terms. That strong conservative argument persuaded a strong
conservative judge, Judge Sentelle.
	</text>
</object>
<object id="983">
	<ocn>983</ocn>
	<text class="norm">
		In the Supreme Court, the briefs on our side were about as diverse as
it gets. They included an extraordinary historical brief by the Free
Software Foundation (home of the GNU project that made GNU/ Linux
possible). They included a powerful brief about the costs of
uncertainty by Intel. There were two law professors' briefs, one by
copyright scholars and one by First Amendment scholars. There was an
exhaustive and uncontroverted brief by the world's experts in the
history of the Progress Clause. And of course, there was a new brief by
Eagle Forum, repeating and strengthening its arguments.
	</text>
</object>
<object id="984">
	<ocn>984</ocn>
	<text class="norm">
		Those briefs framed a legal argument. Then to support the legal
argument, there were a number of powerful briefs by libraries and
archives, including the Internet Archive, the American Association of
Law Libraries, and the National Writers Union.
	</text>
</object>
<object id="985">
	<ocn>985</ocn>
	<text class="norm">
		But two briefs captured the policy argument best. One made the argument
I've already described: A brief by Hal Roach Studios argued that unless
the law was struck, a whole generation of American film would
disappear. The other made the economic argument absolutely clear.
	</text>
</object>
<object id="986">
	<ocn>986</ocn>
	<text class="norm">
		This economists' brief was signed by seventeen economists, including
five Nobel Prize winners, including Ronald Coase, James Buchanan,
Milton Friedman, Kenneth Arrow, and George Akerlof. The economists, as
the list of Nobel winners demonstrates, spanned the political spectrum.
Their conclusions were powerful: There was no plausible claim that
extending the terms of existing copyrights would do anything to
increase incentives to create. Such extensions were nothing more than
"rent-seeking"--the fancy term economists use to describe
special-interest legislation gone wild.
	</text>
</object>
<object id="987">
	<ocn>987</ocn>
	<text class="norm">
		The same effort at balance was reflected in the legal team we gathered
to write our briefs in the case. The Jones Day lawyers had been with us
from the start. But when the case got to the Supreme Court, we added
three lawyers to help us frame this argument to this Court: Alan
Morrison, a lawyer from Public Citizen, a Washington group that had
made constitutional history with a series of seminal victories in the
Supreme Court defending individual rights; my colleague and dean,
Kathleen Sullivan, who had argued many cases in the Court, and who had
advised us early on about a First Amendment strategy; and finally,
former solicitor general Charles Fried.
	</text>
</object>
<object id="988">
	<ocn>988</ocn>
	<text class="norm">
		Fried was a special victory for our side. Every other former solicitor
general was hired by the other side to defend Congress's power to give
media companies the special favor of extended copyright terms. Fried
was the only one who turned down that lucrative assignment to stand up
for something he believed in. He had been Ronald Reagan's chief lawyer
in the Supreme Court. He had helped craft the line of cases that
limited Congress's power in the context of the Commerce Clause. And
while he had argued many positions in the Supreme Court that I
personally disagreed with, his joining the cause was a vote of
confidence in our argument.
	</text>
</object>
<object id="989">
	<ocn>989</ocn>
	<text class="norm">
		The government, in defending the statute, had its collection of
friends, as well. Significantly, however, none of these "friends"
included historians or economists. The briefs on the other side of the
case were written exclusively by major media companies, congressmen,
and copyright holders.
	</text>
</object>
<object id="990">
	<ocn>990</ocn>
	<text class="norm">
		The media companies were not surprising. They had the most to gain from
the law. The congressmen were not surprising either--they were
defending their power and, indirectly, the gravy train of contributions
such power induced. And of course it was not surprising that the
copyright holders would defend the idea that they should continue to
have the right to control who did what with content they wanted to
control.
	</text>
</object>
<object id="991">
	<ocn>991</ocn>
	<text class="norm">
		Dr.Seuss's representatives, for example, argued that it was better for
the Dr. Seuss estate to control what happened to Dr. Seuss's work--
better than allowing it to fall into the public domain--because if this
creativity were in the public domain, then people could use it to
"glorify drugs or to create pornography."14 That was also the motive of
the Gershwin estate, which defended its "protection" of the work of
George Gershwin. They refuse, for example, to license Porgy and Bess to
anyone who refuses to use African Americans in the cast.15 That's their
view of how this part of American culture should be controlled, and
they wanted this law to help them effect that control.
	</text>
</object>
<object id="992">
	<ocn>992</ocn>
	<text class="norm">
		This argument made clear a theme that is rarely noticed in this debate.
When Congress decides to extend the term of existing copyrights,
Congress is making a choice about which speakers it will favor. Famous
and beloved copyright owners, such as the Gershwin estate and Dr.
Seuss, come to Congress and say, "Give us twenty years to control the
speech about these icons of American culture. We'll do better with them
than anyone else." Congress of course likes to reward the popular and
famous by giving them what they want. But when Congress gives people an
exclusive right to speak in a certain way, that's just what the First
Amendment is traditionally meant to block.
	</text>
</object>
<object id="993">
	<ocn>993</ocn>
	<text class="norm">
		We argued as much in a final brief. Not only would upholding the CTEA
mean that there was no limit to the power of Congress to extend
copyrights--extensions that would further concentrate the market; it
would also mean that there was no limit to Congress's power to play
favorites, through copyright, with who has the right to speak.
	</text>
</object>
<object id="994">
	<ocn>994</ocn>
	<text class="norm">
		Between February and October, there was little I did beyond preparing
for this case. Early on, as I said, I set the strategy.
	</text>
</object>
<object id="995">
	<ocn>995</ocn>
	<text class="norm">
		The Supreme Court was divided into two important camps. One camp we
called "the Conservatives." The other we called "the Rest." The
Conservatives included Chief Justice Rehnquist, Justice O'Connor,
Justice Scalia, Justice Kennedy, and Justice Thomas. These five had
been the most consistent in limiting Congress's power. They were the
five who had supported the Lopez/Morrison line of cases that said that
an enumerated power had to be interpreted to assure that Congress's
powers had limits.
	</text>
</object>
<object id="996">
	<ocn>996</ocn>
	<text class="norm">
		The Rest were the four Justices who had strongly opposed limits on
Congress's power. These four--Justice Stevens, Justice Souter, Justice
Ginsburg, and Justice Breyer--had repeatedly argued that the
Constitution gives Congress broad discretion to decide how best to
implement its powers. In case after case, these justices had argued
that the Court's role should be one of deference. Though the votes of
these four justices were the votes that I personally had most
consistently agreed with, they were also the votes that we were least
likely to get.
	</text>
</object>
<object id="997">
	<ocn>997</ocn>
	<text class="norm">
		In particular, the least likely was Justice Ginsburg's. In addition to
her general view about deference to Congress (except where issues of
gender are involved), she had been particularly deferential in the
context of intellectual property protections. She and her daughter (an
excellent and well-known intellectual property scholar) were cut from
the same intellectual property cloth. We expected she would agree with
the writings of her daughter: that Congress had the power in this
context to do as it wished, even if what Congress wished made little
sense.
	</text>
</object>
<object id="998">
	<ocn>998</ocn>
	<text class="norm">
		Close behind Justice Ginsburg were two justices whom we also viewed as
unlikely allies, though possible surprises. Justice Souter strongly
favored deference to Congress, as did Justice Breyer. But both were
also very sensitive to free speech concerns. And as we strongly
believed, there was a very important free speech argument against these
retrospective extensions.
	</text>
</object>
<object id="999">
	<ocn>999</ocn>
	<text class="norm">
		The only vote we could be confident about was that of Justice Stevens.
History will record Justice Stevens as one of the greatest judges on
this Court. His votes are consistently eclectic, which just means that
no simple ideology explains where he will stand. But he had
consistently argued for limits in the context of intellectual property
generally. We were fairly confident he would recognize limits here.
	</text>
</object>
<object id="1000">
	<ocn>1000</ocn>
	<text class="norm">
		This analysis of "the Rest" showed most clearly where our focus had to
be: on the Conservatives. To win this case, we had to crack open these
five and get at least a majority to go our way.Thus, the single
overriding argument that animated our claim rested on the
Conservatives' most important jurisprudential innovation--the argument
that Judge Sentelle had relied upon in the Court of Appeals, that
Congress's power must be interpreted so that its enumerated powers have
limits.
	</text>
</object>
<object id="1001">
	<ocn>1001</ocn>
	<text class="norm">
		This then was the core of our strategy--a strategy for which I am
responsible. We would get the Court to see that just as with the Lopez
case, under the government's argument here, Congress would always have
unlimited power to extend existing terms. If anything was plain about
Congress's power under the Progress Clause, it was that this power was
supposed to be "limited." Our aim would be to get the Court to
reconcile Eldred with Lopez: If Congress's power to regulate commerce
was limited, then so, too, must Congress's power to regulate copyright
be limited.
	</text>
</object>
<object id="1002">
	<ocn>1002</ocn>
	<text class="norm">
		The argument on the government's side came down to this: Congress has
done it before. It should be allowed to do it again. The government
claimed that from the very beginning, Congress has been extending the
term of existing copyrights. So, the government argued, the Court
should not now say that practice is unconstitutional.
	</text>
</object>
<object id="1003">
	<ocn>1003</ocn>
	<text class="norm">
		There was some truth to the government's claim, but not much. We
certainly agreed that Congress had extended existing terms in 1831 and
in 1909. And of course, in 1962, Congress began extending existing
terms regularly--eleven times in forty years.
	</text>
</object>
<object id="1004">
	<ocn>1004</ocn>
	<text class="norm">
		But this "consistency" should be kept in perspective. Congress extended
existing terms once in the first hundred years of the Republic. It then
extended existing terms once again in the next fifty. Those rare
extensions are in contrast to the now regular practice of extending
existing terms. Whatever restraint Congress had had in the past, that
restraint was now gone. Congress was now in a cycle of extensions;
there was no reason to expect that cycle would end. This Court had not
hesitated to intervene where Congress was in a similar cycle of
extension. There was no reason it couldn't intervene here.
	</text>
</object>
<object id="1005">
	<ocn>1005</ocn>
	<text class="norm">
		Oral argument was scheduled for the first week in October. I arrived in
D.C. two weeks before the argument. During those two weeks, I was
repeatedly "mooted" by lawyers who had volunteered to help in the case.
Such "moots" are basically practice rounds, where wannabe justices fire
questions at wannabe winners.
	</text>
</object>
<object id="1006">
	<ocn>1006</ocn>
	<text class="norm">
		I was convinced that to win, I had to keep the Court focused on a
single point: that if this extension is permitted, then there is no
limit to the power to set terms. Going with the government would mean
that terms would be effectively unlimited; going with us would give
Congress a clear line to follow: Don't extend existing terms. The moots
were an effective practice; I found ways to take every question back to
this central idea.
	</text>
</object>
<object id="1007">
	<ocn>1007</ocn>
	<text class="norm">
		One moot was before the lawyers at Jones Day. Don Ayer was the skeptic.
He had served in the Reagan Justice Department with Solicitor General
Charles Fried. He had argued many cases before the Supreme Court. And
in his review of the moot, he let his concern speak:
	</text>
</object>
<object id="1008">
	<ocn>1008</ocn>
	<text class="norm">
		"I'm just afraid that unless they really see the harm, they won't be
willing to upset this practice that the government says has been a
consistent practice for two hundred years. You have to make them see
the harm--passionately get them to see the harm. For if they don't see
that, then we haven't any chance of winning."
	</text>
</object>
<object id="1009">
	<ocn>1009</ocn>
	<text class="norm">
		He may have argued many cases before this Court, I thought, but he
didn't understand its soul. As a clerk, I had seen the Justices do the
right thing--not because of politics but because it was right. As a law
professor, I had spent my life teaching my students that this Court
does the right thing--not because of politics but because it is right.
As I listened to Ayer's plea for passion in pressing politics, I
understood his point, and I rejected it. Our argument was right. That
was enough. Let the politicians learn to see that it was also good.
	</text>
</object>
<object id="1010">
	<ocn>1010</ocn>
	<text class="norm">
		The night before the argument, a line of people began to form in front
of the Supreme Court. The case had become a focus of the press and of
the movement to free culture. Hundreds stood in line for the chance to
see the proceedings. Scores spent the night on the Supreme Court steps
so that they would be assured a seat.
	</text>
</object>
<object id="1011">
	<ocn>1011</ocn>
	<text class="norm">
		Not everyone has to wait in line. People who know the Justices can ask
for seats they control. (I asked Justice Scalia's chambers for seats
for my parents, for example.) Members of the Supreme Court bar can get
a seat in a special section reserved for them. And senators and
congressmen have a special place where they get to sit, too. And
finally, of course, the press has a gallery, as do clerks working for
the Justices on the Court. As we entered that morning, there was no
place that was not taken. This was an argument about intellectual
property law, yet the halls were filled. As I walked in to take my seat
at the front of the Court, I saw my parents sitting on the left. As I
sat down at the table, I saw Jack Valenti sitting in the special
section ordinarily reserved for family of the Justices.
	</text>
</object>
<object id="1012">
	<ocn>1012</ocn>
	<text class="norm">
		When the Chief Justice called me to begin my argument, I began where I
intended to stay: on the question of the limits on Congress's power.
This was a case about enumerated powers, I said, and whether those
enumerated powers had any limit.
	</text>
</object>
<object id="1013">
	<ocn>1013</ocn>
	<text class="norm">
		Justice O'Connor stopped me within one minute of my opening. The
history was bothering her.
	</text>
</object>
<object id="1014">
	<ocn>1014</ocn>
	<text class="indent1">
		JUSTICE O'CONNOR: Congress has extended the term so often through the
years, and if you are right, don't we run the risk of upsetting
previous extensions of time? I mean, this seems to be a practice that
began with the very first act.
	</text>
</object>
<object id="1015">
	<ocn>1015</ocn>
	<text class="norm">
		She was quite willing to concede "that this flies directly in the face
of what the framers had in mind." But my response again and again was
to emphasize limits on Congress's power.
	</text>
</object>
<object id="1016">
	<ocn>1016</ocn>
	<text class="indent1">
		MR. LESSIG: Well, if it flies in the face of what the framers had in
mind, then the question is, is there a way of interpreting their words
that gives effect to what they had in mind, and the answer is yes.
	</text>
</object>
<object id="1017">
	<ocn>1017</ocn>
	<text class="norm">
		There were two points in this argument when I should have seen where
the Court was going. The first was a question by Justice Kennedy, who
observed,
	</text>
</object>
<object id="1018">
	<ocn>1018</ocn>
	<text class="indent1">
		JUSTICE KENNEDY: Well, I suppose implicit in the argument that the '76
act, too, should have been declared void, and that we might leave it
alone because of the disruption, is that for all these years the act
has impeded progress in science and the useful arts. I just don't see
any empirical evidence for that.
	</text>
</object>
<object id="1019">
	<ocn>1019</ocn>
	<text class="norm">
		Here follows my clear mistake. Like a professor correcting a student, I
answered,
	</text>
</object>
<object id="1020">
	<ocn>1020</ocn>
	<text class="indent1">
		MR. LESSIG: Justice, we are not making an empirical claim at all.
Nothing in our Copyright Clause claim hangs upon the empirical
assertion about impeding progress. Our only argument is this is a
structural limit necessary to assure that what would be an effectively
perpetual term not be permitted under the copyright laws.
	</text>
</object>
<object id="1021">
	<ocn>1021</ocn>
	<text class="norm">
		That was a correct answer, but it wasn't the right answer. The right
answer was instead that there was an obvious and profound harm. Any
number of briefs had been written about it. He wanted to hear it. And
here was the place Don Ayer's advice should have mattered. This was a
softball; my answer was a swing and a miss.
	</text>
</object>
<object id="1022">
	<ocn>1022</ocn>
	<text class="norm">
		The second came from the Chief, for whom the whole case had been
crafted. For the Chief Justice had crafted the Lopez ruling, and we
hoped that he would see this case as its second cousin.
	</text>
</object>
<object id="1023">
	<ocn>1023</ocn>
	<text class="norm">
		It was clear a second into his question that he wasn't at all
sympathetic. To him, we were a bunch of anarchists. As he asked:
	</text>
</object>
<object id="1024">
	<ocn>1024</ocn>
	<text class="indent1">
		CHIEF JUSTICE: Well, but you want more than that. You want the right to
copy verbatim other people's books, don't you?
	</text>
</object>
<object id="1025">
	<ocn>1025</ocn>
	<text class="indent1">
		MR. LESSIG: We want the right to copy verbatim works that should be in
the public domain and would be in the public domain but for a statute
that cannot be justified under ordinary First Amendment analysis or
under a proper reading of the limits built into the Copyright Clause.
	</text>
</object>
<object id="1026">
	<ocn>1026</ocn>
	<text class="norm">
		Things went better for us when the government gave its argument; for
now the Court picked up on the core of our claim. As Justice Scalia
asked Solicitor General Olson,
	</text>
</object>
<object id="1027">
	<ocn>1027</ocn>
	<text class="indent1">
		JUSTICE SCALIA: You say that the functional equivalent of an unlimited
time would be a violation [of the Constitution], but that's precisely
the argument that's being made by petitioners here, that a limited time
which is extendable is the functional equivalent of an unlimited time.
	</text>
</object>
<object id="1028">
	<ocn>1028</ocn>
	<text class="norm">
		When Olson was finished, it was my turn to give a closing rebuttal.
Olson's flailing had revived my anger. But my anger still was directed
to the academic, not the practical. The government was arguing as if
this were the first case ever to consider limits on Congress's
Copyright and Patent Clause power. Ever the professor and not the
advocate, I closed by pointing out the long history of the Court
imposing limits on Congress's power in the name of the Copyright and
Patent Clause-- indeed, the very first case striking a law of Congress
as exceeding a specific enumerated power was based upon the Copyright
and Patent Clause. All true. But it wasn't going to move the Court to
my side.
	</text>
</object>
<object id="1029">
	<ocn>1029</ocn>
	<text class="norm">
		As I left the court that day, I knew there were a hundred points I
wished I could remake. There were a hundred questions I wished I had
answered differently. But one way of thinking about this case left me
optimistic.
	</text>
</object>
<object id="1030">
	<ocn>1030</ocn>
	<text class="norm">
		The government had been asked over and over again, what is the limit?
Over and over again, it had answered there is no limit. This was
precisely the answer I wanted the Court to hear. For I could not
imagine how the Court could understand that the government believed
Congress's power was unlimited under the terms of the Copyright Clause,
and sustain the government's argument. The solicitor general had made
my argument for me. No matter how often I tried, I could not understand
how the Court could find that Congress's power under the Commerce
Clause was limited, but under the Copyright Clause, unlimited. In those
rare moments when I let myself believe that we may have prevailed, it
was because I felt this Court--in particular, the Conservatives--would
feel itself constrained by the rule of law that it had established
elsewhere.
	</text>
</object>
<object id="1031">
	<ocn>1031</ocn>
	<text class="norm">
		The morning of January 15, 2003, I was five minutes late to the office
and missed the 7:00 A.M.call from the Supreme Court clerk. Listening to
the message, I could tell in an instant that she had bad news to
report.The Supreme Court had affirmed the decision of the Court of
Appeals. Seven justices had voted in the majority. There were two
dissents.
	</text>
</object>
<object id="1032">
	<ocn>1032</ocn>
	<text class="norm">
		A few seconds later, the opinions arrived by e-mail. I took the phone
off the hook, posted an announcement to our blog, and sat down to see
where I had been wrong in my reasoning.
	</text>
</object>
<object id="1033">
	<ocn>1033</ocn>
	<text class="norm">
		My reasoning. Here was a case that pitted all the money in the world
against reasoning. And here was the last naive law professor, scouring
the pages, looking for reasoning.
	</text>
</object>
<object id="1034">
	<ocn>1034</ocn>
	<text class="norm">
		I first scoured the opinion, looking for how the Court would
distinguish the principle in this case from the principle in Lopez. The
argument was nowhere to be found. The case was not even cited. The
argument that was the core argument of our case did not even appear in
the Court's opinion.
	</text>
</object>
<object id="1035">
	<ocn>1035</ocn>
	<text class="norm">
		Justice Ginsburg simply ignored the enumerated powers argument.
Consistent with her view that Congress's power was not limited
generally, she had found Congress's power not limited here.
	</text>
</object>
<object id="1036">
	<ocn>1036</ocn>
	<text class="norm">
		Her opinion was perfectly reasonable--for her, and for Justice Souter.
Neither believes in Lopez. It would be too much to expect them to write
an opinion that recognized, much less explained, the doctrine they had
worked so hard to defeat.
	</text>
</object>
<object id="1037">
	<ocn>1037</ocn>
	<text class="norm">
		But as I realized what had happened, I couldn't quite believe what I
was reading. I had said there was no way this Court could reconcile
limited powers with the Commerce Clause and unlimited powers with the
Progress Clause. It had never even occurred to me that they could
reconcile the two simply by not addressing the argument. There was no
inconsistency because they would not talk about the two together. There
was therefore no principle that followed from the Lopez case: In that
context, Congress's power would be limited, but in this context it
would not.
	</text>
</object>
<object id="1038">
	<ocn>1038</ocn>
	<text class="norm">
		Yet by what right did they get to choose which of the framers' values
they would respect? By what right did they--the silent five--get to
select the part of the Constitution they would enforce based on the
values they thought important? We were right back to the argument that
I said I hated at the start: I had failed to convince them that the
issue here was important, and I had failed to recognize that however
much I might hate a system in which the Court gets to pick the
constitutional values that it will respect, that is the system we have.
	</text>
</object>
<object id="1039">
	<ocn>1039</ocn>
	<text class="norm">
		Justices Breyer and Stevens wrote very strong dissents. Stevens's
opinion was crafted internal to the law: He argued that the tradition
of intellectual property law should not support this unjustified
extension of terms. He based his argument on a parallel analysis that
had governed in the context of patents (so had we). But the rest of the
Court discounted the parallel--without explaining how the very same
words in the Progress Clause could come to mean totally different
things depending upon whether the words were about patents or
copyrights. The Court let Justice Stevens's charge go unanswered.
	</text>
</object>
<object id="1040">
	<ocn>1040</ocn>
	<text class="norm">
		Justice Breyer's opinion, perhaps the best opinion he has ever written,
was external to the Constitution. He argued that the term of copyrights
has become so long as to be effectively unlimited. We had said that
under the current term, a copyright gave an author 99.8 percent of the
value of a perpetual term. Breyer said we were wrong, that the actual
number was 99.9997 percent of a perpetual term. Either way, the point
was clear: If the Constitution said a term had to be "limited," and the
existing term was so long as to be effectively unlimited, then it was
unconstitutional.
	</text>
</object>
<object id="1041">
	<ocn>1041</ocn>
	<text class="norm">
		These two justices understood all the arguments we had made. But
because neither believed in the Lopez case, neither was willing to push
it as a reason to reject this extension. The case was decided without
anyone having addressed the argument that we had carried from Judge
Sentelle. It was Hamlet without the Prince.
	</text>
</object>
<object id="1042">
	<ocn>1042</ocn>
	<text class="norm">
		Defeat brings depression. They say it is a sign of health when
depression gives way to anger. My anger came quickly, but it didn't
cure the depression. This anger was of two sorts.
	</text>
</object>
<object id="1043">
	<ocn>1043</ocn>
	<text class="norm">
		It was first anger with the five "Conservatives." It would have been
one thing for them to have explained why the principle of Lopez didn't
apply in this case. That wouldn't have been a very convincing argument,
I don't believe, having read it made by others, and having tried to
make it myself. But it at least would have been an act of integrity.
These justices in particular have repeatedly said that the proper mode
of interpreting the Constitution is "originalism"--to first understand
the framers' text, interpreted in their context, in light of the
structure of the Constitution. That method had produced Lopez and many
other "originalist" rulings. Where was their "originalism" now?
	</text>
</object>
<object id="1044">
	<ocn>1044</ocn>
	<text class="norm">
		Here, they had joined an opinion that never once tried to explain what
the framers had meant by crafting the Progress Clause as they did; they
joined an opinion that never once tried to explain how the structure of
that clause would affect the interpretation of Congress's power. And
they joined an opinion that didn't even try to explain why this grant
of power could be unlimited, whereas the Commerce Clause would be
limited. In short, they had joined an opinion that did not apply to,
and was inconsistent with, their own method for interpreting the
Constitution. This opinion may well have yielded a result that they
liked. It did not produce a reason that was consistent with their own
principles.
	</text>
</object>
<object id="1045">
	<ocn>1045</ocn>
	<text class="norm">
		My anger with the Conservatives quickly yielded to anger with myself.
For I had let a view of the law that I liked interfere with a view of
the law as it is.
	</text>
</object>
<object id="1046">
	<ocn>1046</ocn>
	<text class="norm">
		Most lawyers, and most law professors, have little patience for
idealism about courts in general and this Supreme Court in particular.
Most have a much more pragmatic view. When Don Ayer said that this case
would be won based on whether I could convince the Justices that the
framers' values were important, I fought the idea, because I didn't
want to believe that that is how this Court decides. I insisted on
arguing this case as if it were a simple application of a set of
principles. I had an argument that followed in logic. I didn't need to
waste my time showing it should also follow in popularity.
	</text>
</object>
<object id="1047">
	<ocn>1047</ocn>
	<text class="norm">
		As I read back over the transcript from that argument in October, I can
see a hundred places where the answers could have taken the
conversation in different directions, where the truth about the harm
that this unchecked power will cause could have been made clear to this
Court. Justice Kennedy in good faith wanted to be shown. I,
idiotically, corrected his question. Justice Souter in good faith
wanted to be shown the First Amendment harms. I, like a math teacher,
reframed the question to make the logical point. I had shown them how
they could strike this law of Congress if they wanted to. There were a
hundred places where I could have helped them want to, yet my
stubbornness, my refusal to give in, stopped me. I have stood before
hundreds of audiences trying to persuade; I have used passion in that
effort to persuade; but I refused to stand before this audience and try
to persuade with the passion I had used elsewhere. It was not the basis
on which a court should decide the issue.
	</text>
</object>
<object id="1048">
	<ocn>1048</ocn>
	<text class="norm">
		Would it have been different if I had argued it differently? Would it
have been different if Don Ayer had argued it? Or Charles Fried? Or
Kathleen Sullivan?
	</text>
</object>
<object id="1049">
	<ocn>1049</ocn>
	<text class="norm">
		My friends huddled around me to insist it would not. The Court was not
ready, my friends insisted. This was a loss that was destined. It would
take a great deal more to show our society why our framers were right.
And when we do that, we will be able to show that Court.
	</text>
</object>
<object id="1050">
	<ocn>1050</ocn>
	<text class="norm">
		Maybe, but I doubt it. These Justices have no financial interest in
doing anything except the right thing. They are not lobbied. They have
little reason to resist doing right. I can't help but think that if I
had stepped down from this pretty picture of dispassionate justice, I
could have persuaded.
	</text>
</object>
<object id="1051">
	<ocn>1051</ocn>
	<text class="norm">
		And even if I couldn't, then that doesn't excuse what happened in
January. For at the start of this case, one of America's leading
intellectual property professors stated publicly that my bringing this
case was a mistake. "The Court is not ready," Peter Jaszi said; this
issue should not be raised until it is.
	</text>
</object>
<object id="1052">
	<ocn>1052</ocn>
	<text class="norm">
		After the argument and after the decision, Peter said to me, and
publicly, that he was wrong. But if indeed that Court could not have
been persuaded, then that is all the evidence that's needed to know
that here again Peter was right. Either I was not ready to argue this
case in a way that would do some good or they were not ready to hear
this case in a way that would do some good. Either way, the decision to
bring this case--a decision I had made four years before--was wrong.
	</text>
</object>
<object id="1053">
	<ocn>1053</ocn>
	<text class="norm">
		While the reaction to the Sonny Bono Act itself was almost unanimously
negative, the reaction to the Court's decision was mixed. No one, at
least in the press, tried to say that extending the term of copyright
was a good idea. We had won that battle over ideas. Where the decision
was praised, it was praised by papers that had been skeptical of the
Court's activism in other cases. Deference was a good thing, even if it
left standing a silly law. But where the decision was attacked, it was
attacked because it left standing a silly and harmful law. The New York
Times wrote in its editorial,
	</text>
</object>
<object id="1054">
	<ocn>1054</ocn>
	<text class="norm">
		In effect, the Supreme Court's decision makes it likely that we are
seeing the beginning of the end of public domain and the birth of
copyright perpetuity. The public domain has been a grand experiment,
one that should not be allowed to die. The ability to draw freely on
the entire creative output of humanity is one of the reasons we live in
a time of such fruitful creative ferment.
	</text>
</object>
<object id="1055">
	<ocn>1055</ocn>
	<text class="norm">
		The best responses were in the cartoons. There was a gaggle of
hilarious images--of Mickey in jail and the like. The best, from my
view of the case, was Ruben Bolling's, reproduced on the next page. The
"powerful and wealthy" line is a bit unfair. But the punch in the face
felt exactly like that.
	</text>
</object>
<object id="1056">
	<ocn>1056</ocn>
	<text class="norm">
		The image that will always stick in my head is that evoked by the quote
from The New York Times. That "grand experiment" we call the "public
domain" is over? When I can make light of it, I think, "Honey, I shrunk
the Constitution." But I can rarely make light of it. We had in our
Constitution a commitment to free culture. In the case that I fathered,
the Supreme Court effectively renounced that commitment. A better
lawyer would have made them see differently.
	</text>
</object>
<object id="1057">
	<ocn>1057</ocn>
	<text class="norm">
		<image xmlns:xlink="http://www.w3.org/1999/xlink" xlink:type="simple"
xlink:actuate="onLoad" xlink:show="embed"
xlink:href="../_sisu/image/freeculture18.png" width="550" height="720"
/>[freeculture18.png]
	</text>
</object>
<object id="1058">
	<ocn>1058</ocn>
	<text class="h4">
		Chapter Fourteen: Eldred II
	</text>
</object>
<object id="1059">
	<ocn>1059</ocn>
	<text class="norm">
		<b>The day</b> <i>Eldred</i> was decided, fate would have it that I was
to travel to Washington, D.C. (The day the rehearing petition in
<i>Eldred</i> was denied - meaning the case was really finally over -
fate would have it that I was giving a speech to technologists at
Disney World.) This was a particularly long flight to my least favorite
city. The drive into the city from Dulles was delayed because of
traffic, so I opened up my computer and wrote an op-ed piece.
	</text>
</object>
<object id="1060">
	<ocn>1060</ocn>
	<text class="norm">
		It was an act of contrition. During the whole of the flight from San
Francisco to Washington, I had heard over and over again in my head the
same advice from Don Ayer: You need to make them see why it is
important. And alternating with that command was the question of
Justice Kennedy: "For all these years the act has impeded progress in
science and the useful arts. I just don't see any empirical evidence
for that." And so, having failed in the argument of constitutional
principle, finally, I turned to an argument of politics.
	</text>
</object>
<object id="1061">
	<ocn>1061</ocn>
	<text class="norm">
		<i>The New York Times</i> published the piece. In it, I proposed a
simple fix: Fifty years after a work has been published, the copyright
owner would be required to register the work and pay a small fee. If he
paid the fee, he got the benefit of the full term of copyright. If he
did not, the work passed into the public domain.
	</text>
</object>
<object id="1062">
	<ocn>1062</ocn>
	<text class="norm">
		We called this the Eldred Act, but that was just to give it a name.
Eric Eldred was kind enough to let his name be used once again, but as
he said early on, it won't get passed unless it has another name.
	</text>
</object>
<object id="1063">
	<ocn>1063</ocn>
	<text class="norm">
		Or another two names. For depending upon your perspective, this is
either the "Public Domain Enhancement Act" or the "Copyright Term
Deregulation Act." Either way, the essence of the idea is clear and
obvious: Remove copyright where it is doing nothing except blocking
access and the spread of knowledge. Leave it for as long as Congress
allows for those works where its worth is at least $1. But for
everything else, let the content go.
	</text>
</object>
<object id="1064">
	<ocn>1064</ocn>
	<text class="norm">
		The reaction to this idea was amazingly strong. Steve Forbes endorsed
it in an editorial. I received an avalanche of e-mail and letters
expressing support. When you focus the issue on lost creativity, people
can see the copyright system makes no sense. As a good Republican might
say, here government regulation is simply getting in the way of
innovation and creativity. And as a good Democrat might say, here the
government is blocking access and the spread of knowledge for no good
reason. Indeed, there is no real difference between Democrats and
Republicans on this issue. Anyone can recognize the stupid harm of the
present system.
	</text>
</object>
<object id="1065">
	<ocn>1065</ocn>
	<text class="norm">
		Indeed, many recognized the obvious benefit of the registration
requirement. For one of the hardest things about the current system for
people who want to license content is that there is no obvious place to
look for the current copyright owners. Since registration is not
required, since marking content is not required, since no formality at
all is required, it is often impossibly hard to locate copyright owners
to ask permission to use or license their work. This system would lower
these costs, by establishing at least one registry where copyright
owners could be identified.
	</text>
</object>
<object id="1066">
	<ocn>1066</ocn>
	<text class="norm">
		As I described in chapter 10, formalities in copyright law were removed
in 1976, when Congress followed the Europeans by abandoning any formal
requirement before a copyright is granted.<en>15</en> The Europeans are
said to view copyright as a "natural right." Natural rights don't need
forms to exist. Traditions, like the Anglo-American tradition that
required copyright owners to follow form if their rights were to be
protected, did not, the Europeans thought, properly respect the dignity
of the author. My right as a creator turns on my creativity, not upon
the special favor of the government.
	</text>
	<endnote notenumber="15">
		<number>15</number>
		<note>
			Until the 1908 Berlin Act of the Berne Convention, national
copyright legislation sometimes made protection depend upon compliance
with formalities such as registration, deposit, and affixation of
notice of the author's claim of copyright. However, starting with the
1908 act, every text of the Convention has provided that "the enjoyment
and the exercise" of rights guaranteed by the Convention "shall not be
subject to any formality." The prohibition against formalities is
presently embodied in Article 5(2) of the Paris Text of the Berne
Convention. Many countries continue to impose some form of deposit or
registration requirement, albeit not as a condition of copyright.
French law, for example, requires the deposit of copies of works in
national repositories, principally the National Museum. Copies of books
published in the United Kingdom must be deposited in the British
Library. The German Copyright Act provides for a Registrar of Authors
where the author's true name can be filed in the case of anonymous or
pseudonymous works. Paul Goldstein, <i>International Intellectual
Property Law, Cases and Materials</i> (New York: Foundation Press,
2001), 153-54.
		</note>
	</endnote>
</object>
<object id="1067">
	<ocn>1067</ocn>
	<text class="norm">
		That's great rhetoric. It sounds wonderfully romantic. But it is absurd
copyright policy. It is absurd especially for authors, because a world
without formalities harms the creator. The ability to spread "Walt
Disney creativity" is destroyed when there is no simple way to know
what's protected and what's not.
	</text>
</object>
<object id="1068">
	<ocn>1068</ocn>
	<text class="norm">
		The fight against formalities achieved its first real victory in Berlin
in 1908. International copyright lawyers amended the Berne Convention
in 1908, to require copyright terms of life plus fifty years, as well
as the abolition of copyright formalities. The formalities were hated
because the stories of inadvertent loss were increasingly common. It
was as if a Charles Dickens character ran all copyright offices, and
the failure to dot an <i>i</i> or cross a <i>t</i> resulted in the loss
of widows' only income.
	</text>
</object>
<object id="1069">
	<ocn>1069</ocn>
	<text class="norm">
		These complaints were real and sensible. And the strictness of the
formalities, especially in the United States, was absurd. The law
should always have ways of forgiving innocent mistakes. There is no
reason copyright law couldn't, as well. Rather than abandoning
formalities totally, the response in Berlin should have been to embrace
a more equitable system of registration.
	</text>
</object>
<object id="1070">
	<ocn>1070</ocn>
	<text class="norm">
		Even that would have been resisted, however, because registration in
the nineteenth and twentieth centuries was still expensive. It was also
a hassle. The abolishment of formalities promised not only to save the
starving widows, but also to lighten an unnecessary regulatory burden
imposed upon creators.
	</text>
</object>
<object id="1071">
	<ocn>1071</ocn>
	<text class="norm">
		In addition to the practical complaint of authors in 1908, there was a
moral claim as well. There was no reason that creative property should
be a second-class form of property. If a carpenter builds a table, his
rights over the table don't depend upon filing a form with the
government. He has a property right over the table "naturally," and he
can assert that right against anyone who would steal the table, whether
or not he has informed the government of his ownership of the table.
	</text>
</object>
<object id="1072">
	<ocn>1072</ocn>
	<text class="norm">
		This argument is correct, but its implications are misleading. For the
argument in favor of formalities does not depend upon creative property
being second-class property. The argument in favor of formalities turns
upon the special problems that creative property presents. The law of
formalities responds to the special physics of creative property, to
assure that it can be efficiently and fairly spread.
	</text>
</object>
<object id="1073">
	<ocn>1073</ocn>
	<text class="norm">
		No one thinks, for example, that land is second-class property just
because you have to register a deed with a court if your sale of land
is to be effective. And few would think a car is second-class property
just because you must register the car with the state and tag it with a
license. In both of those cases, everyone sees that there is an
important reason to secure registration" both because it makes the
markets more efficient and because it better secures the rights of the
owner. Without a registration system for land, landowners would
perpetually have to guard their property. With registration, they can
simply point the police to a deed. Without a registration system for
cars, auto theft would be much easier. With a registration system, the
thief has a high burden to sell a stolen car. A slight burden is placed
on the property owner, but those burdens produce a much better system
of protection for property generally.
	</text>
</object>
<object id="1074">
	<ocn>1074</ocn>
	<text class="norm">
		It is similarly special physics that makes formalities important in
copyright law. Unlike a carpenter's table, there's nothing in nature
that makes it relatively obvious who might own a particular bit of
creative property. A recording of Lyle Lovett's latest album can exist
in a billion places without anything necessarily linking it back to a
particular owner. And like a car, there's no way to buy and sell
creative property with confidence unless there is some simple way to
authenticate who is the author and what rights he has. Simple
transactions are destroyed in a world without formalities. Complex,
expensive, <i>lawyer</i> transactions take their place.
	</text>
</object>
<object id="1075">
	<ocn>1075</ocn>
	<text class="norm">
		This was the understanding of the problem with the Sonny Bono Act that
we tried to demonstrate to the Court. This was the part it didn't
"get." Because we live in a system without formalities, there is no way
easily to build upon or use culture from our past. If copyright terms
were, as Justice Story said they would be, "short," then this wouldn't
matter much. For fourteen years, under the framers' system, a work
would be presumptively controlled. After fourteen years, it would be
presumptively uncontrolled.
	</text>
</object>
<object id="1076">
	<ocn>1076</ocn>
	<text class="norm">
		But now that copyrights can be just about a century long, the inability
to know what is protected and what is not protected becomes a huge and
obvious burden on the creative process. If the only way a library can
offer an Internet exhibit about the New Deal is to hire a lawyer to
clear the rights to every image and sound, then the copyright system is
burdening creativity in a way that has never been seen before
<i>because there are no formalities</i>.
	</text>
</object>
<object id="1077">
	<ocn>1077</ocn>
	<text class="norm">
		The Eldred Act was designed to respond to exactly this problem. If it
is worth $1 to you, then register your work and you can get the longer
term. Others will know how to contact you and, therefore, how to get
your permission if they want to use your work. And you will get the
benefit of an extended copyright term.
	</text>
</object>
<object id="1078">
	<ocn>1078</ocn>
	<text class="norm">
		If it isn't worth it to you to register to get the benefit of an
extended term, then it shouldn't be worth it for the government to
defend your monopoly over that work either. The work should pass into
the public domain where anyone can copy it, or build archives with it,
or create a movie based on it. It should become free if it is not worth
$1 to you.
	</text>
</object>
<object id="1079">
	<ocn>1079</ocn>
	<text class="norm">
		Some worry about the burden on authors. Won't the burden of registering
the work mean that the $1 is really misleading? Isn't the hassle worth
more than $1? Isn't that the real problem with registration?
	</text>
</object>
<object id="1080">
	<ocn>1080</ocn>
	<text class="norm">
		It is. The hassle is terrible. The system that exists now is awful. I
completely agree that the Copyright Office has done a terrible job (no
doubt because they are terribly funded) in enabling simple and cheap
registrations. Any real solution to the problem of formalities must
address the real problem of <i>governments</i> standing at the core of
any system of formalities. In this book, I offer such a solution. That
solution essentially remakes the Copyright Office. For now, assume it
was Amazon that ran the registration system. Assume it was one-click
registration. The Eldred Act would propose a simple, one-click
registration fifty years after a work was published. Based upon
historical data, that system would move up to 98 percent of commercial
work, commercial work that no longer had a commercial life, into the
public domain within fifty years. What do you think?
	</text>
</object>
<object id="1081">
	<ocn>1081</ocn>
	<text class="norm">
		When Steve Forbes endorsed the idea, some in Washington began to pay
attention. Many people contacted me pointing to representatives who
might be willing to introduce the Eldred Act. And I had a few who
directly suggested that they might be willing to take the first step.
	</text>
</object>
<object id="1082">
	<ocn>1082</ocn>
	<text class="norm">
		One representative, Zoe Lofgren of California, went so far as to get
the bill drafted. The draft solved any problem with international law.
It imposed the simplest requirement upon copyright owners possible. In
May 2003, it looked as if the bill would be introduced. On May 16, I
posted on the Eldred Act blog, "we are close." There was a general
reaction in the blog community that something good might happen here.
	</text>
</object>
<object id="1083">
	<ocn>1083</ocn>
	<text class="norm">
		But at this stage, the lobbyists began to intervene. Jack Valenti and
the MPAA general counsel came to the congresswoman's office to give the
view of the MPAA. Aided by his lawyer, as Valenti told me, Valenti
informed the congresswoman that the MPAA would oppose the Eldred Act.
The reasons are embarrassingly thin. More importantly, their thinness
shows something clear about what this debate is really about.
	</text>
</object>
<object id="1084">
	<ocn>1084</ocn>
	<text class="norm">
		The MPAA argued first that Congress had "firmly rejected the central
concept in the proposed bill" - that copyrights be renewed. That was
true, but irrelevant, as Congress's "firm rejection" had occurred long
before the Internet made subsequent uses much more likely. Second, they
argued that the proposal would harm poor copyright owners - apparently
those who could not afford the $1 fee. Third, they argued that Congress
had determined that extending a copyright term would encourage
restoration work. Maybe in the case of the small percentage of work
covered by copyright law that is still commercially valuable, but again
this was irrelevant, as the proposal would not cut off the extended
term unless the $1 fee was not paid. Fourth, the MPAA argued that the
bill would impose "enormous" costs, since a registration system is not
free. True enough, but those costs are certainly less than the costs of
clearing the rights for a copyright whose owner is not known. Fifth,
they worried about the risks if the copyright to a story underlying a
film were to pass into the public domain. But what risk is that? If it
is in the public domain, then the film is a valid derivative use.
	</text>
</object>
<object id="1085">
	<ocn>1085</ocn>
	<text class="norm">
		Finally, the MPAA argued that existing law enabled copyright owners to
do this if they wanted. But the whole point is that there are thousands
of copyright owners who don't even know they have a copyright to give.
Whether they are free to give away their copyright or not - a
controversial claim in any case - unless they know about a copyright,
they're not likely to.
	</text>
</object>
<object id="1086">
	<ocn>1086</ocn>
	<text class="norm">
		At the beginning of this book, I told two stories about the law
reacting to changes in technology. In the one, common sense prevailed.
In the other, common sense was delayed. The difference between the two
stories was the power of the opposition - the power of the side that
fought to defend the status quo. In both cases, a new technology
threatened old interests. But in only one case did those interest's
have the power to protect themselves against this new competitive
threat.
	</text>
</object>
<object id="1087">
	<ocn>1087</ocn>
	<text class="norm">
		I used these two cases as a way to frame the war that this book has
been about. For here, too, a new technology is forcing the law to
react. And here, too, we should ask, is the law following or resisting
common sense? If common sense supports the law, what explains this
common sense?
	</text>
</object>
<object id="1088">
	<ocn>1088</ocn>
	<text class="norm">
		When the issue is piracy, it is right for the law to back the copyright
owners. The commercial piracy that I described is wrong and harmful,
and the law should work to eliminate it. When the issue is p2p sharing,
it is easy to understand why the law backs the owners still: Much of
this sharing is wrong, even if much is harmless. When the issue is
copyright terms for the Mickey Mouses of the world, it is possible
still to understand why the law favors Hollywood: Most people don't
recognize the reasons for limiting copyright terms; it is thus still
possible to see good faith within the resistance.
	</text>
</object>
<object id="1089">
	<ocn>1089</ocn>
	<text class="norm">
		But when the copyright owners oppose a proposal such as the Eldred Act,
then, finally, there is an example that lays bare the naked
self-interest driving this war. This act would free an extraordinary
range of content that is otherwise unused. It wouldn't interfere with
any copyright owner's desire to exercise continued control over his
content. It would simply liberate what Kevin Kelly calls the "Dark
Content" that fills archives around the world. So when the warriors
oppose a change like this, we should ask one simple question:
	</text>
</object>
<object id="1090">
	<ocn>1090</ocn>
	<text class="norm">
		What does this industry really want?
	</text>
</object>
<object id="1091">
	<ocn>1091</ocn>
	<text class="norm">
		With very little effort, the warriors could protect their content. So
the effort to block something like the Eldred Act is not really about
protecting <i>their</i> content. The effort to block the Eldred Act is
an effort to assure that nothing more passes into the public domain. It
is another step to assure that the public domain will never compete,
that there will be no use of content that is not commercially
controlled, and that there will be no commercial use of content that
doesn't require <i>their</i> permission first.
	</text>
</object>
<object id="1092">
	<ocn>1092</ocn>
	<text class="norm">
		The opposition to the Eldred Act reveals how extreme the other side is.
The most powerful and sexy and well loved of lobbies really has as its
aim not the protection of "property" but the rejection of a tradition.
Their aim is not simply to protect what is theirs. <i>Their aim is to
assure that all there is is what is theirs</i>.
	</text>
</object>
<object id="1093">
	<ocn>1093</ocn>
	<text class="norm">
		It is not hard to understand why the warriors take this view. It is not
hard to see why it would benefit them if the competition of the public
domain tied to the Internet could somehow be quashed. Just as RCA
feared the competition of FM, they fear the competition of a public
domain connected to a public that now has the means to create with it
and to share its own creation.
	</text>
</object>
<object id="1094">
	<ocn>1094</ocn>
	<text class="norm">
		What is hard to understand is why the public takes this view. It is as
if the law made airplanes trespassers. The MPAA stands with the Causbys
and demands that their remote and useless property rights be respected,
so that these remote and forgotten copyright holders might block the
progress of others.
	</text>
</object>
<object id="1095">
	<ocn>1095</ocn>
	<text class="norm">
		All this seems to follow easily from this untroubled acceptance of the
"property" in intellectual property. Common sense supports it, and so
long as it does, the assaults will rain down upon the technologies of
the Internet. The consequence will be an increasing "permission
society." The past can be cultivated only if you can identify the owner
and gain permission to build upon his work. The future will be
controlled by this dead (and often unfindable) hand of the past.
	</text>
</object>
<object id="1096">
	<ocn>1096</ocn>
	<text class="h2">
		Conclusion
	</text>
</object>
<object id="1097">
	<ocn>1097</ocn>
	<text class="norm">
		Plus de trente-cinq millions de personnes vivent avec le virus du sida
de part le monde. Vingt-cinq millions d'entre elles sont en Afrique
sub-saharienne. Dix-sept millions sont d&#233;j&#224; mortes. Dix-sept
millions d'Africains, cela repr&#233;sente, en proportion de la
population, sept millions d'Am&#233;ricains. Mais &#231; a fait surtout
dix-sept millions d'Africains.
	</text>
</object>
<object id="1098">
	<ocn>1098</ocn>
	<text class="norm">
		Il n'y a pas de rem&#232;de contre le sida, mais il existe des
m&#233;dicaments qui ralentissent sa progression. Ces th&#233;rapies
antir&#233;trovirales sont encore exp&#233;rimentales, mais elles ont
eu un effet radical. Aux Etats-Unis, les malades du sida qui prennent
r&#233;guli&#232;rement un cocktail de ces m&#233;dicaments augmentent
leur esp&#233;rance de vie de dix &#224; vingt ans. Pour certains, les
m&#233;dicaments rendent la maladie presque invisible.
	</text>
</object>
<object id="1099">
	<ocn>1099</ocn>
	<text class="norm">
		Ces m&#233;dicaments co&#252;tent cher. Quand ils furent mis sur le
march&#233; aux Etats-Unis, ils co&#252;taient entre 10.000 et 15.000
dollars par personne et par an. Aujourd'hui, certains co&#252;tent
25.000 dollars par an. A ces prix, bien s&#252;r, aucun pays d'Afrique
ne peut offrir ces m&#233;dicaments &#224; la grande majorit&#233; de
sa population: 15.000 dollars, c'est trente fois le PNB par habitant du
Zimbabwe. A ce prix, les m&#233;dicaments sont compl&#232;tement
inaccessibles.1
	</text>
</object>
<object id="1100">
	<ocn>1100</ocn>
	<text class="norm">
		Ces prix ne sont pas &#233; lev&#233;s parce que les ingr&#233;dients
des m&#233;dicaments co&#252;tent cher. Ils sont &#233; lev&#233;s
parce que les m&#233;dicaments sont prot&#233;g&#233;s par des brevets.
Les entreprises pharmaceutiques qui produisent ces mixtures salvatrices
jouissent d'un monopole d'au moins vingt ann&#233;es sur leurs
inventions. Elles utilisent ce monopole afin de gagner le plus d'argent
possible. Ce pouvoir leur sert &#224; maintenir des prix &#233;
lev&#233;s.
	</text>
</object>
<object id="1101">
	<ocn>1101</ocn>
	<text class="norm">
		Beaucoup de gens sont sceptiques au sujet des brevets, en particulier
des brevets sur les m&#233;dicaments. Je ne le suis pas. En effet, de
tous les domaines de recherche qui pourraient b&#233;n&#233;ficier des
brevets, la recherche de m&#233;dicaments est, &#224; mon avis, celui
qui en a le plus clairement besoin. Les brevets donnent &#224; une
entreprise pharmaceutique la garantie que si elle invente un nouveau
m&#233;dicament qui soigne une maladie de fa&#231;on efficace, elle
sera capable de revenir sur son investissement, et m&#234;me de gagner
plus. C'est une incitation extr&#234;mement utile. Je serais la
derni&#232;re personne &#224; r&#233;clamer que la loi les abolisse, du
moins sans rien changer d'autre.
	</text>
</object>
<object id="1102">
	<ocn>1102</ocn>
	<text class="norm">
		Mais c'est une chose que d'&#234;tre en faveur des brevets, m&#234;me
des brevets sur les m&#233;dicaments. C'en est une autre que de savoir
comment g&#233;rer au mieux une crise. Et quand les dirigeants
africains commenc&#232;rent &#224; comprendre quelle d&#233;vastation
le sida apportait, ils cherch&#232;rent des moyens d'importer des
traitements contre le VIH &#224; un co&#252;t tr&#232;s inf&#233;rieur
aux prix du march&#233;.
	</text>
</object>
<object id="1103">
	<ocn>1103</ocn>
	<text class="norm">
		En 1997, l'Afrique du Sud tenta une parade. Elle autorisa l'importation
de m&#233;dicaments brevet&#233;s qui avaient &#233; t&#233; produits
ou mis sur le march&#233; d'un autre pays avec l'accord du
d&#233;tenteur de copyright. Par exemple, si un m&#233;dicament &#233;
tait vendu en Inde, il pouvait &#234; tre export&#233; d'Inde vers
l'Afrique. Ceci est appel&#233; "importation parall&#232;le", et est en
g&#233;n&#233;ral autoris&#233; par les lois du commerce international,
et est specifiquement autoris&#233; &#224; l'int&#233;rieur de l'Union
Europ&#233;enne.2
	</text>
</object>
<object id="1104">
	<ocn>1104</ocn>
	<text class="norm">
		Cependant les Etats-Unis s'oppos&#232;rent &#224; cette loi. Et c'est
le moins qu'on puisse dire. Comme le rapporte l'Association
Internationale de la Propriet&#233; Intellectuelle, "Le gouvernement
U.S. pressa l'Afrique du Sud... de ne pas autoriser les licences
contraignantes, ou bien les importations parall&#232;les."3 Par
l'interm&#233;diaire du Bureau des Representants de Commerce des Etats
Unis (USTR), le gouvernement demanda &#224; l'Afrique du Sud de changer
sa loi-- et pour ajouter de la pression &#224; cette demande, en 1998
le USTR d&#233;signa l'Afrique du Sud pour d'&#233;ventuelles sanctions
commerciales. La m&#234;me ann&#233;e, plus de quarante compagnies
pharmaceutiques entam&#232;rent des proc&#232;s dans les tribunaux
sud-africains, pour remettre en question la politique du gouvernement.
Les Etats-Unis furent ensuite rejoints par d'autres gouvernements de
l'Union Europ&#233;enne. Leur argument, et l'argument des compagnies
pharmaceutiques, &#233; tait que l'Afrique du Sud manquait &#224; ses
obligations selon la loi internationale, en ne respectant pas les
brevets pharmaceutiques. La demande de ces gouvernements, Etats-Unis en
t&#234;te, &#233; tait que l'Afrique du Sud respect&#226;t ces brevets,
tout comme elle respectait les autres types de brevets, nonobstant
toute cons&#233;quence sur le traitement du sida en Afrique du Sud.4
	</text>
</object>
<object id="1105">
	<ocn>1105</ocn>
	<text class="norm">
		Nous devrions replacer l'intervention des Etats-Unis dans son contexte.
Il ne fait aucun doute que les brevets ne sont pas la raison principale
pour laquelle les Africains n'ont pas acc&#232;s aux m&#233;dicaments.
La pauvret&#233;, et l'absence totale d'infrastructure m&#233;dicale
sont plus importants. Mais que les brevets soient ou non la raison
principale, le prix des m&#233;dicaments a un effet sur la demande, et
les brevets ont un effet sur leur prix. Ainsi donc, l'intervention de
notre gouvernement a contribu&#233; &#224; stopper l'afflux de
m&#233;dicaments en Afrique, que son effet soit marginal ou non.
	</text>
</object>
<object id="1106">
	<ocn>1106</ocn>
	<text class="norm">
		En stoppant le flux de m&#233;dicaments contre le sida vers l'Afrique,
le gouvernement des Etats-Unis n'a pas mis de c&#244;t&#233; ces
m&#233;dicaments, pour les r&#233;server &#224; ses propres citoyens.
Ce n'est pas comme pour du grain (ce qu'ils mangent n'est plus pour
nous). Au contraire, le flux que les Etats-Unis ont stopp&#233; &#233;
tait, de fait, un flux de connaissance: savoir comment, &#224; partir
de mati&#232;res premi&#232;res qui existent en Afrique,
synth&#233;tiser des m&#233;dicaments qui sauveraient 15 &#224; 30
millions de vies.
	</text>
</object>
<object id="1107">
	<ocn>1107</ocn>
	<text class="norm">
		L'intervention des Etats-Unis n'a pas non plus servi &#224;
prot&#233;ger les profits des compagnies pharmaceutiques
am&#233;ricaines-- du moins, pas significativement. Ces pays &#233;
taient loin de pouvoir acheter leurs m&#233;dicaments &#224; ces
compagnies, au prix o&#250; ils &#233; taient vendus. Une fois de plus,
les Africains sont bien trop pauvres pour pouvoir se payer ces
m&#233;dicaments aux prix propos&#233;s. Stopper les importations
parall&#232;les de ces m&#233;dicaments ne servait pas &#224; augmenter
les ventes des compagnies U.S.
	</text>
</object>
<object id="1108">
	<ocn>1108</ocn>
	<text class="norm">
		Non, l'argument en faveur d'une restriction de ce flux d'information,
qui &#233; tait n&#233;cessaire pour sauver des millions de vies,
concernait l'intouchabilit&#233; de la propri&#233;t&#233;.5 C'est
parce que la "propri&#233;t&#233; intellectuelle" aurait &#233; t&#233;
viol&#233;e que ces m&#233;dicaments ne devaient pas aller en Afrique.
C'est un principe concernant l'importance de la "propri&#233;t&#233;
intellectuelle" qui a conduit ces gouvernants &#224; intervenir contre
la politique anti-sida de l'Afrique du Sud.
	</text>
</object>
<object id="1109">
	<ocn>1109</ocn>
	<text class="norm">
		Prenons un peu de recul maintenant. D'ici une tentaine d'ann&#233;es,
nos enfants nous demanderont comment nous avons pu laisser faire une
chose pareille. Comment avons-nous pu autoriser une politique dont la
cons&#233;quence directe a &#233; t&#233; d'acc&#233;l&#233;rer la mort
de 15 &#224; 30 millions d'Africains, et dont le v&#233;ritable
b&#233;n&#233;fice a &#233; t&#233; d'affirmer l'"intouchabilit&#233;"
d'une id&#233;e? Quelle justification possible pouvait-il y avoir
&#224; une politique qui a provoqu&#233; tant de morts? Quelle est
cette folie qui a laiss&#233; mourir tant de gens au nom d'une
abstraction?
	</text>
</object>
<object id="1110">
	<ocn>1110</ocn>
	<text class="norm">
		Certains accusent les compagnies pharmaceutiques. Pas moi. Ce sont des
entreprises. Leurs dirigeants ont l'obligation l&#233;gale de faire des
b&#233;n&#233;fices. Ils mettent en avant une certaine politique des
brevets, non pas par id&#233;al, mais parce que c'est la politique qui
leur permet de gagner le plus d'argent. Et si cette politique est celle
qui leur rapporte le plus d'argent, c'est uniquemnent &#224; cause
d'une certaine corruption de notre syst&#232;me politique-- une
corruption dont les compagnies pharmaceutiques ne sont certainement pas
responsables.
	</text>
</object>
<object id="1111">
	<ocn>1111</ocn>
	<text class="norm">
		Cette corruption est le manque d'int&#233;grit&#233; de nos propres
politiciens. En effet les compagnies pharmaceutiques aimeraient
beaucoup, disent-elles, et je les crois, vendre leurs m&#233;dicaments
aussi bon march&#233; que possible &#224; certains pays pays d'Afrique
ou d'ailleurs. Bien s&#252;r elles auraient quelques probl&#232;mes
&#224; r&#233;soudre, pour s'assurer que ces m&#233;dicaments ne soient
pas remis sur le march&#233; aux Etats-Unis, ces probl&#232;mes sont
d'ordre techniques. Ils peuvent &#234; tre surmont&#233;s.
	</text>
</object>
<object id="1112">
	<ocn>1112</ocn>
	<text class="norm">
		Cependant, un probl&#232;me diff&#233;rent ne pourrait pas &#234; tre
&#233; vit&#233;. C'est la peur qu'un politicien d&#233;magogue
n'interpelle les pr&#233;sidents des compagnies pharmaceutiques devant
le S&#233;nat ou la Chambre des Repr&#233;sentants, et ne demande:
"Comment se fait-il que vous puissiez vendre ce m&#233;dicament
antisida pour un dollar le comprim&#233; en Afrique, et que le
m&#234;me m&#233;dicament co&#252;te 1.500 dollars &#224; un
Am&#233;ricain?" Parce qu'il n'y a pas de r&#233;ponse simple &#224;
cette question, son effet serait d'induire une r&#233;gulation des prix
en Am&#233;rique. Les compagnies pharmaceutiques &#233; vitent d'entrer
dans cette spirale. Elles renforcent l'id&#233;e que la
propri&#233;t&#233; doit &#234; tre sacr&#233;e. Elles adoptent une
strat&#233;gie rationnelle dans un contexte irrationnel, et dont la
cons&#233;quence involontaire est peut-&#234;tre la mort de millions de
personnes. Et au final cette strat&#233;gie rationnelle se cache
derri&#232;re un id&#233;al: l'intouchabilit&#233; d'une id&#233;e
appel&#233;e "propri&#233;t&#233; intellectuelle".
	</text>
</object>
<object id="1113">
	<ocn>1113</ocn>
	<text class="norm">
		Donc, quand le sens commun de vos enfants vous interrogera, que direz
vous? Quand le sens commun de toute une g&#233;n&#233;ration finira par
se se r&#233;volter contre ce que nous avons fait, comment
pourrons-nous le justifier? Par quel argument?
	</text>
</object>
<object id="1114">
	<ocn>1114</ocn>
	<text class="norm">
		Une politique raisonnable en mati&#232;re de brevets pourrait endosser
et soutenir le syst&#232;me de brevets, sans pour autant atteindre tout
le monde en tout endroit de la m&#234;me mani&#232;re. De m&#234;me
qu'une politique raisonnable en mati&#232;re de droit d'auteur pourrait
endosser et soutenir un syst&#232;me de droits sans devoir r&#233;guler
la diffusion de la culture de mani&#232;re parfaite et immuable, une
politique raisonnable en mati&#232;re de brevets pourrait endosser et
soutenir un syst&#232;me de brevets sans n&#233;cessairement bloquer la
diffusion de m&#233;dicaments dans des pays trop pauvres pour jamais
pouvoir les acheter aux prix du march&#233;. Une politique raisonnable,
en d'autres termes, serait une politique &#233; quilibr&#233;e. Pour
l'essentiel de notre histoire, nos politiques en mati&#232;res de droit
d'auteur et de brevets ont justement &#233; t&#233; &#233;
quilibr&#233;es en ce sens.
	</text>
</object>
<object id="1115">
	<ocn>1115</ocn>
	<text class="norm">
		Mais nous avons, en tant que culture, perdu ce sens de la mesure. Nous
avons perdu le regard critique qui nous aide &#224; voir ce qui
s&#233;pare la v&#233;rit&#233; de l'extr&#233;misme. Un certain
fondamentalisme de la propri&#233;t&#233;, qui n'a aucun lien avec
notre tradition, r&#232;gne maintenant dans la culture -- de
mani&#232;re incongrue, et avec des cons&#233;quences autrement plus
s&#233;rieuses pour la circulation des id&#233;es et de la culture que
presque toute les d&#233;cisions politiques que nous pouvons prendre en
tant que d&#233;mocratie.
	</text>
</object>
<object id="1116">
	<ocn>1116</ocn>
	<text class="norm">
		Une id&#233;e simple nous aveugle, et &#224; la faveur de
l'obscurit&#233;, beaucoup de choses se passent que nous rejetterions
si nous les voyions. Nous prenons si peu de recul pour accepter
l'id&#233;e de propri&#233;t&#233; des id&#233;es que nous ne
remarquons pas &#224; quel point il est monstrueux de refuser leur
b&#233;n&#233;fice &#224; un peuple qui meurt. Nous prenons si peu de
recul pour accepter l'id&#233;e de propri&#233;t&#233; culturelle que
nous ne nous interrogeons m&#234;me pas lorsque le contr&#244;le de
cette propri&#233;t&#233; nous emp&#234;che, en tant que peuple, de
d&#233;velopper notre culture d&#233;mocratiquement. La
c&#233;cit&#233; devient notre sens commun. Et le d&#233;fi &#224;
relever pour quiconque voudrait restaurer notre droit &#224;
d&#233;velopper une culture est de trouver le moyen de faire ouvrir les
yeux &#224; ce sens commun.
	</text>
</object>
<object id="1117">
	<ocn>1117</ocn>
	<text class="norm">
		Jusqu'ici, le sens commun sommeille. Il n'y a pas de r&#233;volte. Le
sens commun ne voit m&#234;me pas pourquoi se r&#233;volter.
L'extr&#234;misme qui domine ce d&#233;bat maintenant trouve &#233; cho
dans des id&#233;es qui paraissent naturelles, et cette &#233; cho est
amplifi&#233; par les RCA d'aujourd'hui. Ils m&#232;nent une guerre
fanatique contre le "piratage", et d&#233;vastent une culture au nom de
la cr&#233;ativit&#233;. Ils d&#233;fendent l'id&#233;e de
"propri&#233;t&#233; cr&#233;atrice", en transformant les
v&#233;ritables cr&#233;ateurs en paysans sans terre des temps
modernes. Ils sont choqu&#233;s par l'id&#233;e que leurs droits
puissent &#234; tre &#233; quilibr&#233;s, alors m&#234;me que les
acteurs principaux de cette guerre du contenu ont profit&#233; d'un
contexte plus &#233; quilibr&#233;. &#199; a sent l'hypocrisie. Mais
m&#234;me dans une ville comme Washington, l'hypocrisie passe
inaper&#231;ue. Des lobbys puissants, des probl&#232;mes complexes, et
une facult&#233; d'attention digne de MTV, produisent une "temp&#234;te
parfaite" pour la culture libre.
	</text>
</object>
<object id="1118">
	<ocn>1118</ocn>
	<text class="norm">
		En ao&#252;t 2003, une dispute &#233; clata aux Etats-Unis au sujet
d'une d&#233;cision de l'Organisation Mondiale de la
Propri&#233;t&#233; Intellectuelle d'annuler une conf&#233;rence.6 A la
demande d'int&#233;r&#234;ts divers, l'OMPI avait d&#233;cid&#233;
d'organiser un s&#233;minaire sur les "projets ouverts et collaboratifs
pour cr&#233;er des biens publics". C'est le type de projets qui a
r&#233;ussi &#224; produire des biens publics sans s'appuyer sur un
usage uniquement propri&#233;taire de la propri&#233;t&#233;
intellectuelle. Internet et le Web en sont des exemples, tous deux ont
&#233; t&#233; d&#233;velopp&#233;s &#224; partir de protocoles du
domaine public. Une mouvement nouveau visant &#224; d&#233;velopper des
journaux acad&#233;miques ouverts, comme le projet Public Library of
Science d&#233;crit dans la postface, en faisait partie. De m&#234;me
qu'un projet pour recenser les Single Nucleotide Polymorphisms (SNP),
dont l'importance pour la recherche biom&#233;dicale est tenue pour
cruciale. (Ce projet non-commercial comprenait un consortium
rassemblant le Wellcome Trust et des compagnies pharmaceutiques et
technologiques, dont Amersham Biosciences, AstraZeneca, Aventis, Bayer,
Bristol-Myers Squibb, Hoffmann-La Roche, Glaxo-SmithKline, IBM,
Motorola, Novartis, Pfizer, and Searle.) Le Global Positioning System,
que Ronald Reagan avait rendu libre au d&#233;but des ann&#233;es 1980,
en faisait partie. De m&#234;me que les "logiciels libres et
open-source".
	</text>
</object>
<object id="1119">
	<ocn>1119</ocn>
	<text class="norm">
		Le but de la conf&#233;rence &#233; tait de consid&#233;rer ces projets
divers &#224; la lumi&#232;re d'un aspect commun: &#224; savoir
qu'aucun de ces projets n'&#233;tait li&#233; &#224; cet
extr&#233;misme de la propri&#233;t&#233; intellectuelle. Au lieu de
quoi, dans chacun d'entre eux, la propri&#233;t&#233; intellectuelle
&#233; tait &#233; quilibr&#233;e par des accords visant &#224;
maintenir un acc&#232;s ouvert, ou &#224; limiter les appropriations
possibles.
	</text>
</object>
<object id="1120">
	<ocn>1120</ocn>
	<text class="norm">
		Du point de vue de ce livre, donc, la conf&#233;rence &#233; tait
id&#233;ale.7 Parmi les projets &#224; l'ordre du jour, on comptait
&#224; la fois des travaux commerciaux et non-commerciaux. Ils
s'occupaient essentiellement de science, mais avec diff&#233;rents
points de vue. Et l'OMPI &#233; tait un h&#244;te id&#233;al pour cette
discussion, puisque c'est l'organisme international pr&#233;eminent qui
s'occupe des probl&#232;mes de propri&#233;t&#233; intellectuelle.
	</text>
</object>
<object id="1121">
	<ocn>1121</ocn>
	<text class="norm">
		En effet, il m'est arriv&#233; d'&#234;tre raill&#233; en public pour
ne pas avoir reconnu ce r&#244;le &#224; l'OMPI. En f&#233;vrier 2003,
j'ai donn&#233; un discours &#224; une conf&#233;rence
pr&#233;paratoire du Sommet Mondial sur la Soci&#233;t&#233; de
l'Information (WSIS). Au cours d'une conf&#233;rence de presse qui
pr&#233;c&#233;dait mon discours, on me demanda ce que j'allais dire.
Je r&#233;pondis que j'allais parler un peu de l'importance
d'&#233;quilibrer la propri&#233;t&#233; intellectuelle pour le
d&#233;veloppement de la soci&#233;t&#233; de l'information. La
mod&#233;ratrice m'interrompit brusquement, pour m'informer ainsi que
les journalistes pr&#233;sents, qu'aucune question relative &#224; la
propri&#233;t&#233; intellectuelle ne serait discut&#233;e au WSIS, car
ces questions &#233; taient du ressort exclusif de l'OMPI. Dans le
discours que j'avais pr&#233;par&#233;, j'avais fait de la
propri&#233;t&#233; intellectuelle un th&#232;me relativement mineur.
Mais apr&#232;s cette d&#233;claration &#233; tonnante, je fis de la
propri&#233;t&#233; intellectuelle l'unique sujet de mon discours. Il
n'&#233;tait pas possible de parler d'une "Soci&#233;t&#233; de
l'Information" sans parler aussi de la partie de l'information et de la
culture qui serait libre. Mon discours ne rendit pas tr&#232;s heureuse
mon immodeste mod&#233;ratrice. Et il ne fait aucun doute qu'elle avait
raison de penser que la protection de la propri&#233;t&#233;
intellectuelle &#233; tait en principe du ressort de l'OMPI. Mais
&#224; mon avis, il ne saurait y avoir trop de conversations au sujet
de la quantit&#233; de propri&#233;t&#233; intellectuelle dont nous
avons besoin. Car &#224; mon avis, l'id&#233;e m&#234;me
d'&#233;quilibre de la propri&#233;t&#233; intellectuelle s'est perdue.
	</text>
</object>
<object id="1122">
	<ocn>1122</ocn>
	<text class="norm">
		Ainsi donc, que WSIS fut ou non l'endroit pour discuter
d'&#233;quilibrer la propri&#233;t&#233; intellectuelle, j'avais
pens&#233; qu'il &#233; tait certain que l'OMPI l'&#233;tait. Et la
conf&#233;rence sur les "projets ouverts et collaboratifs pour
cr&#233;er des biens publics" semblait convenir parfaitement &#224;
l'agenda de l'OMPI.
	</text>
</object>
<object id="1123">
	<ocn>1123</ocn>
	<text class="norm">
		Mais il y a un projet dans cette liste qui est tr&#232;s
controvers&#233;, du moins parmi les lobbyistes. Il s'agit du projet
"logiciels libres et open-source". Microsoft, en particulier, prend
soin d'&#233;viter toute discussion sur le sujet. De leur point de vue,
une conf&#233;rence pour discuter de logiciels libres et open-source
serait comme une conf&#233;rence pour discuter du syst&#232;me
d'exploitation d'Apple. Les logiciels libres et open-source sont en
comp&#233;tition avec ceux de Microsoft. Et &#224; l'international,
beaucoup de gouvernements ont commenc&#233; &#224; tester l'obligation,
pour leurs propres administrations, d'utiliser des logiciels libres ou
open-source, plut&#244;t que des "logiciels propri&#233;taires".
	</text>
</object>
<object id="1124">
	<ocn>1124</ocn>
	<text class="norm">
		Je ne veux pas entrer dans ce d&#233;bat ici. Qu'il me suffise de
pr&#233;ciser que la diff&#233;rence n'est pas entre logiciel
commercial et non-commercial. Il y a beaucoup d'entreprises de premier
plan qui d&#233;pendent fondamentalement du logiciel libre et
open-source, IBM &#233; tant la plus en vue. IBM d&#233;place de plus
en plus son activit&#233; vers le syst&#232;me GNU/Linux, le "logiciel
libre" le plus c&#233;l&#232;bre--et IBM est &#233; videmment une
entit&#233; commerciale. Ainsi, soutenir le "logiciel libre et
open-source" n'est pas s'opposer aux entit&#233;s commerciales. C'est
au contraire soutenir un mod&#232;le de d&#233;veloppement logiciel
diff&#233;rent de celui de Microsoft.8
	</text>
</object>
<object id="1125">
	<ocn>1125</ocn>
	<text class="norm">
		Plus important pour le sujet qui nous occupe, soutenir le "logiciel
libre et open-source" n'est pas s'opposer au copyright. Les "logiciels
libres et open-source" ne sont pas dans le domaine public. Au
contraire, comme les logiciels de Microsoft, les d&#233;tenteurs de
copyright de logiciels libres et open-source insistent fortement pour
que les termes de leurs licenses soient respect&#233;s par leurs
utilisateurs. Ces termes sont evidemment diff&#233;rents de ceux d'une
license de logiciel propri&#233;taire. Par exemple, un logiciel libre
sous la G&#233;n&#233;ral Public Licence (GPL) requiert que le code
source du logiciel soit rendu public par quiconque le modifie et le
redistribue. Mais cette contrainte n'est effective que si le copyright
est respect&#233;. Sinon, le logiciel libre ne pourrait pas imposer ce
genre de contraintes &#224; ses utilisateurs. Il d&#233;pend donc des
lois sur le droit d'auteur, au m&#234;me titre que Microsoft.
	</text>
</object>
<object id="1126">
	<ocn>1126</ocn>
	<text class="norm">
		Il est donc compr&#233;hensible qu'en tant que d&#233;veloppeur de
logiciels, Microsoft se soit oppos&#233; &#224; cette conf&#233;rence
de l'OMPI, et compr&#233;hensible qu'il utilise ses lobbyistes pour
pousser le gouvernement des Etats-Unis &#224; s'y opposer aussi. Et en
effet, c'est exactement ce qui s'est pass&#233;, semble-t'il. Selon
Jonathan Krim du Washington Post, les lobbyistes de Microsoft
r&#233;ussirent &#224; faire que le gouvernement des Etats-Unis
s'oppose &#224; la conf&#233;rence.9 Et sans soutien des U.S., la
conf&#233;rence fut annul&#233;e.
	</text>
</object>
<object id="1127">
	<ocn>1127</ocn>
	<text class="norm">
		Je ne bl&#226;me pas Microsoft de faire ce qu'il peut pour servir ses
propres int&#233;r&#234;ts, dans le respect de la loi. Et il est tout a
fait l&#233;gal de faire du lobbying aupr&#232;s du gouvernement. Il
n'y a rien de surprenant qu'ils en fassent ici, et rien non plus de
tr&#232;s surprenant &#224; ce que l'&#233;diteur de logiciels le plus
puisant des Etats-Unis ait du succ&#232;s dans ses efforts de lobbying.
	</text>
</object>
<object id="1128">
	<ocn>1128</ocn>
	<text class="norm">
		Ce qui est surprenant a &#233; t&#233; la raison avanc&#233;e par le
gouvernement des Etats-Unis pour s'opposer &#224; la conf&#233;rence.
Comme le rapporte &#224; nouveau Krim, Lois Boland, le directeur des
relations internationales du bureau am&#233;ricain des brevets et des
marques, expliqua que "le logiciel open source va &#224; l'encontre de
la mission de l'OMPI, qui est de promouvoir les droits de
propri&#233;t&#233; intellectuelle." Elle est ci&#233;e disant:
"Organiser une conf&#233;rence dont le but est de contester ou de
relaxer ces droits semble contraire &#224; la mission de l'OMPI."
	</text>
</object>
<object id="1129">
	<ocn>1129</ocn>
	<text class="norm">
		Ces affirmations sont &#233; tonnantes &#224; bien des &#233; gards.
	</text>
</object>
<object id="1130">
	<ocn>1130</ocn>
	<text class="norm">
		Premi&#232;rement, elles sont tout simplement fausses. Comme je l'ai
expliqu&#233;, la plupart des logiciels open source et libres reposent
sur cette propri&#233;t&#233; intellectuelle appel&#233;e "copyright".
Sans elle, les restrictions impos&#233;es par ces licences ne
marcheraient pas. Par cons&#233;quent, dire qu'il va "&#224;
l'encontre" de la mission de promotion des droits de
propri&#233;t&#233; intellectuelle r&#233;v&#232;le une faille
extraordinaire de raisonnement-- le genre d'erreur qui est excusable
chez un &#233; tudiant de premi&#232;re ann&#233;e en droit, mais
embarasse quand elle est commise par un haut officiel du gouvernement,
charg&#233; de s'occuper des questions de propri&#233;t&#233;
intellectuelle.
	</text>
</object>
<object id="1131">
	<ocn>1131</ocn>
	<text class="norm">
		Deuxi&#232;mement, qui a dit que la mission exclusive de l'OMPI &#233;
tait de "promouvoir" la propri&#233;t&#233; intellectuelle sous sa
forme maximale? Comme on me l'a rappel&#233; lors de cette
conf&#233;rence pr&#233;paratoire du sommet WSIS, le but de l'OMPI
n'est pas seulement de trouver comment prot&#233;ger au mieux la
propri&#233;t&#233; intellectuelle, mais aussi de trouver quel est le
meilleur &#233; quilibre pour cette propri&#233;t&#233; intellectuelle.
Comme le sait n'importe &#233; conomiste ou juriste, la vraie question
pour la loi sur la propri&#233;t&#233; intellectuelle est de trouver
cet &#233; quilibre. Mais le fait qu'il doit y avoir des limites est,
je croyais, incontest&#233;. Il faudrait demander &#224; Mme Boland si
les m&#233;dicaments g&#233;n&#233;riques (des m&#233;dicaments qui en
imitent d'autres dont les brevets ont expir&#233;) sont contraires
&#224; la mission de l'OMPI. Le domaine public affaiblit-il la
propri&#233;t&#233; intellectuelle? Aurait-il mieux valu que les
protocoles d'Internet fussent brevet&#233;s?
	</text>
</object>
<object id="1132">
	<ocn>1132</ocn>
	<text class="norm">
		Troisi&#232;mement, m&#234;me si l'on croit que la mission de l'OMPI
est de maximiser les droits de propri&#233;t&#233; intellectuelle, dans
notre tradition ces droits sont d&#233;tenus par des individus et des
corporations. Ils ont le loisir de d&#233;cider quoi faire de ces
droits parce que, encore une fois, ce sont leurs droits. Si ils
choisissent de "donner" ou de "renoncer &#224; " ces droits, c'est
parfaitement en accord avec notre tradition. Quand Bill Gates donne
plus de 20 milliards de dollars &#224; des oeuvres de bienfaisance, ca
n'est pas en contradiction avec les objectifs du syst&#232;me de
propri&#233;t&#233;. C'est, bien au contraire, pr&#233;cis&#233;ment ce
qu'un syst&#232;me de propri&#233;t&#233; est cens&#233; permettre:
donner aux individus le droit de d&#233;cider quoi faire de leur
propri&#233;t&#233;.
	</text>
</object>
<object id="1133">
	<ocn>1133</ocn>
	<text class="norm">
		Quand Mme Boland dit qu'il y a un probl&#232;me avec une
conf&#233;rence "dont le but est de donner ou de renoncer &#224; ces
droits", elle dit que l'OMPI cherche &#224; interf&#233;rer avec les
choix des individus qui d&#233;tiennent des droits de
propri&#233;t&#233; intellectuelle. Que d'une mani&#232;re ou d'une
autre, le but de l'OMPI devrait &#234; tre d'emp&#234;cher les gens de
"donner" ou de "renoncer" &#224; leurs droits de propri&#233;t&#233;
intellectuelle. Que l'OMPI souhaite non seulement que les droits de
propri&#233;t&#233; intellectuelle soient maximis&#233;s, mais aussi
qu'ils soient exerc&#233;s de la mani&#232;re la plus extr&#234;me et
la plus restrictive possible.
	</text>
</object>
<object id="1134">
	<ocn>1134</ocn>
	<text class="norm">
		Un tel syst&#232;me de propri&#233;t&#233; existe dans l'Histoire, et
est bien connu de la tradition Anglo-Am&#233;ricaine. Il est
appel&#233; "f&#233;odalisme". Sous ce syst&#232;me, non seulement la
propri&#233;t&#233; &#233; tait d&#233;tenue par un nombre relativement
restreint d'individus et d'entit&#233;s, et non seulement les droits
qui administraient cette propri&#233;t&#233; &#233; taient puissants et
exhaustifs, mais le syst&#232;me lui-m&#234;me avait fortement
int&#233;r&#234;t &#224; assurer que les propri&#233;taires
n'affaiblissent pas le syt&#232;me, en lib&#233;rant des individus ou
des propri&#233;t&#233;s qui &#233; tait sous leur contr&#244;le, pour
les rendre au march&#233; libre. Le f&#233;odalisme d&#233;pendait d'un
contr&#244;le maximal et d'une concentration maximale. Il combattait
toute libert&#233; qui aurait pu interf&#233;rer avec ce contr&#244;le.
	</text>
</object>
<object id="1135">
	<ocn>1135</ocn>
	<text class="norm">
		Comme le rapportent Peter Drahos et John Braithwaite, c'est
pr&#233;cis&#233;ment le choix que nous sommes en train de faire au
sujet de la propri&#233;t&#233; intellectuelle.10 Nous aurons une
soci&#233;t&#233; de l'information. C'est certain. Notre seul choix
maintenant est entre une soci&#233;t&#233; de l'information libre et
une f&#233;odale. Nous nous dirigeons vers une soci&#233;t&#233; de
l'information f&#233;odale.
	</text>
</object>
<object id="1136">
	<ocn>1136</ocn>
	<text class="norm">
		Lorsque cette battaille a &#233; clat&#233;, j'en ai parl&#233; sur mon
blog. Un d&#233;bat int&#233;ressant s'en est suivi dans la partie
reserv&#233;e aux commentaires. Mme Boland avait un certain nombre
d'adh&#233;rents qui tent&#232;rent de montrer pourquoi elle avait
raison. Mais il y eut un commentaire qui fut particuli&#232;rement
d&#233;primant pour moi. Un auteur anonyme &#233; crivit:
	</text>
</object>
<object id="1137">
	<ocn>1137</ocn>
	<text class="norm">
		George, vous avez mal compris Lessig: Il ne parle que du monde tel
qu'il devrait &#234; tre ("le but de l'OMPI, et le but de tout
gouvernement, devrait &#234; tre de promouvoir un bon &#233; quilibre
des droits de propri&#233;t&#233; intellectuelle, pas simplement de
promouvoir ces droits"), et non tel qu'il est. Si nous parlions du
monde tel qu'il est, alors bien s&#252;r Boland n'a rien dit de faux.
Mais dans le monde r&#234;v&#233; de Lessig, bien s&#252;r elle a tort.
Toujours prendre garde &#224; la diff&#233;rence entre le monde de
Lessig et le n&#244;tre.
	</text>
</object>
<object id="1138">
	<ocn>1138</ocn>
	<text class="norm">
		Je n'ai pas saisi l'ironie du message la premi&#232;re fois que je l'ai
lu. Je l'ai lu rapidement, et j'ai cru que l'auteur d&#233;fendait
l'id&#233;e que notre gouvernement devrait rechercher l'&#233;quilibre.
(Bien s&#252;r, ma critique de Mme Boland ne concernait pas le fait
qu'elle cherche un &#233; quilibre ou non; ma critique &#233; tait que
ses commentaires trahissaient une erreur digne d'un &#233; tudiant en
droit de premi&#232;re ann&#233;e. Je ne me fais pas d'illusions sur
l'extr&#234;misme de notre gouvernement, qu'il soit R&#233;publicain ou
D&#233;mocrate. Ma seule illusion, semble-t-il, concerne le fait que
notre gouvernement doive ou non dire la v&#233;rit&#233;).
	</text>
</object>
<object id="1139">
	<ocn>1139</ocn>
	<text class="norm">
		Evidemment, ce n'&#233;tait pas l'id&#233;e que d&#233;fendait
l'auteur. Au contraire, il ridiculisait l'id&#233;e m&#234;me que dans
le monde r&#233;el, le "but" d'un gouvernement puisse &#234; tre de
"promouvoir un bon &#233; quilibre" de la propri&#233;t&#233;
intellectuelle. Cette id&#233;e lui semblait &#233; videmment idiote.
Et elle trahissait, selon lui, mon propre utopisme idiot. "Typique pour
un universitaire", aurait-il pu ajouter.
	</text>
</object>
<object id="1140">
	<ocn>1140</ocn>
	<text class="norm">
		Je comprends qu'on me reproche d'&#234;tre un universitaire utopiste.
Je pense moi ausi que l'utopisme est idiot, et je serais le premier
&#224; me gausser des id&#233;aux absurdement irr&#233;alistes des
universitaires au cours de l'histoire (et pas seulement l'histoire de
notre pays).
	</text>
</object>
<object id="1141">
	<ocn>1141</ocn>
	<text class="norm">
		Mais s'&#236;l est devenu idiot de supposer que le r&#244;le du
gouvernement est de "chercher l'&#233;quilibre", comptez-moi parmi les
idiots, car cel&#224; veut dire que c'est devenu assez grave, en effet.
S'il devient &#233; vident pour chacun que le gouvernement ne recherche
pas l'&#233;quilibre, que le gouvernement n'est que l'outil des
lobbyistes les plus puissants, que l'id&#233;e que le gouvernement soit
suppos&#233; faire autre chose est absurde, que l'id&#233;e d'attendre
du gouvernement qu'il dise la v&#233;rit&#233; et non des mensonges est
na&#239;ve, alors que sommes nous, la d&#233;mocratie la plus puissante
au monde, devenus?
	</text>
</object>
<object id="1142">
	<ocn>1142</ocn>
	<text class="norm">
		C'est peut &#234; tre folie que d'attendre d'un porte-parole du
gouvernement qu'il dise la v&#233;rit&#233;. C'est peut-&#234;tre folie
de croire que la politique du gouvernement doive &#234; tre plus que
l'ex&#233;cutant des int&#233;r&#234;ts les plus puissants. C'est
peut-&#234;tre folie de soutenir que nous devrions pr&#233;server une
tradition qui a &#233; t&#233; la n&#244;tre pour l'essentiel de notre
histoire--la culture libre.
	</text>
</object>
<object id="1143">
	<ocn>1143</ocn>
	<text class="norm">
		Si tout cel&#224; est folie, alors qu'il y ait plus de fous! Et vite!
	</text>
</object>
<object id="1144">
	<ocn>1144</ocn>
	<text class="norm">
		Il y a des moments d'espoir dans ce combat. Et des moments qui
surprennent. Alors que la FCC envisageait d'assouplir les lois sur la
propri&#233;t&#233;, ce qui aurait eu pour cons&#233;quence d'augmenter
la concentration des m&#233;dias, une coalition extraordinaire s'est
form&#233;e, au del&#224; des partis, pour combattre ce changement.
Peut &#234; tre pour la premi&#232;re fois dans l'histoire, des
int&#233;r&#234;ts aussi h&#233;t&#233;roclites que la NRA, l'ACLU,
Moveon.org, William Safire, Ted Turner, et CodePink Femmes pour la Paix
se sont organis&#233;s pour s'opposer au changement de politique de la
FCC. Un nombre impressionnant de lettres, 700.000, furent envoy&#233;es
&#224; la FCC, demandant plus de d&#233;bats et un r&#233;sultat
diff&#233;rent.
	</text>
</object>
<object id="1145">
	<ocn>1145</ocn>
	<text class="norm">
		Cet activisme n'a pas arr&#234;t&#233; la FCC, mais peu apr&#232;s, une
large coalition au S&#233;nat votait l'annulation de la d&#233;cision
de la FCC. Les d&#233;bats d'opposition qui ont conduit &#224; ce vote
ont r&#233;v&#233;l&#233; &#224; quel point ce mouvement &#233; tait
devenu puissant. Il n'y avait pas de soutien substantiel &#224; la
d&#233;cision de la FCC, et il y avait un soutien large et continu pour
combattre toute concentration suppl&#233;mentaire des m&#233;dias.
	</text>
</object>
<object id="1146">
	<ocn>1146</ocn>
	<text class="norm">
		Mais m&#234;me ce mouvement manque une part importante du puzzle. La
taille en soi n'est pas mauvaise. La libert&#233; n'est pas
menac&#233;e simplement parce que certains deviennent tr&#232;s riches,
ou parce qu'il n'y a qu'une poign&#233;e d'acteurs de taille. La
qualit&#233; d&#233;plorable des Big Mac et Quarter Pounder ne veut pas
dire que vous ne pouvez pas acheter un bon hamburger ailleurs.
	</text>
</object>
<object id="1147">
	<ocn>1147</ocn>
	<text class="norm">
		Le danger de la concentration des m&#233;dias ne vient pas de la
concentration, mais du f&#233;odalisme que cette concentration produit,
li&#233; aux changements dans le droit d'auteur. Le danger n'est pas
qu'un petit nombre de compagnies puissantes contr&#244;lent une part
grandissante des m&#233;dias. C'est plut&#244;t le fait que cette
concentration puisse invoquer des droits aussi extensifs --des droits
sur la propri&#233;t&#233; dont l'&#233;tendue est une premi&#232;re
historique, qui la rend mauvaise.
	</text>
</object>
<object id="1148">
	<ocn>1148</ocn>
	<text class="norm">
		Il est donc significatif que tant de gens se soient unis pour demander
de la comp&#233;tition et plus de diversit&#233;. N&#233;anmoins, le
fait que cette union soit vue comme une union contre la taille en soi
n'est pas tr&#232;s surprenant. Nous autres Am&#233;ricains avons
l'habitude de nous opposer &#224; ce qui est "grand", que ce soit
justifi&#233; ou non. Que nous puissions &#234; tre motiv&#233;s pour
nous battre une fois de plus contre les "grands" n'a rien de nouveau.
	</text>
</object>
<object id="1149">
	<ocn>1149</ocn>
	<text class="norm">
		Il serait nouveau, et tr&#232;s important, si une coalition aussi
importante pouvait se lever pour combattre l'extr&#234;misme
grandissant qui accompagne l'id&#233;e de "propri&#233;te
intellectuelle". Non que l'&#233;quilibre soit &#233; tranger &#224;
notre tradition; en fait, comme j'ai essay&#233; de le montrer,
l'&#233;quilibre fait partie de notre tradition. Mais plut&#244;t parce
que le muscle qui doit penser de mani&#232;re critique &#224;
l'&#233;tendue de quelque chose appel&#233;e "propri&#233;t&#233;",
n'est plus tr&#232;s bien entra&#238;n&#233; dans cette tradition.
	</text>
</object>
<object id="1150">
	<ocn>1150</ocn>
	<text class="norm">
		Si nous &#233; tions Achille, ceci serait notre talon. Ce serait le
lieu de notre perte.
	</text>
</object>
<object id="1151">
	<ocn>1151</ocn>
	<text class="norm">
		Alors que j'&#233;cris ces derniers mots, les journaux sont remplis
d'histoires au sujet des proc&#232;s men&#233;s par la RIAA contre
presque trois cent individus.11 Eminem vient d'&#234;tre poursuivi pour
avoir "enregistr&#233;" la musique de quelqu'un d'autre12. L'histoire
au sujet de Bob Dylan qui a "vol&#233;" un auteur japonais vient tout
juste de cesser de faire les gros titres13. Un correspondant de
Hollywood (qui tient &#224; rester anonyme) rapporte "une conversation
&#233; tonnante avec les gens des studios. Ils ont des [vieux] films
extraordinaires, qu'ils adoreraient utiliser, mais ils ne peuvent pas
car ils ne peuvent pas acquitter les droits. Il ont des tas de gens qui
pourraient faire des choses &#233; tonnantes avec ce contenu, mais il
faudrait d'abord des tas d'avocats pour en d&#233;m&#234;ler les
droits." Le Congr&#232;s parle de d&#233;tourner des virus
informatiques afin d'attaquer les ordinateurs suspect&#233;s de violer
la loi. Les universit&#233;s menacent d'expulsion les &#233; tudiants
qui utilisent un ordinateur pour partager du contenu.
	</text>
</object>
<object id="1152">
	<ocn>1152</ocn>
	<text class="norm">
		Et pourtant de l'autre c&#244;t&#233; de l'Atlantique, la BBC vient
d'annoncer qu'elle va cr&#233;er une Archive des Cr&#233;ations, &#224;
partir de laquelle les sujets britanniques pourront
t&#233;l&#233;charger les contenus de la BBC, les &#233; diter,
m&#233;langer, r&#233;utiliser.14 Et au Br&#233;sil, le ministre de la
culture, Gilberto Gil, lui-m&#234;me un h&#233;ros populaire de la
musique br&#233;silienne, s'est alli&#233; aux Creative Commons pour
diffuser du contenu et des licences libres dans ce pays d'Am&#233;rique
latine.15
	</text>
</object>
<object id="1153">
	<ocn>1153</ocn>
	<text class="norm">
		L'histoire que j'ai racont&#233;e est bien sombre. La v&#233;rit&#233;
est plus mitig&#233;e. Une technologie nous a donn&#233; une
libert&#233; nouvelle. Lentement, certains commencent &#224; comprendre
que cette libert&#233; ne veut pas forc&#233;ment dire anarchie. Nous
pouvons transposer notre culture libre dans le vingt-et-uni&#232;me
si&#232;cle, sans que les artistes ne soient l&#233;s&#233;s, et sans
que le potentiel de la technologie num&#233;rique ne soit
g&#226;ch&#233;. Il faudra des efforts de reflexion, et surtout de la
volont&#233;, pour transformer en Causby les RCA d'aujourd'hui.
	</text>
</object>
<object id="1154">
	<ocn>1154</ocn>
	<text class="norm">
		Il faut que le sens commun se r&#233;volte. Il faut qu'il agisse pour
lib&#233;rer la culture. S'il le fait, qu'il le fasse vite.
	</text>
</object>
<object id="1155">
	<ocn>1155</ocn>
	<text class="h2">
		Postface
	</text>
</object>
<object id="1156">
	<ocn>1156</ocn>
	<text class="norm">
		Au moins une partie de ceux qui ont lu jusqu'ici conviendront que
quelque chose doit &#234; tre fait pour changer la direction que nous
avons prise. Le reste de ce livre d&#233;crit ce qui pourrait &#234;
tre fait.
	</text>
</object>
<object id="1157">
	<ocn>1157</ocn>
	<text class="norm">
		Je s&#233;pare ces moyens en deux cat&#233;gories: ce que chacun peut
faire maintenant, et ce qui requiert l'aide des l&#233;gislateurs. S'il
y a une le&#231;on &#224; tirer de l'histoire du sens commun, c'est que
son &#233; volution requiert un changement des mentalit&#233;s.
	</text>
</object>
<object id="1158">
	<ocn>1158</ocn>
	<text class="norm">
		Ceci veut dire que le mouvement doit commencer par la base. Il doit
recruter un nombre significatif de parents, enseignants, libraires,
cr&#233;ateurs, auteurs, musiciens, metteurs en sc&#232;ne,
scientifiques -- pour que chacun r&#233;p&#232;te cette histoire &#224;
sa mani&#232;re, et qu'ils expliquent &#224; leurs voisins pourquoi ce
combat est si important.
	</text>
</object>
<object id="1159">
	<ocn>1159</ocn>
	<text class="norm">
		Une fois que ce mouvement aura un effet sur la base, alors il pourra
avoir un effet sur Washington. Nous sommes encore une d&#233;mocratie.
Ce que pensent les gens joue un r&#244;le. Pas aussi important qu'il ne
devrait l'&#234;tre, du moins quand une RCA s'y oppose, mais quand
m&#234;me un r&#244;le. Et donc, dans la deuxi&#232;me partie qui suit,
je d&#233;cris les changements que le Congr&#232;s pourrait
entreprendre afin de mieux s&#233;curiser une culture libre.
	</text>
</object>
<object id="1160">
	<ocn>1160</ocn>
	<text class="h4">
		Nous, maintenant.
	</text>
</object>
<object id="1161">
	<ocn>1161</ocn>
	<text class="norm">
		Le bon sens appartient &#224; ceux qui s'opposent au copyright, car le
d&#233;bat n'a jusqu'ici &#233; t&#233; d&#233;fini qu'en termes
extr&#234;mes -- comme un grand soit ceci/soit cela : soit la
propri&#233;t&#233; soit l'anarchie, soit un contr&#244;le total soit
les artistes ne seront pas pay&#233;s. Si le choix est vraiment de
cette nature, alors les opposants au copyright devraient l'emporter.
	</text>
</object>
<object id="1162">
	<ocn>1162</ocn>
	<text class="norm">
		L'erreur consiste ici &#224; n&#233;gliger des positions m&#233;dianes.
Il y a des extr&#234;mes dans ce d&#233;bat mais il n'y a a pas qu'eux.
Il y a ceux qui croient en un copyright maximal -- "Tous droits
r&#233;serv&#233;s."-- et ceux qui le rejettent -- "Libre de droits."
Les partisans du "Tous droits r&#233;serv&#233;s" soutiennent que toute
"utilisation" d'une oeuvre soumise &#224; copyright devrait d'abord
faire l'objet d'une autorisation. Les promoteurs du "Libre de droits"
pensent que vous devriez pouvoir exploiter le contenu &#224; votre
guise, que vous en ayez la permission ou non.
	</text>
</object>
<object id="1163">
	<ocn>1163</ocn>
	<text class="norm">
		A sa naissance, l'architecture de l'Internet s'est dans les faits
rattach&#233;e &#224; l'approche "libre de droits". Le contenu pouvait
&#234; tre copi&#233; fid&#232;lement et facilement ; les droits ne
pouvaient &#234; tre ais&#233;ment contr&#244;l&#233;s. Ainsi,
ind&#233;pendamment du souhait de qui que ce soit, le r&#233;gime
effectif du copyright associ&#233; &#224; la structure d'origine de
l'Internet relevait du "Libre de droits". Le contenu &#233; tait
exploit&#233;" quels qu'en soient les droits. Tout droit &#233; tait
dans les faits non prot&#233;g&#233;.
	</text>
</object>
<object id="1164">
	<ocn>1164</ocn>
	<text class="norm">
		Ce caract&#232;re originel engendra une r&#233;action (oppos&#233;e
quoique pas de m&#234;me intensit&#233;) de la part des d&#233;tenteurs
de copyright. Cette r&#233;action a fait l'objet de ce livre. Through
legislation, litigation, and changes to the network's design, copyright
holders have been able to change the essential character of the
environment of the original Internet. If the original architecture made
the effective default "no rights reserved," the future architecture
will make the effective default "all rights reserved." The architecture
and law that surround the Internet's design will increasingly produce
an environment where all use of content requires permission. The "cut
and paste" world that defines the Internet today will become a "get
permission to cut and paste" world that is a creator's nightmare.
	</text>
</object>
<object id="1165">
	<ocn>1165</ocn>
	<text class="norm">
		Ce qu'il faut, c'est un moyen de dire qurque chose entre les deux, ni
"tous droits reserv&#233;s" ni "aucun droit reserv&#233;", et ainsi une
fa&#231;on de respecter les copyrights tout en permettant aux auteurs
de liberer les droits comme ils le souhaitent. En d'autres mots, nous
avons besoin de retablir un ensemble de libert&#233;s que nous tenions
pour acquises auparavant.
	</text>
</object>
<object id="1166">
	<ocn>1166</ocn>
	<text class="h5">
		Rebuilding Freedoms Previously Presumed: Examples
	</text>
</object>
<object id="1167">
	<ocn>1167</ocn>
	<text class="norm">
		If you step back from the battle I've been describing here, you will
recognize this problem from other contexts. Think about privacy. Before
the Internet, most of us didn't have to worry much about data about our
lives that we broadcast to the world. If you walked into a bookstore
and browsed through some of the works of Karl Marx, you didn't need to
worry about explaining your browsing habits to your neighbors or boss.
The "privacy" of your browsing habits was assured.
	</text>
</object>
<object id="1168">
	<ocn>1168</ocn>
	<text class="norm">
		What made it assured?
	</text>
</object>
<object id="1169">
	<ocn>1169</ocn>
	<text class="norm">
		Well, if we think in terms of the modalities I described in chapter 10,
your privacy was assured because of an inefficient architecture for
gathering data and hence a market constraint (cost) on anyone who
wanted to gather that data. If you were a suspected spy for North
Korea, working for the CIA, no doubt your privacy would not be assured.
But that's because the CIA would (we hope) find it valuable enough to
spend the thousands required to track you. But for most of us (again,
we can hope), spying doesn't pay. The highly inefficient architecture
of real space means we all enjoy a fairly robust amount of privacy.
That privacy is guaranteed to us by friction. Not by law (there is no
law protecting "privacy" in public places), and in many places, not by
norms (snooping and gossip are just fun), but instead, by the costs
that friction imposes on anyone who would want to spy.
	</text>
</object>
<object id="1170">
	<ocn>1170</ocn>
	<text class="norm">
		Enter the Internet, where the cost of tracking browsing in particular
has become quite tiny. If you're a customer at Amazon, then as you
browse the pages, Amazon collects the data about what you've looked at.
You know this because at the side of the page, there's a list of
"recently viewed" pages. Now, because of the architecture of the Net
and the function of cookies on the Net, it is easier to collect the
data than not. The friction has disappeared, and hence any "privacy"
protected by the friction disappears, too.
	</text>
</object>
<object id="1171">
	<ocn>1171</ocn>
	<text class="norm">
		Amazon, of course, is not the problem. But we might begin to worry
about libraries. If you're one of those crazy lefties who thinks that
people should have the "right" to browse in a library without the
government knowing which books you look at (I'm one of those lefties,
too), then this change in the technology of monitoring might concern
you. If it becomes simple to gather and sort who does what in
electronic spaces, then the friction-induced privacy of yesterday
disappears.
	</text>
</object>
<object id="1172">
	<ocn>1172</ocn>
	<text class="norm">
		It is this reality that explains the push of many to define "privacy"
on the Internet. It is the recognition that technology can remove what
friction before gave us that leads many to push for laws to do what
friction did1. And whether you're in favor of those laws or not, it is
the pattern that is important here. We must take affirmative steps to
secure a kind of freedom that was passively provided before. A change
in technology now forces those who believe in privacy to affirmatively
act where, before, privacy was given by default.
	</text>
</object>
<object id="1173">
	<ocn>1173</ocn>
	<text class="norm">
		A similar story could be told about the birth of the free software
movement. When computers with software were first made available
commercially, the software--both the source code and the binaries-- was
free. You couldn't run a program written for a Data General machine on
an IBM machine, so Data General and IBM didn't care much about
controlling their software.
	</text>
</object>
<object id="1174">
	<ocn>1174</ocn>
	<text class="norm">
		That was the world Richard Stallman was born into, and while he was a
researcher at MIT, he grew to love the community that developed when
one was free to explore and tinker with the software that ran on
machines. Being a smart sort himself, and a talented programmer,
Stallman grew to depend upon the freedom to add to or modify other
people's work.
	</text>
</object>
<object id="1175">
	<ocn>1175</ocn>
	<text class="norm">
		In an academic setting, at least, that's not a terribly radical idea.
In a math department, anyone would be free to tinker with a proof that
someone offered. If you thought you had a better way to prove a
theorem, you could take what someone else did and change it. In a
classics department, if you believed a colleague's translation of a
recently discovered text was flawed, you were free to improve it. Thus,
to Stallman, it seemed obvious that you should be free to tinker with
and improve the code that ran a machine. This, too, was knowledge. Why
shouldn't it be open for criticism like anything else?
	</text>
</object>
<object id="1176">
	<ocn>1176</ocn>
	<text class="norm">
		No one answered that question. Instead, the architecture of revenue for
computing changed. As it became possible to import programs from one
system to another, it became economically attractive (at least in the
view of some) to hide the code of your program. So, too, as companies
started selling peripherals for mainframe systems. If I could just take
your printer driver and copy it, then that would make it easier for me
to sell a printer to the market than it was for you.
	</text>
</object>
<object id="1177">
	<ocn>1177</ocn>
	<text class="norm">
		Thus, the practice of proprietary code began to spread, and by the
early 1980s, Stallman found himself surrounded by proprietary code. The
world of free software had been erased by a change in the economics of
computing. And as he believed, if he did nothing about it, then the
freedom to change and share software would be fundamentally weakened.
	</text>
</object>
<object id="1178">
	<ocn>1178</ocn>
	<text class="norm">
		Therefore, in 1984, Stallman began a project to build a free operating
system, so that at least a strain of free software would survive. That
was the birth of the GNU project, into which Linus Torvalds's "Linux"
kernel was added to produce the GNU/Linux operating system.
	</text>
</object>
<object id="1179">
	<ocn>1179</ocn>
	<text class="norm">
		Stallman's technique was to use copyright law to build a world of
software that must be kept free. Software licensed under the Free
Software Foundation's GPL cannot be modified and distributed unless the
source code for that software is made available as well. Thus, anyone
building upon GPL'd software would have to make their buildings free as
well. This would assure, Stallman believed, that an ecology of code
would develop that remained free for others to build upon. His
fundamental goal was freedom; innovative creative code was a byproduct.
	</text>
</object>
<object id="1180">
	<ocn>1180</ocn>
	<text class="norm">
		Stallman was thus doing for software what privacy advocates now do for
privacy. He was seeking a way to rebuild a kind of freedom that was
taken for granted before. Through the affirmative use of licenses that
bind copyrighted code, Stallman was affirmatively reclaiming a space
where free software would survive. He was actively protecting what
before had been passively guaranteed.
	</text>
</object>
<object id="1181">
	<ocn>1181</ocn>
	<text class="norm">
		Finally, consider a very recent example that more directly resonates
with the story of this book. This is the shift in the way academic and
scientific journals are produced.
	</text>
</object>
<object id="1182">
	<ocn>1182</ocn>
	<text class="norm">
		As digital technologies develop, it is becoming obvious to many that
printing thousands of copies of journals every month and sending them
to libraries is perhaps not the most efficient way to distribute
knowledge. Instead, journals are increasingly becoming electronic, and
libraries and their users are given access to these electronic journals
through password-protected sites. Something similar to this has been
happening in law for almost thirty years: Lexis and Westlaw have had
electronic versions of case reports available to subscribers to their
service. Although a Supreme Court opinion is not copyrighted, and
anyone is free to go to a library and read it, Lexis and Westlaw are
also free to charge users for the privilege of gaining access to that
Supreme Court opinion through their respective services.
	</text>
</object>
<object id="1183">
	<ocn>1183</ocn>
	<text class="norm">
		There's nothing wrong in general with this, and indeed, the ability to
charge for access to even public domain materials is a good incentive
for people to develop new and innovative ways to spread knowledge. The
law has agreed, which is why Lexis and Westlaw have been allowed to
flourish. And if there's nothing wrong with selling the public domain,
then there could be nothing wrong, in principle, with selling access to
material that is not in the public domain.
	</text>
</object>
<object id="1184">
	<ocn>1184</ocn>
	<text class="norm">
		But what if the only way to get access to social and scientific data
was through proprietary services? What if no one had the ability to
browse this data except by paying for a subscription?
	</text>
</object>
<object id="1185">
	<ocn>1185</ocn>
	<text class="norm">
		As many are beginning to notice, this is increasingly the reality with
scientific journals. When these journals were distributed in paper
form, libraries could make the journals available to anyone who had
access to the library. Thus, patients with cancer could become cancer
experts because the library gave them access. Or patients trying to
understand the risks of a certain treatment could research those risks
by reading all available articles about that treatment. This freedom
was therefore a function of the institution of libraries (norms) and
the technology of paper journals (architecture)--namely, that it was
very hard to control access to a paper journal.
	</text>
</object>
<object id="1186">
	<ocn>1186</ocn>
	<text class="norm">
		As journals become electronic, however, the publishers are demanding
that libraries not give the general public access to the journals. This
means that the freedoms provided by print journals in public libraries
begin to disappear. Thus, as with privacy and with software, a changing
technology and market shrink a freedom taken for granted before.
	</text>
</object>
<object id="1187">
	<ocn>1187</ocn>
	<text class="norm">
		This shrinking freedom has led many to take affirmative steps to
restore the freedom that has been lost. The Public Library of Science
(PLoS), for example, is a nonprofit corporation dedicated to making
scientific research available to anyone with a Web connection. Authors
of scientific work submit that work to the Public Library of Science.
That work is then subject to peer review. If accepted, the work is then
deposited in a public, electronic archive and made permanently
available for free. PLoS also sells a print version of its work, but
the copyright for the print journal does not inhibit the right of
anyone to redistribute the work for free.
	</text>
</object>
<object id="1188">
	<ocn>1188</ocn>
	<text class="norm">
		This is one of many such efforts to restore a freedom taken for granted
before, but now threatened by changing technology and markets. There's
no doubt that this alternative competes with the traditional publishers
and their efforts to make money from the exclusive distribution of
content. But competition in our tradition is presumptively a
good--especially when it helps spread knowledge and science.
	</text>
</object>
<object id="1189">
	<ocn>1189</ocn>
	<text class="h5">
		Rebuilding Free Culture: One Idea
	</text>
</object>
<object id="1190">
	<ocn>1190</ocn>
	<text class="norm">
		The same strategy could be applied to culture, as a response to the
increasing control effected through law and technology.
	</text>
</object>
<object id="1191">
	<ocn>1191</ocn>
	<text class="norm">
		Enter the Creative Commons. The Creative Commons is a nonprofit
corporation established in Massachusetts, but with its home at Stanford
University. Its aim is to build a layer of reasonable copyright on top
of the extremes that now reign. It does this by making it easy for
people to build upon other people's work, by making it simple for
creators to express the freedom for others to take and build upon their
work. Simple tags, tied to human-readable descriptions, tied to
bullet-proof licenses, make this possible.
	</text>
</object>
<object id="1192">
	<ocn>1192</ocn>
	<text class="norm">
		Simple--which means without a middleman, or without a lawyer. By
developing a free set of licenses that people can attach to their
content, Creative Commons aims to mark a range of content that can
easily, and reliably, be built upon. These tags are then linked to
machine-readable versions of the license that enable computers
automatically to identify content that can easily be shared. These
three expressions together--a legal license, a human-readable
description, and machine-readable tags--constitute a Creative Commons
license. A Creative Commons license constitutes a grant of freedom to
anyone who accesses the license, and more importantly, an expression of
the ideal that the person associated with the license believes in
something different than the "All" or "No" extremes. Content is marked
with the CC mark, which does not mean that copyright is waived, but
that certain freedoms are given.
	</text>
</object>
<object id="1193">
	<ocn>1193</ocn>
	<text class="norm">
		These freedoms are beyond the freedoms promised by fair use. Their
precise contours depend upon the choices the creator makes. The creator
can choose a license that permits any use, so long as attribution is
given. She can choose a license that permits only noncommercial use.
She can choose a license that permits any use so long as the same
freedoms are given to other uses ("share and share alike"). Or any use
so long as no derivative use is made. Or any use at all within
developing nations. Or any sampling use, so long as full copies are not
made. Or lastly, any educational use.
	</text>
</object>
<object id="1194">
	<ocn>1194</ocn>
	<text class="norm">
		These choices thus establish a range of freedoms beyond the default of
copyright law. They also enable freedoms that go beyond traditional
fair use. And most importantly, they express these freedoms in a way
that subsequent users can use and rely upon without the need to hire a
lawyer. Creative Commons thus aims to build a layer of content,
governed by a layer of reasonable copyright law, that others can build
upon. Voluntary choice of individuals and creators will make this
content available. And that content will in turn enable us to rebuild a
public domain.
	</text>
</object>
<object id="1195">
	<ocn>1195</ocn>
	<text class="norm">
		This is just one project among many within the Creative Commons. And of
course, Creative Commons is not the only organization pursuing such
freedoms. But the point that distinguishes the Creative Commons from
many is that we are not interested only in talking about a public
domain or in getting legislators to help build a public domain. Our aim
is to build a movement of consumers and producers of content ("content
conducers," as attorney Mia Garlick calls them) who help build the
public domain and, by their work, demonstrate the importance of the
public domain to other creativity.
	</text>
</object>
<object id="1196">
	<ocn>1196</ocn>
	<text class="norm">
		The aim is not to fight the "All Rights Reserved" sorts. The aim is to
complement them. The problems that the law creates for us as a culture
are produced by insane and unintended consequences of laws written
centuries ago, applied to a technology that only Jefferson could have
imagined. The rules may well have made sense against a background of
technologies from centuries ago, but they do not make sense against the
background of digital technologies. New rules--with different freedoms,
expressed in ways so that humans without lawyers can use them--are
needed. Creative Commons gives people a way effectively to begin to
build those rules.
	</text>
</object>
<object id="1197">
	<ocn>1197</ocn>
	<text class="norm">
		Why would creators participate in giving up total control? Some
participate to better spread their content. Cory Doctorow, for example,
is a science fiction author. His first novel, Down and Out in the Magic
Kingdom, was released on-line and for free, under a Creative Commons
license, on the same day that it went on sale in bookstores.
	</text>
</object>
<object id="1198">
	<ocn>1198</ocn>
	<text class="norm">
		Why would a publisher ever agree to this? I suspect his publisher
reasoned like this: There are two groups of people out there: (1) those
who will buy Cory's book whether or not it's on the Internet, and (2)
those who may never hear of Cory's book, if it isn't made available for
free on the Internet. Some part of (1) will download Cory's book
instead of buying it. Call them bad-(1)s. Some part of (2) will
download Cory's book, like it, and then decide to buy it. Call them
(2)-goods. If there are more (2)-goods than bad-(1)s, the strategy of
releasing Cory's book free on-line will probably increase sales of
Cory's book.
	</text>
</object>
<object id="1199">
	<ocn>1199</ocn>
	<text class="norm">
		Indeed, the experience of his publisher clearly supports that
conclusion. The book's first printing was exhausted months before the
publisher had expected. This first novel of a science fiction author
was a total success.
	</text>
</object>
<object id="1200">
	<ocn>1200</ocn>
	<text class="norm">
		The idea that free content might increase the value of nonfree content
was confirmed by the experience of another author. Peter Wayner, who
wrote a book about the free software movement titled Free for All, made
an electronic version of his book free on-line under a Creative Commons
license after the book went out of print. He then monitored used book
store prices for the book. As predicted, as the number of downloads
increased, the used book price for his book increased, as well.
	</text>
</object>
<object id="1201">
	<ocn>1201</ocn>
	<text class="norm">
		These are examples of using the Commons to better spread proprietary
content. I believe that is a wonderful and common use of the Commons.
There are others who use Creative Commons licenses for other reasons.
Many who use the "sampling license" do so because anything else would
be hypocritical. The sampling license says that others are free, for
commercial or noncommercial purposes, to sample content from the
licensed work; they are just not free to make full copies of the
licensed work available to others. This is consistent with their own
art--they, too, sample from others. Because the legal costs of sampling
are so high (Walter Leaphart, manager of the rap group Public Enemy,
which was born sampling the music of others, has stated that he does
not "allow" Public Enemy to sample anymore, because the legal costs are
so high2), these artists release into the creative environment content
that others can build upon, so that their form of creativity might
grow.
	</text>
</object>
<object id="1202">
	<ocn>1202</ocn>
	<text class="norm">
		Finally, there are many who mark their content with a Creative Commons
license just because they want to express to others the importance of
balance in this debate. If you just go along with the system as it is,
you are effectively saying you believe in the "All Rights Reserved"
model. Good for you, but many do not. Many believe that however
appropriate that rule is for Hollywood and freaks, it is not an
appropriate description of how most creators view the rights associated
with their content. The Creative Commons license expresses this notion
of "Some Rights Reserved," and gives many the chance to say it to
others.
	</text>
</object>
<object id="1203">
	<ocn>1203</ocn>
	<text class="norm">
		In the first six months of the Creative Commons experiment, over 1
million objects were licensed with these free-culture licenses. The
next step is partnerships with middleware content providers to help
them build into their technologies simple ways for users to mark their
content with Creative Commons freedoms. Then the next step is to watch
and celebrate creators who build content based upon content set free.
	</text>
</object>
<object id="1204">
	<ocn>1204</ocn>
	<text class="norm">
		These are first steps to rebuilding a public domain. They are not mere
arguments; they are action. Building a public domain is the first step
to showing people how important that domain is to creativity and
innovation. Creative Commons relies upon voluntary steps to achieve
this rebuilding. They will lead to a world in which more than voluntary
steps are possible.
	</text>
</object>
<object id="1205">
	<ocn>1205</ocn>
	<text class="norm">
		Creative Commons is just one example of voluntary efforts by
individuals and creators to change the mix of rights that now govern
the creative field. The project does not compete with copyright; it
complements it. Its aim is not to defeat the rights of authors, but to
make it easier for authors and creators to exercise their rights more
flexibly and cheaply. That difference, we believe, will enable
creativity to spread more easily.
	</text>
</object>
<object id="1206">
	<ocn>1206</ocn>
	<text class="h4">
		Eux, bient&#244;t
	</text>
</object>
<object id="1207">
	<ocn>1207</ocn>
	<text class="norm">
		Nous ne r&#233;tablirons pas une culture libre uniquement par l'action
individuelle. Ceci n&#233;cessitera aussi d'importantes r&#233;formes
l&#233;gislatives. Un long chemin nous attend avant que les politiciens
&#233; coutent ces id&#233;es et mettent en oeuvre ces r&#233;formes.
Cependant, ceci veut aussi dire que nous avons le temps de faire
prendre conscience des changements requis.
	</text>
</object>
<object id="1208">
	<ocn>1208</ocn>
	<text class="norm">
		Dans ce chapitre, je propose cinq changements : quatre qui sont d'ordre
g&#233;n&#233;ral, et un qui est sp&#233;cifique au d&#233;bat le plus
agit&#233; d'aujourd'hui : la musique. Chacun n'est qu'une &#233; tape,
pas une fin. Cependant, chacune de ces &#233; tapes nous
rapprocheraient beaucoup de notre but.
	</text>
</object>
<object id="1209">
	<ocn>1209</ocn>
	<text class="h5">
		1. Plus de formalit&#233;s
	</text>
</object>
<object id="1210">
	<ocn>1210</ocn>
	<text class="norm">
		If you buy a house, you have to record the sale in a deed. If you buy
land upon which to build a house, you have to record the purchase in a
deed. If you buy a car, you get a bill of sale and register the car. If
you buy an airplane ticket, it has your name on it.
	</text>
</object>
<object id="1211">
	<ocn>1211</ocn>
	<text class="norm">
		These are all formalities associated with property. They are
requirements that we all must bear if we want our property to be
protected.
	</text>
</object>
<object id="1212">
	<ocn>1212</ocn>
	<text class="norm">
		In contrast, under current copyright law, you automatically get a
copyright, regardless of whether you comply with any formality. You
don't have to register. You don't even have to mark your content. The
default is control, and "formalities" are banished.
	</text>
</object>
<object id="1213">
	<ocn>1213</ocn>
	<text class="norm">
		Why?
	</text>
</object>
<object id="1214">
	<ocn>1214</ocn>
	<text class="norm">
		As I suggested in chapter 10, the motivation to abolish formalities was
a good one. In the world before digital technologies, formalities
imposed a burden on copyright holders without much benefit. Thus, it
was progress when the law relaxed the formal requirements that a
copyright owner must bear to protect and secure his work. Those
formalities were getting in the way.
	</text>
</object>
<object id="1215">
	<ocn>1215</ocn>
	<text class="norm">
		But the Internet changes all this. Formalities today need not be a
burden. Rather, the world without formalities is the world that burdens
creativity. Today, there is no simple way to know who owns what, or
with whom one must deal in order to use or build upon the creative work
of others. There are no records, there is no system to trace-- there is
no simple way to know how to get permission. Yet given the massive
increase in the scope of copyright's rule, getting permission is a
necessary step for any work that builds upon our past. And thus, the
lack of formalities forces many into silence where they otherwise could
speak.
	</text>
</object>
<object id="1216">
	<ocn>1216</ocn>
	<text class="norm">
		The law should therefore change this requirement1--but it should not
change it by going back to the old, broken system. We should require
formalities, but we should establish a system that will create the
incentives to minimize the burden of these formalities.
	</text>
</object>
<object id="1217">
	<ocn>1217</ocn>
	<text class="norm">
		The important formalities are three: marking copyrighted work,
registering copyrights, and renewing the claim to copyright.
Traditionally, the first of these three was something the copyright
owner did; the second two were something the government did. But a
revised system of formalities would banish the government from the
process, except for the sole purpose of approving standards developed
by others.
	</text>
</object>
<object id="1218">
	<ocn>1218</ocn>
	<text class="h6">
		REGISTRATION AND RENEWAL
	</text>
</object>
<object id="1219">
	<ocn>1219</ocn>
	<text class="norm">
		Under the old system, a copyright owner had to file a registration with
the Copyright Office to register or renew a copyright. When filing that
registration, the copyright owner paid a fee. As with most government
agencies, the Copyright Office had little incentive to minimize the
burden of registration; it also had little incentive to minimize the
fee. And as the Copyright Office is not a main target of government
policy- making, the office has historically been terribly underfunded.
Thus, when people who know something about the process hear this idea
about formalities, their first reaction is panic--nothing could be
worse than forcing people to deal with the mess that is the Copyright
Office.
	</text>
</object>
<object id="1220">
	<ocn>1220</ocn>
	<text class="norm">
		Yet it is always astonishing to me that we, who come from a tradition
of extraordinary innovation in governmental design, can no longer think
innovatively about how governmental functions can be designed. Just
because there is a public purpose to a government role, it doesn't
follow that the government must actually administer the role. Instead,
we should be creating incentives for private parties to serve the
public, subject to standards that the government sets.
	</text>
</object>
<object id="1221">
	<ocn>1221</ocn>
	<text class="norm">
		In the context of registration, one obvious model is the Internet.
There are at least 32 million Web sites registered around the world.
Domain name owners for these Web sites have to pay a fee to keep their
registration alive. In the main top-level domains (.com, .org, .net),
there is a central registry. The actual registrations are, however,
performed by many competing registrars. That competition drives the
cost of registering down, and more importantly, it drives the ease with
which registration occurs up.
	</text>
</object>
<object id="1222">
	<ocn>1222</ocn>
	<text class="norm">
		We should adopt a similar model for the registration and renewal of
copyrights. The Copyright Office may well serve as the central
registry, but it should not be in the registrar business. Instead, it
should establish a database, and a set of standards for registrars. It
should approve registrars that meet its standards. Those registrars
would then compete with one another to deliver the cheapest and
simplest systems for registering and renewing copyrights. That
competition would substantially lower the burden of this
formality--while producing a database of registrations that would
facilitate the licensing of content.
	</text>
</object>
<object id="1223">
	<ocn>1223</ocn>
	<text class="h6">
		MARKING
	</text>
</object>
<object id="1224">
	<ocn>1224</ocn>
	<text class="norm">
		It used to be that the failure to include a copyright notice on a
creative work meant that the copyright was forfeited. That was a harsh
punishment for failing to comply with a regulatory rule--akin to
imposing the death penalty for a parking ticket in the world of
creative rights. Here again, there is no reason that a marking
requirement needs to be enforced in this way. And more importantly,
there is no reason a marking requirement needs to be enforced uniformly
across all media.
	</text>
</object>
<object id="1225">
	<ocn>1225</ocn>
	<text class="norm">
		The aim of marking is to signal to the public that this work is
copyrighted and that the author wants to enforce his rights. The mark
also makes it easy to locate a copyright owner to secure permission to
use the work.
	</text>
</object>
<object id="1226">
	<ocn>1226</ocn>
	<text class="norm">
		One of the problems the copyright system confronted early on was that
different copyrighted works had to be differently marked. It wasn't
clear how or where a statue was to be marked, or a record, or a film. A
new marking requirement could solve these problems by recognizing the
differences in media, and by allowing the system of marking to evolve
as technologies enable it to. The system could enable a special signal
from the failure to mark--not the loss of the copyright, but the loss
of the right to punish someone for failing to get permission first.
	</text>
</object>
<object id="1227">
	<ocn>1227</ocn>
	<text class="norm">
		Let's start with the last point. If a copyright owner allows his work
to be published without a copyright notice, the consequence of that
failure need not be that the copyright is lost. The consequence could
instead be that anyone has the right to use this work, until the
copyright owner complains and demonstrates that it is his work and he
doesn't give permission.2 The meaning of an unmarked work would
therefore be "use unless someone complains." If someone does complain,
then the obligation would be to stop using the work in any new work
from then on though no penalty would attach for existing uses. This
would create a strong incentive for copyright owners to mark their
work.
	</text>
</object>
<object id="1228">
	<ocn>1228</ocn>
	<text class="norm">
		That in turn raises the question about how work should best be marked.
Here again, the system needs to adjust as the technologies evolve. The
best way to ensure that the system evolves is to limit the Copyright
Office's role to that of approving standards for marking content that
have been crafted elsewhere.
	</text>
</object>
<object id="1229">
	<ocn>1229</ocn>
	<text class="norm">
		For example, if a recording industry association devises a method for
marking CDs, it would propose that to the Copyright Office. The
Copyright Office would hold a hearing, at which other proposals could
be made. The Copyright Office would then select the proposal that it
judged preferable, and it would base that choice solely upon the
consideration of which method could best be integrated into the
registration and renewal system. We would not count on the government
to innovate; but we would count on the government to keep the product
of innovation in line with its other important functions.
	</text>
</object>
<object id="1230">
	<ocn>1230</ocn>
	<text class="norm">
		Finally, marking content clearly would simplify registration
requirements. If photographs were marked by author and year, there
would be little reason not to allow a photographer to reregister, for
example, all photographs taken in a particular year in one quick step.
The aim of the formality is not to burden the creator; the system
itself should be kept as simple as possible.
	</text>
</object>
<object id="1231">
	<ocn>1231</ocn>
	<text class="norm">
		The objective of formalities is to make things clear. The existing
system does nothing to make things clear. Indeed, it seems designed to
make things unclear.
	</text>
</object>
<object id="1232">
	<ocn>1232</ocn>
	<text class="norm">
		If formalities such as registration were reinstated, one of the most
difficult aspects of relying upon the public domain would be removed.
It would be simple to identify what content is presumptively free; it
would be simple to identify who controls the rights for a particular
kind of content; it would be simple to assert those rights, and to
renew that assertion at the appropriate time.
	</text>
</object>
<object id="1233">
	<ocn>1233</ocn>
	<text class="h5">
		2. Shorter Terms
	</text>
</object>
<object id="1234">
	<ocn>1234</ocn>
	<text class="norm">
		The term of copyright has gone from fourteen years to ninety-five years
for corporate authors, and life of the author plus seventy years for
natural authors.
	</text>
</object>
<object id="1235">
	<ocn>1235</ocn>
	<text class="norm">
		In The Future of Ideas, I proposed a seventy-five-year term, granted in
five-year increments with a requirement of renewal every five years.
That seemed radical enough at the time. But after we lost Eldred v.
Ashcroft, the proposals became even more radical. The Economist
endorsed a proposal for a fourteen-year copyright term.3 Others have
proposed tying the term to the term for patents.
	</text>
</object>
<object id="1236">
	<ocn>1236</ocn>
	<text class="norm">
		I agree with those who believe that we need a radical change in
copy-right's term. But whether fourteen years or seventy-five, there
are four principles that are important to keep in mind about copyright
terms.
	</text>
</object>
<object id="1237">
	<ocn>1237</ocn>
	<text class="indent1">
		(1) Keep it short: The term should be as long as necessary to give
incentives to create, but no longer. If it were tied to very strong
protections for authors (so authors were able to reclaim rights from
publishers), rights to the same work (not derivative works) might be
extended further. The key is not to tie the work up with legal
regulations when it no longer benefits an author.
	</text>
</object>
<object id="1238">
	<ocn>1238</ocn>
	<text class="indent1">
		(2) Keep it simple: The line between the public domain and protected
content must be kept clear. Lawyers like the fuzziness of "fair use,"
and the distinction between "ideas" and "expression." That kind of law
gives them lots of work. But our framers had a simpler idea in mind:
protected versus unprotected. The value of short terms is that there is
little need to build exceptions into copyright when the term itself is
kept short. A clear and active "lawyer-free zone" makes the
complexities of "fair use" and "idea/expression" less necessary to
navigate.
	</text>
</object>
<object id="1239">
	<ocn>1239</ocn>
	<text class="indent1">
		(3) Keep it alive: Copyright should have to be renewed. Especially if
the maximum term is long, the copyright owner should be required to
signal periodically that he wants the protection continued. This need
not be an onerous burden, but there is no reason this monopoly
protection has to be granted for free. On average, it takes ninety
minutes for a veteran to apply for a pension.4 If we make veterans
suffer that burden, I don't see why we couldn't require authors to
spend ten minutes every fifty years to file a single form.
	</text>
</object>
<object id="1240">
	<ocn>1240</ocn>
	<text class="indent1">
		(4) Keep it prospective: Whatever the term of copyright should be, the
clearest lesson that economists teach is that a term once given should
not be extended. It might have been a mistake in 1923 for the law to
offer authors only a fifty-six-year term. I don't think so, but it's
possible. If it was a mistake, then the consequence was that we got
fewer authors to create in 1923 than we otherwise would have. But we
can't correct that mistake today by increasing the term. No matter what
we do today, we will not increase the number of authors who wrote in
1923. Of course, we can increase the reward that those who write now
get (or alternatively, increase the copyright burden that smothers many
works that are today invisible). But increasing their reward will not
increase their creativity in 1923. What's not done is not done, and
there's nothing we can do about that now.
	</text>
</object>
<object id="1241">
	<ocn>1241</ocn>
	<text class="norm">
		These changes together should produce an average copyright term that is
much shorter than the current term. Until 1976, the average term was
just 32.2 years. We should be aiming for the same.
	</text>
</object>
<object id="1242">
	<ocn>1242</ocn>
	<text class="norm">
		No doubt the extremists will call these ideas "radical." (After all, I
call them "extremists.") But again, the term I recommended was longer
than the term under Richard Nixon. How "radical" can it be to ask for a
more generous copyright law than Richard Nixon presided over?
	</text>
</object>
<object id="1243">
	<ocn>1243</ocn>
	<text class="h5">
		3. Free Use Vs. Fair Use
	</text>
</object>
<object id="1244">
	<ocn>1244</ocn>
	<text class="norm">
		As I observed at the beginning of this book, property law originally
granted property owners the right to control their property from the
ground to the heavens. The airplane came along. The scope of property
rights quickly changed. There was no fuss, no constitutional challenge.
It made no sense anymore to grant that much control, given the
emergence of that new technology.
	</text>
</object>
<object id="1245">
	<ocn>1245</ocn>
	<text class="norm">
		Our Constitution gives Congress the power to give authors "exclusive
right" to "their writings." Congress has given authors an exclusive
right to "their writings" plus any derivative writings (made by others)
that are sufficiently close to the author's original work.Thus, if I
write a book, and you base a movie on that book, I have the power to
deny you the right to release that movie, even though that movie is not
"my writing."
	</text>
</object>
<object id="1246">
	<ocn>1246</ocn>
	<text class="norm">
		Congress granted the beginnings of this right in 1870, when it expanded
the exclusive right of copyright to include a right to control
translations and dramatizations of a work.5 The courts have expanded it
slowly through judicial interpretation ever since. This expansion has
been commented upon by one of the law's greatest judges, Judge Benjamin
Kaplan.
	</text>
</object>
<object id="1247">
	<ocn>1247</ocn>
	<text class="norm">
		So inured have we become to the extension of the monopoly to a large
range of so-called derivative works, that we no longer sense the oddity
of accepting such an enlargement of copyright while yet intoning the
abracadabra of idea and expression.6
	</text>
</object>
<object id="1248">
	<ocn>1248</ocn>
	<text class="norm">
		I think it's time to recognize that there are airplanes in this field
and the expansiveness of these rights of derivative use no longer make
sense. More precisely, they don't make sense for the period of time
that a copyright runs. And they don't make sense as an amorphous grant.
Consider each limitation in turn.
	</text>
</object>
<object id="1249">
	<ocn>1249</ocn>
	<text class="norm">
		Term: If Congress wants to grant a derivative right, then that right
should be for a much shorter term. It makes sense to protect John
Grisham's right to sell the movie rights to his latest novel (or at
least I'm willing to assume it does); but it does not make sense for
that right to run for the same term as the underlying copyright. The
derivative right could be important in inducing creativity; it is not
important long after the creative work is done.
	</text>
</object>
<object id="1250">
	<ocn>1250</ocn>
	<text class="norm">
		Scope: Likewise should the scope of derivative rights be narrowed.
Again, there are some cases in which derivative rights are important.
Those should be specified. But the law should draw clear lines around
regulated and unregulated uses of copyrighted material. When all
"reuse" of creative material was within the control of businesses,
perhaps it made sense to require lawyers to negotiate the lines. It no
longer makes sense for lawyers to negotiate the lines. Think about all
the creative possibilities that digital technologies enable; now
imagine pouring molasses into the machines. That's what this general
requirement of permission does to the creative process. Smothers it.
	</text>
</object>
<object id="1251">
	<ocn>1251</ocn>
	<text class="norm">
		This was the point that Alben made when describing the making of the
Clint Eastwood CD. While it makes sense to require negotiation for
foreseeable derivative rights--turning a book into a movie, or a poem
into a musical score--it doesn't make sense to require negotiation for
the unforeseeable. Here, a statutory right would make much more sense.
	</text>
</object>
<object id="1252">
	<ocn>1252</ocn>
	<text class="norm">
		In each of these cases, the law should mark the uses that are
protected, and the presumption should be that other uses are not
protected. This is the reverse of the recommendation of my colleague
Paul Goldstein.7 His view is that the law should be written so that
expanded protections follow expanded uses.
	</text>
</object>
<object id="1253">
	<ocn>1253</ocn>
	<text class="norm">
		Goldstein's analysis would make perfect sense if the cost of the legal
system were small. But as we are currently seeing in the context of the
Internet, the uncertainty about the scope of protection, and the
incentives to protect existing architectures of revenue, combined with
a strong copyright, weaken the process of innovation.
	</text>
</object>
<object id="1254">
	<ocn>1254</ocn>
	<text class="norm">
		The law could remedy this problem either by removing protection beyond
the part explicitly drawn or by granting reuse rights upon certain
statutory conditions. Either way, the effect would be to free a great
deal of culture to others to cultivate. And under a statutory rights
regime, that reuse would earn artists more income.
	</text>
</object>
<object id="1255">
	<ocn>1255</ocn>
	<text class="h5">
		4. Liberate the Music--Again
	</text>
</object>
<object id="1256">
	<ocn>1256</ocn>
	<text class="norm">
		The battle that got this whole war going was about music, so it
wouldn't be fair to end this book without addressing the issue that is,
to most people, most pressing--music. There is no other policy issue
that better teaches the lessons of this book than the battles around
the sharing of music.
	</text>
</object>
<object id="1257">
	<ocn>1257</ocn>
	<text class="norm">
		The appeal of file-sharing music was the crack cocaine of the
Internet's growth. It drove demand for access to the Internet more
powerfully than any other single application. It was the Internet's
killer app--possibly in two senses of that word. It no doubt was the
application that drove demand for bandwidth. It may well be the
application that drives demand for regulations that in the end kill
innovation on the network.
	</text>
</object>
<object id="1258">
	<ocn>1258</ocn>
	<text class="norm">
		The aim of copyright, with respect to content in general and music in
particular, is to create the incentives for music to be composed,
performed, and, most importantly, spread. The law does this by giving
an exclusive right to a composer to control public performances of his
work, and to a performing artist to control copies of her performance.
	</text>
</object>
<object id="1259">
	<ocn>1259</ocn>
	<text class="norm">
		File-sharing networks complicate this model by enabling the spread of
content for which the performer has not been paid. But of course,
that's not all the file-sharing networks do. As I described in chapter
5, they enable four different kinds of sharing:
	</text>
</object>
<object id="1260">
	<ocn>1260</ocn>
	<text class="indent1">
		A. There are some who are using sharing networks as substitutes for
purchasing CDs.
	</text>
</object>
<object id="1261">
	<ocn>1261</ocn>
	<text class="indent1">
		B. There are also some who are using sharing networks to sample, on the
way to purchasing CDs.
	</text>
</object>
<object id="1262">
	<ocn>1262</ocn>
	<text class="indent1">
		C. There are many who are using file-sharing networks to get access to
content that is no longer sold but is still under copyright or that
would have been too cumbersome to buy off the Net.
	</text>
</object>
<object id="1263">
	<ocn>1263</ocn>
	<text class="indent1">
		D. There are many who are using file-sharing networks to get access to
content that is not copyrighted or to get access that the copyright
owner plainly endorses.
	</text>
</object>
<object id="1264">
	<ocn>1264</ocn>
	<text class="norm">
		Any reform of the law needs to keep these different uses in focus. It
must avoid burdening type D even if it aims to eliminate type A. The
eagerness with which the law aims to eliminate type A, moreover, should
depend upon the magnitude of type B. As with VCRs, if the net effect of
sharing is actually not very harmful, the need for regulation is
significantly weakened.
	</text>
</object>
<object id="1265">
	<ocn>1265</ocn>
	<text class="norm">
		As I said in chapter 5, the actual harm caused by sharing is
controversial. For the purposes of this chapter, however, I assume the
harm is real. I assume, in other words, that type A sharing is
significantly greater than type B, and is the dominant use of sharing
networks.
	</text>
</object>
<object id="1266">
	<ocn>1266</ocn>
	<text class="norm">
		Nonetheless, there is a crucial fact about the current technological
context that we must keep in mind if we are to understand how the law
should respond.
	</text>
</object>
<object id="1267">
	<ocn>1267</ocn>
	<text class="norm">
		Today, file sharing is addictive. In ten years, it won't be. It is
addictive today because it is the easiest way to gain access to a broad
range of content. It won't be the easiest way to get access to a broad
range of content in ten years. Today, access to the Internet is
cumbersome and slow--we in the United States are lucky to have
broadband service at 1.5 MBs, and very rarely do we get service at that
speed both up and down. Although wireless access is growing, most of us
still get access across wires. Most only gain access through a machine
with a keyboard. The idea of the always on, always connected Internet
is mainly just an idea.
	</text>
</object>
<object id="1268">
	<ocn>1268</ocn>
	<text class="norm">
		But it will become a reality, and that means the way we get access to
the Internet today is a technology in transition. Policy makers should
not make policy on the basis of technology in transition. They should
make policy on the basis of where the technology is going. The question
should not be, how should the law regulate sharing in this world? The
question should be, what law will we require when the network becomes
the network it is clearly becoming? That network is one in which every
machine with electricity is essentially on the Net; where everywhere
you are--except maybe the desert or the Rockies--you can
instantaneously be connected to the Internet. Imagine the Internet as
ubiquitous as the best cell-phone service, where with the flip of a
device, you are connected.
	</text>
</object>
<object id="1269">
	<ocn>1269</ocn>
	<text class="norm">
		In that world, it will be extremely easy to connect to services that
give you access to content on the fly--such as Internet radio, content
that is streamed to the user when the user demands. Here, then, is the
critical point: When it is extremely easy to connect to services that
give access to content, it will be easier to connect to services that
give you access to content than it will be to download and store
content on the many devices you will have for playing content. It will
be easier, in other words, to subscribe than it will be to be a
database manager, as everyone in the download-sharing world of
Napster-like technologies essentially is. Content services will compete
with content sharing, even if the services charge money for the content
they give access to. Already cell-phone services in Japan offer music
(for a fee) streamed over cell phones (enhanced with plugs for
headphones). The Japanese are paying for this content even though
"free" content is available in the form of MP3s across the Web.8
	</text>
</object>
<object id="1270">
	<ocn>1270</ocn>
	<text class="norm">
		This point about the future is meant to suggest a perspective on the
present: It is emphatically temporary. The "problem" with file
sharing--to the extent there is a real problem--is a problem that will
increasingly disappear as it becomes easier to connect to the Internet.
And thus it is an extraordinary mistake for policy makers today to be
"solving" this problem in light of a technology that will be gone
tomorrow. The question should not be how to regulate the Internet to
eliminate file sharing (the Net will evolve that problem away). The
question instead should be how to assure that artists get paid, during
this transition between twentieth-century models for doing business and
twenty-first-century technologies.
	</text>
</object>
<object id="1271">
	<ocn>1271</ocn>
	<text class="norm">
		The answer begins with recognizing that there are different "problems"
here to solve. Let's start with type D content--uncopyrighted content
or copyrighted content that the artist wants shared. The "problem" with
this content is to make sure that the technology that would enable this
kind of sharing is not rendered illegal. You can think of it this way:
Pay phones are used to deliver ransom demands, no doubt. But there are
many who need to use pay phones who have nothing to do with ransoms. It
would be wrong to ban pay phones in order to eliminate kidnapping.
	</text>
</object>
<object id="1272">
	<ocn>1272</ocn>
	<text class="norm">
		Type C content raises a different "problem." This is content that was,
at one time, published and is no longer available. It may be
unavailable because the artist is no longer valuable enough for the
record label he signed with to carry his work. Or it may be unavailable
because the work is forgotten. Either way, the aim of the law should be
to facilitate the access to this content, ideally in a way that returns
something to the artist.
	</text>
</object>
<object id="1273">
	<ocn>1273</ocn>
	<text class="norm">
		Again, the model here is the used book store. Once a book goes out of
print, it may still be available in libraries and used book stores. But
libraries and used book stores don't pay the copyright owner when
someone reads or buys an out-of-print book. That makes total sense, of
course, since any other system would be so burdensome as to eliminate
the possibility of used book stores' existing. But from the author's
perspective, this "sharing" of his content without his being
compensated is less than ideal.
	</text>
</object>
<object id="1274">
	<ocn>1274</ocn>
	<text class="norm">
		The model of used book stores suggests that the law could simply deem
out-of-print music fair game. If the publisher does not make copies of
the music available for sale, then commercial and noncommercial
providers would be free, under this rule, to "share" that content, even
though the sharing involved making a copy. The copy here would be
incidental to the trade; in a context where commercial publishing has
ended, trading music should be as free as trading books.
	</text>
</object>
<object id="1275">
	<ocn>1275</ocn>
	<text class="norm">
		Alternatively, the law could create a statutory license that would
ensure that artists get something from the trade of their work. For
example, if the law set a low statutory rate for the commercial sharing
of content that was not offered for sale by a commercial publisher, and
if that rate were automatically transferred to a trust for the benefit
of the artist, then businesses could develop around the idea of trading
this content, and artists would benefit from this trade.
	</text>
</object>
<object id="1276">
	<ocn>1276</ocn>
	<text class="norm">
		This system would also create an incentive for publishers to keep works
available commercially. Works that are available commercially would not
be subject to this license. Thus, publishers could protect the right to
charge whatever they want for content if they kept the work
commercially available. But if they don't keep it available, and
instead, the computer hard disks of fans around the world keep it
alive, then any royalty owed for such copying should be much less than
the amount owed a commercial publisher.
	</text>
</object>
<object id="1277">
	<ocn>1277</ocn>
	<text class="norm">
		The hard case is content of types A and B, and again, this case is hard
only because the extent of the problem will change over time, as the
technologies for gaining access to content change. The law's solution
should be as flexible as the problem is, understanding that we are in
the middle of a radical transformation in the technology for delivering
and accessing content.
	</text>
</object>
<object id="1278">
	<ocn>1278</ocn>
	<text class="norm">
		So here's a solution that will at first seem very strange to both sides
in this war, but which upon reflection, I suggest, should make some
sense.
	</text>
</object>
<object id="1279">
	<ocn>1279</ocn>
	<text class="norm">
		Stripped of the rhetoric about the sanctity of property, the basic
claim of the content industry is this: A new technology (the Internet)
has harmed a set of rights that secure copyright. If those rights are
to be protected, then the content industry should be compensated for
that harm. Just as the technology of tobacco harmed the health of
millions of Americans, or the technology of asbestos caused grave
illness to thousands of miners, so, too, has the technology of digital
networks harmed the interests of the content industry.
	</text>
</object>
<object id="1280">
	<ocn>1280</ocn>
	<text class="norm">
		I love the Internet, and so I don't like likening it to tobacco or
asbestos. But the analogy is a fair one from the perspective of the
law. And it suggests a fair response: Rather than seeking to destroy
the Internet, or the p2p technologies that are currently harming
content providers on the Internet, we should find a relatively simple
way to compensate those who are harmed.
	</text>
</object>
<object id="1281">
	<ocn>1281</ocn>
	<text class="norm">
		The idea would be a modification of a proposal that has been floated by
Harvard law professor William Fisher.9 Fisher suggests a very clever
way around the current impasse of the Internet. Under his plan, all
content capable of digital transmission would (1) be marked with a
digital watermark (don't worry about how easy it is to evade these
marks; as you'll see, there's no incentive to evade them). Once the
content is marked, then entrepreneurs would develop (2) systems to
monitor how many items of each content were distributed. On the basis
of those numbers, then (3) artists would be compensated. The
compensation would be paid for by (4) an appropriate tax.
	</text>
</object>
<object id="1282">
	<ocn>1282</ocn>
	<text class="norm">
		Fisher's proposal is careful and comprehensive. It raises a million
questions, most of which he answers well in his upcoming book, Promises
to Keep. The modification that I would make is relatively simple:
Fisher imagines his proposal replacing the existing copyright system. I
imagine it complementing the existing system. The aim of the proposal
would be to facilitate compensation to the extent that harm could be
shown. This compensation would be temporary, aimed at facilitating a
transition between regimes. And it would require renewal after a period
of years. If it continues to make sense to facilitate free exchange of
content, supported through a taxation system, then it can be continued.
If this form of protection is no longer necessary, then the system
could lapse into the old system of controlling access.
	</text>
</object>
<object id="1283">
	<ocn>1283</ocn>
	<text class="norm">
		Fisher would balk at the idea of allowing the system to lapse. His aim
is not just to ensure that artists are paid, but also to ensure that
the system supports the widest range of "semiotic democracy" possible.
But the aims of semiotic democracy would be satisfied if the other
changes I described were accomplished--in particular, the limits on
derivative uses. A system that simply charges for access would not
greatly burden semiotic democracy if there were few limitations on what
one was allowed to do with the content itself.
	</text>
</object>
<object id="1284">
	<ocn>1284</ocn>
	<text class="norm">
		No doubt it would be difficult to calculate the proper measure of
"harm" to an industry. But the difficulty of making that calculation
would be outweighed by the benefit of facilitating innovation. This
background system to compensate would also not need to interfere with
innovative proposals such as Apple's MusicStore. As experts predicted
when Apple launched the MusicStore, it could beat "free" by being
easier than free is. This has proven correct: Apple has sold millions
of songs at even the very high price of 99 cents a song. (At 99 cents,
the cost is the equivalent of a per-song CD price, though the labels
have none of the costs of a CD to pay.) Apple's move was countered by
Real Networks, offering music at just 79 cents a song. And no doubt
there will be a great deal of competition to offer and sell music
on-line.
	</text>
</object>
<object id="1285">
	<ocn>1285</ocn>
	<text class="norm">
		This competition has already occurred against the background of "free"
music from p2p systems. As the sellers of cable television have known
for thirty years, and the sellers of bottled water for much more than
that, there is nothing impossible at all about "competing with free."
Indeed, if anything, the competition spurs the competitors to offer new
and better products. This is precisely what the competitive market was
to be about. Thus in Singapore, though piracy is rampant, movie
theaters are often luxurious--with "first class" seats, and meals
served while you watch a movie--as they struggle and succeed in finding
ways to compete with "free."
	</text>
</object>
<object id="1286">
	<ocn>1286</ocn>
	<text class="norm">
		This regime of competition, with a backstop to assure that artists
don't lose, would facilitate a great deal of innovation in the delivery
of content. That competition would continue to shrink type A sharing.
It would inspire an extraordinary range of new innovators--ones who
would have a right to the content, and would no longer fear the
uncertain and barbarically severe punishments of the law.
	</text>
</object>
<object id="1287">
	<ocn>1287</ocn>
	<text class="norm">
		In summary, then, my proposal is this:
	</text>
</object>
<object id="1288">
	<ocn>1288</ocn>
	<text class="norm">
		The Internet is in transition. We should not be regulating a technology
in transition. We should instead be regulating to minimize the harm to
interests affected by this technological change, while enabling, and
encouraging, the most efficient technology we can create.
	</text>
</object>
<object id="1289">
	<ocn>1289</ocn>
	<text class="norm">
		We can minimize that harm while maximizing the benefit to innovation by
	</text>
</object>
<object id="1290">
	<ocn>1290</ocn>
	<text class="indent1">
		1. guaranteeing the right to engage in type D sharing;
	</text>
</object>
<object id="1291">
	<ocn>1291</ocn>
	<text class="indent1">
		2. permitting noncommercial type C sharing without liability, and
commercial type C sharing at a low and fixed rate set by statute;
	</text>
</object>
<object id="1292">
	<ocn>1292</ocn>
	<text class="indent1">
		3. while in this transition, taxing and compensating for type A
sharing, to the extent actual harm is demonstrated.
	</text>
</object>
<object id="1293">
	<ocn>1293</ocn>
	<text class="norm">
		But what if "piracy" doesn't disappear? What if there is a competitive
market providing content at a low cost, but a significant number of
consumers continue to "take" content for nothing? Should the law do
something then?
	</text>
</object>
<object id="1294">
	<ocn>1294</ocn>
	<text class="norm">
		Yes, it should. But, again, what it should do depends upon how the
facts develop. These changes may not eliminate type A sharing. But the
real issue is not whether it eliminates sharing in the abstract. The
real issue is its effect on the market. Is it better (a) to have a
technology that is 95 percent secure and produces a market of size x,
or (b) to have a technology that is 50 percent secure but produces a
market of five times x? Less secure might produce more unauthorized
sharing, but it is likely to also produce a much bigger market in
authorized sharing. The most important thing is to assure artists'
compensation without breaking the Internet. Once that's assured, then
it may well be appropriate to find ways to track down the petty
pirates.
	</text>
</object>
<object id="1295">
	<ocn>1295</ocn>
	<text class="norm">
		But we're a long way away from whittling the problem down to this
subset of type A sharers. And our focus until we're there should not be
on finding ways to break the Internet. Our focus until we're there
should be on how to make sure the artists are paid, while protecting
the space for innovation and creativity that the Internet is.
	</text>
</object>
<object id="1296">
	<ocn>1296</ocn>
	<text class="h5">
		5. Fire Lots of Lawyers
	</text>
</object>
<object id="1297">
	<ocn>1297</ocn>
	<text class="norm">
		I'm a lawyer. I make lawyers for a living. I believe in the law. I
believe in the law of copyright. Indeed, I have devoted my life to
working in law, not because there are big bucks at the end but because
there are ideals at the end that I would love to live.
	</text>
</object>
<object id="1298">
	<ocn>1298</ocn>
	<text class="norm">
		Yet much of this book has been a criticism of lawyers, or the role
lawyers have played in this debate. The law speaks to ideals, but it is
my view that our profession has become too attuned to the client. And
in a world where the rich clients have one strong view, the
unwillingness of the profession to question or counter that one strong
view queers the law.
	</text>
</object>
<object id="1299">
	<ocn>1299</ocn>
	<text class="norm">
		The evidence of this bending is compelling. I'm attacked as a "radical"
by many within the profession, yet the positions that I am advocating
are precisely the positions of some of the most moderate and
significant figures in the history of this branch of the law. Many, for
example, thought crazy the challenge that we brought to the Copyright
Term Extension Act. Yet just thirty years ago, the dominant scholar and
practitioner in the field of copyright, Melville Nimmer, thought it
obvious.10
	</text>
</object>
<object id="1300">
	<ocn>1300</ocn>
	<text class="norm">
		However, my criticism of the role that lawyers have played in this
debate is not just about a professional bias. It is more importantly
about our failure to actually reckon the costs of the law.
	</text>
</object>
<object id="1301">
	<ocn>1301</ocn>
	<text class="norm">
		Economists are supposed to be good at reckoning costs and benefits. But
more often than not, economists, with no clue about how the legal
system actually functions, simply assume that the transaction costs of
the legal system are slight.11 They see a system that has been around
for hundreds of years, and they assume it works the way their
elementary school civics class taught them it works.
	</text>
</object>
<object id="1302">
	<ocn>1302</ocn>
	<text class="norm">
		But the legal system doesn't work. Or more accurately, it doesn't work
for anyone except those with the most resources. Not because the system
is corrupt. I don't think our legal system (at the federal level, at
least) is at all corrupt. I mean simply because the costs of our legal
system are so astonishingly high that justice can practically never be
done.
	</text>
</object>
<object id="1303">
	<ocn>1303</ocn>
	<text class="norm">
		These costs distort free culture in many ways. A lawyer's time is
billed at the largest firms at more than $400 per hour. How much time
should such a lawyer spend reading cases carefully, or researching
obscure strands of authority? The answer is the increasing reality:
very little. The law depended upon the careful articulation and
development of doctrine, but the careful articulation and development
of legal doctrine depends upon careful work. Yet that careful work
costs too much, except in the most high-profile and costly cases.
	</text>
</object>
<object id="1304">
	<ocn>1304</ocn>
	<text class="norm">
		The costliness and clumsiness and randomness of this system mock our
tradition. And lawyers, as well as academics, should consider it their
duty to change the way the law works--or better, to change the law so
that it works. It is wrong that the system works well only for the top
1 percent of the clients. It could be made radically more efficient,
and inexpensive, and hence radically more just.
	</text>
</object>
<object id="1305">
	<ocn>1305</ocn>
	<text class="norm">
		But until that reform is complete, we as a society should keep the law
away from areas that we know it will only harm. And that is precisely
what the law will too often do if too much of our culture is left to
its review.
	</text>
</object>
<object id="1306">
	<ocn>1306</ocn>
	<text class="norm">
		Think about the amazing things your kid could do or make with digital
technology--the film, the music, the Web page, the blog. Or think about
the amazing things your community could facilitate with digital
technology--a wiki, a [barn raising], activism to change something.
Think about all those creative things, and then imagine cold molasses
poured onto the machines. This is what any regime that requires
permission produces. Again, this is the reality of Brezhnev's Russia.
	</text>
</object>
<object id="1307">
	<ocn>1307</ocn>
	<text class="norm">
		The law should regulate in certain areas of culture--but it should
regulate culture only where that regulation does good. Yet lawyers
rarely test their power, or the power they promote, against this simple
pragmatic question: "Will it do good?" When challenged about the
expanding reach of the law, the lawyer answers, "Why not?"
	</text>
</object>
<object id="1308">
	<ocn>1308</ocn>
	<text class="norm">
		We should ask, "Why?" Show me why your regulation of culture is needed.
Show me how it does good. And until you can show me both, keep your
lawyers away.
	</text>
</object>
<object id="1309">
	<ocn>1309</ocn>
	<text class="h2">
		NOTES
	</text>
</object>
<object id="1310">
	<ocn>1310</ocn>
	<text class="norm">
		Throughout this text, there are references to links on the World Wide
Web. As anyone who has tried to use the Web knows, these links can be
highly unstable. I have tried to remedy the instability by redirecting
readers to the original source through the Web site associated with
this book. For each link below, you can go to &lt;<link
xmlns:xlink="http://www.w3.org/1999/xlink" xlink:type="simple"
xlink:href="http://free-culture.cc/notes">http://free-culture.cc/notes</link>&gt;
and locate the original source by clicking on the number after the #
sign. If the original link remains alive, you will be redirected to
that link. If the original link has disappeared, you will be redirected
to an appropriate reference for the material.
	</text>
</object>
<object id="1311">
	<ocn>1311</ocn>
	<text class="h2">
		ACKNOWLEDGMENTS
	</text>
</object>
<object id="1312">
	<ocn>1312</ocn>
	<text class="norm">
		This book is the product of a long and as yet unsuccessful struggle
that began when I read of Eric Eldred's war to keep books free.
Eldred's work helped launch a movement, the free culture movement, and
it is to him that this book is dedicated. I received guidance in
various places from friends and academics, including Glenn Brown, Peter
DiCola, Jennifer Mnookin, Richard Posner, Mark Rose, and Kathleen
Sullivan. And I received correction and guidance from many amazing
students at Stanford Law School and Stanford University. They included
Andrew B. Coan, John Eden, James P. Fellers, Christopher Guzelian,
Erica Goldberg, Robert Hall- man, Andrew Harris, Matthew Kahn, Brian
Link, Ohad Mayblum, Alina Ng, and Erica Platt. I am particularly
grateful to Catherine Crump and Harry Surden, who helped direct their
research, and to Laura Lynch, who brilliantly managed the army that
they assembled, and provided her own critical eye on much of this. Yuko
Noguchi helped me to understand the laws of Japan as well as its
culture. I am thankful to her, and to the many in Japan who helped me
prepare this book: Joi Ito, Takayuki Matsutani, Naoto Misaki, Michihiro
Sasaki, Hiromichi Tanaka, Hiroo Yamagata, and Yoshihiro Yonezawa. I am
thankful as well as to Professor Nobuhiro Nakayama, and the Tokyo
University Business Law Center, for giving me the chance to spend time
in Japan, and to Tadashi Shiraishi and Kiyokazu Yamagami for their
generous help while I was there. These are the traditional sorts of
help that academics regularly draw upon. But in addition to them, the
Internet has made it possible to receive advice and correction from
many whom I have never even met. Among those who have responded with
extremely helpful advice to requests on my blog about the book are Dr.
Mohammad Al-Ubaydli, David Gerstein, and Peter DiMauro, as well as a
long list of those who had specific ideas about ways to develop my
argument. They included Richard Bondi, Steven Cherry, David Coe, Nik
Cubrilovic, Bob Devine, Charles Eicher, Thomas Guida, Elihu M. Gerson,
Jeremy Hunsinger, Vaughn Iverson, John Karabaic, Jeff Keltner, James
Lindenschmidt, K. L. Mann, Mark Manning, Nora McCauley, Jeffrey McHugh,
Evan McMullen, Fred Norton, John Pormann, Pedro A. D. Rezende, Shabbir
Safdar, Saul Schleimer, Clay Shirky, Adam Shostack, Kragen Sitaker,
Chris Smith, Bruce Steinberg, Andrzej Jan Taramina, Sean Walsh, Matt
Wasserman, Miljenko Williams, "Wink," Roger Wood, "Ximmbo da Jazz," and
Richard Yanco. (I apologize if I have missed anyone; with computers
come glitches, and a crash of my e-mail system meant I lost a bunch of
great replies.) Richard Stallman and Michael Carroll each read the
whole book in draft, and each provided extremely helpful correction and
advice. Michael helped me to see more clearly the significance of the
regulation of derivitive works. And Richard corrected an embarrassingly
large number of errors. While my work is in part inspired by
Stallman's, he does not agree with me in important places throughout
this book. Finally, and forever, I am thankful to Bettina, who has
always insisted that there would be unending happiness away from these
battles, and who has always been right. This slow learner is, as ever,
grateful for her perpetual patience and love.
	</text>
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<object id="1313">
	<ocn>1313</ocn>
	<text class="h4">
		ABOUT THE AUTHOR
	</text>
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	<ocn>1314</ocn>
	<text class="norm">
		<image xmlns:xlink="http://www.w3.org/1999/xlink" xlink:type="simple"
xlink:actuate="onLoad" xlink:show="embed"
xlink:href="../_sisu/image/lessig.jpg" width="151" height="227"
/>[lessig.jpg] "Lawrence Lessig"
	</text>
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	<ocn>1315</ocn>
	<text class="norm">
		LAWRENCE LESSIG ( &lt;<link xmlns:xlink="http://www.w3.org/1999/xlink"
xlink:type="simple"
xlink:href="http://www.lessig.org">http://www.lessig.org</link>&gt; ),
professor of law and a John A. Wilson Distinguished Faculty Scholar at
Stanford Law School, is founder of the Stanford Center for Internet and
Society and is chairman of the Creative Commons ( &lt;<link
xmlns:xlink="http://www.w3.org/1999/xlink" xlink:type="simple"
xlink:href="http://creativecommons.org">http://creativecommons.org</link>&gt;
). The author of The Future of Ideas (Random House, 2001) and Code: And
Other Laws of Cyberspace (Basic Books, 1999), Lessig is a member of the
boards of the Public Library of Science, the Electronic Frontier
Foundation, and Public Knowledge. He was the winner of the Free
Software Foundation's Award for the Advancement of Free Software, twice
listed in BusinessWeek's "e.biz 25," and named one of Scientific
American's "50 visionaries." A graduate of the University of
Pennsylvania, Cambridge University, and Yale Law School, Lessig clerked
for Judge Richard Posner of the U.S. Seventh Circuit Court of Appeals.
	</text>
</object>
<object id="1316">
	<ocn>1316</ocn>
	<text class="h4">
		Other Works and REVIEWS of FreeCulture
	</text>
</object>
<object id="1317">
	<ocn>1317</ocn>
	<text class="norm">
		&lt;<link xmlns:xlink="http://www.w3.org/1999/xlink"
xlink:type="simple"
xlink:href="http://www.lessig.org/blog/archives/001840.shtml">http://www.lessig.org/blog/archives/001840.shtml</link>&gt;
	</text>
</object>
<object id="1318">
	<ocn>1318</ocn>
	<text class="norm">
		&lt;<link xmlns:xlink="http://www.w3.org/1999/xlink"
xlink:type="simple"
xlink:href="http://www.free-culture.cc/reviews/">http://www.free-culture.cc/reviews/</link>&gt;
	</text>
</object>
<object id="1319">
	<ocn>1319</ocn>
	<text class="h4">
		JACKET
	</text>
</object>
<object id="1320">
	<ocn>1320</ocn>
	<text class="norm">
		"FREE CULTURE is an entertaining and important look at the past and
future of the cold war between the media industry and new
technologies."
	</text>
</object>
<object id="1321">
	<ocn>1321</ocn>
	<text class="norm">
		-- Marc Andreessen, cofounder of Netscape
	</text>
</object>
<object id="1322">
	<ocn>1322</ocn>
	<text class="norm">
		"The twenty-first century could be the century of unprecedented
creativity, but only if we embrace the brilliantly articulated messages
in Lawrence Lessig's FREE CULTURE. This book is beautifully written,
crisply argued, and deeply provocative. Please read it!"
	</text>
</object>
<object id="1323">
	<ocn>1323</ocn>
	<text class="norm">
		-- John Seely Brown, coauthor of THE SOCIAL LIFE OF INFORMATION and
former Chief Scientist, Xerox PARC
	</text>
</object>
<object id="1324">
	<ocn>1324</ocn>
	<text class="norm">
		"America needs a national conversation about the way in which so-called
'intellectual property rights' have come to dominate the rights of
scholars, researchers, and everyday citizens. A copyright cartel,
bidding for absolute control over digital worlds, music, and movies,
now has a veto over technological innovation and has halted most
contributions to the public domain from which so many have benefited.
The patent system has spun out of control, giving enormous power to
entrenched interests, and even trademarks are being misused. Lawrence
Lessig's latest book is essential reading for anyone who want to join
this conversation. He explains how technology and the law are robbing
us of the public domain; but for all his educated pessimism, Professor
Lessig offers some solutions, too, because he recognizes that
technology can be the catalyst for freedom. If you care about the
future of innovation, read this book."
	</text>
</object>
<object id="1325">
	<ocn>1325</ocn>
	<text class="norm">
		-- Dan Gillmor, author of MAKING THE NEWS, an upcoming book on the
collision of media and technology
	</text>
</object>
<object id="1326">
	<ocn>1326</ocn>
	<text class="norm">
		"FREE CULTURE goes beyond illuminating the catastrophe to our culture
of increasing regulation to show examples of how we can make a
different future. These new-style heroes and examples are rooted in the
traditions of the founding fathers in ways that seem obvious after
reading this book. Recommended reading to those trying to unravel the
shrill hype around 'intellectual property.'"
	</text>
</object>
<object id="1327">
	<ocn>1327</ocn>
	<text class="norm">
		-- Brewster Kahle, founder of the Internet Archive
	</text>
</object>
<object id="1328">
	<ocn>1328</ocn>
	<text class="norm">
		Endnotes
	</text>
</object>
<object id="1329">
	<ocn>1329</ocn>
	<text class="norm">
		Endnotes
	</text>
</object>
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